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  • Décès de Jacques Chirac: les Français de l’étranger se souviennent

    Le décès de Jacques Chirac n’a pas seulement touché les Français de France mais également ceux de l’étranger. Tour d’horizon.

     « Nous sommes tous orphelins » Député El Guerrab  (LREM – IX Circonscription)

    Pour le député El Guerrab des Français d’Afrique du nord et subsaharienne, que nous avons contacté, Jacques Chirac était une personnalité hors norme. Le député estime qu’il avait « prévenu tout le monde » à l’occasion de la guerre en Irak. Rétrospectivement,  le député le voit comme l’héritier du Général De Gaulle, avec une certaine idée de la France. « Nous sommes tous orphelins » rappelle le député.  Parmi les points importants pour les Français de l’étranger, le non à la guerre en Irak, un instant gaullien selon beaucoup. Une veillée funèbre est prévue aux invalides, et ce alors qu’une école Jacques Chirac est ouverte à Rabat au Maroc.

    Pour Marie-Pierre Labadie, élue consulaire en Suède, beaucoup d’émotion fut exprimée parmi les Français de l’étranger. La presse suédoise a d’ailleurs largement partagé la nouvelle dans des articles globalement élogieux. Les 6 000 Français de Suède se rappellent encore de la venue du Président.

    En Allemagne, Le Conseiller Consulaire M. Grenot nous a fait part de sa grande tristesse, lui qui postait des posters de Jacques Chirac dans sa chambre en 1988. Le Président allemand et la chancelière ont réagit et tous partout dans le monde ont souligné l’engagement international de M. Chirac, notamment pendant la guerre en Irak.

    Parmi les élus des Français de l’étranger, Roland Lescure, député élu en Amérique du nord, à dit que Chirac était une « figure tutélaire de la nation. Le lien entre villes et campagnes, le rempart contre l’extrême droite… en ces temps où la France est souvent divisée, Jacques Chirac nous rappelle notre devoir d’unité. »

    « Toute sa vie Jacques Chirac aura eu la passion de la France. Son discours du Vel d’Hiv et celui devant l’ONU sur l’urgence climatique ont profondément marqué la vie politique de notre pays ».    PA Anglade, député des Français du Benelux

    Citons aussi la liste Renaissance qui reprend les mots de Jacques Chirac : « La France doit affirmer l’exigence d’une Europe puissance, d’une Europe politique, d’une Europe qui garantisse notre modèle social. C’est notre avenir qui est en jeu, portons toujours cet idéal et cette volonté. »

    Thierry Consigny, élu AFE au Japon, se rappelle d’un homme simple qu’il eut l’occasion de rencontrer lors de vacances dans la péninsule d’Izu.

    « Il laissera le souvenir d’un homme qui aimait par-dessus tout son pays, à tous les niveaux de pouvoir qu’il exerça durant sa longue carrière. Homme de conviction, il s’employa comme président de la République à réconcilier les Français entre eux et avec leur histoire »

    Autre terre attachée à l’ancien Président de la République, l’Afrique. Herve Serol, Conseiller Consulaire LR du Gabon a annoncé la mise en place de registres de condoléances à l’ambassade de France à Libreville. Le Liban a aussi réagit à travers ses élus qui ont partagé l’hommage du Sénateur Robert del PICCHIA.

    Au Bénélux, Georges-Francis Seingry, élu consulaire en Belgique, que nous avons contacté, « il laissera le souvenir d’un homme qui aimait par-dessus tout son pays, à tous les niveaux de pouvoir qu’il exerça durant sa longue carrière. Homme de conviction, il s’employa comme président de la République à réconcilier les Français entre eux et avec leur histoire ».

    Pour Françoise Conestabile, élue consulaire au Portugal, Jacques Chirac fut « un grand homme qui fit pas mal de choses ». Sa collègue LREM Josyane Dupuis estime qu’il laisse « un grand vide dans la famille gaulliste ». Un grand vide à combler.

    Figure incontournable de la Vème République, Jacques Chirac finit sa vie extrêmement populaire. Homme du peuple il a débuté, et homme du peuple, de la France, il a terminé.

    Les registres de condoléances sont ouverts dans les représentations diplomatiques vendredi et lundi (les horaires peuvent varier):

    Andorre: à l’ambassade de France Carrer les Canals, 38, AD500 Andorra la Vella

    Arménie: à l’ambassade de France 8 rue St Grigor Loussavoritch 0015 Erevan

    Autriche: à l’ambassade de France Technikerstr. 2, 1040 Vienne

    Belgique: à l’ambassade de France 65 rue Ducale – 1000 Bruxelles

    Canada: à l’ambassade de France 42 pr. Sussex, Ottawa , au Consulat de Montréal 1501, McGill College, 10e étage – bureau 1000, à Québec, 500, Grande-Allée Est – 11e étage Québec, QC, G1R 2J7, Vancouver 1130 West Pender, Suite 1100 Vancouver, BC, V6E 4A4

    Equateur: à l’ambassade de France Calle General Leonidas Plaza N19-09 y Patria – Quito

    Géorgie: à l’ambassade de France 49, rue Krtsanissi 0114 Tbilissi

    Grèce: à l’ambassade de France 7 avenue Vassilissis Sofias Athènes

    Hong-Kong: au consulat général 25/F & 26/F, Tower II, Admiralty Centre, 18 Harcourt Road, Central, Hong Kong

    Hongrie: à la résidence de France Csaba utca 20, 1122 Budapest

    Japon: à la résidence de France 4-11-44, Minami-Azabu, Minato-ku, Tokyo 106-8514

    Kenya: à l’ambassade de France Peponi Gardens, Off Peponi Road Nairobi

    Maroc: au Consulat de Fès Avenue Abou Obeida Ibn Al Jarrah، Bd Abou Obeida bnou El Jarrah, Fes

    Nouvelle Zelande: à l’ambassade de France 20 Ballance Street – 8ème étage Wellington

    Pakistan: à l’ambassade de France Enclave diplomatique porte 2 située sur la Constitution Avenue dite « Japan Gate »

    Russie: hommage électronique

    Thailande: à l’ambassade de France 35 Rue de Brest, Charoen Krung Soi 36, Charoen Krung Road, Bang Rak, Bangkok 10500

    USA: Miami au consulat de France 1395 Brickell Avenue, suite 1050 (10ème étage) Miami, FL 33131, New York 934, Fifth avenue, Atlanta 3399 Peachtree Rd NE Suite 500 Atlanta, GA 30326

    Vietnam: à l’ambassade de France 57 Trần Hưng Đạo, Hàng Bài, Hoàn Kiếm, Hà Nội

     

     

  • Jacques Chirac et l’étranger, une passion réciproque

    « Je vais ouvrir une galerie d’art », ce sont les propos qu’aurait tenu Jacques Chirac après son départ de Matignon ou il était le Premier Ministre en 1976.

    Il n’en fera rien. Animal politique hors du commun, d’une énergie sans limite, d’une inconstance idéologique indéniable également, passé des « rad-socs » à la droite sociale en passant par le libéralisme, Jacques Chirac finira par accomplir son destin, en 1995 et contrairement à tous les pronostics, en devenant Président de la République.

    Le fondateur du RPR et ancien maire de Paris, qui fit émerger de nombreuses figures de la droite comme Alain Juppé, Jean-Louis Debré, François Baroin, Nicolas Sarkozy, restera 12 ans dans ce palais que son épouse Bernadette, également élue, en Corrèze, aima tant.

    L’homme de la paix face à Georges Bush

    Enarque, ancien de Sciences Po Paris, Jacques Chirac était aussi un voyageur infatigable. Ancien de la Summer School d’Harvard aux Etats-Unis, passionné du Japon où il se rendit des dizaines de fois, il fut aussi un grand connaisseur des arts premiers, auxquels il dédia le musée du Quai Branly qui porte aujourd’hui son nom, et de l’Afrique, ce que lui reprochèrent les adversaires de la « françafrique ».

    Jacques Chirac en couverture de Time pendant la guerre en Irak

    L’un des rares politiques français de sa génération à maitriser la langue de Shakespeare et aussi, dit-on, le japonais et le mandarin, Jacques Chirac fut récipiendaire de décorations internationales sans fin : Grand-croix en Afrique du Sud dont il était lié particulièrement via son amitié avec Nelson Mandela, et également Grand-croix à Monaco, au Maroc, en Hongrie, Espagne, Brésil, Finlande, Italie, Pologne, Portugal, …

    Ses rapports avec les Etats-Unis, et en particulier avec l’administration Bush, furent plus complexes. Attaché à la souveraineté des Etats, il s’opposa farouchement à la guerre en Irak en 2003. Le discours de son Premier Ministre Dominique de Villepin au Conseil de Sécurité des Nations Unis à New-York, resta dans l’histoire de la diplomatie. S’en suivit une campagne de French-bashing outre-Atlantique inédite. Il ne pût empêcher la guerre, mais fût respecté pour l’avoir tenté.

    Entre Afrique et Asie

    À peine le décès de Jacques Chirac officiellement annoncé, les chaînes de télévision ont relayé l’information à travers le Japon, un pays qui suscitait un attrait tout particulier auprès de l’ancien président de la République. Sa disparition fait déjà l’objet d’hommages dans les divers journaux . Chirac a fait une cinquantaine de voyages au Japon. C’est avec une mission pour un musée qu’il effectue, au début des années 50, sa première visite au Japon. Tout le fascine aussitôt dans ce pays. A commencer par sa dimension épique et chevaleresque où tout est affaire de grands serments et de loyauté entre les hommes. «J’ai étudié avec passion les mythes fondateurs de l’archipel et ses grandes épopées, raconte-t-il en 1996 à des étudiants de l’université de Keio. J’ai été séduit par la virtuosité de vos potiers, par l’élégance de votre architecture, l’harmonie de vos jardins, le raffinement esthétique et la sensibilité de votre théâtre, par le rituel des lutteurs de sumo. Ainsi est née ma passion pour la Japon.» Elle va devenir encyclopédique au fil des ans et ne jamais le quitter. Il se plonge alors dans la littérature classique et moderne, la poésie, le théâtre. Mais c’est aussi la dimension philosophique et spirituelle du pays qui le touche. Le jeune ministre qui se rend au Japon dans les années 70 est également conquis par un modèle politique et de développement économique qu’il rêverait de voir appliquer à la France. Très rassemblé autour de sa forte identité, le Japon vit à l’heure du volontarisme industriel basé sur l’alliance du privé et du public. Mais ce capitalisme est aussi tempéré par le social. Les parallèles avec la France lui sautent aux yeux et le gaulliste qu’il est en est tout retourné. «La dimension d’une société confrontée à son anéantissement possible tremblements de terre incessants, tsunamis, attaques nucléaires l’impressionne beaucoup, observe l’un de ses très proches. Car les Japonais y répondent par un grand esprit de cohésion, un souci du respect de l’autre et un sens civique et du collectif qui permettent de se dépasser. Il apprécie l’idée d’harmonie dans les rapports sociaux et politiques. La cérémonie du thé, essence même de la culture nipponne, résume tout ce qu’il aime : simplicité, sobriété, humilité.»

    « L’Africain » : aucun de ses prédécesseurs n’a eu droit à un tel surnom. Pendant sa présidence, Jacques Chirac a visité près de 40 pays sur le continent. Lutte contre le paludisme et le sida, annulation de la dette… La France de Jacques Chirac plaidait en faveur de ses anciennes colonies devant le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale. Elle bénéficiait en retour de leur soutien diplomatique.  Dans l’ombre, Jacques Chirac obtient les services de Jacques Foccart, incourtournable et sulfureux conseiller aux affaires africaines du Général de Gaulle.

    Bongo, Compaoré, Sassou Nguesso, des amis proches

    Quand la stabilité du continent ou les intérêts des entreprises françaises étaient menacés, les grands principes démocratiques passaient alors au second plan.
    Chirac « l’Africain », entretenait surtout des rapports très personnels avec les chefs d’Etat. Omar Bongo, Blaise Compaoré, Denis Sassou Nguesso étaient des amis proches.

    « Il a assumé d’une manière absolument sincère ce que l’on appelait la Françafrique, avec les rumeurs de coups tordus, de coups d’Etat orchestrés depuis l’Elysée, l’affaire des mallettes d’argent qui circulaient entre les palais africains et l’Elysée« , explique l’historien et journaliste Francis Laloupo.

    Jacques Chirac enverra aussi l’armée française sauver des régimes « amis » en Centrafrique en 1996 ou au Tchad en 2006. Mais en pleine guerre civile ivoirienne, la médiation française est un échec en 2003. Quand Jacques Chirac fait ses adieux aux Africains en 2007, sa vision fait long feu. L’influence de Paris s’effrite.

    La rafle du Vel d’hiv comme curseur initial

     Jacques Chirac fut aussi le premier Président de la République à reconnaitre la responsabilité de l’Etat français dans les rafles contre les Juifs pendant l’occupation, et ce lors de son premier discours de Président élu. Populaire dans la rue arabe, en raison d’une position modérée sur le conflit israélo-palestinien, on se souvient de l’altercation avec les services de sécurité israéliens.

     

    Jacques Chirac, et les hommages du monde entier le montrent, restait un géant de la politique française, européenne et internationale. Il laisse une épouse et sa fille, Claude, longtemps sa conseillère.

  • L’ancien président de la République, Jacque Chirac est décédé

    Il avait présidé aux destinées de 60 millions de Français de 1995 à 2007. Jacques Chirac est mort. Très affaibli ces dernières années, le cinquième président de la Ve République, est décédé ce jeudi, a annoncé sa famille. «Il s’est éteint au milieu de ses siens. Paisiblement », a déclaré son gendre Frédéric Salat-Baroux.

    Dès le décès annoncé, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence.

    Avec la disparition de cette figure populaire et incontournable, c’est une page d’un demi-siècle d’histoire politique française qui se tourne. Une page ouverte en 1965 au conseil municipal de Sainte-Féréole, le berceau familial corrézien, premier mandat d’une irrésistible ascension pour ce fringant énarque.

    Député, puis président du Conseil général de Corrèze, Chirac gravit rapidement les échelons ministériels avant d’entrer à Matignon en 1974, pour mieux claquer la porte, deux ans plus tard, sur fonds de désaccords avec Valéry Giscard d’Estaing. Il y reviendra en 1986 pour une cohabitation historique avec le président Mitterrand. Entre-temps, Jacques Chirac a fondé et pris la tête du RPR et empoché la mairie de Paris, deux mandats qu’il ne délaissera que pour enfin accéder à l’Elysée, en 1995 après deux échecs, en 1981 et 1988.

    Le quinquennat et la fin du service militaire

    Ce sera pour deux mandats, un septennat, puis un quinquennat, du nom de l’une des réformes les plus marquantes de sa présidence avec la fin du service militaire et l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Durant douze ans passés à l’Elysée, dont cinq en cohabitation avec les socialistes, Jacques Chirac aura connu sur le plan intérieur des réussites – sur le plan de la sécurité routière, notamment – mais aussi de profondes crises – les grandes grèves de 1997 ou encore les émeutes en banlieue en 2005. Sur le plan extérieur, on retiendra son opposition à la guerre en Irak, qui a largement assis son autorité internationale, mais également le revers du non des Français à la Constitution européenne en 2005.

    Ce passionné d’arts primitifs avait largement œuvré à la création du musée des Arts et Civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, inauguré quai Branly, à Paris, en 2006, et rebaptisé à son nom dix ans plus tard. Il présidait la Fondation Chirac depuis 2008.

    Jacques Chirac avait épousé en 1956 Bernadette Chodron de Courcel, avec qui il avait eu deux filles et une fille adoptive. Le décès de sa fille aînée Laurence à 58 ans en 2016 avait largement ébranlé le vieil homme, déjà très diminué. Les apparitions publiques de celui qui échappa en 2002 à un assassinat lors du défilé du 14 juillet s’étaient faites extrêmement rares depuis.

  • Vaines tentations protectionnistes

    Le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine a remis au goût du jour les droits de douanes. Après la Seconde Guerre mondiale, l’objectif a été de les démanteler afin de favoriser l’expansion du commerce international. Cet objectif a été obtenu dans le cadre de grands accords commerciaux (GATT) faisant suite à des négociations multilatérales. L’abaissement des tarifs douaniers s’est accompagné d’un effort pour limiter les mesures protectionnistes reposant sur les normes ou sur les conditions d’entrée des produits importés.

    Avec la crise de 2008, la tendance s’est inversée. Les dispositions protectionnistes se sont accrues de la part de tous les grands acteurs économiques. L’obtention d’un nouvel accord commercial global est devenue mission impossible. Les accords régionaux comme celui concernant le Canada et l’Union européenne ou le Mercosur sont de plus en plus difficiles à faire adopter. Le recours à des politiques sciemment protectionnistes se développe. Les majorations des droits de douane américains sur les importations chinoises doivent déboucher sur un accord bilatéral visant à réduire le déficit commercial des États-Unis. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne même si elle obéit à des considérations multiples en relation notamment avec la question migratoire, pose également le problème de la politique économique à venir qui sera de nature nationaliste.

    Les droits de douanes compensés par le taux de change

    Pour le moment, les politiques nationalistes voire protectionnistes n’ont pas obtenu les résultats espérés dans un système de change flexible. Ainsi, les droits de douanes imposés par les États-Unis pour réduire leur déficit extérieur aboutissent à dépréciation de la monnaie chinoise, du fait du marché et de la politique des taux de la banque centrale. Les craintes d’un ralentissement de l’économie chinoise pèsent sur le taux de change. Les autorités chinoises en mettant en œuvre une politique monétaire accommodante favorisent également la dépréciation de leur devise. Les droits de douane sont ainsi compensés par la baisse de la valeur de la monnaie. Dans ces conditions, le déficit commercial américain persiste voire s’accroît. Les importateurs ont en outre tendance à accélérer leurs achats de peur de l’application de nouvelles majorations des droits de douane. L’impact sur la production nationale américaine est nul ou quasi nul d’autant plus que le pays est en situation de sous-emploi. La substitution de la production américaine à la production chinoise suppose une progression de l’investissement avec des gains de productivité non négligeable.

    Les droits de douane en l’état actuel ne sont pas suffisants pour réellement changer les approvisionnements des Américains. Par ailleurs, les entreprises chinoises délocalisent leurs centres de production au sein d’États ne subissant pas les majorations de droits de douane.

    Au Royaume-Uni, récession en vue.

    Certains partisans du Brexit estiment que le Royaume-Uni ne sera pas pénalisé par la sortie de l’Union européenne. L’application des droits de douane sera compensée par la baisse des prix générée par la dépréciation de la livre sterling. À la différence de la Chine, le Royaume-Uni connaît un fort déficit commercial. La baisse du taux de change aboutira de ce fait à une diminution du pouvoir d’achat des Britanniques. L’effet récessif devrait être plus important que l’effet gains de compétitivité à l’exportation. En outre, l’économie britannique est imbriquée dans celle de l’Union européenne. La production industrielle incorpore de nombreuses pièces issues des États membres. Ces dernières seront logiquement soumises, à compter du 1er novembre prochain, à des droits de douane.

  • Cinéma : les sorties du moment et celles à venir

    Ces jours-ci un peu partout dans le monde sortent deux films très différents : Ad Astra, blockbuster américain dans l’espace et avec Brad Pitt, et Downtown Abbey, film tiré de la série culte britannique qui retrace la vie et les drames d’une famille de l’aristocratie et de leur personnel. Deux films, deux revues, ainsi que celles de productions très attendues en octobre.

    Ad Astra

    Faire un film d’astronaute introspectif est à la mode. Après « First Man » de Damian Chazelle, James Gray se lance le défi de faire encore mieux avec Brad Pitt (aussi producteur) dans « Ad Astra ».

    Un ingénieur autiste part à la recherche de son père, perdu dans l’espace vingt ans après son départ pour Neptune.

    James Gray (« Two Lovers », « The Lost City of Z”, “The Immigrant”) est un réalisateur indépendant à la mode. Les acteurs de qualité adorent travailler avec lui, mais Gray est surtout connu pour ses petits films introspectifs. Dans « Ad Astra » il tente de faire de même mais avec plus d’ambition et un budget de grande production.

    L’atmosphère et l’image sont magnifiques, ce qui n’est pas une surprise sachant que le décorateur n’est d’autre que c’est Hoyte Van Hoytema qui avait fait de même pour « Interstellar » et « Dunkerque ». Mais comme souvent voilà où se trouve le problème : bien qu’il soit très beau, le film est un peu prévisible et immobile. Il y a de très beaux moments de cinéma car l’utilisation du silence de l’espace durant les scènes les plus intenses apporte une nouveauté agréable. La relation père-fils qu’il idéalise est centrale. A la recherche du premier, le deuxième repense à sa propre place dans la société et envers les autres mais ce « pitch » n’est pas nouveau ni original. Ici le thème fonctionne plutôt bien. Mais « Ad Astra » n’arrive pas à sortir du lot, « First Man » était plus fort dans le même genre.

    Brad Pitt donne à son personnage une vraie présence et une intensité. Il fait ressentir la dualité du fils qui idéalise son père et l’astronaute avec ses propres problèmes. Les autres acteurs : Liv Tyler, Tommy Lee Jones, Ruth Negga et Donald Sutherland ne font que de brèves apparitions.

    Ad Astra – Science-fiction – Etats-Unis – 124 minutes

    Downton Abbey

    La famille Crawley est de retour, mais cette fois-ci sur grand écran ! Après 6 saisons à succès dans le monde entier, la plus British des séries s’adapte pour un film très attendu par les fans.

    L’action se déroule en 1927, après la fin de la série avec les personnages là ou nous les avons laissé. Julian Fellowes, également créateur de Gosford Park, nous montre ici un monde qui n’existe plus que dans les palais de la Reine, une Angleterre à des années lumières du Brexit et des tabloïds, une Angleterre arrogante qui contrôlait encore un empire et n’avait encore subit ni le krach de 29, ni les affres de la deuxième guerre mondiale.

    Highclere Castle – Lieu d’action de Downton Abbey

    Tourné dans le spectaculaire château de Highclere, propriété de la famille Carnarvon (dont l’illustre ancêtre finança les fouilles de la tombe de Toutankhamon et fut lui-même victime de la malédiction du pharaon), le film est l’occasion de retrouver la légendaire Maggie Smith, deux Oscars, trois Golden Globes, six BAFTA, trois Emmy Awards et un Tony Award, dans le rôle de la comtesse douairière intraitable, irascible et irrésistible.

    Le pitch, une visite royale à Downton Abbey, rien que cela ! La famille, Lord et Lady Crawley en tête, sont sur le pied de guerre, tout comme le personnel, M. Barrow, qui vivra par ailleurs des problèmes liés à sa vie privée, Mme Patmore et sa souffre-douleur préférée Daisy, et même M. Carson qui reprend du service à l’occasion.

    Les fans de la série, de la monarchie britannique et les anglophiles et autres nostalgiques ne pourront que se délecter de ce spectacle honnête, parfois drôle,  qui certes ne réinvente pas le cinéma mais à le mérite d’apporter de l’originalité dans un cinéma souvent très monocolore.

    Downton Abbey – drame historique – Royaume-Uni – 122 minutes

     

    Quelques sorties d’octobre

    Parmi les futures sorties, citons notamment « Joker », avec Joaquin Phoenix. Le film, centré sur l’antagoniste de Batman, très sombre et magistralement interprété, a récemment triomphé à la Mostra de Venise. Joaquin Phoenix arrivera t’il à éclipser ses illustres prédécesseurs Jack Nicholson et Heath Ledger ?

    Autre sortie attendue, « Terminator : dark fate », énième épisode d’une franchise qui a eu tendance ces dernières années à s’essouffler. Arnold Schwarzenegger et  Linda « Sarah Connor » Hamilton reprennent du service. Reste à voir si cela sera suffisant.

    Suite également, preuve qu’Hollywood ne fait plus vraiment preuve d’originalité, « Maléfique : le pouvoir du mal », dernier né de Disney avec Angelina Jolie et Michelle Pfeiffer, un film qui saura certainement faire plaisir aux enfants et à ceux qui ont gardé l’esprit jeune.

    Article écrit avec notre partenaire

  • Faillite de Thomas Cook, la garantie européenne à l’épreuve

    La faillite de Thomas Cook met à l’épreuve la nouvelle réglementation européenne. Si elle permet le rapatriement des clients en vacances, les remboursements des vacances déjà réglées n’est pas prévu.

    C’est une opération de rapatriement de grande ampleur qui s’annonce. La faillite tour-opérateur indépendant Thomas Cook laisse 600 000 voyageurs sur le carreau.

    Le voyagiste a échoué durant le week-end à trouver les fonds supplémentaires nécessaires à sa survie. Menacé ces dernières années par la concurrence des sites de voyage low cost mais aussi par la morosité des voyageurs britanniques inquiets du Brexit, Thomas Cook a jeté l’éponge, faute d’investisseurs.

    « Malgré des efforts considérables, les discussions entre les différentes parties prenantes du groupe et de nouvelles sources de financement possibles n’ont pas débouché sur un accord », a expliqué dans un communiqué le patron de Thomas Cook, Peter Fankhauser.

    Pour les 600 000 clients de Thomas Cook en vacances — dont environ 10 000 français —  une garantie prévue par le droit européen s’applique — mais comment fonctionne-t-elle ?

    Que prévoit la garantie ?

    En application de la directive européenne du 11 décembre 2015, les voyagistes sont tenus depuis le 1er juillet 2018 d’assurer le retour de leurs clients et rembourser les acomptes versés avant le départ en cas de faillite.

    Une obligation qui vise à réduire les préjudices financiers subis par les consommateurs européens dans le domaine des prestations de voyage, estimé à environ 430 millions d’euros par an.

    En France, cette obligation est mise en œuvre au travers d’une caisse de garantie, l’Association professionnelle de solidarité du tourisme (APST). Alimentée par les cotisations des agences de voyages françaises dont Thomas Cook fait partie, cette caisse dispose d’environ 20 millions d’euros et a pour mission d’assurer les frais de rapatriement des voyageurs, mais aussi les frais découlant d’un éventuel retard (hébergement supplémentaire, repas, etc.)

    Quels clients sont concernés ?

    Pour l’heure, aucun, car seule la maison-mère britannique de Thomas Cook s’est mise en faillite, la filiale française ne l’est pas encore. « Mais on imagine que probablement dans les prochaines heures où jours les choses vont se répercuter sur Thomas Cook France » explique Alexandra Cohen-Jonathan, associée chez Auguste-Debouzy et spécialiste du droit des assurances.

    Une fois la faillite de la branche française déclarée, les clients français de Thomas Cook pourront bénéficier de la garantie rapatriement. « Mais cette garantie de rapatriement n’est valable que pour les clients qui ont acheté un forfait, c’est-à-dire hôtel et vol. Les clients qui auraient acheté seulement un vol sec auprès de Thomas Cook ne sont pas couverts » explique l’avocate.

    Pour les clients ayant déjà payé un voyage à venir, la situation risque d’être plus compliquée. « La garantie ne couvre pas le remboursement des séjours. Pour ceux qui ont réservé un voyage, le risque de l’insolvabilité existe » explique l’avocate.

    Concrètement, si l’APST doit couvrir les acomptes versés avant le départ, elle ne prévoit pas de remboursement pour les voyages déjà réglés. Les clients ayant déjà réglé pourraient donc en être de leur poche.

    Quels sont les recours ?

    « Lors d’une faillite, un liquidateur est désigné. Les clients doivent déclarer leur créance au liquidateur, qui l’inscrit pour effectuer des remboursements. Mais au regard des chiffres qui circulent [sur la situation d’endettement de thomas Cook], les clients lésés ont peu de chance d’être remboursés » détaille Alexandra Cohen-Jonathan.

    Les autres assurances éventuellement souscrites au moment de l’achat du voyage ne couvrent pas non plus ce cas de figure, puisqu’elles s’attachent davantage à protéger la personne du voyageur en cas de maladie, de décès d’un proche, de changement de situation familiale, etc.

  • Brexit : la Cour suprême inflige un coup ravageur à Boris Johnson

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est engagé à contrecœur à respecter la décision de la Cour suprême, qui lui a infligé un coup ravageur le 24 septembre en jugeant illégale sa décision de suspendre le parlement à l’approche du Brexit, déclenchant de nombreux appels à la démission.

    « Je dois dire que je ne suis pas du tout d’accord avec ce que les juges ont établi. Je ne pense pas que ce soit juste, mais nous irons de l’avant et bien sûr le parlement va revenir », a déclaré Boris Johnson aux médias britanniques à New York, où il assiste l’assemblée générale de l’ONU.

    Sitôt connue la décision de la Cour, le président de la Chambre basse du Parlement, John Bercow, a annoncé que les députés reprendraient leurs travaux ce mercredi 25 septembre à 11 h 30 (10 h 30 GMT). La Chambre des Lords se réunira à partir de 15 h (14 h GMT).

    Les onze juges de la plus haute juridiction britannique ont jugé à l’unanimité « illégal, nul et non avenu » l’avis de Boris Johnson demandant à la reine Elizabeth II de suspendre le parlement pendant cinq semaines, jusqu’au 14 octobre, à deux semaines du Brexit.

    Ils ont suivi l’argumentaire des adversaires du chef de gouvernement, qui l’accusaient d’avoir suspendu le parlement pour museler l’opposition et sortir le Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre, même sans accord de divorce.

    Lui n’a eu de cesse de répéter que la suspension du parlement était justifiée afin de préparer et présenter ses priorités politiques nationales après son arrivée au pouvoir fin juillet.

    « Empêcher » le Brexit

    « Les députés doivent être courageux et demander des comptes à ce gouvernement sans scrupule », a réagi Gina Miller, une militante anti-Brexit à l’origine d’un des recours examinés par la Cour suprême. Elle avait déjà gagné en 2017 une importante bataille judiciaire pour forcer l’exécutif à consulter le parlement sur le processus de retrait de l’UE.

    Cette décision de la Cour suprême constitue une défaite majeure pour Boris Johnson qui, depuis son arrivée au pouvoir, a essuyé échec sur échec concernant sa stratégie de sortie du Royaume-Uni de l’UE à tout prix le 31 octobre.

    Il a répété mardi avoir bon espoir de pouvoir conclure un accord de divorce avec Bruxelles, même si les dirigeants européens ne partagent pas son optimisme.

    Mais il a de nouveau exclu de reporter le Brexit de trois mois si aucun compromis n’est trouvé, à l’encontre d’une loi votée dans l’urgence avant la suspension du parlement, dans la nuit du 9 au 10 septembre, afin d’éviter des conséquences potentiellement chaotiques pour l’économie britannique.

    « Il y a beaucoup de gens qui veulent empêcher ce pays de sortir de l’UE », a affirmé le dirigeant.

    Les appels à sa démission se sont multipliés dans les rangs de l’opposition, à l’instar du chef des travaillistes qui a souhaité que le dirigeant conservateur devienne « le Premier ministre le plus éphémère de tous les temps ».

    Plusieurs députés ont aussi appelé à voter une motion de censure du gouvernement, qui ne dispose plus d’une majorité. John Bercow a indiqué que, le cas échéant, il donnerait aux députés le temps d’en débattre.

    Une chute du gouvernement pourrait in fine mener à des élections générales anticipées. Des sondages d’opinion font état d’un regain de popularité des conservateurs depuis le bras de fer entre Boris Johnson et les parlementaires.

    « Jour merveilleux »

    Devant la Cour, une cinquantaine de manifestants criaient « Johnson dehors ! ». Maureen O’Hara, 67 ans, une fonctionnaire à la retraite, a estimé « super de voir que même le gouvernement doive rendre des comptes ». Pour Naomi Smith : « C’est un jour merveilleux pour la démocratie britannique ».

    Il n’est pas inhabituel pour un dirigeant au Royaume-Uni d’ajourner la session parlementaire pour pouvoir présenter son programme de politique nationale. En outre, le parlement ne siège traditionnellement pas pendant quelques semaines en septembre, au moment des congrès annuels des partis.

    Mais cette suspension, en raison notamment de sa longueur, avait suscité une vague d’indignation dans le pays du parlementarisme, déclenchant des manifestations ainsi qu’une offensive judiciaire.

    La Cour suprême avait été saisie après deux décisions divergentes : l’une, rendue par la haute cour de Londres, avait considéré qu’elle n’avait pas à trancher sur une décision politique, l’autre, rendue par la justice écossaise, avait jugé « illégale » la suspension.

  • Rugby : les Français du Japon aussi à la fête

    La fête de l’ovalie bat son plein ! Pour la première fois en Asie, à travers tout le Japon, la Coupe du monde 2019 enthousiaste locaux et visiteurs étrangers. Au point que les professionnels du tourisme nippon craignaient une pénurie … de bières.

    La France, qualifiée pour cette phase finale qui regroupe 20 équipes dont les redoutables All Blacks de Nouvelle-Zélande, les Wallabies australiens et les Springboks d’Afrique du sud, espère aller le plus loin possible dans la compétition, malgré des résultats ces dernières années mitigés.qui 

    Cette compétition est aussi l’occasion d’organiser la coupe du monde des parlementaires, des universités et des militaires qui ont permis à la France d’avoir une honorable troisième place.

    Les Français du Japon mobilisés pour l’événement

    Parmi la communauté française au Japon, 15 000 inscrits dans les consulats et 25 000 estimés sur place, l’événement est une occasion unique. Ils sont nombreux à être présents dans les stades, et les instituts français se mobilisent autour des matchs de l’équipe de France.

    Cette mobilisation puise ses racines dans les relations franco-japonaises qui remontent au XVIIème siècle et malgré des remous, notamment récents comme avec l’affaire toujours en cours autour de Carlos Ghosn , ils demeurent solides, comme en témoigna la visite du prince héritier, devenu depuis Empereur , en France et en particulier à Lyon, et au Japon celui récent du Président de la République

    Une population expatriée hétérogène

    Le Lycée français international de Tokyo

    Les Français du Japon ont, selon le conseiller consulaire  – AFE Thierry Consigny que nous avons contacté, tendance à s’expatrier sur la durée, contrairement à certains pays riverains. Beaucoup de jeunes expatriés, souvent franco-japonais, animent la communauté de leur esprit d’entreprise, dans le commerce, la distribution, les écoles de langue … Ce dynamisme est constaté aussi dans la démographie avec un lycée français international de Tokyo  qui compte jusque 5 classes par niveaux.

    Une des principales problématiques pour les Français du Japon est de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Il arrive fréquemment dans l’archipel de cumuler plusieurs emplois et très souvent, cette société patriarcale pousse l’épouse, une fois la famille agrandie, à quitter son emploi. Le choc culturel est cependant, selon M. Consigny, amoindri par la bienveillance de la population japonaise et l’intérêt, toujours fortement présent, pour la culture française.

    « la loi de la famille date de 130 ans, et le système judiciaire a parfois tendance à donner une interprétation littérale de la loi »  Thierry Consigny

    Plusieurs priorités pour les Français du Japon

    Thierry Consigny, conseiller Consulaire, et Conseiller AFE, Président de la Commission des Affaires Sociales

    Les précédentes élections consulaires, de 2014 et législatives de 2017, ont vu, sans surprise, un taux de participation extrêmement faible, légèrement au-dessus de 25%, et ce alors que la participation aux présidentielles a dépassé les 50%. Le vote électronique pourra en partie, espèrent les élus sur place, mobiliser l’électorat mais celui-ci est déjà majoritairement à moins de 30 kms des consulats de Tokyo et de Kyoto.

    Plusieurs priorités sont régulièrement mises en avant :

    le coût des frais de scolarité des Lycées et ce alors que le système des bourses est de plus en plus contraignant

    la difficulté pour les entrepreneurs qui ne maitrisent pas toujours la langue d’avoir accès à des financements, qu’ils viennent de banques ou de business angels.

    les séniors malades qui n’ont pas toujours pris les précautions nécessaires pour avoir accès à une protection adéquate

    la question, très délicate, des séparations entre les parents. Thierry Consigny, Président de la Commission des affaires sociales et des anciens combattants à l’AFE, nous rappelle à cet égard que « la loi de la famille date de 130 ans, et le système judiciaire a parfois tendance à donner une interprétation littérale de la loi ».

    https://twitter.com/i/status/1175634067649257472

    Plusieurs dizaines de pères français seraient ainsi coupés de leurs enfants suite à leur séparation d’avec la mère de ces derniers, causant drames familiaux et désarroi. la mobilisation est forte et touche tous les communautés d’expatriés comme en témoigne la manifestation du dimanche 22 septembre 2019 (vidéo ci-dessus)

    On est loin, très loin, de l’ambiance festive des stades…

  • Greta Thunberg à New York pour le sommet sur le climat – VIDEO BBC

    Dans un discours virulent à l’ONU, la jeune Suédoise Greta Thunberg a blâmé les dirigeants de la planète pour leur inaction contre le changement climatique, au début d’un sommet consacré à ce sujet à New York.

    « Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan  Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. e fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle ? Comment osez-vous ! »

    Elle a, comme à chacune de ses interventions, répété les faits scientifiques confirmant le réchauffement accéléré de la planète, puis s’en est prise aux chefs d’Etats et de gouvernements présents au même sommet, auquel le secrétaire général de l’ONU l’avait invitée.

    « Vous nous avez laissés tomber. Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison », a dit Greta Thunberg. « Si vous décidez de nous laisser tomber, je vous le dis : nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en sortir comme ça ».

    « Le monde se réveille, et le changement arrive, que cela vous plaise ou non. Merci », a-t-elle conclu, très applaudie dans la grande salle de l’Assemblée générale.

  • Mini-sommet à Malte pour sortir les sauvetages en mer de l’impasse

    Les ministres de l’Intérieur de cinq pays de l’UE se sont réunis lundi à Malte pour s’entendre sur un mécanisme de répartition automatique des migrants, un dispositif visant à mettre fin aux négociations au cas par cas à chaque sauvetage opéré en Méditerranée.

    Réunis pour une journée, les ministres de l’Intérieur allemand, français, italien, finlandais (en tant que président tournant de l’UE) et maltais ont élaboré un système qui permettra aux pays européens volontaires de se répartir de façon systématique les personnes secourues en mer, en particulier par les ONG.

    Le commissaire européen en charge des migrations, Dimitris Avramopoulos, a pris part aux travaux qui doivent déboucher sur un accord lors d’un Conseil « Affaires intérieures » début octobre à Luxembourg.

    Ardemment réclamé par l’Italie, qui accuse ses partenaires de ne pas l’avoir soutenue face à la crise migratoire, le mécanisme de répartition se veut temporaire dans l’attente de la renégociation du règlement de Dublin, qui confie le traitement des demandes d’asile au pays d’arrivée.

    Cette règle est jugée injuste parce qu’elle fait reposer, pour de simples raisons géographiques, le fardeau de l’accueil sur l’Italie, la Grèce, l’Espagne ou Malte, principales portes d’entrée des migrants.

    Soutenu par plusieurs pays, à commencer par la France et l’Allemagne, et coordonné par la Commission européenne, le nouveau système doit « garantir à l’Italie ou à Malte que leurs partenaires puissent rapidement prendre en charge les personnes débarquées et avoir une organisation plus solidaire et efficace », a déclaré mercredi le président français Emmanuel Macron, lors d’un déplacement à Rome.

    Paris et Rome, qui ont affirmé à cette occasion leur unité après des années de dissensions sur cet épineux dossier, défendront désormais au sein de l’UE « une position commune pour que tous les pays participent d’une façon ou d’une autre » à l’accueil « ou bien soient pénalisés financièrement », a expliqué M. Macron.

    Avec l’arrivée du nouveau gouvernement formé par le Parti démocrate (gauche) et le Mouvement 5 Etoiles (antisystème), l’Italie a assoupli sa politique migratoire après la série de mesures anti-migrants prises par l’ancien ministre de l’Intérieur, le souverainiste Matteo Salvini.

    Rome a ainsi rouvert ses ports que M. Salvini avait fermés aux navires de sauvetage en mer.

    Tourner la page

    « Nous devons faire sortir le thème de l’immigration de la propagande anti-europénne », a affirmé mercredi le Premier ministre italien Giuseppe Conte.

    Lors d’une réunion informelle en juin à Paris des ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, une quinzaine de pays avaient donné leur accord à la création d’un « mécanisme de solidarité européen », dont huit (France, Allemagne, Portugal, Luxembourg, Finlande, Lituanie, Croatie Irlande) s’étaient dits prêts à y prendre part « de manière active ».

    Selon des informations de presse, la France et l’Allemagne accepteraient d’accueillir chacune 25 % des migrants secourus tandis que l’Italie en accueillerait 10 %.

    Si l’on sait déjà que seuls les pays volontaires intégreront le nouveau système, et qu’il ne concernera que les migrants arrivant par la mer, plusieurs interrogations subsistent.

    Il faudra savoir si la sélection entre les personnes éligibles au droit d’asile et les migrants dits « économiques », qui n’ont pas vocation à rester en Europe, sera effectuée dès l’arrivée à terre (comme le souhaite la France) ou dans le pays de destination.

    Un autre point à éclaircir est la notion de port sûr « le plus proche », prévue par le droit maritime international. L’Italie plaide pour une « rotation » des ports d’accueil (qui inclurait Marseille par exemple) pour soulager les pays du sud de l’Europe, mais la France se montre réticente à cette solution.

    Selon Matteo Villa, chercheur à l’Institut pour les études de politique internationale de Milan (ISPI), un accord qui ne concernerait que les migrants secourus en Méditerranée centrale « serait perçu comme inéquitable » par les pays d’arrivée se trouvant sur les deux autres routes, de Méditerranée occidentale (Espagne) et orientale (Grèce).

    « D’autant que contrairement à ce qui s’est passé depuis 2011, en 2019 c’est la route de Méditerranée centrale qui a été la moins concernée par les arrivées irrégulières », explique l’expert.