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  • Alimentation, activité physique : les bons réflexes en période de confinement

    Pour lutter contre la propagation du coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la maladie Covid-19, les autorités ont mis en place sur l’ensemble du territoire des mesures collectives de distanciation sociale et de confinement. La majorité d’entre nous va vivre dans des espaces potentiellement restreints, pour une durée qui pourrait atteindre plusieurs semaines.

    Ces contraintes, combinées avec le respect scrupuleux des gestes barrières, sont indispensables pour enrayer la progression de l’épidémie et protéger les personnes vulnérables. Dans ces circonstances exceptionnelles, il est plus que jamais indispensable de ne pas oublier les comportements destinés à rester en bonne santé sur le long terme. En plus de ce que nous pouvons faire pour notre santé mentale et celle des autres, il faut en particulier adapter nos comportements alimentaires et notre activité physique à ce nouveau mode de vie.

    Récapitulons les bons réflexes à adopter en matière d’alimentation et d’activité physique.

    Limiter la sédentarité

    Rester confiné chez soi, c’est passer de longues heures en position assise ou allongée : pour lire, télétravailler, regarder un film… Ce temps passé assis ou allongé (en dehors du sommeil), qu’on appelle le « temps sédentaire », est un facteur de risque de maladies chroniques. Certaines études suggèrent que les activités sédentaires dites « passives » (regarder la télévision, par exemple) seraient associées au risque de dépression. S’il faut y prêter davantage attention, c’est aussi parce que l’activité physique que l’on peut réaliser dans la journée ne compense pas totalement les effets du temps sédentaire.

    C’est la raison pour laquelle il est indispensable de limiter le temps passé assis ou allongé dans la journée : levez-vous fréquemment (au moins toutes les 90 ou 120 minutes, voire encore mieux toutes les 30 minutes) pour réaliser une tâche ou étirez-vous, bougez et marchez un peu au sein de votre domicile, téléphonez en marchant ou travaillez sur l’ordinateur debout… Autant de petits gestes qu’il est important de multiplier tout au long de la journée.

    Maintenir une activité physique

    L’activité physique est une composante essentielle du maintien de la santé. Elle est associée à long terme à une réduction du risque de maladies chroniques et participe à notre bien-être global.

    Depuis le 17 mars 2020, les déplacements et les rassemblements, y compris en petits groupes sont interdits. L’activité physique de groupe n’est désormais plus possible. S’il est encore pour l’instant autorisé de sortir près de son domicile pour une activité physique individuelle (dans un périmètre réduit, une seule fois par jour et pour une durée limitée), la réduction indispensable de nos déplacements impose de réaliser de l’activité physique au domicile.

    À l’ère du numérique, Internet regorge d’outils permettant de réaliser une activité physique à domicile. À titre d’exemple, le site mangerbouger.fr vous donne quelques pistes pour réaliser divers exercices afin de maintenir ou d’améliorer musculature, souplesse, mobilité articulaire, et même endurance cardio-respiratoire. Les exercices présentés sont faciles à réaliser, ne nécessitent pas obligatoirement de matériel spécifique, et peuvent être accomplis dans l’espace parfois restreint d’un appartement.

    Concrètement il est recommandé de pratiquer au moins 1 heure par jour d’activité physique dynamique (correspondant à une intensité au moins modérée, équivalente à la marche rapide) pour les enfants et les adolescents, et au moins 30 minutes par jour pour les adultes. Cette quantité d’activité physique peut être plus importante : pour la santé, un peu d’activité physique c’est déjà bien, plus c’est encore mieux !

     

    sédentarité et ses tentations.. ©Stock adobe

    Trouver la motivation pour bouger

    Si vous souhaitez effectuer une activité physique en groupe : branchez votre logiciel de visioconférence ! Vous pourrez ainsi vous motiver à bouger avec vos proches ou vos amis sans risque. Dans le cas où vous seriez plusieurs dans votre logement, veillez à laisser 2 mètres au minimum entre 2 personnes, ou exercez-vous à tour de rôle dans une pièce bien aérée.

     

    Vous pouvez aussi danser : profitez des nombreux sites de musique en ligne, et fouillez votre musicothèque, vous trouverez forcément une musique à votre goût. Mais n’oubliez pas votre casque pour les voisins.

    Si vous n’avez pas d’idées pour bouger, seul ou en famille, de nombreux professionnels – notamment des enseignants en activité physique adaptée du dispositif Maisons Sport-Santé vous proposent des activités sur Internet. Si vous avez besoin d’être supervisé par un professionnel, un certain nombre de plates-formes vous proposent des séances adaptées à chacun, par visioconférence. Enfin, certains enseignants en activité physique adaptée en libéral pourraient vous accompagner de leurs conseils par téléphone. Vous pouvez également vous rapprocher d’un kinésithérapeute.

    Quelle que soit la solution que vous choisirez, il est important de pratiquer en toute sécurité :

    • Pensez à vous échauffer 5 à 10 minutes avant tout exercice physique : en marchant sur place et en mobilisant doucement les articulations ;
    • Ne forcez pas. La douleur n’est pas synonyme d’efficacité ;
    • Buvez avant, pendant et après votre activité : n’attendez pas d’avoir soif !
    • Couvrez-vous pour ne pas prendre froid et prenez une douche après les exercices ;
    • En cas de fièvre ou dans les 8 jours qui suivent l’épisode infectieux : ne pratiquez pas d’exercices intenses, lors desquels vous êtes essoufflé et où votre rythme cardiaque s’accélère ;
    • Respectez les gestes barrières.

    Pendant les repas, réduisez les portions

    Inéluctablement, et malgré le maintien d’une activité physique au domicile, notre activité physique totale risque de diminuer de façon importante en période de confinement. Nos besoins journaliers en énergie dépendent d’une part de notre poids et de notre activité physique. Notre poids détermine notre métabolisme de base, c’est-à-dire ce que dépense notre organisme pour fonctionner au repos. Notre activité physique détermine ce que dépense notre organisme pour fonctionner en mouvement. Si nous bougeons moins, la dépense liée à l’activité diminue, et nos besoins diminuent d’autant. Il faut donc nécessairement diminuer les quantités consommées, car si nos apports dépassent nos besoins, nous risquons de prendre du poids.

    Or, les habitudes de consommation, et en particulier les tailles de portion que nous servons sont souvent des automatismes. Par ailleurs, nous avons, pour beaucoup, appris à finir nos assiettes, si pleines soient-elles. Il est donc important d’évaluer les quantités servies, voire d’utiliser des assiettes de plus petite taille, ce qui vous conduira naturellement à réduire la taille des portions proposées et à adapter votre consommation.

    Autre point à surveiller : l’anxiété liée au risque de pénurie peut nous conduire à stocker de façon irrationnelle, et à manger davantage. Il est donc nécessaire d’être attentifs aux signaux de faim et de satiété de notre corps. Et de respecter autant que possible des horaires réguliers pour les repas, et de veiller à leur équilibre nutritionnel global.

    Veillez à votre équilibre alimentaire

    Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé qu’il n’y avait aucune pénurie dans les commerces alimentaires. Ceux-ci restant ouverts et approvisionnés, le maintien d’une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes et produits végétaux reste tout à fait possible.

    Pensez à vous approvisionner en produits frais si c’est possible, en particulier fruits et légumes, mais évitez de saturer votre réfrigérateur de produits périssables qui risquent d’augmenter le gaspillage alimentaire. Rappelez-vous que pour les fruits et légumes en particulier, les surgelés et conserves de produits bruts peuvent eux aussi participer à votre consommation, et sont des alternatives utiles aux produits frais. Planifiez vos repas à l’avance, pour mieux gérer les stocks. Gardez les réflexes d’hygiène : lavez les produits bruts à l’eau claire et épluchez-les.

    L’important est d’équilibrer vos repas. Composez ces derniers et de consommer fruits et légumes en abondance, produits céréaliers complets (pain complet ou aux céréales, pâtes et riz complets…), légumineuses (lentilles, pois-chiches, haricots…), volaille, fruits à coque sans sel (une poignée par jour : noix, noisettes, amandes…), produits laitiers (2 par jour). Limitez la viande hors volaille (pas plus de 500g par semaine chez un adulte) et la charcuterie (pas plus de 150g par semaine) et consommez du poisson deux fois par semaine.

    Si vous en consommez limitez l’alcool, il a des conséquences à court terme sur votre bien-être (et celui de vos proches) et à long terme sur votre santé. Ne dépassez pas 2 verres par jour (en sachant que moins, c’est mieux) avec des jours sans (10 verres par semaine, pas plus).

    Cuisinez, et évitez le grignotage !

    Le confinement au domicile peut être l’occasion de commencer (ou recommencer) à réaliser des repas à partir de produits bruts, et à reprendre confiance dans vos capacités à cuisiner.

    Pensez à y associer les enfants, y compris les plus jeunes. Cuisiner peut être un moyen de familiariser les enfants avec des aliments qu’ils connaissent moins, en particulier les légumes, et qu’ils ont tendance à rejeter naturellement à certains âges.

    Préparer les repas à partir de produits bruts contribue aussi à diminuer la consommation de produits industriels ultra-transformés, et à mieux contrôler les quantités de sucre, sel et matières grasses entrant dans la composition des plats.

    Avec le confinement, la distance avec les placards pleins et le réfrigérateur se réduit, et la disponibilité alimentaire augmente. L’ennui, l’anxiété ou l’inquiétude sont autant de facteurs qui peuvent nous pousser à consommer des produits, avec un attrait particulier pour les produits gras, salés ou sucrés.

    Apprenez à vous connaître : tâchez de reconnaître un vrai signal de faim d’une envie de manger, et évitez de répondre au second.

    Et si la fringale s’installe, plutôt qu’un produit gras, sucré ou salé, préférez un fruit, une poignée de fruits à coque sans sel ou, pour les enfants, un produit laitier.

    Un article de Chantal Julia publié sur

  • Coronavirus: le point en Extrême-Orient

    Nous vous informons régulièrement de la situation sur le Coronavirus.

    Nous l’avons fait concernant le Royaume-Uni et les Etats-Unis , l’Italie et l’Espagne, l’Allemagne et l’Europe centrale, le Benelux, le Maghreb, le Moyen-Orient. Nous le faisons désormais concernant l’Extrême Orient

    Les JO de Tokyo décalés d’un an, la vie continue pour le moment dans le pays du soleil levant

    La situation au Japon est calme mais les JO sont décalés d’un an

    Fernand Souply-Pierard, jeune homme en voyage touristique au Japon, nous a décrit la situation sur place « au Japon tout va bien, on s’y sent en sécurité. Plus ou moins 80 à 90% des gens portent des masques et il est possible de trouver presque partout des distributeurs de gel hydroalcoolique. Évidemment il y a très peu de touristes, ce qui rend l’expérience vraiment incroyable. Tout est ouvert, mis à part quelques bâtiments/musées. Mais certains réouvrent. Demain nous aurons même l’occasion d’aller dans un parc à thèmes qui vient de réouvrir, pour y faire une petite croisière One Piece. Il y a bien quelques réductions de service dans les gares mais rien d’important. Il ne devrait même pas y avoir de lockdown à Tokyo avant au moins trois semaines. Tout est propre et ordonné. J’ai même pu voir aujourd’hui un ouvrier de la gare de Kyoto désinfecter en permanence un escalator. »

    Situation qui contraste avec l’Europe. Pour autant la pandémie, internationale par définition, rend impossible les grands évènements internationaux. Décision a été prise de décaler les Jeux Olympiques de Tokyo qui étaient prévus cet été. Ils auront lieu l’année prochaine.

    Les hôtels baissent leurs prix à Hong-Kong

    Plus aucun non-résident ne peut se rendre à Hong Kong

    Dès ce mercredi 25 mars, Hong Kong va interdire l’accès à son territoire à tous les non-résidents, qui arrivent de l’étranger en avion. Les résidents de Hong-Kong – et ceux de Chine continentale, de Macau et de Taiwan, se verront également temporairement refuser l’entrée s’ils ont voyagé à l’étranger les 14 derniers jours.

    « les singapouriens sont particulièrement disciplinés. Ce n’est pas qu’une légende. Par ailleurs le pays est surperformant en matière de soins de santé. Ces deux éléments pris ensembles, je ne suis pas trop inquiet » Daniel, franco-allemand basé dans la cité Etat

    Des mesures très strictes pour l’ancienne colonie britannique qui craint que, sans cela, la pandémie recommence à progresser sur son territoire. Marc Guyon, administrateur de l’UFE locale, a détaillé une autre mesure : une vingtaine de chambres disponibles au Novotel Nathan road pour ceux en quarantaine. $400 au lieu de $490 pour les Français.

    Ailleurs sur le continent, à Singapour, tous les visiteurs en court séjour (tourisme, voyage d’affaires, transit…) sont interdits d’entrée et de transit à Singapour. Le ministère du travail singapourien n’autorise actuellement que les détenteurs de permis de travail et leur famille (Dependant Pass, Long Term Social Visit Pass) exerçant dans des secteurs essentiels (comme la santé ou les transports) à revenir à Singapour de l’étranger.

    Daniel, franco-allemand qui travaille sur place dans la finance, nous a fait part de son ressenti : « les singapouriens sont particulièrement disciplinés. Ce n’est qu’une légende. Par ailleurs le pays est surperformant en matière de soins de santé. Ces deux éléments pris ensembles, je ne suis pas trop inquiet. La Cité-Etat est certes très densément peuplée mais elle peut aussi, du fait de sa petite taille et de la qualité de ses services, y compris l’armée, facilement se confiner ».

    Aux Philippines, au Vietnam, dans les pays qui ont des capacités de réaction moins importantes que Singapour et Hong-Kong, la situation est beaucoup moins claire. Comme en Inde, qui vient par ailleurs spectaculairement de décider le confinement de ses 1,3 milliards d’habitants, les systèmes de santé y sont moins performants et les tests peu disponibles.

    En Asie, comme en Europe, la situation pourrait fortement évoluer encore les prochains jours et semaines.

  • Touristes bloqués : encore 60 000 Français

    La France a déjà organisé le retour de plus de 60.000 Français parmi les 130.000 bloqués à l’étranger par le Covid-19 via un « pont aérien » de plus de 140 avions.

    Nombre de pays très touristiques, du Maroc au Pérou en passant par la République dominicaine, ont brutalement fermé leurs frontières ou suspendu leurs vols à destination de l’Europe, désormais au cœur de la pandémie de coronavirus, bloquant de nombreux étrangers sur place.

    « Dans leur très grande majorité, les situations de nos ressortissants qui sont en voyage nous sont connues et nous travaillons pour résoudre tous les problèmes », a assuré Jean-Yves Le Drian. « On s’occupe de tous les cas, tous les lieux », a-t-il martelé.

    Un dispositif adressé aux touristes et personnes en voyages d’affaires excluant les expatriés

    Le ministre a expliqué multiplier les contacts avec ses homologues à travers le monde pour obtenir l’autorisation de faire atterrir des avions et ramener les touristes bloqués. « C’est un travail acharné », a-t-il relevé, en se décrivant comme « ministre des Affaires étrangères et logisticien ». « Je passe mon temps entre les compagnies aériennes et les ministres ». »C’est très compliqué partout, il y a des aéroports qui sont fermés. Il faut donc obtenir l’autorisation de se poser, y compris quand il s’agit de vols commerciaux classiques. Cela se règle souvent par des coups de téléphone, la plupart du temps à mon niveau », a-t-il raconté.Le gouvernement travaille en liaison avec différentes compagnies aériennes, françaises et étrangères, qui programment des vols commerciaux réguliers ou spéciaux selon les cas. Ce dispositif concerne « exclusivement » les touristes et personnes en voyages d’affaires, a réitéré le Ministre.

    Plus de 400 d’entre eux devraient rentrer mardi des Philippines où la situation s’avère compliquée car les vols intérieurs sont suspendus et les quelque 1 300 personnes concernées sont disséminées sur différentes îles.

    Idem au Pérou d’où plus de 300 Français ont pu être ramenés dimanche mais où plusieurs centaines sont encore coincés dans des sites éloignés de Lima, la capitale, notamment à Cuzco qui abrite le célèbre site de Machu Picchu, et à Arequipa dans la Cordillère des Andes.

    Jean-Yves Le Drian a invité une nouvelle fois, lors de ces déclarations hier et aujourd’hui, les Français résidant habituellement à l’étranger à y demeurer et à respecter les règles de confinement locales. 

    Cependant, le gouvernement, à la demande des élus des Français résidents hors de France, permet aux expatriés Français qui rentreraient d’être pris en charge immédiatement par la caisse de sécurité sociale générale.

    Le dispositif SOS Un toit !

    Cependant les autorités françaises ont lancé un service d’urgence de mise en relation des Français de passage en situation de difficulté et des Français expatriés établis hors de France pouvant les accueillir.

    Ce dispositif d’entraide permet de proposer un hébergement ou d’en trouver un dans 197 pays à travers le monde à l’adresse web suivante : www.sosuntoit.com

    Une initiative bienvenue alors que les lignes aériennes arrêtent progressivement leurs vols et que, dans certains pays (Espagne, Grèce…), les hôtels ferment leurs portes. Malheureusement dans les pays les plus touristiques, les Français sur place sont souvent liés à l’activité touristique, ils sont souvent dans des situations délicates

    Rappelons qu’il est conseillé de s’inscrire aussi sur le site Ariane qui permet aux ambassades et consulats sur place de recenser et d’informer les Français en voyage dans le pays dont ils s’occupent.

     

     

     

  • Jeux Olympiques de Tokyo reportés d’un an

    Le monde olympique n’est plus totalement hermétique : les milliers de morts, les centaines de milliers de malades sur tous les continents, les appels d’athlètes décontenancés et une opinion publique interloquée ont eu raison de l’obstination du Comité international olympique (CIO), résolu à reporter les Jeux de Tokyo 2020.

    La fédération internationale d’athlétisme, sport roi des JO, a rendu publique, juste avant la réunion décisive du CIO de dimanche, sa lettre réclamant un report. World Athletics ne dépend pas des subsides du CIO et son président, Sebastian Coe, n’est pas membre de l’instance : deux raisons pour lesquelles la fédération fut la première, et la seule, à oser accentuer la pression sur Thomas Bach.

    Convaincre le Japon

    Depuis plusieurs semaines, l’Allemand voulait rester maître du calendrier et gagner du temps, trancher le plus tard possible. L’évolution de la pandémie dans le monde ne lui en a pas laissé l’occasion, l’état de l’opinion publique non plus, et le CIO ne sortira pas grandi de cette valse-hésitation.

    Le souci de ne pas froisser le partenaire japonais a primé, insistent des connaisseurs du mouvement olympique. Le CIO est assuré contre l’annulation et le report des Jeux et, quoi qu’il en soit, Tokyo 2020 sera le premier à payer la facture du report.

    Le comité d’organisation va entretenir des installations coûteuses, indemniser des sous-traitants, relancer une campagne de billetterie et de recrutement de bénévoles, prolonger des employés.

    Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, qui comptait sur les JO pour redorer une image ternie par sa gestion de la pandémie de Covid-19, a longtemps insisté sur le maintien du calendrier prévu. Puis une porte s’est ouverte : un discours dans lequel il a assuré que les JO se tiendraient, sans préciser la date.

    Dans le même temps, un sondage révélait que 70 % des Japonais jugeaient impossible l’organisation des Jeux en juillet. Et la pandémie a atteint les continents africain et américain, l’Organisation mondiale de la santé craignant que le pic ait lieu cet été dans ces régions du globe.

    « Tous ces éléments se sont rassemblés pour que les organisateurs et, plus important, les autorités japonaises réalisent ce qui était en jeu », estime Dick Pound. Pour l’ancien vice-président du CIO, qui dirigea sa commission marketing durant deux décennies.

    Thomas Bach s’est employé ces derniers jours à convaincre Tokyo qu’il n’y avait pas de solution alternative au report : « Ils ont désormais compris qu’il y avait un problème, je pense que le CIO les en a convaincus. »

    La moins mauvaise des solutions

    Le CIO est seul responsable de l’organisation, ou non, des Jeux. Mais pour en changer la date, il lui fallait obtenir l’aval des maîtres d’œuvre. Prendre une décision de concert permet aussi d’éviter que l’une des deux parties se retourne contre l’autre.

    Un autre connaisseur de l’instance olympique avance :

    « Depuis une semaine ou deux, le CIO tentait de convaincre les Japonais de la nécessité d’envisager un plan B, mais ils n’en voulaient pas. Ils ne voulaient pas être accusés de ne pas pouvoir organiser les Jeux en temps et en heure. Une fois qu’Abe a compris que ce n’était plus un problème japonais, mais mondial, cela lui a donné la couverture politique pour admettre qu’on pouvait avoir un plan B. »

    Pour le CIO, le report est la moins mauvaise des solutions. Une annulation aurait été une catastrophe économique, ouvrant la porte à de multiples recours de la part des sponsors et des diffuseurs, au-delà des pertes de billetterie. Le maintien aux dates prévues aurait davantage endommagé l’image du CIO, et fait courir le risque d’une compétition dévaluée, sans certains pays.

    En de telles circonstances, sponsors et diffuseurs n’ont d’autre option que de se plier au choix du CIO. « Le processus de décision ne tient pas compte de ces facteurs. Ce sont la santé des athlètes et les contraintes logistiques qui priment, assure Michael Payne, ancien directeur marketing du CIO. Tous ces partenaires sont engagés à long terme, la plupart jusqu’en 2032. Tant que les Jeux ont lieu, ils seront très heureux et ne se retourneront pas contre le CIO. » Lundi, NBC et Coca-Cola, partenaires majeurs, se sont dits solidaires du report.

    2021, seule option raisonnable ?

    Depuis lundi s’est ouvert un nouveau front. Le Japon espère encore pouvoir organiser les Jeux cette année, comme l’a dit le président du comité organisateur, Yoshiro Mori :

     « On s’appelle 2020, donc la tendance, pour le moment, c’est cela. » « La discussion va être intense, prédit Michael Payne. Le CIO va pousser pour une décision aussi rapide que possible, tandis que les Japonais voudront étudier le problème sous tous ses aspects et militeront pour l’automne prochain, plus simple logistiquement. »

    Dick Pound considère intenable l’option d’octobre : « Elle sera étudiée, mais les risques seront bien plus grands qu’avec un report d’un an. » Le monde du sport, lui, penche pour un report à 2021 et s’organise en conséquence. World Athletics prend déjà ses dispositions pour décaler ses championnats du monde, prévus en août 2021 aux Etats-Unis.

    Plus significatif, le Comité olympique australien a demandé à ses athlètes de se préparer pour une édition dans un an. Son président, John Coates, est un allié fidèle de Thomas Bach et dirige la commission d’organisation des Jeux de Tokyo. Sa voix porte et personne au CIO ne maîtrise mieux que lui les détails organisationnels.

    « L’intervention des comités olympiques nationaux renforce le CIO, qui avancera que c’est la seule solution possible. Le CIO va demander aux Japonais d’être plus réalistes », avance Michael Payne.

    Le CIO, qui a parfois donné l’impression d’être prêt à organiser son épreuve coûte que coûte, ne sortira pas grandi de cette gestion de la crise, notamment vis-à-vis des athlètes. « Il a raté une chance de montrer de l’empathie », a estimé Urs Lacotte, directeur de l’instance de 2003 à 2011, dans un entretien à l’Agence France-Presse.

  • La France veut déclencher le mécanisme européen de stabilité

    L’outil de gestion de crise financière des pays de la zone euro doit être activé sans attendre et sans condition, a demandé Bruno Le Maire avant une réunion de l’Eurogroupe.

    « C’est une question de jour », a tranché le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Le déclenchement du mécanisme européen de stabilité (MES) ne doit plus attendre.  « Quand on a prévu un instrument pour la crise, il me semble sage d’y recourir sans condition  », a insisté le ministre lors d’une conférence de presse le 24 mars. « La réponse européenne doit être la plus volontariste possible », a-t-insisté.

    Pour l’heure, les décisions européennes pour faire face aux conséquences du coronavirus ont été à la hauteur des attentes françaises. « La clause de souplesse budgétaire a été déclenchée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen »,  a rappelé le ministre français.

    Ainsi, les économies européennes pourront sortir en toute sécurité des règles budgétaires européennes pour soutenir leur économie, sans encourir de rappel à l’ordre de Bruxelles.

    La mise à l’arrêt du pacte budgétaire européen a également été suivie d’un aménagement des règles européennes en matière d’aide d’État, annoncé par la commissaire Margrethe Vestager. Ce qui devrait permettre à la France de porter secours à certaines de ses grandes entreprises, Air France-KLM en tête, sans se mettre en porte-à-faux avec la loi européenne.

    Enfin, Bruno Le Maire s’est félicité de la décision de la Banque centrale européenne, qui a annoncé un vaste plan de rachat de dette publique et privée de 750 milliards d’euros. « C’est une bonne décision prise au bon moment », a affirmé le ministre.

    Nouvelles mesures européennes

    Si cette série de mesures européennes a été saluée par Bruno Le Maire, le ministre a également rappelé qu’elle ne serait pas suffisante face à l’ampleur de la crise. « Il faudra faire beaucoup plus », a-t-il affirmé.

    En France, l’activité industrielle ne tourne qu’à environ 25%, selon Bercy, avec des disparités importantes selon les secteurs, dont certains comme l’industrie automobile connaissent une chute de 80 à 85% de leur chiffre d’affaire. « Cette crise peut avoir un impact durable comparable à la grande récession de 1929 » a affirmé Bruno Le Maire.

    Pour répondre aux enjeux économiques du continent, Bruno Le Maire a appelé à une utilisation rapide du mécanisme européen de solidarité (MES). « Il faut qu’il puisse être utilisé, notamment pour les pays qui en ont besoin » a-t-il martelé.

    Le MES, qui doit apporter une aide financière aux pays de la zone euro afin de maintenir sa stabilité financière en période de crise, a été mis en œuvre dans le sillage de la crise financière de 2008, qui a  déstabilisé l’économie de la zone euro.

    Prévu pour intervenir en cas de risque de défaillance d’un État membre de l’union monétaire, le fonds européen n’a jamais été activé. Mais la crise engendrée par le coronavirus a rendu l’activation de cet instrument urgente.

    « Nous souhaitons pouvoir utiliser une ligne du mécanisme européen de stabilité », a indiqué Bruno Le Maire. Le déclenchement du MES doit intervenir « dans les semaines qui viennent » a-t-il insisté.

    Italie a également appelé au déclenchement du MES dans les plus brefs délais et sans condition limitative. Mais l’Allemagne, principal contributeur au MES, a fait savoir il y a quelques jours qu’une activation n’était pas encore à l’ordre du jour.

    Les ministres européens de l’Économie et des Finances doivent se retrouver ce 24 mars en visioconférence pour discuter de cette mise en activité du dispositif. « Nous avons eu de longues discussions hier, nous aurons de longues discussions aujourd’hui, sans doute tout au long de la nuit sur ce sujet » a reconnu le ministre français.

  • Traitement miracle contre le Covid-19 ou faux espoir ?

    Les Français de l’étranger sont perplexes face à ce traitement.  En France, le Dr Raoult à Marseille, a décidé de continuer à distribuer le médicament, le gouvernement français a pourtant limité son utilisation aux cas les plus graves et ce sans conviction. Mais en Iran ou en Arabie Saoudite et en Chine comme en Corée du Sud, des pays qui aujourd’hui maitrisent l’épidémie, il a été décidé de procéder à la large diffusion de masques et l’utilisation de ce traitement , le contraire des prescriptions françaises. Ce matin d’autres pays ont passé le cap, le Maroc, la Belgique, les Etats-Unis ont officiellement reconnu l’ hydroxychloroquine comme traitement et commencent à le déployer.

    On fait le point avec vous des connaissances sur ce traitement !

     

    Qu’est-ce que c’est ?

    C’est un antipaludique (ou antipaludéen) bon marché et utilisé depuis plusieurs décennies contre le paludisme, un parasite véhiculé par le moustique. Elle est connue sous plusieurs noms commerciaux, selon les pays et les laboratoires qui les fabriquent: Nivaquine ou Resochin par exemple.

    Il existe un dérivé, l’hydroxychloroquine, mieux toléré, connu en France sous le nom de Plaquénil, pour les maladies articulaires d’origine inflammatoire, telles que la polyarthrite rhumatoïde. Les effets secondaires sont nombreux mais peu fréquents : nausées, vomissements, éruptions cutanées mais aussi atteintes ophtalmologiques, troubles cardiaques, neurologiques …

    Un surdosage peut être particulièrement dangereux et les médecins déconseillent formellement d’en consommer sans avis médical. (Jusqu’au 15 janvier, les médicaments contenant la molécule en faible concentration était en vente libre en France).

    « Ces deux médicaments sont dits « à marge thérapeutique étroite », ce qui signifie que la dose efficace et la dose toxique sont relativement proches », avertit la Société française de pharmacie.

    Plusieurs laboratoires qui fabriquent des médicaments à base de chloroquine ont annoncé des dons aux autorités sanitaires de plusieurs pays et/ou l’augmentation ou la reprise de leur production.

     

    Que sait-on de ses effets sur le coronavirus ?

    File d’attente pour se faire tester au Covid-19 à Marseille – AFP

    Mi-février, des chercheurs chinois ont affirmé avoir eu des résultats positifs avec des essais cliniques portant sur une centaine de malades du Covid-19 dans une dizaine d’hôpitaux. Malgré le nombre réduit de patients et le manque de détails sur la méthodologie et les résultats des essais chinois, Didier Raoult, directeur de l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) Méditerranée infection et spécialiste reconnu des maladies infectieuses, a relayé en France ces résultats. Le Pr Raoult est aussi membre du comité scientifique placé auprès du gouvernement.

    Atypique et anticonformiste, il défend bec et ongles la chloroquine comme traitement, dans la presse et dans des vidéos très partagées sur internet. Il s’est attiré de nombreuses critiques d’autres scientifiques, qui appellent à prendre cette piste avec prudence, faute d’études cliniques faites selon les protocoles méthodologiques stricts et publiée dans une revue scientifique prestigieuse à comité de lecture indépendant.

     

    Des essais dans plusieurs pays

    Outre une série d’essais menés en Chine (chloroquine seule ou associée à d’autres molécules), les équipes du Pr Raoult testent la chloroquine sur des patients à l’IHU, des essais positifs selon l’équipe, qui a publié des résultats portant sur une vingtaine de patients. Ils ont reçu du Plaquénil et certains, en fonction de leurs symptômes, l’antibiotique azythromicine.

    « Malgré la petite taille de l’échantillon, notre étude montre que le traitement à l’hydroxychloroquine est associée, de façon significative à une diminution/disparition de la charge virale (…) et ses effets sont renforcés par l’azithromycine », selon l’étude co-signée par le Pr Raoult.

    Invoquant le serment d’Hippocrate des médecins, son équipe a annoncé dimanche son intention d’administrer dorénavant à « tous les patients infectés » hydroxychloroquine + azithromycine aux malades. Le traitement est aussi notamment dispensé au CHU de Nice avec le consentement des familles, selon le maire Christian Estrosi, lui-même traité par chloroquine. De son côté, l’AP-HP (hôpitaux publics parisiens) a constaté une forte demande en hydroxychloroquine des pharmacies d’hôpital depuis vendredi.

    Au niveau européen, un essai clinique baptisé Discovery, a été lancé dans plusieurs pays pour tester des traitements expérimentaux, dont l’hyroxychloroquine, un essai qui « inclura au moins 800 patients français atteints de formes sévères du COVID-19 » selon l’Inserm.

    Aux Etats-Unis, la FDA, qui supervise la commercialisation des médicaments, a annoncé « un essai clinique étendu à tous les malades » tout en rappelant que son rôle était de s’assurer que les produits étaient sûrs et efficaces.

     

    Pourquoi fait-elle polémique ?

    D’un côté, ceux qui appellent à la prudence et à attendre de vastes essais cliniques menés selon la stricte orthodoxie scientifique pour valider ou non le traitement par chloroquine; de l’autre, ceux qui veulent accélérer le processus et l’administrer très largement au nom de l’urgence sanitaire. En France, plusieurs élus font monter la pression pour généraliser rapidement l’utilisation de la chloroquine. Quant à Donald Trump, il en a vanté les mérites à plusieurs reprises.

    D’où le rappel très ferme de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) lundi, qui « condamne l’usage de médicaments sans preuve de leur efficacité », mettant en garde contre les « faux espoirs », dans une allusion à peine voilée à la publication de l’IHU. L’OMS pointe notamment le caractère réduit du nombre de patients et le fait qu’elle soit « non randomisée », c’est-à-dire que les groupes de patients (ceux qui reçoivent le traitement et ceux qui ne le reçoivent pas) n’aient pas été définis par tirage au sort. Elle n’est pas non plus « en double-aveugle », une méthode qui fait que médecins et patients ignorent qui reçoit le traitement.

    En France, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué lundi qu’il s’apprêtait à autoriser le traitement par hydroxychloroquine mais uniquement pour les formes graves et dans un cadre hospitalier « sur décision collégiale des médecins » et a promis un arrêté sur le sujet. « En l’absence de toute donnée probante », il est en revanche exclu de le prescrire dans la population générale ou pour des cas non sévères.

    L’histoire jugera…

  • Le plan de bataille du Gouvernement Français pour sauver l’économie

    L’économie n’est certes pas la guerre au sens militaire du terme, mais la situation actuelle avec la mise sous cloche d’une grande partie des activités peut s’assimiler à une situation de guerre. La réduction des transports au strict minimum, l’arrêt des usines, la fermeture des commerces non-essentiels constituent une première en temps de paix.

    Bruno Le Maire, a indiqué que « la guerre est aussi économique et financière, et elle doit mobiliser toutes nos forces », en écho au « nous sommes en guerre » répété à plusieurs reprises par Emmanuel Macron lors de son intervention du lundi 16 mars.

    Pour amortir le choc, le Gouvernement a annoncé des moyens sans précédent. Il devrait débloquer au moins 45 milliards d’euros et garantir jusqu’à 300 milliards d’euros de prêts que les entreprises solliciteront auprès de leurs banques pour passer la crise.

    Une dégradation inévitable des finances publiques

    Moins de recettes, plus de dépenses, le déficit public ne peut qu’augmenter. Le Gouvernement pare au plus pressé en prenant une série de mesures en faveur des entreprises et pour limiter les effets financiers du chômage technique auquel est confrontée une partie de la population.

    Dans le projet de loi de finances rectificative, le Gouvernement retient une baisse du PIB d’un point. Ce scénario suppose un rebond assez net au second semestre. La reprise en Chine depuis quelques jours conforte ce scénario. Le projet de loi de finances rectificative a porté le déficit public de 2,2 à 3,9 % du PIB. En fonction de l’évolution de la situation, le déficit pourrait être supérieur. En 2009, lors de la crise financière, le déficit public avait atteint 7,2 % du PIB. L’endettement devrait franchir le cap des 100 % du PIB pour s’établir en fin d’année 2020 à 105 % du PIB.

    le détail d’un premier plan de 45 milliards

    35 milliards d’euros sont affectés à des mesures de trésorerie. Les principaux impôts directs payés à l’État ont été suspendus : 12 milliards d’impôt sur les sociétés, en plus d’un milliard de taxe sur les salaires. La TVA et l’impôt sur le revenu, collectés à la source, ne sont en revanche pas concernés. Le Ministère de l’Économie devrait permettre le versement anticipé de certains crédits d’impôt en particulier, tels que ceux destinés au secteur culturel. L’administration fiscale s’est engagée à rembourser plus vite les créances, notamment les crédits de TVA. Les contrôles fiscaux sur les secteurs touchés sont également suspendus.

    Les entreprises ont pu reporter le paiement de 8,5 milliards d’euros de charges sociales exigibles au 15 mars ainsi que 13 milliards d’euros de charges que les grandes entreprises devaient acquitter au 5 avril. Les indépendants peuvent reporter leurs acomptes de trois mois. Un report des cotisations de retraite complémentaire (AgircArrco) est également envisagé par les partenaires sociaux. Le fonds de solidarité pour les TPE a été budgété à hauteur de 1 milliard d’euros (financé à hauteur de 750 millions par l’État et 250 millions pour les régions). Il devrait rapidement atteindre 2 milliards d’euros. Il viendra en aide aux petites entreprises en proie à des difficultés majeures. Sont visés : les commerces, les restaurants, les entreprises liées aux loisirs, les artisans, etc. Seront éligibles : les entreprises de moins de 1 million de chiffre d’affaires et celles dont le chiffre d’affaire a baissé d’au moins 70 % entre mars 2019 et mars 2020.

    L’État versera une indemnité mensuelle de 1 500 euros qui pourra être augmentée en tant que besoin. L’État a également décidé de couvrir l’indemnisation du chômage partiel à hauteur de 5,5 milliards d’euros pour les mois de mars et avril.

    Au niveau de la santé, l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) a été relevé de deux milliards d’euros pour payer les arrêts maladie, l’achat de masques et le soutien au personnel soignant. Par ailleurs, les entreprises pourront bénéficier du gel des loyers et des factures EDF. Il a été demandé aux banques de ne pas appliquer les agios, d’accorder des prêts, et d’autoriser les découverts. Le Premier Ministre comme le Ministre de l’Économie ont confirmé que l’État pourrait nationaliser des entreprises stratégiques en difficulté. La question pourrait se poser pour le groupe Air France/KLM ainsi que pour Renault.

  • Reprendre la main sur demain

    Depuis 1940, l’économie mondiale n’avait jamais connu une telle situation. Dans de très nombreux pays occidentaux et émergents, les gouvernements mettent leur pays en cape.

    Les usines sont arrêtées ou tournent au ralenti ; les activités de services sont limitées au minimum ; les chaines de commandement de nombreuses entreprises sont perturbées. Les Etats sont amenés à socialiser une partie des revenus des ménages et à soutenir les entreprises en difficulté. Les banques centrales monétisent les dettes.

    De nombreux fronts face au Coronavirus

    Face à la crise sanitaire, les gouvernements doivent se battre sur de nombreux fronts : limiter les effets sur la santé des concitoyens, assurer le fonctionnement minimal de l’économie pour éviter un collapse généralisé et préparer le redémarrage. Que ce soit en Europe et aux Etats-Unis, tous les moteurs de la croissance, que ce soit la production, la consommation, l’investissement ou le commerce extérieur, sont à l’arrêt. Si le tableau est sombre, il convient également de souligner qu’à la différence d’une guerre traditionnelle, les outils de production ne sont pas détruits. Ils ont été mis en sommeil. Le réseau Internet permet le maintien des liens sociaux et professionnels.

    En l’état actuel, la situation est compliquée mais pas critique, sous réserve que les populations ne tombent pas dans un nihilisme et dans la résignation. Le redémarrage de l’économie pourra être donc rapide mais pour relancer le système de production, les entreprises devront pouvoir avoir accès aux matières premières et aux biens intermédiaires. Une phase de reconstitution de stocks et de réorganisation des circuits devra être organisée afin d’éviter une montée des prix provoquée par la multiplication des goulets d’étranglement.

    Incertitude, tendance nationaliste..

    L’incertitude de la résurgence du virus constitue une autre menace à prendre en compte dans l’attente de l’élaboration de traitements et de vaccins. Les acteurs économiques devront, un temps, s’habituer à cette épée de Damoclès.

    La tentation nationaliste et protectionniste, déjà vigoureuse avant crise, constituera une menace prégnante en sortie de crise. La logique voudrait que des mesures internationales et coordonnées de relance soient adoptées. Au sein de l’Union européenne, la création d’une politique sanitaire commune ainsi que d’une plus forte mutualisation économique et financière devraient s’imposer afin d’éviter une implosion ou une déliquescence progressive.