La France devra augmenter sa production d’énergies renouvelables pour atteindre la neutralité carbone en 2050

La France devra augmenter sa production d’énergies renouvelables pour atteindre la neutralité carbone en 2050

Le gestionnaire Réseau Transport Electricité (RTE) publie ce mois-ci l’étude « Futurs énergétiques 2050 » qui décrit six scénarios présentant différentes stratégies si la France veut atteindre la neutralité carbone en 2050. Accroître la part d’énergies renouvelables dans le futur mix énergétique apparaît comme indispensable.

Si chaque scénario est différent, ils ont tous un point commun : diminuer la consommation finale d’énergie et accroître la part d’électricité dans la consommation finale d’énergie, afin de remplacer petit à petit les énergies fossiles comme le charbon, le pétrole ou le gaz.

« Tous les scénarios présentés dans cette étude prévoient une forte progression des énergies renouvelables »

déclare RTE, contacté par EURACTIV.

Augmenter la production d’énergies renouvelables est un vrai défi pour la France, qui peine à développer leur production.

« Il faut raccorder les nouvelles installations de production et adapter le cœur du réseau. En utilisant des solutions flexibles en complément d’adaptations ciblées des lignes, on peut utiliser tout le potentiel des infrastructures existantes et accueillir jusqu’à 50 GW de solaire et d’éolien »

détaille RTE. 

Dans une étude publiée en janvier 2021 avec l’Agence internationale de l’énergie, RTE énonce les conditions d’un développement efficace des énergies renouvelables sur le territoire français : un « développement important des sources de flexibilité »,  un « pilotage de la demande », un « stockage à grande échelle », des « centrales de pointe utilisant des combustibles décarbonés », et des « réseaux de transport d’interconnexion transfrontalière » sont essentiels.

50% de nucléaire, 50% d’énergies renouvelables 

Un des scénarios de RTE prévoit un mix énergétique français à l’horizon 2050 composé à 50% de nucléaire et 50% d’énergies renouvelables. Pour que la France soit en capacité industrielle et technique de produire une telle part de nucléaire trois critères sont nécessaires : le fonctionnement étendu des réacteurs actuellement en service tant qu’ils respectent les normes de sécurité, un rythme de construction élevé pour les réacteurs de troisième génération ainsi que la possibilité de recourir à d’autres types de réacteurs nucléaires tels que les SMR (Small modular reactors). 

Et ainsi seulement les professionnels du secteur pourraient tenir le rythme. « Cette trajectoire a fait l’objet d’ajustements suite à la consultation publique pour intégrer les contraintes industrielles remontées dans le cadre de la consultation, et elle est aujourd’hui jugée possible par les acteurs industriels de la filière », précise RTE.

Mais même en cas de relance du nucléaire, il parait clair que les énergies renouvelables occuperont une place bien plus importante qu’aujourd’hui dans le futur mix énergétique français.

« Ceci sera vrai même en cas de relance du nucléaire, car les réacteurs actuels devront à terme être arrêtés pour des raisons d’âge et parce qu’il n’apparaît pas possible de les remplacer au rythme extrêmement élevé auquel ils ont été mis en service entre la fin des années 1970 et le début des années 1990 »

analyse RTE.

Vers une sortie du nucléaire ? 

Et si la France se passait totalement du nucléaire ? Pas simple lorsqu’on sait que la production d’électricité française d’origine nucléaire représente plus de 70% du mix énergétique national en 2019. Le rapport de la RTE esquisse les contours d’une sortie du nucléaire : cela commencerait par le fait que la France « ne déciderait pas de la construction de nouveaux réacteurs ». 

Ensuite, il faudrait compter sur une croissance exponentielle des énergies renouvelables, en particulier les filières éolienne et solaire : « Dans le cas des centrales solaires, le déploiement devra atteindre jusqu’à 7 GW en moyenne d’ici à 2050, dans les scénarios les plus ambitieux, contre environ 1 GW/an historiquement », déclare le gestionnaire de transport d’électricité.

Avant de préciser : « Ces rythmes peuvent apparaitre élevés mais ils sont en phase avec les projections d’autres scénarios internationaux élaborés autour de l’objectif de neutralité carbone. »

En définitive, ces deux systèmes électriques décarbonés nécessitent des investissement massifs si la France veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.  Le nucléaire et les énergies renouvelables ne sont pas « des solutions mutuellement exclusives », conclut l’étude « Futurs énergétiques 2050 ». 

FILE PHOTO: A general view shows the French oil giant Total Refinery in Donges, France, December 20, 2019. REUTERS/Stephane Mahe/File Photo

Ce qui est sûr, c’est que la France va bientôt se retrouver confrontée à un défi de taille : dans le cadre du paquet « Fit for 55 », la présidente de la Commission Ursula von der Leyen devrait annoncer en juillet vouloir passer à 38 % minimum d’énergies renouvelables en Europe d’ici à 2030, demandant un effort collectif supplémentaire aux États membres

Un casse-tête pour la France, qui, en 2020 déjà, avait échoué à atteindre 23 % d’énergies renouvelables.

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