Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • La French Tech face aux écosystèmes américains et chinois – Interview de Kat Borlongan

    La French Tech face aux écosystèmes américains et chinois – Interview de Kat Borlongan

    « La French Tech ce qui nous distingue c’est notre jeunesse (…) avec le Tech For Good, la technologie au service du bien commun, plutôt que le Tech For Control en Chine et le Tech For Cash aux Etats-Unis ».

    Kat Borlongan

    La French Tech c’est quoi ?

    La French Tech fait référence à l’écosystème des start-up françaises, c’est-à-dire tous les acteurs qui opèrent à l’intérieur ou autour de ces dernières. Entrepreneurs, investisseurs, ingénieurs, graphistes, médias…, tous font partie de la French Tech.

    La French Tech est également une initiative, un label français lancé fin 2013 par Fleur Pellerin et qui a pour but de favoriser l’émergence de start-up françaises performantes.

    Aujourd’hui les «communautés French Tech» à l’étranger constituent un réseau de 56 communautés. Les derniers regroupements ont été labellisés à la suite d’appels à projets menés en avril 2019 et 2020 (Lisez notre article sur le bilan de la French Tech réalisé par l’Assemblée des Français de l’étranger)

    Un réseau d’indépendants

    Ces projets rassemblent au niveau local les fondateurs de startups, investisseurs et toutes les parties prenantes de l’écosystème d’innovation local. Le but est de favoriser les échanges et rencontres entre les écosystèmes locaux et celui français. Elles veillent aussi à promouvoir une image positive, innovante et attractive de la France.
    L’indépendance est inscrite parmi les neuf valeurs constituant le manifeste des communautés French Tech. Ce canon vise à permettre aux communautés de s’organiser en accord avec les défis et caractéristiques présentés par leur écosystème.

    Regardez l’interview de Kat Borlongan la directrice de la Mission French Tech répond aux questions de Françoise Joly (TV5MONDE) et de Claire Gatinois (Le Monde).
  • Le FMI note la France sans conviction

    Le FMI note la France sans conviction

    Le FMI a rendu en novembre dernier ses conclusions sur l’économie française et ses réponses face à la crise. Rien que du classique : La France a subi la crise plus fortement que les autres pays (-10% de PIB), le gouvernement a pris des mesures d’urgence très rapidement, mais il faut définir un plan de rééquilibrage des finances publiques et le mettre en œuvre seulement quand la reprise économique sera bien engagée.

    Un satisfecit pour les mesures d’urgence 

    C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré le Secrétaire d’Etat au budget Olivier Dussopt. On imagine difficilement le FMI, ou le ministère des Finances expliquer que le gouvernement a été lent, que la réponse était inadaptée et qu’à l’avenir on pourrait continuer à dépenser au même rythme. En tout cas, le gouvernement pourra se réjouir des quasi félicitations du FMI, puisque le rapport de mission écrit en toutes lettres : « Les répercussions économiques de la pandémie ont été considérables, mais les autorités ont pris des mesures de soutien fortes et souples. » 

    Il confirme surtout la stratégie, commune à tous les pays développés, d’aide aux ménages et aux entreprises, tant que durera la crise : « Dans un contexte de seconde vague d’infections et de forte incertitude, il est légitime de continuer de fournir un appui budgétaire fort et souple. La réduction du déficit ne doit pas être une source de préoccupation tant que la crise persiste. ». Le FMI recommande pourtant « d’éviter les baisses d’impôts ou augmentations de dépenses à caractère permanent ». Ce qui est tout à fait conforme à sa tradition : après la crise, retour à l’assainissement des finances publiques. 

    Pourtant, la situation économique qui prévalait avant la crise était caractérisée par un affaiblissement constant de la croissance et de la productivité. Personne ne sait encore s’il est possible de revenir à la situation d’avant la crise, mais est ce seulement souhaitable ? Ne faut-il pas considérer qu’il n’y aura pas de retour à la « normale » ? Qu’il faut imaginer d’autres leviers de croissance ?

    Reconstituer les fonds propres des entreprises viables

    Pour le FMI, une première recommandation est de renforcer les fonds propres des entreprises, mis à mal par la crise. C’est une petite pierre dans le jardin gouvernemental des prêts garantis : « Une fois la phase aiguë de la crise passée, les autorités devraient réorienter leur action : plutôt qu’une garantie de l’État pour des prêts, elles devraient privilégier un renforcement des financements en fonds propres et quasi-fonds propres destinés aux entreprises viables, afin de stimuler l’investissement et le dynamisme des entreprises tout en réduisant les risques liés à un endettement excessif. »

    La nuance importante est le mot « entreprises viables ». Ce qui est dit à demi mot est la crainte de voir les prêts garantis par l’Etat maintenir en vie ce que l’on commence à appeler les « entreprises zombies », celles qui ne sont et ne seront jamais viables économiquement. 

    La France a enregistré cette année de crise un nombre de faillite record : à la baisse ! Une anomalie, surtout en temps de crise. Jamais si peu d’entreprises n’ont déposé le bilan depuis trente ans ! Pourquoi ? Parce qu’elles ont été maintenues sous respiration artificielle. Or ce système est risqué et dangereux à terme. Il revient à subventionner les entreprises qui ne marchent pas par celles qui vont bien. Elles conduisent à un affaiblissement général de l’économie et à un gâchis financier.

    Quelle sortie de crise ? 

    On attend donc des mesures qui permettront de renforcer les fonds propres des « entreprises viables ». Et définir les critères, avec les banques, de viabilité. Comment augmenter les fonds propres si ce n’est par des annulations de dette, ou des baisses d’impôts ? Le meilleur moyen de soutenir les entreprises viables est de leur permettre d’augmenter et conserver leurs bénéfices. Pourtant le FMI ne dit rien sur le taux d’imposition des bénéfices, plus élevé en France que dans les pays voisins.  

    Le Fmi s’interroge sur la sortie de crise : « la riposte budgétaire massive des autorités offrent l’occasion de réorienter l’économie française. »  Il déduit du plan de relance que « les entreprises françaises pourraient, grâce à leur forte présence dans des industries telles que l’automobile, la production d’électricité et l’aéronautique, jouer un rôle de premier plan dans les domaines en plein essor de la production et du stockage d’énergie verte et du transport à zéro émission. » 

    Taxations et subventions pour la transition « verte »

    Il ajoute : « la France devrait continuer à mettre en œuvre des politiques vertes conformes aux engagements de l’accord de Paris sur le climat, notamment en matière de tarification du carbone. Cette démarche devrait s’accompagner de mesures compensatoires pour les ménages à faibles revenus afin d’en garantir l’acceptabilité sociale. » 

    Sous l’apparente banalité des propos affleurent deux recommandations : La première est l’instauration  d’une taxe carbone, ou d’une hausse du prix du CO2. La deuxième est la suggestion de faire passer les augmentations du prix de l’énergie, qu’elle qu’en soit la forme, par des subventions pour les ménages. 

    C’est un débat déjà ancien : les mesures « vertes » coûtent. Elles pèsent et pèseront sur le budget des ménages. L’étrange recommandation du FMI est d’un coté de jouer sur les prix, de l’autre de subventionner pour amortir le choc. 

    Vers une crise sociale

    Ce qui parait tout à fait contradictoire avec les recommandations ultérieures : « Simplifier et moderniser davantage le système fiscal, permettraient d’en améliorer l’efficacité. » 

    Enfin le FMI s’inquiète, à juste titre, de l’augmentation prévisible du chômage. Surtout chez les travailleurs les moins qualifiés : « L’effet proportionnellement plus fort de la crise sur les travailleurs peu qualifiés pourrait nuire à l’intégration des groupes vulnérables sur le marché du travail. » C’est sur cette note peu optimiste que conclut la mission : « Il reste essentiel à moyen terme de poursuivre la mise en œuvre de réformes visant à réduire le chômage structurel et à accroître la participation au marché du travail. »

    Le plus étrange, dans ce rapport de mission, est l’absence totale de perspectives d’avenir et d’analyse comparative. Rien sur la croissance potentielle, rien sur les mécanismes d’aides publiques utilisées par rapport aux autres pays, rien sur les échanges extérieurs, rien sur la compétitivité, rien sur le marché de l’emploi, rien sur l’investissement. 

    Le FMI ne s’aventure pas dans des recommandations ou analyses trop osés. La seule remarque porte sur l’augmentation des impôts due à la mise en place d’une économie dite « verte » et du prix de l’énergie, ce que l’on sait depuis longtemps. Il ne pose pas la seule question qui compte : comment, à la reprise, booster la croissance pour éviter la crise économique et sociale ? Peut-être parce qu’il n’en a aucune idée.

  • Covid, climat, Otan… De « grande convergence de vues » avec Joe Biden, selon l’Élysée

    Covid, climat, Otan… De « grande convergence de vues » avec Joe Biden, selon l’Élysée


    Emmanuel Macron et Joe Biden ont « constaté une grande convergence de vues » sur les grands dossiers internationaux, en particulier pour lutter contre le Covid-19 « dans le cadre de l’OMS » et sur le climat après le retour des États-Unis dans l’Accord de Paris, a indiqué dimanche l’Élysée.

    Pour leur premier entretien téléphonique depuis l’entrée en fonction du président américain, les deux chefs d’Etat ont également acté « leur volonté d’agir ensemble pour la paix au Proche et Moyen-Orient, en particulier sur le dossier nucléaire iranien », a précisé la présidence dans un communiqué. Cette « conversation amicale et de travail » s’est tenue en anglais durant une heure, a-t-on précisé dans l’entourage du président français.

    Retour en force des relations transatlantiques

    De son côté, la Maison Blanche a indiqué que Joe Biden avait affirmé à Emmanuel Macron « son désir de renforcer les liens bilatéraux » avec la France, « notre allié le plus ancien », mais aussi « la relation transatlantique » par « le biais de l’Otan et le partenariat des États-Unis avec l’Union européenne ».

    Emmanuel Macron avait salué mercredi, jour de l’investiture de Joe Biden, la décision de Washington de réintégrer l’accord de Paris sur le climat et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), signalant son retour dans les institutions multilatérales après quatre années d’unilatéralisme forcené sous la présidence de Donald Trump.

    Les deux dirigeants se sont accordés sur la nécessité de se coordonner sur les « défis communs comme le changement climatique, le Covid-19 et le rétablissement de l’économie mondiale », selon le communiqué de la Maison Blanche. « Ils se sont aussi mis d’accord pour travailler ensemble sur les priorités partagées en politique étrangère, notamment sur la Chine, le Moyen-Orient, la Russie et le Sahel », précise-t-il.

    Sur tous ces sujets, les deux présidents « sont convenus de rester en contact très étroit dans les prochaines semaines », selon l’Élysée, même si aucune rencontre physique ne peut être fixée pour le moment en raison de la crise du Covid-19.

    Origines françaises de Biden

    Emmanuel Macron et Joe Biden s’étaient entretenus une première fois le 10 novembre, après l’élection du président des Etats-Unis. Mais Emmanuel Macron, arrivé au pouvoir en 2017, n’a jamais rencontré Joe Biden qui a été le vice-président de Barack Obama entre 2009 et 2017.

    L’Élysée a indiqué dimanche que le président français avait été « sensible » à la référence aux origines françaises de Joe Biden, qui a prêté serment sur un héritage familial, une Bible de Douai vieille de plus de 400 ans. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden s’est déjà entretenu avec les Premiers ministres canadien Justin Trudeau et britannique Boris Johnson.

    Un article de notre partenaire
    euractiv

  • Tout le monde ne paiera pas la crise.

    Tout le monde ne paiera pas la crise.

    Les gouvernements ont volé au secours de l’économie avec une rapidité et une efficacité indéniable. Alors qu’en 2008 ils avaient tergiversé, cette fois, ils n’ont pas hésité : Des milliards ont été créés. Les banques centrales ont appris à faire tourner une économie à l’arrêt.

    Les dettes s’accumulent. Qu’est ce que çà peut faire ? Personne ne remboursera, dit-on. Pas tout à fait vrai, mais pas tout à fait faux. Tout le monde ne paiera pas la même chose, ni de la même manière. Rembourser, il le faudra. Qui ne rembourse pas n’a plus de capacité d’emprunt : on ne prête qu’aux riches.

    La dette sera payée, d’une façon ou d’une autre

    Comme les banques ont injecté des milliards dans les circuits, l’argent abonde. Les Etats le distribuent : Joe Biden a ajouté 1900 milliards de dollars aux 900 de Trump. 1400 dollars d’aide directe aux familles, doublement du salaire horaire, le reste suivra. En France, les revenus n’ont quasiment pas diminué alors que le PIB a plongé de -10%. 

    Hier on disait non aux Gilets Jaunes, on comptait les lits dans les hôpitaux, on rognait les points de retraite, tout cela parait très loin. Demain, demander des sacrifices pour rembourser la dette du Covid, quand on aura vu l’argent couler à flot, sera un exercice impossible. Mais la dette sera payée, d’une façon ou d’une autre.

    Comment ? Par l’inflation ? Certains l’espèrent, sans mesurer que le retour de l’inflation serait aussi celui de l’augmentation des taux d’intérêts. Une chance pour liquider le stock de dettes et ruiner l’épargnant, à condition de ne plus avoir à emprunter, ce qui n’est pas le cas de la France. Mauvaise pioche.

    Et puis l’inflation n’est jamais une bonne nouvelle pour les bas salaires, toujours en retard sur les prix. Heureusement, pour mille raisons (la concurrence mondiale) l’inflation est morte. En Europe, elle n’atteint pas 2% depuis 2009. Donc pas d’inflation, vive la dette : Plus l’argent abonde, plus les taux d’intérêt sont bas. La France emprunte à taux négatifs jusqu’à 16 ans, une chance, vu ce qu’elle emprunte (230 milliards). Dernier emprunt : -0.6% à un an d’échéance. 

    Certains souffrent plus que d’autres. Deux mondes dans l’entreprise.

    Pourtant, il se passe déjà quelque chose. Certains pays souffrent plus que d’autres. Certaines catégories aussi. 

    Cette semaine un grand groupe (Accor), chiffre d’affaires en berne, va licencier plus d’un millier de personnes. Il ne sera pas le seul. Les entreprises ont découvert le télétravail, la digitalisation du monde galope. Certaines entreprises sont maintenues en vie par les aides, d’autres, les plus performantes, vont avoir accès à un crédit quasiment illimité.

    L’épargne bat des records. Vers où se tourner, si ce n’est vers des valeurs « sûres »? Ainsi l’immobilier se maintient. Les prix devraient chuter, ils résistent. +6% à Paris en 2020. D’où l’inflation des cours de bourse, pour les intouchables de l’après crise : luxe et nouvelles technologies – et banques. Goldman Sachs, au dernier trimestre, augmente ses bénéfices de + de 150%, 4.4 milliards de dollars.

    Si vous avez du crédit, vous en aurez encore plus. Ce qui équivaut à : si vous êtes riche, vous le serez encore plus. En revanche malgré les aides, la capacité d’emprunt est nulle.

    Une remontée tragique de la grande pauvreté 

    De même entre les Etats. En un an, la dette des Etats a augmenté de 10.000 milliards de dollars, autant que le montant des sept années précédentes. L’argent a été distribué comme s’il en pleuvait. Mais pas partout. Les Etats-Unis ont ainsi augmenté leur masse monétaire de 30%, la BCE seulement de 12%. Ces privilèges sont réservés à ceux qui peuvent le faire parce qu’ils ont des monnaies fiables : les Européens et les Etats-Unis. Les autres, tant pis. (Tiens, les critiques contre l’euro se sont tues.) L’écart entre les puissances monétaires et les autres va se creuser.

    L’ONU prévoit une remontée tragique et historique de la grande pauvreté. Selon l’agence Fitch, les pays émergents paient désormais autant d’intérêt que les pays développés, soit 860 milliards $ par an. Seule différence, les pays riches ont une dette trois fois plus importante (60.000 milliards de $) que les pays émergents (20.000 milliards de $). En 2020, Argentine, Equateur, Liban, Suriname et Zambie n’ont pu payer leurs échéances. En Afrique subsaharienne, les paiements d’intérêts représentent 16% des revenus des Etats contre 5% en 2012.

    La dette cantonnée, un impôt européen post covid ?

    Seule la Chine a maintenu une croissance positive (2.5%), ce qui est en grande partie illusoire. Les chiffres sont à la chinoise, incertains, et les taux d’intérêts sont supérieurs à la croissance. Mais c’est mieux qu’aux Etats-Unis -3%, Allemagne -5 %, France -9%. L’écart en Europe entre les pays du nord et du sud s’accroit. On peut imaginer que la dette mutualisée entre pays européens sera l’objet d’une attention particulière. La dette covid pourrait être cantonnée, ce qui suppose une source de financement ad hoc, un impôt européen. Alors tout le monde paiera.

    La crise ne sera pas payée par l’impôt

    Mais ce ne sera pas l’impôt qui sera la contrepartie la plus évidente de la crise. D’un coté, ceux qui rebondiront, qui investiront, qui bénéficieront de taux d’emprunts de plus en plus faibles par rapport à la croissance de leur entreprise ou de leur pays. De l’autre ceux qui ne pourront pas emprunter ou ceux dont l’épargne sera faiblement, voire absolument pas rémunérée : la piétaille.

    Cela augure d’un divorce. Entre les plus riches et les plus pauvres, entre les pays riches et les pays pauvres, entre l’Europe du nord et celle du sud.

    Ceux qui pensaient que la mondialisation, dans chaque pays, creusait les inégalités vont s’apercevoir que démondialiser est pire. La mondialisation est déjà regrettée par les millions de pauvres qui sont sortis de l’extreme pauvreté ces dernières années et craignent, comme le prévoit l’ONU, la FAO, l’Unicef et la Banque mondiale, d’y replonger.

    D’un coté, l’abondance des liquidités permet aux détenteurs d’actifs de s’enrichir mécaniquement par la captation de la création monétaire. De l’autre, la décroissance punit les plus modestes, les moins qualifiés, par le chômage, la stagnation de salaires, la non rémunération de l’épargne, puis l’impôt-solidarité-covid. Ceux qui veulent faire payer les riches par un impôt spécial sont les mêmes qui n’ont pas compris que l’impôt des riches n’est pas payé par les riches mais par l’économie.

    Ne pas rater la croissance

    Habituellement, les crises réduisent les inégalités par destruction du patrimoine (guerre ou inflation). Cette fois c’est l’inverse. 

    Mais la crise n’est pas finie. Elle peut engendrer de nouveaux conflits, entre pays, au sein des pays. Il ne faut rater la reprise, et libérer la croissance. Les pays ne sont jamais égaux face aux crises, les  personnes non plus : tout le monde ne paiera pas la crise au même prix.

    Laurent Dominati  

    Laurent Dominati  

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Meyer Habib : « l’interdiction des vols commerciaux en Israël pourrait être renouvelée »

    Meyer Habib : « l’interdiction des vols commerciaux en Israël pourrait être renouvelée »

    Le gouvernement israélien a approuvé dimanche l’interdiction de tous les vols passagers entrants et sortants afin d’empêcher la propagation des nouvelles variantes du coronavirus.

    Cette interdiction entrera en vigueur dans la nuit de lundi à mardi, à minuit heure locale (22H00 GMT), et sera appliquée au moins jusqu’au 31 janvier, selon un communiqué publié par le bureau du Premier ministre.

    Ni arrivée, ni départ

    En conséquence, toutes les arrivées seront interdites, et les atterrissages ne seront autorisés que pour quelques exceptions, comme les vols cargo, les urgences médicales et les services de lutte contre les incendies.

    Les départs aériens seront également interdits sauf pour les urgences médicales, les procédures judiciaires, ou pour assister aux funérailles d’un proche.

    « Nous fermons aujourd’hui l’aéroport (international) Ben Gourion »

    le Premier ministre Benyamin Netanyahou

    Ces dispositions empêcheront donc dès mardi 26 janvier les voyages des expatriés entre Israel et la France, les expatriés comme les doubles nationaux ne bénéficieront pas d’exception au régime général appliqué aux citoyens israéliens. Les compagnies aériennes ont mis en place des dispositifs pour accompagner les nombreux « naufragés » qui seront restés « en rade ».

    la campagne de vaccination comme solution

    M. Netanyahou précise que cette mesure vise à empêcher la propagation des nouvelles variantes du coronavirus.

    Ces mesures sont également nécessaires pour garantir un « progrès rapide » de la campagne de vaccination à grande échelle lancée par Israël, a-t-il précisé. Près de 3 millions de personnes ont, déjà, reçu la première injection du vaccin Pfizer en Israël, soit près d’un tiers de ce pays de 9 millions d’habitants.

    Cependant ce succès vaccinal n’empêche pas Israël de vivre depuis le 19 décembre son troisième confinement national. Il est prévu un retour progressif à la normal d’ici le 31 janvier.

    Les expatriés déboussolés

    Meyer Habib
    Meyer Habib

    La fermeture de l’espace aérien aura de nombreuses conséquences pour les Français d’Israël, surtout si ce dernier est prolongé comme le craint notre invité. Lesfrancais.press ont interviewé le député des Français de la VIII circonscription des Français de l’étranger, dont ceux installés en Israël, Meyer Hahib.

    Ensemble, nous décryptons la politique du gouvernement israélien et son impact sur la vie des expatriés, tout en évoquant la politique de vaccination en France et pour les Français hors de France.

    Le député Meyer Habib invite d’ailleurs le gouvernement français à s’inspirer des techniques du pays hébreux. En vaccinant rapidement sa population et en freinant au maximum l’arrivée des variants, Israel compte rapidement reprendre le contrôle de l’épidémie tandis que la France réfléchit à un nouveau confinement. Pour le député Meyer Habib, les Français ne « sont pas bons »….

    Ecoutez le podcast avec Meyer Habib

    11 minutes pour comprendre la stratégie israélienne contre la Covid-19
    Retrouvez l’interview de Meyer Habib sur la vaccination
  • « Sport Féminin Toujours » : vers une meilleure médiatisation du sport féminin

    « Sport Féminin Toujours » : vers une meilleure médiatisation du sport féminin

    Bien qu’il soit de plus en plus médiatisé, le sport féminin a longtemps été un oublié des médias audiovisuels (télévisions et stations de radio). L’opération « Sport Féminin Toujours », menée conjointement par le CSA et le ministère chargé des Sports, se tenait cette année du 17 au 24 janvier. L’occasion de revenir sur l’importance d’une meilleure médiatisation du sport féminin et ses impacts positifs sur la société.

    Pourquoi une journée internationale du sport féminin ? 

    Créée en 2014 à l’initiative du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel français, l’action « Sport Féminin Toujours » avait lieu cette année du 17 au 24 janvier. Cet événement a été initié afin de permettre au sport féminin de gagner en visibilité et de contribuer à une meilleure représentation des exemples de réussite. En effet, le CSA a mis en évidence la sous-médiatisation du sport féminin au profit du sport masculin et le déficit de visibilité. 

    Quels sont les objectifs de cet événement ? 

    À l’origine, il y avait une seule journée internationale du sport féminin. Désormais, l’événement se tient sur une semaine. Il poursuit ainsi 3 objectifs : 

    1. Encourager la pratique sportive des femmes et des filles. En effet, il est important de rappeler qu’il n’y a pas de genre quand il s’agit de pratiquer un sport. Trop souvent, certains sports sont automatiquement « masculinisés » et les filles s’interdisent de le pratiquer. 
    2. Féminiser les instances dirigeantes fédérales. Avoir plus de femmes dans l’exécutif sportif est une évidence. À l’heure actuelle, la plupart des postes à responsabilité sont assurés par des hommes. L’un des objectifs de cet événement est ainsi d’inciter à une plus grande parité dans le management des institutions et fédérations sportives.
    3. Soutenir la visibilité du sport féminin et par conséquent, inciter à l’investissement. C’est l’un des autres effets de la sous-médiatisation du sport féminin, les investissements sont donc moins élevés. Un désavantage pour les sportives qui ne sont pas rémunérées à leur juste valeur. 

    Les résultats de ces journées internationales du sport sont probants. Le sport féminin gagne du terrain à l’antenne et les compétitions sportives internationales sont de plus en plus diffusée à des heures de grandes écoutes. Ainsi, en 2019, la Coupe du Monde de Football féminin a été diffusée en direct sur TF1, une première pour cette compétition qui existe depuis 1991. Cette même année, parmi les 10 meilleures audiences télévisées, 5 concernaient des matchs de la Coupe du Monde de football féminine. Il y a donc un réel engouement pour ce secteur et la journée internationale du sport féminin semble porter ses fruits.

    Le sport féminin en France & dans le monde

    Les chiffres-clés concernant la pratique du sport en France sont assez intéressants. En effet, bien que les femmes soient plus nombreuses à pratiquer un sport de manière « encadrée » ou en club, elles sont bien moins nombreuses que les hommes à participer à des tournois ou des compétitions. L’étude menée par le ministère des Sports et l’Institut National de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire (INJEP) a montré que seules 3% des femmes pratiquent un sport pour la compétition ou le risque. 

    Selon cette même étude, on compte en 2018 6.992.000 femmes licenciées de fédération, soit 38,6% de l’ensemble des licenciés. Bien que cette part grandisse au fur et à mesure des années, la parité n’est pas atteinte.  

    En France, malgré l’engouement suscité par la coupe du monde de football en 2019, le sport féminin reste sous-médiatisé. 

    Cependant, le niveau de médiatisation des femmes sportives dans le monde n’est pas le même partout. Ainsi, aux États-Unis, le sport féminin est beaucoup plus mis à l’honneur. En effet, depuis que la loi de 1972, baptisée « Title IX », qui interdit toute discrimination sur la base du sexe dans les programmes d’éducations soutenus, les chiffres ont explosé. 

    C’est ainsi que le soccer, ou football comme nous l’appelons en France, est devenu un sport incontournable pour les jeunes filles du pays. Depuis 1999, les États-Unis ont ainsi professionnalisé le football féminin avec divers championnats.

    Un autre sport où les femmes sportives sont médiatisées, c’est bien évidemment le tennis. Avec des sportives de renommée mondiale telles que les sœurs Williams, les sportives ont ainsi été mises à l’honneur sur la scène internationale. Plus récemment, Naomi Osaka a fait parler d’elle en utilisant sa notoriété pour pointer du doigt les différences entre les hommes et les femmes. 

    Ces sportives françaises reconnues à l’international 

    Certaines françaises ont su s’illustrer en tant que sportives reconnues mondialement. Parmi elles, Laure Manaudou, qui s’est imposée à seulement 17 ans au JO d’Athènes avant de détenir tous les records pendant trois ans. 

    Amélie Moresmo est également une sportive française qui a connu un succès international, et pour cause. Son palmarès est impressionnant, elle est la joueuse de tennis française la plus titrée en simple et la seule française à avoir remporté un titre du grand Chelem. Grâce à son expérience, elle devient l’entraîneuse d’Andy Murray de 2014 à 2016 puis l’entraîneuse de Lucas Pouille en 2018. Elle a également été la première femme entraîneuse de l’équipe de France de tennis.

    L’événement « Sport Féminin Toujours » permet ainsi de mettre à l’honneur ces Françaises qui excellent dans leur sport respectif. Bien que certaines aient réussi à s’imposer sur la scène internationale, la médiatisation des sportives françaises est encore loin d’être parfaite. Grâce à l’engagement du gouvernement, des efforts sont faits et les choses évoluent doucement, mais sûrement. 

  • La recherche au service de la croissance

    La recherche au service de la croissance

    Les économistes estiment que le soutien public à la recherche et développement (R&D) permet d’accroître le niveau de la croissance potentielle. 

    Sur le plan empirique, la coïncidence, dans les années 50, d’une augmentation des dépenses publiques en faveur de la R&D et d’excellents taux de productivité et de croissance du PIB ont légitimé cette corrélation. Les travaux théoriques réalisés par l’économiste Kenneth Arrow dans les années 1960 soulignaient que le secteur privé ne peut pas fournir la quantité d’innovations dont les économies ont besoin pour maximiser leur croissance. 

    À l’échelle mondiale, les États financent la R&D en moyenne pour un peu plus de 0,5 % de leur PIB. Dans les pays avancés, ce ratio peut dépasser 1 % du PIB. En France, il atteint 0,7 % du PIB. Au sein des pays de l’OCDE, l’effort public en matière de R&D est en recul depuis 40 ans. En France, depuis 1990, il est passé de 1 à 0,7 % du PIB. En 2018, au sein de l’OCDE, les dépenses publiques en R&D sont néanmoins en augmentation de 3 % en termes réels après une période de forte baisse imputée à la crise financière de 2008.

    Amazon investit plus que la France et le Royaume-Uni 

    Dans tous les pays, les gouvernements décident d’accroître les dépenses publiques en faveur de la recherche. En France, en 2020, le gouvernement a pris l’engagement de les augmenter de 30 % sur dix ans. Le gouvernement japonais a également décidé d’augmenter leur financement. Aux États-Unis, le nouveau Président s’est prononcé en faveur d’une forte augmentation du budget en faveur de la recherche. 

    Les GAFA deviennent des acteurs de plus en plus importants de la recherche. Amazon a ainsi indiqué avoir dépensé, en 2020, 36 milliards de dollars, en technologie et contenu, soit plus que les budgets scientifiques de la Grande-Bretagne et de la France réunis. 

    Au sein de l’OCDE, le soutien public à la R&D passe, de plus en plus, par le canal des aides fiscales. En 2018, elles représentaient 56 % du volume total de l’aide publique, contre 36 % en 2006. Avec la crise sanitaire, les États sont tentés d’être plus directifs et de vouloir réduire les incitations au profit d’aides ciblées.

    1.8 Milliards pour l’informatique quantique en France, la Chine en pointe. 

    Les pouvoirs publics souhaitent une réorientation des dépenses de R&D au profit de la santé, de la transition énergétique et des technologies de pointe dont l’informatique quantique qui, en France, vient de bénéficier d’un appui de 1,8 milliard d’euros de la part du gouvernement. 

    La remontée des dépenses de recherche et développement est liée non seulement à la crise sanitaire mais aussi à l’émulation avec la montée en puissance de la Chine qui est devenue en quelques années un acteur incontournable dans ce domaine. Elle se place désormais au deuxième rang mondial. En 2018, sa recherche représentait 80 % de celles des États-Unis. 

    Une étude publiée en 2019 par Elsevier, un éditeur scientifique indique que la Chine a publié plus d’articles de recherche à fort impact que l’Amérique dans 23 des 30 domaines de recherche les plus importants. La crainte de la dépendance à la Chine est vive tant sur le plan de la santé que dans le domaine de la transition énergétique.

    Recherche et baisse de productivité

    L’augmentation des dépenses de R&D n’amène pas automatiquement celle de la croissance. Les gains de productivité sont en baisse depuis vingt ans au sein de l’OCDE. En Chine, ce processus est également constaté depuis une dizaine d’années. Les tenants de la théorie de la stagnation séculaire comme Robert Gordon (The Rise and Fall of American Growth, publié en 2016) indique clairement que le rendement de la recherche est décroissant. 

    La croissance exceptionnelle de la productivité américaine de 1870 à 1970 a été provoquée par une rupture technologique qui ne peut pas se reproduire. L’enchainement de grandes inventions – moteurs à combustion interne, électrification, plomberie, antibiotiques, télécommunication, etc. – a permis un passage ponctuel d’une société agraire à une société de consommation industrialisée. La substitution des moteurs électriques aux moteurs à combustion est certes nécessaire sur le plan environnemental mais ne constitue pas une révolution et ne peut être assimilée à celle qui a amené à remplacer les chevaux par des voitures. 

    Un article d’Ashish Arora de l’Université Duke et de ses collègues affirme que les gains des innovations dépendent de l’état d’esprit qui transcende les sociétés. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’opinion publique, les investisseurs, les entrepreneurs étaient réceptifs au rôle du progrès comme facteur positif de changement. 

    Aujourd’hui, les doutes sur l’intérêt du progrès, la remise en cause de la science ralentissent la diffusion des innovations et dissuadent les meilleurs éléments de s’investir dans la recherche. La science d’entreprise serait en déclin, les grandes entreprises choisissant de plus en plus d’octroyer des licences de recherche aux universités plutôt que de les effectuer elles-mêmes, l’affichage primant sur le résultat. 

    Le nombre de publication, de brevets ne crée pas automatiquement une révolution industrielle. Les innovations actuelles seraient avant tout des sources de confort et ne provoqueraient pas de réelles mutations économiques majeures.

    La révolution digitale est encore devant nous

    L’économiste Robert Solow, en 1987 avait énoncé le paradoxe suivant «on voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité ». Or, dans les années 1990, les gains de productivité s’accélèrent aux États-Unis avec la large diffusion des ordinateurs personnels. Les technologies de l’information et de la communication n’auraient pas encore donné l’ensemble de leur potentiel. L’exploitation des données n’en serait qu’à ses balbutiements. La digitalisation provoque des modifications importantes dans les processus de production qui n’ont pas été intégrés par l’ensemble des secteurs. La constitution de rentes par les entreprises du digital ralentit la marche du progrès. La crise sanitaire a révélé les avantages générés par la digitalisation que ce soit avec le télétravail ou pour la modélisation qui a permis l’élaboration d’un vaccin contre la covid-19 en quelques mois quand, auparavant, il aurait fallu plusieurs années.

    La recherche bureaucratisée 

    L’objectif de retrouver un niveau de recherche développement public équivalent à celui de 1970 supposerait un effort de 400 milliards d’euros au sein du G7, ce qui est en soi réalisable sous réserve d’une modernisation préalable des dispositifs de soutien qui ont peu évolué au cours de ces cinquante dernières années. 

    Les agences de recherche ont eu tendance à se bureaucratiser. Aux États-Unis, la NASA préfère désormais passer des contrats avec des sociétés privées comme SpaceX en lieu et place de développer ses propres programmes. Dans les années 1950 et 1960, aux États-Unis, l’État fédéral a consenti un effort important, dans le cadre de la guerre froide, en faveur de l’aérospatial, de l’aéronautique et de l’électronique. Les résultats des recherches menées sont à l’origine des grandes innovations développées lors de ces quarante dernières années.

    Surmonter le blocage de croissance 

    En France, dans les années 1970 et 1980, les pouvoirs publics avaient mis l’accent sur l’énergie nucléaire au nom de l’indépendance nationale et sur le train à grande vitesse. Pour le nucléaire, les équipes françaises avaient travaillé avec celles des États-Unis. Certains appellent de leurs vœux que les gouvernements soutiennent la recherche développement en matière de transition énergétique en prenant exemple sur l’Allemagne qui a subventionné la production de panneaux solaires et de ses éoliennes. 

    La pandémie accélère la diffusion d’innovations existantes depuis déjà plusieurs années mais qui mettaient du temps à percer. Les paiements numériques, la télémédecine et l’automatisation industrielle se sont banalisés comme le recours aux moyens de vidéos à distance pour les réunions et les conférences. 

    La recherche ne peut pas tout mais apparaît indispensable pour surmonter le blocage de croissance que les pays occidentaux connaissent depuis une dizaine d’années. La décarbonisation de l’économie ne stimulera pas la croissance à long terme tant que l’énergie verte sera plus chère que les combustibles fossiles. Des innovations que ce soit en matière de solaire ou d’hydrogène sont attendues afin de réduire l’écart. 

    Le vieillissement de la population conduit à une forte augmentation des services à la personne qui, à l’exemple des soins de santé et d’éducation, se caractérisent, pour le moment, par de faibles potentiels de gains de productivité. 

    À terme, la biologie synthétique, l’intelligence artificielle et la robotique pourraient conduire à une forte progression de la productivité. Les États ont une réelle influence sur la vitesse de diffusion des innovations dans l’économie. Ils doivent veiller à ce que la réglementation et le lobbying ne ralentissent pas leur diffusion. Une application rigoureuse des lois antitrust apparaît indispensable tout comme un assouplissement des régimes de propriété intellectuelle.

  • Journée franco-allemande : où en sont les relations entre Paris et Berlin ?

    Journée franco-allemande : où en sont les relations entre Paris et Berlin ?

    Le 22 janvier 1963 était signé le Traité de l’Elysée, entérinant l’amitié entre les deux pays. Un acte important, renforcé il y a 2 ans, par le Traité sur la coopération et l’intégration franco-allemande d’Aix-la-Chapelle.

    58 ans d’amitiés franco-allemandes

    Ainsi, ce 22 janvier 2021 a été le dernier sommet auquel a participé Angela Merkel, qui quittera la chancellerie en septembre prochain, après 16 ans au pouvoir. Mais cette entente a quelques fois du mal à trouvé une réelle coopération, comme en témoignent deux visions différentes de la gestion de crise du Covid19.

    La covid-19 souligne les différences

    En Allemagne, le gouvernement vient d’annoncer un nouveau durcissement des restrictions, et un confinement qui se maintien au moins jusqu’au 14 février. Nous n’en sommes pas encore là en France, et certains députés de la majorité l’attribue à une gestion quasi militaire « avec un chef d’ordre descendant, qui règle le problème », selon Christophe Arend, président du bureau français de l’Assemblée parlementaire franco-allemande. Or, le système français a montré toutes ses limites, avec une courroie de transmission qui paraît voilée entre les décideurs politiques et les applications locales.

    Au contraire, le système fédéral allemand décentralisé est plus adapté aux contextes régionaux. La santé est ainsi la compétence des Länder, entraînant tout de même quelques délais, malgré l’impatience affichée par Angela Merkel, pour imposer un nouveau confinement entre octobre et novembre, mais faisait face à la réticence de l’opinion publique.

    Manque de coopération

    Et si aucun des deux systèmes n’est parvenue à s’imposer comme le meilleur sur le long terme, aucune réelle réponse commune n’a été adoptée. Absence de concertation en début de crise ; travailleurs frontaliers bloqués ; discrimination de ceux qui passaient la frontière pour faire leurs courses ; et décisions unilatérales prises à la hâte, ont créé de nombreuses difficultés. Ainsi, les deux représentants de l’Assemblée parlementaire franco-allemande appelaient à l’unité dès le 6 avril. Et pourtant les frontières entre les 2 pays ont été fermées.

    Cependant, l’Europe a démontré qu’elle pouvait permettre de traité un patient français en Allemagne, comme lors du 1er confinement. Une coopération signée entre la Moselle et la Sarre remonte pourtant à 2019, grâce à la convention MOSAR. La preuve du rôle essentiel du partenariat franco-allemand en tant que moteur de la cohésion et la coopération en Europe…

    Ecoutez le podcast

  • Londres : un consulat en mode dégradé

    Londres : un consulat en mode dégradé

    Depuis le 13 janvier 2021, le Consulat de France à Londres a décidé de limiter le flux de personnes. 

    En effet “la forte dégradation de la situation sanitaire au Royaume-Uni, et à Londres en particulier (augmentation du nombre de cas, occupation des hôpitaux, mortalité, etc…), ne permet plus au Consulat d’accueillir pour le moment ses usagers dans des conditions de sécurité et de précaution sanitaires satisfaisantes.”

    « Selon les évidences, le variant anglais serait associé à une forte augmentation de la mortalité.”

    Boris Johnson

    Les effets négatifs du nouveau variant 

    Ce vendredi 22 janvier, il y a eu 1401 décès dans les dernières 24h et 40261 nouveaux cas. Dans une conférence de presse à Downing Street, le Premier ministre Britannique, Boris Johnson, a annoncé que « selon les évidences, le variant anglais serait associé à une forte augmentation de la mortalité.”

    Quelles conséquences pour les expatriés ? 

    “Le nombre de rendez-vous pour accomplir des formalités au service de l’administration des Français est à présent réduit de manière significative. Des rendez-vous déjà pris ont par ailleurs dû être annulés, les personnes concernées ont été informées”, selon le site internet du Consulat. 

    Concrètement, cela entraine une diminution des plages horaires disponibles sur le site internet dédié (Ariane).

    Qu’en est-il pour les passeports ? 

    Le Consulat de France conseille désormais de “privilégier les demandes de passeport qui répondent à des situations d’urgence avérée, qui doivent être justifiées avec preuve à l’appui (passeport expiré ou arrivant à expiration dans un délai de moins d’un mois, titre de transport, justificatif de déplacement…). Le Consulat a conseillé aux personnes “de ne pas prendre rendez-vous pour le moment si la situation n’est pas de caractère d’urgence.”

    Par ailleurs, le gouvernement britannique déconseille fortement les déplacements internationaux qui doivent répondre à des raisons impératives.Le Consulat invite à respecter les consignes gouvernementales et limiter les déplacements à des démarches essentielles. Toutes les informations sont à retrouver sur https://www.gov.uk/guidance/national-lockdown-stay-at-home.

    Et les cartes d’identité?

    La réception des demandes des cartes d’identité (CNIS) sera suspendue à compter du lundi 25 janvier. 

    Il faut impérativement prendre rendez-vous pour retirer des cartes d’identité et des passeports. “Si vous vous apprêtez à déposer une demande urgente de passeport, privilégiez l’envoi à domicile, qui sera traité en priorité.” 

    Les modalités d’accès au Consulat 

    “L’accès au Consulat sera donc refusé à toute personne se présentant sans rendez-vous.”

    Le Consulat de France à Londres sur son site internet

    Les visiteurs doivent porter un masque dès l’entrée du bâtiment et apporter leur propre stylo. Le paiement des frais se fait par carte bancaire (Visa ou Mastercard). L’accès sera refusé à toute personne présentant les symptômes (fièvre, toux notamment). Les personnes ne présentant pas les symptômes du COVID-19 seront autorisées à rentrer. 

    Les horaires de rendez-vous doivent être respectés. Enfin l’accès sera refusé aux personnes se déplaçant avec un sac ou un bagage quelle qu’en soit la taille. Les animaux sont interdits au Consulat. 

    Qu’en pensent les Français à Londres ? 

    Julien, un expat a posté un commentaire sur une page Facebook des Français à Londres, s’interrogeant si “certains ont déjà refait leur passeport français au Royaume-Uni.” Il se demande également si “tout se passe sur rendez-vous avec l’ambassade ou si certains ont réussi à faire toutes les démarches en ligne.” L’information semble donc ne pas avoir été communiquée à tous nos compatriotes sur place.

    Cependant quelques uns ayant déjà eu la difficile expérience, lui, ont répondu : “Rendez-vous à prendre en ligne, puis les formalités au Consulat à South Kensington (le quartier français à Londres où se situe le bâtiment).” Une autre personne, Lamia lui a répondu également : “Rendez-vous pris en ligne 6 mois avant la date d’expiration de mon passeport. Passeport prêt 2 semaines après. De nouveau prise de rendez-vous en ligne pour retrait.” Enfin Mathilde a répondu au post de Julien: “Ma carte d’identité a mis presque 3 mois à arriver, je te conseille de t’y prendre à l’avance.”

    Sur une autre page Facebook, Sophie souhaite savoir “comment et où obtenir un laissez-passer entre la France et l’Angleterre.”

    Elle ajoute que “le consulat de France à Londres ne me répond pas et réciproquement pour ma compagne! Nous avons envoyé des e-mails à ce jour sans réponse. Apparemment il s’agit de prouver une vie commune avant le premier confinement ce qui est le cas. Nous pouvons réunir tous les documents”, mais Sophie se demande “à qui les envoyer?” Jess lui a répondu en anglais “[email protected]. Ils répondent plutôt vite et j’ai eu le mien en 12 heures (UK / France LP).”

    Une association à Londres mobilisée 

    Julie, une Française à Londres, nous explique qu’elles “ont proposé de l’aide aux personnes en difficulté avec leur association « Les Passantes Londres » et ont dû répondre à des gens qui étaient dans des situations de détresse.” 

    Elle ajoute que “nous avons fait remonter ces problèmes aux conseillers consulaires et au député pour les alerter.” Depuis la fermeture brutale des frontières en décembre, quelques jours avant Noël, cette association de femmes françaises propose régulièrement son aide aux autorités.

    Une élue consulaire au Royaume-Uni

    Patricia Connell

    Selon Patricia Connell, élue consulaire au Royaume-Uni, basée à Londres, “Le Consulat a limité le nombre de personnes pendant le premier confinement puisque les voyages sont déconseillés et qu’il est dangereux de se retrouver dans un endroit clos, les passeports et autres papiers deviennent superflus. »

    Les actes de mariage ou autres sont aussi concernés. Conséquence : plus personne ne peut se marier. Cette situation devient très compliquée. 

    Baisse du nombre de personnes au Consulat

    Patricia Connell ajoute que “même si le consulat a réduit le nombre de rendez-vous, je pense que de toute façon ils ont une énorme baisse de demandes. Ce n’était pas le cas avant le mois de décembre dans le sens que tout le monde était paniqué parce que les gens voulaient partir et rentrer en France pour passer les fêtes avec leurs familles. Le Consulat était absolument inondé, il n’arrivait pas à donner de la tête, mais là ce n’est pas tout à fait le même cas de figure.”

    “Je n’ai reçu aucun témoignage.” 

    Patricia Connell – élue consulaire au Royaume-Uni

    L’Elue consulaire de La République en Marche nous explique que “Personne ne m’en a parlé dans le sens que personne ne s’est plaint d’avoir un rendez-vous.” 

    “Actuellement si vous avez besoin d’un passeport d’urgence, vous n’avez aucun problème de le faire faire. Mais dans l’ensemble il ne doit pas y avoir énormément d’urgence puisque les gens ne peuvent pas se déplacer donc à partir du moment où l’on vous dit de rester chez vous et de sortir seulement ; si vous avez besoin de faire vos courses ou du sport, à la pharmacie ou chez le médecin, je ne vois pas comment d’un seul coup refaire sa carte d’identité, un passeport ou une demande de papier d’état civil est une priorité” 

    Patricia Connell – élue consulaire au Royaume-Uni

    La vaccination, seul espoir, pour un retour à la normalité

    Le Premier ministre Boris Johnson, a annoncé ce vendredi que 5,3 millions de personnes au Royaume-Uni ont reçu la première dose du vaccin. Le gouvernement britannique a pour objectif de faire vacciner 15 millions de personnes d’ici la mi-février afin d’alléger les restrictions. Ça sera un soulagement pour les expats qui pourraient commencer à avoir une vie plutôt normale.

  • France : Tests PCR pour tous mais pas de quarantaine généralisée

    France : Tests PCR pour tous mais pas de quarantaine généralisée

    Emmanuel Macron a annoncé, à l’issu du Conseil des chefs d’Etats de l’Union européenne, ce jeudi 21 janvier 2020, la mise en place d’une obligation de présenter un test PCR réalisé 72 heures avant le départ pour l’ensemble des voyageurs européens (hors voyages dits essentiels). Petit détail, cette mesure ne s’appliquera pas aux transports terrestres. Après de nombreuses hésitations, finalement, seulement les passagers des bateaux et des avions sont concernés.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a, elle, estimé jeudi soir que « tous les voyages non essentiels doivent être fortement déconseillés », « en raison de la situation  » liée à la pandémie de Covid-19″.

    « Il faut se préparer à une escalade rapide de la rigueur des mesures (pour contrer le virus) dans les semaines à venir afin de préserver les capacités de soins, ainsi qu’à accélérer les campagnes de vaccination ».

    L’agence européenne chargée des épidémies

    Qu’est ce qu’un voyage essentiel ?

    La définition de «voyage essentiel» est à géométrie variable. En principe, il appartient au voyageur de déterminer si son voyage est essentiel ou pas, mais attention, les autorités pourraient en juger autrement ! 

    De manière générale, il est convenu que les voyages sont dit essentiels dans les cas suivants :

    • Obligation de soins
    • Convocation judiciaire
    • Déplacement professionnel pour une activité ne pouvant se réaliser en télétravail
    • Porter assistance à un mineur ou à une personne âgée de sa famille immédiate (descendant, ascendant). Par exemple, vous pouvez rendre dans le lieu d’hospitalisation d’un enfant étudiant à Paris, qui viendrait d’avoir un accident, sans avoir à présenter de test PCR.
    • Évènements familiaux majeurs
    • Visite d’un conjoint ne vivant pas sous le même toit

    Muni de vos justificatifs, vous pourrez donc accéder au territoire national sans avoir à réaliser de test PCR ni à subir de quarantaine, si vous provenez d’un pays membre de l’Union européenne. Pour les voyageurs (nationaux inclus) provenant d’un autre pays, les tests PCR et la quarantaine s’appliqueront quelque soit la raison de votre venue en France.

    Les frontaliers et les transporteurs exemptés

    Les travailleurs frontaliers et le transport terrestre seront, aussi, exemptés de cette obligation, a indiqué l’Elysée.

    400 000 personnes traversent la frontière chaque jour pour rejoindre son lieu de travail en France. Français ou non, ils seront tous exemptés de ces formalités. Mais attention, cette dérogation est uniquement valable dans le cadre professionnel ou pour les taches quotidiennes, les visites de courtoisie aux amis ne seront pas autorisées. Il n’y aura pas besoin d’ attestation de votre employeur pour circuler.

    Autre catégorie de travailleurs exemptés, les transporteurs terrestres et leurs passagers ne seront, donc, pas contraints de présenter un test PCR. La Commission européenne comme les Etats ont voulu préserver les circuits d’approvisionnements des citoyens et des industries.

    Toutes ces mesures s’appliquent à partir du dimanche 24 janvier, aucune date de retour à la normale n’a été communiquée. Au contraire, un certificat de vaccination, obligatoire pour circuler entre les pays de espace Schengen, est à l’étude.

● Radio en direct
En pause