Après la Covid-19, c’est maintenant le virus Ebola qui menace la Côte d’Ivoire. Un cas de la fièvre hémorragique a été détecté dans le pays pour la première fois depuis 1994. Une campagne de vaccination vient de débuter.


Après la Covid-19, c’est maintenant le virus Ebola qui menace la Côte d’Ivoire. Un cas de la fièvre hémorragique a été détecté dans le pays pour la première fois depuis 1994. Une campagne de vaccination vient de débuter.


Les Accords de Bretton Woods du mois de juillet 1944 fixaient les nouvelles règles financières et monétaires de l’économie mondiale, du moins pour les Etats qui acceptaient de s’y plier. Après la crise de 1929 et ses conséquences, les quarante-quatre Etats signataires avaient comme objectifs le rétablissement de la liberté des paiements internationaux pour relancer le commerce international et la stabilité des taux de change. Ce nouveau système reposait sur le dollar qui était la seule monnaie convertible directement en or. Ce choix entérinait la position dominante des Etats-Unis. Le système monétaire n’a pas réellement fonctionné comme escompté.
Le retour de la convertibilité des devises fut long à se dessiner ; pour le Franc il fallut attendre 1958. Après la pénurie de dollars des années 1945/1955, le monde doit faire face au phénomène inverse en lien avec les déficits croissants de la balance des paiements courants américaine et l’essor des eurodollars dont le marché est progressivement devenu supérieur à celui des Etats-Unis. La guerre du Vietnam avec les besoins financiers qu’elle générait, les problèmes politiques, la faible croissance en comparaison à celle qu’enregistraient l’Europe ou le Japon créaient un climat de défiance à l’encontre des Etats-Unis.
Dès 1964, sous l’impulsion du Général de Gaulle, la France demande la conversion des excédents de dollars en or. Elle fut suivie un peu plus tard par d’autres pays dont l’Allemagne. La parité de 35 dollars l’once était intenable du fait de l’augmentation du prix du métal précieux sur le marché libre. Dans ces conditions, afin de ne pas voir disparaître le stock d’or de la Réserve Fédérale, Richard Nixon pouvait soit procéder à une importante dévaluation au risque de provoquer une vague inflationniste, soit suspendre la convertibilité.
Au mois de mars 1973, les Etats membres du FMI optent pour les changes flottants ; le cours des devises sont fixés par le marché. Le 8 janvier 1976, les accords de la Jamaïque entérinent l’abandon du rôle légal de l’or. Le métal jaune s’était imposé comme étalon en raison de sa rareté, sa durabilité, sa densité, sa ductilité et sa facile identification. Le recours à l’or constituait une garantie pour les échanges et pour les placements.
Ce système a toujours été fragile car dépendant de la production d’or. L’arrivée de l’or des Amériques a ainsi déstabilisé l’Espagne et le Portugal au XVIe siècle. Dans une économie complexe et mondialisée, la référence à un bien physique pour déterminer la valeur des monnaies devenait de plus en plus difficile à tenir d’autant plus que l’or est également une matière première utilisée dans de nombreux secteurs économiques. Au vu des crises encaissées depuis 1971 par l’économie mondiale, il apparaît difficile d’imaginer aujourd’hui un système monétaire reposant sur l’or dont l’once vaut au mois d’août 2021 autour de 1800 dollars, soit 51 fois le cours légal d’il y a cinquante ans. La valeur d’une devise dépend de la situation comparée des économies et des politiques monétaires mises en place. Si le pouvoir d’influence des Etats est moindre que dans le passé, il en est de même pour la spéculation qui trouvait un terrain favorable avec les dévaluations et les réévaluations.
La fin de la convertibilité est la cause et la conséquence du développement des marchés financiers dont le poids au sein des économies a fortement augmenté dans les années 1990/2000. Les besoins de financement croissant des Etats, les importants excédents commerciaux des pays pétroliers, de l’Allemagne, du Japon ou de la Chine le rôle de plus en plus important des multinationales nourrissent la sphère financière qui a, en outre, bénéficié des nombreux progrès technologiques avec la digitalisation de ses activités.
L’abandon de la convertibilité en 1971 a, par ailleurs, conduit vingt ans plus tard à l’adoption par les Etats membres de l’Union européenne du Traité de Maastricht instituant l’euro. Pour sécuriser le marché unique ainsi que la politique agricole commune, les Européens ont, en effet, décidé d’abandonner leurs monnaies soumises à d’incessantes fluctuations.

Cinquante ans plus tard, la fin de la convertibilité du dollar en or apparaît comme une évidence. Avec la crise sanitaire qui a abouti à une augmentation sans précédent des bases monétaires grâce aux rachats d’obligations effectués par les banques centrales, certains s’interrogent sur la valeur à terme des devises. Celle-ci dépend avant tout des avantages comparés. Le dollar demeure la monnaie première et de loin au niveau mondial en raison de la surface économique et financière et du poids militaire du pays qui l’émet. Les Etats-Unis sont jugés sûrs et offrent encore un potentiel de croissance pour les prochaines années. Néanmoins, face à l’accumulation de dettes, un nombre croissant de personnes imaginent que l’avenir monétaire passe par les cryptomonnaies.
Après la fin de l’étalon or en 1971, les prochaines années pourraient être celles de la concurrence monétaire à l’intérieur des pays avec la cohabitation de plusieurs cryptomonnaies avec les devises officielles à moins que les banques centrales l’interdisent…

Les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles ce mardi 17 aout. Ils n’étaient pas les seules, dans la capitale belge, où sont installés le siège des institutions européennes et le QG de l’OTAN, les sirènes des convois diplomatiques ont résonné toute la journée dans les rues désertes en cette mi-d’aout. Sous la drache bruxelloise, l’avenir de milliers d’Afghanistan s’est donc décidé alors que Kaboul vit sa deuxième journée comme capitale de l’Emirat islamique d’Afghanistan.
Aujourd’hui, les afghans qui ont de l’électricité se sont réveillés avec une télévision d’État qui diffuse essentiellement des programmes islamiques, pré-enregistrés. Maulvi Ishaq Nizami a repris ses fonctions de directeur des media afghans qu’il occupait vingt ans auparavant.
Tolo TV, première chaîne privée du pays qui a connu un grand succès au cours des deux dernières décennies avec ses jeux télévisés, ses feuilletons et ses concours de jeunes talents, a cessé d’émettre ses programmes habituels, laissant place à des rediffusions d’une série turque sur l’Empire ottoman. Elle a toutefois diffusé un journal télévisé dans lequel une présentatrice interviewe un responsable taliban.
Cette ouverture des talibans est en accord avec les déclarations des nouveaux dirigeants du pays. Ce mardi après-midi, ils ont ainsi promulgué une amnistie générale pour tous les fonctionnaires d’État, les appelant à retourner au travail dès demain.
Mais quelles seront leurs réactions une fois la reconnaissance internationale acquise ? une fois que leurs engagements auprès des Russes et des Chinois de ramener l’ordre et le calme dans le pays seront réalisés ? Déjà des femmes ont osé manifester dans les rues de Kaboul..Ou seront-elles demain ?
Conscients des risques pour tous ceux qui ont collaboré avec les occidentaux, les Etats membres de l’Union européenne ont décidé, ce mardi 17 aout, de prendre en charge ces derniers et leurs familles. Pour cela les différents pays ont accordé leurs politiques de visas. En parallèle, le calme étant revenu à l’aéroport, les vols ont pu reprendre.
De la Belgique à la Pologne, tous les pays européens ont listé ainsi les prestataires et salariés afghans de ces vingt dernière années. l’Allemagne et à la France ont ainsi reçu une liste de près de 1000 personnes. Ces deux pays sont les seuls à avoir mis des moyens en oeuvre pour assurer l’évacuation des européens.
La France, dont l’ambassade à l’aéroport poursuit son travail, doit de son côté encore rapatrier un peu plus d’une centaine de ses collaborateurs et les quelques expatriés restant sur place. Ce mardi après-midi, elle a enfin pu jeter les bases de son pont aérien entre Kaboul et sa base aux Emirats arabes unis. Les partenaires européens pourront ainsi en profiter pour rapatrier ressortissants et protégés.
Un premier avion évacuant des Français et certains Afghans de Kaboul y est arrivé tôt ce mardi matin.
la France a «posé les bases d’un pont aérien entre Kaboul et les Émirats arabes unis». «Cette opération ne pourrait pas avoir lieu sans un puissant soutien des Émirats arabes unis»
la ministre des Armées Florence Parly sur RTL
Dès l’après-mid un Airbus A310 à destination de Paris CDG a décollé d’Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. A son bord 45 ressortissants français et de pays partenaires exfiltrés de Kaboul par les autorités françaises, a indiqué à l’AFP le ministère des Armées.
D’autres rotations sont prévues dans les heures et jours à venir pour évacuer tous les ressortissants français, et les Afghans ayant travaillé pour des organisations françaises.

Car oui, le pays est définitivement revenu à ceux que l’organisation avait chassés il y a 20 ans suite aux attentats du 11 septembre 2001. L’OTAN n’a d’autre choix, comme tous, d’acter la nouvelle situation. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fustigé mardi «l’échec des autorités afghanes» à s’opposer aux talibans et à empêcher leur prise du pouvoir à Kaboul, tout en défendant l’engagement des troupes de l’Alliance dans le pays.
Les forces de l’OTAN «ont combattu bravement» en Afghanistan «mais n’ont pas réussi à sécuriser le pays», car «en fin de compte, les autorités politiques afghanes ont échoué à s’opposer aux talibans et à parvenir à une solution pacifique (…) C’est l’échec des autorités afghanes qui a conduit à ce que nous voyons aujourd’hui»
Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN en conférence de presse

Et les Alliés devront serrer les rangs. La Russie comme la Chine ne se privent pas d’enfoncer le clou devant l’échec de la campagne menée par les Américains. Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a durement critiqué le bilan humain de deux décennies d’intervention américaine.
«En Irak, en Syrie et en Afghanistan, ce qu’on a vu c’est une armée américaine qui laisse en partant des troubles, des divisions, des familles dévastées et décimées. Ils ont laissé une terrible pagaille, ont laissé ces endroits dans un état désastreux. La puissance et la fonction des États-Unis, c’est de détruire, pas de bâtir»
Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse.
Chez tous les participants à la grande coalition contre les talibans en 2001, un sentiment de gâchis s’est répandu. Lundi soir, lors de l’allocution télévisée, Emmanuel Macron s’est adressé directement « à ceux qui ont combattu, aux familles de ceux qui sont morts ou ont été grièvement blessés » en Afghanistan.
« Nous n’oublierons pas nos soldats, nous n’oublierons pas nos morts, 90 au total », après avoir affirmé que dans ce pays « notre combat était juste et c’est l’honneur de la France de s’y être engagée. »
Emmanuel Macron, Président de la République française, le 16 aout 2021
Pourtant, des voix se sont élevées pour dénoncer ces « morts pour rien ». Comme celle du père de Damien, militaire français, qui est mort dans une embuscade à Uzbin, en Afghanistan, le 18 août 2008. Treize ans plus tard, Jean-François Buil est désemparé, devant les images des talibans qui s’emparent à nouveau du pouvoir en Afghanistan.
« Je ne comprends pas du tout, je suis complètement écoeuré par ce qui se passe, quand je pense à tout ces soldats. Ce sont 3500 soldats de l’Otan et américains qui sont décédés là-bas, et à toutes ces familles endeuillées, je pense que ça n’a servi à rien »
Jean-François Buil sur BFMTV ce mardi 17 aout 2021
L’onde de choc continue de se propager, personne n’avait imaginé un tel retour des talibans. Surtout aussi rapidement, avant même le départ des dernières troupes américaines soit officiel. L’Occident, choqué, finira, peut-être, par s’interroger sur l’universalité de son modèle? Les femmes et les démocrates Afghans, loin des caméras, vivront, eux, et cela est sûr, de nouveau sous la tyrannie de leurs bourreaux

Du 01 au 07 aout, nous vous avons consulté sur le Passe sanitaire, sa mise en place et ses conséquences. Vous avez été 3509 à répondre à notre questionnaire.

La première leçon de cette consultation, c’est la prise de conscience des expatriés. Ils ont bien intégré que leur capacité de voyage dépendra de leur situation vaccinale ainsi 90% des consultés ont répondu être vaccinés.

Par contre, faire reconnaitre sa vaccination en France semble être toujours un parcours du combattant. Seulement 48% des vaccinés ont réussi à obtenir leur QR code européen/français. La grande majorité c’est tout simplement car ils ont été vaccinés au sein de l’Union européenne. Par contre, 1/3 des expatriés vaccinés hors de l’UE ayant participé à la consultation n’ont pas eu de retour après avoir écrit aux adresses emails censées transcrire la vaccination réalisée hors UE en QR code européen.
Si les problèmes de compatibilité de lecture des QR codes émis dans les autres pays européens ont été résolus au cours de la deuxième partie de l’été, ils ont entravé les vacances de nos compatriotes pendant de longues semaines. En effet, jusqu’au 20 juillet, l’application TousAntiCovid grand public ne lisait pas les QR codes des autres pays et ne pouvait donc pas activer le Passe sanitaire pour les vaccinés en Europe. Les autres ? Ils sont, eux, en attente du QR code émis par la cellule du Ministère des Affaires étrangères. Ce dernier validera leur vaccination en France et dans les autres pays participant au programme européen. L’opération étant manuelle, les retards s’accumulent. Au final, ils sont près de de 78% à déclarer ne pas avoir pu activer leur Passe sanitaire.

Sans vaccination reconnue, seule solution pour espérer pouvoir profiter des activités en France au cours de ce mois d’aout, c’est de procéder à un test PCR ou antigénique en France, toutes les 72h. Facile d’accès, des tentes de dépistage en 10/15 minutes se sont multipliés sur tout le territoire, c’est la solution qu’on retenu de nombreux expatriés.

Et là un autre problème surgit ! Alors que Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, a mis en place la gratuité des tests de dépistages pour les expatriés comme pour tous les Français jusqu’au 15 octobre 2021, l’information n’est pas ou peu connue des professionnels. Ils réclament souvent la carte vitale ou une attestation de droit. Dans les secteurs touristiques comme Paris ou la Côte d’Azur, les retours d’expérience démontrent que les pharmaciens et autres praticiens sont mieux informés. Cependant, 73% des expatriés ayant répondus à cette question (2117) ont déclaré ne pas avoir pu réaliser de tests gratuitement (Retrouvez les infos sur la gratuité des tests).

On le voit le séjour en France n’est pas de tout repos entre la rareté des vols, les risques de mise en quarantaine lors de son retour dans son pays de résidence, les procédures administratives et sanitaires, etc.
Et pourtant ? Les Français établis hors de France dans leur grande majorité ont relevé le défi ! Hors de question de louper ce rendez-vous annuel avec la famille, les amis en France. 62% des expatries ayant répondu à cette question (3398) ont donc déclaré être venus ou venir en France au cours de cet été 2021. Seulement 19% des Français de l’étranger ont renoncé à visiter l’hexagone pour ces vacances du fait de la Covid-19.


Une saga politico-judiciaire a secoué le climat d’investissement à Moscou ces dernières années. Une nouvelle étape a été franchie le 06 aout avec le verdict du premier procès. Sans surprise, le Français Philippe Delpal a été condamné à de la prison avec sursis… Si cela peut paraitre une bonne nouvelle, ce ne l’est pas ! Pendant les 5 ans où l’emprisonnement serait possible en cas de récidive, le banquier français ne peut pas quitter le territoire russe.
Cette situation crée une tension franco-russe supplémentaire. La juge du tribunal Mechcthanski a repris les conclusions de l’enquêtrice puis du procureur : selon elle, la culpabilité de Philippe Delpal, celle du fondateur américain du fonds Michael Calvey et de leurs cinq collègues russes a été « entièrement prouvée ». Ils ont été condamnés à de la prison avec sursis : quatre ans et demi pour le Français, cinq ans et demi pour l’Américain, de trois ans et demi à cinq ans pour les Russes.

Depuis le début de l’enquête, des voix influentes dans les milieux économiques russes et étrangers ont publiquement défendu la cause de ces hommes d’affaires, des investisseurs respectés en Russie depuis de nombreuses années.
Assigné à résidence depuis août 2019 – une assignation légèrement assouplie en novembre 2020 -, Philippe Delpal avait plaidé non coupable comme l’ensemble de ses collègues. Pour chacun d’entre eux, pas de doute : cette procédure était une tentative de pression d’Artiom Avetissian, désireux de mettre la main sur la banque Vostotchny.
Déçu par le verdit, Philippe Delpal avait déjà interjeté appel avant même sa sortie du tribunal.
« Même si c’est avec du sursis et même si certains de mes collègues russes me disent un sursis en Russie c’est une victoire, je suis désolé moi je ne suis pas du tout sur cette approche : une condamnation, ce n’est pas une victoire. »
Philippe Delpal
Conforté par la présence, durant les audiences, des responsables du milieu des affaires européens et français et par des représentants de l’ambassade de France, Philippe Delpal continue de croire en la justice.

Après le séisme qui a frappé samedi la moitié sud-ouest d’Haïti, les opérations de secours sont confrontées au problème des groupes armés. Le temps presse avec l’arrivée de la tempête tropicale Grace. Les autorités comptent sur l’aide des pays de la région.


Depuis plus de 20 ans, l’économie mondiale se tertiarise au détriment de l’industrie. Cette déformation de la production avait comme vertu de ralentir les émissions de gaz à effet de serre en réduisant la consommation de matières premières et de d’énergie.

Depuis le début de la crise du Covid, la structure de la demande évolue fortement en faveur des biens. Les ménages tendent à acheter davantage de matériel informatique et électronique ainsi que des biens d’équipements pour leur logement quand, les entreprises, de leur côté, investissent dans des matériels nécessaires à la digitalisation, au télétravail et à la transition énergétique.
Les plans de relance, comme celui de l’UE, contribuent également à l’augmentation de la demande en produits industriels et en produits destinés au bâtiment ainsi qu’aux travaux publics. Cette évolution constitue donc une rupture par rapport à un cycle engagé dans les années 1990 et qui s’était accéléré avec la crise des subprimes.
Si jusqu’en 2002, la production industrielle pour les pays de l’OCDE progressait au même rythme que le PIB, un premier décrochage est intervenu entre 2002 et 2007. De 2010 à 2019, la production industrielle progresse faiblement en volume quand le PIB s’accroît de plus de 16 %.
Ce phénomène est encore plus net pour l’ensemble de l’économie mondiale. Plusieurs facteurs ont contribué à la forte croissance du secteur tertiaire. Plus le niveau de vie des ménages augmente, plus la part du budget consacrée aux services progresse. Ces vingt dernières années, les populations des pays émergents ont connu une forte progression de leur pouvoir d’achat, conduisant à une expansion du secteur tertiaire. Les loisirs, les services à la personne et la santé connaissent une progression plus rapide que celle du PIB avec l’accroissement des classes moyennes.
Au sein des pays occidentaux, le vieillissement de la population contribue au développement des services. La saturation des besoins en produits industriels a pu également jouer. Cette transformation de la demande a conduit à la création d’emplois dans les services, emplois moins sophistiqués et moins payés.
Les pays de l’OCDE ont connu un vif mouvement de désindustrialisation, accentué par le développement industriel des pays d’Asie du SudEst. Cette mutation a pour conséquence une moindre progression des émissions des gaz à effet de serre. Pour l’OCDE, le volume des émissions ont, en vingt ans, pour un point de croissance, baissé de 60 %. Pour l’ensemble de l’économie mondiale, la diminution est de 40 %. Depuis 2009, la consommation de métaux au sein de l’OCDE a diminué de 30 % ; pour l’ensemble de l’économie mondiale, la hausse a été de 5 %. De 1990 à 2019, le ratio consommation de pétrole sur PIB a diminué de 40 %. La croissance est moins consommatrice de produits pétroliers. Cette évolution est la conséquence d’une plus grande efficience dans l’utilisation des matières premières et de l’énergie et de la moindre dépendance de la croissance à la production industrielle.
Cette évolution favorable au climat est-elle durable ? La crise sanitaire semble prouver le contraire. L’épidémie a provoqué une hausse rapide et forte de la demande en produits industriels. En raison des confinements et de l’essor du télétravail, les ménages ont augmenté leurs dépenses en produits informatiques et électroménagers ainsi que celles liées à l’équipement des logements.
La transition énergétique pourrait provoquer dans un premier temps une augmentation des émissions des gaz à effet de serre. Les investissements nécessaires pour la décarbonation de la production sont sources d’émissions de CO2. La fabrication d’éoliennes, de panneaux solaires, le remplacement des véhicules, l’isolation des logements, etc. donnent lieu dans le cadre des circuits de production à de fortes émissions de gaz à effet de serre. Faute de pouvoir circuler facilement ou librement, les ménages pourraient à nouveau privilégier l’équipement de leurs logements. Il en résultera une augmentation de la consommation de matières premières et des émissions de CO2.
Pour respecter les objectifs climatiques, les États ne pourront plus compter sur le déclin de l’industrie, d’autant plus qu’au sein de l’OCDE, la tendance est à la relocalisation. Afin de contenir l’augmentation de la température à l’échelle mondiale à 1,5 degré, ce dont doutent de plus en plus les scientifiques du GIEC, les États-Unis, l’Europe, le Japon et la Chine sont censés faire disparaître les émissions nettes de CO2 entre 2050 et 2060. Cet objectif ambitieux peut-il être réalisé en maintenant un taux de croissance de l’économie mondiale autour de 3% nécessaire pour améliorer la situation des pays en développement et émergents? Faut-il que les pays dits avancés acceptent une décroissance?
De 1990 à 2019, les émissions de CO2 ont progressé de 60% ; depuis 2009, la hausse est plus contenue, +12,5 % sur ces dix dernières années en lien, par ailleurs, avec un affadissement de la croissance.
La nécessité d’une décorrélation entre croissance et émission de gaz à effet de serre s’impose. Cela suppose de réelles avancées technologiques en matière d’énergie décarbonée, dans le domaine de la construction de bâtiments (l’acier, le béton et le ciment sont des importants émetteurs) ou de l’agriculture. La recherche d’une plus grande efficience dans les processus de production industrielle sera donc indispensable; l’autre voie, difficilement acceptable, étant la décroissance.

En Afghanistan l’évacuation des occidentaux se déroule dans un chaos. Dans la journée et la soirée du dimanche 15 aout , les Talibans se sont emparés de la capitale Kaboul et du palais présidentiel. Depuis de nombreux ressortissants étrangers, principalement des employés diplomatiques et d’institutions privées, cherchent à quitter le pays par les voies aériennes. De leur côté, des milliers de citoyens afghans se rendent également à l’aéroport de la ville pour tenter de fuir.
Si l’aéroport de Kaboul est bondé, les rues de la ville sont désertes, rapporte des journalistes sur place, selon la BBC. De nombreux magasins ont fermé leurs portes, tout comme les cafés. Face à la prise de pouvoir imminente des talibans, certaines activités risquent de disparaître.

Délocalisée dimanche de la zone verte de Kaboul jusqu’à l’aéroport internationale comme nous l’annoncions hier, l’Ambassade française en Afghanistan est toujours au travail.
L’ambassadeur David Martinon et toute l’équipe mobilisée à Kaboul travaillent à s’assurer de l’évacuation de tous les Français et de leurs alliés encore sur place. Ils préparent visas et autres documents pour les vols spéciaux prévus par la France.
En effet, deux avions ont quitté le sol français ces dernières heures et devraient débuter leurs opérations d’ici la fin de journée dans le cadre de l’opération Apagan. Cependant, les 60 Français et leurs entourages encore présents sur place ont le plus grand mal à rejoindre l’aéroport pris d’assaut par la population locale.

« Aujourd’hui, il reste quelques dizaines de Français, peut-être un peu plus si on compte ce qu’on appelle ‘les familles’, c’est-à-dire les personnes sous protection rapprochée, des personnes qui ne sont pas forcément de nationalité française mais font partie de leur famille »
Anne Genetet – députée des Français d’Asie et d’Europe orientale
Une fois évacués, Florence Parly, la ministre des Armées, a précisé les conditions d’accueil pour les Français qui auront pu quitter l’Afghanistan.
« Nous avons organisé sur la base dont nous disposons aux Emirats arabes unis les conditions d’accueil des premiers évacués (…) ». La base française aux Emirats « va servir de hub militaire pour assurer des norias entre Abou Dhabi et Kaboul et ensuite le rapatriement jusqu’en France »
Florence Parly, la ministre des Armées.

Rappelons que les Français présents en Afghanistan avaient été invités dès le mois d’avril à quitter le pays et un vol spécial (gratuit) avait été affrété par les autorités françaises le 16 juillet.
A l’aéroport international de Kaboul, que l’armée américaine a assuré avoir sécurisé ce lundi matin, les scènes de chaos se succèdent depuis dimanche soir. À tel point que les services de l’aéroport ont annoncé la suspension des vols commerciaux dans la matinée.
Car des milliers d’Afghans, fuyant les talibans et la précarité de leur situation, ont envahi les pistes. Afin de tenter de remettre un semblant d’ordre, les troupes américaines – dont le contingent doit encore grossir de 1000 soldats, pour atteindre 6000 militaires – ont tiré en l’air. Le Wall Street Journal rapporte qu’au moins trois personnes sont mortes par balles, ce lundi, à l’aéroport de la capitale afghane, sans préciser de quel côté provenaient les tirs.
Selon les communiqués officiels, la France met actuellement « tout en oeuvre pour assurer la sécurité des Français » encore en Afghanistan, sa « priorité absolue ». En parallèle, Emmanuel Macron « suit heure par heure la dégradation très préoccupante de la situation » . Dans une allocution ce lundi 16 aout à 20h, Emmanuel Macron a indiqué que le « devoir et la dignité » de la France était de « protéger » les Afghans qui l’ont aidée et qui sont menacés par l’arrivée des talibans au pouvoir. Le président a par ailleurs indiqué au cours de son allocution vouloir porter une initiative européenne visant à « anticiper » et « protéger contre des flux migratoires irréguliers importants » qui « nourrissent les trafics de toute nature ».
« C’est un enjeu pour la paix et la stabilité internationale, contre un ennemi commun, le terrorisme et ceux qui le soutiennent ; à cet égard, nous ferons tout pour que la Russie, les Etats-Unis et l’Europe puissent efficacement coopérer, car nos intérêts sont les mêmes »,
Emmanuel Macron lors de son allocution du 16 aout
Anne Genetet, députée des Français d’Asie et d’Europe orientale, vice présidente du groupe d’amitié France-Afghanistan, s’est aussi exprimée sur différents médias nationaux et assure le relais entre les autorités et les expatriés sur place quand elle le peut.

Les cryptomonnaies ou plutôt les cryptoactifs pour reprendre le terme de la Banque Centrale Européenne sont des actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d’utilisateurs l’acceptant en paiement de réaliser des transactions sans avoir à recourir à la monnaie légale.
Le plus connu des cryptoactifs est le Bitcoin représentant 50 % de l’encours de cette catégorie d’actifs. En 2019, 6 000 cryptoactifs étaient répertoriées. Ce nombre dépassait à la mi 2021 les 11 150. Leur capitalisation boursière est passée en deux ans de 330 milliards de dollars à 1 600 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB du Canada. Plus de 100 millions de personnes détiendraient des cryptoactifs en 2021, soit trois fois plus qu’en 2018. Des clubs de football ont créé des cryptoactifs ; celui du PSG a gagné 43 % avec l’annonce de la venue de Lionel Messi. Il a été indiqué qu’une partie de sa rémunération sera acquittée en Token du PSG.

Les cryptoactifs ne sont pas des monnaies car ils ne remplissent pas ou que très partiellement les trois fonctions dévolues à ces dernières. Leur forte fluctuation ne leur permet pas d’en faire des unités de compte. Leur forte volatilité rend complexe la réalisation des échanges. Ils induisent des frais de transactions importants pour de simples opérations de détail. Leur absence de valeur intrinsèque ne permet pas non plus d’en faire des réserves de valeur, inspirant confiance. Les cryptoactifs ne s’appuient sur aucun sous-jacent réel. Leur émission repose sur un algorithme informatique, sans considération des besoins de l’économie et de ses échanges, ce qui ne permet pas de leur attacher une valeur intrinsèque.
Au plan juridique, les cryptoactifs ne sont pas reconnus comme monnaie ayant cours légal, ni comme moyen de paiement Selon l’article L111-1 du Code monétaire et financier, la monnaie de la France est l’Euro qui est donc la seule monnaie ayant cours légal en France. Ils n’offrent aucune garantie de remboursement en cas de fraude. Ils ne sont pas émis contre remise de fonds. De ce fait, et contrairement à la monnaie électronique, les cryptoactifs ne sont pas assortis, dans l’Union européenne, d’une garantie légale de remboursement à tout moment et à la valeur nominale en cas de paiement non autorisé. Ils ne sont donc pas considérés comme des moyens de paiement par la Banque de France.
Malgré tout depuis la crise financière, le marché des cryptoactifs est en plein essor. Il tend à accueillir un nombre croissant de professionnels. En 2020, les acteurs institutionnels (banques, assureurs, fonds) étaient responsables de 63 % des échanges, contre 10 % en 2017. Si l’essor des cryptoactifs est indéniable, leur marché demeure très volatil. Le bitcoin est ainsi passé de 64 000 dollars en avril à 29 000 dollars fin juillet pour remonter au début du mois d’août autour de 45 000 dollars.
Avec leur diffusion croissante, de plus en plus d’experts estiment que le marché ne peut plus s’effondrer durablement. Les robots algorithmiques ont été programmés afin de passer des ordres d’achat automatiques quand le bitcoin passe en dessous de certains seuils. Néanmoins, ce marché est soumis à de nombreux aléas. Plusieurs risques demeurent. Une défaillance technique, un piratage ou une intervention des régulateurs pouvant aller jusqu’à l’interdiction ou l’émission de cryptomonnaies officielles, pourraient mettre un terme à l’envolée des cours. Une remontée des taux d’intérêt pourrait également réduire l’attractivité des actifs numériques. Sur le marché des cryptos, trois catégories d’investisseurs cohabitent : 1. les «fondamentalistes » qui parient sur la chute des devises et l’avènement du bitcoin comme monnaie internationale en raison du surendettement des États; 2. les «tacticiens» qui estiment que sa valeur augmentera avec son adoption par un nombre croissant d’épargnants; 3. les «spéculateurs» qui veulent gagner rapidement de l’argent.
Les spéculateurs sont de passage sur le marché des cryptos quand les tacticiens sont sensibles aux évolutions de leur cours. Les fondamentalistes sont peu nombreux mais plus fidèles. En cas de krach sur les cryptoactifs, de nombreux acteurs seraient concernés. Des associations, des fondations, des entreprises ont placé une partie de leurs liquidités en cryptomonnaies ces derniers mois. Les sociétés qui se sont spécialisées dans leur gestion seraient également menacées. La capitalisation des sociétés cotées de cryptographie est évaluée à 90 milliards de dollars. Les sociétés de paiement comme PayPal, Revolut et Visa perdraient une partie de leurs activités en croissance.
Des acteurs de l’électronique et de l’informatique comme Nvidia, un fabricant de microprocesseurs, seraient touchés du fait de leurs ventes aux « mineurs » de cryptoactifs. Compte tenu de leur essor, les marchés « actions », avant tout aux États-Unis, pourraient être impactés par ricochet en cas de krach. Des banques ont prêté des dollars à des investisseurs qui ont ensuite acheté des bitcoins. Certains ont prêté des dollars contre des garanties cryptographiques. Dans les deux cas, les emprunteurs proches du défaut pourraient chercher à liquider d’autres actifs en cas de chute brutale et durable.
Le marché des dérivés en cryptoactifs est passé de 1,6 à plus de 24 milliards de dollars de mars 2020 à juin 2021. Lors de la chute de 33 % du cours du bitcoin le 18 mai dernier, les liquidations forcées de position ont atteint près de 10 milliards de dollars. Étant donné que le changement de dollars contre des bitcoins est lent et coûteux, les traders souhaitant réaliser des gains et réinvestir les produits effectuent souvent des transactions en Stables Coins, comme le Tether, indexés sur le dollar ou l’euro. L’encours de ces Stables Coins dépasse les 100 milliards de dollars. Pour garantir l’indexation, les émetteurs de Stable Coins acquièrent des actifs (prêts, obligations, parts de fonds). En cas de « cryptocrash », les émetteurs pourraient être contraints de se délester de leurs actifs.
En juillet, l’agence de notation Fitch a souligné que les cryptoactifs en cas de crise pourraient « affecter la stabilité des marchés du crédit à court terme ». Aux États-Unis, les responsables de la Securities and Exchange Commission et de la Réserve fédérale accordent une plus grande attention aux risques liés aux crypto-monnaies, et aux Stables Coins. Pour éviter un effet de contagion, le club de Bâle des superviseurs a récemment proposé que les banques financent leurs avoirs en bitcoins avec uniquement du capital, pas de la dette.
La crainte des régulateurs est une sortie brutale des acteurs institutionnels et notamment des hedge funds des cryptoactifs. Un précédent a marqué les esprits. La chute de l’indice boursier américain S&P 500, de 2,5 % en une journée après l’engouement d’actionnaires individuels pour GameStop, une entreprise spécialisée dans les jeux vidéo qui a pris à contre-pied quelques hedge funds.
Pour le moment, les acteurs institutionnels n’envisagent pas de krach. Goldman Sachs prévoit de lancer un fonds crypto en bourse, Visa propose désormais une carte de débit qui paie les récompenses des clients en bitcoins. Plus les bitcoins se diffusent, plus la nécessité d’une régulation s’imposera afin d’éviter une déstabilisation de la sphère financière. Les banques centrales sont en train de tester l’émission de monnaies digitales qui pourraient concurrencer les cryptoactifs. La circulation parallèle de devises accessibles à un grand nombre d’acteurs pourrait devenir la règle dans les prochaines années.
Jusqu’à maintenant, au sein des pays avancés, la devise nationale – ou plurinationale pour l’euro – était la seule à avoir cours légal. La possibilité de payer en bitcoins, en monnaie digitale de banque centrale, etc., changerait bien des repères avec des risques de transferts spéculatifs à la clef. Aujourd’hui, il n’est pas interdit de détenir des dollars ou du yen mais les coûts de change sont dissuasifs. Si demain, il est possible de demander la conversion de son salaire payé en euros en bitcoins puis de payer avec ce dernier sa baguette, sans avoir de commissions à acquitter, la situation sera tout autre.

Le gouvernement a annoncé mercredi 11 août la fin des tests anti-Covid gratuits, hors prescription médicale. Cette mesure doit prendre effet mi-octobre, rendant le passe sanitaire payant pour ceux non-vaccinés. Elle intervient moins d’une semaine après la décision du Conseil constitutionnel de valider le projet de loi anti-Covid. Est-elle conforme à l’esprit de la constitution ? Trois spécialistes du droit public livrent leur point de vue. Un article d’Euractiv France.
« Les tests ne protègent pas. Les tests à répétition n’empêchent pas d’aller à l’hôpital », a martelé Gabriel Attal mercredi 11 août depuis Ajaccio en Corse. Avec cette déclaration, le porte-parole du gouvernement a enterré la gratuité des tests PCR et antigéniques. Ces actes vont devenir payants, sauf en cas de prescription médicale, à compter de mi-octobre.
Cette mesure peut-elle avoir des conséquences sur le texte de loi anti-Covid, approuvé en quasi-totalité par le Conseil constitutionnel ? Euractiv a posé la question à trois spécialistes du droit public.
« La question ne se pose pas comme ça. La loi qui va servir de base à ces textes a été jugée conforme à la Constitution, sauf les exceptions qu’on connaît. Cette annonce ne peut pas remettre en question a posteriori la constitutionnalité de la loi »
Florence Chaltiel-Terral, professeure de droit public.

Jeudi 5 août, le Conseil constitutionnel, garant du respect de la Constitution et des droits fondamentaux, a rendu sa décision concernant l’arsenal législatif déployé par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. S’ils ont censuré des dispositions, les Sages ont estimé que le passe sanitaire résulte d’une« conciliation équilibrée » entre libertés publiques et protection de la santé.
Pour qu’une loi soit ainsi approuvée par le Conseil constitutionnel, elle doit respecter le principe de proportionnalité, qui vient du droit allemand. « En d’autres termes, la mesure doit être adaptée au but qu’elle vise », explique Guillaume Tusseau, professeur à l’école de droit de Sciences Po. « Quand on prend une décision politique de ce type, il faut que les avantages surpassent les inconvénients, il faut qu’il n’existe pas une autre manière de faire qui soit possible mais plus coûteuse en termes de liberté », détaille-t-il. Ici, les Sages ont considéré que ce principe était respecté.
La décision fait écho à l’objectif du gouvernement de doper la vaccination, qui devient désormais une alternative gratuite. « Les tests ne sont pas sans coût pour la collectivité. La population a le choix de faire des tests à ses frais toutes les 72 heures ou se vacciner »,confirme Guillaume Tusseau.
« À partir du moment où les personnes ont la possibilité de se faire vacciner d’ici là, ça ne pose pas de problème. La date d’octobre a justement été choisie pour que les gens puissent le faire »
Bertrand Mathieu, professeur de Droit à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne.
La seule interrogation du spécialiste concerne les personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner, pour raisons médicales par exemple. Pour cette population-là, « il faudrait créer un système d’accès gratuit aux tests », estime Bertrand Mathieu.
Critiquée par les anti-passe sanitaire et les anti-vaccin, cette suppression de la gratuité des tests n’entraîne pourtant pas d’inégalités entre les Français devant la loi. « Je ne vois pas trop de fondement à la rupture d’égalité », commente Florence Chaltiel-Terral. « À part les personnes qui n’ont pas accès à la vaccination, on est tous en position d’être vaccinés. Ça poserait problème s’il n’y avait pas assez de doses, ce n’est pas le cas. »
Si l’on ne peut revenir sur cette validation du Conseil Constitutionnel, il existe des recours.
« Libre à chacun de nous qui se sentirait lésé de saisir un juge administratif . Mais il y a peu de chance que ça aboutisse car, on le voit, en Outre-mer, on reconfine, tout comme en Israël, qui a pourtant vacciné une large partie de sa population. On fait face à une situation et il faut y répondre. »
Florence Chaltiel-Terral, professeure de droit public.
En cas de recours devant le tribunal administratif, c’est le Conseil d’État qui sera chargé de plancher sur la question, car c’est lui qui fait autorité sur les décrets d’application de la loi. En cas d’urgence, la mesure peut alors être suspendue sur la forme, avant une analyse plus longue et approfondie du fond. Le Conseil constitutionnel, lui, n’interviendra à nouveau que si une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) est posée. Ou si un nouveau projet de loi est voté.