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  • Interview de la députée LREM Samantha Cazebonne, en déplacement au Portugal

    Interview de la députée LREM Samantha Cazebonne, en déplacement au Portugal

    Ancienne proviseure du lycée français de Palma de Majorque, où elle vit toujours avec sa famille, Samantha Cazebonne a été élue en juin 2017 députée La République en marche de la cinquième circonscription des Français de l’étranger, qui comprend l’Espagne, Monaco, Andorre et donc le Portugal, où elle se trouve actuellement. L’occasion pour nos partenaires de la French Radio de la rencontrer à Lisbonne et d’abord avec elle différents sujets : l’enseignement des Français à l’étranger (Samantha Cazebonne a remis un rapport sur le sujet au gouvernement en mars dernier), mais aussi la réforme de la fiscalité des Français de l’étranger, les élections consulaires de mai 2020 et la possibilité d’ouvrir un jour un consulat français de plein exercice à Porto.

    Bonjour Mme Cazebonne, nous vous recevons pour les 70 ans de l’Assemblée des Français de l’étranger dont la session plénière ouvre aujourd’hui, vous connaissez bien cette institution puisque vous êtes députée LREM de la Vème circonscription des Français de l’étranger. Vous qui avez travaillé dans l’éducation nationale, j’imagine que vous avez suivi les récentes annonces de Jean-Yves Le Drian pour renforcer l’enseignement français à l’étranger, en l’occurrence 25 millions d’Euros supplémentaires dès 2020 et 1000 professeurs de plus. Etes-vous satisfaite de ces annonces et sur combien de temps vont-elles être mises en place ?

    Merci de m’accueillir et de me donner la parole, je suis partie prenante dans ces mesures qui ont été évoquées par le Ministre Le Drian, certaines s’inspirent de mon rapport. Je suis favorable à ces mesures, vous parlez des postes, oui c’est une demande que nous avons formulé car le rapport est aussi un ensemble de recommandations auprès d’un certain nombre de personnes interrogées dans le monde à travers notre réseau d’enseignement français à l’étranger.

    Je suis d’autant plus fière que nous ayant été entendus mais au-delà, 1000 postes de détachés est un véritable effort de l’éducation nationale, gage de qualité.

    Quand vont-ils intégrer les lycées français ?

    Les 1000 ne seront pas mis à disposition demain, un très grand nombre sont des détachés directs, l’établissement demande un professeur certifié qui a obtenu le concours et à partir de là il le recrute, cela se fera au fil du développement ou pour aussi ceux qui augmentent leurs effectifs, le tout sur les années et au rythme du développement.

    Une tribune au Portugal, signée par des professeurs des Lycées de Lisbonne et de Porto indique « la langue française est de retour ». C’est aussi votre combat et vous avez remis un rapport à cet égard au gouvernement. Y-a-t-il une demande particulière au Portugal concernant les élèves qui souhaitent poursuivre leur cursus en français ?

    Le lycée français de Lisbonne

    Nous avons abordé ce sujet avec Mme l’ambassadrice, je suis très attachée à l’enseignement du français dans le monde et notamment au Portugal avec la prise en compte aussi du portugais dans le baccalauréat et nous devons réciproquement développer notre coopération linguistique. Notre attaché de coopération travaille à animer cet enseignement du français pour que nos concitoyens puissent aussi avoir d’avantage accès à l’enseignement dans le public, tout comme la coopération entre les enseignants. Tout ceci est en chantier, je l’encourage et j’y coopère à mon niveau. Tout le monde n’a pas les moyens ou la place pour scolariser ses enfants au lycée français.

    Autre question, la fiscalité des Français de l’étranger, dans le cadre de la loi de finances 2019-2020, l’alignement de la fiscalité des Français de l’étranger avec ceux qui vivent en France se met en place, ils ont l’impression que l’égalité face au barème a été rétablie immédiatement, mais pas celle face aux réductions de charges. Cela suscite des inquiétudes, que proposez-vous pour y répondre ? Un moratoire, ou des amendements ?

    Cela reste, je ne le cache pas, une faiblesse, nous devons y remédier énergiquement et nous travaillons dessus avec mes collègues de la majorité suite au rapport d’Anne Genetet, il faut aujourd’hui des décotes et une prise en compte des charges, nous ne nous arrêtons pas là. Plusieurs avancées comme les pensions alimentaires, aussi la victoire concernant la CSG et y travaillons hors UE. Nous sommes sensibles aux demandes et je déposerai des amendements dans ce sens et aussi sur l’application plus rigoureuse du taux moyen auquel nos citoyens ne sont pas forcément informés.

    Un mot sur les élections consulaires, elles auront lieu en mai 2020, quelles sont les ambitions de LREM au Portugal ou le RN et LR ont obtenus de beaux scores ? Qui sera la tête de liste ?

    Les Elus de l’AFE avec le Président de la République

    Avoir des élus locaux est indispensable pour LREM, nous avons des marcheurs dynamiques mais ce ne sont pas des représentants institutionnels. Nous en avons besoin car c’est un travail à différents niveaux que nous menons.

    Je rends toujours hommage au travail et notamment celui des conseillers consulaires, notamment aussi de l’AFE. Nous avons besoin au sein de LREM de ce maillon. Nous avons des ambitions, allons nous investir, maintenant je souhaite que cela se passe dans un esprit apaisé qui montre que chacun est respectueux de l’autre. C’est un travail à temps plein, tout cela doit se faire avec une prise de conscience que nous avons besoin pour être cohérents d’un nombre conséquent de conseillers consulaires tout en travaillant avec ceux d’autres bords politiques.

    La répartition des Français au Portugal est aujourd’hui mieux équilibrée avec Porto et pourtant toujours pas, là-bas, de consulat de plein exercice. Quelle solution peut on espérer ?

    Florence Mangin, ambassadrice de France au Portugal

    Nous sommes modérément optimistes sur la possibilité, que nous allons pousser, à sensibiliser sur ce problème. Il faut aussi comprendre qu’une section consulaire sont des moyens humains. Allez-vous inscrire. Si nous n’avons pas les chiffres démontrant que vous êtes nombreux, nous ne pouvons pas défendre l’idée d’ouvrir une section consulaire. Démontrons que nous faisons des actes consulaires qui permettent de revendiquer une station mobile ou une section consulaire.

     

     

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  • Assemblée des Français de l’étranger: dossier pour les 70 ans

    Créée en 2004 mais après avoir succédé au Conseil supérieur des Français de l’étranger initié pour sa part en 1948, l’Assemblée des Français de l’Etranger fête ainsi ces prochains jours les 70 ans la représentation française hors de France. La représentativité française à l’étranger est cependant bien plus ancienne, avec notamment les assemblées provinciales créées dans les colonies en 1787, le conseil consultatif de l’Algérie et des colonies sous le Second-Empire, la Quatrième République avec, déjà, 3 sièges pour des Sénateurs des Français d’Europe, d’Amérique et d’Asie-Océanie…

    Emmanuel Macron et les élus AFE

    90 conseillers composent cette assemblée consultative, ils sont élus parmi par tous les conseillers consulaires par ces derniers et le vote des délégués consulaires. Parmi eux, à l’origine, 29 sont membres du groupe Français du monde, écologie et solidarité (gauche), 10 du conseil indépendants et libres, 33 de l’alliance de la droite, du centre et des indépendants, et 18 sont non-inscrits. Désormais à l’approche des élections consulaires de mai 2020, le groupe affilié au PS se retrouve amputé de nombreux membres au profit de celui des non-inscrits. Certains élus préférant prendre leur distance avec le mouvement qui semble en difficulté à la vue des mauvais résultats des listes aux dernières élections partielles.

    1 semaine de réunions pour les élus

    Les élus AFE se réunissent à partir du 30 septembre pour 5 jours de réunions, pleinières et en commission pour évoquer notamment les questions sociales et celles relatives à la fiscalité. Lesfrancais.press vont couvrir l’ensemble de l’évenement avec une série d’articles.

    L’enseignement français à l’étranger sera au coeur des débats

    Si l’AFE n’a qu’un rôle consultatif, elle peut cependant également émettre des avis et études. Parmi les sujets au coeur des problématiques des Français hors de France, citons par exemple:

    -le réseau d’enseignement français  l’étranger, tentaculaire, souvent d’excellence mais qui suscite aussi des critiques

    -la fiscalité qui est au coeur des débats depuis notamment la récente publication du rapport Genetet

    -la réforme des institutions: moins d’élus des Français de l’étranger demain? Une circonscription monde avec proportionnelle intégrale?

    Tous ces points, et de nombreux autres, seront débattus lors des sessions et bien sûr aussi en dehors. L’occasion aussi de rencontrer les membres du gouvernement. Jean-Michel Blanquer, Jean-Yves Le Drian et Jean-Sébastien Lemoyne sont par exemple attendus pour une conférence dès plus attendue par cette assemblée représentative des Français de l’Etranger en proie à de nombreuses questions face aux réformes en cours et celles annoncées. A la veille des élections consulaires et sénatoriales, c’est l’assemblée de la dernière chance pour obtenir un bon bilan pour certains élus de 2014 .

  • Chirac : L’hommage des citoyens

    Photo by Philippe LOPEZ / AFP

    Des milliers de personnes étaient attendues dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, à Paris. La cérémonie a débuté peu après 14h par un hommage inter-religieux, en présence des proches de l’ex-président. Bernadette Chirac n’était pas présente.

    C’est ce dimanche 29 septembre que les Français peuvent rendre hommage à Jacques Chirac, décédé ce jeudi à 86 ans: peu avant 13h, le cercueil de l’ancien président a quitté la rue de Tournon, où se situe le domicile des époux Chirac. Le cortège funéraire de la maison Henri de Borniol s’est ensuite dirigé vers les Invalides. C’est là, à la veille de la journée de deuil national, que ceux qui le souhaitent peuvent dire adieu à leur ex-président, comme l’a souhaité la famille. Un hommage lié à «la relation forte que Jacques Chirac entretenait avec les Français», avait indiqué à l’AFP son gendre Frédéric Salat-Baroux.

    La cérémonie a démarré peu après 14h par un hommage inter-religieux, demandé par la famille, auquel ont assisté Martin Rey-Chirac, Frédéric Salat-Baroux, et Claude Chirac. Cette dernière faisait sa première apparition depuis le décès de son père. Bernadette Chirac n’était pas présente. Le grand rabbin Haïm Korsia, compagnon des dernières heures de l’ancien président, était aux côtés de l’évêque de Guadeloupe Jean-Yves Riocreux, ou encore de Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris.

    Photo by Philippe LOPEZ / AFP

    Dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, le cercueil, installé par les anciens officiers de sécurité de l’Élysée, était recouvert du drapeau français et entouré par des gardes. Ceux venus rendre hommage à l’ancien président s’inclinent devant le cercueil, ou se prennent en selfie.

    Un livret d’une dizaine de pages intitulé «Jacques Chirac par ses mots», préparé par la famille, a été distribué à l’assistance. «Vous l’aimiez, le respectiez. Il a fait partie de votre jeunesse, de l’idée que vous vous faites de la France. Il était le grand frère, le père, l’ami imaginaire. Essayons de le retrouver à travers ses mots», est-il écrit en préambule.

    Dès ce dimanche matin, quelques dizaines de personnes faisaient la queue sous la pluie. Isabelle Enjuanes, secrétaire de direction de 58 ans est venue spécialement de Bordeaux. «J’ai failli aller à la mairie de Bordeaux mais c’est mieux de pouvoir se déplacer pour lui rendre un dernier hommage», a-t-elle dit à l’AFP. Virginie Ferrera, 48 ans, qui travaille à Air France, est venue en pensant à son père qui était dans l’aviation. «C’étaient tous les deux de vrais guerriers, Chirac a empêché la guerre. Je l’aimais bien ce monsieur», a-t-elle confié, émue.

    Devant les Invalides, un militant écologiste brandissait quant à lui une pancarte sur laquelle étaient retranscrits les porpos de l’ancien président sur le climat.

    Plus de 5000 Français ont déjà signé les registres de condoléances, installés à l’Élysée jusqu’à ce samedi soir, avant d’être déplacés aux Invalides. Rue de Tournon, fleurs, bières, ou encore pommes avaient également été déposées au niveau du domicile du couple en cette fin de semaine.

  • En donnant raison à Google, la CJUE enterre la vision française du droit à l’oubli

    Dans un jugement, la Cour de justice de l’Union européenne affirme que le droit au déréférencement, inscrit dans le RGPD, ne s’applique que sur le territoire européen et non pas dans le monde entier. Une décision lourde de conséquences. Un article de notre partenaire Euractiv.

    Le droit à l’oubli sur Internet s’arrête-t-il aux frontières (virtuelles) de l’Union européenne ? Oui, a répondu la Cour de justice de l’UE, dans un jugement publié le 24 septembre. Le litige opposait Google à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Il porte sur le droit au déréférencement, communément appelé le « droit à l’oubli ». Celui-ci permet à tout citoyen de l’UE de faire retirer d’un moteur de recherche un lien contenant des données sensibles. La CNIL estime que pour être efficace, le droit à l’oubli doit s’appliquer partout dans le monde, et avait même sanctionné Google de 100 000 euros d’amende, en 2016, pour refus d’appliquer le droit au déréférencement dans l’intégralité de ses résultats de recherche, même en dehors du territoire de l’Union européenne. Au contraire, Google affirme qu’un droit à l’oubli mondial est la porte ouverte à tous les abus. Son argument principal est qu’il est important de limiter sa portée au cas où un pays non démocratique l’utiliserait pour sa propagande.

    Du coup, lorsque Google reçoit une demande de déréférencement en Europe, il supprime les résultats concernés uniquement de ses noms de domaines européens (google.fr, google.be, google. de…). Cela signifie qu’on peut retrouver le contenu sur la version américaine ou brésilienne du site, par exemple. L’entreprise restreint bien l’accès à ces liens en fonction de l’adresse IP de l’appareil qui effectue la recherche, mais cette petite protection reste facilement contournable, par exemple avec un VPN (logiciel qui masque ou change la localisation). La CNIL espérait donc étendre le droit à toutes les versions du moteur de recherche.

    Google avait contesté l’amende décidée par la CNIL devant le Conseil d’État, qui a renvoyé le dossier devant la Cour de justice de l’Union européenne, car cette question relève selon lui du droit de l’UE. La CJUE a donc jugé que si ce droit doit être respecté dans les États membres, il n’est pas contraignant pour les autres pays.

    Sabine Marcellin, avocate spécialisée en droit du numérique et fondatrice du cabinet Aurore Légal, explique à Euractiv les enjeux de ce jugement. Entretien.

    Euractiv —Pour quels types d’informations peut-on demander un déréférencement ?

    Sabine Marcellin — Cela ne concerne pas toutes les informations personnelles, mais seulement ce que les textes appellent les « données particulières », qu’on qualifie dans le langage courant de « données sensibles ». Elles sont listées à l’article 9 du RGPD et regroupent tout ce qui a un lien avec les opinions politiques et philosophiques, l’origine, les données génétiques, les données biométriques, l’orientation sexuelle… Ce sont les données les plus intimes, dont la divulgation peut vraiment porter atteinte à la vie privée des personnes. Elles requièrent donc une protection plus importante.

    Pourquoi la CJUE a-t-elle donné raison à Google ?

    Les magistrats ont simplement rappelé que le texte s’appliquait dans toute l’Union européenne, même s’ils ont tout de même indiqué qu’il serait souhaitable de « rendre plus difficile les recherches sur les autres extensions. » Mais pour Google, les contraintes ne s’appliquent qu’au sein de l’UE, c’est donc une victoire. Si demain l’autorité allemande se pose une question similaire, elle devra prendre en compte cette interprétation de la CJUE qui s’applique à tous les états membres, dans toutes les commissions nationales. Pour justifier cette interprétation, les magistrats ont développé que tous les pays n’ont pas la même analyse de l’équilibre entre respect de la vie privée et droit à l’information. En revanche, si Google ne respecte pas le droit dans l’UE, il s’expose à des sanctions importantes dans le cadre du RGPD.

    Cette décision souligne-t-elle les limites de la conception européenne de la protection des données ?

    La CNIL avait l’ambition de faire appliquer l’idée qu’une demande de déréférencement doit s’appliquer partout. Elle argumentait que la protection des données personnelles est un principe absolu, quelle que soit la localisation de l’internaute. Elle s’appuyait sur l’article 3 du RGPD, qui indique que le texte s’applique dans le cadre des activités d’un établissement sur le territoire de l’Union, que le traitement de données ait lieu dans le territoire de l’Union ou pas.

    Mais la CJUE a dû prendre en compte la question complexe de l’extra-territorialité, dans tous les cas difficiles à mettre en place, car il faut avoir les moyens d’appliquer des règles européennes dans le reste du monde. Or, on touche là à une limite du droit européen : dans d’autres pays, dans ce cas les États-Unis, le droit à l’information est constitutionnel donc très puissant. On peut difficilement lui opposer le RGPD.

    Avec ce jugement, la notion d’un droit à l’oubli mondial est-elle définitivement enterrée ?

    C’est toujours difficile de se projeter. Mais le monde est découpé en zones, et chacune affirme sa propre conception du droit. La zone européenne a une vision très humaniste du droit : elle privilégie la défense de tous les droits humains, dont le respect de la vie privée, mais également la liberté d’expression. Des pays comme le Canada ou le Japon prennent une voie similaire. En revanche, les États-Unis ont une vision plus économiste qui privilégie la liberté d’entreprendre et la liberté d’entreprise. Certes, ils ont des textes pour encadrer le droit de la vie privée, mais ils sont moins puissants qu’en Europe. Et puis enfin, il y a des zones où le droit est plus utilitariste, comme en Chine. Ces différentes régions vont avec différents équilibres dans la défense des intérêts entre la personne, les entreprises et l’État.

  • America! les traces françaises en Amérique #3 Lafayette

    8 personnes dans l’histoire sont devenues citoyens d’honneur des Etats-Unis, honneur suprême par le Président sur proposition du Congrès. Le premier, en 1963, était Winston Churchill, le deuxième sauva 20 000 Juifs Hongrois pendant la guerre, le troisième fonda l’Etat de Pennsylvanie, Mère Theresa fut la cinquième et le Marquis de Lafayette le sixième en 2002.

    Etonnant destin que celui de cet aristocrate français devenu héros de la révolution américaine, dont le nom est aujourd’hui celui de dizaines de villes à travers les 50 Etats, de la place qui jouxte la Maison Blanche, d’une artère de Manhattan…

    De l’Auvergne aux glorieuses heures de la révolution américaine

    Né en 1757 dans une vieille famille de la noblesse auvergnate, celui qui, enfant, rêvait de combattre la bête du Gévaudan et devint rapidement un riche héritier participa finalement à la guerre d’indépendance américaine de 1775 à 1783.

    Après un périple rocambolesque, le Marquis débarqua à proximité de Georgetown, en Caroline du sud. Lafayette rencontra rapidement Georges Washington et contribua de manière décisive à la bataille de Yorktown.

    De retour en France en 1781, il repartit pourtant rapidement, en 1784, vers le nouveau monde et y fut accueilli triomphalement à New-York, Boston, Philadelphie et Baltimore.

    Un acteur clé de la révolution française

    La suite de la vie de Lafayette s’inscrit dans les tourments de son temps. Député de la noblesse d’Auvergne lors des Etats-Généraux de 1789, il défendit une ligne libérale et fut en charge de l’organisation de la fête de la fédération en 1790, qui est à l’origine de notre fête nationale.

    Attaché à l’institution monarchique mais aussi aux nouveaux acquis de la révolution, Lafayette traversa cette période troublée tant bien que mal. Accusé par les Jacobins, déclaré traitre à la nation, il connut la captivité, et l’exil en Prusse.

    Un temps proche de Napoléon, puis député pendant la restauration, Lafayette retourna finalement en Amérique en 1824 pour une tournée triomphale dans 182 villes.

    A nouveau sous les honneurs lors de la monarchie de juillet, Lafayette n’eut plus, cependant, le rôle prépondérant qu’il avait les décennies précédentes. Son ascension et sa gloire restant largement localisées outre-Atlantique.

    De nos jours toujours, il demeure plus célébré aux Etats-Unis que dans sa patrie d’origine ou il repose pourtant. Mais pas au Panthéon, ce qui, pourtant, pourrait être lui faire justice.

  • Le monde est fou, tant mieux.

    Greta tance Macron. Qui, après l’avoir porté aux nues, la renvoie à l’école. Le complice russe étant surveillé, Trump enquête sur son rival Biden par Ukraine interposé. Boris perd sa majorité et retrouve un Parlement qu’il avait congédié. Le Pape n’arrive pas à verrouiller ses opposants au prochain concile. Poutine ne contrôle plus les élections. Des Arabes pourraient entrer au prochain gouvernement israélien. Franco sortirait de sa tombe avant les élections, bref, l’actualité politique n’en finit pas de jouer au flipper.

    Cela étant, les ingénus qui pensent que c’était mieux avant devraient lire la biographie du Président Wilson par Sigmund Freud pour se rendre compte de la fragilité psychologique des petits hommes qui dirigent le monde. Ce qui fait un peu peur.

    Pour se réconforter, ils peuvent aller sur le site Our world in data afin de se rappeler le bon vieux temps : celui des vraies inégalités, celles où l’on crevait de faim, où l’esclavage sévissait dans la moitié du monde. Celui des guerres mondiales, des guerres coloniales, des guerres civiles sans fin. Celui où les femmes mourraient en couches et les enfants peu après, quand ils n’étaient pas vendus.

    La famine, l’illettrisme, les camps, l’esclavage, les pandémies, les génocides sont, pour l’instant -ce qui demande un effort de chaque jour- maitrisés. L’humanité en est-elle plus heureuse ? Sommes-nous rassurés ? Pas vraiment selon Greta, le Pape, Michel Sardou et bien d’autres, qui, sans être d’accord sur tout, annoncent l’apocalypse.

    Soit que la psychologie humaine aime drames, plaintes et gémissements, soit que l’évolution nous porte naturellement à anticiper les malheurs pour nous en prévenir, soit que la lucidité s’accroit avec la connaissance, et que celle-ci, déployant sa révolution, affiche plus crument qu’hier les abysses au dessus desquels nous somnambulons, partout, la catastrophe nous guette. Du ciel, des océans, des Chinois, des Arabes, de Trump, des banques, de Boris, même les Polonais nous empoisonneraient selon le Président.

    A qui se fier ? Ceux qui croient que la réponse viendra de l’ONU mérite admiration et respect pour une nouvelle forme de foi qui approche de la béatitude. Les autres s’en remettront à cette idée que toute vie est résolution de problèmes, et que, de même que la surface des forêts s’accroit dans le monde malgré les feux de l’Amazonie, de même l’invention, l’innovation, -et la nécessité- nous permettront de sauver la planète, voire, qui sait, de l’embellir. Les villes aussi sont belles.

    A Marseille, j’animais une table ronde sur le thème de « Sauver la Méditerranée ». Autant on peut s’étonner du matraquage rhétorique gouvernementale, qui ne débouche que sur ces innovations : taxer et interdire, autant on doit se réjouir de voir pouvoirs locaux, entreprises, associations, particuliers, trouver des solutions intelligentes, pratiques, pérennes aux drames écologiques du vivre ensemble.

    Mais s’il n’y avait que les menaces écologiques : Les taux d’intérêts négatifs nous font entrer dans une économie dont le fonctionnement n’a jamais été décrit. Un peu comme si Christophe Colomb était parti vers le soleil en pensant que la terre était plate. Le montant des dettes des Etats atteint 175% du Pib mondial. Jamais vu. La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis affole le FMI et l’Europe. La City de Hong Kong joue à l’idéaliste, celle de Londres spécule sur la folie de Boris. Non seulement le capitalisme devient fou, mais il marche, même à l’envers.

    Les Anglais avaient déjà vécu la folie du roi Georges. C’était ce temps paisible de la révolution et de l’empire qui ouvrit la voie au triomphe britannique. Le suicide du Parlement anglais n’est donc qu’apparent, comme la fin de l’Euro, de l’Europe, ou de la démocratie. Pour la première fois dans l’histoire du monde, l’investissement dans « l’immatériel » l’emporte sur l’investissement « matériel ». Le monde bascule. L’intelligence artificielle promet et menace. La société de consommation explose comme un soleil mourant avant de se rétrécir dans  l’économie circulaire. L’irrespect aux chefs d’Etat s’accroit. Les Gafas s’effraient elles mêmes de leurs pouvoirs, la Chine lance son bitcoin.

    Celui qui prétend prédire l’avenir est donc un charlatan. Sauf votre serviteur : le monde serait moins fou s’il était vraiment en train de sombrer. Que les dirigeants apparaissent grotesques ne fait que traduire la confiance nouvelle que la société gagne en elle plutôt qu’en ceux qui la dirigent. Bien sûr, ce serait mieux avec de bons dirigeants. Si le vieux monde des vieux schémas politiques déraille, ce n’est pas très grave. Au contraire, le spectacle est fascinant, la période créative. Attendre peu des Etats et des gouvernements, beaucoup des opportunités d’une période insensée.

    Dans cette aventure, les Français ne sont pas les plus mal placés. Au cœur d’une Europe qui est un pole de stabilité, fort d’un Etat solide voire rigide, ils peuvent se projeter partout dans le monde. Il y a de plus en plus de Français hors de France, ils tentent leur chance, ils ont raison : dans un monde fou, il faut bouger.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société Editrice du site « Lesfrancais.press »

  • Chirac : Deuil national en France et dans le réseau consulaire

    Une journée hommage à l’ancien chef de l’État se tiendra lundi 30 septembre. Les drapeaux seront en berne et les enseignants qui le souhaitent pourront consacrer un cours du jour à la mémoire de l’ex-président.

    Un deuil national est décrété par le président de la République pour marquer l’hommage de la Nation aux défunts d’un événement particulièrement marquant. Le dernier avait été décrété en juillet 2016 après l’attentat de Nice. C’est une décision peu commune, qui se traduit a minima par la mise en berne des drapeaux, c’est-à-dire par un abaissement à mi-mât. Les actions à mener ne sont toutefois pas codifiées par la loi. Pour la mort de Jacques Chirac, c’est une circulaire du premier ministre Édouard Philippe qui donne les instructions pour lundi 30 septembre:

    Les drapeaux seront mis en berne pendant cette journée sur tous les bâtiments et édifices publics.

    La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a annoncé qu’en hommage à Jacques Chirac, une minute de silence sera observée lundi à 15 heures dans les administrations et les écoles.

    Interrogé sur l’éventuelle tenue d’obsèques nationales, le gendre de l’ancien chef d’État Frédéric Salat-Baroux, a indiqué qu’aucune décision n’avait été prise pour l’heure sur ce point.

    ► Quels sont les précédents ?

    Depuis le début de la Ve République en 1958, le deuil national a été décrété à sept reprises, dont trois après le décès d’un chef de l’État : Charles De Gaulle le 9 novembre 1970, Georges Pompidou le 2 avril 1974 et François Mitterrand le 8 janvier 1996.

    Les autres jours de deuil ont marqué les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, ceux du 13 novembre 2015 et celui du 14 juillet 2016 à Nice.

    Auparavant, la décision n’avait été prise qu’une seule fois, en 1930, après de terribles inondations dans le Tarn qui avaient provoqué la mort de plus de 300 personnes.

    ► Les registres de condoléances et cérémonies d hommage

    Les registres de condoléances sont ouverts dans les représentations diplomatiques vendredi et lundi (les horaires peuvent varier):

     

    Andorre: à l’ambassade de France Carrer les Canals, 38, AD500 Andorra la Vella

    Arménie: à l’ambassade de France 8 rue St Grigor Loussavoritch 0015 Erevan

    Autriche: à l’ambassade de France Technikerstr. 2, 1040 Vienne

    Belgique: à l’ambassade de France 65 rue Ducale – 1000 Bruxelles

    Canada: à l’ambassade de France 42 pr. Sussex, Ottawa , au Consulat de Montréal 1501, McGill College, 10e étage – bureau 1000, à Québec, 500, Grande-Allée Est – 11e étage Québec, QC, G1R 2J7, Vancouver 1130 West Pender, Suite 1100 Vancouver, BC, V6E 4A4

    Equateur: à l’ambassade de France Calle General Leonidas Plaza N19-09 y Patria – Quito

    Géorgie: à l’ambassade de France 49, rue Krtsanissi 0114 Tbilissi

    Grèce: à l’ambassade de France 7 avenue Vassilissis Sofias Athènes

    Hong-Kong: au consulat général 25/F & 26/F, Tower II, Admiralty Centre, 18 Harcourt Road, Central, Hong Kong

    Hongrie: à la résidence de France Csaba utca 20, 1122 Budapest

    Japon: à la résidence de France 4-11-44, Minami-Azabu, Minato-ku, Tokyo 106-8514

    Kenya: à l’ambassade de France Peponi Gardens, Off Peponi Road Nairobi

    Maroc: au Consulat de Fès Avenue Abou Obeida Ibn Al Jarrah، Bd Abou Obeida bnou El Jarrah, Fes

    Nouvelle Zelande: à l’ambassade de France 20 Ballance Street – 8ème étage Wellington

    Pakistan: à l’ambassade de France Enclave diplomatique porte 2 située sur la Constitution Avenue dite « Japan Gate »

    Portugal : Hommage à 15h à l’ambassade ce lundi 30 septembre – R. Santos-O-Velho 5, 1249-079 Lisboa

    Russie: hommage électronique

    Thailande: à l’ambassade de France 35 Rue de Brest, Charoen Krung Soi 36, Charoen Krung Road, Bang Rak, Bangkok 10500

    USA: Miami au consulat de France 1395 Brickell Avenue, suite 1050 (10ème étage) Miami, FL 33131, New York 934, Fifth avenue, Atlanta 3399 Peachtree Rd NE Suite 500 Atlanta, GA 30326

    Vietnam: à l’ambassade de France 57 Trần Hưng Đạo, Hàng Bài, Hoàn Kiếm, Hà Nội

     

     

     

  • La Bulgarie envisage d’attaquer en justice le « paquet mobilité » de Macron

    La Bulgarie demandera probablement l’annulation d’une partie du paquet mobilité devant la Cour de justice de l’UE si aucun compromis n’est trouvé sur les questions les plus litigieuses, a déclaré le socialiste Peter Vitanov (S&D), membre de la commission des transports et du tourisme du Parlement européen, à Euractiv Bulgarie.

    Le 24 septembre, la commission des transports du Parlement a donné le feu vert à l’ouverture de négociations avec la Commission européenne et le Conseil sur les règles destinées à réformer le secteur des transports de l’UE. Le trilogue débutera le 1er novembre et sera dirigé par la nouvelle Commission européenne. L’objectif est de parvenir à un compromis sur les règles connues sous le nom de « paquet Macron ».

    La Bulgarie, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, la Lettonie et la Lituanie s’opposent à une partie des changements.

    Le « paquet Macron » introduit de nouvelles règles pour les chauffeurs détachés, notamment un salaire minimum plus élevé et une réglementation de leur séjour dans les hôtels. La question la plus controversée est le retour des camions vides dans leur pays d’origine une fois toutes les quatre semaines. Cela empêcherait les entreprises de transport d’Europe centrale et orientale de fournir leurs services sur le marché de l’Europe occidentale, ce qu’on appelle le « cabotage ».

    Les six pays qui s’opposent à ces changements affirment que l’obligation de restituer les camions vides serait une mesure protectionniste illégale qui affecterait gravement les entreprises de leurs pays respectifs et entraînerait des pertes d’emplois et une émigration économique accrue. Les représentants bulgares comptent parmi les opposants les plus acharnés au paquet contesté. Peter Vitanov a estimé que le gouvernement bulgare et l’industrie du transport local devraient faire des compromis sur certains des changements pour négocier l’annulation des propositions les plus controversées.

    « Le retour du camion vide [dans son pays d’origine] est contraire à un principe fondamental de l’UE – la libre circulation des marchandises et des capitaux », a déclaré Peter Vitanov. Cela signifie que la Bulgarie peut entamer les négociations en vue de trouver un compromis avec la menace d’un procès en suspens. « Il n’y a aucun moyen d’obliger qui que ce soit à aller ailleurs. C’est contraire au marché libre », a ajouté Peter Vitanov.

  • Chirac pour tous

    Son slogan de la campagne victorieuse de 1995 était « La France pour tous ». Tous ceux qui faisaient activement sa campagne n’étaient pas toujours d’accord avec lui. C’était mon cas. Je l’ai toujours soutenu. Ce sont ces paradoxes qu’il faut creuser : se rappeler que ses soutiens étaient disparates, accepter aujourd’hui tant d’éloges de la part de ceux qui le méprisaient, constater qu’il n’a été populaire que lorsqu’il a quitté le pouvoir, car jamais Jacques Chirac n’a fait plus de 20% des voix au premier tour d’une élection présidentielle. Que tous le reconnaissent comme sympathique, aimant les gens, aimant la France, le  plus chaleureux de tous Présidents de la République, masque sa complexité plus que n’explique ses échecs et ses succès.

    Pourquoi faire partie de son équipe sans être d’accord avec lui ? Jacques Chirac n’était pas de mon parti, mais quand j’ai été candidat, il m’a soutenu. A croire qu’il m’aimait bien, j’avais eu la chance de le connaitre à vingt cinq ans. Nous avions un point commun : il aimait la poésie plus qu’on ne l’imagine. Il installait tout de suite un lien personnel, dans un commerce, dans son bureau, tout en ne disant rien.

    On pouvait d’autant plus facilement ne pas être d’accord avec lui  qu’il n’était pas forcément d’accord avec lui-même. Parfois il disait : « Je sais, c’est pas terrible, mais on ne peut pas faire autrement ». C’était pour rassurer, indiquer que l’on ferait autrement plus tard, que la politique n’est que le champ du possible , etc… toutes choses que j’avais du mal à entendre, tant il prétendait incarner le volontarisme … ou la rupture. Beaucoup diront que de tels signaux traduisaient un manque de conviction. C’est vrai. Tout le monde voulait le convaincre, persuadé que « le dernier qui parlera aura raison ». Au fond, il faisait croire qu’il était malléable sans rien changer à ses décisions. D’où la frustration de beaucoup. «Oui, oui, tu as raison.» opinait-il, puis faisait ce qu’il voulait.

    Je l’ai pourtant vu changer d’avis sur des sujets importants, comme Maire de Paris, comme dirigeant politique, comme Président. Ce n’est pas un défaut. Ce fut le cas sur des projets d’urbanisme. Ce fut le cas sur l’Europe. Sur la Constitution. Sur la guerre. Si on regarde sa trajectoire politique, il ne varia pas beaucoup : c’était un pompidolien pragmatique, un technocrate populaire, qui forçait parfois le trait pour prendre le vent.

    La troisième raison pour le soutenir, c’était son humanité, ou sa séduction. Celle d’un tueur aussi, soit. Chaban, Giscard, Barre, Balladur, Garraud, Pasqua, qui croyaient le gouverner, se sont cassés les dents. Il faisait croire à tous qu’il était simple et brutal. Il était souple et habile. Il avait appris le russe et le sanskrit, lisait les poètes japonais, avait découvert les arts premiers, cachait la Bhagavad Gita sous une couverture de bande dessinée au banc du gouvernement quand il était Secrétaire d’Etat : ne pas faire intello, plutôt populo. Quand il parlait avec vous, vous étiez la personne la plus importante du monde. Même pour tromper, il mettait plus que les formes : de la chaleur.

    Je l’ai soutenu sans espoir de victoire : il était à 11% dans les sondages. Je ne me voyais pas le laisser tomber alors qu’il était si bas. J’ai fait campagne pour lui à Paris, dans la Vallée du Rhône, à Marseille, dans la Loire. Je me souviens de ses conseils : « En campagne, quand tu peux boire un verre d’eau, bois, même si tu n’as pas soif. Mais surtout, quand tu peux pisser, va pisser. Tu ne sais pas quand tu en auras à nouveau l’occasion. » Une façon d’aimer Confucius et la Corrèze.

    Jacques Chirac aurait pu être acteur de cinéma, champion sportif, aventurier. C’était une star. Il aurait aimé n’importe quel rôle. Celui dans lequel il fut le moins aimé était celui d’homme politique. Je ne suis pas certain qu’il aimait vraiment le pouvoir. Il ne l’exerça quasiment pas, que par intermittence. D’où les déceptions.

    Le pouvoir, pour lui, c’était les gens, pas les idées. Il aimait aider, agréger, assembler. Par tous les moyens, pour tous. Ce ne fut pas toujours la meilleure politique, mais elle soutient facilement la comparaison avec les suivantes. Ce fut une belle vie, avec son lot de drames personnels et de trahisons publiques, celle d’un homme de parti devenu Président, même s’il aimait les gens plus que le pouvoir – et la paix plus que la puissance.

  • L’économie française patine, la zone euro atone

    L’expansion de l’activité du secteur privé en France est tombée au mois de septembre à son plus bas rythme en quatre mois, selon un indicateur provisoire publié lundi par le cabinet IHS Markit. En zone euro, la croissance du secteur privé est tombée à son plus bas niveau depuis juin 2013. Un article de notre partenaire Euractiv 

    Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour l’économie française. Selon les derniers chiffres communiqués par le cabinet Markit ce lundi 23 septembre, l’indice composite du secteur privé est passé de 52,9 en août à 51,3 en septembre, soit son niveau le plus bas depuis quatre mois (lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l’activité progresse, tandis qu’elle diminue s’il est inférieur à ce seuil). Pour l’économiste Eliot Kerr, « la croissance économique française a été portée par le secteur des services. Les écarts de performances entre celui-ci et le secteur manufacturier se sont en effet maintenus, les prestataires de services continuant de signaler une hausse de leur activité tandis que la production manufacturière est repartie à la baisse en septembre ».

    En outre, la Banque de France a prévu un fort ralentissement de l’économie en 2019 et 2020 à 1,3 % contre 1,7 % en 2018 et 2,4 % en 2017. Malgré la dégradation de la conjoncture mondiale, « l’économie française se montre assez résistante à la baisse a rappelé l’économiste de BNP Paribas Hélène Baudchon. Derrière cette stabilité de la croissance française, c’est essentiellement la stabilité de la demande intérieure hors stock qui contribue. Trimestre après trimestre, nous observons 0,5 point de contribution positive de cette demande intérieure ».

    La production industrielle souffre

    Le moteur de l’appareil productif est en panne. Les statistiques du cabinet Markit indiquent que l’indice qui mesure la production manufacturière s’est replié en septembre à 49,7 contre 50,7 en août, soit un plus bas de deux mois. Du côté des services, les résultats ne sont pas favorables également. L’indice flash du tertiaire s’est replié à 51,6 contre 53,4 en août, soit un plus bas de quatre mois. Le coup de frein des nouvelles affaires s’explique « notamment par une nouvelle baisse de la demande dans le secteur manufacturier, toutefois compensée par une nouvelle hausse des nouveaux contrats dans le secteur des services », expliquent les économistes. Les difficultés dans le moteur industriel tricolore commencent « à se propager, le secteur des services ayant affiché en septembre sa plus faible expansion depuis mai dernier ».

    L’inquiétant coup de frein de la zone euro

    Les perspectives économiques s’assombrissent sérieusement en zone euro. Selon les derniers chiffres communiqués par la Banque centrale européenne la semaine dernière, la croissance du PIB de la zone monétaire passerait de 1,9 % en 2018 à 1,1 % en 2019 avant de légèrement se redresser en 2020. Les banquiers centraux ont revu à la baisse leurs prévisions pour 2019 et 2020 par rapport à celles de juin dernier.

    De leur côté, les conjoncturistes de Markit notent que « l’expansion économique de la région ayant été freinée par le plus fort repli de la demande (de biens comme de services) depuis plus de six ans. L’accélération de la contraction du secteur manufacturier — qui résulte notamment du plus fort recul de la production depuis 2012 — s’est accompagnée d’un affaiblissement de la croissance du secteur des services ».

    Pour Chris Williamson, chef économiste chez Markit, la situation pourrait vite empirer.

    « Si la situation du secteur manufacturier, qui traverse actuellement sa phase de récession la plus sévère depuis 2012, ne cesse d’empirer, on s’alarmera également de la propagation de ce malaise au reste de l’économie. La croissance du secteur des services a en effet ralenti, affichant l’un de ses plus faibles niveaux depuis 2014 ».

    Les entreprises interrogées « se disent toujours préoccupées par les guerres commerciales et les tensions géopolitiques, notamment le Brexit », est-il expliqué dans le communiqué. Devant le Parlement européen ce lundi, le président de la Banque centrale qui finit son mandat dans quelques semaines a déclaré :

    « Les données récentes et les indicateurs avancés, comme les nouvelles commandes à l’export du secteur manufacturier, ne montrent aucun signe probant d’un rebond de la croissance dans un avenir proche et l’équilibre des risques pesant sur les perspectives de croissance reste orienté à la baisse », a dit Mario Draghi devant la commission des affaires économiques de l’hémicycle. « Plus longtemps durera la faiblesse du secteur manufacturier, plus grand sera le risque de voir les autres pans de l’économie affectés par le ralentissement », a-t-il ajouté.

    La stagnation de l’économie italienne

    L’économie italienne est encore morose. Selon les derniers chiffres diffusés par l’Institut Istat, ce lundi, l’Italie a enregistré l’an passé une croissance de son PIB (Produit intérieur brut) encore plus faible que prévu, à 0,8 %, contre 0,9 % estimée précédemment. Pour 2019, la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI) tablent sur une croissance économique de l’Italie de 0,1 %. Mais certains experts sont encore plus pessimistes, estimant que la troisième économie de la zone euro pourrait de nouveau tomber en récession.

     L’Allemagne en panne

    La panne du moteur industriel outre-Rhin se prolonge. Les derniers chiffres de Markit indiquent « le premier repli de l’activité globale depuis avril 2013 et le plus fort taux de contraction depuis octobre 2012. Ces tendances reflètent un ralentissement de la croissance de l’activité de services à son plus faible niveau de l’année en cours ainsi que le deuxième plus fort repli de la production manufacturière depuis juin 2009 ». La plus forte exposition du modèle économique allemand aux soubresauts du commerce international et la part de la balance commerciale dans le PIB de la première économie de la zone euro permettent d’expliquer en partie ces difficultés. A Berlin, les débats sur la nécessité d’une relance budgétaire sont ravivés par des craintes de récession. Lors d’une récente présentation de l’ouvrage de « L’économie mondiale en 2020 » au CEPII, la directrice des études économiques au Crédit Agricole, Isabelle Job faisait le point :

    « Guerre commerciale, Brexit, incertitude, rien n’a changé depuis un an. Les Banques centrales ont développé une aversion aux cycles. L’économie européenne ralentit en raison de la guerre commerciale, des incertitudes… que peut faire la banque centrale ? Elle ne peut pas jouer sur ces deux facteurs. […] Est-ce qu’il ne faut pas rééquilibrer le mandat des banques centrales pour assurer plus de stabilité financière ? Les politiques monétaires accommodantes sont du pain béni pour les marchés. Cela pousse aux risques ».