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  • Barnier exaspéré par l’attitude du Royaume-Uni lors des négociations post-Brexit

    Frustré par le peu de progrès enregistrés la semaine dernière, Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit, a failli accuser Londres de faire dérailler les négociations sur un futur pacte commercial entre l’Union et le Royaume-Uni.

    Vendredi 24 avril, Michel Barnier s’est plaint qu’à moins de deux mois de la réunion cruciale prévue en juin entre les dirigeants politiques, la semaine de négociations avait été « décevante », ne permettant « aucun progrès sur la pêche », sujet sur lequel le Royaume-Uni n’a encore déposé aucune proposition juridique.

    « Sur ce sujet essentiel, le Royaume-Uni n’a pas présenté de texte juridique », a souligné Michel Barnier, ajoutant que « l’UE n’acceptera[it] aucun partenariat futur qui ne comprenne pas un accord équilibré et à long terme sur la pêche ».

    « Cela devrait être clair comme de l’eau de roche pour le Royaume-Uni », a-t-il insisté.

    Entamés à la suite la sortie officielle du Royaume-Uni de l’UE le 31 janvier, les pourparlers sur les futures relations commerciales et politiques entre les deux parties étaient déjà tenus de se dérouler dans un délai très serré. Mais aujourd’hui, en raison de la pandémie de coronavirus, ils sont pratiquement au point mort.

    Un seul cycle de discussions face à face a eu lieu entre Michel Barnier et son homologue britannique, David Frost, avant que la propagation de la pandémie n’entraîne des mesures de confinement des deux côtés de la Manche.

    D’autres téléconférences ont été programmées pour les semaines commençant le 11 mai et le 1er juin. Elles précéderont la réunion de « haut niveau » prévue en juin entre les dirigeants européens, au cours de laquelle les deux parties feront le point sur les progrès réalisés.

    L’heure tourne

    La réunion de la mi-juin constitue, pour l’équipe britannique, l’échéance à laquelle elle décidera si un accord peut être négocié avant la fin 2020 ou si le pays partira sans conclure d’accord.

    Les économies de l’UE et du Royaume-Uni étant toutes deux profondément affectées par la pandémie de COVID-19, Michel Barnier a souligné l’importance de négocier « un accord intelligent pour amortir le choc ».

    Le gouvernement de Boris Johnson a cependant répété maintes fois qu’il rejetterait toute prolongation de la période de transition post-Brexit – durant laquelle le Royaume-Uni continue à faire partie du marché unique – au-delà de décembre 2020.

    « La conséquence de cette décision est que l’heure tourne », a indiqué Michel Barnier. « Le Royaume-Uni ne peut pas imposer ce bref délai, et ensuite ne pas faire de progrès dans des domaines importants pour l’UE », a-t-il ajouté.

    Extension envisagée ?

    La lenteur des négociations a suscité des spéculations sur le fait que l’UE pourrait demander une prolongation, d’une part pour éviter à Boris Johnson de perdre la face, et d’autre part pour empêcher un scénario « sans accord ».

    « Nous ne fermons pas la porte à une prolongation de la période de transition », a reconnu Michel Barnier, ajoutant cependant qu’aucune décision ne serait prise à ce sujet avant le début du mois de juin.

    Si les parties s’accordent sur une prolongation, le Royaume-Uni devra verser une contribution forfaitaire au budget pour conserver l’accès au marché unique, mais il ne sera pas concerné par le prochain budget septennal de l’UE, qui devrait être fortement revu à la hausse pour soutenir la reprise économique du bloc après la crise du coronavirus.

    Une quarantaine de vidéoconférences ont eu lieu la semaine dernière entre des fonctionnaires de l’UE et du Royaume-Uni. Côté européen, un projet de texte de 350 pages a été rendu public. Le Royaume-Uni a pour sa part publié une série de propositions sectorielles, mais il insiste pour que son mandat de négociation demeure confidentiel.

    « Notre objectif [qui est d’enregistrer] des progrès tangibles… n’a été que très partiellement atteint cette semaine », a déclaré Michel Barnier à la presse le 24 avril, ajoutant que « le Royaume-Uni n’avait pas souhaité s’engager sérieusement sur un certain nombre de points fondamentaux ».

    Il a également accusé les fonctionnaires britanniques de vouloir revenir sur des engagements pris dans le cadre de l’accord de retrait.

    Les principaux points litigieux concernent la mise en place de « règles du jeu équitables », en vertu desquelles l’UE attend du Royaume-Uni qu’il s’engage à respecter les normes européennes en matière de politique sociale et environnementale, ainsi que sur les aides d’État. En échange, le Royaume-Uni bénéficiera d’un accord de libre-échange dépourvu de droits de douane et de quotas. Le Royaume-Uni insiste cependant sur le fait qu’il doit avoir le droit d’instaurer sa propre approche réglementaire.

    Michel Barnier a déploré que les fonctionnaires britanniques n’aient « pas réussi à s’engager de manière substantielle » sur cette question, ajoutant qu’« il n’y aura[it] pas d’accord commercial ambitieux sans conditions de concurrence équitables ambitieuses ».

    Le négociateur en chef de l’UE a ajouté que les positions des deux parties étaient également « très divergentes en matière de gouvernance ». Peu de progrès ont été réalisés sur le rôle de la Cour européenne de justice et sur la future coopération policière et judiciaire.

    Michel Barnier a ajouté que Bruxelles exigeait également des « preuves évidentes » que le Royaume-Uni progressait dans l’établissement de procédures découlant des nouveaux accords douaniers entre l’Irlande du Nord et la République.

  • Italie, lent retour à la normale

    Premières mesures de déconfinement en Italie

    Le gouvernement italien a annoncé les premières mesures concernant le déconfinement. Un plan par étapes progressives qui redonne un peu d’espoir à un pays traumatisé. Où la contestation, notamment au sud,  se fait de plus en plus entendre. L’Italie est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre de victimes du Coronavirus : plus de 27.000. Heureusement le nombre de patients et de cas diminue. Le confinement y est en vigueur depuis le 9 mars. Un confinement strict, avec une amende pour non respect des règles, comme un défaut d’attestation ou une raison de sortie non valable de 500€.

    Ecoles fermées jusqu’en septembre

    Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a annoncé que les écoles ne reprendraient pas avant septembre. Selon lui, les scénarios étudiés d’un retour à l’école montrent tous des risques élevés de contagion. Une décision qui tranche avec elles des gouvernements français ou allemand. Elle s’appliquera d’ailleurs aux établissements scolaires français.

    Timide retour du quotidien

    Dés cette semaine, les magasins de vêtements pour enfants et les librairies sont ouverts. Mais il est interdit de toucher aux vêtements et les clients doivent mettre du gel désinfectant. Il ne peut y avoir qu’un client pour les boutiques de moins de quarante mètres carrés, deux pour celles de moins de 80m², etc… Les activités dites « stratégiques » peuvent commencer à rouvrir. Notamment celles destinées à l’exportation, comme l’ameublement. En Toscane, c’est le textile qui repart. Comme quoi chacun définit ce qui est stratégique comme il l’entend.

    A partir du 4 mai, les visites familiales seront autorisées mais les fêtes privées resteront interdites. Les parcs seront à nouveau ouverts, chacun devant respecter une distance de précaution. En cas de rebond de la contagion, ces réouvertures seront remises en cause. Bars et restaurants rouvriront aussi mais seulement pour de la vente à emporter. Leur réouverture complète est prévue pour le 1er juin. Tout comme les salons de coiffure.

    Pas de privilèges pour l’Eglise

    Jusqu’à nouvel ordre, les messes restent suspendues. La Conférence des évêques italiens dénonce désormais une « violation de la liberté de culte ». Le gouvernement rappelle que tout rassemblement doit rester interdit.

    Pour les activités sportives, les entrainements pourront reprendre le 4 mai, mais uniquement pour les sports individuels, sans rassemblement et à huis clos. Pour les sports collectifs, une décision sera prise le 18 mai. L’incertitude demeure quant à la reprise des compétitions. La série A de football ne reprendra que lorsque les conditions de sécurité seront réunies, a indiqué Giuseppe Conte. On se souvient que le match Atalante-Valence en coupe d’Europe avait été désigné, à tort ou à raison, comme le point de départ du virus en Italie et en Espagne.

    Le 4 mai, l’activité économique sera donc progressivement remise en marche. Commerce de gros, secteur manufacturier, construction, pourront reprendre normalement leurs activités. Tous les commerces de détail pourront rouvrir le 18 mai ainsi que les musées et les bibliothèques.

    Les déplacements ne sont normalement autorisés que dans la limite de la commune d’appartenance. Sauf pour les visites familiales. Ils devront être justifiés par une déclaration sur l’honneur qui affirmera qu’ils sont motivés par des exigences de travail ou de santé. L’application Immuni de traçage des déplacements, qui devait pouvoir être téléchargée sur les téléphones, sur la base du volontariat, n’est plus évoquée. Elle devrait être disponible dans le courant du mois de mai.

    Les pharmacies auront l’autorisation de vendre les masques chirurgicaux au prix maximum à 0.5€. Le gouvernement estime qu’elles en disposeront en nombre suffisant.

    L’application des règles est susceptible de varier selon les régions, qui ont été frappés très différemment : la Lombardie, l’Emilie-Romagne ont été très touchées alors que les régions du sud, la Sicile et la Sardaigne ont été plutôt épargnées. Ce qui a provoqué des réactions fortes dans le sud, où beaucoup de gens travaillent dans « l’économie informelle ».

    Dans ces régions les différentes mafias en ont profité pour accroitre leur emprise par des secours clientélistes. Certains chefs mafieux ont étrangement bénéficié de mesures de libération conditionnelle, pour cause de coronavirus. Au moment où l’économie est arrêtée, où les entreprises sont menacées de faillite, où les petits boulots sont suspendus, après deux mois de confinement, les prêts en liquide sont les bienvenus, d’où qu’ils viennent. Le gouvernement aura aussi cela à gérer.

  • Festivals, concerts, expositions… Tour du monde des annulations

    Annulés, reportés : les festivals, tournois, et tous autres évènements à travers le monde sont perturbés, créant une année blanche dans le domaine de la culture et du sport.

    Roland Garros ? décalé du 20 septembre au 4 octobre.

    Le festival de Cannes ? Les organisateurs travaillent d’arrache-pied à une solution.

    L’incertitude règne concernant le festival de Cannes

    Les JO de Tokyo ? Ils auront lieu 12 mois plus tard.

    Le festival de Glastonbury ? Annulé ! Tout comme le festival Solidays, et celui de Tomorrowland en Belgique, dont les tickets seront valables pour l’édition 2021.

    Une catastrophe économique dans certains territoires

    De manière plus générale, la pandémie et le confinement mondial sont une catastrophe pour certains territoires particulièrement dépendants des visiteurs : Venise, les îles grecques, l’Egypte, les Caraïbes… La liste est sans fin.

    Certains secteurs risquent aussi de pâtir fort également : la Formule 1 voit ses courses s’annuler les unes après les autres, et certaines écuries parmi les moins solides risquent de mettre la clé sous la porte.

    le Marrakech du rire 2020 est annulé

    L’humour n’est pas épargné. Le Marrakech du Rire, qui devait fêter ses 10 ans a été annulé, comme l’a indiqué « avec regret » son fondateur Jamel Debouzze.

    L’exposition universelle de Dubaï, qui devait avoir lieu en 2020 devrait pour sa part être reportée sur une période entre le 1er octobre 2021 et le 31 mars 2022.

    Partout dans le monde, les évènements sont au mieux reportés, au pire annulés. Comment l’industrie du tourisme va-t-elle survivre à cette hécatombe ? Peut-être avec la volonté, dès le déconfinement, des personnes de quitter le plus vite possible leur logement et de revoir le monde.

  • LE COVID-19 AU TEMPS DE LA GUERRE MEDIATIQUE

    Dans sa déclaration du 16 mars 2020, le Président de la République a martelé que la France était en guerre contre le coronavirus, ce dernier étant désigné comme un ennemi invisible. Cette guerre a conduit à la mobilisation générale de l’ensemble du système de santé. Elle a ses premières lignes avec le personnel soignant, ses deuxièmes lignes en charge de la logistique d’un pays confiné et ses lignes « arrières » avec notamment des millions de télétravailleurs.

    La France dans une nouvelle guerre…

    Cette guerre d’un nouveau type ne s’est pas accompagnée comme pour les précédentes de la mise en place d’une censure au niveau de l’information. Les médias n’ayant plus qu’un seul sujet à traiter ont multiplié les émissions spéciales, les reportages, les interviews avec comme thème unique le covid-19. Les soldats, les médecins, les professeurs, les chefs de service, les infirmiers, les aides-soignants ont été appelés à témoigner sur les très nombreuses chaînes d’information. Les anciens ministres de la santé, de multiples experts ont été sollicités afin de donner, en direct, leur point de vue. La guerre du coronavirus est un phénomène médiatique.

    Plus de 94 % des téléspectateurs ont suivi l’allocution du Président de la République le 13 avril dernier (36,7 millions de Français, soit un million de plus que lors de l’allocution du 16 mars dernier). Chaque soir, le Directeur Général de la Santé, Jérôme Salomon, ou le Ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, communiquent les dernières données du front comme des généraux du Commandement général feraient le point sur l’état des troupes et le champ de bataille. Compte tenu de l’état évolutif des connaissances sur ce virus, les informations délivrées par les différents médias sont bien souvent contradictoires, voire incohérentes, pouvant contribuer au scepticisme de la population. La sévère concurrence entre les différents moyens de communication, presse traditionnelle, chaînes et radios d’information, réseaux sociaux, favorise la diffusion d’informations brutes, sans filtre.

    …D’experts?

    La multiplication des experts aux positions tranchées, une nécessité pour devenir un bon client des médias, ne leur permet pas de remplir une fonction d’intermédiaire. Bon gré, mal gré, les média deviennent ainsi bien souvent des catalyseurs des oppositions. En visioconférence ou sur plateaux, des grands professeurs exposent leurs positions et leurs divergences et prennent en témoin l’opinion publique. La surenchère informative brouille et embrouille la communication. Elle est également un élément intégré par les politiques d’information des pouvoirs publics.

    La relative transparence des pouvoirs publics qui n’ont pas masqué leur ignorance et leur errance sur le sujet est à mettre au crédit des démocraties. En 2003, lors de la crise de la canicule, le Gouvernement avait été, à tort, accusé de ne pas communiquer le nombre réel de décès. À l’époque, la remontée des données en la matière était assez archaïque et lente. Nul n’avait imaginé la nécessité d’avoir un décompte en temps quasi réel des décès. En 2020, cette remontée au niveau des Agences régionales de santé a été effectuée de manière assez précise. Elle s’est révélée plus délicate pour les EHPAD dont le nombre est élevé et qui peuvent être de nature diverse (publique, privée, associative). La crise de la canicule qui était intervenue après l’affaire du sang contaminé a créé en matière de santé publique une rupture. L’exigence de transparence, d’immédiateté s’est imposée, aidée en cela par la puissance des réseaux sociaux et des chaînes d’information en continu.

    La forte sensibilité de la population aux questions de santé en lien avec son vieillissement accentue la pression sur les pouvoirs publics. Le succès des séries télévisées françaises et américaines ayant pour thème la santé traduit bien l’importance de ce thème pour l’opinion. Cette sensibilité est à mettre en relation avec le changement du rapport à la mort au sein des sociétés occidentales. À l’exception des décès des personnalités, la mort est devenue une affaire privée. Intervenant plus souvent que dans le passé à l’hôpital ou en maison de retraite, elle est moins visible.

    Contrôler les informations au temps du net ?

    Durant les derniers conflits militaires auxquels la France a été confrontée, le contrôle de l’information a été plus ou moins bien réalisé. Lors de la Première Guerre mondiale, le contrôle de la presse s’est très rapidement imposé. Le 2 aout 1914, le décret sur l’état de siège permet aux autorités militaires d’interdire toute publication jugée dangereuse. Le 3 août 1914, le bureau de la presse du ministère de la guerre est créé afin d’organiser la censure. Les journaux sont alors soumis à un régime de contrôle préalable afin de supprimer toute critique et empêcher la diffusion de renseignements à l’ennemi. Les journalistes doivent soumettre leur travail à l’administration et éventuellement procéder aux modifications exigées. L’État-major publie quotidiennement trois communiqués donnant la version officielle des opérations en cours. Ces restrictions ne prendront fin qu’avec la levée de l’état de siège le 12 octobre 1919. Le contrôle des médias en 1914 était la conséquence des indiscrétions de la presse en 1870 qui avaient contribué à la défaite de Sedan et à la démobilisation rapide des troupes et du pays. Le quotidien « Le Temps » avait relayé les orientations stratégiques de Mac-Mahon et modifié les plans de l’Etat-major prussien.

    En 1939, le contrôle des communications et de la presse fut moins poussé qu’en 1914. Le contrôle postal, télégraphique et téléphonique est néanmoins activé dès la fin août 1939 avant même la déclaration de la guerre (3 septembre 1939). Le 26 août, les journaux d’obédience communiste sont interdits, le 28, la censure de la presse est instituée. À la différence d’août 1914, peu de journaux disparurent et la presse s’installa, sans enthousiasme, dans la drôle de guerre : ses rapports avec la censure furent beaucoup moins difficiles qu’en 1914. Le 24 mai 1940 furent instituées 28 l’autorisation préalable et une réglementation des conditions matérielles de la publication.

    Durant la guerre d’Algérie, les gouvernements de la IVe République s’appuyèrent sur la loi du 3 avril 1955 instituant l’état d’urgence pour réduire la liberté de la presse. Cette loi permettait aux autorités de «prendre toutes les mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales ». Les écrits imprimés visés par le décret étaient passibles de saisies administratives et judiciaires, de mesures de police et de peines complémentaires. Jusqu’à la fin de la guerre en 1962, les saisies de journaux et de livres furent nombreuses.

    La communication en temps de conflits a profondément évolué avec la guerre du Golfe en 1990/1991. Les autorités militaires américaines ont organisé très précisément la communication en fournissant les images aux chaînes d’information et en embarquant des journalistes au sein de leurs équipes. Elles ont souhaité ne pas rééditer les pratiques de la Guerre du Vietnam qui avaient donné lieu à des reportages à charge contre l’armée américaine, contribuant à l’hostilité croissante de l’opinion vis-à-vis de ce conflit. La systématisation des pratiques de contrôle de l’information lors de la guerre en Irak en 2003 s’est, en revanche, retournée contre l’exécutif américain.

    La gestion de la communication en temps de crise est pour tout pouvoir une épreuve, surtout quand le théâtre des opérations est mouvant. Au niveau sanitaire, le nombre important d’acteurs qui ne sont pas des militaires soumis à une obligation de réserve, est une source évidente de complications pour tout gouvernement en place.

  • La France appelle à établir un prix plancher du carbone pour amortir le choc pétrolier

    Selon les autorités françaises, la crise sanitaire devrait renforcer la détermination de l’Europe à atteindre les objectifs climatiques de l’accord de Paris, en fixant un prix plancher pour les énergies fossiles.

    Alors que le prix du baril oscille autour des 20 dollars, les marchés mondiaux sont submergés par un surplus de pétrole qui risque de mettre à mal la transition vers les énergies propres, prévient la France dans un document de synthèse envoyé aux autres États membres.

    « Les prix extrêmement bas des combustibles fossiles » observés ces derniers temps sur les marchés internationaux « ne reflètent pas leur véritable coût pour le climat », indique le document.

    « Le prix des énergies fossiles devrait être proportionnel à leur impact environnemental », selon le document interne qu’Euractiv a pu consulter.

    Cette note a été envoyée par la France aux délégations nationales en amont d’une vidéoconférence informelle des ministres européens de l’Énergie qui aura lieu ce mardi 28 avril.

    « Les autorités françaises estiment que les conditions du marché actuelles plaident clairement en faveur de mécanismes garantissant à ces énergies de rester constamment au-dessus d’un certain prix plancher », du point de vue des consommateurs comme des investisseurs.

    D’après le document, un tel mécanisme pourrait se concrétiser au moyen d’un « prix plancher du carbone », établi dans le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’UE ou dans la directive sur la taxation de l’énergie — qui est actuellement examinée dans le cadre du « Green Deal ».

    Le Royaume-Uni a été le premier pays de l’UE à montrer l’exemple en fixant un prix plancher du carbone en 2013. Mais l’idée fait débat dans les États membres dépendants du charbon, comme la Pologne et les pays d’Europe centrale et orientale, qui risquent d’être durement touchés par cette mesure.

    Si cette disposition est adoptée, le prix plancher européen devra s’accompagner de politiques sociales dans les régions en transition où des emplois disparaîtront, a affirmé le président français, Emmanuel Macron, lors d’une conférence à la Commission européenne en 2018.

    Réforme du marché du carbone

    La France s’inquiète aussi de la baisse des prix de l’électricité sur le marché du carbone. Elle soutient que des mesures urgentes doivent être prises pour éviter un excédent des quotas d’émissions, qui risquerait de faire plonger le prix du carbone.

    « À ce titre, les autorités françaises considèrent que [le mécanisme] de réserve de stabilité du marché au sein du SEQE-UE doit être mis en œuvre dans les plus brefs délais pour prévenir le risque de regain d’un excédent structurel », déclare le document.

    Selon les Français, « la situation actuelle appelle aussi à l’établissement rapide du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières », afin d’éviter la délocalisation des usines en dehors de l’Europe à cause d’une hausse des prix au sein de l’UE.

    Mais ces mesures ne suffiront pas à elles seules à encourager les investissements dans les énergies renouvelables et à assurer une relance verte post-coronavirus, soutient le document.

    Plus généralement, la France se dit préoccupée par les prix structurellement faibles de l’électricité qui, selon elle, freinent les investissements dans les capacités de production énergétiques faibles en carbone, dont l’UE a grandement besoin pour accomplir ses objectifs de décarbonisation.

    Le document de synthèse atteste que des réformes des politiques communautaires sont nécessaires « pour assurer le financement de la production d’électricité décarbonée ». Mais cela « n’exclut pas les technologies faibles en carbone », précise la France dans une allusion voilée au nucléaire.

  • Un confinement de plus d’un mois est-il encore légal ?

    Certains déconfinent. D’autres prolongent. Tel expert médical avance que le déconfinement aurait sauvé 60.000 mille vies, bien qu’aucun pays n’ait été victime d’un tel taux de mortalité. D’autres experts considèrent sa prolongation inutile. En réalité, il y a différentes sortes de confinement, différentes politiques. Au delà des incertitudes médicales, la pandémie donne à tous les régimes, autoritaires ou démocratiques, une occasion de renforcer les contrôles sur les citoyens. Selon Reporters sans frontières, à l’occasion de la crise du coronavirus, la liberté de la presse est en recul presque partout dans le monde. Partout pèsent des risques sur la démocratie. Peut-être est-ce paradoxalement plus graves dans les démocraties que dans les régimes autoritaires.

    Crise sanitaire, catastrophe sociale

    L’épidémie a, pour l’instant, provoqué la mort de près de 200.000 personnes dans le monde. Le nombre de cas baisse. Les hypothèses pessimistes n’envisagent plus, heureusement, que le nombre de morts dépasse le double de celui d’aujourd’hui. Le Covid 19 aura donc été cent fois moins mortel que la grippe espagnole, quatre fois moins que la grippe d’Asie de 1957 ou celle de Hong Kong de 1968. Il aura été mieux maîtrisé.

    Du point de vue sanitaire, le coronavirus est une crise, pas une catastrophe. En revanche, les conséquences de l’épidémie sont un cataclysme: Une dépression mondiale telle que le monde n’en a jamais connue, à peine supportable dans des pays riches, insupportable dans les pays pauvres. En Afrique de l’ouest, 50 millions de personnes sont menacées de famine selon le PAM (Programme Alimentaire Mondial) à cause de l’interruption du commerce international.

    Effondrement économique, surtout pour les pays pauvres.

    L’effondrement économique n’est pas du à une cause extérieure mais aux décisions gouvernementales, qui sont allés d’un confinement strict contrôlé par la police (France, Italie), à l’absence de confinement (Suède, Corée), en passant par des restrictions plus ou moins strictes (Allemagne, Etats-Unis).

    Le confinement strict n’a pas prouvé d’efficacité supérieure au port du masque généralisé.

    Les pays où le confinement a été le plus strict (France, Italie, Espagne, Belgique) sont aussi les pays où le nombre de décès par habitant est le plus élevé. Belgique : 60 décès pour cent mille habitants. Espagne, 49, Italie, 43; France, 33.

    Dans les pays au confinement plus souple (En Suède et à Singapour, les restaurants sont même restés ouverts), le nombre de morts par rapport à la population est moins élevé : Pays-Bas, 25; Suisse, 18; Suède, 21; Allemagne, 7; Singapour,0.2; Taïwan, 0.03[1]. Derrière cette comptabilité macabre, il y a des vies.

    Le confinement général ne donne visiblement pas de meilleurs résultats qu’une politique combinée de port du masque, de protection des personnes fragiles, de recherche de contacts et d’isolement des cas positifs ou suspects.

    Ceci devrait mettre en question les politiques suivies jusqu’à présent. D’autant que le confinement général n’a pas que des conséquences économiques et sociales, il suspend les libertés publiques fondamentales.

    Un bilan catastrophique pour le respect du droit.

    L’administration contrôle désormais la plupart des activités professionnelles et personnelles. Ceci, alors que les contrôles parlementaires et judiciaires ont été réduits au minimum. Parfois en dessous du minimum, selon certains avocats. Les abus de pouvoir, y compris en France, se multiplient.  Interdire la vente d’alcool, traquer les plongeurs et les randonneurs, mettre en prison des personnes démunies d’attestation, contrôler le caractère urgent ou non des courses, censurer les informations critiques, empêcher des regroupements familiaux, sont des mesures qui, toutes, devraient être individuellement justifiées par l’autorité publique et non par le citoyen. En quoi se baigner sur une plage est-il dangereux pour les autres ? Des magistrats de la Province du Val d’Aoste, en Italie, considèrent illégales les mesures d’interdiction de promenade en montagne.

    Liberté d’expression, droit du travail, liberté du commerce, liberté de circulation, droit d’asile, droits de la défense, liberté religieuse, du point de vue juridique, le bilan est catastrophique pour l’état de droit.

    Les mesures exceptionnelles doivent être proportionnelles

    Tout cela peut se justifier par l’urgence, qui se rattache à la vieille théorie des circonstances exceptionnelles de 1919. La loi votée par le Parlement sur « l’état d’urgence sanitaire » confie en effet des pouvoirs exceptionnels au gouvernement, pour une durée maximale de deux mois. Mais les mesures d’urgence ne sont justifiables que si elles sont proportionnelles à la menace.

    Aucune loi votée par le Parlement ne peut suspendre ces libertés fondamentales sans que cette proportionnalité soit constamment vérifiée.

    Si le confinement total ne procure pas de protection significative par rapport à un confinement « volontaire », la proportionnalité n’étant plus respectée, il devrait être jugé illégal.

    Plus d’un mois semble excéder la durée d’une urgence

    L’absence des équipements ne peut servir de justification durable pour maintenir la population en résidence surveillée. Ce qui a des conséquences médicales certaines, notamment chez les plus fragiles et les plus âgées, comme le signalent les psychiatres.  Cela peut être toléré quelque temps, mais comment confiner des non-malades deux mois,  alors que le confinement des malades ne dépasse pas 14 jours?

    Plus d’un mois semble excéder la durée d’une urgence. Surtout quand les résultats d’une telle politique ne sont pas probants. L’urgence ne peut être une excuse pour prendre systématiquement du retard. Quand elle devient permanente, quand elle est disproportionnée, l’urgence rend les mesures prises en son nom illégales. Il y a déjà des procès pour négligence, il y en aura aussi pour excès de pouvoir.

    Puissent le Conseil Constitutionnel et le Conseil d’Etat, avant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, rappeler la primauté des libertés fondamentales, ce qui leur évitera d’être entrainés dans la défiance qui gagne toutes les institutions.

    Puisse aussi la France ne pas être utilisée en exemple à l’avenir par des régimes qui utiliseraient n’importe quel maladie pour imposer une législation d’ « urgence ».

     

    [1] Source , Université John Hopkins, en date du 26 avril.

  • Le plan de déconfinement en France présenté ce mardi à l’Assemblée…

     Le gouvernement doit faire des choix impériaux pour sécuriser le déconfinement et le redémarrage de la France à partir du 11 mai.

    C’est la dernière ligne droite pour l’exécutif. Le gouvernement planche des propositions pour sortir la France du confinement, après avoir donné des pistes fluctuantes sur l’école ou les transports. Port du masque ou non dans les transports, retour à l’école volontaire ou échelonné, commerces rouverts partout ou seulement dans certaines régions : autant de questions auxquelles le gouvernement doit encore répondre avant la présentation de sa « stratégie nationale du plan de déconfinement »devant l’Assemblée nationale mardi à 15 heures. Cette présentation sera suivie d’un débat et d’un vote, a annoncé ce samedi soir Matignon.

    L’application de traçage « Stop Covid », qui doit permettre de retrouver les contacts avec des personnes porteuses du coronavirus, doit également être présentée à cette occasion. Sa mise au point pour le 11 mai constitue « un défi », souligne dimanche Cedric O, secrétaire d’Etat au Numérique, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD).

    Véran en visite, des ministres en réunion

    C’est un véritable exercice d’équilibriste auquel le gouvernement doit se livrer: relancer l’économie sans relancer l’épidémie. Et ceci avec le doute des Français qui ne sont que 39% à avoir confiance dans le gouvernement pour faire face efficacement au coronavirus, soit sept points de moins en une semaine, selon un sondage Ifop pour le JDD. Dans un entretien à cet hebdomadaire, le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a estimé que « la pénurie, le manque de masques et de tests » avaient été « gérés par l’approximation ». Il a aussi reproché « les prises de paroles incessantes et contradictoires » de l’exécutif dans cette crise.

    D’autant que les pistes évoquées cette semaine ont eu tendance à semer la confusion. Une certitude, ce plan met en première ligne les élus locaux, consultés jeudi et vendredi par le Premier ministre et qui seront à nouveau reçus lundi par la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Dans cette perspective, Édouard Philippe doit tenir « plusieurs réunions de travail durant le week-end sur les sujets prioritaires », dont les masques, les tests ou les transports.

    En visite samedi dans un laboratoire de tests de Saint-Denis, son premier déplacement depuis un mois, le ministre de la Santé Olivier Véran a réaffirmé l’objectif de pouvoir « réaliser au moins 500 000 à 700 000 tests par semaine », contre plus de 50 000 par jour actuellement. L’objectif est de pouvoir tester toutes les personnes présentant des symptômes ainsi que celles ayant été en contact rapproché avec des cas confirmés de coronavirus. En revanche, tester l’ensemble des Français serait « impossible » et « n’a pas de sens au niveau médical », a-t-il répété, alors que certaines entreprises ont annoncé leur intention de dépister leurs salariés.

    Des masques à l’école ?

    En vue de la réouverture progressive des établissements scolaires, l’Académie de médecine a recommandé samedi de « prévoir une formation sur les gestes barrière pour les enseignants et le personnel, à relayer pour les enfants dès l’ouverture » des classes. Elle conseille également de prévoir des masques anti-projection ou alternatifs « pour les adultes (enseignants, personnel, parents) et pour les élèves dès l’âge de 6 ans (…), à porter lors des activités récréatives en dehors de la classe et à la sortie de l’établissement ».

    Le ministre de la Santé avait lui estimé vendredi qu’il n’y avait « aucune recommandation scientifique qui dise qu’il faille faire porter des masques à des enfants » et qu’il était « très compliqué de demander à un enfant de 10 ou 11 ans, qui est à l’école primaire, d’aller porter un masque », y compris en récréation. En attendant le débat sur le déconfinement prévu à l’Assemblée nationale le 5 mai, l’exécutif s’est employé à rassurer les secteurs parmi les plus touchés par l’épidémie et ses conséquences économiques.

    Dix milliards d’euros

    Vendredi, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a promis une aide massive pour la compagnie Air France, précédant l’annonce par le gouvernement néerlandais d’une aide aussi importante pour KLM. Au total, ce sont quelque dix milliards d’euros dont bénéficiera le groupe aérien franco-néerlandais Air France-KLM, à condition toutefois, écologie oblige, de devenir « la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète ». Outre l’aviation, Bruno Le Maire a aussi voulu soutenir le secteur automobile, en présentant un plan d’aides de cinq milliards d’euros pour le groupe Renault.

    Le président Emmanuel Macron s’est quant à lui efforcé de rassurer un autre secteur paralysé depuis plus de deux mois en raison du confinement, celui des restaurants, bars ou hôtels, lors d’une visioconférence vendredi avec leurs représentants. L’accès au Fonds de solidarité sera élargi au 1er juin aux entreprises employant jusqu’à 20 salariés et réalisant jusqu’à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 10 salariés et 1 million de chiffre d’affaires. Le montant de l’aide sera doublé à 10 000 euros au maximum.

    Décision finale

    En revanche, la filière devra attendre la fin mai pour connaître la « décision finale » du gouvernement sur la réouverture des portes. Bruno Le Maire a mis en garde contre toute « précipitation » faisant courir le risque d’une deuxième vague épidémique. « S’il y a une relative sérénité » dans l’évolution de l’épidémie, une réouverture pourrait avoir lieu « entre le 2 juin et le 20 juin », a estimé le chef multi-étoilé Alain Ducasse, après la réunion.

    En attendant le déconfinement, des entreprises ou artisans s’y préparent déjà. Les vendeurs de tissu ont ainsi été autorisés dès vendredi à rouvrir pour donner aux Français la matière première nécessaire à la fabrication de masques « maison ». Et les commerçants de neuf marchés parisiens couverts ont été autorisés à vendre à distance leurs produits, soit par la livraison à domicile, soit par le retrait des commandes à l’entrée des marchés.

    Le monde du football, impatient et attendu, se prépare lui aussi. Les joueurs vont retourner dans leurs centres d’entraînement dès le 11 mai, pour y subir d’abord un bilan médical complet après deux mois d’inactivité. Les clubs ont également poussé un ouf de soulagement après l’accord obtenu vendredi entre la Ligue et ses diffuseurs Canal+ et beIN Sports, qui payeront bien les matches de L1 et de L2 déjà disputés, apportant plusieurs millions d’euros à des clubs parfois en grande difficulté financière. En revanche, les commerçants et entreprises à Paris n’ont guère de quoi se réjouir : les cambriolages y ont bondi de plus de 50% au premier trimestre 2020, par rapport à 2019.

  • Le Quai d’Orsay prépare le retour des Français de l’Etranger à travers un plan de rapatriement

    Le ministère des affaires étrangères prépare un plan d’accompagnement des Français expatriés en difficulté. les équipes de Jean-Yves Le Drian et Jean-Baptiste Lemoyne s’attendent à une vague massive de retours au fil des déconfinements et des crashs économiques.

    Partenaire de longue date du Ministère des Affaires étrangère, France Horizon a été sollicité de nombreuses fois pour le soutenir dans la gestion du rapatriement des Français de l’étranger en période de crise, notamment politique ou sanitaire. Le cabinet de Jean-Yves Le Drian a réactivé cette semaine le partenariat en prévision de retours en masse des Français résidents hors de France comme se fut le cas lors des révolutions en Côte d’Ivoire en 2004 et au Liban en 2006.

    Des campagnes de rapatriement ?

    La mission de l’association va plus loin. Accueillir lors de retour forcé ou volontaire mais aussi tendre la main le temps nécéssaire à la réinsertion en France de l’ancien(ne) expatrié(e) et sa famille. Et c’est tout un panel de réponses qu’elle propose pour les personnes en situation précaire, ou d’exclusion sociale ou de dépendance liée à l’âge.  Elle offre ainsi un parcours qui permet de s’adapter aux évolutions de notre société, s’interroger sur ses pratiques professionnelles au sein de 38 établissements répartis sur toute la métropoleAinsi depuis sa création en 1940, le CEFR, aujourd’hui France Horizon, est un acteur majeur de l’accompagne social pour les Français de l’Etranger sur le chemin du retour.

    Concrètement, cela se traduirait par des campagnes de rapatriement dans des pays particulièrement exposés aux conséquences économiques de la crise sanitaire actuelle. Les pays d’Asie du Sud-Est et d’Amérique du Sud sont particulièrement ciblés. La disparition du flux touristique et les incertitudes qui pèsent sur l’ouverture des frontières, combinées à l’augmentation des couts de transports aériens, les mesures d’hygiènes et contrôles qui vont être instaurés, hypothèquent l’avenir de nos compatriotes présents principalement dans ces secteurs d’activités.

    Un plan à sens unique ?

    Le plan promis par le gouvernement pour les Français résidents hors de France et piloté par Jean-Yves Le Drian semble  donc se profiler comme un ensemble de mesures d’accompagnement au retour. Une fois sur place, les ex-expats pourront bénéficier des aides mises en places pour tous les Français (RSA, chômage, mesures d’insertions, logement social) avec le soutien de France Horizon, comme guide. C’est loin des propositions des élu(e)s qui espéraient au contraire faciliter le maintien dans les pays de résidence à travers des aides directes via les systèmes de Bourse ou indirectes de soutien aux établissements et organisations françaises sur place

    En effet, des mesures de solidarité proposées sous forme d’amendement à la loi corrective du budget en préparation par entre autre par Robert del Picchia ou Joëlle Gariaud-Maylam au Sénat et à l’Assemblée Nationale par Samantha Cazebonne et Anne Genetet, ont été écartées sous pression du gouvernement lors de la commission paritaire du jeudi 23 avril 2020.

    C’est donc bien l’option du retour qui semble être privilégiée par le gouvernement d’Emmanuel Macron pour les Français de l’Etranger.. La perspective de retrouver la France post-covid pour s’inscrire sur la liste des bénéficiaires du RSA n’enchantera pas tout le monde, mais la disparition des activités économiques et l’absence de couverture sociale dans leurs pays d’accueil peuvent contraire nos compatriotes au chemin du retour..

     

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