Le terme « pandémie » puise son origine dans le terme « épidémie », qui vient parler du peuple tout entier. Il ne s’agit plus du lieu où l’on réside, l’expatriation n’y peut rien dans cette affaire.
La douleur et le tragique exprimés au travers de ces quelques lettres sont un indice social à propos de ce qui vient contenir le peuple.
« Malaise dans la civilisation » raconte le développement de la culture prise en pleine guerre.
La guerre comparable au rêve, permet l’expression des pulsions agressives refoulées, la dimension morale est bel et bien attaquée… Les contraintes sociales ne comptent plus, ou moins.
Quant à la douleur, elle s’exprime du physique, parfois de l’émotionnel. Sur le plan psychique, « le psychanalyste lui, continue de reconnaître la douleur d’exister comme une évidence. Il la reconnaît du malaise de la civilisation au manque à jouir. La douleur est a priori fatalement originaire. »
On parle de ce cri originaire duquel nous naissons, celui qui fait entrer le souffle de vie et permet de s’inscrire dans la pulsion de vie. La douleur est inscrite en nos corps, de cette séparation du corps à corps.
Le corps c’est aussi le peuple soudé dans le rassemblement, quelque chose vient fédérer sur un point identitaire qui se voudrait donc commun.
La difficulté à l’heure actuelle est que ce point commun se rencontre dans la souffrance amenant l’expression de la pulsion de mort. L’autre est celui qui causerait ma mort et mieux vaut le détruire avant que celui-ci ne m’atteigne. D’ailleurs tous les artifices sont bons pour mettre de la distance avec cet autre qui menacerait mon saint corps.
Malgré cela, on ne peut faire l’impasse sur le fait que son propre corps est tout autant menaçant que celui de cet autre… Comment le pourrait-on ? Rien ne peut nous différencier dans cette guerre, pas même tout l’attirail déployé pour nous rendre un peu plus invincible !
Si la psychanalyse peut faire l’objet de controverses, il n’empêche qu’elle permet la réflexion et une perception subtile de ce qui se joue au travers des liens sociaux dans le développement de ce qui est cultivé par la société.
L’instinct de survie peut amener à aller à l’encontre de ce qui se dresse, mais ses bénéfices risquent de n’être seulement que fantasmatiques. La réalité sociale est là, qu’on s’y inscrive ou non. Il y a donc une notion de résilience à aborder qui fait référence au deuil. Quelque chose meurt et doit être accepté… Ce n’est pas, comme on voudrait nous le faire croire, le réel de ce corps (qui ne mènerait qu’à une possible paranoïa), mais le sentiment douloureux lié à cet événement exogène dont on n’aurait la possibilité de se défaire.
Lors de cette rencontre avec Olivier Minne à La Montgolfière à Paris, nous sommes revenus sur sa carrière d’artiste et d’expatrié californien.
Dans le magnifique lieu de La Montgolfière à Paris, social club dédié au sport, à la culture et à toutes formes de créativité, notre journaliste Boris Faure a rencontré l’un des présentateurs les plus connus du panorama médiatique français, Olivier Minne.
Connu essentiellement pour porter l’émission France 2 « Fort Boyard » depuis 2003, Olivier Minne est moins réputé pour sa carrière d’artiste. Et pourtant, c’est en tant que comédien qu’il est arrivé à Paris à la fin des années 1980. Au fil du temps, il a abandonné les planches pour se consacrer aux plateau télé et plus spécifiquement aux cachots, aux salles cachées et aux ponts du Fort au large de la Charente-Maritime.
Le besoin de s’envoler loin de Paris
En 2002, Olivier Minne ressent le besoin de s’exiler « le plus loin possible de Paris », dans un fuseau horaire où il serait en décalage complet avec la capitale, pour s’éloigner des personnes lui ayant tourné le dos. Pour maintes raisons, la Californie et plus spécifiquement Los Angeles lui apparaissent comme une évidence. Terre du cinéma hollywoodien et de l’Actor Studio, il s’est réfugié sous le soleil californien qui lui a également offert le luxe de l’anonymat. S’il n’avait pas de projet précis à son arrivée, il a rapidement renoué avec le théâtre, son domaine de prédilection. Au cœur de l’iconique Actor Studio, Olivier Minne prend des « workshop » avec certains des plus grands noms du cinéma, comme Al Pacino ou Denzel Washington, tout en se formant à la célèbre méthode Strasberg. Créée par Lee Strasberg dans les années 1950, cette méthode demande aux acteurs de se recentrer sur soi pour incarner leurs personnages et non pas de les jouer. Un travail exigeant et éprouvant qui lui a permis de renaitre et de se retrouver.
Du théâtre à l’écriture
« J’ai bien le sentiment que ce sera pour toujours [que j’arrête le théâtre] ». Après des années à donner de soi pour le 6ème art, Olivier Minne ne veut plus simplement incarner des personnages, il souhaite les créer. L’écriture est à ses yeux, un merveilleux moyen pour incarner différents caractères et les mettre en scène. Grâce à l’enseignement retenu du théâtre, il peut les faire parler vocalement, trouver le ton juste.
Après Un château pour Hollywood,l’artiste franco-belge prépare aujourd’hui un deuxième roman. Il se questionne et nous questionne d’ailleurs sur « qu’est-ce qu’écrire, si ce n’est traduire notre pensée sur du papier ? »
Une rencontre décisive
En 2010, Olivier Minne rencontre Louis Jourdan. Comptant parmi l’un des derniers French Lover d’Hollywood, ce Marseillais d’origine a débarqué à Hollywood en 1946 poursuivre sa carrière d’acteur suspendue en France en raison de l’occupation. S’il n’a jamais atteint les sommets d’Hollywood, Louis Jourdan a tout de même tourner pour des géants du cinéma tels Hitchcock. A la fin de sa vie, il vivait reclus dans sa maison de Los Angeles avec sa femme, mais le jour où Olivier Minne a toqué à sa porte il l’a ouverte. De là, cinq années de profonde amitié sont nées, transposées plus tard sur un livre biographique écrit par le franco-belge.
« C’est lui qui m’a donné l’envie, ou du moins redonner l’envie d’écrire »
Au terme de la rencontre, Olivier Minne revient sur ses ambitions en cours. En-dehors de son second roman évoqué plus haut, il nous fait part d’un projet faramineux se positionnant à la croisée de plusieurs arts et divertissements. S’il ne nous en dit pas plus par superstition, nous ne pouvons que lui souhaiter « d’aller toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus Fort ».
Tous les midis dans l’émission Les Français parlent aux Français, un « Français dans le monde » est invité au micro de StereoChic pour échanger sur son expatriation, son métier, son expérience, etc.
Le vendredi 2 juillet c’était Anouk qui était l’interviewée. Cette Belge ancienne ingénieur commerciale, mariée et mère de deux enfants, décide un jour avec son mari de tout plaquer pour aller vivre au Canada, près de Montréal. Au milieu des grandes plaines, elle renoue avec sa passion d’enfance, les chevaux. Aujourd’hui, elle a monté son entreprise d’équicoaching, Wasabi Coaching.
A la poursuite de leurs rêves
Anouk et son mari ont des rêves plein la tête et un jour ils décident de les poursuivre. L’entreprise de son mari et la maison sont vendues pour avoir de l’argent de côté, il ne reste plus que le choix de la destination. L’Australie ou le Canada ? Ils s’envolent pour le grand froid où ils retrouvent plus leurs valeurs de vie et d’entrepreneurs, l’aspect francophone aussi aide dans la décision car ça permet à leurs jumeaux de poursuivre leurs études en français. Ils se sentent proches de ce pays.
Une passion pour les chevaux
Enfant, Anouk vouait une véritable passion aux équidés, elle passait tout son temps au centre équestre, jusqu’à posséder ses propres chevaux à l’adolescence. Elle a suivi le cours de la vie, le travail, les enfants, la vie de famille, et n’a plus approché un cheval pendant près de vingt ans. Quand ils se sont installés au Canada, elle a eu du temps pour réfléchir, prendre du recul et savoir ce qu’elle souhaitait vraiment. Les chevaux sont revenus à elle comme une évidence.
Wasabi Coaching
Après mûre réflexion, Anouk a décidé de monter son entreprise d’équi-coaching, Wasabi Coaching. Dans tout ce que les chevaux ont de plus noble, elle a découvert qu’ils pouvaient également nous aider dans nos rapports humains. Exactement comme dans un coaching humain-humain, ici nous nous transformons au contact de l’autre mais grâce à un troisième coach, le cheval. Le cheval est particulièrement apprécié pour deux de ses caractéristiques majeures. D’un côté, il est un animal de proie et présente donc une hypersensibilité lui permettant d’analyser constamment son environnement et de le comprendre. D’un autre, il vit au sein d’un troupeau et cherche toujours à intégrer de nouvelles personnes en son sein. Ces particularités offrent de surprenantes interactions entre les Hommes et les chevaux, des interactions similaires à celles retrouvées en entreprise.
Les entreprises viennent donc chez Wasabi Coaching pour travailler sur des aspects spécifiques comme le leadership, la cohésion, la communication ou autre. En fonction du temps accordé par les sociétés et de leurs objectifs, Anouk et ses collègues vont créer différentes interactions entre les humains et les chevaux, à travers différentes techniques.
Aujourd’hui, Anouk est heureuse et ne souhaite pour rien au monde revenir en arrière.
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Vous avez des cadeaux à faire ? Nos conseils livres pour survivre à un Noël en famille.
D’abord est venue l’angoisse des cadeaux de Noël. Puis l’illumination de se dire qu’acheter des livres vous tirerait d’affaire illico presto. Avant qu’une nouvelle angoisse ne vous terrasse : que choisir pour ne pas donner l’impression que vous avez bâclé votre devoir de Noël en vous précipitant sur la première librairie venue ?
Cet article tombe à point nommé. Pour chacun des membres de votre famille un conseil avisé. Partagez le plaisir d’offrir et la quiétude d’avoir proposé le bon choix : celui qui vous vaudra les félicitations au pied du sapin le 25 au matin.
Laissez-moi donc vous présenter ma famille et les choix de livres qui trôneront comme une évidence le jour de la naissance du petit Jésus.
Nous à Noël ? On parle politique en s’engueulant quand on a trop bu. On ouvre les cadeaux en priant pour ne pas recevoir une cravate moche ou un grille-pain inutile.
Mais cette année c’est bouquins pour tout le monde !
Christmas berries and old book
La grande histoire du monde, une somme historique universelle et agréable
Pour Grand-papa Hector, ce sera une somme historique, non mais !
Autant se le dire clairement : Grand-papa est un peu conservateur sur les bords. La France ? C’était mieux avant. Le monde ? C’est pas joli joli maintenant qu’on est trop nombreux et qu’on pollue trop. La Covid ? C’est une invention de ces fieffés chinois. La présidentielle ? Il a de l’affection pour ce monsieur Zemmour qu’il trouve drôlement cultivé et qui lui parle un langage qu’il apprécie : il compte pas se faire grand-remplacer le Grand-papa.
Notre choix : « La grande histoire du monde » de François Reynaert. Un grand classique pour guérir Grand-papa de quelques-unes de ses obsessions. Lui permettre d’ouvrir ses Chakras aux autres civilisations ni plus glorieuses ni moins piteuses que la nôtre ! Un grand moment d’histoire pour sortir de la vision hexagonale du passé !
Feu, un roman de passion et de transgression
Pour la cousine Bénédicte, un roman de feu !
Elle étudie la sociologie. Se dit féministe intersectionnelle. Aime néanmoins les plateaux de fruits de mer au Touquet et le champagne rosé. J’apprécie beaucoup Bénédicte. Beaucoup moins José son petit-ami sud-américain qui se dit néo-guévariste et va toujours affublé d’un béret à l’étoile rouge. Bien sûr tous les deux voteront Mélenchon à la présidentielle même si José attend que les étrangers gagnent le droit de vote.
Notre choix : « Feu » de Maria Pourchet. Un roman fait de passion et de transgression pour un couple qui décide de s’extraire de sa vie bourgeoise par tous les moyens. Car la vraie révolution – n’est-ce pas José- c’est de réinventer son couple ! Une écriture qui rappellera Houellebecq pour le scanner social implacable et Despentes pour le récit âpre et sans concession.
Le dernier secret, le récit des amours d’un président
Pour votre maman chérie, un récit sur les amours d’un président mourant !
Maman chérie aime lire au coin du feu. Et Maman chérie aime bien aussi les chocolats au lait mais vous lui en avez offert une belle boîte l’année dernière. Votre maman ne vote plus à la présidentielle. Car depuis Mitterrand plus aucun président ne trouve grâce à ses yeux. Et surtout pas le morveux qui a remplacé le petit gros. Ah Mitterrand sa culture sa classe et ses petits secrets. Ça c’était un président !
Et voilà une idée d’achat toute trouvée !
Notre choix : Solenn de Royer nous raconte « Le dernier secret » du président Sphynx. Son dernier amour. Claire avait 18 ans. Elle le suivait partout comme une groupie enamourée. Et il a fini par lui ouvrir ses bras après un petit-déjeuner à l’Élysée ! Quelle histoire romanesque pour votre maman chérie !
Au cœur d’une enquête critique sur Emmanuel Macron avec Le traître et le néant
Pour votre petite frère Riton, une enquête au vitriol !
Riton c’est bien simple : son principal problème c’est qu’il est con. Vous n’avez vraiment pas envie de lui offrir quoi que ce soit. Ou alors vraiment pour lui faire un gentil pied de nez. Lui à la présidentielle il va voter Macron c’est sûr. Et il en sera fier en plus. Et il va pavoiser car Macron sera élu. Pour lui ça fait pas un pli. Et il va encore tous nous saouler avec ça à Noël. Macron par ci par là, jusqu’à l’indigestion de dinde !
Alors je crois avoir trouvé le livre qui va faire pâlir son étoile :
Notre choix : la nouvelle enquête de Davet et Lhomme. « Le traître et le néant ». C’est méchant et bien documenté. C’est la charge ultime contre le président Macron grâce aux interviews de tous ceux qui ont facilité son ascension et qui se retrouvent un peu amers cinq ans après ! Gniark gniark gniark, le petit Riton il va pleurer sa mère. Qui est aussi la vôtre ceci dit ! Gloups.
Marc Levy avec Le crépuscule des fauves, la valeur sûre
Pour Hervé votre Papounet : un best-seller en forme de valeur sûre de Noël.
Papounet son drame c’est qu’il ne lit pas beaucoup. Ou alors très peu. Il aime seulement lire l’Équipe le matin surtout pour voir si Neymar n’est pas blessé. Ben oui Papounet il est fan du PSG. Et le Brésilien hélas il a un peu les chevilles en plastique. Il a un côté loser le papa. C’est pourquoi il vote socialiste depuis la dernière présidentielle. Papa entre Neymar et les socialistes il a de quoi se désoler. Il faut donc trouver un cadeau qui le console. Alors j’ai eu une idée de génie : un livre facile à lire. Qui ne va pas occuper tout le temps de cerveau disponible du Papounet. Et oui un bon vieux Marc Lévy bien sûr !
Notre choix : « Le crépuscule des fauves ». Un suspense haletant basé sur la conjuration des puissants, perfides et richissimes qui veulent s’en prendre à nos libertés ! Le roman d’une époque par un romancier populaire et qui enchaîne les best-sellers à la pelle. De quoi divertir le Papounet !
Les cadeaux de dernier secours
Bien sûr il y a pleins d’autres idées de livres à vous proposer. Pour votre oncle dépressif achetez par exemple un Houellebecq ! N’importe lequel de ses romans fera l’affaire : Il trouvera des personnages plus déglingués que lui et nettement plus névrosés ! Ça le guérira un peu de sa mélancolie !
Et pour votre sœur Emmanuelle, évitez les livres et préférez un gilet en cachemire. C’est pas le même prix mais ça tient plus chaud !
Le Président de la République, Emmanuel Macron, a présenté ce jeudi 09 décembre ses priorités et objectifs pour la présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE). Celle-ci démarre le 1er janvier et s’étendra jusqu’au 31 juin. C’est la treizième fois que la France prendra cette présidence tournante de l’Union européenne, mise en place en 1958. La dernière fois remonte à 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Cette conférence de presse avait été préparée par le Président de la République en échangeant avec les deux têtes de l’UE : la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lundi, avant un déjeuner jeudi à l’Élysée avec le président du Conseil européen Charles Michel.
Emmanuel Macron a aussi dévoilé le logo de la présidence française et la devise qui accompagneront ces 6 prochains mois.
« La relance, la puissance et l’appartenance »
Devise de la présidence française dévoilée par le Président de la République, le 09 décembre.
Une nouvelle pièce de 2 euros en France
Pour marquer la présidence française du Conseil de l’Union européenne, Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, a présenté lors de la conférence de presse tenue à l’Elysée, une nouvelle pièce de 2 euros. Celle-ci sera mise en circulation en France (chaque pays émet ses pièces alors que les billets sont communs sur toute la zone Euro. Les pièces sont valables dans tous les pays utilisant l’Euro) dès le premier janvier 2022. La production, nichée au coeur du Périgord, a déjà commencé.
Réforme de l’espace Schengen
Emmanuel Macron a aussi indiqué sa volonté d’initier « une réforme de l’espace Schengen » pour avoir « une politique cohérente de maîtrise de nos frontières extérieures »
« S’il fallait résumer en une phrase l’objectif de cette présidence, il faut passer d’une Europe de coopération à l’intérieur de nos frontières à une Europe puissante, libre de ses choix et maître de son destin », a expliqué Emmanuel Macron.«
Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021
Pour lui, c’est la crédibilité de l’Europe qui est en jeu, en répondant à la volonté des chefs d’Etats européens mais aussi africains. Il désire redonner le contrôle aux politiques des frontières communes. Pour cela, il veut
« retrouver sur la question migratoire, une organisation politique qui nous mette en situation de défendre ses valeurs ».
« Ceci s’appuie sur une réforme que nous sommes en train de parachever avec des textes qui permettent d’améliorer le fonctionnement interne de cet espace »
Emmanuel Macron, Président de la république, le 09 décembre 2021
Emmanuel Macron veut ainsi injecter de la souplesse pour anticiper et régler les « crises aux frontières » que ce soit à l’Est ou au Sud. Il veut notamment harmoniser les procédures de droit d’asile. Pour éviter que le droit d’asile « ne puisse être dévoyé, nous devons absolument retrouver une Europe qui sache protéger ses frontières », a-t-il affirmé.
« On a eu l’occasion de le faire quand certains de nos partenaires ont appelé au secours (…). Mais les réponses sont trop tardives. Il nous faut créer véritablement ce mécanisme de soutien »
Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021
Des Sommets pour relancer la coopération
Afrique – UE en février
Le Président de la République a annoncé la tenue d’un sommet à Bruxelles entre l’Union européenne et l’Union africaine. Ensemble, ils travailleront au développement du continent africain mais aussi à la gestion des flux migratoires. Emmanuel Macron veut ainsi lutter contre les drames humains qui ponctuent l’actualité que ce soit en Méditerranée ou dans la Manche.
« Nous organiserons un sommet entre l’Afrique et l’Union européenne qui se tiendra en février à Bruxelles et qui réunira les dirigeants (…) de l’Union africaine et européens. L’objectif de de ce sommet est de refonder en profondeur la relation (…) »
Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021
Les Balkans occidentaux en juin
Autre zone, à la marge de l’espace européen, avec qui Emmanuel Macron veut relancer le dialogue et la coopération, les Balkans occidentaux. Serbie, Kosovo, Bosnie, des pays aux portes de l’Europe et dont la bonne santé comme la coopération sont indispensables à la sécurité de l’Union européenne.
« Nous organiserons au mois de juin une conférence sur les Balkans occidentaux. (…) Cette région est traversée par de nouvelles tensions. L’histoire y est de retour, le tragique aussi et nous avons une responsabilité toute particulière »
Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021
Les 27 réunis en France le 10 et 11 mars 2022
Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse, a aussi annoncé un sommet exceptionnel qui se déroulera en France entre tous les Etats membres de l’Union européenne pour acter les réformes que la présidence française portera. Le président de la République veut une « présidence utile » quitte à réformer les traités. Dans cette tâche, la France recevra dès demain le soutien de l’Allemagne, lors du premier voyage à l’étranger du nouveau Chancelier, à Paris.
Une Europe de la défense
Emmanuel Macron a également évoqué « l’ambition d’une défense européenne ». Pour lui le renforcement de la souveraineté européenne se fera notamment par le biais de l’autonomie militaire.
Il fait ici référence aux nombreuses industries militaires européennes qui ne sont pas toujours retenues au profit des sociétés américaines. Souvenez-vous du choix, en 2019, des Belges pour le F15 au lieu du Rafale qui depuis a pourtant démontré son succès technologique comme commercial (Inde, Brésil, Emirats arabes unis, etc.).
Imaginer un modèle économique européen
Le Président de la République a défini 4 piliers sur lesquels doit se reposer le modèle économique qui reste à inventer pour l’Europe de 2030.
« L’Europe doit devenir un grand continent d’innovation, de production et de création d’emplois », dit Emmanuel Macron. Il faut définir ensemble ce que sera le modèle de croissance européen de 2030 […] L’Europe doit devenir une puissance du numérique, faire émerger des champions dans ce domaine, la France mène une stratégie en la matière de levée de fonds et d’émergence de start up »
Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021
La France devrait agir pour créer un salaire minimum européen, tâche qu’avait commencé le Portugal lors de sa présidence en 2020. Elle devrait aussi lutter contre la prédominance des GAFA et désire créer un cadre commun à ces géants du numérique.
Le Président de la République n’oublie pas le climat dans le volet économique, accompagnant le Green plan de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Emmanuel Macron veut avancer sur les dossiers liée à l’agriculture raisonnable. Pour cela, il voudrait sortir du carcan des 3% de déficit afin de libérer les investissements.
L’économie européenne devra aussi être décarbonnée. Il réaffirme ainsi les ambitions de l’Union avec l’objectif confirmé d’une réduction de 55% des émissions en 8 ans. La mobilité et la production seront au coeur des réformes à venir.
« Il nous faut inventer les solutions de décarbonation de notre économie qui soient compatibles avec un agenda de croissance. Le 14 juillet dernier, la commission européenne a présenté un ensemble de textes législatifs traduisant concrètement notre objectif de neutralité carbone d’ici 2050 et de réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 »,
Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021
Afin de préserver les industries et le commerce, la France espère pouvoir établir une taxe carbone applicable aux importations.
« L’un de nos objectifs sera la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières qui permet justement de conduire une transition pour l’ensemble de nos industries tout en gardant notre compétitivité »,
Emmanuel Macron, Président de la Ré publique, le 09 Décembre 2021
Humanisme européen
Emmanuel Macron a fini sa conférence de presse sur un thème cher au pays des lumières : l’humanisme européen.
Il a ainsi dévoilé l’ambitieux projet de « forger une histoire de notre Europe ». Plus qu’une démarche intellectuelle, elle devrait se transcrire dans tout un ensemble de textes législatives pour défendre les plus faibles sur tout le continent. Maltraitance aux femmes, homophobie, tout un arsenal devrait être crée pour les protéger dans tous les Etats. La Hongrie et la Pologne sont clairement visées par le Président de la République française.
Pour démontrer sa confiance en l’avenir et en l’Europe, Emmanuel Macron mettra l’année 2022 sous le signe de la jeunesse.
De grandes ambitions
Le président de la République française a ainsi pendant plus d’une heure égrené un programme ambitieux pour l’Union européenne. Espérant marcher main dans la main avec le nouveau gouvernement allemand et l’exécutif européen, il ira défendre son plan devant le parlement européen le 19 janvier à Strasbourg. Le plan français aura sûrement besoin de plus de 6 mois pour aboutir, mais l’impulsion sera ou non transmise à tous pendant la présidence française. Dès lundi 13 décembre, Emmanuel Macron prendra son bâton de pèlerin et il commence par le plus dur, il ira à la rencontre de Viktor Orban en Hongrie.
Le ministre en charge des petites et moyennes entreprises, Alain Griset, a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Paris à six mois d’emprisonnement avec sursis et une peine d’inéligibilité de trois ans pour avoir dissimulé une partie de son patrimoine. Il a, dans la foulée, remis sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée. Son avocat a précisé que l’ancien ministre fera appel de la décision. Pour le remplacer, le Président de la République a confié le portefeuille des petites et moyennes entreprises à Jean-Baptiste Lemoyne. L’actuel Secrétaire d’Etat des Français établis hors de France était déjà en charge aussi du Tourisme. C’est donc le troisième portefeuille pour notre ministre.
Une nomination bien accueillie
Selon Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage au site Tourmag, la nomination de Jean-Baptiste Lemoyne « comme ministre en charge du tourisme et des PME est une reconnaissance du travail accompli pendant les 20 mois de crise sanitaire ». Il se réjouit « d’avoir un ministre en relation directe avec le ministère de l’Economie ainsi qu’avec les Affaires étrangères pour porter dans le monde les couleurs de la France ».
Un ministre expérimenté
Fort de son expérience en tant que secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, il jouit d’une bonne connaissance du secteur touristique. Il a également travaillé conjointement à de nombreuse reprise avec Alain Griset, notamment sur les aides ainsi qu’en prévision du plan de relance du tourisme. Ils avaient ainsi rencontré des professionnels à l’occasion d’un « tour en France » destiné à multiplier les consultations.
Une réforme sur les travailleurs indépendants
Parmi les projets dont Jean-Baptiste Lemoyne a désormais la charge, se trouve notamment une série de réformes touchant aux travailleurs indépendants (TI). Ce plan, demandé par Emmanuel Macron, doit couvrir toutes les étapes de la vie des TI, « de la création de l’entreprise jusqu’à sa fin, que ce soit une transmission ou une cession, et qui toucherait, les sujets qui sont, depuis des années, problématiques pour les entrepreneurs« , avait détaillé l’ex-locataire de Bercy, dans une interview donnée à Batiactu. Le projet de loi, aux dernières nouvelles, est maintenu et devrait être examiné par l’Assemblée début janvier 2022. Il inclut notamment une meilleure protection du patrimoine des indépendants.
Une mission en attendant les élections
Assemblée des Français de l’étranger, lancement de France Consulaire, réforme du statut des indépendants et relance du tourisme en France, les dossiers sont nombreux et importants pour notre Secrétaire d’Etat. Surtout qu’en parallèle, Jean-Baptiste Lemoyne, fort de son bilan et de son expérience, sera appelé à participer à la campagne d’Emmanuel Macron si ce dernier se représente bien… Un hiver et un printemps studieux attendent donc le nouveau ministre
Députée européenne et coordinatrice de la Commission parlementaire Culture, Éducation, Jeunesse et Sports pour son groupe Renew (MoDem), Laurence Farreng participe notamment au débat annuel sur le multilinguisme organisé par cette commission.Nous l’avons interviewée.
Le Parlement européen resterait un des derniers bastions où le multilinguisme serait préservé, est-ce vraiment le cas ?
Il est vrai que le Parlement européen met un point d’honneur à permettre aux députés de travailler autant que possible dans leur langue, mais c’est inhérent à son rôle d’assemblée démocratique. En effet, c’est notamment pour assurer une plus grande transparence devant les citoyens, et évidemment pour que la connaissance d’une autre langue ne soit pas un prérequis à l’élection (ce qui poserait un problème démocratique) que le Parlement promeut autant le multilinguisme.
Dans votre quotidien de députée européenne, quel est la part de la langue anglaise dans vos travaux ?
L’anglais prend nécessairement une grande part dans le travail, et cela a malheureusement été exacerbé par la pandémie. En effet, il a fallu quelques mois d’adaptation avant que le Parlement n’investisse dans des plateformes de visioconférence permettant l’interprétation simultanée, et la nécessité d’agir vite pour protéger les Européens est souvent allée de pair avec une absence de traduction des documents de travail. C’est évidemment regrettable.
Dès que c’est possible je fais le choix d’utiliser le français, mais en temps « normal », il est nécessaire pour les députés de pouvoir discuter au détour d’un couloir, ou en bilatéral au cours d’une réunion de négociations, donc sans interprétation : c’est généralement l’anglais qui sert de langue de communication usuelle, car la plupart des députés le parlent et le comprennent.
Néanmoins, et surtout depuis le départ des députés britanniques, l’anglais habituellement utilisé dans les institutions européennes n’est pas vraiment académique, mais un dialecte propre à la bulle européenne, où se glissent quelques faux-amis ou mots et concepts intraduisibles au milieu des phrases pour faciliter la compréhension de chacun et chacune. On ne peut donc pas vraiment parler d’une omniprésence de l’anglais, mais plutôt d’un « patois » européen fondé sur l’anglais.
Comment ressentez-vous cela ? Cette place de l’anglais est-elle préjudiciable dans votre travail ?
Le Parlement est un lieu où la communication interne est essentielle, car le compromis entre députés de différents bords est ce qui fait tourner la machine, donc il est nécessaire de devoir parfois s’exprimer dans une langue qui n’est pas la sienne. Cela n’est pas toujours facile car souvent les discussions sur des sujets pointus, comme la régulation du numérique par exemple, deviennent très techniques, et des mots et concepts utilisés en anglais ne recoupent pas toujours exactement la même chose dans une autre langue de l’Union, ou n’existent tout simplement pas. C’est problématique car cela peut créer, en cas de forte incompréhension, un problème juridique ou un blocage politique. Pour éviter ces cas de figure, quelques députés font le choix de prendre des cours d’autres langues en début de mandat.
En quoi est-ce important de vouloir défendre l’usage du français dans les institutions européennes ?
Il est important de pouvoir défendre non seulement le français, mais aussi les autres langues officielles de l’Union, à la fois pour garantir la participation des citoyens, mais aussi pour la communication de l’Union européenne : beaucoup de citoyens se plaignent que l’Union leur paraît trop distante, et il est vrai que la première étape devrait être la traduction systématique de toutes les pages internet de l’Union européenne dans les 24 langues. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas, et c’est pourtant fondamental.
Plus largement, il en va aussi des valeurs européennes que nous portons : on ne peut pas se dire « unis dans la diversité » d’un côté, et s’imposer le fait de parler tous la même langue de l’autre. En commission de la culture et de l’éducation, où je siège, nous organisons chaque année un événement autour du multilinguisme, pour débattre de la façon dont il peut (et doit) être sauvegardé, et depuis longtemps est établi un consensus entre nous : la « culture européenne » est en fait un rassemblement de cultures, de traditions et de langues vivantes, nourries par leurs échanges et leurs histoires.
Interrogeant un haut fonctionnaire français sur la place de la langue de Molière dans les institutions européennes, celui-ci m’a répondu avec assurance qu’à Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, où se trouvent les sièges de la Commission européenne, du Conseil, du Parlement européen et de la Cour de Justice, on parle français ! Et c’est vrai. Ces trois villes vivent au rythme de notre langue puisque son utilisation est officielle… tout du moins à l’extérieur des bâtiments. Qu’en est-il derrière les portes de ces édifices ? Partons à la rencontre de celles et ceux qui, au quotidien, façonnent l’Europe…
« Avec le Brexit, nous avions espoir que le français redevienne la langue de travail dominante », c’est ce cri du cœur que nous délivre Annie*, professeure de langues à l’Alliance Française de Bruxelles « mais force est de constater que cela n’a pas bougé » ! Pour autant cette domination de la langue anglaise a-t-elle toujours été de mise au sein des institutions européennes ?
Robert, ancien chef d’unité à la commission des affaires juridiques du Parlement, aujourd’hui retraité, nous rappelle qu’en 1973 quand il a débarqué du Royaume-Uni, son pays d’origine, pour travailler dans les institutions, « c’est bien le français qui dominait tous les débats », constat corroboré par Brigitte, fonctionnaire à la Commission depuis trente ans, membre de jury des concours d’entrée au sein des institutions européennes, EPSO (European Personnel Selection Office) qui se souvient qu’en arrivant à la Commission certains de ses collègues ne parlaient pas anglais et travaillaient sans aucune difficulté.
Alors… que s’est-il passé ?
Beaucoup pointent du doigt l’élargissement de 2004 aux pays de l’Est qui aurait causé le déclin du français comme langue de travail. Cela a certes précipité le mouvement, mais n’en est pas la seule raison. En effet, la genèse se trouve quelques années auparavant lors de l’adhésion, en 1994, des pays scandinaves à l’Union européenne. Brigitte a vécu ce passage : « les Scandinaves sont arrivés avec un argument qui a fait écho : quelle est l’utilité du français dans le monde ? » en prenant pour exemple leur propre expansion qui se faisait en partie grâce à leur connaissance de la langue anglaise. Et depuis, dans les couloirs des institutions, les « How are you ? » ont peu à peu remplacé les « comment vas-tu ? »
Aujourd’hui, sans la maitrise de l’anglais impossible de se repérer dans les bâtiments, ni de se faire entendre. De nos jours « la nécessité de se faire comprendre, bien souvent par le recours à l’anglais, domine au sein des institutions européennes » comme le souligne le rapport Lequesne portant sur la « Diversité linguistique et langue française dans les institutions européennes », qui a été remis officiellement au gouvernement français le 20 octobre dernier.
Dans les constats posés, ce même rapport indique que « dans les interactions à l’oral, le personnel des institutions européennes a fait de l’anglais la langue acceptée socialement. L’avantage d’être compris par tous surpasse le respect de la diversité linguistique ou même le pragmatisme, puisque l’on parle parfois l’anglais alors qu’une autre langue pourrait être comprise par les membres de la réunion. » Marie, collaboratrice d’une députée au Parlement européen, nous le confirme : « je participe souvent à des réunions informelles où l’on parle anglais alors que toutes les personnes présentes sont soit francophones, soit francophiles ». La force de ce qui deviendrait une (mauvaise) habitude ? Pas forcément. « On utilise l’anglais parce que nos notes ou les documents de travail sont rédigés en anglais » poursuit Marie et c’est dès lors très compliqué de « switcher » entre l’anglais du document souvent technique et l’oral en français.
On retrouve cette situation à la Commission européenne. Lors de réunions officielles, où sont pourtant présents les interprètes, il est souvent inconfortable pour les orateurs de s’exprimer dans leur propre langue : « en effet les notes, les études ou les textes à notre disposition sont quasi exclusivement rédigés en anglais » nous confie un habitué des réunions à haut niveau de la Commission européenne : « les interprètes me demandent de parler en français, et je les comprends. J’aime pouvoir le faire, mais il m’est difficile de pratiquer de façon constante cette gymnastique intellectuelle entre les documents rédigés en anglais et mes propres mots en français.» Et pourtant, « parler sa langue maternelle est une richesse incroyable. Je ressens une vraie émotion quand je traduis une personne qui s’exprime dans sa langue. Emotion que je ne retrouve pas lorsque je traduis cette même personne qui s’exprime dans une autre langue que la sienne. » nous confie Giulia, interprète.
Parlement européen à Strasbourg
L’anglais : la seule langue des documents sources ?
Le rapport Lequesne confirme que les documents de base (appelés documents sources) sur lesquels les travaux de rédaction et de négociation sont entrepris, sont le plus souvent rédigés en anglais : à la Commission, en 2019, 3,7 % des documents de la Commission envoyés en traduction avaient le français comme langue source, contre 85,5 % pour l’anglais. Vingt ans plus tôt, en 1999, 34 % des documents avaient encore pour langue source le français. Au Parlement européen, en 2019 également, seuls 11,7 % des documents avaient ainsi pour langue source le français. Par ailleurs, la quasi-totalité des études produites par le Service de recherche du Parlement européen (EPRS) ne paraissent qu’en anglais. Au Conseil, pour la rédaction des documents sources, sur les 69 000 documents produits par le secrétariat général en 2018, 1 215 avaient pour langue originale le français, soit 2 %. 65 908 documents étaient, en revanche, rédigés en anglais, soit 95 % du total des documents. Les 3,1 % restants représentent les autres langues officielles de l’UE. La domination de l’anglais est ainsi écrasante. La publication des documents majoritairement en anglais a donc un impact très important sur la tenue des réunions et la langue employée.
L’usage du français : peine perdue, pas si sûr…
En effet, à la Cour de justice européenne, par exemple, le français continue d’être la langue de communication interne, et les arrêts, les avis sont aussi rendus en français, des traductions étant ensuite disponibles dans toutes les autres langues, c’est ce que l’on appelle le multilinguisme.
Le multilinguisme est l’un des socles de la construction européenne. Ce haut fonctionnaire français qui au début de cet article évoquait à juste titre que le français a cours dans les villes où se trouvent les sièges des institutions européennes, nous rappelle que le premier texte européen, le règlement 1/1958 portait sur le régime linguistique et reste toujours la référence dans ce domaine. Adapté après chaque élargissement, ce texte dispose qu’en 2021, 24 langues (ces langues sont l’allemand, l’anglais, le bulgare, le croate, le danois, l’espagnol, l’estonien, le finnois, le français, le grec, le hongrois, l’irlandais, l’italien, le letton, le lituanien, le maltais, le néerlandais, le polonais, le portugais, le roumain, le slovaque, le slovène, le suédois et le tchèque) sont à la fois les langues officielles et les langues de travail des institutions de l’Union. Témoin de la diversité de notre continent, le multilinguisme est une richesse à préserver pour bon nombre de nos interlocuteurs, et à travers celui-ci l’usage du français.
La prédominance de l’anglais : cause de l’éloignement entre Union européenne et citoyens ?
Les institutions européennes ne sont pas extérieures à la population, chaque citoyen européen doit pouvoir interpeller les institutions dans sa langue maternelle. « L’utilisation accrue de l’anglais coupe les liens avec les peuples » affirme Robert, cet ancien fonctionnaire du Parlement, et lorsque l’on regarde les sites internet, notamment celui de la Commission européenne, le multilinguisme n’est pas d’usage. La France plaide pour que ces sites internet soient disponibles dans toutes les langues officielles arguant notamment que l’argument budgétaire est un mauvais prétexte. Il existe, en effet, aujourd’hui des technologies de traduction efficaces, sans pour autant abandonner l’apport humain toujours précieux et nécessaire à la relecture. On retrouve d’ailleurs ce thème dans deux des vingt-six recommandations du rapport Lequesne qui préconise de « rendre systématique la consultation des sites web des institutions européennes dans toutes les langues officielles » et « d’exploiter pleinement le logiciel E-Translation » qui facilite les traductions. La présidence française du Conseil de l’Union européenne, débutant le 1er janvier 2022, puisera certainement dans ce rapport des éléments pour défendre certaines propositions au sein des institutions européennes.
La présidence française de l’Union européenne au service… de la langue française
On n’est jamais mieux servi que par soi-même, aussi la France a déjà anticipé cette séquence de sa présidence de l’Union européenne qui durera 6 mois, de janvier à juin 2022. A l’instar de ce qui se pratique déjà depuis des années pour les diplomates des représentations permanentes à Bruxelles, le gouvernement a par exemple amplifié les possibilités d’apprentissage du français destinés aux hauts fonctionnaires européens à travers le programme appelé « Millefeuille ». Ce dernier offre des cours individuels de langue française, ainsi qu’un séjour linguistique de cinq jours en France. D’abord doté de 200 000€ en 2021 dans le but de former 140 agents, le programme a été réalimenté avec 350 000€ supplémentaires pour répondre à la grande demande exprimée. On recense en effet près de 550 personnes en cours de formation.
Ces cours sont pilotés par l’Alliance Française et Annie, professeure au sein de cet organisme, trouve ses « élèves très studieux et assidus». Elle se pose toutefois la question de savoir s’ils « utilisent ensuite cet apprentissage du français dans leur travail au quotidien », « je leur demanderai » nous propose-t-elle, en tout cas « avec mes collègues professeurs, on se dit parfois que nous sommes un peu comme les hussards de la France ». Une référence historique intéressante tant on sait, comme nous le rappelle Charles, fin connaisseur des arcanes des institutions pour y travailler depuis des années, que le « français est la langue historique de la diplomatie et même celle des Jeux Olympiques ». Pour lui, il y a du sens à distiller la parole française sous l’angle éducatif et culturel, « quand le français permet d’apporter un autre regard sur le monde, ou par la littérature d’ouvrir d’autres pistes, c’est utile. Si c’est pour l’imposer à la cantine de la Commission et du Conseil, cela ne sert à rien, bien au contraire. Ne soyons pas non plus dogmatique, je trouve très bien que le Président Macron puisse répondre en anglais quand le moment est opportun et/ou quand le public à qui il s’adresse est anglophone. Lorsque ces situations suscitent des polémiques en France, c’est très néfaste au niveau des institutions.» Sur ce dernier point, c’est aussi ce que pense Bertrand, Français travaillant au sein de l’Agence européenne gérant les programmes à destination des petites et moyennes entreprises (EISMEA) : «soyons pragmatiques, la langue anglaise est celle du business. Je travaille avec des agences en France et mes interlocuteurs ne s’offusquent pas de parler anglais, ils créent même des programmes nationaux avec une consonance très anglo-saxonne dans les titres choisis ». Bertrand ajoute également que « la coopération doit prévaloir sur le rapport de forces quand l’objectif est de travailler ensemble ». Cela fait écho à Charles qui trouve « plus simple de travailler en une seule langue, l’anglais, quand le document de base est diffusé à plusieurs personnes. »
Le président Emmanuel Macron sera à la présidence de l’Europe à partir du 1er janvier prochain – Bruxelles, 2020 – Pool via REUTERS
De quel anglais s’agit-il d’ailleurs ?
Les sujets de sa Majesté s’offusquent bien souvent quand ils lisent certains rapports. Par exemple, les mots « implementation » et « voting list » très répandus dans les institutions européennes n’existent pas en « bon anglais ». Julien, représentant d’Airbus à Bruxelles, se souvient avoir lu une note d’un ministère britannique adressée à un service de la Commission européenne indiquant ne pas comprendre le document reçu…en anglais ! Cet anglais utilisé à Bruxelles en devient parfois agaçant pour Julien car « il s’insinue beaucoup dans nos conversations, parfois sans nous en rendre compte. C’est d’autant plus gênant que ce jargon bruxello-anglais est utilisé dans les réunions des Conseillers du commerce extérieur… français ! C’est un sujet sur lequel les conseillers du commerce extérieur devraient plus s’impliquer. Je vais le proposer pour notre prochaine rencontre. Dernièrement, je me suis d’ailleurs permis de reprendre un collègue qui distillait au cours de nos échanges, un nombre incalculable de mots anglais. Nous devons absolument être vigilants sur ce point » rappelle Julien qui, effectivement, avec ses collègues lobbyistes français et/ou conseillers du commerce extérieur sont eux aussi les acteurs de la diffusion de la langue française au sein des institutions européennes.
Défendre le français est-ce aussi défendre l’avenir de la démocratie en Europe ?
C’est en jouant collectivement que le français perdurera dans les institutions. Le monolinguisme serait une catastrophe pour Brigitte : « Si on n’utilise plus qu’une seule langue il y aura une faille de plus en plus large avec tous les citoyens. L’enjeu pour moi, c’est l’avenir de la démocratie en Europe. » Giulia, interprète, ajoutant également qu’« avec l’utilisation unique de l’anglais se propage également l’influence américaine dans nos institutions. »
Ces derniers propos pourraient questionner celles et ceux qui trouvent la défense du français futile et qui fustigent le fait qu’une lettre d’un commissaire européen rédigée en anglais à destination d’un ministre français soit immédiatement renvoyée pour obtenir une version rédigée en français. Promouvoir et défendre le multilinguisme n’est donc pas une démarche anodine, c’est la défense de l’idéal européen, cher aux pères fondateurs de l’Europe.
Au début de la 5ème vague de Covid, le taux d’endettement public de la France est déjà extrêmement élevé avec un déficit public et des prélèvements obligatoires supérieurs à la moyenne de la zone euro.
La tendance naturelle des dépenses publiques en France est à la hausse.
Le vieillissement de la population et la transition énergétique sont deux sources de fortes augmentations. Le calendrier électoral est, en outre, plutôt propice à la multiplication des promesses de dépenses. Aucun candidat ne met réellement en avant la réalisation d’économies. Seules ont été avancées des réductions d’effectifs dans la fonction publique, jugées irréalistes par une majorité de commentateurs.
260 milliards d’euros d’obligations en 2022, un record en Europe.
L’État devrait émettre pour 260 milliards d’euros d’obligations en 2022, soit autant qu’en 2021, ce qui constitue un record en Europe. L’endettement est actuellement supportable en raison des faibles taux d’intérêt qui limitent le montant du service de la dette. La France est, en revanche, fortement exposée en cas de retournement des taux sachant que la duration de la dette est d’environ huit ans. La France doit chaque année rembourser les tombées des emprunts et s’endetter pour financer le déficit annuel. Une remontée des taux d’intérêt d’un point génère un surcoût d’une dizaine de milliards d’euros d’ici cinq ans.
Le taux d’endettement public de la France en 2021 s’élève à 113 % du PIB, contre 98 % avant la crise et 60 % en 1998. Un quart de cette dette publique est détenu par la Banque centrale, ce qui signifie que l’endettement financé par le marché représente 90 % du PIB. La France figure désormais, parmi les États les plus endettés de la zone euro avec la Grèce et l’Italie.
Ces vingt dernières années, les pouvoirs publics n’ont jamais réussi à stabiliser les dépenses publiques qui ont augmenté de plus de 50%. Le besoin des dépenses loin de s’éteindre tend à s’amplifier avec la mise à niveau du système de santé, la réindustrialisation, l’effort à réaliser en matière d’innovation ou de formation, et la transition énergétique.
De nouvelles règles budgétaires en Europe
Le déficit structurel de la France est très élevé. En 2021, il dépasse 4% du PIB, sachant que, depuis vingt ans, il a été toujours supérieur à 2 points, soit bien au-dessus du plafond fixé par l’Union européenne.
Les pouvoirs publics devront faire face dans les prochains mois à l’arrêt progressif des rachats d’obligations par la Banque centrale, obligeant à un recours plus important au marché et à l’instauration de nouvelles règles budgétaires européennes, ce qui devrait conduire à une limitation du déficit structurel. La négociation des nouveaux critères budgétaires sera un enjeu majeur de l’année 2022.
Les pouvoirs publics essaieront certainement de placer une partie des investissements publics en faveur de la transition énergétique en-dehors des nouveaux critères européens, voire d’obtenir un financement par emprunt communautaire dans le prolongement du plan de relance de 750 milliards d’euros décidé en 2020. Cette sortie de la transition énergétique du champ budgétaire classique nécessitera l’accord de l’Allemagne et des États d’Europe du Nord. La nouvelle coalition allemande est composée de partenaires qui, sur ce sujet, n’ont pas obligatoirement des positions convergentes.
Le plan de relance européen nommé Next Generation UE piloté par la Commission européenne
Le chemin étroit entre l’inflation et les taux d’intérêt.
La France compte sur le maintien de taux d’intérêt réels faibles autorisant un déficit primaire plus élevé de deux points de PIB si ces taux étaient égaux au taux de croissance nominale. Malgré tout, les pouvoirs publics seront, sans nul doute, tenus de ramener le déficit structurel en dessous de 3 % du PIB.
Une inflation qui ne s’accompagnerait pas d’une hausse des taux dans un processus dit de « répression financière » allègera le poids de la dette publique. Ce phénomène avait permis la réduction de cette dernière après la Seconde Guerre mondiale dans un contexte de forte croissance.
Avec un taux élevé de prélèvements obligatoires, la France dispose de peu de marges de manœuvre. Ce taux est de quatre points au-dessus de la moyenne européenne. Pour la quasi-totalité des différentes catégories de prélèvements, la France fait la course en tête. Pour les cotisations sociales, l’écart est de 6 points de PIB en notre défaveur par rapport au reste de la zone euro.
Le souhait des gouvernements est plutôt de réduire les impôts jugés les plus antiéconomiques comme ceux qui frappent directement la production. Les prélèvements obligatoires peuvent augmenter en cas de reprise durable de l’activité s’accompagnant d’une amélioration sensible du taux d’emploi qui est inférieur, en France, à celui du reste de la zone euro. L’écart est particulièrement important pour la tranche d’âge des 60/64 ans (près de 20 points). La résistance de l’opinion au report de l’âge de la retraite ne facilitera pas sa réduction dans les prochaines années. Selon la dernière enquête du Cercle de l’Épargne/Amphitéa sur l’épargne et la retraite, 51 % des Français sont hostiles à toute mesure d’âge.
La France dans le bas du classement pour l’efficacité des dépenses publiques
L’autre moyen est la recherche d’une plus grande efficience dans la dépense publique. Selon l’indicateur d’efficacité des dépenses publiques établi par Natixis, la France se situe dans le bas du classement loin derrière le Danemark, la Suède, l’Allemagne ou le Canada. En se calant sur les pays à forte efficacité, la France pourrait économiser jusqu’à 7 points de PIB en matière de dépenses publiques. Le rattrapage de la productivité dans l’appareil d’État passe certainement par une numérisation accrue et par l’introduction d’objectifs de productivité.
L’empilement des structures administratives rend complexe la réalisation de réformes pouvant aboutir à des gains de productivité. Concernant le maillage territorial du pays, les gouvernements n’ont, pas tranché la question de la réduction du nombre d’échelons de collectivités. La disparition des départements a été abandonnée sauf pour certaines régions d’outre-mer, pour la Corse, pour Paris et pour la collectivité européenne d’Alsace. Le choix entre communes et intercommunalités n’a pas été réalisé. Le regroupement en 13 superrégions n’a pas abouti aux économies attendues comme l’a souligné la Cour des comptes.
Si des postes de dépenses sont amenés à progresser dans les prochaines années, formation, sécurité, retraite, santé, transition énergétique, les gouvernements devront réaliser des arbitrages pour éviter une asphyxie totale de l’économie sous le poids de l’endettement et des prélèvements publics. À défaut de marges de manœuvre, ils ne pourront compter que sur la croissance et l’obtention de gains de productivité.
Thomas Pagotto, professeur de CM1, est parti s’installer au Gabon avec sa famille. Sorti du réseau de l’éducation nationale, il a rejoint le réseau de La Mission Laïque avec sa compagne en septembre dernier.
A la lisière de la forêt tropicale gabonaise s’élève la ville de Moanda. Construite pendant la seconde moitié du XXème siècle après la découverte de son sol riche en minerais, la ville d’environ 70 000 habitants prospère grâce au travail d’extraction. En 1953, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) s’y implante pour exploiter le gisement de manganèse retenu dans les sous-sols de la région. Au fil des ans, la ville s’est développée autour de la Comilog et une école d’entreprise a vu le jour en 1960. Gérée depuis 2006 par la Mission Laïque Française (MLF), l’école primaire accueille aujourd’hui un peu plus de 650 élèves. C’est au cœur de cet environnement que Thomas Pagotto et sa famille ont déposé leurs valises en septembre dernier.
La MLF instigatrice de projets
Le professeur de CM1 est depuis tout petit attiré par les forêts tropicales et la faune se cachant dans les méandres de cette végétation riche. Lorsqu’il se pare de bottes et d’un chapeau, chaque excursion devient une aventure digne d’Indiana Jones. Au cours des deux dernières années passées en Ardèche, Thomas Pagotto, ne rêvait que d’aventures et de découvertes, et c’est un jour en épluchant le catalogue de la MLF qu’il tombe nez à nez avec cette annonce de poste au Gabon. Au départ l’annonce ne retient pas beaucoup son attention car il part avec des préjugés quant aux écoles d’entreprises. Avec sa compagne Christine, également professeur, et leurs deux adolescents, ils ne souhaitent pas être isolés de la population et enseigner dans des écoles à petits effectifs avec un mélange des niveaux. Mais en approfondissant leurs recherches, ils se rendent compte que l’école comme la ville sont grandes et la vie sociale est riche. Ni une, ni deux, ils postulent tous les deux.
S’inscrire au sein du réseau de la MLF s’est imposé à eux, car en raison de la crise se jouant actuellement dans l’Éducation nationale, de moins en moins de professeurs sont envoyés à l’étranger par l’État. A la rentrée 2021 effectivement, le ministère de l’Éducation nationale a décompté 466 postes vacants pour le premier degré et 238 dans le secondaire. Des chiffres en quasi baisse constante depuis le début du quinquennat du président Emmanuel Macron.
Une communauté au cœur du Gabon
Cependant, Thomas et Christine ont décidé de rejoindre le réseau de la MLF, non pas par volonté de quitter le public pour aller vers le privé, mais par envie de nouvelles expériences. La MLF offrait cette opportunité, contrairement au service public auquel Thomas est très attaché. Le couple et leurs deux adolescents ont déjà eu une expérience d’expatriation. Ils ont vécu effectivement pendant un an dans l’Utah aux États-Unis, grâce au programme Jules Vernes proposé par le service public. A leur retour en France, il y a deux ans, ils ont commencé à ressentir l’envie de voyager pour aller à la découverte d’autre cultures et sociétés. L’école de Comilog est ouverte à tous les enfants des employés de l’entreprise, et non seulement à ceux des cadres, offrant ainsi une réelle mixité sociale dans les classes, chère aux yeux de Thomas.
« Les enfants sont constamment les uns chez les autres car nous vivons dans les mêmes résidences. Cette vie, quasi communautaire entre expatriés et locaux, croisée à mon métier de professeur, nous permet de découvrir constamment de nouvelles réalités sur le pays, ses ethnies, son histoire. C’est incroyable. »
Dès qu’ils le peuvent, Thomas et sa famille s’aventurent dans la jungle luxuriante environnante. Bien que le tourisme soit peu développé en ces temps de pandémie, et les règles sanitaires assez contraignantes, le quatuor parvient tout de même à organiser des excursions et à avoir des activités sportives et culturelles. Dans le désir de fouler au maximum les terres du pays et des états voisins pour déceler ce qu’elles ont à leur offrir, la famille Pagotto a pris la décision de ne pas rentrer en France avant l’été prochain.
L’école primaire de Comilog à Moanda
Une communication riche sur la plateforme de la MLF
Construite entre la forêt et le site minier, la ville de Moanda peut donner l’impression d’être isolée et inquiéter les nouveaux arrivants. Mais pour Thomas et sa famille, tout droit arrivés de l’Ardèche, il n’y a pas eu de souci car c’est finalement ce qu’ils recherchaient. Aucun d’entre eux ne souhaitait se retrouver au cœur d’une mégalopole, mais plutôt proche de la nature.
Néanmoins, ils sont loin d’être isolés socialement. Grâce à « la très bonne plateforme de formation » de la MLF, très sollicitée pendant les confinements à répétitions, Thomas est en lien constant avec ses collègues français installés aux quatre coins du monde. Chaque semaine, lui sont proposés des sujets de formation qu’il décide de suivre ou non. De plus, en tant que formateur, le professeur participe à des groupes d’échanges et d’analyses qui le nourrissant.
« J’ai finalement presque autant d’échanges avec mes collègues en étant à Moanda qu’en France. »
Les élèves de Comilog sur un projet robotique
Depuis plusieurs années, Thomas Pagotto se forme, et forme, au numérique et à la robotique. En partenariat avec la marque de jeu de construction Lego, il participe également à la grande compétition robotique laFirst Lego League, avec ses élèves. Une occasion de faire prendre conscience à ceux-ci qu’ils peuvent devenir qui ils souhaitent « malgré » leur sexe ou leur classe sociale.
Enseigner, un acte politique
Lorsqu’il arrivera au terme de son contrat à Comilog, Thomas Pagotto pense sûrement rentrer en France. Son souhait est de s’installer proche d’une grande ville pour faciliter l’accès aux universités à ses enfants, et de s’orienter vers un poste de formateur pour les professeurs destinés à aller enseigner dans les zones d‘éducation prioritaires. Le Français a effectivement entamé sa carrière de professeur dans une REP à Nanterre, en banlieue parisienne. Après un début de vie active dans les sciences politiques, il décide d’exercer « le plus beau métier du monde » pour venir en aide aux enfants issus de milieux difficiles, et n’ayant pas une voie toute tracée. C’est dans cette même état d’esprit qu’il est parti enseigner au Gabon : aider le plus les personnes qui en ont le moins. A ses yeux, « enseigner est finalement un acte politique ».