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  • Une catastrophe qui végète

    Une catastrophe qui végète

    En Chine, pays du grand rebond, la natalité a baissé en un an de -15%. Aux Etats-Unis, la masse monétaire a été multipliée par dix en deux ans. Le Bitcoin a vu sa valeur passer de 4000$ en janvier 2020 à 48.000 $ ce mois ci. En Russie, la population baisse : 147.8 millions en 1989, 146.5 millions aujourd’hui (en fait 144 M à territoire constant, sans la Crimée). Le soja est en hausse de 50% en un an, le cuivre de + 40%. Du jamais vu depuis 50 ans. En 2020, le nombre de défaillances d’entreprise en France a baissé de 39% alors que l’économie chutait de -10% : Un  non sens de plus. L’Etat « libéral » américain a injecté l’équivalent monétaire de 13% du PIB dans l’économie. De l’argent qu’il emprunte, qu’il crée, personne ne sait plus.

    Du jamais vu 

    Comme les évènements actuels défient tous les critères de normalité habituels, il faut bien essayer d’appliquer une grille de lecture théorique au monde. Le mot « chaos » vient à l’esprit. Mais la théorie du chaos est plutôt celle d’un ordre caché, de figures répétitives à l’infini.  

    La « théorie des catastrophes », qui lui est proche, convient mieux au spectacle du monde : « l’essence de la théorie des catastrophes est de ramener les discontinuités apparentes à la manifestation d’une évolution lente sous-jacente. Le problème est alors de déterminer cette évolution lente qui, elle, exige en général l’introduction de nouvelles dimensions, de nouveaux paramètres », explique René Thom, ce médaillé Fields qui en fut l’inventeur.

    La théorie des catastrophes 

    Les « Discontinuités apparentes » sautent aux yeux tous les jours. « Évolution lente sous jacente » : la révolution digitale. « Nouvelles dimensions » : l’Asie, l’espace, le climat, l’océan, l’infiniment petit des nanotechnologies, l’intelligence artificielle. « Nouveaux paramètres » : difficile à travers nos schémas de décrire l’évolution du monde. Faut-il mesurer le PIB ou la température ? L’espérance de vie, les taux de natalité ou le nombre de covidés ? Le taux de surcharge pondéral (obésité) ou la malnutrition ? Le cours du Brent ou celui du bitcoin ? Le nombre de votants ou celui des migrants ?

    Ce qui doit être mesuré pour les Etats, pour les êtres humains, comme pour toute espèce vivante, c’est la capacité à résister aux catastrophes. Le mot est trompeur. Une catastrophe n’est finalement ni un choc, ni un traumatisme, c’est plus encore : un bouleversement total, involontaire, incompréhensible. Ou simplement un voyage, une vie : la traversée des catastrophes. Certains s’effondrent, d’autres se révèlent. 

    Vivre dans la peur

    Rien que la « petite » révolution de la mondialisation (petite au regard des autres comme la digitalisation ou l’Intelligence Artificielle) engendre des effets contradictoires. Les uns la vivent comme une chance extraordinaire de sortir de la pauvreté et de s’affranchir de conditions politiques oppressives. Les autres la voient comme un appauvrissement. (Alors qu’on s’aperçoit avec la coronacrise à quel point la démondialisation est une catastrophe bien plus terrible.)

    En France, nous vivons dans la peur. Plus de la moitié des Français souhaitent se reconfiner. Vite le cocon. Et plus de la moitié des Français refusent toutes les mesures prises au nom du confinement : Cocon et confusion mentale. Nous subissons une désagrégation lente, insidieuse, permanente: une catastrophe qui végète. Rien, pourtant, ne nous condamne à subir. 

    La crise du Covid devrait nous faire toucher le fond. L’Etat, tel qu’il est, aussi protecteur veuille-t-il être, fonctionne mal, toujours avec retard. Et s’arroge des pouvoirs qu’il n’a jamais eu. L’économie française est à nu. Fabriquer des masques ne demande pas une technologie de pointe. Nous en avons importé pour 6 milliards de Chine. Nous avons perdu l’excellence médicale et pharmaceutique, alors que Russes, Chinois, Américains, Britanniques, Allemands, trouvent, face à la catastrophe du virus des réponses, des réussites, des vaccins. Le pire, face à une catastrophe, est l’incapacité à réagir, l’immobilisme. 

    Il nous faut dix ans pour construire un kilomètre de métro, il a fallu moins de dix ans pour construire le métro en 1900. Face à la catastrophe, renouer avec les réussites est une question de survie. A condition de tout revoir : le fonctionnement de l’état, (puisque tout commence par là), de l’économie, de la recherche, de l’enseignement, du savoir.

    Tout est à revoir 

    Nulle fatalité : il y a quelques années le Portugal et l’Irlande étaient ruinées. Ils se sont remis. Il y a peu les Etats baltes étaient sous le joug, ils étonnent par leur vitalité. La Finlande était pauvre, elle est un des pays les plus riches du monde. La Corée était rasée par les bombes, elle est en pointe de la richesse… et des libertés. Mille exemples abondent. On dira : « Ah, cela n’a rien à voir avec la France ». C’est exact. La France a mille fois plus d’atouts, de facilités. 

    La catastrophe qui végète doit être l’occasion de faire place à une créativité nouvelle. Car c’est la France qui végète ; le monde, lui, va de catastrophe en catastrophe, comme d’habitude. Savoir réagir, c’est vivre. Et comment font les Français de l’étranger pour s’adapter à des mondes différents du leur ? Cette expérience là est une chance, les Hexagonaux devraient en profiter.

  • Catalogne – régionales : les indépendantistes sortent renforcés

    Catalogne – régionales : les indépendantistes sortent renforcés

    Si Madrid espérait voir leur cote baisser, c’est raté. En Catalogne, les indépendantistes ont toujours la côte !

    Maintien aux élections régionales

    Les partis indépendantistes décrochent la majorité absolue en Catalogne, 3 ans après le referendum d’autodetermination illégal qui a valu des peines de prison à 9 de leurs dirigeants et amené leur chef Carles Puigdemont à choisir l’exil pour échapper à la justice espagnole.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Les relations entre l’Union européenne et l’Union africaine

    Les relations entre l’Union européenne et l’Union africaine

    Alors que l’UE et l’Union africaine cherchent à rattraper le temps perdu en 2020 en accélérant les discussions sur un nouveau « partenariat stratégique », couvrant coopérations politique et économique, l’un des risques est que les discussions se déroulent en vase clos à un niveau politique élevé, avec peu de considération pour les communautés locales.

    Les militants de la société civile africaine se plaignent déjà d’avoir été laissés à l’écart du processus de consultation.

    « La relation entre société civile et gouvernement est très difficile », a déclaré à EURACTIV Million Belay, coordinateur de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique. « Je ne m’attends pas à ce que les pays africains consultent les organisations de la société civile ».

    Ne pas oublier les autorités locales

    Lungisa Huna, directrice de l’Assemblée panafricaine des femmes rurales, a déclaré qu’« en tant que société civile – église et mouvements populaires – nous devons construire par la base ». « Nous avons besoin d’un peuple bien équipé et ayant une voix pour faire changer les choses », a-t-elle ajouté.

    La coopération entre la Commission européenne et les autorités locales de toute l’Afrique est appelée à se développer dans le cadre du nouveau cadre budgétaire septennal de l’UE qui, pour la première fois, verra les autorités locales participer au processus en tant qu’acteurs publics aux côtés de l’État central pour définir les priorités des projets et programmes de coopération européens.

    Outre le dialogue constant avec leurs gouvernements nationaux, Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), une organisation qui chapeaute les fonctionnaires locaux du continent, a exhorté ses membres à négocier des accords avec la délégation nationale de l’UE dans leur pays et à chercher à influencer le travail de la Direction Générale de la Coopération au Développement de la Commission (DG DEVCO) sur l’intégration des autorités locales dans la coopération européenne.

    CGLU Afrique cherchera également à discuter avec les gouvernements nationaux africains et les délégations de l’UE sur les mécanismes de financement garantissant l’accès direct des autorités locales aux fonds de coopération européens.

    « L’Etat central doit savoir qu’il a un nouvel allié, les autorités locales et régionales, pour améliorer la vie de ses citoyens »

    Jean Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de CGLU Afrique.

    Un groupe de pays comprenant le Mali, les Comores, la Zambie, le Mozambique, la Mauritanie, le Bénin et le Burkina Faso ont déjà ouvert des pourparlers avec leurs délégations respectives de l’UE.

    Ailleurs, on s’inquiète du fait que l’UE ne semble pas prendre en compte la spécificité du processus de décentralisation dans chacun des pays et les inégalités des territoires.

    « La lutte pour la décentralisation n’est pas facile (…). Le partenariat avec l’UE est important pour sa réussite », a déclaré Mohamed Boudra, président de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux, lors d’un webinaire de CGLU sur l’Afrique l’année dernière.

  • Faut-il ouvrir la boîte de Pandore ? Et annuler la dette

    Faut-il ouvrir la boîte de Pandore ? Et annuler la dette

    Pourquoi nous priverions-nous de la possibilité d’annuler la dette « Covid» détenue par les banques centrales, étant rappelé qu’elle appartient aux Etats et donc aux peuples ? 

    Cette annulation serait d’autant plus facile à réaliser qu’elle ne porterait a priori pas préjudice aux épargnants. Les avocats de cette thèse soulignent, par ailleurs, que dans le passé de nombreuses annulations de dettes ont été orchestrées. L’Allemagne n’a-t-elle pas bénéficié d’un tel geste en 1954 concernant la dette dont elle était redevable au titre des réparations de la Première Guerre Mondiale ? Ce souhait serait d’autant plus légitime qu’ainsi les Etats pourraient à nouveau s’endetter afin de financer la transition énergétique. Comment ne pas adhérer à cette proposition ?

    Avantage aux pays riches 

    Au-delà de son caractère généreux, l’affranchissement par les Etats des règles de bonne gestion en monétisant à l’infini leurs déficits publics est en soi profondément inégalitaire et provoquerait des réactions en chaine explosives. L’annulation profiterait avant tout aux Etats dont les banques centrales peuvent engager des processus indirects de monétisation des dettes tout en ne portant pas atteinte au crédit de leur monnaie. Seules les banques centrales des pays les plus riches peuvent monétiser indirectement la dette publique. Celles des pays émergents ou en développement n’ont pas cette faculté. En vertu de quoi ces pays fortement touchés par la crise sanitaire ne pourraient pas bénéficier du processus d’annulation ? Pourquoi les pays riches pourraient se soustraire à l’obligation de rembourser tout en encaissant les traites des pays pauvres ? 

    Si les Etats annulaient leurs dettes, les ménages et les entreprises endettés ne demanderaient-ils pas eux-aussi à ne plus rembourser ? L’effacement ne serait réalisable à la limite que dans le cadre d’un accord global de tous les pays, accord qui serait bien délicat à obtenir. Pour la seule zone euro, les pays dits vertueux devraient accepter une mesure qui favoriserait les Etats cigales.

    Au-delà de la question de la zone euro, l’effacement des dettes mondiales pourrait être assimilé à un acte anti-concurrentiel. Les Etats ayant pu le pratiquer disposerait de marges de manœuvre accrues en matière de dépenses publiques et pourraient soutenir encore plus leur économie quand les autres maintiendraient des politiques rigoureuses. La monnaie des premiers se déprécieraient quand celle des seconds s’apprécieraient. Ces variations déstabiliseraient le commerce international. Nous renouerions ainsi avec les sinistres pratiques de l’Entre Deux Guerres.

    Augmentation brutale des taux 

    Une annulation des dettes publiques serait également contreproductive car un grand nombre d’épargnants pourraient par ricochet être pénalisés. Elle provoquerait, en effet, une augmentation rapide des taux d’intérêt pouvant provoquer une crise obligataire de grande ampleur. Le marché, les banques, les assureurs, les épargnants restent, les principaux détenteurs et acquéreurs de titres publics. 

    Après l’annulation de ceux détenus par les banques centrales, synonyme de défaut de paiement organisé, les investisseurs craindraient d’être les prochaines victimes et exigeraient une meilleure rémunération du risque pris. L’effacement conduirait à rendre onéreuse une dette bénéficiant aujourd’hui de taux d’intérêt négatifs.

    Une augmentation brutale des taux entraînerait la dépréciation des obligations détenues notamment par les établissements financiers et donc, directement ou indirectement, par les épargnants. 

    Le grand effacement, par effet domino, mettrait en danger l’ensemble du système de financement de l’économie. L’annulation des dettes ne serait pas un jeu gagnant mais bien un jeu destructeur, et serait annonciatrice d’une grande recomposition de l’économie mondiale dont nul ne peut prédit qu’elle forme elle prendrait. 

    Tout comme Pandore libéra tous les maux de l’humanité en ouvrant la mystérieuse boîte – seule l’Espérance, plus lente à réagir, y resta enfermée. 

  • Sur la pente glissante du Brexit..

    Sur la pente glissante du Brexit..

    Depuis le 1er janvier 2021, le Brexit a bouleversé le quotidien des expatriés en appliquant une politique migratoire plus stricte.

    Mais quand la bise du Brexit fût venue, elle a grippé toute la chaîne logistique de l’entreprise. Depuis l’accord de commerce et coopération entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, les démarches administratives se sont multipliées, impactant la fluidité douanière.

    Selon un article publié dans le journal The Guardian ce week-end, les exportations britanniques vers l’UE ont chuté de 68% en janvier depuis le Brexit.

    S’expatrier, ce qui change !

    Au 1er janvier 2021, le Royaume-Uni a mis en œuvre un système d’immigration à point qui traite les citoyens européens et non européens de manière égale. Ce dispositif donne la priorité aux compétences et talents personnels plutôt qu’au lieu d’origine. Il permet d’adapter l’immigration au besoin de l’économie britannique.

    Ces transformations majeures ont un impact sur les entreprises qui souhaitent embaucher des citoyens de l’Union européenne.

    Selon Hélène Berard, avocate et directrice à Berard & Lovell solicitors, “les entreprises ne pourront plus embaucher des citoyens de l’Union européenne sans s’interroger sur leur statut migratoire et devront procéder à d’ultimes vérifications avant leur embauche.”

    D’après elle, les citoyens de l’Union européenne déjà présents au Royaume-Uni avant le 1er janvier 2021, n’ont besoin que d’une carte d’identité ou d’un passeport en cas d’embauche. Mais après le 1er juillet 2021, ils devront montrer à leurs futurs employeurs un pre settled-status ou un settled-status.

    Concernant les autres catégories de citoyens de l’Union européenne arrivés sur le territoire après le 31 décembre 2020, ils pourront venir au Royaume-Uni et travailler à condition d’obtenir un visa. Le plus simple ? Trouver une entreprise qui deviendra le « sponsor » du candidat !

    En effet, les entreprises britanniques qui veulent embaucher des salariés en dehors du Royaume-Uni après le 1er janvier 2021 doivent obtenir ce qu’on appelle la « sponsoring licence ». 

    Qu’est-ce qu’une licence de sponsor?

    C’est le moyen par lequel une société britannique est autorisée d’employer des personnes extérieures au Royaume-Uni.

    Cette licence leur permettra d’être considéré comme un partenaire autorisé par le Home Office (Ministère de l’Intérieur). Ce qui permettra de recruter des gens partout dans le monde. Sans elle, une société de droit britannique ne pourra pas salarier des citoyens d’une autre nationalité.

    Pour obtenir ce droit, l’entreprise de Londres, de Glasgow ou d’Ulster, devra démontrer une absence de savoir-faire sur les iles britanniques ou faire valoir des compétences spécifiques attendues. En sus, elles doivent proposer un salaire élevé (au dessus de 28 400 euros/an).

    Dans tous les cas, sponsors ou non, lors de la signature du contrat, l’employeur britannique devra vérifier le statut d’immigration et demander les documents attestant de la situation conforme du postulant. Désormais l’employeur aura l’obligation de conserver les documents prouvant qu’il a bien procédé aux vérifications.

    Les Français sur le départ ?

    “Les entreprises déjà implantées au Royaume-Uni s’adaptent. Il faut juste penser différemment, la liberté de circulation des marchandises et des personnes ayant disparu. Ce sont des contraintes qu’il faut prendre en considération et c’est compliqué. Mais les entreprises ne plient pas bagage pour autant. Sachant que le Royaume-Uni est un pays commerçant à la base, je suis persuadé qu’après le premier choc lié à ce changement, il saura rebondir. »

    Hélène Berard

    Morosité et tristesse 

    Jean-François Le Gal

    La Fédération des Associations Françaises en Grande-Bretagne regroupe une cinquantaine d’associations à but non lucratif.  Ainsi elle représente une grande diversité d’organisations françaises dans le domaine humanitaire et social, comme dans les arts, ou dans le droit. Implantée partout au Royaume-Uni, elle rayonne surtout à Londres.

    Son Président, Jean-François Le Gal partage son sentiment avec nous :

    « Il est vrai qu’on sent poindre une certaine morosité au sein des associations françaises et francophones« .  Ceci est notamment le fait du « départ d’un certain nombre de français dû au Brexit. Même s’il y a toujours eu des départs au cours des années passées, liés aux cycles de vie des expatriés, ceux-ci étaient auparavant compensés par un nombre au moins équivalent, sinon plus important, d’arrivées. Ce n’est plus le cas depuis le Brexit. Et ce phénomène a évidemment été renforcé par la pandémie »

    Jean-François Le Gal

    L’éducation : pénurie de professeurs

    Lors de notre entretien avec Jean-François Le Gal, le domaine éducatif semble être le futur secteur sous tension.

    Selon lui des associations à vocation éducative, comme les écoles FLAM,  qui emploient des professeurs de français et ont besoin de recruter des francophones, risquent d’être lourdement touchées par la nouvelle politique migratoire. 

    Face à cette incertitude, l’inquiétude grandit pour la prochaine rentrée. Sans liberté de circulation et un système de permis à point est en vigueur, la situation, les associations mais aussi les écoles du réseau AEFE risquent de recourir un peu plus aux contrats locaux au dépend de professeurs formés à la française.

    Complexités du nouveau statut

    Comme nous l’indiquions plus haut, les expatriés arrivés après le 1 janvier 2021 doivent obtenir leur visa ! Cependant, ils sont peu nombreux parmi les candidats à l’expatriation a avoir saisi les conséquences du Brexit.

    Les équipes du Consulat ont effectué un travail absolument remarquable d’information, notamment à destination de la communauté française basée au Royaume-Uni. On peut donc espérer que ces personnes sauront naviguer dans le nouveau système. Le risque est davantage pour les futurs arrivants : de nombreux Français, basés aujourd’hui en France mais souhaitant venir s’installer au Royaume-Uni, ne semblent pas être au courant des nouvelles contraintes migratoires. Ils pensent pouvoir s’installer au Royaume-Uni comme avant le Brexit. Ce n’est pas exact« .

    Jean-François Le Gal

    Sur des pages Facebook de Français à Londres, on peut constater l’ampleur des dégâts. En effet chaque jour, plusieurs commentaires de personnes sont postés par des Français fraichement débarqués désorientés par les changements post Brexit.

    Pour les futurs arrivants, la situation devient complexe surtout pour ceux qui n’ont effectué aucune démarche. L’inquiétude grandit au sein du Consulat. Ils craignent que ces futurs expats se retrouvent dans une situation épineuse en se mettant en infraction avec les règles migratoires britanniques.

    Et en Irlande du Nord?

    L’Irlande du Nord, même si elle reste dans l’espace douanier européen, afin de préserver la paix avec l’Eire (Irlande du Sud), elle ne dérogera pas aux règles d’immigration. Mais dans cette partie du Royaume-Uni, c’est bien plus la pandémie qui fait fuir les Français.

    Jean-Pierre Carré, ancien propriétaire d’une pâtisserie française à Belfast, Chouxchoux, a récemment fermé sa boutique.

    “Le Brexit est infime, mais que la pandémie fait beaucoup plus de dommages.”

    Jean-Pierre Carré

    Un autre français habitant à Belfast depuis 2009, lui aussi, chef d’une pâtisserie française, constate que l’approvisionnement venant du continent accumule les retard.

    S’adapter

    Avec le Brexit, les Français au Royaume-Uni doivent s’adapter pour y travailler et y vivre. Il y a de nombreuses démarches administratives à la douane ou en prendre en compte pour valider son immigration. Même en étant arrivé avant le 1 janvier 2021, il y a des démarches à faire avant le 31 juin 2021. Pour les nouveaux, le visa est obligatoire, aucun moyen d’y déroger. Les entreprises, elles, vont devoir repenser leur chaîne d’approvisionnement voir leur « business-model ».

    Mais les expats ne baissent pas les bras !

  • Frontières fermées : touristes, expatriés et amoureux dans la galère !

    Frontières fermées : touristes, expatriés et amoureux dans la galère !

    La St-Valentin aura été difficile pour de nombreux couples à travers le monde. Séparés par des frontières fermées hermétiquement, les couples n’ont pas pu se retrouver ce dimanche 14 février 2021 pour la fête des amoureux. Mais ils ne sont pas les seuls, touristes bloqués au Costa Rica, femme enceinte seule au Pérou, les situations tournent aux casse-têtes chinois pour de nombreux Français hors de France.

    Les « Laissez-passer »suspendus

    Depuis l’automne 2020, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat aux Français hors de France et au tourisme, avait mis en place une procédure permettant aux couples non-mariés de se retrouver malgré les mesures liées à la Covid-19.

    Les variants et la troisième vague auront mis fin à cet élan de générosité. Depuis le 31 janvier, aucun Laissez-passer n’a été remis. Un peu partout dans le monde, les postulants reçoivent des lettres de refus des consulats français.

    Anais, ancienne fonctionnaire de la Police de l’Air et des frontières, fiancé à un Algérien, vient de repousser pour la quatrième fois son mariage. Car aux problèmes du coté français, il faut ajouter les mesures dans les pays de résidences du ou de la conjointe.

    « On est coincés entre les motifs impérieux français et la fermeture totale des frontières côté algérien »

    Anais, Française attendant son fiancé

    Et les binationaux franco-algériens comme les Algériens sont touchés au premier chef. Le renforcement côté français ne fait que compliquer la donne pour des centaines de personnes alors que l’Algérie verrouille totalement ses ports et aéroports depuis près d’un an. Cette situation vous la retrouvez sur de nombreuses destinations, comme Hong-Kong, avec une quatorzaine très onéreuse ou en Australie où le confinement est obligatoire en cas de retour d’Europe.

    Touristes bloqués pour test PCR positif

    Peu de Français étaient en voyage hors de l’Union européenne lors de la fermeture des frontières françaises ce 31 janvier 2021. Mais quelques irréductibles, souvent poussés par les agences de voyage voulant éviter de les rembourser, étaient partis découvrir le monde malgré la pandémie.

    C’est le cas d’un groupe de retraités au Costa Rica. Arrivés le 16 janvier dans le pays d’Amérique centrale, ils ont été testés dix jours après leur arrivée et sont depuis bloqués. En attente d’un test négatif pour avoir l’autorisation de rentrer en France, ils demandent « que les personnes positives puissent être rapatriées car elles sont à plus de 10 jours de confinement », comme évoqué sur BFM TV.

    Un réseau consulaire solidaire

    « Je suis confinée depuis 14 jours mais je ne suis pas malade. Le seul truc que j’ai, c’est que je suis positive », raconte notamment Evelyne au micro de RTL. Son compagnon se trouve lui dans un hôpital depuis le 9 février et elle lance un cri d’alarme : « Je ne sais même pas dans quel hôpital de la ville il est, je ne sais rien et d’ici peu de temps, on va tous se jeter par la fenêtre. (…) On est tous dans un état lamentable. »

    Christiane Valdy

    Cependant, le réseau consulaire et les élus des Français de l’étranger ont souvent su apporter le concours suffisant pour améliorer les conditions de quarantaine des touristes hexagonaux. Christiane Valdy, responsable de l’antenne de Français du Monde au Costa Rica, complète ainsi, le tableau fait par les touristes.

    « Des médecins francophones vont les voir et en plus une psychologue parlant français est en contact avec eux. Les associations françaises ont aussi proposé leur aide en cas de besoin. »

    Christiane Valdy au site lesfrancais.press

    Présence au quotidien de représentants de l’ambassade, logement dans un hôtel de standing, nos compatriotes ne sont pas abandonnés. Elle nous indique aussi que la réaction ferme et rapide des autorités suit la détection de variants inconnus au Costa Rica, jusqu’à présent, parmi les 22 contaminés du groupe.

    Expatriés isolés, élus mobilisés

    Mais les conséquences les plus lourdes sont pour les expatriés hors de l’Union européenne. Pour certains, cela fait plus d’un an qu’ils n’ont pu rejoindre leur famille, leurs amis en France. On peut citer des cas plus graves comme cette jeune femme sur le point d’accoucher, bloquée au Pérou et qui donnera sûrement la vie loin de ses proches et dans un environnement qu’elle ne maitrise pas..

    Référé contre le décret

    Pierre Ciric

    Comme nous l’indiquions dans notre article « Verrouillage des frontières : les conséquences hors de l’UE »,  Me Pierre Ciric, avocat à New York, et six élus des Français de l’étranger localisés aux États-Unis, ont déposé un recours contre le décret du 30 janvier 2021 restreignant le passage aux frontières françaises. Pour eux comme pour de nombreux Français de l’étranger, ce décret met en danger le droit fondamental «général et absolu» de retour sur le territoire.

     «Si la loi peut restreindre, de façon strictement proportionnée aux risques sanitaires encourus et appropriée aux circonstances de temps et de lieu, le droit d’aller et venir sur le territoire français et le droit de le quitter, il est impossible de restreindre d’aucune façon ou d’interdire à un ressortissant français de revenir en France.»

     Me Ciric à nos confrères du site Le Figaro
    Yan Chantrel

    Cette action, dont le résultat devrait être connu rapidement, au moins sur la forme alors que le fond devrait être jugé dans quelques mois, est soutenue massivement par les expatriés hors de l’Union européenne. Les Français d’Amérique du Nord sont particulièrement sensibilisés, ils ont lancé, par l’intermédiaire d’un élu consulaire socialiste au Canada, Yan Chantrel, une pétition qui a récolté plus de 21 000 signatures. Ils sont aussi à l’origine du Hashtag #jeveuxrentrerchezmoi qui remporte un vif succès sur les réseaux sociaux.

    Du côté du Sénat, un nouveau groupe d’étude dédié aux Français établis hors de France a été crée il y a quelques jours. Ce projet porté depuis plus de 5 ans par Jacky Deromedi, qui en assure la première présidence, s’est saisi évidemment de ce thème. Ces premières conclusions et suggestions ne devraient pas tarder… Les expatriés, pour certains en souffrance après cette longue période d’isolement, les attendent avec impatience. Espérons que le gouvernement entendront nos sénateurs.

  • L’Assemblée nationale adopte de nouvelles règles contre la haine en ligne

    L’Assemblée nationale adopte de nouvelles règles contre la haine en ligne

    Dans le cadre du très commenté projet de loi « confortant le respect des principes de la République« , l’Assemblée nationale a adopté hier (11 février) des articles et amendements portant sur la régulation de la haine en ligne et des plateformes.

    Empêcher les agressions organisées

    Désormais, le fait de « révéler, de diffuser ou de transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser aux fins de l’exposer, elle ou les membres de sa famille, à un risque direct d’atteinte à la personne ou aux biens » sera puni par la loi de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

    Cet article intervient en réaction à l’assassinat terroriste de l’enseignant Samuel Paty le 16 octobre dernier dans la ville de Conflans-Sainte-Honorine qui avait été permis par la révélation de son nom et son lieu de travail sur les réseaux sociaux.

    L’article 20 prévoit également de renforcer l’arsenal judiciaire, et notamment d’empêcher l’accès aux sites « miroir » – les sites qui reproduisent le contenu d’un site préalablement condamnée par la loi pour incitation à la haine par exemple et qui fleurissent facilement sur la toile.

    Non seulement la loi disposera que tout individu « peut demander (…) d’empêcher l’accès à tout service de communication au public en ligne dont le contenu est identique » à un contenu déjà visé par une « décision judiciaire exécutoire » empêchant son accès.

    L’article précise aussi que l’autorité administrative compétente pourra en demander le déréférencement par les moteurs de recherche.

    Anticipation du Digital Services Act (DSA)

    Plusieurs articles introduisent également certaines mesures qui devraient apparaître dans le Digital Services Act européen.

    L’article 19bis, notamment, imposent de nouvelles responsabilisé ainsi que des garanties de transparence aux plateformes numériques. Elles devront « rendre publics les moyens qu’elles consacrent à la lutte contre ces activités illicites » et mettre « en œuvre des procédures et des moyens humains et technologiques proportionnés » à cet effet.

  • 4 livres pour vous accompagner en février

    4 livres pour vous accompagner en février

    Il neige sur Bruxelles où je suis installé. Le plat pays est assoupi. Le Belge se calfeutre, le Français, ce pleutre, demeure au logis. Il aura, ainsi, le temps de découvrir les 4 livres de février…

    Boris Faure

    Sous le frimat rien ne va. Le pied du promeneur pressé glisse sur la neige, la tétanie musculaire le guette alors qu’il aperçoit le faîte de son toit. L’allée du garage est encore à déneiger et pas un scout en vue pour donner un coup de balais. 

    Dans cette Sibérie de Wallonie ou de Flandre seul le lecteur calfeutré pourra se réjouir : Y-a-t-il plaisir plus vif que de lire bien au chaud  chez soi quand dehors souffle la bise glacée ?

    « Les Héroïques »de Paulina Dalmayer

    Il neige sur Bruxelles, sur Anvers et la campagne Namuroise. Et dans le roman de Paulina Dalmayer il neige aussi sur les rues de Cracovie. « Les Héroïques » (Grasset 2021) narrent l’histoire de Wanda qui, au crépuscule de sa vie, se remémore sa jeunesse polonaise, elle la diplômée de médecine devenue actrice dans la célèbre troupe du dramaturge Grotowski. Roman sur l’émancipation d’une jeunesse prise au piège d’un régime communiste qui l’étouffe, Les Héroïques nous rappellent que le vent de liberté des années 60 a également soufflé à l’Est. Des troquets enfumés aux scènes de théâtre, la vie de cette femme d’exception prend forme dans un récit porté par la plume élégante et inspirée de l’écrivain qui signe là un roman à résonance autobiographique. La femme de lettres d’origine polonaise nous livre des interrogations existentielles  sur la fin de vie, mais aussi une réflexion politique sur la création de zones de liberté dans un régime autoritaire. La première des libertés étant celle d’aimer, comment nourrir des amours multiples quand on est une femme dans une société patriarcale en train de se fissurer ?

    Paulina Dalmayer a longtemps oeuvré dans le journalisme qui l’a conduite à commettre un récit/essai détonnant basé sur son expérience de l’Afghanistan « Aime la guerre ! » (Le Livre de Poche, 2015). Une suite du roman Les Héroïques est déjà annoncée. 

    « Le chardonneret » de Donna Tartt

    Autre géographie glacée, celle de New-York et d’Amsterdam où se déroule une partie de l’action du roman magistral de Donna Tartt, « Le chardonneret » récemment récompensé par le prix Pulitzer. Ce récit au long court déroule sur plus de mille pages haletantes l’histoire d’un jeune garçon qui se retrouve en possession d’un tableau de valeur suscitant la convoitise d’hommes d’affaires peu recommandables. Le tableau est un prétexte pour évoquer l’Amérique dans sa diversité sociale, des bonnes familles new-yorkaises un peu snobs aux américains white trash rêvant de faire fortune à Vegas. C’est la rencontre entre l’Amérique des collectionneurs d’art et celle des petits truands à l’affut d’un mauvais coup à faire. L’auteur possède un sens du récit rare, s’appuyant sur une érudition exceptionnelle quand elle décrit le quotidien d’un restaurateur de meuble ancien, une habileté dans l’incarnation pour brosser le portrait de personnages extrêmement attachants qu’il s’agisse de Théo ou de Boris son double déglingué. Ce grand roman américain qui vous fera voyager sur les talons de Théo trouve peu d’équivalent de ce côté-ci de l’Atlantique et mérite d’investir de son temps dans cette fresque romanesque appelée à devenir un monument de la littérature de fiction.

    « Splendide Amour » de Marie Jousse

    Oeuvre plus chaleureuse  et intimiste à déguster au coin du feu pendant que les flocons tombent, « Splendide Amour » de Marie Jousse fait penser à un roman de Françoise Sagan. 143 pages légères sur le thème classique du triangle amoureux à la Jules et Jim. L’auteur possède un style naturel basé sur des phrases rassemblées, sans un mot de trop, qui rendent la lecture agréable et fluide. Sa construction romanesque en chapitres courts structure avec une réelle efficacité son récit et constitue un des éléments de son style qu’on retrouve aussi dans ses autres fictions. Elle qui exerce dans sa vie profane le beau métier de galeriste à Laval, livre ici un troisième roman dédié aux sentiments les plus nobles, l’amour pour un père disparu mais qui demeure omniprésent par son empreinte sentimentale, la passion échevelée et pure pour des hommes solides ou évanescents qui tels des marins incertains choisissent l’héroïne comme port d’attache avant que de disparaitre. Vous aimerez comme moi cet auteur prometteuse qui mérite d’être découverte par un large lectorat.

    « Soif » d’ Amélie Nothomb

    Enfin, pour celles et ceux que la neige lasse et qui veulent tenter une expérience littéraire singulière, je vous propose de découvrir ou redécouvrir notre chère Amélie Nothomb, écrivain Belge parmi les plus prolifiques, femme d’esprit audacieuse qui s’est mise cette-fois ci dans la peau du plus célèbre des crucifiés,  Jésus lui même ! 

    Il en faut de l’audace et peut-être un petit grain de folie pour se glisser dans la tête  et les pensées du supplicié qui vit ses derniers instants. De la dernière nuit en prison jusqu’à  la Passion sur la croix le Jésus de Nothomb est avant tout un homme qui doute, un homme qui a peur, un homme qui se demande quel est ce destin un peu trop grand que Dieu son père lui a réservé. Il trouve des mots très humains pour dire sa passion charnelle pour Marie-Madeleine comme dans le film polémique de Martin Scorsese, la dernière tentation du Christ. Le Jésus de Nothomb livrera quelques belles réflexions profondes au passage et notamment une parabole sur la soif « on en apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et qu’en mourant : trois activités qui nécessitent un corps ».  

    Dans « Soif » (Albin Michel, 2019) vous redécouvrirez peut être le mystère de l’incarnation… Ou irez chercher plus banalement une bière au frigo. Car quand il fait froid dehors il fait aussi souvent soif au coin du feu.

  • Londres perd son statut de première place boursière d’Europe au profit d’Amsterdam

    Londres perd son statut de première place boursière d’Europe au profit d’Amsterdam

    Londres n’est plus le plus grand centre de négociation d’actions en Europe. Londres a perdu sa place de première place boursière d’Europe au profit d’Amsterdam : premier signe que les nouvelles relations commerciales UE-Royaume-Uni vont nuire au secteur des services financiers britannique.

    Les bourses de la capitale néerlandaise ont échangé 9,2 milliards d’euros par jour en janvier, contre 8,6 milliards d’euros à Londres, selon la bourse Cboe, qui opère dans les deux villes.

    8 milliard de moins par jour à Londres

    En comparaison, la moyenne des échanges quotidiens à Londres s’élevait à 17,5 milliards d’euros en 2020, alors que Francfort arrivait en deuxième position avec 5,9 milliards d’euros et Amsterdam en sixième position avec 2,6 milliards d’euros, selon Cboe.

    La City de Londres a longtemps mis en garde contre les conséquences de l’absence de dispositions adéquates pour le commerce des services, et notamment des finances, qui représentaient plus de 10 % des recettes fiscales du Royaume-Uni avant Brexit.

    Pas de frein européen

    L’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), l’organisme de surveillance des marchés financiers de l’UE, a déclaré jeudi que le transfert des échanges d’actions de Londres vers l’Union était permanent.

    L’UE n’a montré aucun signe de renversement de sa position selon laquelle les actions libellées en euros doivent être négociées dans l’UE. La Grande-Bretagne a quitté le marché intérieur le 1er janvier.

    La Suisse comme salut pour la City ?

    L’écart pourrait toutefois se réduire, car les échanges d’actions suisses ont repris en Grande-Bretagne ce mois-ci. Il s’élève en moyenne à 250 millions d’euros et devrait atteindre plus d’un milliard d’euros par jour, soit le niveau atteint avant l’arrêt de la négociation des actions suisses à Londres en juin 2019.

    New-York en embuscade

    Des données distinctes publiées jeudi ont montré comment les échanges de swaps de taux d’intérêt libellés en euros se sont déplacés de Londres, le plus grand centre de négociation de swaps au monde, vers des plateformes de l’UE et de New York depuis janvier.

    Les plateformes d’Amsterdam et, dans une bien moindre mesure, de Paris, représentaient un quart du marché des swaps de taux d’intérêt en euros en janvier, contre seulement 10 % en juillet dernier, a déclaré IHS Markit.

    Sur la même période, la part de Londres est passée d’un peu moins de 40 % à un peu plus de 10 %, les plateformes américaines ayant doublé leurs volumes pour atteindre 20 % du marché total des swaps en euros.

  • M’jid El Guerrab propose un amendement anti-Zemmour

    M’jid El Guerrab propose un amendement anti-Zemmour

    Le député des Français du Maghreb, M’jid El Guerrab, a proposé un amendement afin d’instaurer une obligation pour les chaînes de télévision de rappeler les condamnations de leurs intervenants pour incitation à la haine.

    Les chaînes info dans le viseur

    Le 10 février, le député de la majorité M’jid El Guerrab a proposé un amendement au projet de loi «confortant le respect des principes de la République» (aussi appelé projet de loi «séparatisme») visant à instaurer l’affichage, lors des émissions télévisées, des éventuelles condamnations pour incitation à la haine des personnes intervenant à l’écran. Le député membre du groupe Agir ensemble sous-entend qu’il vise l’essayiste et chroniqueur Eric Zemmour, sans toutefois le nommer.

    «Est-ce qu’il est possible, à un an de l’élection présidentielle, d’avoir chaque jour à la radio ou à la télévision, des personnalités – et pour n’en citer aucune bien sûr – ayant définitivement par ailleurs été condamnées […] pour incitation à la haine et de les laisser comme ça impunément s’exprimer ?»

    M’jid El Guerrab à l’Assemblée nationale le 10 février 2021

    En effet, le député de la 9ème circonscription des français établis hors de France s’est exprimé dans l’Hémicycle afin de proposer cet amendement qui permettrait aux juges de prononcer «au titre de peine complémentaire une obligation de diffusion de la condamnation de la personne ayant été condamnée pour des faits de provocation à la commission d’un crime ou d’un délit». Une obligation qui concernerait notamment «les chaînes de télévision qui inviteront ou emploieront une personne condamnée [pour incitation à la haine], et ce jusqu’à quatre mois après la condamnation». 

    Bloquer la candidature d’Eric Zemmour à la présidentielle

    Le député faisait donc référence à l’essayiste et chroniqueur quotidien sur CNews, Eric Zemmour, dont l’hypothèse d’une candidature à l’élection présidentielle de 2020 a récemment été évoquée, provoquant quelques remous à Droite. Mais le célèbre essayiste a, aussi, été condamné le 25 septembre dernier à 10 000 euros d’amende pour injure et provocation à la haine après à un discours sur l’islam et l’immigration prononcée lors d’un rassemblement politique à Paris, en septembre 2019.

    Mais ces condamnations ne sont-t-elles pas son fonds de commerce ? En tout cas, pour M’jid El Guerrab, il est impératif d’indiquer aux téléspectateurs que l’intervenant, M. Zemmour ou un autre, a été condamné pour incitation à la haine.

    Informer mais pas sur tout !

    Il n’en faut pas plus pour que certains imaginent que l’ancien député LREM agit sous ordre présidentiel ! L’objectif ? Retrouver les faveurs du « Château » (l’Elysée). Car si M’jid El Guerrab n’est plus membre du parti d’Emmanuel Macron, ce n’est pas pour divergence d’opinions mais parce que le député des Français d’Afrique du Nord est sous la menace d’un procès réclamé par le parquet.

    Pourquoi ? Car il aurait frappé, à la suite d’une dispute, avec un casque de moto, le responsable de la fédération PS des Français de l’étranger, au moment des faits, en 2017, Boris Faure (aussi chroniqueur littéraire sur notre site depuis 2020). La portée de son amendement étant limité à la provocation à la commission d’un crime ou d’un délit, il n’y aura pas de bandeau à la télévision pour M. M’jid El Guerrab en cas de condamnation ! Les mots plus lourds de conséquences que les poings ?

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