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  • Un Brexit sans accord serait «pratiquement inévitable»

    Un Brexit sans accord serait «pratiquement inévitable»

    Après avoir rejeté pour la troisième fois l’accord de retrait négocié par Theresa May, les députés britanniques ont également rejeté les quatre alternatives à cet accord, faisant du Brexit sans accord un scénario « pratiquement inévitable ».

    Le parlement britannique a eu recours à une série de votes indicatifs en vue de recueillir une majorité sur les différentes possibilités de Brexit ou l’éventualité d’un deuxième référendum. La proposition du conservateur et proeuropéen Ken Clarke pour la formation d’une union douanière permanente a presque recueilli la majorité avec 273 voix sur 549. La proposition d’un second référendum a également failli passer (280 voix sur 572). Les députés n’étant parvenus à aucun résultat, l’éventualité d’un Brexit sans accord le 12 avril se concrétise de jour en jour.

    Après avoir rejeté à trois reprises l’accord de retrait négocié par Theresa May, les députés britanniques ont décidé de prendre le contrôle du Brexit en passant d’abord par des votes indicatifs. Les ministres ont pour leur part reçu l’ordre de ne voter pour aucune des quatre options. Le 29 avril, les députés britanniques ont rejeté l’accord de retrait à 286 voix sur 630.

    Ken Clarke a conjuré les députés de l’opposition de renoncer à un deuxième référendum et d’adhérer à sa proposition, qu’il considérait comme la seule option viable permettant de recueillir une majorité suffisante. Face à l’échec de sa proposition pour que le pays reste dans le marché unique européen, le député conservateur Nick Boles a quant à lui annoncé son retrait du parti Tory. Celui-ci a attribué cet échec au « refus de trouver des compromis » du parti conservateur.

    Les propositions de Ken Clarke et de Nick Boles ont été rejetées par l’abstention ou le rejet de plus de 30 députés en faveur d’un deuxième référendum, ce qui a suscité la colère des députés en faveur d’un Brexit ordonné. Malgré ces résultats, de nouveaux votes devraient avoir lieu mercredi.

    « Un Brexit dur devient pratiquement inévitable », a regretté le négociateur du Brexit pour le Parlement européen, Guy Verhofstadt, à l’issue des votes de Westminster, ajoutant que les députés britanniques auraient « une dernière chance d’éviter la catastrophe mercredi ». Un avis partagé par Michel Barnier, qui estime la possibilité d’un Brexit sans accord « chaque jour plus probable ». « N’oublions pas d’abord que nous avons déjà un accord, et il a été conclu par Theresa May, le gouvernement britannique, le Conseil européen et le Parlement européen le 25 novembre dernier, il y a quatre mois », a rappelé le négociateur en chef du Brexit à la Commission.

    Le secrétaire d’État à la Sortie de l’Union européenne, Steve Barclay, a quant à lui rappelé que « la position juridique par défaut est que le pays quitte l’UE le 12 avril ». « La seule option est de trouver un moyen pour que le Royaume-Uni quitte l’UE avec un accord. Si le parlement y parvient cette semaine, il sera encore possible de ne pas participer aux élections européennes », a-t-il ajouté.

    Selon des représentants de Downing Street, le gouvernement de Theresa May se réunit le 2 avril au matin afin de trouver une proposition. Il semble toutefois improbable que l’accord de Theresa May parvienne à obtenir la majorité d’ici le 12 avril. Le gouvernement n’aura probablement pas d’autre choix que de se résigner à un Brexit sans accord ou de proposer un nouveau report de l’article 50.

    Benjamin Fox

    Un article publié sur le site de notre partenaire

     

  • Les gendarmes européens dotés de plus de pouvoir contre le blanchiment d’argent

    Les gendarmes européens dotés de plus de pouvoir contre le blanchiment d’argent

    Les États membres ont décidé de donner de nouveaux pouvoirs à l’Autorité bancaire européenne pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

    Au vu des nombreux scandales de blanchiment d’argent éclatant à travers l’Europe, surtout les pays nordiques et baltiques, l’UE a décidé de transférer plus de pouvoirs à l’autorité centrale pour renforcer la coordination.

    Dans le cadre des nouvelles règles, qui devraient recevoir le sceau d’approbation du Parlement européen en session plénière mi-avril, l’Autorité bancaire européenne (ABE) se verra dotée de dix postes supplémentaires pour lutter contre le blanchiment d’argent.

    Une fois que les règles entreront en vigueur en janvier prochain, l’ABE pourrait ordonner aux autorités nationales de lancer des enquêtes sur des activités suspectes, et recommander des sanctions. Aujourd’hui, l’autorité peut seulement ouvrir des enquêtes « post-mortem », après les faits.

    La supervision sera aussi améliorée grâce à de nouvelles normes communes et des évaluations collégiales des autorités compétentes dans les États membres, dont la coopération sera renforcée en mettant en place des relais d’information.

    Cette série de mesures survient alors que de nouveaux scandales continuent de secouer le système bancaire européen et de remettre en question l’efficacité des autorités de surveillance dans certaines régions.

    La semaine dernière, Swedbank a licencié son PDG à cause d’un scandale financier de plus de 135 milliards d’euros. Cette affaire est similaire à celle de la Danske Bank, dont la filiale estonienne a fait entrer près de 200 milliards d’euros « d’argent sale » dans le système financier.

    Refonte des agences européennes de surveillance

    Les nouveaux pouvoirs de l’ABE font partie d’une refonte des compétences des organes de surveillance européens pour les banques (ABE), les marchés (Autorité européenne des marchés financiers – ESMA), et les assurances (Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles – AEAPP).

    Dans le cadre de ses efforts pour créer une union des marchés des capitaux, la Commission européenne a proposé de renforcer le rôle de coordinateur des agences européennes de surveillance, en donnant aussi de nouveaux pouvoirs de supervision à l’ESMA.

    Un responsable de la Commission a salué « le pas en avant » à la suite de la validation des mesures par les États membres. Il a toutefois regretté que l’accord conclu entre les 28 pays et les eurodéputés soit moins ambitieux que la proposition de la Commission en termes de pouvoirs transférés aux trois agences de surveillance européennes et d’harmonisation des activités de supervision.

    Ainsi, la gouvernance et les pouvoirs de surveillance resteront largement au niveau national. « Nous nous attendions à plus, dans le cadre de l’Union des marchés des capitaux », a reconnu le responsable, faisant référence aux efforts de la Commission pour développer des marchés des capitaux plus intégrés à travers l’UE. « Peut-être que nous en demandons trop dans le contexte actuel. »

    Système existant

    L’une des idées défendues par la Banque centrale européenne (BCE) et certains pays était de créer une autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent. Une majorité de gouvernements nationaux a cependant préféré se concentrer sur l’amélioration des systèmes existants au niveau des autorités nationales.

    La Commission s’est penchée plus en détail sur la question pour savoir si l’idée apportait une valeur ajoutée comparée à une amélioration des autorités européennes de surveillance.

    Parmi les nouvelles compétences transférées aux gendarmes européens, l’ESMA supervisera directement certains secteurs spécifiques très intégrés, ou des activités transfrontalières importantes couvertes par le droit européen.

    Protection des consommateurs

    Les agences européennes seront aussi dotées d’une boite à outils améliorée pour protéger les consommateurs et éliminer les produits financiers illégaux.

    Les trois agences pourront par exemple s’organiser pour mener des évaluations surprises dans plusieurs États membres. Les superviseurs pourront ainsi vérifier le respect des règles des acteurs financiers déguisés en clients. Ce qui pourra mener à une interdiction temporaire des produits frauduleux de six mois, renouvelable six autres mois, et suivis d’une prolongation automatique d’un an.

    Les autorités européennes ont aussi été chargées de faire plus attention à l’innovation technologique dans le secteur financier. Pour établir les bonnes règles sans tuer l’innovation dans le secteur en rapide croissance de la FinTech, les agences européennes mettront en place des systèmes spécifiques permettant aux régulateurs et entreprises de coopérer pour calibrer le bon ensemble de normes.

    Jorge Valero

    Un article publié sur le site de notre partenaire

     

     

  • Algérie: Démission de Bouteflika

    Algérie: Démission de Bouteflika

    Autrefois volubile et tout puissant, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, affaibli et aphasique depuis un AVC en 2013, a été contraint à la démission mardi, après s’être accroché aussi longtemps que possible au pouvoir malgré la maladie.

    « Boutef », comme l’appellent familièrement ses compatriotes, détient le record de longévité à la tête de l’Etat algérien, mais voulait briguer un nouveau quinquennat en 2019, à l’occasion de ses 20 ans au pouvoir. Le mandat de trop.

    Elu pour la première fois en 1999, constamment réélu au premier tour avec plus de 80% des voix en 2004, en 2009 et 2014, ce 5e mandat semblait pourtant acquis aux yeux du régime en début d’année.

    Mais l’annonce de sa candidature a déclenché, à partir du 22 février, des manifestations massives et une contestation inédite, de la part d’une population outrée par un tel projet.

    Jusqu’au bout, Abdelaziz Bouteflika aura tout de même voulu s’accrocher au pouvoir aussi longtemps que possible: après avoir d’abord reporté sine die la présidentielle du 18 avril tout en restant en fonctions, le président, lâché par plusieurs fidèles, avait fait savoir lundi qu’il démissionnerait, mais seulement d’ici l’expiration de son mandat, le 28 avril.

    Sommé de quitter le pouvoir immédiatement mardi par un de ses principaux fidèles, le général Ahmed Gaid Salah, chef d’état-major de l’armée, il a finalement jeté l’éponge.

    – « Je suis l’Algérie » –

    Diminué par les séquelles d’un AVC depuis des années, celui qui fut à 26 ans le plus jeune ministre des Affaires étrangères au monde, dans un pays tout juste indépendant, renvoie désormais l’image d’un vieillard tassé dans un fauteuil roulant, qui ne s’adressait plus de vive voix à ses concitoyens depuis 2013 et n’apparaissait quasiment plus en public.

    Un contraste saisissant avec le début de son mandat en 1999, où il s’affichait en orateur volubile et en dirigeant hyperactif.

    « Je suis l’Algérie toute entière », lance en accédant au pouvoir celui dont le destin se confond avec l’histoire de son pays.

    Né le 2 mars 1937 à Oujda au Maroc, dans une famille originaire de la région de Tlemcen dans le nord-ouest algérien, Abdelaziz Bouteflika rejoint dès 19 ans l’Armée de libération nationale (ALN) qui combat la puissance coloniale française.

    A l’indépendance du pays en 1962, il est, à 25 ans, ministre des Sports et du Tourisme, avant d’hériter un an plus tard du portefeuille convoité de la diplomatie, qu’il conserve jusqu’en 1979, une époque où l’Algérie s’affiche en leader du « tiers-monde ».

    En 1965, il soutient le coup d’Etat de Houari Boumédiène -alors ministre de la Défense- qui s’empare du pouvoir en déposant le président Ahmed Ben Bella.

    S’affirmant comme le dauphin de Boumédiène, qui décède en 1978, il est pourtant écarté de la succession par l’armée, puis progressivement de la scène politique, sur fond d’accusations de malversations, qui le poussent à l’exil à Dubaï et Genève.

    – Président tout puissant –

    C’est pourtant l’armée qui l’impose en 1999 comme candidat du pouvoir à la présidentielle, qu’il remporte seul en lice après le retrait de ses six adversaires dénonçant l’organisation de fraudes.

    Sa première priorité: rétablir la paix, alors que l’Algérie est plongée dans la guerre civile depuis 1992 contre une guérilla islamiste (quelque 200.000 morts en dix ans selon un bilan officiel).

    Deux lois d’amnistie, en 1999 puis en 2005, largement adoptées par référendum, convainquent de nombreux islamistes de déposer les armes.

    Accusé par ses détracteurs d’être une marionnette de l’armée, M. Bouteflika travaille à desserrer l’emprise de la puissante institution.

    Promettant qu’il ne sera pas un « trois quarts de président », il devient un président tout puissant.

    Il impose au Parlement de supprimer la limitation du nombre de mandats pour en conquérir un 3e en 2009, puis brave les oppositions affichées jusqu’au sein de l’appareil sécuritaire pour en gagner un 4e, un an après un AVC ayant entraîné trois mois d’hospitalisation à Paris et d’importantes séquelles.

    Affaibli physiquement, il n’en renforce pas moins ses pouvoirs en dissolvant début 2016 le tout-puissant Département du Renseignement et de la sécurité (DRS, services secrets), après avoir congédié son chef, le général Mohamed Médiène, alias « Toufik », jadis considéré indéboulonnable.

    Mais ce 4e mandat se déroule sur fond de dégringolade des prix du pétrole que l’économie algérienne, très dépendante des hydrocarbures, subit de plein fouet.

    Les caisses sont vides et il n’est plus possible d’acheter la paix sociale, comme en 2011, alors que le Printemps arabe balayait plusieurs dirigeants de la région et que les cours du pétrole flambaient.

    Au-delà des difficultés économiques enfle surtout la frustration d’une population « humiliée » de l’image que renvoie ce président mutique et paralysé de l’Algérie.

    la rédaction avec l’AFP

  • Réforme de la justice en France : plus simple, plus rapide, plus juste ou un peu juste ?

    Réforme de la justice en France : plus simple, plus rapide, plus juste ou un peu juste ?

    Le gouvernement, malgré les protestations des avocats, dont les manifestations ont été noyées par celles des gilets jaunes,  a fait adopter sa réforme de la justice. Pour les Français de l’étranger, cette réforme présente des points intéressants, notamment concernant la dématérialisation de certaines procédures. Ils pourront également comparer cette réforme avec les systèmes judiciaires des pays dans lesquels ils vivent. Validée par le conseil constitutionnel, la loi a été publiée au Journal officiel du 24 mars 2019.

    Le régime des peines de prison et les procédures devant les tribunaux, l’organisation des tribunaux et le recours à une « justice en ligne »  sont les principaux points de la réforme.

    Le principe essentiel est celui d’adapter l’exécution des peines en fonction de leur durée. Ainsi les peines inférieures ou égales à un moins d’un mois de prison, jugées inefficaces par le gouvernement,  sont supprimées. Les juges ne peuvent donc plus prononcer des peines inférieures à un mois de prison ferme. Ensuite, toute peine inférieure à 6 mois de prison ferme sera aménagée, ce qui signifie que la personne condamnée n’ira pas en prison : (régime de semi liberté, placement, contrôle électronique). Toutes devraient être associées à un contrôle socio- éducatif.

    Si les peines sont entre 6 mois et 1 an de prison ferme, le tribunal correctionnel décidera ou non un aménagement. Pour les peines de plus d’un an, en revanche, il n’y aura plus d’aménagement. Les peines de plus d’un an seront automatiquement exécutées en prison.

    En résumé, moins de six mois, pas de prison. Entre six mois et un an, incertain. Plus d’un an ferme, prison sans aménagement.

    Conséquences immédiates : le bracelet électronique devient une peine à part entière et non une mesure d’aménagement. De même, le recours aux travaux d’intérêt général devrait être amplifié. Les Tribunaux d’instance seront fusionnés avec les tribunaux de Grande Instance lorsque ceux-ci sont situés dans une même ville. Les litiges dont le montant est inférieur à 4000 euros seront traités par une procédure dématérialisée : plus d’audience au Tribunal, mais un traitement en ligne.

    Le règlement des petits litiges à l’amiable sera renforcée par une obligation de tentative de règlement préalable avec un recours à des sites spécialisés et agréés en ligne.

    La réforme simplifie aussi les divorces en supprimant la phase obligatoire de conciliation obligatoire. Le juge pourra instaurer des mesures provisoires dés le début de la procédure. Les modalités de révision des pensions alimentaires pourront aussi être  dématérialisées.

    L’ensemble du texte est marqué par une volonté de modernisation. Ses adversaires  y voient au contraire une forme de renoncement. Les avocats enfin protestaient contre le regroupement des tribunaux qui éloignerait la justice des justiciables.

    En tout cas cette réforme, notamment en matière pénale, ne peut réussir qu’avec un renforcement des moyens de la Justice. Le budget de la Justice est un des plus faibles de l’Etat (tout comme celui de la diplomatie) ; un des plus faibles d’Europe par rapport à la population. Le nombre de personnes en prison a battu un nouveau record : plus de 70.000.

    Si la réforme est faite pour réaliser des économies, elle échouera. Si elle est accompagnée d’investissements qui permettent le suivi des personnes condamnées et le règlement plus rapide des litiges, alors elle pourrait permettre une modernisation de l’appareil judiciaire. Car il ne faut pas se mentir, la justice française est au bord de la crise. Là aussi, dans ce qui est le cœur de la mission de l’Etat, la France a pris du retard par rapport aux pays modernes. En France, les efforts faits pour que la Justice fonctionnent sont toujours jugés comme « un peu

  • Un tiers des Ukrainiens ont voté pour un comédien qui joue le rôle d’un Président.

    Un tiers des Ukrainiens ont voté pour un comédien qui joue le rôle d’un Président.

    Il n’a jamais été élu. Il n’a jamais milité dans un Parti. Il aurait fréquenté le Cours Florent plutôt que Science-po  s’il avait été en France. 30% des Ukrainiens ont voté pour lui dés le Premier tour des élections présidentielles, alors que le Président actuel, Petro Porochenko n’en obtient que 17%, et l’ancienne Première ministre Iulia Timochenko 14%.

    Comme si Martin Sheen (ou Kevin Spacey) avait été élu Président des Etats-Unis d’Amérique. Beaucoup d’Américains pensent que ce serait mieux que Trump, lui aussi vedette d’un Talk Show.

    Il s’appelle donc Volodymyr Zelensky et a de grandes chances de devenir le 21 avril le prochain Président de l’Ukraine. Il a 41 ans, et incarne un professeur d’histoire devenu Président dans une série télévisée : « Serviteur du peuple ». Tout un programme.  Voilà son bagage. Poutine doit rêver. Car l’Ukraine est en pays en guerre plus ou moins étouffée.

    Le Président Porochenko était arrivé au pouvoir à la suite à la suite de manifestations pro européennes (98 morts) qui avaient provoqué le départ de l’ancien Président Ianoukovitch, considéré comme inféodé aux Russes. Depuis, réfugié en Russie, il a été condamné à treize ans de prison pour haute trahison tandis que ses avoirs gelés dans les banques européennes, 1.4 milliards d’euros étaient restituées à l’Ukraine. Il doit conserver celles en Russie où il vit.

    En réaction, Le Président Poutine avait annexé la Crimée et soutenu les indépendantistes du Donbas, où règne une trêve fragile (plus de dix mille morts). Confie-t-on le sort d’un pays fragile, terrain de jeu favori du maitre de Moscou formé aux méthodes du KGB à un comédien inexpérimenté ? Possible.

    Ce qui explique le score de Zelensky, c’est moins l’histoire de l’Ukraine et sa lutte pour son indépendance que le rejet de la corruption par les électeurs. La corruption est la première des motivations électorales. On l’a vu au Brésil avec l’effondrement du parti des travailleurs, mais aussi en Afrique au Moyen-Orient en Asie, où les manifestations et « révolutions » (notamment les Printemps arabes)ont été  déclenchées par la corruption. Comme au Guatemala (ou un comédien a été élu Président, au Honduras, (où un présentateur télé reste favori), mais surtout au Brésil hier, où le Parti des Travailleurs s’est effondré, en Algérie aujourd’hui, où le régime est contesté non en raison de l’invalidité de Bouteflika mais à cause de la corruption du régime.

    En Ukraine, le Président actuel, Petro Porochenko, a réussi à résister aux pressions russes, lancé des réformes économiques, rapproché son pays de l’Union européenne et de l’OTAN, renforcé son armée face aux milices indépendantistes soutenus par les Russes, mais est accusé de n’avoir rien fait contre la corruption.

    Sa plus dangereuse adversaire, Ioulia Timochenko, après avoir été une héroïne de la révolution orange puis une adversaire déclarée des Russes, est apparue finalement comme étant leur candidate de compromis. Aussi avait-elle du mal à apparaître une candidate anticorruption. Elle finit troisième. Volodymyr est apparu comme nouveau et intègre. Le Président sortant Porotchenko, complètement débordée par cette candidature atypique, n’est pas le favori pour le second tour. Volodymyr parait en effet capable de rassembler tous ceux qui veulent sortir du conflit avec la Russie et qui entendent lutter contre les oligarques.

    Pour d’autres, l’ancien clown (il avait commencé sa carrière de comédien comme humoriste) est plutôt une marionnette, celle de l’oligarque Igor Kolomoïski, propriétaire de la chaine de télévision qui diffuse sa série télévisée. Kolomoïski était aussi propriétaire d’une Banque nationalisée par le gouvernement à la demande du FMI. Zelensky lui-même possède des sociétés de production en Russie, via des compagnies installées à Chypre. Le champion de la lutte contre la corruption devra donc vite montrer son indépendance vis-à-vis de ses amis, s’il est élu -et s’il le peut. Personne ne sait de quoi il est capable. Ni ce qu’il veut vraiment. Ses amis disent qu’il s’est pris à son rôle.

    Une certitude, avec l’élection d’un clown, Poutine doit être mort de rire. Mais l’expérience montre qu’à chaque fois qu’il a manipulé des marionnettes, elles ont été chassées et que l’influence russe a diminué. Certains comparent Zelensky le comédien à Reagan l’acteur. Voilà qui serait amusant. Mais surprenant.

     

     

  • Une libérale emporte la présidence en Slovaquie.

    Une libérale emporte la présidence en Slovaquie.

    Zuzana Caputova a obtenu 58% des voix face à Maros Sefcovic, socialiste, candidat de la majorité actuelle et Commissaire européen. Caputova est une libérale affirmée, écologiste, figure de proue du mouvement anticorruption en Slovaquie. Libérale sur les questions économiques face au gouvernement socialiste actuel, libérale aussi suer les questions de société comme l’IVG ou les droits des homosexuels , et attaquée par les conservateurs et l’extrême droite. Pro européenne, élue face à un commissaire européen, elle a déclaré tout de suite après son élection, «  Cette élection prouve qu’il est possible de ne pas céder au populisme et de gagner la confiance des gens sans attaquer ses adversaires ».

    Elle s’était faite connaitre par son action contre l’installation d’une décharge publique dans sa ville et son combat pour l’environnement.  Le mouvement anti corruption à laquelle elle s’est associée avait pris de l’ampleur après l’assassinat d’un journaliste, Jan Kuciak , et de sa fiancée, qui enquêtait sur les liens entre des hommes politiques et la mafia italienne. C’est pourquoi Zuzana Caputova a inscrit à son programme une profonde réforme du système judiciaire pour le rendre plus indépendant du pouvoirpolitique. En Slovaquie, le Président – la Présidente- nomme les magistrats.

    Cependant l’exercice du pouvoir revient non au Président mais eu Premier ministre, et les élections législatives n’auront lieu que l’année prochaine. La nouvelle Présidente prêtera serment le 15 juin dans une sorte de cohabitation.

     

  • La réforme de la couverture sociale qui inquiète les Français de l’étranger

    La réforme de la couverture sociale qui inquiète les Français de l’étranger

    Les Français de l’étranger ont des raisons de s’inquiéter. Ce nouveau mécanisme, adopté en décembre 2018 sans réelle consultation des élus au parlement et sans information aux élus consulaires, modifie en effet le régime de cotisations pour pouvoir bénéficier de soins lors du retour en France.

    Ainsi et concernant les courts séjours (jusque’à 90 jours) en France pour se faire soigner, les Français de l’étranger, qui ne disposent plus de leur couverture d’expatrié, devront justifier de 15 ans de cotisations à la sécurité sociale française pour pouvoir bénéficier du remboursement des soins.

    Cette clause des 15 ans existait déjà pour les travailleurs de nationalité étrangère. Il s’agit-là non seulement d’une mesure d’égalité de traitement qui rompt une discrimination à la nationalité, mais également une mesure d’équilibre

    Un passage de 3 mois à 15 ans, et un trou d’air pour les personnes qui sont en urgence médicale et qui ont quitté la France il y a de nombreuses années.

    Cette modification s’explique par un alignement des droits et des modalités entre tous les non-résidents en UE qui s’installent sur le territoire national. Il n’y a plus de souplesse liée à la nationalité.

    Au-delà de la période de 3 mois, ils pourront bénéficier de la protection médicale universelle, la remplaçante de la CMU, mais en deçà, il faut avoir cotisé à la Caisse des Français de l’Étranger ou toujours bénéficier de son assurance locale (et dans les limites financières de celle-ci).

    Un passage aussi brusque de 3 mois à 15 ans de cotisations interroge les élus consulaires. En réponse à la question d’une élue d’Amérique du nord, la Direction de la Sécurité Sociale a indiqué que “Cette clause des 15 ans existait déjà pour les travailleurs de nationalité étrangère. Il s’agit-là non seulement d’une mesure d’égalité de traitement qui rompt une discrimination à la nationalité, mais également une mesure d’équilibre“.

    Une mesure qui pose toute de même question pour les Français établis depuis longtemps à l’étranger et qui subissent des frais potentiels importants dans leur pays d’adoption ou dont le tissu hospitalier laisse à désirer.

    Pour les Français résidant dans l’UE la situation est plus simple, ils disposent de la carte de sécurité sociale européenne (la fameuse carte bleu, ils sont donc couverts pour les séjours inférieurs à 3 mois.

    Comme l’indique le sénateur, Damien Regnard, à nos confrères du French Morning, les français résidant en dehors de l’UE sont les victimes de ces ajustements.

    En effet, leurs revenus issus de France sont assujettis à la CSG-CRDS mais ils ne bénéficient en rien de la solidarité nationale et en cas d’urgence médical, ils ne peuvent donc attendre de salut de la France qu’au bout de 3 mois…

  • La forêt, l’arme anti-réchauffement climatique ?

    La forêt, l’arme anti-réchauffement climatique ?

    A l’échelle mondiale, les forêts absorberaient un tiers des émissions de gaz à effet de serre. La capacité d’absorption de carbone annuelle des forêts françaises est estimée à 70 millions de tonnes équivalent CO2, soit 13 % des émissions françaises de gaz à effet de serre stockées. À titre d’exemple, un arbre de taille classique peut absorber l’équivalent de 5 tonnes de CO2, soit l’équivalent de 5 vols aller-retour entre Paris et New York.

    Dans la lutte contre le réchauffement climatique, de plus en plus de pays investissent dans l’arbre. Le gouvernement australien a récemment annoncé son intention de planter un milliard d’arbres d’ici 2050, soit 400 000 hectares de forêts en plus dans le pays. Le but est de se rapprocher des objectifs des accords de Paris en capturant 18 millions de tonnes de carbone supplémentaires d’ici 2030.

    La Chine, l’Inde et le Pakistan se sont lancés dans de vastes programmes de plantation. Depuis 1978, la Chine a planté plus de 66 milliards d’arbres le long du désert de Gobi pour endiguer l’avancée du sable. La planète est plus verte aujourd’hui qu’il y a vingt ans et cela malgré la déforestation en cours au Brésil.

    L’effort à réaliser reste colossale car il faudrait, pour respecter les engagements de Paris, planter 3000 milliards d’arbres.

  • la Tour Eiffel a 130 ans – VIDEO

    la Tour Eiffel a 130 ans – VIDEO

    La Tour Eiffel fête ce dimanche ses 130 ans, mais elle garde une santé de fer !

    Construit par l’ingénieur français Gustave Eiffel, comme son nom l’indique, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, l’édifice (haut de plus de 300 mètres) domine Paris et il est devenu un incontournable. Mondialement connue, la tour est l’un des monuments culturels français les plus visités avec plus de 7 millions de visiteurs chaque année. En septembre 2017, la Tour Eiffel avait accueilli plus de 300 millions de touristes.

    Un brin d’histoire

    Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Edouard Lockroy, eut l’idée d’un concours en vue de l’Exposition. Le premier prix fut remporté par Gustave Eiffel qui se lança alors dans la construction de l’édifice. Elle durera deux ans, s’achevant en 1889, une date symbolique puisqu’il s’agissait du centenaire de la Révolution française. Pour l’occasion, le pays souhaitait faire état de son rayonnement et de sa puissance coloniale.

    Plébiscitée comme étant la vitrine de la France suite à l’événement, la Tour Eiffel est pourtant de plus en plus boudée au fil des années, et le nombre de visiteurs est en chute libre. L’attrait pour la Dame de fer ne renaîtra qu’à partir de la deuxième moitié du XXe siècle où le tourisme se démocratise et se développe davantage. Le monument n’aurait jamais dû vivre aussi longtemps, il devait être déconstruit au bout de 20 ans. Une décision impensable pour Gustave Eiffel qui réussit à prouver son utilité grâce à l’installation d’une station météorologique et d’un relais pour la TSF (transmission sans fil).

    C’est toute une histoire que recèle le monument. A l’occasion de ses 130 ans, une animation a été mise en place : musique et adventure game, des visites scénarisées retraçant les aventures de la Dame de fer.

    A découvrir les animations pour ses 130 ans :

     

  • Gilets Jaunes : Baisse de la mobilisation et retenue dans les manifestations à Paris comme en régions

    Gilets Jaunes : Baisse de la mobilisation et retenue dans les manifestations à Paris comme en régions

    33.700 gilets jaunes ont manifesté en France, dont 4.000 à Paris

    Selon le ministère de l’Intérieur, 33.700 personnes ont manifestants en France, dont 4.000 à Paris à l’occasion du vingtième samedi de mobilisation, ou acte 20, s’il faut encore faire le décompte. Cela représente une légère baisse de mobilisation de la part des Gilets jaunes, qui étaient 40 500 dont 5 000 à Paris, toujours selon le ministère de l’Intérieur, le samedi 23 mars.

    32 interpellations à Paris

    L’acte 20 des gilets jaunes à paris a donné lieu à 32 interpellations selon la préfecture de police de Paris, qui annonce ces chiffres pour la fin d’après-midi (17h). Par ailleurs, 21 personnes ont été verbalisées pour « participation à une manifestation non-autorisée sur le périmètre interdit ». Les Champs-Elysées étaient en effet interdits de manifestation. A Montpellier, selon la préfecture de police, deux policiers ont été blessés en marge des manifestations des gilets jaunes. Huit personnes ont été interpellées.

    Calme à Paris et heurts à Bordeaux

    À Bordeaux, alors que le maire de la ville craignait des violences pour l’acte 20 des gilets jaunes, des tensions et des heurts ont éclaté entre des manifestants et les forces de l’ordre. Des casseurs auraient pris part au cortège. Les forces de l’ordre ont essayé de disperser les manifestants. À Paris, le rassemblement des gilets jaunes, qui se trouve maintenant au niveau du Trocadéro se déroule dans le calme.  Selon BFMTV, une dizaine de personnes seraient vêtues de cagoules noires.

    Des tensions à Saint-Etienne

    Plusieurs heurts ont été constatés à Saint-Etienne pour cet acte 20 des gilets jaunes. Des casseurs seraient présents dans le cortège rapporte Ouest-France et auraient commis des actes de vandalisme. Selon Le Progrès des hommes portant des cagoules auraient tenté de mettre le feu à une poubelle et auraient affronté des gilets jaunes pacifistes

    8 053 contrôles préventifs à Paris

    En parallèle la préfecture de police de Paris a mandaté les forces de l’ordre qui ont procédé à 8 053 contrôles préventifs dans la capitale. 25 individus ont été interpellés et 20 verbalisés pour « participation à une manifestation non autorisée ». Le secteur des Champs-Elysées a été en effet interdit de manifestation, tout comme la semaine dernière.

    Une nouvelle stratégie pour les gilets jaunes en avril ?

    Éric Drouet, qui est présent dans le cortège des gilets jaunes à Bordeaux, a témoigné de la volonté de continuité du mouvement. Selon lui, des manifestations auront encore lieu durant le mois d’avril. Il a précisé que les rassemblements pourraient s’alterner entre les grandes villes en région et Paris. Il s’agirait là d’une « nouvelle stratégie », rapporte Sud-Ouest. Dans le cortège bordelais, suivi par Francis Lalanne, Jérôme Rodrigues a également été aperçu. « Nous on est en colère, et on vient exprimer notre colère », a-t-il déclaré l’AFP.

    La rédaction avec l’AFP

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