Programme Erasmus+ : la France en tête de la mobilité étudiante

Programme Erasmus+ : la France en tête de la mobilité étudiante

La Commission européenne doit annoncer ce vendredi (11 décembre) l’enveloppe accordée au programme Erasmus+ pour la période 2021-27, une enveloppe en nette augmentation par rapport à la période précédente grâce à la mobilisation des Eurodéputés. A cette occasion, l’Agence Erasmus+ France dresse un premier état des lieux.

C’est un bilan très positif : le nombre d’étudiants participant au programme Erasmus+ a augmenté de 21% entre 2015 et 2019, jusqu’à 34 % pour les seuls apprenants en formation professionnelle. Cela signifie que près d’un étudiant français sur deux quittant l’Hexagone pour poursuivre ses études à l’étranger bénéficie d’un financement Erasmus+, faisant ainsi de la France le premier pays européen en termes d’apprenants participant à ce programme.

De fait, les chiffres publiés par l’Agence Erasmus+ France montre qu’entre 2014 et 2020, avec un budget national de 1,2 milliard d’euros, Erasmus+ représentait 597 000 mobilités en France. Le programme phare de l’Union européenne aura également permis de financer les projets européens de 5 000 établissements et organismes de formation en France.

Lancé en 2014, le programme Erasmus+ regroupe les différents dispositifs de l’Union européenne en faveur de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et des sports. Le 10 novembre dernier, après d’âpres négociations, les Eurodéputés et la présidence allemande du Conseil des ministres de l’Union européenne sont arrivés à un accord sur le budget européen, dans lequel le programme Erasmus+ figure parmi les grands gagnants.

En Europe, le premier volet du programme « a dépassé son objectif qui était de soutenir 4 millions de mobilités d’apprentissage », affirme un membre de la Commission européenneFort de ce succès, l’objectif de la prochaine période qui s’étend entre 2021 et 2027 a été revu à la hausse : il doit permettre la mobilité à près de 12 millions de personnes en Europe, soit autant que pendant les trente premières années du programme (1987-2007).

S’ouvrir aux jeunes des classes populaires

Ce succès auprès des jeunes Français s’explique par l’amélioration de leurs compétences professionnelles qu’offre le programme européen. Ainsi, l’Observatoire Erasmus+ montre que 86 % d’entre eux estiment avoir développé leur autonomie et leurs compétences linguistiques grâce au programme quand 93 % déclare qu’il a contribué à améliorer leurs capacités d’adaptation.

Par ailleurs, une priorité du programme Erasmus+ est de bénéficier aux « publics fragiles » ou éloignés des opportunités. Actuellement, d’après les données de l’Agence Erasmus+ France, 38 % des apprenants sont des jeunes issus des classes populaires, et jusqu’à 60 % chez les apprenants en formation professionnelle. Comme le confirme la dernière étude de l’Observatoire Erasmus+, « l’accès à une bourse Erasmus+ est une condition sine qua none pour ces publics, dont une minorité seulement reçoit une aide financière des parents« .

Un programme plus inclusif, plus vert et plus axé sur le numérique

« Le programme Erasmus+ doit permettre aux citoyens européens de gagner en compétences, d’accéder à un marché de l’emploi tendu par la crise sanitaire et de favoriser la cohésion sociale en Europe« , explique Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus+ France Education et Formation. Côté français, « nous voulons mettre en oeuvre un programme Erasmus+ encore plus ouvert, plus responsable et plus ambitieux. »

Avec, à la clé, la possibilité pour les élèves de l’enseignement secondaire de partir en mobilité individuelle et l’option de partir hors Europe pour les apprenants de la formation professionnelle – comme c’est déjà le cas depuis 2015 pour les étudiants de l’enseignement supérieur.

Les ambitions européennes pour le programme comprennent également une modernisation des systèmes éducatifs et la structuration d’un espace européen de l’éducation d’ici 2025. Les 41 alliances Universités européennes, représentant 294 établissements européens d’enseignement supérieur et 7 millions d’étudiants, doivent ainsi être développées. La simplification des procédures administratives constitue un autre enjeu pour le programme Erasmus+ : Elle doit « faciliter l’accès au programme pour les petites structures et les personnes les moins favorisées » au dispositif, selon Laure Coudret-Laut.

Fort des enseignements de la crise sanitaire, le programme verra par ailleurs le renforcement de sa « mobilité hybride« , un mélange de mobilité physique et d’activités virtuelles.

Enfin, le « Green Erasmus+ » constitue un objectif phare pour le programme après 2020. D’un côté, seront favorisé les « projets qui répondent aux enjeux environnementaux, forment les jeunes générations au développement durable ou contribuent à sensibiliser les citoyens à la transition écologique« , selon l’Agence Erasmus+ France. De l’autre, seront soutenus les modes de transport plus respectueux de l’environnement à travers, notamment, une prise en charge des frais supplémentaires liés aux transports peu émissifs de gaz à effet de serre.

Grâce au nouveau budget pour la période 2021-27, « nous pourrons réussir les transitions écologique et numérique engagées pour inclure tous les publics et ne laisser personne sur le côté du chemin« , estime Laure Coudret-Laut.

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