Italie, lent retour à la normale

Premières mesures de déconfinement en Italie

Le gouvernement italien a annoncé les premières mesures concernant le déconfinement. Un plan par étapes progressives qui redonne un peu d’espoir à un pays traumatisé. Où la contestation, notamment au sud,  se fait de plus en plus entendre. L’Italie est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre de victimes du Coronavirus : plus de 27.000. Heureusement le nombre de patients et de cas diminue. Le confinement y est en vigueur depuis le 9 mars. Un confinement strict, avec une amende pour non respect des règles, comme un défaut d’attestation ou une raison de sortie non valable de 500€.

Ecoles fermées jusqu'en septembre

Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a annoncé que les écoles ne reprendraient pas avant septembre. Selon lui, les scénarios étudiés d’un retour à l’école montrent tous des risques élevés de contagion. Une décision qui tranche avec elles des gouvernements français ou allemand. Elle s'appliquera d'ailleurs aux établissements scolaires français.

Timide retour du quotidien

Dés cette semaine, les magasins de vêtements pour enfants et les librairies sont ouverts. Mais il est interdit de toucher aux vêtements et les clients doivent mettre du gel désinfectant. Il ne peut y avoir qu’un client pour les boutiques de moins de quarante mètres carrés, deux pour celles de moins de 80m², etc… Les activités dites « stratégiques » peuvent commencer à rouvrir. Notamment celles destinées à l’exportation, comme l’ameublement. En Toscane, c’est le textile qui repart. Comme quoi chacun définit ce qui est stratégique comme il l’entend.

A partir du 4 mai, les visites familiales seront autorisées mais les fêtes privées resteront interdites. Les parcs seront à nouveau ouverts, chacun devant respecter une distance de précaution. En cas de rebond de la contagion, ces réouvertures seront remises en cause. Bars et restaurants rouvriront aussi mais seulement pour de la vente à emporter. Leur réouverture complète est prévue pour le 1er juin. Tout comme les salons de coiffure.

Pas de privilèges pour l'Eglise

Jusqu’à nouvel ordre, les messes restent suspendues. La Conférence des évêques italiens dénonce désormais une « violation de la liberté de culte ». Le gouvernement rappelle que tout rassemblement doit rester interdit.

Pour les activités sportives, les entrainements pourront reprendre le 4 mai, mais uniquement pour les sports individuels, sans rassemblement et à huis clos. Pour les sports collectifs, une décision sera prise le 18 mai. L’incertitude demeure quant à la reprise des compétitions. La série A de football ne reprendra que lorsque les conditions de sécurité seront réunies, a indiqué Giuseppe Conte. On se souvient que le match Atalante-Valence en coupe d’Europe avait été désigné, à tort ou à raison, comme le point de départ du virus en Italie et en Espagne.

Le 4 mai, l’activité économique sera donc progressivement remise en marche. Commerce de gros, secteur manufacturier, construction, pourront reprendre normalement leurs activités. Tous les commerces de détail pourront rouvrir le 18 mai ainsi que les musées et les bibliothèques.

Les déplacements ne sont normalement autorisés que dans la limite de la commune d’appartenance. Sauf pour les visites familiales. Ils devront être justifiés par une déclaration sur l’honneur qui affirmera qu’ils sont motivés par des exigences de travail ou de santé. L’application Immuni de traçage des déplacements, qui devait pouvoir être téléchargée sur les téléphones, sur la base du volontariat, n’est plus évoquée. Elle devrait être disponible dans le courant du mois de mai.

Les pharmacies auront l’autorisation de vendre les masques chirurgicaux au prix maximum à 0.5€. Le gouvernement estime qu’elles en disposeront en nombre suffisant.

L’application des règles est susceptible de varier selon les régions, qui ont été frappés très différemment : la Lombardie, l’Emilie-Romagne ont été très touchées alors que les régions du sud, la Sicile et la Sardaigne ont été plutôt épargnées. Ce qui a provoqué des réactions fortes dans le sud, où beaucoup de gens travaillent dans « l’économie informelle ».

Dans ces régions les différentes mafias en ont profité pour accroitre leur emprise par des secours clientélistes. Certains chefs mafieux ont étrangement bénéficié de mesures de libération conditionnelle, pour cause de coronavirus. Au moment où l’économie est arrêtée, où les entreprises sont menacées de faillite, où les petits boulots sont suspendus, après deux mois de confinement, les prêts en liquide sont les bienvenus, d’où qu’ils viennent. Le gouvernement aura aussi cela à gérer.

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