Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Faut-il exclure la Turquie du Conseil de l’Europe ?

    Faut-il exclure la Turquie du Conseil de l’Europe ?

    Recep Erdogan avait déclaré dix ambassadeurs personnae non gratae : Canada, France, Finlande, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Suède, Etats-Unis. Ils avaient réclamé un « règlement juste et rapide de l’affaire Osman Kavala », un homme d’affaire emprisonné depuis quatre ans sans jugement, considéré par Erdogan comme un adversaire. La Cour Européenne des Droits de l’Homme avait ordonné en décembre 2019 sa libération immédiate. Le Conseil de l’Europe a menacé la Turquie de sanctions si elle ne respectait pas la décision de la CEDH d’ici sa prochaine session, début novembre.

    Osman Kavala 

    Après une déclaration des Ambassadeurs, expliquant qu’ils agissaient dans le cadre des accords des traités internationaux et se gardaient de toute ingérence, Erdogan a fait marche arrière et a renoncé à les renvoyer.

    Les sanctions pourraient provoquer le départ de la Turquie.

    Mais la question de fond demeure : quelles sanctions le Conseil de l’Europe peut-il prendre contre la Turquie ? Sachant que des sanctions pourraient provoquer une réponse radicale : le départ de la Turquie du Conseil de l’Europe. Le seul Etat, en 70 ans,  à avoir quitté le Conseil était la Grèce des Colonels, juste avant une mesure d’exclusion.

    La Turquie est membre du Conseil de l’Europe depuis 1950. Elle ne fut pas toujours un exemple de démocratie. D’autres pays non plus ne sont pas des exemples de démocratie avancée, ni hier, ni aujourd’hui.

    Le pari du Conseil de l’Europe est d’accompagner les Etats dans le « bon sens » du triptyque « Démocratie, Etat de Droit, Droits de l’homme », pas à pas, en jouant sur l’intérêt des gouvernements à présenter un bon visage plutôt qu’un mauvais.

    Le Royaume-Uni agite toujours un Brexit bis

    Le « club démocratique » que représente le Conseil de l’Europe est comme un certificat de bonne volonté pour des régimes qui ne sont pas aussi démocratiques qu’on peut l’espérer. C’est la raison pour laquelle le Conseil admoneste et condamne les « vieilles démocraties » pour démontrer aux « nouvelles » que l’imperfection est partout. Ces leçons agacent beaucoup les Britanniques et les remontrances du Conseil de l’Europe furent utilisées dans la Campagne du Brexit : de quel droit un juge slovène donnerait-il des leçons de démocratie à Sa Majesté la Reine?  Le Royaume-Uni agite toujours un Brexit bis, une sortie du Conseil de l’Europe, alors qu’il en est un des fondateurs, mais ne passe jamais à exécution.

    Il y a une forme de chantage vis-à-vis de l’organisation elle-même, fonction de la popularité attribuée aux « valeurs » du Conseil de l’Europe. Moins la démocratie est populaire, moins le club des démocraties est prestigieux, ce qui favorise les tendances autocratiques. Les évolutions de la Russie, de la Turquie, ou encore de la Hongrie et de la Pologne en témoignent.

    Une forme de chantage de la part de la Russie

    La Russie explique depuis longtemps que sans elle, le Conseil de l’Europe ne serait qu’un appendice de l’Union européenne. Sur les 47 Etats membres, 27 sont membres de l’UE. Parmi les autres, on compte Andorre, Saint Marin, Monaco, le Liechtenstein dont le poids ne justifierait pas l’existence du Conseil de l’Europe à partir du moment où l’Union Européenne, avec sa Charte des droits fondamentaux, a intégré dans son corpus juridique les droits de l’homme et l’état de droit.

    Pour la première fois, un Etat, la Pologne, est sanctionné financièrement (1 million d’euros par jour) par la Cour de Justice de l’UE pour une question qui relève de l’état de droit. Si l’UE applique des sanctions pour des violations de l’état de droit entre pays membres, le Conseil de l’Europe devient superflu pour les Etats membres de l’UE. Et si les principaux Etats non membres de l’UE s’en vont (Russie, Turquie, Azerbaïdjan), quelle serait l’utilité d’une telle organisation ?

    Quelle fut son utilité passée ?  Il a accompagné les anciennes démocraties populaires dans l’établissement de la démocratie. Il l’avait déjà fait pour l’Espagne, le Portugal, la Grèce… Il a, peu à peu, instauré un modèle, exercé une magistrature non seulement morale mais aussi juridique. Il a étendu la notion d’Europe au delà des frontières de l’UE, et lui a donné les couleurs non seulement de l’économie mais surtout d’un droit universel. Il a donné des repères à 800 millions de citoyens, sur ce qu’étaient leurs droits fondamentaux. Enfin, il trace une autre voie à la construction européenne que celle de « l’intégration » : le Conseil de l’Europe reste un organisme intergouvernemental, tout en en acceptant la supranationalité juridique des arrêts de la Cour.

    Dans la bataille mondiale du droit, le Conseil de l’Europe est un atout unique

    Le bilan n’est pas mince. D’autant que l’on ne parle ici que des Droits de l’homme, et qu’il existe plus d’une centaine d’autres traités sous son égide, de la pharmacopée à l’audiovisuel, avec des organes quasi juridictionnels, comme la Commission de Venise, le comité des Droits sociaux, la convention d’Oviedo, Moneyval, etc.

    Dans la bataille du droit qui est engagée au niveau mondial, le Conseil de l’Europe est un atout unique en son genre.

    A condition qu’il joue son rôle. Il a souvent déçu : il a manqué de réactions lors des Printemps arabes, en échouant à développer une politique de voisinage qui aurait été utile à des pays comme le Maroc, la Tunisie, la Lybie, l’Egypte, la Jordanie… L’ostpolitik nordique et le strabisme oriental l’en ont empêché, malgré la France.

    Il n’a pas osé réagir aux dérives russes, jusqu’à l’invasion de la Crimée. Lorsque la Douma a déclaré les traités inférieurs aux lois russes, sa protestation est restée formelle. 

    Il n’a pas réagi quand Erdogan est revenu sur les avancées, pourtant considérables en matière de justice, après le curieux coup d’état de 2016. Des milliers de fonctionnaires, juges, militaires, professeurs, journalistes, élus, furent suspendus, révoqués, emprisonnés, quasiment sans réaction du Conseil. La Cour fait ce qu’elle peut, mais le Conseil est un organe politique qui a la capacité de réagir.  Les dérives viennent donc de loin.

    Un front anti démocratique s’est constitué au sein du Conseil de l’Europe  

    Le Conseil aurait-il pu les prévenir? Aujourd’hui, un front anti démocratique s’est constitué en son sein. Faut-il que le Conseil fasse comme si de rien n’était pour conserver la Russie et la Turquie qui se moquent ostensiblement de ses décisions ?

    Seul club démocratique au monde, le Conseil de l’Europe ne peut se permettre de cultiver plus longtemps l’ambiguïté et l’hypocrisie.

    Devenir un club annexe de l’UE ne serait peut-être pas une mauvaise idée. (D’autant que la Cour de Strasbourg serait au sommet de la pyramide juridique, y compris vis-à-vis de celle de Luxembourg, ce qui entrave l’adhésion de l’UE au Conseil). Ce serait une nouvelle façon de réactiver la théorie des cercles dans la construction européenne. Le Conseil de l’Europe formerait ce premier cercle démocratique, autonome, avec les pays de l’UE, Norvège, Suisse, Ukraine, les pays balkaniques, qui pourrait associer des partenaires non européens dans le cadre d’un ensemble géopolitique ayant des standards de droit commun. Quand on pense à des sujets comme l’immigration ou l’environnement, c’est urgent. Cela débarrasserait la politique étrangère de l’UE de cette exigence « morale » à géométrie variable  qui, loin de lui apporter force et crédit, illustre sa pusillanimité.

    La politique étrangère est morale par son utilité.

    La politique étrangère n’est pas morale. Ou plutôt elle l’est toujours par son utilité. Ce qui justifie de négocier avec le diable et de lui vendre des allumettes. Durant la guerre froide, la détente n’était pas morale, la guerre des étoiles non plus, elles ne furent pas inutiles.  

    Il n’est donc pas nécessaire que la Russie se conforme aux arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, pour que les Européens aient de bonnes relations avec elle. N’est-ce pas le cas avec l’Egypte ou l’Arabie saoudite ? Ne va-t-on pas jouer la Coupe du monde au Qatar ?

    Si Les Russes et les Turcs sont nos adversaires au Moyen-Orient, en Afrique et en Méditerranée, il n’y pas de raison d’être amical. Mais cela ne tient pas au manque de qualité de leur démocratie. Et cette adversité peut être négociée, discutée, retournée.

    La raison d’être d’un club de valeurs démocratiques sont… les valeurs démocratiques

    En revanche la raison d’être d’un club de valeurs démocratiques sont les valeurs démocratiques. Oser être soi même n’est pas un choix : c’est une obligation.

    Il ne faut pas que les pays européens rompent avec la Turquie ou la Russie pour des raisons « morales ». Suite à l’invasion de la Crimée, la Russie avait été sanctionnée par la suspension de ses droits de vote à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Sans effet. Ce ne sont pas les parlementaires qu’il faut sanctionner mais l’État lui-même : ses droits au Comité des ministres, voire au sein de la Cour européenne. Mais il faut que le Conseil de l’Europe sanctionne la Turquie. C’est à cela qu’il sert. Ce n’est pas aux Etats isolément de prendre des sanctions « morales » : les ambassadeurs ont été maladroits à se substituer au Conseil de l’Europe. Que chacun soit utile dans ce pour quoi il est fait : le Conseil de l’Europe pour défendre l’état de droit, les Etats (et leurs ambassadeurs) pour défendre leurs intérêts, leur sécurité et celle de leurs citoyens.

  • Label vert pour le nucléaire ?

    Label vert pour le nucléaire ?

    Un groupe de dix pays européens a fait pression sur la Commission européenne pour qu’elle accorde à l’énergie nucléaire le label « vert » dans le cadre de la taxonomie financière durable de l’UE, qui sert de guide aux investissements en faveur du climat.

    Les ministres de l’Énergie du groupe des dix ont soutenu l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie lors d’une réunion extraordinaire du Conseil « Énergie » de l’UE mardi (26 octobre), organisée pour faire face à la hausse des prix de l’énergie.

    Une proposition de la Commission européenne est désormais attendue « d’ici la fin de l’année », a déclaré Kadri Simson, commissaire européenne à l’Énergie.

    Au début du mois, un groupe de ministres de dix pays de l’UE a signé un article d’opinion commun affirmant que « l’énergie nucléaire doit faire partie de la solution » à la crise climatique et être incluse dans la taxonomie.

    L’article a été signé par les ministres de l’économie et de l’énergie de la Bulgarie, de la Croatie, de la République tchèque, de la Finlande, de la France, de la Hongrie, de la Pologne, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Slovénie.

    Lors de la réunion ministérielle de cette semaine, les Pays-Bas ont offert leur soutien tandis que la Suède s’est également exprimée favorablement sur le nucléaire.

    « Les Pays-Bas sont en outre favorables à une conclusion rapide des actes délégués sur la taxonomie, en tenant compte de l’énergie nucléaire. Le contexte de cet acte devrait être basé sur la science afin de garantir une crédibilité à long terme », a déclaré le ministre néerlandais Stef Blok.

    « La Suède estime que nous aurons besoin de toutes les solutions rentables sans combustibles fossiles, y compris la bioénergie et le nucléaire, qui contribuent aux objectifs climatiques de l’UE et à la réduction de notre dépendance à l’égard des combustibles fossiles », a déclaré Anders Ygeman, le ministre suédois de l’énergie.

    « Ce qui a été très intéressant, c’est la façon dont le débat a évolué au cours des dernières semaines. Tout d’abord, je pense que c’est parce que de plus en plus d’États membres admettent que, pour atteindre les objectifs de décarbonation, nous avons besoin du nucléaire dans le mix énergétique », a déclaré Jessica Johnson de Foratom, l’organisme industriel de l’énergie nucléaire.

    « Ce changement s’explique en partie par le fait que certains États membres changent d’avis sur le nucléaire, et ce depuis environ un an. Cela s’explique également par la récente crise énergétique. Je pense que de plus en plus de personnes commencent à comprendre le risque de dépendre des importations », a-t-elle déclaré à EURACTIV.

    La flambée mondiale des prix de l’énergie a mis en lumière la dépendance de l’Europe vis-à-vis des puissances étrangères, notamment la Russie, pour son gaz.

    L’énergie nucléaire, cependant, dépend moins des importations. L’uranium est disponible auprès de multiples sources et seule une petite quantité est nécessaire pour produire une grande quantité d’énergie. De plus, la plupart des exploitants stockent sur place des réserves d’uranium suffisantes pour garantir deux à trois ans d’exploitation, selon Foratom.

    Centrale à gaz

    Le gaz dans le mix énergétique

    Les pays qui font pression pour l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie sont accompagnés d’une petite faction qui demande également que le gaz fossile soit inclus comme combustible de transition.

    Ce groupe est composé de pays d’Europe centrale et orientale – Pologne, Hongrie, République tchèque, Roumanie, Bulgarie et Slovaquie – qui affirment avoir besoin de gaz pour abandonner le charbon, plus polluant.

    « Nous devons également créer un climat d’investissement positif pour toutes les technologies nécessaires à la transition vers un système énergétique sûr à faible émission de carbone», a déclaré Adam Guibourgé-Czetwertyński, le ministre polonais du Climat et de l’Environnement.

    « La Commission devrait immédiatement présenter un acte délégué de taxonomie complémentaire couvrant à la fois le gaz naturel et l’énergie nucléaire afin de réduire l’incertitude des investisseurs », a-t-il ajouté.

    « L’énergie nucléaire et le gaz naturel vont occuper une place de choix dans le mix énergétique de l’UE dans les années à venir », a déclaré Karol Galek, secrétaire d’État slovaque. « Il est donc nécessaire de présenter dès que possible l’acte délégué complémentaire sur la taxonomie qui tient compte de l’évaluation scientifique de l’énergie nucléaire et du rôle de décarbonation du gaz naturel », a-t-elle ajouté.

    « Un nouveau report est inacceptable, il serait contraire au règlement sur la taxonomie, ne respecterait pas l’intérêt des citoyens de l’UE et n’apporterait pas la prévisibilité et la stabilité nécessaires aux investisseurs », a souligné Mme Galek.

    La Grèce, Chypre et Malte font également pression pour l’inclusion du gaz, mais ne sont pas intervenus en faveur de l’inclusion du nucléaire.

    « Tant que des pays comme Chypre n’auront pas développé des solutions de stockage [et] des interconnexions, le gaz continuera à jouer un rôle déterminant », a déclaré Natasa Pilides, du gouvernement chypriote.

    Lobby antinucléaire

    Le plus petit groupe de pays dans ce débat est de loin celui des pays qui se sont prononcés contre l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie. L’Autriche et le Luxembourg sont les plus fervents opposants au nucléaire. Le Danemark met également en garde contre cette énergie.

    « Nous pensons qu’il serait erroné de présenter l’énergie nucléaire comme une alternative — elle n’est pas bon marché et elle n’est pas fiable. Les prix de la production d’énergie nucléaire sont beaucoup plus élevés que ceux de la production d’énergie solaire photovoltaïque », a déclaré Gregor Schusterschitz (Autriche).

    Le ministre luxembourgeois de l’Énergie, Claude Turmes, a quant à lui insisté sur le temps qu’il faudrait pour construire de nouvelles centrales nucléaires. Selon lui, celles-ci ne seraient pas mises en service avant 2035 environ, ce qui les rendrait inutiles pour résoudre la crise énergétique de l’année actuelle.

    Il a ajouté que « prolonger les réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans ne représente que 10 milliards de tonnes d’équivalent pétrole. Vous voyez donc que c’est une stratégie très risquée et à impact limité ».

    « Avec la taxonomie, je pense que nous devons être extrêmement prudents. En effet, regardez les marchés financiers, regardez les investisseurs, regardez ce qui se passe déjà avec la manipulation », a-t-il déclaré aux ministres.

    L’Allemagne, opposante de longue date à l’énergie nucléaire, s’est montrée beaucoup plus neutre lors de la réunion, peut-être en raison de son gouvernement encore à former.

    « Nous devons réduire notre dépendance énergétique, les gens voient cela comme une justification de l’énergie nucléaire. Il est évident que nous ne pouvons pas parvenir à un consensus au niveau européen sur le rôle de l’énergie nucléaire », a déclaré Andreas Feicht, ministre allemand de l’Énergie et de l’Economie.

    L’ONG environnementale WWF a également mis en garde contre l’inclusion de l’énergie nucléaire et du gaz fossile.

    « Rien ne pourrait davantage nuire au Pacte vert pour l’Europe que l’inclusion du gaz fossile et du nucléaire dans la taxonomie durable. À l’heure de la COP26, un tel écoblanchiment européen institutionnalisé enverrait un message mondial totalement contre-productif », a déclaré Henry Eviston, porte-parole pour la finance durable au bureau des politiques européennes du WWF.

  • COP26, des enjeux pluriels, sources de tensions multiples

    COP26, des enjeux pluriels, sources de tensions multiples

    Tous les grands sommets donnent lieu à des postures et à des jeux diplomatiques complexes. La COP26 qui s’est ouverte le 31 octobre 2021 à Glasgow n’échappe pas à la règle. L’absence du Président de la Chine, la deuxième puissance économique mondiale, responsable de 28% des émissions de CO2, soit deux fois plus que les Etats-Unis, constitue un signal important au moment où les Etats-Unis entendent jouer un rôle fédérateur dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’absence du Premier Ministre de l’Inde, troisième plus important émetteur de CO2 est également un signe des tensions que génèrent ce type de sommet.

    La COP26 donne lieu à de nombreuses revendications ou propositions en provenance tant des Organisations Non Gouvernementales que de certains groupes d’États désireux d’obtenir des concessions ou des aides. Les pays industrialisés sont montrés du doigt ce qui incite certains dirigeants à opter pour la politique de la chaise vide. Les pays pauvres et émergents ont réclament un effort plus important des pays riches afin de compenser les coûts de la transition énergétique ce qui est une source de conflits.

    Réduire les émissions de dioxyde de carbone réduire à zéro d’ici le milieu de ce siècle. 

    Adopté en 2015 par la grande majorité des pays, l’accord de Paris avait comme objectif de limiter à moins de 2°C la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre par rapport aux niveaux préindustriels. Idéalement, les négociateurs avaient admis qu’il serait raisonnable de se fixer un objectif à 1,5°C. Depuis 2015, de moins en moins d’experts croient en la possibilité de respecter l’un ou l’autre de ces objectifs. Le processus de hausse se poursuit voire s’accélère. Depuis l’invention de la machine à vapeur, les températures ont déjà augmenté de 1,1 à 1,3°C. Pour tenter de respecter peu ou prou l’accord de Paris, l’ensemble des États doivent réduire leurs émissions nettes de dioxyde de carbone de 45% en 2030 par rapport à 2010 et les réduire à zéro d’ici le milieu de ce siècle.

    L’accord de Paris n’est pas contraignant ; il vise à créer un cadre permettant aux États signataires de s’engager sur des stratégies de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces engagements prennent la forme de « Contributions déterminées au niveau national (ndcs) ». Ces dernières ne permettent pas, en l’état, le respect des objectifs. Leur application aboutirait simplement à une limitation de la hausse de température à 3 degrés d’ici 2100. Conscients qu’une démarché progressive était la seule envisageable, les négociateurs du traité de 2015 avaient prévu, une révision tous les cinq ans, des engagements pris par les parties prenantes avec en jeu, l’introduction de nouvelles contributions plus ambitieuses. La conférence de Glasgow (qui a lieu un an plus tard que prévu, en raison de covid-19) est la date limite prévue pour la présentation de ses nouveaux engagements renforcés.

    Union Européenne et Etats-Unis sont les seuls à fixer de nouveaux engagements

    Depuis un an, plusieurs gouvernements ont commencé à annoncer de nouveaux engagements. L’Union européenne (UE) a ainsi promis qu’à la fin de la décennie, elle aura réduit ses émissions de 55% par rapport aux niveaux de 1990. Elle a amélioré son objectif de 15 points par rapport à son engagement de 2015. Les États-Unis qui ont resigné le traité de Paris ont décidé de réduire leurs émissions de 50 à 52 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005. Il y a six ans, ils n’avaient proposé qu’une réduction de l’ordre de 26 à 28% d’ici 2025. Union européenne et États-Unis représentent 23% des émissions mondiales de dioxyde de carbone.

    L’Australie qui avait présenté en 2015 une contribution modeste ne l’a guère relevée depuis. De nombreux États émergents se sont fixés des objectifs peu contraignants. La Russie et l’Indonésie ne promettent, pour le moment, aucun nouvel effort. En utilisant une comptabilité carbone créative, le Mexique et le Brésil ont élaboré de nouvelles stratégies moins ambitieuses que leurs plans initiaux. Responsable de 7% des émissions de dioxyde de carbone, l’Inde n’a pas, de son côté, encore publié de nouvelle stratégie climatique. La Chine qui représente 28% se trouve dans la même situation. L’année dernière, les autorités chinoises ont simplement déclaré que leur pays prévoyait d’atteindre son pic d’émissions avant 2030. Li Shuo de Greenpeace pense que la Chine n’a pas réellement l’intention de respecter cet objectif et qu’elle devrait simplement se contenter d’un volume maximal d’émissions de gaz à effet de serre.

    En l’état actuel, le compte n’y est pas. Pris dans leur ensemble, les nouvelles cibles permettraient, dans 50% des cas, le maintien du réchauffement en-dessous de 2,1°C et dans seulement 5% des cas au-dessous de 1,5°C, selon l’Agence internationale de l’énergie. Pour aboutir à ces ratios, l’agence internationale a supposé que tous les engagements étaient respectés à la lettre.

    80 milliards sur les 100 promis ont été transférés.

    L’autre grand sujet est l’organisation des transferts en faveur des pays en développement. En 2009, les pays riches avaient promis que d’ici 2020, ils fourniraient aux États en développement 100 milliards de dollars de financement climatique chaque année. Afin de faciliter leur transition énergétique et éviter la multiplication des centrales au charbon, des montants à peu près équivalents avaient été également prévus. Le chiffre est une fraction de l’investissement annuel de 2 000 milliards de dollars, montant des besoins des pays en développement évalué par l’Agence internationale de l’énergie. Selon l’OCDE, seulement 80 milliards de dollars ont été, transférés en 2019. En 2021, l’objectif des 100 milliards de dollars serait atteint mais seulement 25 % des sommes financent des moyens d’adaptation au changement climatique, au lieu des 50 % promis.

    Confrontés aux coûts de la pandémie, les pays avancés sont à la peine pour accroître leurs aides. Ils prendront certainement des engagements pluriannuels. Ils devraient ainsi proposer un montant agrégé de 500 milliards de dollars sur la période 2020/2025.

    À l’occasion du sommet de Glasgow, des avancées sont attendues sur l’élaboration de règles d’organisation les marchés internationaux du carbone ainsi sur le concept des « pertes et dommages » en vertu duquel les pays qui souffriront le plus du changement climatique devraient être indemnisés. Jusqu’à maintenant peu favorables à l’introduction d’une logique d’indemnisation, les pays avancés avaient admis qu’une simple mention de ce concept figure dans l’accord de Paris 2015. En 2021, les pays en développement espèrent placer ce principe en tête de l’agenda afin d’obtenir un cadre dans les prochaines années.

    Des accords sur le charbon et le méthane ?

    Le sommet de Glasgow devrait également aborder la question des engagements sectoriels, tels que l’arrêt de la combustion du charbon, l’interdiction de la vente de moteurs à combustion interne et l’arrêt de la déforestation. Le pacte global sur le méthane (Global Methane Pledge), appelle à réduire les émissions mondiales de méthane d’au-moins 30 % par rapport aux niveaux d’ici 2030. Ses auteurs sont américains et européens. Leur objectif de réduire drastiquement les émissions de méthane. Mesurée sur 20 ans, une tonne de méthane provoque un réchauffement 86 fois plus important qu’une tonne de dioxyde de carbone.

    En revanche, le gaz est naturellement éliminé de l’atmosphère beaucoup plus rapidement que le CO2. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la concentration de méthane dans l’atmosphère est actuellement deux fois et demie plus élevée qu’avant la révolution industrielle. Les émissions de méthane sont difficiles à tracer avec certitude, à cause de la multiplicité des sources, qu’elles soient naturelles ou non. Les estimations actuelles tournent autour de 570 millions de tonnes par an environ, dont 60% seraient d’origine humaine. Plus de la moitié des émissions de méthane provient de l’activité humaine. L’agriculture, et en particulier l’élevage de bovins, est responsable à elle seule d’un quart voire d’un tiers de ces émissions. Selon la « Climate and Clean Air Coalition », qui rassemble sous l’égide de l’ONU des États et des ONG, la réduction de moitié des émissions de méthane d’origine humaine d’ici 2050 pourrait abaisser les températures d’environ 0,2°C.

    Les pays « émergents » réticents

    Ce sommet pourrait révéler au grand jour les stratégies divergentes des États. Les pays riches tentent de convaincre les émergents qu’ils sont les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre quand ces derniers en imputent la responsabilité aux premiers qui sont à l’origine des différentes révolutions industrielles. Les pays émergents se rangent sous la bannière des pays en développement pour bénéficier des aides. Ils rappellent que le niveau de développement des pays riches n’est que la production de deux siècles de pollution. Leur position s’est néanmoins affaiblie avec le départ de Donald Trump de la Maison Blanche qui leur permettait d’arguer que la première puissance économique mondiale ne tenait pas à respecter l’accord de Paris.

    Certains pays émergents jusqu’à alors retors au principe de la transition énergétique commencent à l’intégrer dans leur politique publique. L’Afrique du Sud a récemment relevé ses objectifs et la Chine a mentionné, en septembre, qu’elle ne financerait plus de nouvelles centrales électriques au charbon en dehors de ses frontières. Ces derniers mois, la multiplication des catastrophes naturelles, dont celle ayant provoqué la mort de près de 200 personnes en Allemagne, ont créé une onde choc sur l’urgence d’agir en faveur de la transition énergétique, ce qui devrait peser sur le cours des débats à Glasgow.

  • G20, Cop26 : Maître Xi chevauchait les nuages

    G20, Cop26 : Maître Xi chevauchait les nuages

    Xi Jinping ne se déplace ni à Rome, capitale du G20, ni à Glasgow, haut fourneau de la COP 26. Ici et là, les chefs d’Etat et de gouvernement, leurs experts, après des centaines de réunions préparatoires, des milliers d’heures de hauts fonctionnaires, de dizaines de milliers de pages de contributions, élaboreront des communiqués et prendront des engagements irréversibles, contestés par les ONG. Pendant ce temps trop humain,  Xi Jinping, maître d’une Chine responsable d’un quart des émissions mondiales de CO2, calligraphie ses engagements: la Chine poursuit la lutte contre le réchauffement climatique, qu’on se le dise.

    Photo des 20 représentants à Rome

    Quelques milliards pour acheter des indulgences

    Les mots sont francs : quand ils mentent, cela s’entend. Ainsi la lutte contre le réchauffement climatique, pour Maitre Xi, revient à atteindre le pic de pollution « avant » 2030. Après on redescend, promis. Chinois, Indiens, Brésiliens demandent aux « Occidentaux »  de faire plus d’efforts que les autres puisqu’ils ont pollué  avant les autres avec leur révolution industrielle. Les Européens, toujours en avance d’une faute, le reconnaissent volontiers, et s’apprêtent à dépenser quelques milliards pour acheter des indulgences, vieille tradition précapitaliste chrétienne.

    Ils auraient pu rétorquer que Chinois et autres bénéficient sans payer, même écologiquement, des techniques et innovations que seuls les Européens avaient découverts à force de suie et de sueur. La diffusion du progrès polluant a été gratuite.

    Mais la question du climat n’est pas celle de l’air, de la terre salie, ou des eaux flétries. Elle reste, pour Maître Xi et tant d’autres, un discours vis-à-vis de ses mandants. En Europe, l’élite est sensible aux thèses écologiques, aux Etats-Unis, moins, en Chine un peu, en Inde pas du tout. Chacun parle à ses ouailles. Elle est aussi un instrument de pression internationale, un jeu de masque des puissances.

    La question du climat, un jeu de masque des puissances

    Maitre Xi Jinping n’a donc pas rendu sa copie pour faire plaisir au monde : Il a repris son discours d’il y a quelques mois, devant le PCC, destiné aux 97 millions de membres du parti, l’élite qui dirige le pays et qui commence à étouffer dans les villes. Il a aussi limité les gratte-ciels. Là haut, ils chatouillent.  

    Xi Jinping a d’autres nuages à fouetter que ceux de Glasgow. L’immobilier menace, la croissance mollit et la censure bosse: de méchantes langues, inspirées de l’étranger, disent que l’épidémie repart et que le sinopharm serait à peine meilleur que le vaccin russe. Même le Maroc se plaindrait. Xi Jinping n’ira pas non plus au Sénégal lors du sommet Chine-Afrique. Son absence donne plus de prix encore à ce qu’aurait été sa présence, et restreint les dépenses.

    Maître Xi a bien aimé que la France soit boutée de l’accord du Pacifique.  

    Il a eu Macron au téléphone. Un coup de fil, c’est déjà un lien privilégié. Maître Xi a bien aimé que la France soit boutée de l’accord du Pacifique. La France présidera l’UE dans quelques semaines, la flatter un peu adoucira les méfiances grandissantes des Européens, surtout que l’amie Merkel n’est plus là. De là à aller baiser la babouche du Pape comme le fait Biden à Rome, ou s’incliner poliment devant l’hirsute Boris à Glasgow au risque d’attraper un rhume de Hong Kong, il y a un risque de faux pas qu’on évite à léviter dans les nuages.

    Le climat, ce n’est pas que la hausse des températures ; c’est la hausse des prix de l’énergie.   

    Xi Jinping se présente donc, de loin, comme un bon élève de la lutte  climatique, mais un peu moins que lorsque Trump piétinait les accords de Paris. Il était un champion du multilatéralisme jusqu’à ce que Biden y revienne. Son ministre l’a dit clairement : « On ne peut dissocier la lutte contre le réchauffement climatique des relations sino-américaines ». Le multilatéralisme chinois actuel penche plutôt vers une coordination avec les Russes et quelques voisins sur l’Afghanistan et le Moyen-Orient. Il travaille d’établir avec l’Iran un accord du même type que celui -toutes proportions gardées- que celui des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite. Pétrole contre protection.

    Le climat, ce n’est pas que la hausse des températures. C’est la hausse des prix de l’énergie; et celle des métaux rares. La Chine va construire dans les années à venir autant de centrales à charbon qu’en possède l’ensemble des Etats-Unis. Elle développe aussi son parc nucléaire à grandes enjambées. Elle a mis en route son EPR avant la France, développe les minicentrales, les parcs solaires et éoliens. Elle s’approvisionne en gaz russe et en pétrole iranien. Le prix du gaz flambe. Poutine non plus n’est pas là. La Russie ne risque plus l’’étranglement financier. Les Européens, au contraire, mesurent à quel point le manque de gaz, ou celui de semi conducteurs, les rend dépendants.

    L’énergie reste la variable de la richesse et de la pauvreté

    Le redémarrage de l’économie mondiale produit deux effets : D’une part,  Le besoin d’énergie reste la variable de base des économies, c’est-à-dire de la richesse et de la pauvreté. D’autre part, les pays pauvres, ceux qui ne sont pas dans la boucle de l’économie immatérielle, même les ex-émergents, décrochent.

    Maître Xi couve son empire comme un œuf  de dragon. Maintenu trop serré il ne se développe pas. Trop lâche il se brise. Le bon gouvernement – la bonne démocratie- ne se résume pas pour lui à l’état de droit, les droits de l’homme et autres occidentâleries : la démocratie, c’est le bonheur du peuple. Vaincre la pauvreté, construire des logements sans que le système financier, par exemple, ne s’écroule.  Seul le bien-être des Chinois limitera le bien-être des Chinois et les usines à charbon.

    Les nuages d’une économie immatérielle

    Il en est de même pour les États-Unis : la croissance américaine s’est appuyée sur l’exploitation du gaz de schiste, ce qu’ont refusé les Européens. Les sommes colossales qu’exige la transition énergétique ne seront octroyées qu’en fonction d’une rentabilité à venir. Les Européens voudront appliquer des normes écologiques aux importations, de fait protectionnistes, ce qui ne se fera pas au bénéfice des pays pauvres ou émergeants qui se verront interdire l’accès au marché européen. N’est ce pas le cas pour le Mercosur ? Oserait-on pour la Chine ?

    Que les bourgeois et la jeunesse occidentale s’inquiètent des nuages de Glasgow, symbole du capitalisme du 19ème siècle, Xi Jinping est dans d’autres cieux : le capitalisme 4.0 chinois. Il n’a pas raison, bien sûr, mais il n’est pas certain qu’il ait tout à fait tort. Seul le dessin d’une économie immatérielle trace d’autres figures de nuages.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Fédérations LR, PS : remous post-sénatoriales

    Fédérations LR, PS : remous post-sénatoriales

    Si le PS et les Républicains ont réussi à sauver un siège chacun lors des élections sénatoriales de septembre 2021, le bilan reste douloureux pour les deux grands anciens partis qui ont dominé pendant des décennies la vie politique française et encore plus celle des expatriés. Quelques semaines après que les nouveaux sénateurs aient commencé à siéger, l’ambiance est à couteaux tirés dans les fédérations des Français établis hors de France du Parti Socialiste comme des Républicains.

    Cécilia Gondard, Première secrétaire de la fédération des expatriés du PS et Christophe Frassa, ancien Président de la fédération LR

    Changement de direction pour Les Républicains

    Sénateur le mieux réélu avec 105 voix, Christophe Frassa n’a pourtant pas réussi à conserver la tête de la fédération. Effondrement de l’effectif de la « fédé », sections peu dynamiques et près d’un tiers d’élus en moins lors des dernières élections consulaires, les griefs n’ont pas manqué. Alors que le bureau national cherche à rassembler les troupes derrière le candidat qui sera désigné au congrès, la direction parisienne a décidé qu’il était temps de laisser place à une nouvelle dynamique.

    Les expatriés ont longtemps été une réserve de voix pour la droite aux élections nationales. C’est Ronan Le Gleut, sénateur élu en 2017, qui sera donc en charge de la reconquête. Français d’Allemagne, où son père était militaire, le sénateur Le Gleut est particulièrement apprécié chez les élus consulaires qu’il a longtemps côtoyés alors qu’il était lui- même à l’Assemblée des Français de l’étranger. Il a aussi l’avantage d’être apprécié par les différentes écuries présidentielles et son profil pro-européen peut rassurer les électeurs expatriés de droite qui voient d’un mauvais œil la montée des courants souverainistes et anti-européens chez Les Républicains.

    Post de Christophe Frassa sur FB annonçant sa démission

    Au PS, une fédération en ordre de bataille ?

    Au Parti socialiste, après une séquence sénatoriale qui a vu Ségolène Royal et des élus consulaires se disputer l’investiture du Parti, l’heure est à la remise en ordre de bataille à la veille des échéances de 2022. Le comité fédéral dirigé par Cécilia Gondard a donc sommé les anciens dissidents de choisir entre leurs ambitions personnelles et l’appartenance au Parti.

    Pour cela, 9 cadres de la fédération ont reçu un courrier leur signifiant leur suspension. Cette mesure, mise à disposition de la Première secrétaire de la fédération par les statuts du parti, permet aux concernés d’aller présenter leur position à une commission des conflits. C’est cette dernière qui prendra la décision finale quant au maintien ou non de ces cadres dans le parti.

    Concerné au premier plan, Mehdi Benlahcen, vice-président des Français du Monde, ancien élu PS à Lisbonne et N°2 sur la liste de Ségolène Royal, ne compte pas en rester là. Pour lui, c’est la survie du PS à l’étranger qui en jeu. Il prévoit des élections à l’Assemblée des Français de l’étranger, le 07 décembre, catastrophiques pour le Parti socialiste. Il n’est pas le seul à être monté au créneau, Jean-Yves Leconte, sénateur, candidat à sa succession en 2023, a apporté son soutien aux 9 cadres dans une longue lettre dont nous publions ci-dessous un extrait.

    « Si la présentation d’une liste face à celle qui est soutenue par le Parti Socialiste devrait être logiquement sanctionnée, le contexte (non mise en œuvre des dispositions statutaires permettant aux militants de choisir entre les candidatures en présence) et le calendrier (annonce du soutien du PS le dernier jour où les listes pouvaient être déposées) apparaissent comme être des circonstances qui atténuent ou retirent tout sens à la moindre sanction. L’existence de voies de recours ne peut justifier de prendre une décision fragile juridiquement. Quant à l’appréciation politique, il est indispensable de tourner la page de cette séquence et de reprendre des forces, ensemble. C’est probablement possible puisque la « séquence sénatoriale » s’est finalement bien terminée et que nous avons besoin de mobiliser toutes nos forces pour les prochaines séquences de 2022, décisives et vitales, ainsi que pour les très prochaines élections AFE.« 

    Jean-Yves Leconte, sénateur PS des Français établis hors de France

    Mais Cécilia Gondard reste sereine. Pour elle, elle ne fait qu’appliquer les statuts et en ayant choisi la suspension au lieu de l’exclusion, elle assure ainsi ne pas s’ériger en juge tout en réaffirmant le besoin de cohésion. La fédération, ne comptant plus qu’une centaine de membres, doit retrouver, elle-aussi, une dynamique pour espérer récupérer un ou deux sièges aux élections législatives de juin 2022.

  • Après 9 mois de confinement à Melbourne, rester ou partir ?

    Après 9 mois de confinement à Melbourne, rester ou partir ?

    Ils ont passé 262 jours de confinement à Melbourne. Depuis le week-end dernier, les habitants peuvent enfin sortir sans restriction. C’est le confinement le plus long du monde – presque 9 mois – pour tenter de limiter la propagation de la Covid-19. Pour les expats, le soulagement laisse place aux questions. L’Australie a été une prison dorée pendant des mois et certains ne savent plus que faire. Rester ou partir, telle est la question. 

    Vivre pendant 9 mois de confinement à Melbourne 

    Les confinements à Melbourne se sont enchaînés ces derniers mois. 6 au total, avec des règles strictes. Les habitants de Melbourne pouvaient sortir pour travailler, aller acheter à manger, pour consulter un médecin en cas de problème de santé ou pour faire du sport. Cette dernière autorisation ne leur permettait que de sortir 1h par jour, dans un rayon de 5 kilomètres, dans les moments les plus durs du confinement. La ville de Melbourne avait également instauré un couvre-feu à 21h, pratiquement sur toute la durée du confinement. 

    Pour Marion* (le prénom a été modifié) ce confinement a été très difficile.

    « Ce qui s’est passé ici m’a traumatisée. Je vais mettre longtemps à m’en remettre et à reprendre goût à habiter dans ce pays ».

    Les frontières étant fermées depuis mars 2020, elle n’a pas vu sa famille depuis 3 ans. Pour elle comme pour d’autres, l’absence des proches fait partie des épreuves les plus douloureuses : « J’ai accouché l’année dernière et mes parents n’ont toujours pas rencontré leur petit-fils. Se voir au travers d’un écran ce n’est pas pareil qu’en vrai. Dès qu’ils le pourront, ils vont venir nous rendre visite, la distance et le manque sont difficiles pour eux comme pour nous » nous explique Magalie, expatriée en Australie depuis 4 ans.  

    Bien que le confinement soit levé à Melbourne, tout n’est pas encore revenu à la normale. Certains magasins sont encore fermés et les restaurants ont une capacité d’accueil limité. « Maintenant qu’il y a la réouverture, il faut s’adapter ! Ça fait si longtemps qu’on est enfermés qu’on a perdu l’habitude ! » Nous explique Elisa, qui a vécu les 262 jours de confinement à Melbourne.

    Rester ou partir, que faire quand les confinements s’enchaînent ? 

    Alors que l’Australie faisait office de modèle au début de la pandémie mondiale, la stratégie zéro-covid a rapidement montré ses faiblesses. Le variant Delta a obligé les autorités à revoir leur stratégie de vaccination. Les confinements se sont enchaînés dans le Victoria, et Melbourne s’est vidée au fur et à mesure. « À partir du 6ème confinement, il n’y avait que des « survivants » à Melbourne » nous annonce Elisa. « Beaucoup de gens sont partis entre-temps, car ils en avaient ras-le-bol des confinements en continu ».

    L’Australie vient d’annoncer l’ouverture de ses frontières pour ses habitants qui souhaitent voyager hors du territoire. De nombreux expats ayant la résidence permanente projettent déjà de rentrer en Europe pour voir leur famille. Pour autant, ils ne songent pas à quitter définitivement l’Australie.

    « Nous avons le sentiment d’avoir été complètement négligés, d’être infantilisés pendant toute cette crise sanitaire. C’est un sentiment partagé par beaucoup de monde, mais je ne compte pas quitter le pays pour autant. Mon compagnon est australien, alors je vais rester ici » nous annonce Marion. 

    Bien que ce confinement ait été difficile, les expats ne semblent pas totalement décidés à quitter le pays. Ils veulent avant tout voir leur famille en Europe et profiter à nouveau de l’Australie, sans restriction. Sydney vient également de sortir d’un confinement de presque 4 mois et les annonces gouvernementales laissent penser que l’ouverture des frontières est proche. Après des mois coupée du monde, l’Australie semble enfin prête à s’ouvrir au monde, pour le plus grand plaisir des expats qui se sentaient isolés et oubliés.

  • Logan Guinard : « L’eau apporte de la vie »

    Logan Guinard : « L’eau apporte de la vie »

    Tous les midis dans l’émission Les Français parlent aux Français, un « Français dans le monde » est invité au micro de StereoChic pour échanger sur son expatriation, son métier, sa vie.

    Le jeudi 7 octobre c’était Logan Guinard, 25 ans, qui était l’interviewé. Il vit à Palm Springs, Californie aux États-Unis depuis deux ans et est designer d’extérieur et de maisons. Il a une véritable passion pour l’eau et pour les aménagements gravitant autour.

    Meilleur apprenti de France

    Le Breton a fait ses études d’aménagement paysagé en Normandie. Au fur et à mesure, il se tourne vers les métiers de la piscine pour revenir à l’eau, son élément favori. Il revient sur ces années d’études, jusqu’à la consécration lorsqu’il est nommé « meilleur ouvrier de France ».

    The Rustic pool par Logan Guinard

    Le départ pour les États-Unis

    Logan Guinard

    En 2019, c’est le grand départ. Il s’installe en Californie pour rejoindre une entreprise d’aménagements extérieurs. A Palm Springs, les clients avec des budgets quasi illimités sont nombreux, ce qui laisse libre cours à son imagination débordante.

    Il dresse un comparatif entre sa vie professionnelle en France et aux Etats-Unis et revient sur son ascension fulgurante.

    La France commence à lui manquer

    Voilà deux ans que Logan est parti s’installer en Californie. Arrivé six mois avant le premier confinement lié à la pandémie, il n’est pas sorti du territoire depuis. Sa famille, ses amis et ses proches commencent donc à lui manquer, mais comme il est en pleine demande de son visa, il ne peut pas rentrer en France tout de suite.

    Il nous raconte les embuches administratives, le temps qui parfois semble long et la façon dont il garde le moral.

    Retrouvez ce podcast sur toutes vos plateformes préférées

    Podcast liste
  • L’exploration des fonds marins

    L’exploration des fonds marins

    Explorer les fonds marins, tel que l’a annoncé Emmanuel Macron, est-ce bien écologique ?

    On en discute avec Ludovic Frère Escoffier, responsable du programme Vie des Océans à WWF France, et Jean-Marc Daniel, directeur du département en charge de l’exploration des grands fonds marins à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, l’IFREMER, sur TV5MONDE.

    Robot de recherche sous-marine

    Le Président de la République a déclaré que l’exploitation des fonds marins était un objectif du plan 2030.

    Regardez le débat sur TV5Monde

  • Décès soudain du Consul général de France à Hambourg

    Décès soudain du Consul général de France à Hambourg

    C’est avec une grande tristesse que notre rédaction vient d’apprendre le décès de Tristan Fabiani-Pradeilles, Consul général de France et directeur de l’Institut français d’Hambourg, le 27 octobre 2021.

    Ce conseiller des affaires étrangères trop tôt disparu illustrait toute la richesse de parcours d’un homme passionné par l’international. D’origine corse, professeur agrégé de Lettres modernes après des études à l’université de Grenoble il avait très rapidement opté pour l’intégration du réseau AEFE qu’il avait rejoint en 2005 en devenant enseignant auprès du lycée français de Düsseldorf.

    Puis c’est le Centre International de Pédagogie de Sèvres qui accueillit ses services avant un retour en Europe centrale en 2008 comme attaché de coopération pour le Français auprès de l’institut français de Vienne.

    Une carrière brillante

    C’est au terme de cette expérience réussie dans le réseau de coopération des Affaires étrangères qu’il rentre dans la carrière diplomatique et intègre le Quai d’Orsay à Paris comme rédacteur pour l’Union européenne spécialisé sur l’Afrique puis comme rédacteur pour le suivi d’israël et du processus de paix.

    Après ces quatre années très formatrices il rejoint Londres en pleine campagne du référendum du Brexit en 2016. Il est alors diplomate d’échange auprès du Foreign office britannique. Son expérience acquise lui vaut ensuite de devenir conseiller politique auprès de l’ambassade de France en Angleterre jusqu’en 2020.

    Son esprit d’analyse, l’habileté de sa plume, son ouverture culturelle feront merveille et lui vaudront de devenir conseiller des affaires étrangère nommé Consul général de France à Hambourg.

    À l’annonce de son décès le 28 octobre par Anne-Marie Descôtes, ambassadrice de France, les élus ont fait part de leur émotion : Philippe Loiseau, conseiller PS des Français de l’étranger, a exprimé sa tristesse :

    «Un drame (…) éprouvant pour sa famille bien entendu et pour la communauté française de Hambourg qu’il avait rejoint voilà un an ».

    Philippe Loiseau, conseiller PS des Français de l’étranger

    L’élu PS a rappelé qu’une autre disparition tragique, celle de Monsieur Denis Francois, consul général à Tanger, avait déjà endeuillé le corps diplomatique l’année dernière.

    Au printemps 2021, Tristan Fabiani-Pradeilles avait été victime d’un incendie volontaire à son domicile par un citoyen allemand. Une enquête ouverte par le parquet d’Hambourg l’a innocenté alors que la police allemande l’avait, au départ, soupçonné de complicité.

    Un registre de condoléances est ouvert au consulat général (Heimhudder Str. 55, Hambourg) chaque jour de semaine jusqu’au mercredi 10 novembre (hormis lundi 1er novembre, jour de fermeture du consulat), entre 14h et 16h.

  • Boire du bon vin français à l’étranger

    Boire du vin français à l’étranger, un défi pour les expatriés ? C’est la question que nous nous sommes posés. Trouver son millésime dans son pays de résidence relève parfois du parcours du combattant.

    Tout le long de l’année, les foires et expositions de vins permettent à tous les Français et francophones de retrouver notre pays dans leurs verres. La présence française est effective sur quasiment tous les continents, et de nombreuses expositions ont en majorité des exposants français. Nous vous proposons de découvrir les plus attendues aujourd’hui.

    En Europe, la France est la célébrité des foires et expositions

    En Italie, les Français seront également au rendez-vous. La Foire internationale de la viticulture et de l’œnologie aura lieu du 10 au 12 novembre 2021, au Parc des Expositions de Pordenone, dans le sud-est de l’Italie.

    Guéna de Beauregard est une Française sommelière indépendante à Milan, où elle vit. Elle n’est pas attachée à un restaurant ou hôtel, mais travaille en tant qu’auto-entrepreneuse et gère avec des plateformes des dégustations vin-fromage, des séances de « testing bars », et effectue des « tours de France des vins » avec des Français et des Milanais. S’il y a plus de Français que Milanais, elle aimerait qu’il y ait plus d’Italiens. Comme elle ne parle pas encore parfaitement la langue, il est difficile de leur donner des cours. Choisir ses vins français pour faire voyager n’est pas sorcier, car les Italiens aiment les vins français, notamment le Bordeaux, qui est très apprécié et très recherché. Ses vins de prédilection pour les séances sont le Languedoc, le vin de Loire et le Bordeaux.

    « Je travaille en partenariat avec des Instituts français et l’ambassade pour organiser des « after work » dégustations, mettant en avant les vins de notre pays. Si beaucoup de Français s’y retrouvent pour se détendre et déguster leurs alcools préférés, des Italiens se joignent parfois aux évènements. Ils aiment découvrir nos vins et prennent plaisir lors de nos dégustations. »

    Guéna de Beauregard

    Boire du bon vin français en Italie n’est pas difficile, comme le témoignent les multiples évènements auxquels Guéna participe : Vinitaly, le salon international des vins à Vérone, la Milano Wine Week, organisée tous les ans en octobre, ou encore le salon des vignerons. Elle est en partenariat avec le RSVP Club, une cave milanaise spécialisée dans le vin et le champagne français, champagne qui est « particulièrement apprécié par les Italiens. » Pour trouver son vin français en Italie, rien de plus simple : les cavistes ont entre leurs murs moult bouteilles françaises à prix abordables, « notamment le Bordeaux et du champagne. » Il est cependant plus difficile d’en trouver dans les supermarchés italiens, qui favorisent le vin local et de leur région d’implantation, qui sont alors moins chers que les rares vins français vendus dans leurs enseignes. Il suffit donc de privilégier le caviste pour trouver son bonheur, tout en étant raisonnable au niveau du portefeuille. Guéna organise aussi des ateliers de yoga dans les vignes en Italie, des « évasions des sens», où elle pratique quelques exercices de méditation et de respiration pour apprendre à ses initiés à mieux déguster le vin.

    L’Allemagne et son salon Prowein Düsseldorf, prévu du 27 au 29 mars 2022, aura près de 7 000 exposants de plus de 50 pays, dont la France. C’est un des rendez-vous les plus importants pour le monde de la viniculture et de l’œnologie, où les grandes nouveautés (principalement européennes) et nouveaux crus sont présentés. Au salon du Düsseldorf, vous pourrez y retrouver les vins classiques français, qui ont leurs pavillons. Si l’accent est mis sur l’international, la France reste très présente avec plusieurs pavillons répartis sur les quatre halls du salon. Sur les 6900 exposants, 1 600 sont français, ce qui en fait le deuxième pays le plus représenté derrière l’Italie.

    Les Vinexpos, comment retrouver vos vins à l’étranger

    Vignoble d’Ansoui

    La Vinexpo de New-York, renommée « Vinexpo America », tiendra sa nouvelle édition en mars 2022, après 10 ans d’absence. Un tiers des 500 exposants sont français, qu’ils aient des vignobles en France ou aux Etats-Unis. Du 9 au 10 mars 2022, vous pourrez y goûter vos vins de Champagne, Bourgogne, Bordeaux et d’Alsace à des prix abordables. L’exposition aura lieu au centre Jacob K. Javits. Tous les « grands vignobles du monde » seront représentés dans les stands. L’organisation de cet évènement coïncide avec la suspension temporaire de la surtaxe américaine sur les vins français, ce qui a motivé de nombreux exposants à participer.

    Les foires de vins en Asie et Océanie pour présenter les nouveautés françaises

    Les Français installés à New Delhi pourront, du 9 au 11 décembre, découvrir et redécouvrir nos millésimes. Plus de 300 exposants internationaux, dont les grands domaines français, se retrouveront dans la ville pour vous faire partager leur passion.

    A Hong Kong, la Vinexpo qui avait été annulée l’année dernière du fait de la pandémie, est prête pour sa réouverture. Elle est prévue du 24 au 26 mai 2022 au Hong Kong Convention & Exhibition Centre (HKCEC), avec plus de 1400 exposants. Du 6 au 10 décembre 2021, la Hong Kong International Wine Convention permettra aux visiteurs, fins connaisseurs comme amateurs, de découvrir les nouveaux vins français en vogue et les dernières actualités de la viniculture. Parmi les produits-phares, nous retrouvons le champagne Pierre-Jouet Grand Brut, le Château Pontet-Canet, ou encore le champagne Allouchery-Perceval. Au total, 73 exposants français et 300 produits du pays sont attendus pour cette exposition.

    Le Japon également se met à la France, avec l’organisation d’une fête « à la française » en novembre pour l’arrivée du Beaujolais Nouveau dans leurs étals. Cette fête à Tokyo est attendue avec impatience, et coïncide avec la sortie de la nouvelle cuvée de l’année, le 18 novembre prochain. Le restaurant « Comptoir Occitan » en sera l’hôte, et présentera le Beaujolais Nouveau.

    L’Australie n’est pas en reste avec son Good Food Wine Show, qui se tiendra du 3 au 5 juin 2022 à Melbourne. Au programme, une exposition des vins et spiritueux où la France sera à l’honneur. En 2022, les villes de Sydney (24-26 juin), Perth (22-24 juillet) et Brisbane (22-23 octobre 2022) perpétueront le salon.

    En Afrique, le Bordeaux et le Champagne ont conquis le continent

    Peu de foires et de salons mettant en avant les vins français sont organisés sur le continent africain. Mais l’exportation est en pleine expansion, surtout au Nigéria et en Afrique du Sud. Le journal nigérien The Will avait confié en 2013 que « le Nigéria est le deuxième pays au monde où la consommation de champagne augmente le plus rapidement, alors que 63% de la population vit avec moins de 1 dollar par jour. » Le champagne Hennessy et Moët font partie des plus prisés par l’élite nigériane, et sont énormément consommés dans les boites de nuit et magasins de luxe.

    En Afrique du Sud, le marché est en plein essor. En 2020, les Sud-Africains avaient consommé 310 millions de litres de vins, en majorité français, dépassant la consommation nationale de bière, leur alcool favori. Mais entre 2013 et 2019, les exportations de vins français ont augmenté de 98% dans le pays, avec une nette préférence pour le Chardonnay. Côté foire, la Wine and Olive production Exhibition devait se tenir cette année, mais a été annulée du fait de la crise sanitaire particulière dans le pays. Pour boire du bon vin français, des boutiques en Afrique du Sud propose nos bouteilles les plus emblématiques : au Cap, la cave Wine Cellar et la Caroline’s Fine Cellar vous accueillent toute la journée.  La chaîne Norman Goodfellows est également présente au Cap, et aussi à Johannesburg et Midrand.

    En conclusion, la reprise du commerce viticole au sortir de la pandémie se fait également avec les Français, qui sont les deuxièmes producteurs mondiaux de vin derrière les Italiens. En 2019, la France a produit 4,9 milliards de litres de vin, et compte bien dépasser ce seuil pour 2022. Les foires et salons du vin permettront de faire briller la France à l’international, en plus de faire rêver les palais.