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  • Expatriation : Où s’installer pour trouver un emploi ?

    Expatriation : Où s’installer pour trouver un emploi ?

    Les Français sont de plus en plus nombreux à vivre hors de l’hexagone, parfois par goût de l’aventure, souvent par amour et aussi de plus en fréquemment pour profiter d’une opportunité et trouver un emploi, parfois inaccessible en France. Mais l’expatriation professionnelle est un défi. Mais où se trouvent les opportunités les plus nombreuses ? Plusieurs experts, dont Approach People, ont dressé la liste des pays les plus dynamiques en termes d’emploi pour les Français. On vous la partage.

    L’Europe

    Comme souvent, on analyse en premier le continent européen, qui concentre la moitié des Français de l’étranger et où grâce à l’Union européenne, les démarches sont réduites au minimum.

    Royaume-Uni

    Selon Approach People Recruitment, spécialisé dans le recrutement en Europe, les offres d’emploi émanent essentiellement de Londres – presque 40% des offres. Pour autant, le cabinet ne recommande pas nécessairement à ses candidats d’opter pour la capitale britannique. En effet, avec le Brexit, les conditions administratives pour y travailler se sont complexifiées, puisqu’il faut un visa, les loyers sont extrêmement chers… Tout dépend du projet, mais le cabinet a plutôt tendance à conseiller des destinations au sein de l’Union Européenne.

    D’ailleurs, d’autres intervenants nuancent le dynamisme du marché de l’emploi britannique, en raison du Brexit, mais également d’une certaine stagnation économique.

    Irlande

    Dans le classement d’Approach People des villes recrutant le plus de Français, viennent ensuite Dublin, Genève, Zurich, Luxembourg, Bruxelles, Amsterdam, Barcelone, Berlin puis Lisbonne. « Des destinations souvent privilégiées pour leur proximité culturelle, les opportunités professionnelles en finance, tech, ou encore santé, et leur qualité de vie », selon le cabinet.

    Laurent Girard-Claudon et Emilie Narcy, directrice des ressources humaines d’Approach People, louent notamment les qualités de Dublin, dans laquelle la société a été initialement fondée il y a vingt-cinq ans : opportunités professionnelles, accueil, vie culturelle, sentiment de sécurité, multiculturalité…

    Allemagne

    Par ailleurs, en Allemagne il y a toujours « une forte demande. Quelques bases d’allemand aident », conseille Approach People. Même si le pays connaît une légère diminution de son activité économique, ce qui peut réduire les opportunités professionnelles. Cela reste cependant le premier pays où les Français s’installent.

    Frédéric Berner est le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie française en Allemagne, basée à Sarrebruck. Âgé de 53 ans, l’homme est originaire de Mulhouse et habite Sarreguemines. © RL /Nicolas THIERCY
    Frédéric Berner est le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie française en Allemagne, basée à Sarrebruck. Âgé de 53 ans, l’homme est originaire de Mulhouse et habite Sarreguemines. © RL /Nicolas THIERCY

    Selon le réseau CCI France International (Chambres de commerce et d’industrie), dont certains bureaux locaux ont des structures de soutien aux entreprises, avec parfois des services d’offre d’emploi, l’Allemagne est à la fois l’un des pays où le réseau reçoit le plus d’offres d’emplois, et l’un de ceux où il y a le plus de placements de candidats – tout comme le Danemark et, dans une moindre mesure les Pays-Bas. D’ailleurs, pas besoin d’être néerlandophone pour s’expatrier en Hollande, la langue de travail étant souvent l’anglais.

    Suisse

    Genève est quant à elle vue comme une ville repère, à deux pas de la France, avec de la sécurité, la possibilité d’aller très haut dans la carrière, un très bon niveau de vie, des relations respectueuses, selon Approach People.

    Mais les Français doivent d’abord faire leurs preuves, car le statut de frontalier peut parfois provoquer une certaine réticence des Suisses, qui en subissent les impacts négatifs (trafic routier…).

    Espagne

    En Espagne, Madrid et Barcelone permettent à la fois de bénéficier d’un cadre de vie festif et d’opportunités professionnelles. « Au début, c’était vu comme pas évident d’y avoir une carrière, cela a beaucoup changé, Madrid peut proposer des postes extraordinaires », assure Approach People. En Espagne, la situation économique est correcte, et qu’il y a du travail notamment dans la tech, les nombreuses start-ups, le tourisme. On le constate tous les jours, l’Espagne, l’Italie et le Portugal sont en plein boom. Lisbonne est notamment une place tech insoupçonnée.

    Moyen-Orient et Asie

    Hors Union Européenne, Approach People reçoit également des offres d’emploi pour des postes à New York, Montréal, San Francisco, Dubaï, Singapour, Bangkok, Tokyo, Sydney, Hong Kong et Shanghai. Mais le cabinet reconnaît que ces destinations nécessitent plus de contraintes logistiques et administratives, contrairement à l’Union Européenne, où il est possible de travailler sans visa, et dont les pays sont plus proches, géographiquement et culturellement.

    Bpifrance accompagne des entreprises françaises des secteurs des Industries Culturelles et Créatives à Dubaï pour prospecter le marché des Émirats arabes unis. © BPI 2022
    Bpifrance accompagne des entreprises françaises des secteurs des Industries Culturelles et Créatives à Dubaï pour prospecter le marché des Émirats arabes unis. © BPI 2022

    Concernant Dubaï, l’émirat « vibre, embauche beaucoup, il y a peu de personnel local pour faire face, analyse Emilie Narcy, alors que beaucoup d’entreprises se créent, avec des postes qualifiés. Mais le coût de la vie n’est pas négligeable, il faut souvent sortir de la ville pour se loger ». Mais il y a de grands besoins de main d’œuvre, notamment dans la finance, le luxe, le retail, l’éducation, et notamment de cadres . Aussi, il ne faut détourner les yeux des opportunités en Arabie Saoudite.

    Comme nous le confirme Catya Martin, directrice de la French Radio Hong-kong, le reste de l’Asie est toujours attractif, mais de façon plus marginale. Mais avec la Covid, c’est Singapour qui est devenu le hub important, au détriment de Hong Kong mais qui reste dans une moindre mesure, attractive pour les expatriés des grands groupes, les cadres dirigeants. Hong Kong privilégie cependant les expatriés parlant chinois, selon Catya Martin. Les deux zones sont aussi citées par CCI France International comme particulièrement actives dans les recrutements.

    Amérique du Nord

    21% des Français inscrits sur le registre des Français de l’étranger se trouvent en Amérique ou dans les Caraïbes. Ainsi l’Amérique du Nord est toujours une zone très attractive pour les Français, notamment aux Etats-Unis : New-York, Boston et la côte est, ainsi que la Floride, Washington, la Silicon Valley et plus globalement la Californie. Mais le retour de Donald Trump à la tête du pays pourrait modifier la donne, en particulier sur les visas, mais rappelons-nous que son premier mandat avait été positif pour les recrutements d’expatriés français.

    La société LandQuire, spécialisée dans l’achat-revente de terrains et l’investissement aux USA ©Landquire
    La société LandQuire, spécialisée dans l’achat-revente de terrains et l’investissement aux USA ©Landquire

    Du côté du Canada francophone (Québec, Montréal), on constate que la région attire également les Français. Même si, les conditions d’accès sont censées y être devenues plus restrictives, mais à ce jour, on ne voit pas encore le résultat.

    En Afrique

    L’Afrique n’est plus un continent riche en opportunités pour les Français. Mais quelques pays ouvrent encore leurs bras à nos compatriotes. Comme, le Maroc, qui est en plein boom, mais avec une contradiction : il y a beaucoup de nouveaux arrivants. Mais là aussi un mouvement anti-français se propage depuis quelques temps, comme dans d’autres pays (le reste du Maghreb, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali). Cette hostilité cause beaucoup de départs.

    Des entreprises françaises espèrent décrocher des contrats ferroviaires au Maroc, notamment des lignes à grande vitesse. Ici, le président français Emmanuel Macron et le roi marocain Mohammed VI inaugurent une ligne à grande vitesse à Tanger, lors d'une visite précédente, le 15 octobre 2018. © Christophe Archambault / AP
    Des entreprises françaises espèrent décrocher des contrats ferroviaires au Maroc, notamment des lignes à grande vitesse. Ici, le président français Emmanuel Macron et le roi marocain Mohammed VI inaugurent une ligne à grande vitesse à Tanger, lors d’une visite précédente, le 15 octobre 2018. © Christophe Archambault / AP

    SI on se penche sur l’Afrique Subsaharienne même l’additionnant à l’Océan Indien, on constate que ces zones ne rassemblent que 7% des inscrits sur les listes consulaires et sont peu enclins à embaucher des Français en masse.

    Océanie

    On boucle notre tour des continents avec l’Océanie. L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont plutôt attractives pour des « petits jobs » en bas de l’échelle, dans l’agriculture, la construction, l’hôtellerie ou la restauration. De nombreux jeunes français s’y rendent, se détournant du Royaume-Uni, un phénomène amplifié par le Brexit.

    Si l’Afrique n’est pas le continent avec le plus d’opportunités, Alix Carnot assure que « le Maroc est en plein boom, mais avec une contradiction : il y a beaucoup de nouveaux arrivants, mais aussi un mouvement anti-français depuis quelques temps, comme dans d’autres pays (le reste du Maghreb, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali), qui cause beaucoup de départs ». De son côté, l’Afrique Subsaharienne additionnée à l’Océan Indien ne rassemble que 7% des inscrits sur les listes consulaires.

    Les intervenants rappellent qu’avant de partir, une expatriation se prépare, tant sur le plan professionnel que personnel. Pour Emilie Narcy, « il ne faut pas hésiter à faire ses recherches depuis le confort de la France. Il vaut mieux savoir où on met les pieds ». Au-delà de la recherche d’emplois, de nombreux paramètres sont à prendre en compte : coût de la vie, système de protection sociale, conditions de retour…

  • Rentrée scolaire : le coût de la scolarité pour les expatriés français

    Rentrée scolaire : le coût de la scolarité pour les expatriés français

    Plus de 12 millions d’élèves reprennent dans quelques jours, le lundi 1er septembre, le chemin de l’école en France. À l’occasion de la rentrée scolaire, nous nous sommes penchés sur le coût de la scolarité pour les expatriés d’un pays à l’autre. Bien sûr, il n’a pas été possible de réaliser un travail « exhaustif », nous ne pouvions pas balayer tous les pays. Mais à travers quelques exemples, on fait le point pour les Français de l’étranger.  

    En France, 5 % de moins !

    On commence par l’hexagone afin d’avoir un point de référence commun. Et l’évolution estimée du budget de la rentrée scolaire pour un élève de sixième, selon l’enquête menée par l’association de consommateurs Familles de France, est en baisse de 5% cette année. 

    En effet, le prix des fournitures scolaires est en baisse cette année pour les élèves qui font leur rentrée en France, a rapporté, lundi 18 août, l’association Familles de France sur la base du baromètre annuel, se félicitant d’un contexte économique « plus stable ».

    « En 2025, le panier moyen s’élève à 211,10 euros, contre 223,46 euros en 2024, résume Familles de France. Cela représente une baisse de 12,36 euros, soit un recul de 5,53 % par rapport à l’année dernière. » – Extrait du baromètre de l’association Familles de France

    Alors que la baisse était la plus marquée en 2024 pour les articles de papeterie, ce sont cette année les articles de sport qui enregistrent le recul le plus fort (− 8,59 %). Mais toutes les catégories de produits sont en baisse. En sus, il ne faut oublier qu’en France tous certains foyers peuvent recevoir l’allocation de rentrée scolaire (ARS) sous conditions de revenus et de scolarité. Le reste à charge est donc très limité, selon une étude de World Remit, le coût total de la scolarité d’un enfant est de 244 euros dans l’hexagone.

    Le cout de la scolarité dans le réseau AEFE

    Avant de se pencher sur les systèmes locaux, on se penche sur le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) où sont scolarisés plus de 100 000 petits Français expatriés.

    Celui-ci se distingue par son modèle de financement mixte, où les frais de scolarité représentent une part significative du budget. En moyenne, dans les établissements en gestion directe ou conventionnés, le financement est assuré à hauteur de 44 % par l’État français et à 56 % par les frais de scolarité acquittés par les familles, reflétant ainsi une forte implication des parents dans le coût de l’éducation. Ces frais varient considérablement selon les pays et les établissements, en fonction du niveau de vie local et des spécificités de chaque école.

    Pour atténuer cette charge, l’AEFE propose un système de bourses scolaires, permettant à plus de 21 % des élèves français du réseau d’en bénéficier, avec près de 24 000 bourses attribuées chaque année. Ces aides, calculées en fonction des ressources familiales et du coût de la vie dans le pays de résidence, visent à garantir un accès équitable à un enseignement français de qualité, reconnu pour son excellence et son ouverture culturelle dans 138 pays.

    Ce modèle illustre l’équilibre entre engagement public et participation privée, caractéristique d’un réseau unique qui scolarise près de 400 000 élèves, dont un tiers de Français et deux tiers d’autres nationalités.

    En Europe, un système proche du français

    On commence notre tour du monde par le continent qui réunit le plus de Français expatriés (ou non dans ce cas), l’Europe. Et on zoome particulièrement sur l’Union européenne où la majorité des Français de l’étranger se sont installés au cours des deux dernières décennies. L’Union européenne ayant largement facilité les migrations au sein de ses frontières en simplifiant les démarches mais aussi en garantissant l’égalité des droits et l’accès à l’éducation en est un pilier.

    Au sein de l’Union européenne, le coût de la scolarité pour les expatriés français varie considérablement d’un pays à l’autre, mais reste généralement bien inférieur à celui observé en Amérique du Nord ou dans les établissements internationaux comme nous le verrons plus bas.

    Ainsi ans l’UE, la scolarité des mineurs dans les écoles primaires, collèges et lycées publics reste largement subventionnée par les États, ce qui en fait une option financièrement accessible pour les familles expatriées françaises. Les écoles privées sous contrat, souvent choisies pour leur projet pédagogique spécifique, affichent des tarifs modérés : comptez environ 400 euros par an en primaire, 800 euros au collège et 1 200 euros au lycée. Dans d’autres pays européens comme l’Allemagne, la Belgique ou les pays nordiques, l’école publique est également gratuite ou quasi gratuite pour les résidents, y compris les expatriés français, avec des frais limités aux fournitures, aux sorties scolaires ou à la restauration.

    Photo lycée français à Bruxelles, Jean Monnet ©LF Jean Monnet
    Photo lycée français à Bruxelles, Jean Monnet ©LF Jean Monnet

    Cette accessibilité contraste avec les établissements internationaux ou les lycées français à l’étranger, où les frais de scolarité peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par an. Ainsi, pour les expatriés français en Europe, le système éducatif local public ou privé sous contrat représente une solution économique, tout en offrant une qualité d’enseignement reconnue et une intégration facilitée dans le pays d’accueil.

    Cependant, pour les études supérieures, dans des pays comme la Belgique, les frais annuels pour les Européens avoisinent les 835 euros, tandis qu’en Allemagne, en Suède ou au Danemark, les cours comme les études supérieures sont gratuites pour les étudiants de l’UE, y compris les Français expatriés. Mais, les écoles privées ou les établissements spécialisés (comme les grandes écoles) appliquent des tarifs progressifs, calculés en fonction des revenus du foyer fiscal, pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros par an. À ces frais s’ajoutent les dépenses de logement, de transport et de vie quotidienne, souvent estimées à 10 000 euros par an pour une mobilité européenne, hors frais de scolarité.

    La possibilité, de rejoindre les réseaux publics comme privés, reste relative pour autant elle est renforcée par des systèmes de bourses et d’aides sociales, bien que leur montant et leurs conditions d’attribution diffèrent selon les pays. Ainsi, l’Union européenne, en particulier avec le programme Erasmus, offre un cadre favorable aux familles et étudiants français souhaitant s’installer à l’étranger, avec des coûts maîtrisés dans le public et des opportunités de financement pour limiter l’impact budgétaire.

    En Amérique du Nord, des écarts importants

    Deuxième zone géographique préférée des Français de l’étranger ou des candidats à l’expatriation : l’Amérique du Nord ! Sur ce continent, où se retrouvent le Mexique, les USA et le Canada, le coût de la scolarité pour les expatriés français varie fortement selon le type d’établissement et le niveau d’études.

    Pour les familles souhaitant inscrire leurs enfants dans un lycée français homologué (réseau AEFE), les frais de scolarité peuvent atteindre jusqu’à 25 000 dollars par an et par enfant, un investissement qui s’ajoute souvent à d’autres dépenses comme la garde ou les activités extrascolaires. Cette somme représente un frein majeur pour de nombreux expatriés, d’autant que seulement une minorité bénéficie d’un soutien financier de leur employeur ou de bourses. Ainsi, 67 % des parents déclarent assumer seuls ces coûts.

    Photo lycée français de New York ©AEFE
    Photo lycée français de New York ©AEFE

    Pour les études supérieures, les universités américaines affichent des tarifs particulièrement élevés : les frais de scolarité annuels dans une université publique comme celle du Michigan s’élèvent à près de 50 000 dollars pour un étudiant international, hors logement, repas et fournitures. Les universités privées ou les établissements les plus prestigieux peuvent facilement dépasser les 50 000 à 70 000 dollars par an, bien que des bourses et aides financières, parfois spécifiques aux étudiants étrangers, permettent d’alléger la facture. À ces frais s’ajoutent un budget mensuel de 1 000 à 2 500 dollars pour le coût de la vie, selon la ville, ainsi que des dépenses imprévues comme les livres ou le matériel informatique.

    Face à ces montants, de nombreux expatriés optent pour le système local au Mexique ou au Canada tandis que d’autres se rabattent sur des solutions alternatives comme le CNED ou l’enseignement à distance. Le retour d’expérience des familles d’expatriés souligne l’importance de bien anticiper ces dépenses dans tout projet d’expatriation.

    Afrique : un système éducatif à plusieurs vitesses

    En Afrique, le coût de la scolarité pour les expatriés dont les petits Français, dépend largement du type d’établissement choisi. Les écoles locales publiques sont généralement très accessibles, avec des frais souvent symboliques, mais leur qualité et leur adéquation avec le système éducatif français peuvent varier selon les pays.

    En revanche, les établissements français homologués (réseau AEFE) ou les écoles internationales offrent un enseignement conforme aux programmes français, mais à un coût bien plus élevé : comptez en moyenne entre 3 000 et 4 000 euros par an et par enfant en Afrique du Nord et subsaharienne, selon les pays et le statut de l’école (gestion directe, conventionnée ou partenaire). Ces frais, bien que moindres qu’en Asie ou en Amérique du Nord, représentent un budget conséquent pour les familles, d’autant que les bourses scolaires, bien qu’existantes, ne couvrent pas toujours l’intégralité des coûts.

    Photo lycée français à Rabat ©AEFE
    Photo lycée français à Rabat ©AEFE

    Pour les expatriés, le choix d’une école française en Afrique est souvent motivé par la qualité de l’enseignement, la continuité pédagogique et la préparation d’un éventuel retour en France. Cependant, ces établissements restent onéreux et nécessitent une anticipation financière, même si des aides peuvent être accordées en fonction des ressources et de la situation familiale, ainsi le coût de la scolarité pour les expatriés peut être important.

    En Asie, le continent le plus onéreux

    En Asie, le coût de la scolarité pour les enfants français expatriés figure parmi les plus élevés au monde.

    Et c’est particulièrement le cas pour les établissements français homologués (réseau AEFE ou partenaires) y affichent des frais annuels moyens de l’ordre de 4 700 euros par enfant, un montant qui peut varier selon les pays et le prestige de l’école, mais aussi en fonction des niveaux (primaire, collège, lycée). Ces tarifs s’expliquent par la qualité des infrastructures, le recrutement d’enseignants qualifiés et la demande forte des familles expatriées pour un enseignement conforme aux programmes français. À ces frais s’ajoutent souvent des dépenses supplémentaires pour les activités extrascolaires, les uniformes ou les frais d’inscription, ce qui peut porter le budget annuel à plus de 10 000 euros dans les métropoles comme Singapour, Hong Kong ou Tokyo. Le choix d’une école française en Asie reste donc un investissement significatif, mais souvent considéré comme essentiel pour assurer la continuité pédagogique et faciliter un éventuel retour en France.

    Du coté, des systèmes éducatifs locaux, ces derniers sont bien différents d’un pays à l’autre, tant en termes de qualité que d’accès. Dans les pays d’Asie de l’Est (Japon, Corée du Sud, Chine, Singapour), les systèmes scolaires publics sont réputés pour leur rigueur et leur excellence académique, souvent mis en avant par les classements internationaux comme PISA. L’école primaire y est généralement bienveillante et axée sur l’apprentissage collectif, tandis que le secondaire se caractérise par une forte pression scolaire, des programmes chargés et un recours massif aux cours particuliers pour préparer les examens d’entrée à l’université. Ces pays offrent un accès quasi universel à l’éducation, avec des infrastructures modernes et des enseignants bien formés, mais la compétition scolaire intense peut peser sur le bien-être des élèves.

    Photo lycée français Hong Kong ©AEFE
    Photo lycée français Hong Kong ©AEFE

    Tandis qu’en Asie du Sud-Est (Thaïlande, Vietnam, Indonésie, Philippines), l’accès à l’éducation est plus contrasté. Bien que la scolarité soit théoriquement gratuite et obligatoire, la qualité varie fortement entre zones urbaines et rurales. Les écoles publiques, souvent surpeuplées et sous-financées, peinent à offrir un enseignement de qualité, surtout dans les campagnes où les infrastructures sont limitées et les enseignants moins nombreux. Les familles aisées privilégient donc les écoles privées ou internationales, tandis que les plus modestes dépendent des écoles locales, parfois en demi-journée pour pallier le manque de places. Des initiatives locales et internationales tentent d’améliorer l’accès à l’éducation, notamment via des bourses ou la construction de dortoirs pour les enfants des zones reculées.

    Enfin, en Asie centrale (ex-républiques soviétiques), les systèmes éducatifs hérités de l’URSS restent structurés et accessibles, avec un taux d’alphabétisation élevé. L’enseignement y est gratuit à tous les niveaux, mais les réformes récentes visent à moderniser les programmes et à améliorer la qualité, parfois au détriment de l’équité entre zones urbaines et rurales.

    En conclusion, sur ce continent, pour les expatriés français, l’intégration dans les systèmes locaux peut être un défi linguistique et culturel, mais elle offre une immersion riche et une ouverture sur des méthodes pédagogiques variées.

    En Océanie, cours bilingues dans les établissements publics

    On finit notre tour du monde par l’Océanie, le continent où il y a le moins de Français mais qui a le vent en poupe chez les moins de 40 ans. Là-bas, il est possible d’inscrire ses enfants dans les écoles publiques australiennes ou néo-zélandaises. Les frais pour un trimestre (incluant cours, logement et repas) s’élèvent à environ 5 000–5 300 euros, soit 15 000–20 000 euros par an. Les écoles privées ou internationales, souvent bilingues français-anglais, affichent des tarifs plus élevés, pouvant dépasser 25 000 euros annuels, notamment dans les grandes villes comme Sydney ou Auckland.

    Photo lycée français de Sydney ©LF de Condorcet
    Photo du lycée français de Sydney ©LF de Condorcet

    Pour les familles optant pour un établissement français homologué (réseau AEFE), les frais de scolarité se situent généralement entre 5 000 et 10 000 euros par an, selon le niveau (primaire, collège, lycée) et la localisation, avec des bourses disponibles sous conditions de ressources comme pour les autres établissements du réseau français.

    Notons que l’Australie et la Nouvelle-Zélande proposent aussi des programmes bilingues dans certaines écoles publiques, où l’enseignement du français est intégré au cursus local, offrant une alternative moins onéreuse que les écoles 100 % françaises. Cependant, l’accès aux écoles locales peut être limité par des quotas pour les élèves internationaux, et les frais de scolarité pour les non-résidents permanents restent élevés.

    Ainsi, pour les expatriés, le choix entre école locale et école française dépend donc à la fois du budget (soit le coût de la scolarité pour les expatriés), de la durée du séjour et de la volonté de maintenir un lien avec le système éducatif français.

  • Clémentine Latron : une illustratrice française qui croque la vie des expats

    Clémentine Latron : une illustratrice française qui croque la vie des expats

    Illustratrice, traductrice et autrice, Clémentine Latron vit aux Pays-Bas après avoir posé ses valises dans plusieurs villes à travers l’Europe et au-delà. Elle collabore régulièrement avec Courrier International, où ses dessins accompagnent la rubrique « Courier Expat » et offrent un regard aussi tendre que piquant sur les réalités de l’expatriation. Clémentine est une illustratrice française qui croque la vie des expats avec humour et nuance.

    C’est avec la bande dessinée Les Expats qu’elle a touché un large public francophone vivant à l’étranger. Ses personnages, pris entre choc culturel, quiproquos linguistiques et nostalgies culinaires, font écho à une expérience partagée par des millions de Français dans le monde. Elle est également l’autrice du Tour de France des expressions régionales (éditions First) et du livre « Dis-moi que tu es français sans me dire que tu es français » (Ed. Mango). Dans cet entretien pour Lesfrancais.press, Clémentine Latron revient sur son parcours, ses projets, et son regard aiguisé sur la langue, l’identité et l’humour en terre étrangère.

    Etes vous un expat ? ©Clémentine Latron
    Etes vous un expat ? ©Clémentine Latron

    Clémentine Latron, sa vie d’expatriée

    Lesfrancais.press : « Vous avez vécu dans de nombreuses villes, avant de vous installer à Amsterdam. En quoi ce parcours nomade a-t-il façonné votre regard sur les cultures, et votre manière de dessiner ? »

    Clémentine Latron : « Effectivement j’ai pas mal déménagé dans mon enfance (une dizaine de fois, entre l’hexagone et l’outre-mer) puis effectué plusieurs stages ainsi qu’un semestre Erasmus à l’étranger avant de m’installer à Amsterdam. Je pense que cela a très certainement aiguisé mon sens de l’observation et m’a plongé dans le bain des différences culturelles, que j’adore illustrer. Pour ce qui est de ma manière de dessiner je ne pense pas que cela ait eu un réel impact – si ce n’est que j’ai commencé à dessiner sous forme de planches de 6 vignettes au moment où j’ai commencé à dessiner pour Courrier international. »

    Êtes-vous un expat à cheval sur les traditions © Clémentine Latron
    Êtes-vous un expat à cheval sur les traditions © Clémentine Latron
    Lesfrancais.press : Vous collaborez régulièrement avec Courrier International pour illustrer ce que certains appellent « le vivre ailleurs ». Comment s’est construite cette collaboration et qu’aimez-vous dans cet exercice d’illustration éditoriale autour de la vie à l’étranger ?

    Clémentine Latron : « Courrier international m’a contactée alors que je venais d’arriver aux Pays-Bas, pour me proposer d’illustrer la vie d’expat dans la rubrique Courrier Expat. J’ai bien évidemment sauté sur l’occasion. Ce que j’aime avec cet exercice, c’est que j’ai vraiment carte blanche : je peux aussi bien illustrer les mésaventures d’une française à l’étranger que les coutumes néerlandaises que je vais trouver rigolotes ou les petites manies des Français, parce que forcément, quand on vit à l’étranger, on porte aussi un regard différent sur sa propre culture ; c’est de là qu’est né mon livre Dis-moi que tu es français sans me dire que tu es français, qui porte sur toutes les petites habitudes très françaises dont j’ai découvert qu’elles l’étaient en vivant à l’étranger ! »

    Clémentine Latron, croque le quotidien des Français de l’étranger

    Lesfrancais.press : « Les Expats, votre BD parue chez First, a conquis de nombreux lecteurs francophones à l’étranger. Comment ce projet est-il né et comment avez-vous choisi les situations que vous mettez en scène ? »

    Clémentine Latron :  « Les Expats est en fait un recueil de mes chroniques sur Courrier international. Ces illustrations naissent en général de situations que j’ai vécues moi-même ou qu’on m’a racontées, d’observations au quotidien, de discussions avec les gens… Dès que quelque chose peut faire l’objet d’un dessin, je note ! Disons que 90 % sont des situations vécues, même si parfois j’exagère un tout petit peu. »

    Quand un expat français rencontre un expat français © Clémentine Latron
    Quand un expat français rencontre un expat français © Clémentine Latron
    Lesfrancais.press : « En tant qu’autrice qui vit à l’étranger et observe les Français expatriés avec bienveillance, selon vous : qu’est-ce qui fait le sel (ou le manque) de notre identité lorsqu’on vit loin de la France ? »

    Clémentine Latron : « S’il y a une chose que j’ai remarquée c’est que dès que je publie une illustration en rapport avec la nourriture, il y a un nombre de réactions incroyable de la part des lecteurs. Donc je dirais, sans aucune hésitation : le rapport avec la nourriture, entre nostalgie des spécialités françaises et chauvinisme du croissant ! »

    Lesfrancais.press : « Vous explorez depuis plusieurs années la vie à l’étranger à travers vos dessins, vos mots et vos collaborations. Si vous deviez résumer en une idée ce que l’expatriation vous a appris, sur vous-même, sur les autres, ou même sur la France, que diriez-vous ? Et que souhaitez-vous continuer à explorer à travers vos créations dans les années à venir ? »

    Clémentine Latron : Je ne saurais pas dire précisément ce qu’elle m’a appris, mais ce qui est sûr c’est que si je n’étais pas partie à l’étranger, je n’en serais pas là où j’en suis aujourd’hui dans ma carrière ! Car ce sont mes dessins humoristiques sur la vie à l’étranger qui m’ont amenée à collaborer avec Courrier international et finalement m’ont fait connaître.

    « Si je n’étais pas partie à l’étranger, je n’en serais pas là où j’en suis aujourd’hui dans ma carrière »

    Clémentine Latron

    De là sont ensuite nées des collaborations avec des institutions comme les Alliances françaises ou la Cité internationale de la langue française, avec lesquelles j’ai eu la chance d’illustrer des sujets touchant aussi à la langue et aux expressions françaises (ce qui me plait particulièrement car je suis traductrice de formation) ou encore l’Ambassade de France aux Pays-Bas, avec laquelle j’ai travaillé l’année dernière autour des Jeux Olympiques. J’adorerais travailler avec des alliances françaises d’autres pays, ou partir sur des projets en rapport avec le voyage. J’ai toujours un carnet avec moi quand je voyage, où je griffonne mes observations.

    Les moments de solitude à l'étranger ©Clémentine Latron
    Les moments de solitude à l’étranger ©Clémentine Latron

    Dans les valises de tout expatrié, entre les papiers administratifs, le dictionnaire des faux-amis et le sachet de madeleines, il devrait toujours y avoir une bonne dose d’humour. Car vivre ailleurs, c’est souvent apprendre à rire de ses maladresses, à sourire des différences, et à transformer chaque décalage en clin d’œil complice. Clémentine Latron incarne à merveille cette philosophie : avec ses dessins pleins d’esprit et de tendresse, elle rappelle que l’humour est peut-être le plus fidèle compagnon de route de celles et ceux qui choisissent d’habiter le monde. Une boussole intérieure, légère mais essentielle, pour garder le cap loin de chez soi.

    Vous pouvez retrouver Clémentine sur Instagram (@clementinelatron), où elle partage avec humour et finesse ses dessins du quotidien, ses carnets de voyage et ses réflexions illustrées sur la vie à l’étranger.
  • STAFE : la campagne 2026 est ouverte

    STAFE : la campagne 2026 est ouverte

    Désormais, les associations établies hors de France et œuvrant au service des Français à l’étranger connaissent le STAFE. Pour mémoire, ce dispositif a été créé en 2018 en remplacement de la réserve parlementaire. Ce fonds de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE) vient notamment aider financièrement la réalisation de projets en faveur des expatriés. La campagne 2026 est ouverte : toutes les associations dédiées aux résidents français dans le monde entier peuvent donc d’ores et déjà déposer leurs dossiers. Lesfrancais.press vous rappelle l’essentiel des informations à connaître.

    Des associations aidées partout dans le monde

    Doté à l’origine de 2 millions d’euros, le STAFE avait été ramené à 1,6 million d’euros en 2025. Cette même année, 227 dossiers ont été validés et ont ainsi bénéficié d’une aide financière accordée par la France pour mener à bien leur activité.

    Sur nos antennes, notamment dans l’émission « Initiatives Expats », plusieurs bénéficiaires sont venus partager leur expérience : du dépôt du dossier à la réalisation du projet. De Madagascar à la Belgique, en passant par le Canada, la Côte d’Ivoire ou bien encore le Vietnam, pour ne citer que quelques exemples.

    Un STAFE 2026 pour sensibiliser notamment à l’écologie et au sport

    Pour solliciter une subvention du STAFE (Soutien au tissu associatif des Français à l’étranger), l’association doit présenter un projet à vocation éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socioéconomique, qui bénéficie à nos compatriotes expatriés.

    © Consulat de France à New York

    Une attention particulière sera, entre autres, portée cette année aux initiatives visant à sensibiliser la communauté française hors de France à l’écologie et aux risques climatiques, ainsi qu’à l’égalité entre les femmes et les hommes et aux droits des femmes. Les projets visant à promouvoir la pratique du sport et ceux reposant sur des critères sociaux seront aussi plus facilement retenus.

    Quels sont les critères à respecter pour le STAFE 2026 ?

    Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères stipule que les critères à respecter pour les associations souhaitant bénéficier d’une subvention STAFE en 2026 sont les suivants :

    • Les associations doivent être enregistrées localement et le cas échéant en France (loi 1901)
    • Les associations doivent exister depuis plus d’un an au moment du dépôt du dossier (enregistrement des statuts et réalisation d’activités depuis plus d’un an). En effet, le STAFE n’est pas destiné à soutenir la création d’associations.
    • Le budget annuel global (recettes totales 2024) de l’association ne doit pas excéder 1 million d’euros.
    • Le montant de la subvention sollicité au titre du projet doit être inférieur à 15 000€ (contre 25.000 € lors des campagnes précédentes)
    • La subvention ne doit pas être la seule source de financement du projet. Le financement maximum par la subvention est fixé à 50% du coût du projet. De manière exceptionnelle, ce taux est plafonné à 80% pour les petites associations dont le budget global n’excède pas 10 000 € et qui sollicitent une subvention inférieure à 3 000 € au titre du projet.
    • La part des salaires et charges salariales du personnel permanent est limitée à 15% du budget global du projet

    À titre dérogatoire, il avait été évoqué la possibilité que certains projets récurrents puissent désormais être éligibles, lorsque la nature de l’activité de l’association le justifie. Cette nouveauté reste encore à confirmer.

    Comment retirer un dossier pour le STAFE 2026 ?

    Les responsables d’associations peuvent donc retirer un dossier de demande de subvention auprès de l’ambassade ou du consulat du pays de résidence, comme par exemple à Munich, au plus tard le 17 octobre 2025. Les dossiers sont ensuite à compléter et à retourner auprès des postes (ambassade ou consulat) au plus tard le 27 octobre 2025.

    Quels processus pour l’attribution des aides ?

    Une fois le dossier de l’association déposé, ils seront, dans un premier temps, examinés par les services de l’ambassade ou du consulat, puis présentés ensuite au sein du conseil consulaire, au sein duquel les élus sont présents, qui va émettre un avis motivé et détaillé.

    Les documents de votre dossier STAFE 2026 ©Adobe Stock
    Les documents de votre dossier STAFE 2026 ©Adobe Stock

    Pour cette campagne 2026 du STAFE, le rôle de l’échelon local devrait être renforcé. Un groupe de travail spécifique sur l’évolution du dispositif avait été mis en place par la DFAE (Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire) avec les élus consulaires. Des nouvelles propositions de fonctionnement avaient été proposées, relayées également par Laurent Saint-Martin, le ministre délégué actuel en charge du commerce extérieur et des Français de l’étranger.

    Toutefois, ce sera toujours la commission consultative nationale associant élus, associations représentatives des Français de l’étranger et administration qui statuera au final. Celle-ci se réunira en mars 2026 afin d’étudier l’ensemble des dossiers présentés pour la campagne 2026 du STAFE.

    Vous disposez désormais de l’essentiel des informations pour déposer un dossier STAFE 2026. N’hésitez pas à partager avec nous vos retours d’expérience sur les démarches menées par vos associations, à la fois les obstacles rencontrés mais aussi vos réussites.

  • Vers la fin de la guerre en Ukraine ?

    Vers la fin de la guerre en Ukraine ?

    Au lendemain de la réunion avec Donald Trump et plusieurs dirigeants européens, Volodymyr Zelensky a publié un message sur X, mardi 19 août, affirmant que le sommet de Washington D.C fut « une avancée significative vers la fin de la guerre et la garantie de la sécurité de l’Ukraine et de notre peuple ». Si on ne peut que se réjouir de la fin de celle-ci, on peut s’interroger sur le prix exigé par Vladimir Poutine soutenu par Donald Trump. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Une véritable paix ?

    Invité de RTL mardi 19 août, Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, a estimé qu’un paix durable entre la Russie et l’Ukraine est peu probable.

    « Je crains que nous ne puissions pas avoir de véritable paix avec le régime russe tel qu’il est aujourd’hui et l’Ukraine démocratique que nous connaissons »

    Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique

    En effet, à l’issue des deux réunions, seul un accord prévoyant l’acquisition de 90 milliards de dollars d’équipements militaires américains de la part de Kiev, grâce à des financements européens était acté. Le Financial Times, qui a dévoilé les contours de cet accord en premier, évoquait quant à lui un budget de 100 milliards de dollars (85 milliards d’euros environ). Selon le journal britannique, Kiev et Washington pourraient également signer un accord à hauteur de 50 milliards de dollars pour acheter des drones produits par entreprises ukrainiennes.

    Le sommet de Washington sur l'Ukraine, à la Maison Blanche, le 18 août 2025. © Alexander Drago / REUTERS
    Le sommet de Washington sur l’Ukraine, à la Maison Blanche, le 18 août 2025. © Alexander Drago / REUTERS

    Tout le reste est à faire ! Frontières, langue, etc… Les Européens ont insisté pour que ces sujets, qui touchent à la souveraineté ukrainienne, soient évoqués par les chefs d’États des deux puissances en conflit. Message entendu par Donald Trump qui, en pleine réunion, a appelé Vladimir Poutine afin de commencer à organiser une telle rencontre.

    Un sommet Zelensky-Poutine « en Europe » ?

    Car l’autre résultat de la réunion à Washington, c’est donc l’acceptation par Vladimir Poutine de rencontrer Volodymyr Zelensky dans les deux semaines à venir. Ce qui serait une première depuis l’invasion russe le 24 février 2022.

    « Nous avons décidé d’avoir un rendez-vous bilatéral entre les deux présidents, d’avoir ensuite une trilatérale (avec Donald Trump, ndlr), puis une multilatérale où les Européens doivent être à la table. »

    Emmanuel Macron, après la réunion à Washington D.C

    Un tel entretien pourrait-il avoir lieu en Europe ? « C’est plus qu’une hypothèse, c’est la volonté collective », affirme le chef de l’État, qui assure qu’il ne sera pas organisé en France, comme lors de la rencontre Zelensky-Poutine de 2019, mais dans « un pays neutre ». « Peut-être la Suisse, je plaide pour Genève », déclare-t-il. « Ou un autre pays : la dernière fois qu’il y a eu des discussions bilatérales, c’était à Istanbul (Turquie). »

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump se sont rencontrés le 18 août 2025 à Washington pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine. © AL DRAGO / REUTERS
    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump se sont rencontrés le 18 août 2025 à Washington pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine. © AL DRAGO / REUTERS

    Emmanuel Macron pense même « qu’il faut faire » une exception à Vladimir Poutine si la réunion a lieu dans un pays reconnaissant la Cour pénale internationale, et donc devant arrêter le président russe, visé par un mandat d’arrêt. « Le travail de la justice doit venir, nous sommes nous-même signataires de ces traités », assure-t-il. « Mais il est président en exercice, il a un principe d’immunité. Il faut que la paix avance, donc il faut trouver un lieu. » D’ailleurs, ce mardi, la Suisse a offert l’immunité à Vladimir Poutine en cas de réunion sur son sol.

    Le travail sur les garanties de sécurité

    Dernier point majeur abordé lors du sommet de Washington : les garanties de sécurité apportées à l’Ukraine après un accord de paix.

    « Nous avons acté pour la première fois que nous lancions le processus de travail sur les garanties de sécurité »

    Emmanuel Macron, après la réunion à Washington D.C

    Dès ce mardi à la mi-journée, « nous réunissons avec le Premier ministre britannique Keir Starmer la coalition des volontaires pour les tenir au courant », souligne-t-il. « Dans la foulée, nous lançons le travail concret avec les Américains, pour voir qui est prêt à faire quoi. »

    Ces garanties de sécurité ne prendront pas la forme d’un engagement de l’Ukraine dans l’Otan, Donald Trump y étant opposé. Leur objectif reste « de dissuader (les Russes) par une armée ukrainienne forte, qui pourra résister » en cas de nouvelle invasion, souligne Emmanuel Macron. Au point d’engager les alliés de l’Ukraine dans une guerre face à la Russie ? « Si la Russie prenait la responsabilité de revenir provoquer aux confins de l’Europe après un accord de paix, à ce moment-là, il y aurait une réaction », prévient-il.

    Même en cas de paix en Ukraine, Emmanuel Macron met en garde face aux ambitions de la Russie. « C’est devenu durablement une puissance de déstabilisation et une menace potentielle pour beaucoup d’entre nous », pointe le président de la République.

    « Un pays qui investit 40% de son budget dans de tels équipements, qui a mobilisé une armée de plus d’1,3 million d’hommes, ne reviendra pas à un état de pays et un système démocratique ouvert du jour au lendemain. Ne soyons pas naïfs. Y compris pour sa propre survie, il a besoin de continuer de manger. C’est un prédateur, un ogre à nos portes. »

    Emmanuel Macron, après la réunion à Washington D.C

    Du coté de Kiev

    Évidemment, les regards des Ukrainiens étaient tournés vers Washington lundi soir. Parmi eux, notre compatriote David Franck, président du conseil consulaire des Français de l’étranger. Lors de notre entretien avec lui, nous avons pu constatait, comme la grande majorité des Ukrainiens, qu’il était soulagé sur le sujet du partage de l’Ukraine. Les premiers échos de la capitale américaine laissaient sous-entendre que « pour les territoires, il est possible qu’ils s’en tiennent à la ligne de front. »

    Autre point qui a rassuré le premier des Français installés en Ukraine est que « les garanties de sécurité seraient un contrôle aérien des USA avec les Européens, et au sol par la coalition des volontaires. »

    Mais déjà dans la capitale ukrainienne, on pense à l’après-guerre comme nous le révélait David Franck ce matin : « Il est fort à parier que des élections en Ukraine vont suivre, en cas d’accord de paix.  A voir si Zelensky se présentera… »

    En conclusion, « les choses avancent vers une cessation des hostilités, mais restons prudents » comme nous le disait notre compatriote.

  • La zone euro : une rentière ?

    La zone euro : une rentière ?

    La zone euro se caractérise par l’abondance de son épargne, conséquence d’un faible niveau d’investissement. Cette situation n’est pas sans lien avec le fait qu’elle est l’un des marchés où le capital rapporte le moins. Ce double constat pose une question cruciale : l’Europe doit-elle employer ses ressources pour financer sa propre renaissance technologique, et donc économique, ou accepter de devenir une rentière vivant des revenus produits ailleurs ?

    Le taux d’épargne brute des ménages de la zone euro dépasse régulièrement 15 % du revenu disponible depuis 2020, contre seulement 5 à 8 % aux États-Unis. Ce différentiel, qui ne s’est jamais inversé depuis quinze ans, traduit un comportement de précaution mais aussi un manque d’appétence pour l’investissement productif au sein de la zone. Par ailleurs, les ménages ont tendance à freiner autant que possible leur consommation.

    Cette préférence marquée pour l’épargne se traduit par une balance courante de la zone euro largement excédentaire, entre 2 et 3,5 % du PIB depuis 2013. Autrement dit, chaque année, l’Europe exporte du capital net vers le reste du monde – et notamment vers les États-Unis – alors même que ses besoins de modernisation sont élevés.

    L’investissement hors d’Europe est lié au faible rendement du capital sur le continent. La rentabilité des fonds propres (RoE) des entreprises européennes est systématiquement inférieure de 3 à 5 points à celle des entreprises américaines. En 2024, le RoE américain atteignait environ 15 %, quand la zone euro plafonnait à 10 %.

    Contrairement aux États-Unis, la productivité par heure travaillée progresse faiblement en Europe depuis vingt ans. Depuis 2010, aux États-Unis, la productivité a augmenté de 25 % quand les salaires réels ont progressé de 15 %. Dans la zone euro, les ratios respectifs sont de 10 % à 12 % chacun. De ce fait, en Europe, la part des profits dans la valeur ajoutée est bien plus faible qu’outre-Atlantique.

    La faible rentabilité des entreprises européennes s’explique également par la faiblesse de la recherche et développement. Elles n’y consacrent qu’environ 1,5 % du PIB, contre 2,5 % aux États-Unis. L’investissement dans les technologies de l’information et de la communication représente 2,7 % du PIB dans la zone euro contre près de 4 % outre-Atlantique. Ces écarts, répétés année après année, produisent un déficit d’innovation, de robotisation et de modernisation industrielle, qui alimente le cercle vicieux d’une rentabilité moindre.

    Le taux d'épargne des ménages a progressé dans l'ensemble des pays de la zone euro ©Adobestock
    Le taux d’épargne des ménages a progressé dans l’ensemble des pays de la zone euro ©Adobestock

    L’Europe à la croisée des chemins

    L’Europe a le choix entre deux voies. La première s’inscrit dans le prolongement du rapport Draghi de 2024 qui fait le pari d’un rattrapage. Celui-ci supposerait une utilisation domestique de l’épargne afin de financer un surcroît d’investissement de 4,5 points de PIB, soit près de 900 milliards d’euros par an. Pourraient ainsi être financés la transition énergétique, le numérique, la défense et les innovations de rupture. Cela suppose de réorienter au moins 400 milliards d’euros que les Européens placent chaque année aux États-Unis, soit la moitié du supplément d’investissement visé. Cette réorientation nécessite une augmentation de l’attractivité des marchés européens (Union de l’épargne et de l’investissement).

    Toujours dans la logique du rattrapage économique, l’Europe devra remédier à la faiblesse du niveau de formation des actifs. Elle devra également réduire les lourdeurs bureaucratiques qui pénalisent la créativité. En France et en Allemagne, une maîtrise des coûts salariaux est aussi indispensable.

    L’autre voie est celle de la poursuite du déclin, la stratégie de résignation. Elle consiste à admettre que l’Europe ne rivalisera pas sur la rentabilité du capital et à continuer d’investir massivement à l’étranger. Les revenus tirés de ces placements serviraient à financer la protection sociale – notamment les retraites – comme le fait le Japon. Dans ce pays, l’excédent courant dépasse 3 % du PIB, alors que la balance commerciale des biens et services est proche de zéro. Le pays vit en partie de ses dividendes et intérêts étrangers. Il est devenu un rentier vivant sur son capital. À court terme, cette seconde voie garantit des revenus élevés pour l’épargne et peut stabiliser les comptes sociaux sans réforme structurelle douloureuse. Cette solution risque néanmoins, si elle était choisie par les Européens, de les enfermer dans une dépendance aux marchés étrangers et particulièrement américains. Elle entérinerait le décrochage industriel et technologique européen. Dans un contexte de révolution de l’IA, de reconfiguration énergétique et de fragmentation géoéconomique, ce choix pourrait marginaliser durablement le continent.

    L’Europe peut donc soit devenir un rentier mondial, comme le Japon, et utiliser ses excédents pour financer ses retraites, soit investir massivement, au prix d’un effort collectif, d’une baisse relative de la consommation et d’une refonte de ses structures productives.

  • Genève, Traité mondial sur le plastique : « échec cuisant »

    Genève, Traité mondial sur le plastique : « échec cuisant »

    Alors que la production mondiale de plastique devrait tripler d’ici 2060, la perspective d’un accord a été compromise par les pays opposés à des restrictions sur la production, notamment les pays pétroliers, la Russie, l’Inde, les États-Unis et la Chine.

    « Malgré tous nos efforts, nous devons repartir les mains vides », a reconnu vendredi 15 août un représentant de la petite nation insulaire de Tuvalu, à l’issue d’un marathon de négociations effréné de 24 heures qui s’est soldé par l’échec des pourparlers.

    Un représentant de l’Afrique du Sud a déclaré que « les positions restent très éloignées », trop éloignées pour parvenir à un quelconque traité.

    Échec d’année en année

    En 2024, une première série de négociations sur un traité mondial sur les plastiques s’était également soldée par un échec à Busan, en Corée du Sud.

    Outre le plafonnement de la production, le financement des pays en développement s’est avéré le sujet le plus controversé lors des longues négociations en Suisse, qui se sont soldées par ce que le Centre pour le droit international de l’environnement (CIEL), observateur des négociations, a qualifié d’« échec cuisant ».Le processus, qui repose sur le consensus, est « fondamentalement brisé », a ajouté le groupe.

    Des délégués lors des négociations pour un traité mondial contre la pollution plastique, tard dans la soirée du 14 août 2025, au siège genevois des Nations Unis, en Suisse. © Fabrice Coffrini, AFP
    Des délégués lors des négociations pour un traité mondial contre la pollution plastique, tard dans la soirée du 14 août 2025, au siège genevois des Nations Unis, en Suisse. © Fabrice Coffrini, AFP

    Agnes Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, s’est dite « déçue » et « en colère ».

    « Une poignée de pays, guidés par des intérêts financiers de court terme et non par la santé de leurs populations et la durabilité de leur économie, ont bloqué l’adoption d’un traité ambitieux contre la pollution plastique »

    Agnes Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique.

    Les efforts visant à élaborer un traité mondial sur les plastiques vont repartir de zéro après ce nouvel échec, le prochain cycle de négociations devant débuter sur la base du texte rejeté en Corée du Sud l’année dernière. Les révisions apportées au texte en Suisse seront tout simplement abandonnées. Le calendrier du prochain cycle de négociations n’a pas encore été fixé.

  • Martha Peciña, une candidature de rupture pour unir la gauche dans la 5e circonscription

    Martha Peciña, une candidature de rupture pour unir la gauche dans la 5e circonscription

    Alors que les Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco s’apprêtent à retourner aux urnes pour élire un ou une nouvelle députée, Martha Peciña présente une candidature de rupture pour unir la gauche dans la 5e circonscription des Français de l’étranger. Investie par La France insoumise, elle mise sur un programme social, mais surtout sur une stratégie d’alliance pour faire barrage à la droite et à l’extrême droite.

    Écouter le podcast avec Martha Peciña.

    Martha Peciña : une trajectoire à l’étranger

    Née d’une mère française et d’un père basque-espagnol, Martha Peciña a un parcours aussi international que militant. Après un master en histoire axé sur les inégalités sociales en Amérique latine, elle passe plus de dix ans aux États-Unis, d’abord comme journaliste, puis au sein du consulat général de France à New York. Une expérience qui forge son engagement : « J’ai pu identifier, me familiariser avec les enjeux et les problématiques des Françaises et des Français de l’étranger ».

    Martha Peciña, candidate LFI, soutenue par les Écologistes, 5e circonscription des Français établis hors de France.
    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France.

    À Bilbao depuis 2021, elle dirige une entreprise de conseil en égalité professionnelle et prévention des violences sexistes et sexuelles. Ce fil rouge de la justice sociale traverse son engagement politique, notamment comme ancienne représentante du personnel : « J’ai constaté les conséquences dramatiques des coupes budgétaires sur les agents du ministère des Affaires étrangères et évidemment sur l’impact sur les usagers ».

    L’union comme impératif

    C’est en 2022, à l’occasion de la présidentielle et des législatives, qu’elle s’engage pleinement pour La France insoumise (LFI), séduite par le projet de la NUPES. « L’union, c’était la seule façon de pouvoir gagner une élection », affirme-t-elle. Aujourd’hui, elle se revendique comme la candidate du collectif Agissons Ensemble, rassemblant des militants de diverses sensibilités politiques, parfois non encartés.

    « J’ai constaté les conséquences dramatiques des coupes budgétaires sur les agents du ministère des Affaires étrangères »

    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Mais l’unité n’est pas encore une réalité. En effet, le PS et le PRG appellent à une candidature d’union, mais sans rallier Martha Peciña, pour l’instant. Si cela devait déboucher sur une autre candidature à gauche, pour notre invitée, ce serait une faute politique : « Le risque d’un deuxième tour avec la droite et le Rassemblement national, il existe en cas de désunion de la gauche ».

    Martha Peciña et les militants
    Martha Peciña et les militants

    Malgré tout, localement, elle assure que les ponts ne sont pas rompus : « On a une bonne entente avec les différents partis de la gauche française, de LFI à Place publique », dit-elle, citant les précédentes candidatures unifiées dans la circonscription.

    Une députée LFI… mais de rassemblement

    Si elle est élue, Martha Peciña siégera dans le groupe LFI à l’Assemblée nationale. Mais elle promet de garder à l’esprit l’équilibre de la coalition. « Ce qui nous rassemble est plus important que les désaccords », martèle-t-elle, notamment sur les sujets économiques et sociaux, qui restent selon elle la priorité.

    « L’union, c’était la seule façon de pouvoir gagner une élection »

    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Sur la loi budgétaire à venir, sa position est claire : « Je vais voter la censure de cette proposition d’austérité. Le gouvernement Bayrou propose de supprimer deux jours fériés et une nouvelle réforme de l’assurance chômage ». Une politique qu’elle dénonce comme étant la suite logique des « cadeaux fiscaux faits aux plus riches », notamment via la suppression de l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune).

    « Je vais voter la censure de cette proposition d’austérité »

    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Interrogée sur la possibilité que cette censure soit votée aussi par le RN, elle refuse l’argument du piège. « Je ne sais pas ce que fera le Rassemblement National… Mais le RN n’a pas censuré le gouvernement Bayrou la première fois », renvoyant la balle à Renaissance et LR qui, selon elle, n’hésitent pas à voter avec l’extrême droite « sans que cela ne soit souligné par la presse ».

    Les priorités pour la circonscription

    Pour les Français de la cinquième circonscription, Martha Peciña revendique un ancrage concret. Trois mesures phares sont au cœur de sa campagne. D’abord, « rétablir des fonctions administratives aux consulats de Bilbao et de Séville », aujourd’hui limités à l’influence culturelle. Elle souhaite aussi « en finir avec les fermetures successives des instituts français », citant ceux de Valence, Séville et Porto.

    « Je me rendrai à Madrid, Barcelone, Lisbonne, Valence… L’idée, c’est vraiment de parcourir la circonscription »

    Martha Peciña, candidate LFI, 5e circonscription des Français établis hors de France

    Deuxième pilier : la réforme des aides à la scolarité. Elle propose de « revoir le calendrier des commissions et les critères d’attribution » des bourses scolaires, notamment pour les familles monoparentales ou en garde partagée. Enfin, elle appelle à « l’amélioration des échanges d’informations administratives au sein de l’Union européenne », notamment pour l’homologation des diplômes, les retraites et la sécurité sociale.

    Une campagne d’été, une candidate de terrain

    Malgré une campagne estivale difficile à animer, Martha Peciña prévoit de sillonner la circonscription. « Je me rendrai à Madrid, Barcelone, Lisbonne, Valence… L’idée, c’est vraiment de parcourir la circonscription », dit-elle.

    À notre micro, elle annonce également un rassemblement le 10 septembre à Madrid contre le gouvernement Bayrou, et appelle à « organiser un débat avec l’ensemble des candidats et candidates », pour permettre un vote éclairé.

    Une candidature qui veut rassembler, pas diviser

    Pas de grand parrainage pour Martha Peciña, mais une équipe mobilisée. « Moi, je n’ai pas de parrain, mais j’ai quelque chose de bien plus précieux : un collectif », affirme-t-elle. Un collectif hétéroclite, des enseignants aux retraités, en passant par les étudiants, entrepreneurs ou militants associatifs. Pour elle, la victoire de la gauche passe par là : « On est unis, et c’est ça qui fait notre force ».

    Le premier tour aura lieu le 28 septembre. Vote par Internet ouvert du 19 au 24. Reste à savoir si l’appel à l’unité sera entendu.

  • Jean-Louis Mainguy : Un homme de foi et d’arts au service des Français de l’étranger 

    Jean-Louis Mainguy : Un homme de foi et d’arts au service des Français de l’étranger 

    Architecte d’intérieur à la renommée internationale, Jean-Louis Mainguy, Franco-Libanais né à Beyrouth le 11 octobre 1953, nous a quitté ce 15 août 2025. Depuis, les témoignages se succèdent sur les réseaux sociaux pour rendre hommage à ce Français de l’étranger tant impliqué dans la vie de ses compatriotes expatriés. 

    Au service des Français de l’étranger

    Jusqu’au dernier jour, Jean-Louis Mainguy fut président d’honneur de l’Union des Français de l’étranger du Liban (UFE), une association à laquelle il s’est voué corps et âme en tant que président de 2004 à 2015 pour rassembler la communauté française installée au pays du Cèdre. Il était aussi vice-président de l’Union des Français de l’étranger Monde (France).

    Dans un communiqué, l’UFE a salué la mémoire d’un « président exceptionnel, visionnaire, innovateur, généreux et humain », qui a marqué « le paysage français et franco-libanais de son empreinte unique (…) Son souvenir demeurera à jamais dans nos cœurs ».

    L’engagement de Jean-Louis Mainguy se prolongea aussi sur le champ politique comme élu des Français du Liban puis de la région en siégeant à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) de 2006 à 2021. Des mandats au cours desquels « ses interventions étaient expertes et utiles en particulier sur les enjeux liés à la sécurité des Français établis à l’étranger, fort de son expérience auprès des Français du Liban » comme le souligne Ronan Le Gleut, sénateur des Français de l’étranger dans une publication Facebook.

    Lors de la session plénière de l'assemblée desFrançais de l'étranger qui s'est tenue en visioconférence du 8 au 12 mars 2021 au ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
    Lors de la session plénière de l’assemblée desFrançais de l’étranger qui s’est tenue en visioconférence du 8 au 12 mars 2021 au ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

    En tant qu’administrateur de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE), « il a œuvré avec détermination en faveur de l’action sociale et de la solidarité » selon Olivier Cadic, sénateur des Français de l’étranger. Un point que les élus de droite comme de gauche ont salué à l’instar de Karim Ben Cheikh qui dans un texte hommage raconte leur dernière rencontre.

    « Il y a de cela trois semaines au Liban, nous avions une nouvelle fois parlé de l’avenir de la CFE dans le contexte actuel. Il savait mieux que quiconque à quel point la CFE est un pilier majeur de toute politique de protection sociale pour les Français de l’étranger. »

    Karim Ben Cheikh, député des Français de l’étranger d’Afrique du Nord et de l’Ouest.

    Mais Jean-Louis Mainguy eut également exercé des responsabilités académiques à l’Académie libanaise des beaux-arts (Alba, 2015-2018) et s’est investi dans plusieurs institutions culturelles et patrimoniales libanaises. Car Jean-Louis Mainguy est un homme à multiples facettes.

    Chevalier de Justice de Saint-Jean de Jérusalem

    Ainsi Jean-Louis Mainguy était également un homme de foi. En 2014, il décide d’entamer des vœux perpétuels dans l’Ordre de Malte, adoptant le titre de Frère (Fra’) JeanLouis Mainguy, conjuguant ainsi spiritualité et création, avec ce retour à l’essentiel, aux sources. Il était décoré Chevalier de Justice en vœux perpétuels de l’Ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte en tant que moine religieux de l’Ordre depuis 2011.

    Annonce du décès par l’Ordre de Malte Liban ©Ordre de Malte Liban
    LOrdre de Malte Liban

    « Hier soir, notre Ordre a perdu un de ses membres les plus chers : Fra’ Jean-Louis Mainguy. Pilier de foi, d’engagement et d’élégance spirituelle, il a guidé notre association avec humilité. Architecte de renom, il a choisi de mettre ses talents au service du Seigneur et de notre mission. Fra’ Jean-Louis fut le seul Chevalier Profès de Vœux Solennels au Moyen-Orient depuis neuf siècles, portant avec dignité l’héritage spirituel de notre Ordre dans la région. Ces derniers mois, il a affronté la maladie avec la même discrétion et humilité qui ont marqué toute sa vie. »

    Annonce du décès de Jean-Louis Mainguy par l’Ordre de Malte

    Ce fut une autre manière pour Fra’ Jean-Louis Mainguy de continuer d’aider son prochain, une mission d’ailleurs à laquelle il a consacré sa vie dans chaque rôle joué avec amour et partage. Des valeurs qui l’ont aussi animé dans son parcours professionnel, car il avait une troisième corde à son arc : l’architecture d’intérieur. 

    Aménager les bâtiments prestigieux

    En tant qu’architecte d’intérieur, au Liban, il a notamment signé l’aménagement de bâtiments prestigieux. En 2021, Jean-Louis Mainguy a réalisé l’objet d’art Precious is Life, une boîte de soins en acier micro-sablé, en hommage aux victimes de la double explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020 et au patrimoine architectural perdu.

    Création de Jean-Louis Mainguy ©jlm-arch.com
    Création de Jean-Louis Mainguy ©jlm-arch.com

    Il est également le fondateur du cabinet Jean-Louis Mainguy Architecture Intérieure SAL, qu’il dirigea avec rigueur depuis 1980. Diplômé de l’Alba, il a aussi affiné son savoir-faire à l’Ensad à Paris, puis s’est spécialisé en scénographie pour le théâtre et le cinéma en Angleterre.

    Son champ d’action s’est aussi étendu sur tous les continents, notamment à des résidences, hôtels, restaurants et bureaux dans les pays du Golfe, aux États-Unis, en France, en Angleterre et en Espagne.

  • Le voleur et l’assassin

    Le voleur et l’assassin

    Ils sont les maîtres du monde. Du monde ancien. Nostalgie de la guerre froide, Lavrov est arrivé en Alaska avec un tee-shirt « CCCP ». Entre le voleur et l’assassin, l’assassin a pour lui le prestige du sang. Trump se couche, remercie Vladimir, une journaliste russe tente de se suicider en prison, les drones s’abattent sur des civils ukrainiens. Oublions les sentiments et la morale. Comment la première puissance mondiale, ancien phare de la démocratie, peut-elle offrir un sommet de prestige à une dictature appauvrie, une armée poussive, un allié de la Chine et l’Iran ? Euphorie du pouvoir, celle de diriger le monde comme le faisaient les superpuissances. Ce vieux monde, glaçant, va fondre.

    Jamais si peu d’individus n’ont concentré autant de pouvoir sur un si grand nombre d’hommes.

    Avec un système d’information ouvert, des sociétés complexes, des interconnexions permanentes, comment le système de pouvoir reste-il à ce point archaïque ? Jamais si peu d’individus n’ont concentré autant de pouvoir sur un si grand nombre d’hommes.

    Poutine et Trump représentent la caricature du système d’État. L’un et l’autre ont construit leur carrière sur la prédation. Trump était en cheville avec les mafias américaines et russes, à New York et Atlantic City; il continue à mêler présidence et affairisme. Poutine a bâti son ascension avec la mafia de Saint-Pétersbourg, avec le chantage, la corruption, les assassinats.

    Le principe est la capture des flux monétaires. Pour les voyous cela s’appelle le racket. Pour un État, le principe est le même. Une douane, un péage, capte une partie d’un flux. Un État est un système pyramidal. Il existe par la force à l’intérieur, voire à l’extérieur. La rencontre Trump-Poutine établit la complicité de deux systèmes assis sur des certitudes, celles du rapport de force, celles de territoires. Dans la tête des deux dirigeants s’impriment des cartes plus que des populations. Peu importe que la Crimée coûte plus cher qu’elle ne rapporte, que le Donbass soit un champ de ruine, qu’il est plus simple d’acheter des minerais que d’annexer le Groenland, le raisonnement se veut bâti sur le sol, du dur. Parce que l’État est conçu comme une construction :« un territoire, une population, sur lesquels s’exerce le monopole de la force ». La contrainte peut être limitée par le droit ou arbitraire. Poutine et Trump s’admirent parce qu’ils s’affranchissent du droit. Ils se renforcent l’un l’autre. Ils peuvent réussir, un temps.

    Le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue américain, Donald Trump, le 15 août 2025 en Alaska. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
    Le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue américain, Donald Trump, le 15 août 2025 en Alaska. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

    Le principe est la capture des flux monétaires. Pour les voyous cela s’appelle le racket. Pour un État, le principe est le même.

    Poutine a mis l’économie russe aux ordres. Dans un premier temps elle fut distribuée entre affidés, les oligarques. Le Kremlin a éliminé ceux qui ne lui baisaient pas la main. Avec l’invasion de l’Ukraine, les chutes d’oligarques se sont accélérées. Une opposition aurait pu naître d’élites économiques. Mais une dictature se justifie dans la guerre. Désormais, l’économie russe est une économie militaire, avec l’omniprésence de l’armée et de la corruption. L’État russe est redevenu « dirigiste ».

    Trump, d’une autre façon, agit de même. La restauration de droits de douane symbolise l’État racketteur. Le contribuable américain paie. Trump rackette aussi les entreprises. Après avoir interdit la vente de puces d’NVIDIA à la Chine, il l’autorise moyennant 15% sur les ventes, une taxe à l’exportation ! Les menaces de Trump contre le Président de la Réserve fédérale ou les chefs d’entreprise traduisent sa volonté de diktat économique.

    Illustration ©Nvidia
    Illustration ©Nvidia

    À se demander si le dirigisme économique, ce protectionnisme, le cynisme de la guerre, le mépris du droit international ne marquent pas la revanche de l’étatisme. Les grands de ce monde, bel ensemble d’assassins et voleurs, sont d’accord pour renforcer leur pouvoir, leurs prébendes, leurs faveurs, sous prétexte de « souverainisme », cache sexe national du « contrôle ». Pourquoi mettre à prix la tête de Maduro 50 millions de dollars quand on a Poutine ou Ben Salmane sous la main ? Le patron mexicain des « Cartels unis » n’en vaut que 10. Les Européens apparaissent comme des niais et des naïfs, à tondre.

    Les deux compères se sont mis d’accord pour que « les Européens comprennent », ne se mettent pas en travers de « la paix ».

    En Alaska, les deux compères se sont mis d’accord pour que « les Européens comprennent », ne se mettent pas en travers de « la paix ». Russie et États-Unis sont complices pour détruire l’Union Européenne. L’Ukraine en est le moyen. La plupart des Européens l’ont compris. Quelques-uns, les demis habiles, jouent les idiots utiles.

    Les systèmes de pouvoir classiques reposent sur la force d’un côté, la captation de richesses de l’autre. Du sommet de la pyramide, les États rayonnent, rançonnent. L’économie, instable par nature, déteste les stocks, n’est qu’échange, mouvement, flux. Une économie dirigiste est forcément aveugle, elle ignore l’imprévu, le changement. Un plan qui ne peut être modifié ne peut pas être un bon plan. L’État forme barrage sur tout mouvement. La force, celle de l’État chinois ou du seigneur de guerre soudanais, permet le racket, légal ou non. On peut toujours négocier avec plus fort ou plus faible que soi si on peut partager un gain. En aucun cas le droit ne doit surgir comme moyen d’arbitrage

    Les deux dirigeants près du podium « Alaska 2025 ». ©AFP/Getty/Andrew Harnik/Andrew Caballero-Reynolds
    Les deux dirigeants près du podium « Alaska 2025 ». ©AFP/Getty/Andrew Harnik/Andrew Caballero-Reynolds

    L’Europe représente une proie riche et faible, qui peut être rançonnée, surtout si elle est divisée. La Russie agite sa menace, l’Amérique sa protection, payante. Elle forme aussi cet Objet Politique Non Identifié, alliance fondée sur le droit, une ineptie, dangereuse par nature. L’Union Européenne n’est qu’un enchevêtrement de traités, Russie et États-Unis s’assoient sur les traités, de l’OSCE au Mémorandum de Varsovie. Ils renieront demain tout accord signé par eux. Trump pousse le cynisme à proposer à l’Ukraine une garantie similaire à celle de l’article 5 de l’Otan. Mais il a douté de la validité de l’article 5 ! Mais les États-Unis ont déjà garanti les frontières de l’Ukraine, comme la Russie !

    L’économie, la nouvelle, a besoin de droit. De droit international, supranational, extra-national.

    C’est là que le bât blesse. D’une part, les Européens ne sont pas désunis. Ils sont renforcés par le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée, et bien d’autres qui craignent les états voyous, surtout s’ils sont forts. Ensuite la structure du pouvoir pyramidal se fissure. L’économie, la nouvelle, a besoin de droit. De droit international, supranational, extra-national.

    Qu’est-ce qu’un bras de fer avec la Chine si la Chine menace de suspendre elle aussi des ventes de minéraux rares ? Qui peut gagner la guerre hybride, la guerre informationnelle, quand tout le monde voit les menteurs mentir en direct, c’est-à-dire se ridiculiser ? Qu’est-ce qu’un État quand il dépend de sa dette, de ses créanciers, de ses fournisseurs, de ses clients, des connexions internet, des réseaux ? Qu’est-ce qu’un territoire quand la richesse est immatérielle et se déplace à volonté ? Les flux débordent. Le mouvement l’emporte. Ni Trump ni Poutine, ni Xi Jinping ne peuvent maîtriser le monde. Ils peuvent voler, tuer, rendre le monde plus dangereux, ils ne peuvent pas contrarier trop longtemps sa marche. À une condition, évidemment, c’est qu’on n’obéisse pas à leurs oukases.

    La paix en Ukraine sera la paix quand la frontière se traversera librement par les Ukrainiens et les Russes, comme entre la France et l’Allemagne.

    La paix en Ukraine, comme ailleurs, sera la paix quand la frontière se traversera librement par les Ukrainiens et les Russes, comme entre la France et l’Allemagne. Il ne faudrait pas demander de sécuriser la frontière, il faudrait demander une frontière ouverte, démilitarisée sur cent kilomètres. Alors on verrait les Russes choisir leur régime. Aucun régime policier ne supporte une frontière ouverte. C’est la vraie cause de la guerre : un virus libéral gagnait l’Ukraine, il risquait d’envahir la Russie. Un jour, il le fera. En espérant que la démocratie ne choisisse ni assassin, ni voleur. Dans une démocratie, parfois, ils vont en prison, ou du moins on les change.

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