Les dernières informations disponibles sur le site web de l’Alliance montrent que les 31 pays membres de l’OTAN — sans compter l’Islande qui ne dispose pas d’armée — atteindront l’objectif de 2 % du PIB national consacré à la défense en 2025.
Toutefois, cet objectif fixé en 2014 a récemment été relevé sous les pressions américaines et porté à 3,5 % (pour les dépenses strictement militaires). Et seuls trois pays sont en passe d’atteindre ce nouvel objectif.
En effet, lors de leur sommet de juin dernier, les pays de l’OTAN ont convenu d’augmenter leurs dépenses de défense et de porter l’objectif à 3,5 % du PIB d’ici 2035. Ce chiffre englobe les achats, les salaires du personnel et les coûts opérationnels. Les Alliés ont en outre convenu d’un objectif additionnel de 1,5 % du PIB pour les dépenses liées à la défense au sens large, telles que l’aide à l’Ukraine, la cybersécurité et la rénovation des infrastructures de transport.
Selon les données de l’OTAN, la Pologne, la Lituanie et la Lettonie sont les trois pays en passe de consacrer 3,5 % ou plus à leurs dépenses de défense de base. Ces pays sont directement limitrophes de la Russie ou de la Biélorussie et sont susceptibles d’être en première ligne dans le cadre d’un éventuel conflit avec la Russie.
Quatre autres pays devraient consacrer plus de 3 % de leur PIB à la défense : l’Estonie, la Norvège, les États-Unis et le Danemark.
Les États-Unis, qui disposent de la plus grande armée de l’Alliance, ne dépenseront pas suffisamment pour la défense cette année. Les données montrent qu’ils dépensent 3,22 % seulement.
Et la plupart des pays de l’OTAN atteignent à peine le seuil de 2 %, 17 gouvernements consacrant entre 2 et 2,06 % de leur PIB national à ce poste de dépense.
« Bloquons tout !», un cri du cœur, de colère ! D’espoir ? La toile s’embrase, les robots algorithmiques dupliquent, suppliquent, multipliquent (Quand le sens des mots est perverti, en inventer). 63% des Français adhérent à « Gilets jaunes II, le retour ». « Bloquons tout », mouvement spontané de la toile, répond au plan d’austérité de 43 milliards d’« économies » proposé par Bayrou. Courageux, ce dernier en conclut qu’il vaut mieux se faire éjecter. Le dégagisme s’étend. Qui ne saute pas n’est pas français. Cinq Premier ministre en deux ans. Les humeurs de l’Assemblée reflètent les votes des Français, chacun suivant sa voie, sa tribu, son dada. Colère et scandale guident nos pas. L’indignation sert de boussole morale. Un doute : et si chacun, suivant sa pente, en oubliait l’ensemble ? Tout bloquer ? Quelle drôle d’idée dans un pays bloqué. Au contraire, débloquons tout.
Le risque de la dette est exagéré, c’est vrai. La France ne va pas vers une crise à la grecque, plutôt vers un déclin à la turque. Avec le manque de sérieux politique et budgétaire, les taux d’intérêt montent. Rien de grave, seulement des investissements publics et privés en moins… Mieux vaut payer les investisseurs institutionnels, les zinzins, que les médecins ? Le premier poste du budget sera la dette, plus que l’éducation : Payer le passé plutôt que préparer l’avenir. Bloquons tout.
La France, il y a 30 ans, était la cinquième puissance économique. Elle est encore la septième. Pour la richesse par habitant, elle est 25ème, dépassée par tous ses voisins, sauf l’Espagne. Irlande, Italie, Royaume-Uni, Belgique, Suisse, Pays-Bas, Allemagne sont devant.
Le problème n’est pas l’endettement, c’est la création de richesse. Le problème n’est plus la création de richesse, c’est le changement de monde. Le « bloquons tout » du 10 septembre est le cri de peur de tous ceux qui ressassent les vieilles lunes du monde d’avant, les chevaliers du Puy du fou ou les révolutionnaires d’Octobre rouge sans voir que les uns et les autres étaient des soudards, non des héros. Ah, qu’il était tranquille le monde d’avant, celui du capitalisme et du communisme également méchants ! Selon Piketty et ses amis, le néolibéralisme français, avec ses 57 % de dépense publique et ses 47% de prélèvements obligatoires, règne.
Le monde impitoyable des grandes entreprises fait donc la loi : EDF, SNCF, Airbus, Stellantis, Renault, Engie, Vinci, Orange, Air France, Société générale, la majorité des vingt plus grandes entreprises françaises ont l’État pour actionnaire. Sans oublier Thales, Safran, La Poste, la BPI, La Caisse des Dépôts, le Zinzin de l’État.
40 milliards à trouver ? Vendez ! Ouvrez les yeux, regardez le monde.
40 milliards à trouver ? Vendez ! Ce n’est pas assez. Ouvrez les yeux, regardez le monde. Vous vous croyez pauvres alors que vous êtes riches, par rapport au passé. Vous vous croyez riches alors que vous êtes pauvre, par rapport au futur, par rapport à la vitesse à laquelle change le monde.La capitalisation de Nvidia atteint 4430 milliards. + 1000% en trois ans. Plus que toute la Bourse de Paris. Nvidia n’est pas seule : Microsoft, 3700 milliards, Apple 3150, Amazon, 2360, Alphabet 2150, Meta 1840, Tesla 957. Le champion français, Hermès, 257. Le nanisme nous guette. Le PIB de la Russie avoisine les 2100 milliards, celui de la France 2.900; puissances dépassées.
La France sera-t-elle noyée par la nouvelle économie ? Elle est au deuxième rang de l’OCDE pour l’investissement dans l’économie immatérielle (Recherche et développement, logiciels, datas, IA, propriété intellectuelle). Une croissance de 5% par an, record d’Europe. Mais toute l’Europe ne représente que la moitié des investissements américains. Le match mondial ne fait que commencer. D’où la pression de Trump, sur les terres rares chinoises, les puces de Taïwan, la législation européenne. Et son interventionnisme dans les entreprises de high-tech.
Comme la connaissance est la base de l’économie du nouveau monde, au même titre que l’étaient hier l’énergie ou la terre, la bataille des neurones est engagée. Savoir à quoi ils pourront servir face à l’IA. L’investissement, du Néolithique à la Renaissance, c’était la terre. Au 19ème, le pétrole. Au 21ème, « l’intelligence », celle des robots, des virus, des baleines, même celle des humains. Comment concevoir l’éducation ? Doit-elle rester nationale, elle qui ne l’est plus pour les élites ? Les pédagogues pensent que le temps scolaire est inadéquat. Que l’organisation de classes par âge est obsolète. Que la participation de parents est fondamentale. Personne, pour autant, n’ose de solution unique. Car la vraie solution est d’imaginer des écoles, des collèges, des universités nouvelles – différentes. Débloquer l’éducation ! Débloquer les cerveaux. La production d’idées, d’initiatives. Débloquer aussi les crèches, le logement, les transports. 20 mois pour construire la première ligne de métro en 1898, 20 ans pour le celle du Grand Paris.
Entre Nvidia, un capital de 4000 milliards, et l’État, budget de 400, déficit de 200 et dette de 3000 milliards, qui, dans dix ans, décidera de la façon de vivre ? L’école avec ou sans tablette ? «Sans », dit le chœur. Soulagement ! Ne vaudrait-il pas mieux une école qui apprend à se servir des tablettes, à s’en méfier, à en profiter ? Il fut un moment dans l’histoire où les sages interdisaient l’écriture. C’était la Gaule des druides. Balayée. Devenus esclaves. Combien de parents se passent des tablettes ? La Banque Mondiale, s’appuyant sur des expériences au Nigeria, au Ghana, au Pérou, montre qu’un programme avec des enseignants et permet, en six semaines, des progrès d’apprentissage d’environ 1,5 à 2 ans de scolarité classique.
L’éducation, nationale ou pas, se transformera. Comme le travail. Tout ce qui pourra être fait par des robots et l’IA sera fait par eux. Le travail humain se concentrera sur … l’humain, corps et psyché. Laisser surgir plus de possibilités, d’initiatives, c’est la solution vivante. Retraites, sécurité, énergie, santé, immigration, tous les systèmes ou presque seront testés, déjà chez nos voisins. Faut-il des hôpitaux privés ou publics, du nucléaire ou du solaire ? L’urbanisme, la solidarité, la gestion de l’eau, de l’énergie, les caisses de sécurité sociale, doivent-elles être nationales ou locales ? Avec les technologies nouvelles, beaucoup de ces questions ne se poseront plus. Starlink a rendu obsolète le grand débat d’hier du raccordement à la fibre.
La société d’abondance est possible. De façon plus solidaire, plus policée, plus intelligente en somme, qu’hier.
En Californie, la gauche démocrate accomplit sa mue. Au lieu de prôner l’abstinence écologique, la repentance morale, la punition normative, elle réfléchit au « siècle d’abondance ». Le peuple, les vraies gens, préfère avoir plus que moins. Or la société d’abondance est possible. De façon plus solidaire, plus policée, plus intelligente en somme, qu’hier.
En commençant par changer l’État. C’est-à-dire le lieu et le mode d’exercice du pouvoir. Diffuser le pouvoir au plus près du citoyen. Ou l’État change, ou il se délite. Le citoyen aussi. Aujourd’hui, il s’enferme dans sa catégorie, de statut ou de pensée. Qui regarde encore la société dans son ensemble, l’ensemble-monde? Qui peut croire qu’une forme politique ancienne persiste quand une société nouvelle émerge ?
Qui peut croire qu’une forme politique ancienne persiste quand une société nouvelle émerge ?
D’ici là, le chant du cygne des autocrates, des systèmes pyramidaux, les foucades d’egos frustrés, provoqueront des crises ; râles de convulsion de l’ancien monde. Monarques, partis, syndicats aimeraient que tout change pour que rien ne change. Le rapport de force, le grand soir, le retour au bon vieux temps. Mais ce n’est pas vrai. Tout change, vraiment. Pour accompagner le mouvement, laisser la place à l’incertitude, à l’humilité, à l’essai, l’imagination. Émergeront des solutions que personne n’avait envisagées, pour l’énergie, la dette, et même pour la démocratie. Plus une société est libre, plus elle offre de chances et de solutions. D’abord libérer la tête, le reste suivra. Faites sauter les verrous, débloquons tout !
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app de paiement des expatriés France Pay
Environ 150 000 Français sont affectés par leur employeur français en dehors de France. Que ce soit dans l’UE ou en dehors, ces travailleurs détachés y réalisent des missions d’une durée maximale de 24 mois dans une filiale locale de leur entreprise ou chez leur client. Les Français de l’étranger sous ce statut bénéficient d’une continuité de leurs prestations sociales. Si les modalités divergent selon qu’ils soient dans l’Union européenne ou non, le paiement des indemnités journalières lié à un arrêt maladie relève, toujours, du régime français.
A compter du 1ᵉʳ septembre, il sera obligatoire d’obtenir du médecin un formulaire sécurisé, sans celui-ci les Caisses ne reconnaitront pas l’arrêt maladie. On fait le point pour les expatriés détachés ou non (on ne sait jamais !).
Obligatoire depuis le 1ᵉʳ juillet 2025
Depuis le mois de septembre 2024, les professionnels de santé sont encouragés par l’Assurance maladie à utiliser un nouveau formulaire papier CERFA (AAT) sécurisé (papier spécial, étiquette holographique, encre magnétique, traits d’identification du prescripteur, etc.). Cette démarche est devenue obligatoire depuis le 1er juillet. Peu de médecins et encore moins de salarié étaient informés de cette disposition.
Surtout que jusqu’à présent, l’Assurance maladie les prenait en compte et procéder au versement des indemnités journalières. Mais à compter de ce lundi 1ᵉʳ septembre, tout formulaire d’arrêt de travail papier non sécurisé sera rejeté par l’Assurance maladie. Le document sera retourné au prescripteur pour qu’il réalise un avis d’arrêt de travail au bon format avec les sept points d’authentification.
Mais alors comment cela se passe-t-il quand c’est un médecin en dehors de France qui prescrit l’arrêt maladie ? Mais, est-ce que tous les travailleurs détachés sont éligibles au paiement des indemnités journalières ?
Une situation complexe pour les travailleurs détachés
On l’a vu, à partir du lundi 01 septembre, tous les arrêts maladie doivent, donc, obligatoirement être établis sur le nouveau formulaire Cerfa sécurisé. Ce document est fourni par l’Assurance maladie française. Mais si ce dernier est distribué aux médecins libéraux et hospitaliers en France, ce n’est évidemment pas le cas en dehors du territoire national. Et, malheureusement, le cas des travailleurs français détachés à l’étranger, qui relèvent toujours de l’assurance maladie française, n’a pas été anticipé. Peut-être parce que tous n’y ont pas le droit ?
Arrêt de travail établi à l’étranger et indemnisation du salarié détaché
Pour rappel, la prise en charge de la rémunération d’un salarié lors d’un arrêt maladie dans le secteur privé est répartie entre l’employeur et la sécurité sociale. Ainsi, le droit français prévoit que l’employeur est obligé de maintenir le versement du salaire pendant une durée de 30 à 90 jours, selon l’ancienneté du salarié et la durée de l’incapacité. Le maintien de salaire commence dès le 1er jour pour un accident ou maladie professionnelle, et à partir du 8e jour pour une autre cause, avec un délai de carence de 7 jours.
Mais il existe des conditions, en effet, légalement, le maintien de salaire par l’employeur est subordonné à plusieurs obligations :
Le salarié doit justifier d’une année d’ancienneté au premier jour de son absence,
Avoir transmis son certificat d’arrêt de travail dans un délai de 48 heures,
Être pris en charge par la sécurité sociale et être soigné en France ou dans un autre pays membre de l’UE ou de l’EEE ou en Suisse.
Ainsi, a priori, si le salarié est soigné dans un pays autre que la France ou un État membre de l’Union Européenne ou de l’EEE ou en Suisse, une des conditions pour avoir droit au maintien de salaire par son employeur ne sera pas remplie.
Concernant les indemnités journalières de la sécurité sociale, là encore il est nécessaire de distinguer le cas de l’arrêt maladie prescrit par un médecin dans un pays membre de l’UE ou de l’EEE ou de la Suisse et le cas de l’arrêt maladie prescrit par un médecin dans un pays hors UE.
En effet, le salarié à qui est prescrit un arrêt de travail lors d’un détachement dans un pays de l’UE, de l’EEE ou en Suisse peut, s’il remplit les conditions d’ouverture des droits, prétendre aux indemnités journalières de la sécurité sociale en application des règlements européens. A l’inverse, en cas d’arrêt de travail pendant une mission dans un pays en dehors de l’UE/EEE/Suisse, le salarié n’a en principe pas droit aux indemnités journalières. Attention toutefois, ce dernier pourrait les percevoir si une convention bilatérale en ce sens existe entre le pays en question et la France (40 pays sont concernés).
Mais pour ceux qui peuvent bénéficier, il faudra donc encore relever le défi de la reconnaissance de l’arrêt maladie.
Faire reconnaitre son arrêt maladie sans formulaire sécurisé
Comme le cas des travailleurs détachés, comme nous le disions plus haut, n’a pas été anticipé, il n’existe, donc, pas de procédure établie pour les Français de l’étranger dans cette situation. Ainsi, il faudra attendre qu’au fil des prochains mois qu’un processus émerge sur la base des cas rencontrés. Pour être clair, les délais pour percevoir les indemnités journalières vont s’allonger, au cours des prochains trimestres. Il faudra être patient et avoir anticipé en garnissant son compte épargne.
Tout le problème réside dans la capacité de vérification de la sincérité de l’arrêt maladie du travailleur détaché par la caisse d’Assurance maladie. À ce jour pour pallier au fait que le médecin étranger ne dispose pas des carnets de formulaires sécurisés français, l’Assurance maladie recommande de préparer un dossier complet comprenant :
Le contrat de travail ou l’avenant lié à la mission réalisée à l’étranger
Le dernier bulletin de salaire précisant une adresse hors de France et faisant apparaître les cotisations versées en France
Le certificat médical original accompagné d’une traduction assermentée
En sus, l’Assurance maladie peut exiger des justificatifs supplémentaires pour valider l’arrêt, surtout qu’il n’est pas établi sur le formulaire sécurisé français. Il est donc vivement conseillé de se rapprocher de sa caisse d’assurance maladie avant de transmettre l’arrêt pour éviter tout rejet.
L’astuce de la télémédecine
Nombreux furent les salariés qui ont profité de l’essor de la télémédecine en France et ailleurs pour contourner ces règles et simplifier leur prise en charge. Mais dans l’hexagone, la prescription à distance a entraîné de nombreux abus. En conséquence, les législateurs ont modifié les règles. Ces modifications prévues par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 afin de lutter contre la fraude aux arrêts maladie sont appliquées depuis mars 2025.
Ainsi, un médecin procédant à une téléconsultation ne peut plus prescrire un arrêt de travail pour une durée supérieure à 3 jours, ni prolonger un arrêt de travail en cours si cela conduit à augmenter sa durée totale à plus de 3 jours.
Cependant deux exceptions sont prévues à cette règle :
Lorsque l’arrêt de travail est prescrit ou renouvelé par le médecin traitant du salarié (ou la sage-femme référente de la salariée) ;
Si le salarié est dans l’impossibilité de consulter un professionnel de santé pour obtenir, en présentiel, une prolongation de son arrêt de travail.
Ainsi, les Français détachés en mission, sur des lieux isolés ou au faible maillage médical, peuvent continuer à utiliser les services de télémédecine et ainsi obtenir un arrêt maladie sécurisé et le transmettre sans difficulté. Trois points sont tout de même à vérifier :
Que le pays de détachement ait bien signé une convention avec la France.
S’assurer que la plateforme ne vous affecte pas un professionnel de santé qui exerce son activité à titre principal à l’étranger. Ces praticiens ne peuvent plus prescrire ni renouveler un arrêt de travail lors d’un acte de télémédecine, quelle que soit la durée de l’arrêt
Veiller à ne pas consulter une plateforme qui viserait à « fournir à titre principal, explicitement ou implicitement, des actes de télémédecine prescrivant ou renouvelant un arrêt de travail »
A retenir pour les Français de l’étranger détachés
En résumé, la prise en charge est variable et dépend de plusieurs facteurs :
De l’affiliation ou non à un régime de sécurité sociale reconnu du médecin prescripteur
Du pays où vous travaillez
Du pays où vous allez vous faire soigner
De la transmission du certificat médical original et traduit
De la coopération entre les caisses d’assurance maladie française et locale.
En conséquence, les experts conseillent en cas de maladie complexe ou à longue durée, de tout simplement rentrer en France (en veillant d’avoir l’accord de votre employeur afin d’éviter tout quiproquo amenant à un abandon de poste) et y obtenir une prescription d’arrêt de travail délivrée par un médecin affilié à la sécurité sociale française.
Alors que les Français de l’étranger s’apprêtent à élire un nouveau député dans la 5e circonscription (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco), suite à l’invalidation du mandat de Stéphane Vojetta par le Conseil Constitutionnel, les candidatures se multiplient. Parmi elles, celle de Guillaume Horn, représentant du Parti socialiste. Transmettant l’Histoire et la géographie dans les établissements français comme espagnols à Barcelone depuis 2017, il se présente avec l’ambition de faire entendre une gauche de gouvernement, responsable et ancrée dans les réalités du terrain. Et selon lui, « le PS peut faire basculer la circonscription à gauche ».
Écouter le podcast avec Guillaume Horn
Un engagement de longue date en Espagne
Originaire de Lorraine, Guillaume Horn vit dans la capitale de la Catalogne depuis huit ans. Dirigeant des travaux de recherche sur les liens entre les Français et les Espagnols, il n’est pas étranger aux préoccupations des Français de l’étranger :éducation, culture, services publics. Il insiste sur ses nombreuses actions en faveur de la communauté française : « Ça fait donc huit ans que je m’engage pour la communauté française en Espagne, autant sur les questions d’éducation que de culture ».
Auteur d’un premier livre sur l’histoire des Français à Barcelone entre le XVe et le XXe siècle, il prépare actuellement un second volume couvrant la période 1944-2025, « avec le concours de toutes les associations françaises de Barcelone ».
Le choix du Parti socialiste
Au cours de cette élection législative partielle, Guillaume Horn défend une ligne claire : celle d’un socialisme réformateur, pragmatique, attaché aux valeurs de solidarité. Selon lui, le PS est le seul parti capable de proposer une alternative crédible à la politique actuelle : « Le Parti socialiste a des valeurs. Et il a un projet. Un projet tourné vers le progrès, vers la justice fiscale et la justice sociale ».
« En 2022, il y a eu les écologistes, en 2024 LFI, maintenant, j’ai envie de dire que c’est l’heure du PS »
Guillaume Horn, candidat du Parti Socialiste, 5e circonscription des Français établis hors de France
S’il regrette l’absence d’union de la gauche dans cette législative partielle — notamment avec la France Insoumise —, il rappelle que les forces se sont relayées à chaque élection : « En 2022, il y a eu les écologistes, en 2024 LFI, maintenant, j’ai envie de dire que c’est l’heure du PS ».
Priorités : éducation, protection sociale et fiscalité équitable pour les expatriés
Parmi ses priorités, Guillaume Horn met en avant l’éducation. Il dénonce les effets des réformes de 2017 sur les lycées français à l’étranger : « À Lisbonne, il y a trois postes non occupés. […] Cette situation, c’est la conséquence de la réforme qui a été mise en place en 2017 par le gouvernement Macron ».
Sur la question de la protection sociale, notamment de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), il alerte sur un « déséquilibre systémique » et un « sous-financement », conséquence selon lui d’un recul des solidarités.
Concernant la fiscalité, il semble s’opposer à la création d’un impôt universel basé sur la nationalité : « Les expatriés ne sont pas des citoyens plus aisés que d’autres. […] Il n’y a pas de raison de taxer plus les expatriés que les Français de métropole ».
Le PS : une réponse au Rassemblement National
Face à la montée du Rassemblement National dans la circonscription — près de 20 % aux législatives de 2024 —, le candidat socialiste mise sur le terrain des valeurs.
« Le Parti Socialiste a le sens des responsabilités. Et nous sommes les plus aptes à répondre (…) à la poussée du Rassemblement National »
Guillaume Horn, candidat du Parti Socialiste, 5e circonscription des Français établis hors de France
Pour lui, le PS est « le défenseur des droits » des expatriés et entend leur redonner confiance en la gauche : « Le Parti Socialiste a le sens des responsabilités. Et nous sommes les plus aptes à répondre dans un esprit de justice et de solidarité à la poussée du Rassemblement National ».
Une campagne de terrain dans toute la circonscription
Présent sur le terrain, Guillaume Horn prévoit de se rendre dans toutes les grandes villes de la circonscription : Barcelone, Madrid, Lisbonne, Porto, Séville, Bilbao, Monaco, Andorre… Il souhaite aller à la rencontre de ses électeurs, recueillir leurs avis et organiser des dialogues citoyens : « Nous prévoyons des rencontres qui vont pouvoir être révélées dans les prochains jours ».
Une gauche en recomposition
À l’heure où l’unité de la gauche est fragilisée au niveau national, Guillaume Horn reste optimiste. Il évoque les discussions en cours pour élargir le rassemblement, citant les propos récents de Pierre Jouvet : « Le numéro 2 du PS a déclaré vouloir constituer un arc qui irait des écologistes jusqu’à Glucksmann ». Un message d’unité malgré les divisions, et une volonté claire : remettre les Français de l’étranger au cœur du projet socialiste.
Guillaume Horn, candidat du Parti Socialiste, 5e circonscription des Français établis hors de France
NB : Article mis à jour le 03 septembre 2025 – Nous avons apporté des précisions sur le cadre professionnel de Guillaume Horn.
Les chiffres de la rentrée littéraire 2025 donnent encore une fois le tournis : 484 romans sont annoncés dont 344 en français et 73 premiers romans. Découvrez notre sélection pour Les Français de l’étranger.
Une avalanche de titres. Une déferlante d’intrigues et de personnages dans laquelle il sera encore une fois difficile de se retrouver. Vous n’avez certes pas besoin de notre site pour identifier les têtes d’affiche qui font déjà les gros titres des magazines. Emmanuel Carrère, Amélie Nothomb ou Sorj Chalandon font déjà l’actualité de la rentrée. Nous avons choisi de notre côté un fil rouge autour de notre identité de français de l’ailleurs : Valoriser des écrivains qui vous parlent de l’étranger autour d’une sélection qui fait la part belle aux thèmes qui vous sont familiers : l’exil, la mobilité, le choc ou le mariage des cultures. Et le contact avec l’autre dans ce qu’il peut avoir de déroutant ou de merveilleux.
Sélection littéraire 2025 pour les Français de l’étranger
Richard Benzine – L’homme qui lisait des livres (Julliard) :
« Face aux ruines, il reste les mots, et la dignité qu’ils protègent »
Richard Benzine
Face à une actualité hélas tragique à Gaza, Richard Benzine, enseignant et chercheur, propose une vision humaniste et lettrée du conflit. L’histoire d’un libraire palestinien est ici contée et devient une leçon de résilience face à l’horreur. L’amour des livres est le point fixe d’une famille palestinienne prise dans le tourbillon d’une Histoire qui s’accélère et devient folle. On retiendra la figure du photographe français en quête du cliché ultime et la critique fine de son voyeurisme intéressé qu’en fait Benzine.
Sarah Chiche – Aimer (Julliard)
« Ce sont des personnages qui vivent à cheval entre deux continents, comme si l’amour lui-même était un exil »
Sarah Chiche
Ici, il est sans surprise affaire d’amour traité par une autrice à la formation de psychologue freudienne. Mais l’amour dans ce roman n’est pas seulement traité sous l’angle sentimental ou psychanalytique. À travers l’amour de l’argent, de la religion, des garçons comme des femmes, Sarah Chiche publie un livre choral qui suit un couple sur plus de 70 ans de relation. Entre la rencontre en 1984 et le dernier chapitre qui se déroule en 2054 nous suivons des amants qui appartiennent à ces « élites transatlantiques ». La fiction se déroule entre la Suisse et New-York où un scandale pharmaceutique va servir de moteur au récit. Un roman qui devrait parler intensément à nombre de nos lecteurs qui connaissent les relations entre pays distants de plusieurs milliers de kilomètres.
François-Henri Désérable – Chagrin d’un chant inachevé (Gallimard)
« Marcher sur les pas du Che, c’est aussi interroger la place d’un écrivain français en Amérique latine »
François-Henri Désérable
Désérable est un familier du récit de voyage. « L’usure du monde » lui avait ouvert voilà deux ans les portes de l’Iran à travers ses portraits de femmes en lutte. L’écrivain atypique, ancien joueur de hockey et secrétaire à la Croix-Rouge, part ici sur les traces d’un mythe, celui du Che Guevara et de son célèbre voyage en Amérique latine à moto. De Buenos Aires à Caracas, mais aussi à travers le Pérou, le Chili ou la Colombie « Chagrin d’un chant inachevé » réussit à éviter le piège de l’hagiographie guévariste ou le pénible hymne révolutionnaire motorisé. L’auteur a choisi résolument le regard du touriste, la mise en scène d’un récit avec des temps forts et temps faibles, sans mégoter son plaisir de découvrir. Face au Machu Pichu, on vibre avec lui comme on se moque ironiquement de certains de ces touristes croisés.
Isabella Hammad – Hamlet le long du mur (Gallimard)
« Quand ils regardent nos soldats, ils voient des fils et des filles »
Isabella Hammad
La jeune autrice britannique, diplômée d’Oxford, a fait un début remarqué en 2019 avec un premier roman intitulé « le parisien ». Elle vous emmène désormais de Londres à Haïfa dans une fiction douce-amère. Sonia, metteuse en scène française, part se ressourcer auprès de sa sœur aînée dans la ville portuaire du nord d’Israël où elle compte échapper aux tourments d’une carrière théâtrale qui connaît des ratés. Sur un thème classique Hammad va nous plonger dans un récit ironique et tendre, plus politique qu’il n’y paraît. Sonia veut s’atteler à son rêve : Jouer Hamlet à Ramallah. Un défi et une prouesse dans la Palestine d’aujourd’hui.
Léonor de Récondo – Marcher dans tes pas (L’iconoclaste)
« L’exil de ma grand-mère est une part de mon ADN littéraire »
Léonor de Récondo
Le 18 août 1936 la vie d’Enriqueta bascule : elle doit quitter précipitamment sa maison menacée par les franquistes. Quarante ans plus tard, Léonor de Récondo, sa petite fille née française, va s’emparer d’une disposition législative espagnole pour récupérer la nationalité de son aînée. Ce livre parlera à tous les binationaux qui connaissent la double appartenance et qui sont parfois confrontés à des histoires nationales complexes ou antagonistes. Marcher sur les pas de sa grand-mère est avant tout un acte de tendresse littéraire vis-à-vis de celle qui est une référence forte pour l’auteur. Mais le récit pose aussi clairement la question de la transmission de la mémoire orale ou des récits familiaux imparfaits face aux réalités plus documentées des historiens.
Alain Mabanckou – Ramsès de Paris (Seuil)
« J’écris depuis la Californie, mais je reste habité par les rues de Paris et les ombres de Pointe-Noire »
Alain Mabanckou
Le franco congolais, Alain Mabanckou exerce désormais comme professeur en Californie et c’est depuis cet exil doré qu’il évoque le Paris des diasporas africaines. Son récit est centré autour du quartier de Château Rouge et de Berado jeune écrivain ambitieux qui vient rejoindre son tumultueux frère aîné dans la capitale.
En digne descendant de Lucien de Rubempré il met ses charmes au service de la conquête de nombreuses jeunes femmes jusqu’à ce qu’il décide de se marier sur un coup de tête. Une décision qui va le priver du soutien de sa grand-mère et matriarche et provoquer une série de rebondissements savoureux. Ce roman fera aimer le Paris africain à ceux qui ne le connaissent que trop peu, il fournira aussi une belle illustration de la multi-appartenance culturelle.
Emmanuel Carrère – Kolkhoze
« Je me suis plongé dans l’histoire familiale comme on explore un pays étranger »
Emmanuel Carrère
On ne présente plus un des plus gros vendeurs français. Mais pour ceux qui l’ignoreraient encore, il est aussi le fils de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse à qui il consacre 600 pages documentées et palpitantes. Faire le portrait d’une mère disparue voilà deux ans n’est pas une sinécure quand cette dernière était une personnalité politique du RPR et une historienne de renom devenue secrétaire perpétuel de l’Académie française. Autant dire un monument auquel Carrère fils décide de s’attaquer à tous les sens du terme. Le portrait se révèle doux amer. Le romancier n’hésite pas à documenter les distances et les duretés d’une mère qui aura sacrifié une partie de sa vie de famille au service de ses ambitions.
Pour les Français de l’étranger que nous sommes ce sera l’occasion de se replonger dans l’histoire de l’émigration venue de l’est.
Et les autres alors ?
Au-delà de notre sélection destinée aux Français de l’étranger, on pourra citer la toujours prolifique Amélie Nothomb et son Tant mieux (Albin Michel), son humour décalé et son univers gothique et baroque à la fois. Le nouveau roman de Laurent Mauvignier, une plume toujours élégante, qui livre ici La maison vide (Albin Michel) annoncé comme un possible favori des prix littéraires de l’automne. Nathacha Appanah revient avec trois récits de féminicide dans La nuit au cœur(Gallimard) thème qu’elle a déjà exploré dans ses précédents romans mauriciens. Catherine Millet se plie à l’exercice de l’autoportrait avec Simone Emonet (Flammarion) plus de 20 ans après « Vie sexuelle de Catherine M » mais dans une version plus intellectuelle et mondaine.
Alors que François Bayrou convoque une session extraordinaire de l’Assemblée nationale le 8 septembre pour un vote de confiance crucial, Frédéric Petit, député MoDem des Français de l’étranger (MoDem), défend la démarche du Premier ministre et appelle à dépasser les calculs électoraux pour sauver la France. Au micro d’« En toute confidence » le parlementaire de nos compatriotes vivant en Allemagne, Europe centrale et dans les Balkans déclare « On a un problème et il faut le régler », et arrêtons « de penser à l’élection suivante ». Explications !
Écouter le podcast avec Frédéric Petit
Le 8 septembre : la confiance ou pas le chaos ?
Au cours de sa conférence de presse de rentrée, le Premier Ministre, François Bayrou, a annoncé une mesure inédite : celle d’une « année blanche », avec gel de la prise en compte de l’inflation, contribution accrue des entreprises et hausse ciblée des impôts. L’objectif est, selon le locataire de Matignon, d’assainir les finances publiques et tracer une trajectoire budgétaire claire jusqu’en 2029. Mais avant, il lui faut recueillir la confiance des députés lors d’un vote à l’Assemblée nationale via l’article 49.1 de la constitution.
Ainsi, le 8 septembre, les députés devront répondre donc à une question simple : « Accordez-vous, oui ou non, votre confiance au Premier ministre ? ». François Bayrou fait-il ainsi tapis ? Cette démarche a d’ores et déjà suscité les appétits électoralistes des oppositions qui semblent déjà unies pour réclamer son départ.
« Ce que l’on veut le 8 septembre, c’est dire : écoutez, on arrête le bac à sable (…) et on regarde ce qu’il faut pour notre pays, pour les petits-enfants de nos petits-enfants »
Frédéric Petit, député des Français établis hors de France
Dans ce contexte tendu, le député Frédéric Petit, élu de la 7e circonscription des Français établis en Allemagne, Europe centrale et Balkans, appelle à la responsabilité collective : « Ce que l’on veut le 8, c’est dire : écoutez, on arrête le bac à sable, on arrête de penser à l’élection suivante et on regarde ce qu’il faut pour notre pays, pour les petits-enfants de nos petits-enfants. »
Vote de confiance du Premier Ministre : un manque de négociations avec les oppositions ?
Certains accusent le gouvernement d’avoir manqué de dialogue. Une version que notre invité d’ »En toute confidence » balaie fermement : « C’est faux. Tout le monde a été en contact avec tout le monde. Les syndicats, les associations, les autres partis politiques… tout l’été, par M. Bayrou et par ses équipes. »
Pour lui, l’impasse vient d’une logique politicienne : « Les interlocuteurs passaient leur temps à essayer d’obtenir, à bricoler. On dirait de la négociation à la Poutine : je prends et je ne donne jamais rien. »
« On dirait de la négociation à la Poutine : je prends et je ne donne jamais rien »
Frédéric Petit, député des Français établis hors de France
Aussi, le parlementaire accuse clairement certaines formations de l’Assemblée nationale et leurs représentants d’agir par calcul électoral : « Ce qu’ils veulent, c’est se faire élire à la prochaine (élection). Et ça, ce n’est pas de la politique, pour nous. Pour moi, je fais de la politique pour rendre service à mon pays, pas pour être élu à la prochaine».
Le 8 septembre, « il ne s’agit pas d’un budget »
Contrairement à ce que certains laissent entendre, il ne s’agira pas d’un vote sur des mesures budgétaires précises.
« Le 8 septembre (…) Il n’y a pas un tableur Excel François Bayrou a fait un PowerPoint en disant : voilà ce que je pense et où je veux aller à cinq ans, en 2029 »
Frédéric Petit, député des Français établis hors de France
Frédéric Petitrépond à nos questions en insistant : « le 8 septembre, ce n’est pas un budget que Bayrou a fait. Il n’y a pas un tableur Excel pour dire on va dépenser tant ici, tant là. Il a fait un PowerPoint en disant : voilà ce que je pense et où je veux aller à cinq ans, en 2029. »
Autrement dit, le Premier ministre propose un cap politique, pas un chiffrage technique. Si la confiance au Premier Ministre est accordée, viendra ensuite le temps des débats parlementaires sur chaque mesure : « Après, il y aura le budget et là, Bayrou n’aura plus rien à dire, ça sera les députés. »
La France : une image encore solide à l’international
Interrogé sur la perception de cette crise française en Europe, le député relativise. « Ça fait partie du folklore qu’on colle aux Français… mais on est quand même vus comme une grande démocratie enviable. On n’a pas une image de pays en faillite, bien loin de là. »
Expatriation : un choix d’ouverture, pas de fuite
Enfin, sur la tentation pour certains Français de s’expatrier, Frédéric Petit encourage la mobilité, mais avec une philosophie claire. « Il ne faut pas le faire parce qu’on fuit son pays. Il faut le faire en restant un membre encore plus dynamique et participatif de l’aventure nationale ».
« Il faut s’expatrier pour comprendre le monde (…) mais en restant attaché à la France »
Frédéric Petit, député des Français établis hors de France
Pour notre invité, « Il faut s’expatrier pour comprendre le monde, pour aller vivre avec les autres, travailler avec les autres… mais en restant attaché à la France. »
Un pari pour l’avenir
Le 8 septembre sera donc un moment de vérité : les députés accepteront-ils de dépasser les calculs partisans pour tracer une route budgétaire jusqu’en 2029 ? Ou la France replongera-t-elle dans le blocage politique ? Réponse dans quelques jours.
Né sur les réseaux sociaux, l’appel à « bloquer la France » pour le 10 septembre 2025 a été lancé par des collectifs citoyens ! Depuis, le message a été relayé par des figures de gauche et des syndicats. Cette démonstration de colère, qui doit encore se concrétiser, prend racine dans le projet de budget 2026 du gouvernement Bayrou. Jugée trop austère, la loi de finances 2026 prévoit des économies par 44 milliards d’économies. Mais aussi et surtout, diront certains Français, la suppression de jours fériés et des réformes sociales jugées injustes. Mais quelles seront les conséquences pour les expatriés ? Les Français de l’étranger vont-ils rejoindre le mouvement ? Et plus globalement, quel sera l’impact de ce « 10 septembre » sur l’image de la France à l’international ? On répond à toutes ces questions.
Voyager vers/depuis la France le 10 septembre ?
Évidemment, pour le 10 septembre 2025, des perturbations majeures sont attendues dans les transports en France, notamment en Île-de-France et dans plusieurs grandes villes. Cependant les syndicats de contrôleurs aériens ou du personnel aéroportuaire n’ont pas encore déposé de préavis pour le 10 septembre. Mais la journée s’annonce comme un temps fort de mobilisation sociale. Si d’autres centrales syndicales décident d’embrayer alors les conséquences pourraient s’étendre à l’ensemble du trafic aérien, avec des retards ou des annulations de vols.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’atteindre ou repartir de l’aéroport sera compliqué. En effet, les fédérations de taxis prévoient de bloquer les accès aux aéroports (ainsi qu’aux gares et sites de distribution de carburant) dès le 5 septembre. Et leurs actions pourraient se poursuivre ou s’intensifier le 10 septembre. Ces blocages visent à protester contre la réforme de la tarification du transport sanitaire. Ils pourraient entraîner des difficultés d’accès et des retards pour les voyageurs.
Mais au-delà des syndicats, il faut aussi prendre en compte les humeurs de nos compatriotes. Sur les réseaux sociaux, il est annoncé des blocages de routes, d’aéroports et de gares.
En résumé, il est fortement conseillé de vérifier l’état du trafic en temps réel auprès des compagnies aériennes et des aéroports concernés. Ik est aussi préconiser d’anticiper un temps supplémentaire pour se rendre à l’aéroport ce jour-là.
Manifestations devant les consulats ?
Cependant parmi les élus consulaires comme chez les parlementaires, on n’évoque pas ce sujet. A l’exception notable deFrédéric Petit, député des Français établis en Allemagne, Europe Centrale et Balkans, élu MODEM, qui fustige évidemment ce mouvement et appelle les politiques à « se mettre au boulot ».
Faux. Pointé des contradictions de JLM: plus de recettes sans réduire les dépenses, MAIS suiveur d'une colère anti-impôts ; plus d'efforts pour les très hauts revenus, ce qui est clairement dans le cadre Bayrou, MAIS blocage aveugle. On s'y met quand, ensemble, au VRAI boulot ? https://t.co/3lhqlcT33A
Quel Français de l’étranger n’a pas entendu cette rengaine faisant de la France : le pays des grèves ! 8 après les Gilets jaunes si le mouvement du 10 septembre a le même succès, l’image comme la crédibilité de la France risquent de dégringoler. Surtout que la presse internationale est déjà sur le coup.
Tout d’abord, les médias étrangers, notamment britannique, allemand et espagnol, s’interrogent sur cet appel au blocage national né sur les réseaux sociaux. Plusieurs articles mentionnent l’amplification du mouvement par des comptes russes, perçue comme une tentative de déstabilisation opportuniste. La presse internationale aura donc une attention particulière sur les dynamiques de mobilisation du 10 septembre.
Mais les sites de presse soulignent aussi l’absence de leaders clairs dans l’organisation. Mais d’autres ont d’autres inquiétudes. Ils craignent que le 10 septembre, porté par des collectifs citoyens, soit récupéré par une partie de la gauche française (La France insoumise, les Écologistes, le Parti socialiste).
Autre sujet évoqué par nos confrères à l’international : la diversité des revendications, rendant le mouvement difficile à canaliser. Certains titres comparent aussi la situation à venir aux Gilets jaunes de 2018. Ils évoquent un risque de paralysie du pays et une défiance envers le gouvernement Bayrou.
D’autres, comme The Guardian ou Der Spiegel, placent ce mouvement dans un contexte européen plus large. Car les tensions sociales s’exacerbent face aux politiques d’austérité, aussi en Allemagne ou en Espagne.
Nos confrères à l’étranger comme ceux en France voient donc, dans le 10 septembre, un test pour le gouvernement français, avec un risque de chaos social.
La génération des baby-boomers (nés entre 1946 et 1964) représente aujourd’hui environ 15 millions de personnes en France. Avec une espérance de vie moyenne de 85 ans, leur disparition progressive d’ici 2040 va entraîner une vague sans précédent de transmissions de patrimoine. Selon les projections, le nombre de décès annuels devrait passer de 640 000 à près de 680 000 d’ici 2034, libérant un potentiel de 3 millions de biens immobiliers sur la prochaine décennie. Ce vieillissement massif se traduit par une hausse mécanique du nombre de procédures liées à des héritages en France, estimées à plus de 700 000 par an d’ici 2030.
Un transfert de richesse historique et des enjeux fiscaux et juridiques majeurs
Les chiffres donnent le vertige : 9 000 milliards d’euros de patrimoine détenu par les plus âgés seront transmis à leurs descendants d’ici 2040, selon la Fondation Jean-Jaurès. Ce « grand transfert » est souvent présenté comme le plus important de l’histoire, mais il soulève des questions sur sa répartition et ses conséquences.
La fiscalité française reste l’une des plus lourdes d’Europe, avec des droits de succession pouvant atteindre 60 % du patrimoine transmis pour les héritiers non directs. Cependant, la loi de 2025 sur les successions, entrée en vigueur fin 2025, introduit un cadre plus transparent et équitable, encadrant strictement les frais bancaires et simplifiant les procédures. L’objectif : limiter les abus et réduire les délais, souvent source de tensions pour les familles.
Pourtant, malgré ces avancées, les inégalités risquent de se creuser. En effet, seuls 19 % à 55 % des baby-boomers prévoient de laisser un héritage, beaucoup préférant consommer leur épargne durant leur retraite. Résultat : une partie importante de la richesse se concentrera entre les mains d’une minorité d’héritiers, accentuant les disparités économiques entre ceux qui reçoivent et ceux qui ne reçoivent rien.
Illustration @adobestock
Les familles recomposées, de plus en plus nombreuses, complexifient les procédures et multiplient les risques de conflits.Les notaires et conseillers en gestion de patrimoine soulignent l’importance de la planification successorale (testaments, donations, assurances-vie) pour éviter les litiges et optimiser la transmission. Les outils numériques, comme les plateformes de simulation de droits de succession, se développent pour accompagner les particuliers dans ces démarches.
Un impact économique profond
Ce transfert massif de richesses aura des répercussions sur l’immobilier, les marchés financiers et la consommation. Les secteurs de la gestion de patrimoine, de l’immobilier et des services juridiques anticipent une forte demande. Cependant, certains économistes appellent à canaliser ce transfert vers des investissements d’avenir (écologie, numérique, social) pour éviter une « société d’héritiers » où la richesse se transmettrait sans créer de valeur.
Héritiers français de l’étranger : quelles règles s’appliquent ?
Lorsque le défunt était résident fiscal en France au moment de son décès, ses héritiers — même s’ils résident à l’étranger — sont soumis aux règles françaises en matière de succession.
La fiscalité française s’applique alors à l’ensemble des biens situés en France, mais aussi, dans certains cas, aux biens détenus à l’étranger, selon les conventions fiscales internationales. Les héritiers non-résidents doivent souvent désigner un représentant fiscal en France pour régulariser la succession et payer les droits de succession, qui peuvent atteindre jusqu’à 60 % pour les héritiers non directs (frères et sœurs, neveux, amis, etc.).
Les démarches sont complexifiées par la distance : ouverture du dossier de succession, évaluation des biens, liquidation des droits, et parfois blocage des comptes bancaires jusqu’au règlement des formalités. Mais depuis 2025, la réforme des successions a simplifié certaines procédures, comme l’encadrement des frais bancaires, mais les héritiers étrangers restent confrontés à des délais administratifs plus longs et à des obligations déclaratives spécifiques. Il est donc crucial de se faire accompagner par un notaire ou un conseiller spécialisé en droit international pour éviter les écueils, notamment en matière de double imposition ou de conflits de lois entre la France et le pays de résidence de l’héritier.
Héritiers français de l’étranger et défunt non-résident en France : quelles règles ?
Lorsque le défunt n’était pas résident fiscal en France au moment de son décès, la succession est en principe soumise aux lois du pays de sa dernière résidence. Cependant, les héritiers français — même résidant à l’étranger — restent redevables des droits de succession français sur les biens situés en France (immobilier, comptes bancaires, etc.), selon les règles du code général des impôts.
La fiscalité française s’applique alors uniquement sur ces actifs locaux, avec des taux progressifs pouvant aller jusqu’à 60 % pour les héritiers non directs, sauf si une convention fiscale entre la France et le pays de résidence du défunt prévoit des dispositions plus favorables. Les héritiers doivent souvent fournir un certificat de non-résidence fiscale du défunt et justifier de la valeur des biens détenus en France. Les démarches, déjà complexes, sont aggravées par la nécessité de coordonner deux systèmes juridiques et fiscaux différents.
Là aussi, il est vivement recommandé de faire appel à un notaire ou un avocat spécialisé en droit international des successions pour éviter les risques de double imposition, optimiser les abattements applicables et sécuriser la transmission des actifs. Dans certains cas, des exonérations ou réductions de droits peuvent s’appliquer, notamment pour les conjoints ou partenaires de PACS, mais les procédures restent longues et exigeantes en termes de documentation.
Comment anticiper ?
Ainsi, l’explosion des héritages est une opportunité, mais aussi un risque pour la cohésion sociale. Les pouvoirs publics, les professionnels et les familles doivent se mobiliser pour en faire un levier de développement économique et non un facteur d’inégalités. La préparation et l’information restent les clés pour aborder sereinement cette transition générationnelle.
En conclusion, on vous compile quelques éléments qu’il faut garder en tête le jour J et même avant :
Rédiger un testament ou un pacte successoral pour clarifier ses volontés.
Utiliser des outils comme l’assurance-vie ou la donation-partage pour réduire la charge fiscale.
Consulter un notaire pour sécuriser la transmission et éviter les contentieux.
Se renseigner sur les nouvelles réformes (exonérations, abattements) pour optimiser sa stratégie.
Lors de votre séjour en France, vous avez peut-être entendu ce mot d’ordre qui passe de Français en Français depuis la mi-juillet pour le 10 septembre 2025. Dans un second article, nous reviendrons sur les éventuelles conséquences pour les Français de l’étranger mais aussi on fera le point sur les actions prévues par les expatriés, s’il y en a. Dans ce premier volet, nous nous pencherons sur les origines de ce mouvement et les actions attendues. Une simple copie des Gilets jaunes ? Et, aussi, le vote du 08 septembre pourrait faire du mouvement de contestation un mort-né. Cependant ce qui est sûr c’est que cette rentrée se fera sous forte tension autour des coupes voulues par François Bayrou pour le budget 2026 (près de 44 milliards d’euros d’économie)
Qui est derrière ces appels « de citoyens » ?
« Tout bloquer en France » à partir du 10 septembre, c’est l’objectif des messages qui se multiplient depuis des semaines sur les réseaux sociaux. Mais leur possible concrétisation dans la rue reste toujours néanmoins une inconnue.
Les premières références à cette date du 10 septembre, dont le choix ne semble pas avoir de justification particulière, remontent à mai, au moins. Mais c’est en juillet, à la faveur des mesures d’économies annoncées par le Premier ministre, qu’elles ont gagné en visibilité.
Lancé à l’origine par une chaîne Telegram plutôt confidentielle, décliné sur un site nommé « Les essentiels France », ce mot d’ordre a depuis été relayé par divers groupes de discussion. Avec un canal principal d’organisation, « Indignons-nous », réunissant plusieurs milliers d’internautes.
Pourquoi veulent-ils se mobiliser ?
Sur de nombreux comptes (TikTok, Facebook, X, Telegram), déjà établis ou spécialement créés, les messages sont nombreux. Ils peuvent mentionner le RIC (référendum d’initiative citoyenne), réclamer des hausses de salaires et des retraites ou appeler à la « résistance », au confinement volontaire ou donc à la grève générale.
Les actions prévues sont tantôt classiques, de « type grève », et moins classiques. On découvre ainsi des posts aux idées multiples comme « ne vous servez plus de votre carte bancaire à partir du 10 septembre » ou « n’allez plus faire vos courses dans les supermarchés ».
Ce mouvement de protestation suscite une très forte activité sur les réseaux sociaux. Une étude de Visibrain, start-up française spécialiste de la veille numérique comptabilise des milliers de tweets quotidiens. Cependant, de nombreux faux comptes diffuseraient aussi de grandes quantités de messages…
10 septembre 2025 – Publication réseaux sociaux
Le cabinet note cependant que l’intérêt repart à la hausse après la prise de parole du parti La France insoumise appelant à se rendre dans la rue. Une solidarité que revendique Jean-Luc Mélenchon comme il le déclarait sur BFMTV ce samedi 23 août 2025.
Les Gilets jaunes BIS ?
Près de sept ans après le mouvement des Gilets jaunes qui avait interpellé par son ampleur, la colère monte de nouveau en France. C’est l’analyse du directeur du département opinion à l’Ifop Jérôme Fourquet dans Le Point.
« Depuis les Gilets jaunes, il apparaît désormais envisageable de construire des mobilisations hors champ politique ou syndical traditionnel, en faisant usage des réseaux sociaux » L’historien Stéphane Sirot, interrogé par l’AFP.
« les ingrédients de la colère (sentiment de déclassement du bas de la classe moyenne, fin de mois difficiles pour les catégories populaires et ras-le-bol fiscal généralisé) n’ont pas disparu »
Le directeur du département opinion à l’Ifop Jérôme Fourque
Tandis qu’un spécialiste des mouvements sociaux note toutefois que le 10 septembre tombe un mercredi, alors que les Gilets jaunes manifestaient le samedi, jour chômé pour la majorité des salariés.
« Depuis les Gilets jaunes, il apparaît désormais envisageable de construire des mobilisations hors champ politique ou syndical traditionnel, en faisant usage des réseaux sociaux »
L’historien Stéphane Sirot, interrogé par l’AFP.
D’ailleurs cette fois, les syndicats n’ont pas envie de se faire damer le pion. Ainsi, la fédération Mines-Energies de la CGT appelle déjà à faire grève à partir du 2 septembre. Cependant, plusieurs unions départementales et fédérations du syndicat ont prévu de se mobiliser le 10 septembre.
Contre les mesures budgétaires, Force ouvrière a aussi annoncé un préavis de grève à compter du 1er septembre et une grève est envisagée dans les hôpitaux parisiens. Tandis que Sud-Rail appelle aussi à la mobilisation à la SNCF pour la journée du 10 septembre. Enfin, les fédérations de taxis entendent eux bloquer dès le 5 septembre aéroports, gares, frontières, sites de distribution de carburant ou encore les Champs-Élysées à Paris pour protester contre les nouveaux tarifs du transport sanitaire. La colère couve un peu partout en réalité.
Politiquement, la gauche a plus ou moins clairement affirmé son soutien à au 10 septembre. Insoumis, Écologistes, communistes et, dans une moindre mesure, socialistes, voient tous d’un bon œil ces appels de collectifs citoyens. Les Insoumis ont même appelé « tous ceux qui partagent nos principes et notre volonté d’action pour en finir avec le gouvernement Bayrou (à) se mettre immédiatement au service des collectifs locaux qui proposent cette mobilisation et à tout faire pour sa réussite».
Autre soutien, la patronne des Écologistes, Marine Tondelier. Elle appelle également à soutenir cette mobilisation et celles à venir des syndicats. Dans Libération, elle déclare : « l’avenir de notre pays se joue dans (les) mouvements d’ampleur annoncés à la rentrée ».
Jean-Luc Melenchon, leader de La France insoumise, sur BFMTV le 23/08/2025
Du côté de la Rose, « on regarde cette initiative avec beaucoup d’intérêt. Les motivations et les modes opératoires sont assez flous pour l’instant, mais nous comprenons l’exaspération à l’origine de ce mouvement », comme a commenté, plus prudemment, la porte-parole du Parti socialiste, Chloé Ridel, sur Franceinfo. Son frère historique, le Parti communiste français appelle, lui,, sans détour « à participer à l’ensemble des mobilisations contre le projet Bayrou, le 10 septembre compris »…
Pour finir, notons que la députée RN Edwige Diaz a expliqué sur France Inter que son parti « par principe ne s’improvise pas instigateur de manifestations », tout en « comprenant la détresse de ces Français ».
Avant le 10, le 08 septembre
En ce début de semaine, les Français ont eu une surprise de François Bayrou. Et c’est peut-être une bonne idée pour le gouvernement… ou la pire. Car le vote prévu le 8 septembre à l’Assemblée nationale aura un impact direct sur le mouvement du 10 septembre. Il s’annonce massif selon les sondages.
En effet, le mouvement « Bloquons tout » appelle à un « arrêt total du pays » le 10 septembre. Leur mobilisation prend racine dans leur opposition au plan d’austérité de 43 milliards d’euros annoncé par François Bayrou. Les organisateurs ont clairement indiqué qu’en cas d’échec du vote du 8 septembre, la mobilisation pourrait perdre une partie de sa raison d’être, mais ils affirment vouloir « aller jusqu’au bout » quoi qu’il arrive. Leur message aux députés est sans ambiguïté : « Si vous ne votez pas contre [le gouvernement], vous serez complices«
Deux scénarios sont donc possibles à l’issue du vote.
Le plus probable c’est que le gouvernement soit renversé le 8 septembre. Dans ce cas la légitimité de la mobilisation sera remise en question. Pourtant un noyau dur semble déterminé à maintenir la pression. Pour eux les mesures contestées restent d’actualité tant qu’elles ne sont pas abandonnées.
Cependant, si le gouvernement survit alors le 10 septembre pourrait devenir un test majeur pour sa politique économique. Le risque ? Que soient accrus les blocages et les perturbations !
Depuis la rentrée 2024, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) continue de rayonner au plan éducatif. Son réseau de plus de 600 établissements constitue une vitrine reconnue pour l’enseignement de notre langue et de nos valeurs dans le monde. Mais des secousses budgétaires ont terni son développement au point de faire douter de la validité de son modèle de gouvernance. Si le réseau homologue toujours plus d’établissements, cette nouvelle année d’expansion a été placée sous haute tension.
Entre rayonnement du réseau, digitalisation des bourses, et crise ouverte sur les pensions,
retour sur douze mois d’AEFE
qui annoncent une réforme de fond.
Une vitrine mondiale et un réseau d’excellence qui communique
La semaine des lycées français dans le monde a montré la vitalité des établissements aux quatre coins de la planète. Que ce soit à travers le Label France Éducation ou les projets FLAM (Français Langue Maternelle), le réseau possède plusieurs entrées et ne se limite pas au seul enseignement sur programme français. L’AEFE assume donc une dimension d’enseignement francophone très nette pour accentuer son rayonnement général comme sa politique de coopération éducative avec des États partenaires.
Le « Grand Direct » de l’AEFE est une autre action emblématique d’un réseau qui mise sur la profonde implication des élèves et enseignants dans des projets éducatifs. Ici un direct mondial a été assuré depuis Dakar en impliquant 45 autres établissements et élèves devenus reporters d’un jour.
L’Orchestre des lycées français dans le monde (OLFM) qui faisait escale au printemps à Lisbonne est le moment fort de l’agenda culturel du réseau. Cette année plus de 250 élèves, choristes et musiciens, ont offert des concerts de haut niveau dans la capitale portugaise.
98% au baccalauréat
Trois événements médiatiques qui rappellent la cohésion du réseau et sa capacité à fédérer autour d’actions mobilisatrices pour les élèves et la communauté éducative.
Avec un taux de réussite au baccalauréat de 98,3 % pour plus de 22000 candidats et 47 % de mentions « Très bien », la directrice générale de l’AEFE, Mme Claudia Scherer-Effosse, a pu légitimement saluer des résultats qui traduisent « l’engagement des élèves, la qualité du travail des équipes pédagogiques et la solidité de notre modèle éducatif ». Des résultats encore renforcés par des propositions d’admission sur Parcoursup de l’ordre de 93 %.
« Résultat du bac : La solidité de notre modèle éducatif »
Claudia Scherer-Effosse, Directrice générale de l’AEFE
Bourses scolaires : modernisation et numérisation mais baisse du budget
Un tournant important a été franchi en décembre avec la digitalisation des dossiers de bourses via SCOLAIDE. La procédure de demande de bourse est souvent critiquée par les familles pour sa lourdeur. L’AEFE a souhaité se moderniser tout en conservant la procédure de dépôt de dossier papier auprès des consulats. Pour garder le lien humain avec les familles.
Scolaide par l’AEFE
Si l’outil promet de simplifier la procédure, il n’a pas éteint les inquiétudes, comme en témoigne la baisse de deux millions d’euros du budget des bourses et un nombre de familles demandeuses en baisse. Ce point est analysé comme une « auto-censure » des parents par des représentants des personnels toujours attentifs à ces aides qui permettent le maintien de la mixité sociale.
Gouvernance problématique et tensions sociales à l’AEFE
Le printemps 2025 a été traversé par des signaux d’alerte sociale allant crescendo. Les représentants des personnels et leurs trois syndicats présents à l’agence (FSU, UNSA, CFDT) ont dû donner de la voix.
Au-delà de l’inquiétude classique liée à une montée de la précarité et une dégradation des conditions de travail, les crispations sont allées croissantes entre l’administration et les représentants des personnels. Au cœur du litige, l’attitude générale de la direction, vue comme trop distante et verticale, et une trajectoire budgétaire vue comme dangereuse. Alors député, Stéphane Vojetta rappelait ainsi dans nos colonnes que le poids des cotisations retraite supporté par l’AEFE n’est qu’imparfaitement compensé par l’État. Le déficit de l’agence pour l’enseignement français à l’étranger se creuse donc mécaniquement de 70 millions d’euros par anet pèse logiquement sur l’augmentation des frais de scolarité.
Été 2025 : la bombe des pensions
La crise a éclaté fin juin : Fait sans précédent, le Conseil d’administration du 25 juin a été annulé à la dernière minute face à la perspective d’un transfert de charges de pensions vers les seuls établissements conventionnés. Une décision jugée explosive, menaçant directement l’équilibre financier des lycées français à l’étranger.
Mi-juillet, notre rédaction Lesfrancais.press titrait « sur le CA du 17 juillet, le calme avant la tempête » où la question des pensions semblait avoir été mise de côté sans solution durable. Trois jours plus tard, coup de théâtre, nous révélions l’annonce d’une réforme de fond à l’automne.
Les enjeux de la réforme de l’AEFE
De septembre 2024 à l’été 2025, Lesfrancais.press a suivi pas à pas une AEFE tiraillée entre rayonnement et résilience budgétaire. L’automne dira si la réforme promise permet de sortir de la spirale de crise et de redonner confiance aux familles, personnels et partenaires.
La question du financement pérenne des pensions et du modèle économique de l’AEFE demeure à ce stade entier. Une nouvelle hausse des frais de scolarité fournirait, certes, des ressources financières conséquentes. Et il est difficile d’imaginer que les familles ne soient pas sollicitées. Leur mise sous pression financière n’est certes pas nouvelle et les hausses sont continu depuis 10 ans ou presque.
Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’AEFE
Mais le prix de la scolarisation dans ce réseau d’excellence demeure inférieur aux tarifs pratiqués dans les réseaux américains ou britanniques. La direction générale de la mondialisation qui pilote l’exercice de réforme ne semble pas vouloir se contenter d’ajustements tarifaires mais toucher à la gouvernance du réseau. Les trois catégories d’établissements (Établissements à gestion directe, conventionnés et partenaires) survivront-elles à l’exercice de mise à jour ?
Un conseil d’administration décisionnaire est en tout cas annoncé pour la mi-octobre. Les personnels, eux, peuvent revendiquer des résultats d’excellence en matière éducative. Une réforme qui ne serait pas concertée ne pourrait que renforcer un sentiment d’incompréhension voire d’injustice parmi les enseignants et non enseignants. « L’entreprise » AEFE semble plus que jamais rayonnante. La crise budgétaire actuelle doit donc accoucher d’une solution à la mesure de l’enjeu de ce réseau si cher à notre diplomatie d’influence et aux familles françaises et étrangères qui y scolarisent leurs enfants.
Pas de droit à l’erreur
Une chose est sure : Après plusieurs mois de tension, il n’y aura pas de droit à l’erreur. Familles et personnels comme politiques pourraient faire l’union sacrée en cas de réforme mal calibrée et pensée dans les seules coulisses de la rue de la convention (siège de la Direction générale de la mondialisation à Paris).