Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Les villes européennes et asiatiques parmi les plus chères pour les expatriés

    Les villes européennes et asiatiques parmi les plus chères pour les expatriés

    Les villes européennes et est-asiatiques sont montées en 2021 dans le classement des villes les plus chères pour les expatriés, en raison de la faiblesse du dollar, selon l’enquête annuelle publiée mardi par le cabinet Mercer. Paris reste la ville la plus chère du monde pour ses habitants.

    Hong-Kong, Beyrouth… et Achkhabad

    La capitale du Turkménistan, Achkhabad, qui compte peu d’expatriés, passe de la deuxième place l’an dernier à la première en raison d’une « forte inflation locale », a expliqué à l’AFP Jean-Philippe Sarra, responsable de la mobilité internationale au sein de Mercer France.

    Hong Kong, où le logement est très cher, passe du 1er au 2e rang tandis que Beyrouth, 45e l’an dernier, bondit à la troisième place en raison de l’inflation provoquée par la crise économique, la pandémie de Covid-19 et les explosions qui ont en partie détruit le port de la capitale libanaise le 4 août 2020, a détaillé M. Sarra.

    Hong Kong

    Tokyo, Shangau, Singapour, Zurich, etc.

    Parmi les dix villes du monde les plus chères pour les expatriés, on trouve encore Tokyo (4e), Shanghai (6e), Singapour (7e), et Pékin (9e), ainsi que, pour l’Europe, trois villes suisses : Zurich (5e), Genève (8e) et Berne (10e).

    Londres est 18e et Paris se hisse de la 50e à la 33e place en raison de la force relative de l’euro par rapport au dollar.

    Aux États-Unis, la ville la plus chère, New-York, tombe de la 6e à la 14e place, suivie par Los Angeles (20e) et San Francisco, qui passe du 16e au 25e rang.

    Les villes indiennes reculent au classement, Mumbai (Bombay) passant de la 60e à la 78e place, en raison de l’affaiblissement de la roupie par rapport au dollar.

    Mercer a par ailleurs constaté une baisse des expatriations pour des raisons pratiques et financières liées à la crise du Covid-19.

    Baisse des expatriations

    Sur le long terme, on constate une « baisse des expatriations traditionnelles pour une durée de 3 à 5 ans » en famille, explique le responsable de Mercer.

    Se développent au contraire des aller-retours fréquents entre le pays de résidence et le lieu de travail, pour des durées de vol pouvant aller jusqu’à 6 heures, ainsi que des missions de durées plus courtes, jusqu’à 18 mois, pour lesquelles « le salarié part seul avec deux ou trois retours dans l’année », a encore indiqué M. Sarra.

    Mais ces nouvelles formes de mobilité posent aux entreprises des difficultés réglementaires en matière de visas, de fiscalité ou de sécurité sociale.

  • La transition énergétique face à ses goulets d’étranglement

    La transition énergétique face à ses goulets d’étranglement

    Avec la reprise de l’économie mondiale après plus d’une année passée sous l’éteignoir de l’épidémie, des goulets d’étranglement se multiplient. Les microprocesseurs, l’acier, le bois viennent à manquer entraînant une hausse des prix et des arrêts de production. Le prix du lithium a plus que doublé au cours de la dernière année. Le prix du cuivre a augmenté d’environ 70 %. Les problèmes d’approvisionnement ont été mis sur le compte de la désorganisation des chaînes de production provoquée par les confinements. Au fil des semaines, les pénuries ne se résorbent pas. 

    La folle reprise, en particulier américaine, les explique en partie, mais il apparaît également que l’épidémie a modifié de manière structurelle la demande. Les plans de relance adoptés à l’échelle mondiale visent à accélérer la transition énergétique. Ils provoquent une augmentation de la demande de certains biens équipements et de biens intermédiaires indispensables pour la décarbonisation de l’économie. Ce processus devrait s’amplifier dans les prochaines années. En effet, seuls 10 % des investissements nécessaires pour la neutralisation carbone en 2050 ont été réalisés. Pour atteindre les objectifs, ces investissements devront être multipliés par trois en quelques années. 

    L’accélération de la transition énergétique 

    Les gouvernements des pays avancés se sont engagés à réduire à néant leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. De plus en plus d’investisseurs exigent que les entreprises optent pour des processus de production sans émission de CO2. Des entreprises comme Volkswagen, BMW, Mercedes, Total ou ExxonMobil, doivent modifier leurs plans d’investissement et se repositionner afin de conserver leurs actionnaires et leurs clients. Le changement de cap est extrêmement rapide, modifiant les structures de production. 

    Dans le passé, les transitions énergétiques étaient lentes et cumulatives. Les nouveaux modes de production d’énergie s’ajoutaient aux anciennes, la substitution étant progressive et partielle. La transformation radicale qu’impose la transition énergétique est un précédent qui n’est pas, en soi, un défi impossible à tenir. Ce dernier est simplement exigeant en capitaux et suppose une mobilisation de tous les acteurs. 

    En 2019, la capacité solaire installée était près de 15 fois supérieure à ce qu’elle était en 2010 ; pour l’éolien, le rapport était de 3,4 fois supérieur. Le renforcement des capacités provoque une baisse rapide des prix. Les «coûts actualisés » du solaire, de l’éolien offshore et de l’éolien terrestre (chiffres qui prennent en compte les investissements initiaux en équipement et en construction, le financement et la maintenance) ont, selon The Economist, diminué de respectivement de 83 %, 62 % et 58 %.

    Le groupe danois d’éoliennes, Orsted, dont le chiffre d’affaires dépasse 52 milliards d’euros prévoit une croissance de 30 % en 2021. Tesla, le constructeur de voitures électriques et la première capitalisation mondiale pour le secteur de l’automobile, prévoit une progression de ses ventes de plus de 60 %. Sur le seul premier trimestre 2021, 178 milliards de dollars ont été versés dans des fonds d’investissement spécialisés dans la transition énergétique.

    Une bulle « verte à l’image de la bulle digitale » ? 

    En février dernier, une vente aux enchères au Royaume-Uni, de droits sur des fonds marins devant être transformés en parcs éoliens offshore a rapporté 12 milliards de dollars. 

    La production annuelle de véhicules électriques devra connaître une croissance exponentielle. Ces dernières devraient représenter 60 % des achats en 2030 contre 5 % en 2020. Le nombre de bornes de recharge en bordure de route devra être multiplié par plus de 30. La production d’énergie renouvelable doit tripler avant 2030. À cette fin, la construction de parcs éoliens ou solaires devra être multipliée par quatre. 

    Les sociétés minières mondiales estiment qu’elles devront augmenter de 500 % la production annuelle des minéraux essentiels pour les batteries. Certains craignent une bulle verte à l’image de la bulle digital des années 2000. D’autres estiment que cette transition énergétique provoquera un cycle inflationniste de grande ampleur. Les craintes seraient d’autant plus justifiées que la transition énergétique ne vient que de commencer. 

    Vector illustration of evolution from industrial pollution to clean energy. Greening of the world banner. Traditional and alternative natural electricity resources. Development green technology

    La dépendance de la transition énergétique aux métaux rares 

    Les nouvelles sources d’énergie dépendent de minéraux qui sont bien plus concentrés géographiquement que le pétrole et du gaz. Les voitures électriques ne sont pas produites de la même manière que les voitures thermiques. Elles comportent des batteries exigeant des métaux rares. Depuis la fin de l’année 2020, le prix des cinq métaux rares utilisés pour la production des véhicules électriques a augmenté de 139 %. Le risque de pénurie pourrait occasionner de fortes hausses de prix. 

    Au cours de la seconde moitié de cette décennie, la demande mondiale de lithium pourrait être plus du double du niveau de l’offre. Les matières premières représentent désormais 50 à 70 % des coûts des batteries, contre 40 à 50 % il y a cinq ans, ce qui rend les prix plus vulnérables aux matières premières chères. Les progrès techniques qui ont permis la diminution du prix des batteries de plus de 80 % entre 2012 et 2020 ne suffiront plus, dans les prochaines années, pour compenser la hausse des matières premières.

    Tesla dans le nickel en Nouvelle Calédonie 

    Les entreprises de la transition énergétique se préparent à gérer des pénuries de matières premières. Ainsi, Andreas Nauen, le PDG de Siemens Gamesa, qui fabrique des turbines d’éolienne, a déclaré que le balsa (bois tropical très léger) sera remplacé par de la mousse d’ici le milieu de la décennie. En février de cette année, Elon Musk, le PDG de Tesla, le premier constructeur de voitures électriques, a qualifié la disponibilité du nickel comme la « plus grande préoccupation de son entreprise ». Cette dernière étudie la possibilité de substituer les cathodes à base de nickel aux cathodes en fer. 

    En attendant, Telsa investit dans les mines de nickel. L’entreprise a pris ainsi pied en Nouvelle Calédonie. Le balsa est aujourd’hui introuvable car il est utilisé pour la fabrication des pales d’éoliennes. La Chine ou la Russie sont en position de force dans ce domaine. Plusieurs États africains comme la République Démocratique du Congo sont également bien dotés. Actuellement, les entreprises chinoises contrôlent une grande partie de nombreuses chaînes d’approvisionnement en minerais cruciaux et celle de fabrication des batteries. Pour éviter une dépendance, les États-Unis ont entreprise de rechercher sur leur sol des gisements. 

    L’Europe est en retard en matière de diversification de ses approvisionnements même si un plan « batteries » est en train d’être déployé. L’exploitation des mines de terres rares ne sont pas sans poser des problèmes écologiques et sociaux. L’exploitation d’une mine de lithium au Chili provoque une importante contestation de la part des agriculteurs dans l’Atacama du fait de l’utilisation massive de l’eau. La République démocratique du Congo qui délivre 70 % du cobalt fait l’objet de nombreuses critiques en raison du travail dans des conditions déplorables  d’hommes, de femmes et d’enfants.

    Oppositions aux exploitations des ressources  

    Au sein des pays occidentaux, les oppositions se multiplient à l’encontre des mines et des parcs d’éoliennes ou de panneaux solaires. Au Groenland, au mois d’avril dernier, la majorité en place a été battue en raison de son soutien à l’exploitation d’une mine de terres rares au Groenland. Dans l’État du Minnesota, des groupes de pression s’opposent à l’ouverture d’une mine de cuivre et de nickel au nom de la préservation des cours d’eau. Ils ont reçu le soutien de Joe Biden qui qui a accepté de reconsidérer les permis d’exploitation de la mine. En moyenne, entre la décision et l’exploitation réelle d’une mine, un délai de 16 ans s’écoule au sein des pays de l’OCDE. 

    Un problème de foncier 

    Les nouvelles sources d’énergie renouvelable sont consommatrices de foncier. Une étude américaine considère que 2 % des terres américaines devront être recouvertes de turbines et de panneaux solaires afin que le pays respecte ses engagements internationaux. 

    En Europe, les fermes d’éoliennes offshore devraient se multiplier faute de place sur terre. 3 500 milliards de dollars d’investissement seront nécessaires d’ici 2030. Pouvant générer un préjudice esthétique ou peser sur certaines activités en particulier agricoles, la réalisation de fermes éoliennes ou solaire provoque fréquemment des oppositions locales. Les contentieux sont nombreux, ralentissant la réalisation des projets. 

    Aux États-Unis, la mise en place d’éoliennes nécessite, en moyenne, au moins dix ans. Le choix des éoliennes en mer permet de contourner ces problèmes même si les pêcheurs se révèlent également être des opposants forcenés. Les éoliennes en mer sont plus coûteuses à construire et à exploiter du fait de leur exposition aux tempêtes et à l’eau salée.

    L’adaptation des réseaux 

    Les énergies renouvelables exigent une restructuration des réseaux qui devront être plus denses, interconnectés et pilotés par ordinateur. Ces nouvelles énergies exigent une gestion plus complexe que les anciennes en raison de leur production décentralisée et intermittentes. Les dépenses annuelles consacrées aux réseaux électriques devraient plus que tripler d’ici 2030. 

    Aux États-Unis, la modernisation des réseaux est plus lente que l’augmentation des capacités de production. Au Vietnam, une part non négligeable de l’énergie produite a été gâchée par l’absence de réseaux.

    Transition énergétique et pays en développement 

    Une des clefs de la réussite de la neutralité carbone repose sur l’action des pays émergents et en développement. Compte tenu de leur retard et de l’accroissement de leur population, leurs besoins en énergie sont importants. Leur tentation est d’opter pour l’énergie la moins chère et la plus facile à maîtrise, le charbon. Le recours aux énergies renouvelables est pour ces pays générateur de surcoûts. Le capital à mobiliser pour un projet éolien en Indonésie est environ quatre fois supérieur à celui d’un projet en Allemagne. Avec la crise sanitaire, les transferts en faveur des pays en développement se sont réduits et ont été inférieurs aux engagements pris lors des Accords de Paris.

    Le protectionnisme vert 

    La transition énergétique est devenue le terrain d’excellence de l’interventionnisme d’État. L’Europe entend mettre en place une politique d’indépendance dans le domaine de la production des batteries. Les investissements doivent être également réalisés afin de soutenir les États ou les régions en difficulté. 

    La Chine envisage de plafonner les prix intérieurs des matières premières dans son prochain plan quinquennal et d’augmenter ceux destinés à l’exportation. Le plan vert du président Joe Biden vise à privilégier les emplois et les fabricants locaux. La transition énergétique permet de faire du protectionnisme sans le dire ouvertement. 

    L’interventionnisme se traduit également par la fixation de prix minimums pour la production d’électricité et par l’octroi de primes pour l’achat de véhicules électrique. Les réglementations visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre se sont multipliées. L’introduction d’un prix du carbone est également un moyen pour les collectivités publiques d’accélérer la transition énergétique. La fixation d’un prix du carbone demeure, pour le moment, partielle. Seulement 22 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont, en effet, couvertes par des systèmes de tarification. 

    La transition énergétique accélère avec comme risque la création d’une bulle spéculative. Associée à la spéculation qui entoure certains biens et services digitaux, elle est une source de volatilité comme l’a prouvé le cours du bitcoin. Il a suffi que plusieurs voix dont celle d’Elon Musk PDG de Tesla dénoncent le coût écologique des cryptomonnaies pour que celles-ci chutent. 

    La décarbonation de l’économie est une nouvelle aventure qui est censée concerner tous les États. En moins de trente ans, la communauté mondiale aura donc à traiter tout à la fois une épidémie et le réchauffement climatique. La hausse plus rapide des températures pourrait, plus tôt que prévu, redonner la main aux scientifiques pour trouver un remède, sachant que le contrôle des émissions de gaz à effet de serre sera un exercice plus que difficile à réaliser avec une population mondiale amenée à augmenter d’ici 2100 de 4 milliards de personnes.

  • La révolution, c’est tous les jours, avec le diable

    La révolution, c’est tous les jours, avec le diable

    Seul le capitalisme est vraiment révolutionnaire. Mirabeau, Danton Lénine Trotski et Mao sont des petits joueurs, si l’on regarde  le  bouleversement du monde.  « Le communisme, c’est la paix et l’électricité », avançait malignement Staline. Le monde a plus changé en vingt ans qu’en deux siècles, même si les dirigeants politiques sont encore de l’ancien monde. Le capitalisme 3.0[1], c’est un ordinateur dans la main de chaque pauvre. Tous n’ont pas encore accès à l’eau, ils ont un Smartphone, un lien sans intermédiaire avec tout le savoir du monde, simple comme un jouet. Quand les pédagogues sauront faire jouer les enfants, il y aura plus de musiciens que de soldats dans les armées.

    Dans l’espace, militaires et milliardaires font des galipettes

    Les Hippies de la Silicon Valley devenus businessmen ont plus changé le monde ces vingt dernières que tous les révolutionnaires et tous les Chefs d’Etat. C’est pourquoi le Président du Nigeria vient d’interdire Tweeter, que Tweeter censure Trump, que Russes, Chinois, Iraniens, Américains, Israéliens,  essaient de contrôler leur réseau national, investissent dans la technologie, le black market, le darknet, la cyberguerre et autres outils, sans oublier l’espace, dans lequel militaires et milliardaires font des galipettes, pas seulement pour le plaisir. Le monde entier entre en lévitation, avec acrobaties et arabesques.

    Tout ce qui a pu être prédit est démenti  

    Tout ce qui a pu être prédit est démenti. Les cimetières s’ouvrent grand aux planificateurs et aux prévisionnistes aigris. La Grèce qu’on disait ruinée pour des siècles, emprunte à des taux d’intérêt … négatifs ! Israël, promis à la guerre civile il y a trois semaines, change de gouvernement avec une coalition qui irait de Le Pen à Mélenchon en passant par Bayrou, le tout, sans les partis religieux juifs traditionnels, mais avec un parti religieux…islamiste !

    Quel rapport avec la révolution du capitalisme 3.0 ? Les Accords d’Abraham, entre Israël, le Bahreïn, les Emirats reposent sur la révolution technologique. Quelques dirigeants, dont MBS, voient l’écartèlement entre deux mondes, le leur, avec la traditionnelle panoplie des oppressions, et le prochain, celui du digital.

    Repousser les limites du réel, de l’imaginable 

    L’Euro songe au digital, l’Europe émet pour la première fois une dette commune : 800 milliards. L’Amérique propose un plan de relance mondial, qui, dans les premières estimations, atteindrait 40.000 milliards de dollars. A titre de comparaison « les Routes de la soie chinoise »  représentent moins de 50 milliards d’investissements, l’essentiel en Asie. Même si rien ne se passe, y songer laisse à croire que l’humanité repousse les limites du réel, de l’imaginable. 

    La crise écologique, dans ce contexte, n’est, au désespoir des écologistes, qu’un enjeu subalterne. Personne, nulle part, ne renoncera à l’énergie et à la croissance. Elle sert d’élément à un jeu plus vaste : savoir qui maitrisera les énergies de demain. Le Bitcoin consomme autant en électricité que les 200 millions d’habitants du Nigeria. Sa valorisation est de 1000 milliards de dollars, le PIB du Nigeria de 450 milliards. Mais que comparer, les richesses, les pauvretés, les monnaies, les vies humaines, les virtuelles ? Une Révolution ce sont de nouvelles dimensions.

    Vous êtes vaincu et vous ne le savez pas encore

    La révolution digitale a des effets dans les bidonvilles, les écoles coraniques et les chancelleries. Les Palestiniens envoient des ballons incendiaires, et 4300 roquettes, Israël répond avec des missiles tic toc, qui heurtent le toit d’un immeuble pour prévenir les habitants qu’il y aura une seconde frappe. Les nouvelles guerres sont déjà différentes. Vous êtes déjà vaincu et vous ne le savez pas encore. Vous gagnez la bataille mais vous perdez celle de l’information. Les Chinois n’appellent-ils pas le cyberespace « le domaine de l’information » ?

    Batailles de corsaires

    Ainsi Biden va au devant de Poutine et lui trace ses lignes rouges : L’Ukraine, la Syrie, la Turquie, la Moldavie, la Lybie ? Pas du tout. Il est dans le nouveau monde le vieux Joe : Les lignes rouges de la cyberguerre. Et Poutine de répondre, comme la Reine  d’Angleterre d’hier face au Roi d’Espagne : je n’y peux rien, ce sont des pirates ! Oui, mais des corsaires qui trouvent refuge sur terre, en Russie. Face à la domination des monstres américains (les Gafam) naissent les hackers. Et Poutine de donner une longue interview à NBC pour se défendre : Pourquoi attaquerais-je une usine de viande en Virginie, ou un Pipeline ? Qui a les moyens technologiques de faire cela ? (sous entendu, les Américains). Mais Biden n’est pas dupe : la Russie entretient des Hackers et ne les paient pas, comme les Corsaires d’hier, aussi doivent-ils se payer avec des rançons. Alors Biden menace : Si cela continue, nous ne traquerons pas les Hackers, nous attaquerons leur protecteur. Il est possible que l’invincible armada américaine soit invincible, le cyberespace n’a pas de tempête. Quoique.

    Le monde à venir est derrière, devant, à coté, partout, l’ancien aussi.

    Une panne d’électricité, en bourse, dans un système de banque centrale, est vite arrivée. Ou dans une centrale nucléaire. Les Israéliens n’ont-ils pas causé plus de dégâts avec leurs virus contre l’arsenal nucléaire iranien qu’avec leurs missiles ? Les uns complètent les autres. Et Poutine n’a rien dit. Il est déjà content d’être reconnu parmi les grands : « Le Président américain rencontre ses alliés avant de me rencontrer, c‘est normal ». Nostalgie des deux grands, encore le vieux monde… 

    Vous croyez que le monde à venir est devant nous ? Il est derrière, devant, à coté, partout, l’ancien aussi. Nous sommes dans l’ère des pirates et des protecteurs étatiques, dans la cyberguerre et les roquettes, la suprématie du dollar et du bitcoin, la stratégie militaire spatiale et les réseaux de satellites privés, le retour des états avec plans de relance et taux d’imposition mondial et univers post étatique où l’identité numérique dépend plus de groupes privés que du tampon administratif, fut il sanitaire (combien de faux ?) ; nous vivons dans le monde de la liberté d’expression, de la censure, des fakenews, de la propagande officielle, du mensonge scientifique, et de l’accès universel à la connaissance. Personne ne sait ce que seront les formes de richesse et de pouvoir, il est seulement possible de faire des paris, en quelle monnaie ?

    Discuter, est-ce renoncer à la violence ? 

    Que reste-il de Constant ? Sujet du bac philo cette année : « Discuter, est-ce renoncer à la violence ? ». Si seulement ! C’est au moins la différer. C’est pourquoi il faut toujours discuter, surtout avec le diable. L’intérêt des révolutions c’est que les diables sont partout. Attention aux yeux, et aux brûlures. Mais quel spectacle ! 


    [1] Cf l’expression de Philippe Escandre et Sandra Caccini «  Bienvenue dans le Capitalisme 3.0 »,  2017.

  • La France vaccinera ses expatriés en Thaïlande

    La France vaccinera ses expatriés en Thaïlande

    L’ambassadeur de France en Thaïlande Thierry Mathou vient d’officialiser la mise en place d’une campagne de vaccination orchestrée par notre pays dans 8 centres sur place.

    La Covid-19 en Thailande

    La Thaïlande a lancé, lundi 7 juin, sa campagne de vaccination massive contre le Covid-19 au moment où le pays tente de venir à bout d’une troisième vague de contaminations et s’apprête à rouvrir timidement ses frontières aux touristes internationaux.

    La Thaïlande a réussi à maintenir les infections à un niveau très faible pendant toute l’année 2020 grâce à des restrictions de voyage draconiennes et à un isolement rapide des cas positifs. Mais un foyer a démarré dans un quartier de la vie nocturne de Bangkok le mois dernier, et le nombre total de cas a fortement augmenté pour atteindre près de 180 000, et plus de 1 200 décès.

    En parallèle, les 25 sites de vaccination, dont certains dans des centres commerciaux et des supermarchés, étaient installés dans la capitale thaïlandaise pour vacciner jusqu’à 70 000 personnes par jour, en majorité avec le vaccin AstraZeneca produit localement. Malheureusement, le vaccin, comme en Europe, n’est pas accepté par la population ce qui ralentit la mise en place de la couverture vaccinale. Avec les risques de retrait de l’AstraZeneca du marché européen, ce qui empêcherait les vaccinés en Thaïlande d’obtenir leur certificat européen, les expatriés sollicitaient depuis plusieurs semaines une aide de la France.

    Une campagne complexe à mettre en place

    La France, comme à Madagascar ou en Inde, a donc répondu aux sollicitations de ses citoyens que Thierry Mathou, l’ambassadeur de France sur place, avait relayées avec insistance auprès des cabinets de Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat aux Français de l’Etranger et de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères et européennes.

    Mais mettre en place une telle campagne dans un pays tiers avec un vaccin homologué par l’Union européenne ne va pas de soi.

    « Il ne s’agit pas en effet d’administrer en catimini quelques dizaines voire quelques centaines de doses à quelques privilégiés, mais bien de disposer en toute transparence et dans le strict respect des règles juridiques mais aussi des protocoles sanitaires en vigueur, de plusieurs milliers de doses.« 

    Thierry Mathou, Ambassadeur de France en Thailande

    Après moult négociations entre Bangkok et Paris, il fut établi un protocole accepté par les deux pays. C’est donc le vaccin unidose Janssen de Johnson qui sera mis à notre disposition par les autorités françaises. Ce vaccin a l’avantage d’être homologué en France, mais également en Thaïlande.

    Qui pourra bénéficier de la campagne de vaccination ?

    Mais le Janssen a un petit défaut, compte-tenu des règles actuelles fixées par les autorités sanitaires françaises sur l’utilisation de ce vaccin, seuls les ressortissants français de 55 ans et plus seront donc éligibles à cette vaccination. L’accès à ce traitement sera évidement gratuit. Il est cependant nécéssaire de disposer d’une pièce d’identité française et de s’inscrire sur le registre consulaire.

    Les expatriés pourront en bénéficier dans 8 centres de vaccination qui seront ouverts sur le territoire dans les prochains jours à Bangkok, Pattaya, Hua Hin, Ko Samui, Phuket, Chiang Mai, Khon Kaen, et Udon Thani.

    « Je tiens à remercier ici tous ceux qui l’ont rendu possible, à commencer par les autorités thaïlandaises, mais également la société de logistique qui transportera les vaccins, les hôpitaux qui assureront la vaccination, ainsi que l’équipe de l’ambassade qui ne compte ni son temps ni son énergie pour organiser la campagne.« 

    Thierry Mathou, Ambassadeur de France en Thailande

    Cette campagne est la plus importante mise en place hors de France par les autorités consulaires. Un test grandeur nature pour un déploiement dans tous les pays où cela sera nécéssaire ?

  • Les États contre les GAFA, un combat de longue haleine

    Les États contre les GAFA, un combat de longue haleine

    Si la crise sanitaire a renforcé les multinationales de l’information et de la communication (GAFA), les Etats tentent de renforcer la régulation de ce secteur. Que ce soit sur le terrain fiscal que sur celui du droit de la concurrence, les États ne veulent pas abdiquer. 

    Depuis le salon « Vivatech », le 16 juin 2021, le Président Emmanuel Macron a déclaré qu’il jugeait le démantèlement des GAFA « légitime ». Il a ajouté « Je pense que quand on a des groupes qui ont les comportements de prédation qu’ils ont eus sur les marchés européens ou émergents sur les dernières années, qui s’attaquent à des verticaux qui ne sont pas bien régulés malgré tout le travail qui a été fait par la Commission européenne et que je salue, c’est de toute façon une question car en termes de bien-être collectif, à un moment donné ils finissent par être négatifs ». Cette déclaration s’inscrit dans le prolongement de l’accord fiscal du G7 visant à instituer un taux minimal d’impôt sur les bénéfices.

    Procédures judiciaires 

    Cet accord, sans nommer les entreprises digitales, les visent en premier lieu. Ces dernières ont eu tendance à optimiser leur situation fiscale en logeant leurs bénéfices issus de leur services immatériels et délocalisables au sein de pays à faible fiscalité. La volonté de mieux réguler le secteur de la communication et de l’information fait suite à l’année faste que ce dernier a connu en raison de la crise sanitaire. La tendance hégémonique des entreprises qui le composent ainsi que leur prétention d’étendre leur champ d’action, en particulier dans le domaine financier et monétaire, incitent les États à être plus incisifs. 

    Les procédures administratives et judiciaires se multiplient dans tous les pays. Aux États-Unis, au mois de mai 2021, le procureur général du district de Columbia a déposé une plainte contre Amazon pour atteinte à la libre concurrence. De nombreux autres États font de même. 

    Toujours aux États-Unis, Facebook, depuis le mois de décembre dernier, fait l’objet d’une enquête de la part de la Federal Trade Commission (FTC) pour abus de position dominante à travers le rachat de concurrents comme Instagram et WhatsApp. 

    L’autorité allemande de la concurrence poursuit Amazon et Google pour déterminer s’ils sont en position dominante et son homologue italien a décidé d’appliquer à Google une amende de 100 millions d’euros pour avoir restreint l’accès à Android, une version du système d’exploitation mobile de l’entreprise destinée au guidage des véhicules.

    Abus de position dominante 

    La Commission européenne a annoncé le 4 juin l’ouverture d’une enquête concernant Facebook Marketplace, le service de petites annonces du réseau social. Elle souhaite apprécier si Facebook enfreint les règles de concurrence européenne en utilisant des données publicitaires recueillies auprès d’annonceurs afin de les concurrencer sur des marchés où il est présent, comme celui des annonces en ligne. 

    La Commission examine également le respect de la concurrence par Apple en matière de streaming musical. 

    En France, le 7 juin dernier, l’Autorité de la Concurrence a annoncé qu’elle était parvenue à un accord avec Google au sujet des allégations selon lesquelles l’entreprise abuserait de sa position dominante sur le marché pour diffuser des publicités en ligne. Google devra payer à la France une amende de 220 millions d’euros et modifiera certaines pratiques commerciales. 

    Les régulateurs qui sont restés longtemps paralysés face à des nouvelles activités sont de plus en plus enclins à réagir, une émulation existant par ailleurs entre eux. 

    Au sein de l’Union européenne, une concurrence entre les États membres et la Commission de Bruxelles se fait jour, les premiers ne souhaitant pas abandonner la totalité du pouvoir de contrôle du droit de la concurrence à la seconde. Les législations nationales imposent de plus en plus des règles « ex ante » aux entreprises du numérique qui sont contraintes de démontrer qu’elles n’enfreignent pas le respect des règles de la libre concurrence en temps réel.

    Lutte contre les « monopoles » 

    La directive de l’Union européenne sur les marchés numériques, si elle est adoptée, obligera les grandes technologies à se conformer à une longue liste de règles ex ante. Aux États-Unis, des parlementaires démocrates et républicains du Congrès américain ont présenté plusieurs propositions de loi ciblant directement les « monopoles » de Google, Apple, Facebook et Amazon. L’une des propositions de loi américaine interdit l’acquisition de petits groupes concurrençant les plateformes dominantes dans le seul but de les faire disparaître. Une autre vise à empêcher des groupes comme Amazon de manipuler leur marché en ligne pour promouvoir leurs propres produits. 

    Si des élus des deux partis se sont unis pour les rédiger, ces textes ne sont toutefois pas assurés d’être approuvés au Congrès. De nombreux républicains mais aussi des démocrates sont hostiles à un durcissement des lois « antitrust ». Les GAFA mènent, par ailleurs, un lobbying important afin d’empêcher leur adoption. L’organisation Computer & Communications Industry Association, dont Amazon, Facebook et Google font partie, a dénoncé des propositions représentant un « virage dans les principes d’économie de marché ». Le communiqué de presse mentionne que ces lois auront « un impact sévère sur le leadership économique américain et réduiront la possibilité pour les consommateurs de profiter des services numériques gratuits ». Pour Jessica Melugin, directrice du Centre technologie et innovation du centre de réflexion Competitive Enterprise Institute, « ces textes sont des régulations à l’européenne dans le sens le plus déprimant économiquement ». 

    Les Gafas peu touchés

    Si les entreprises du digital doivent faciliter la vie de leurs concurrents, si elles doivent être plus transparentes sur l’utilisation des données, il est peu probable que cela diminue réellement leur domination. La valeur des actions des GAFA n’a pas été touchée par la multiplication des actions anti-trust. Les étoiles du digital arrivent à surmonter les chicanes des régulateurs. 

    Ainsi, en 2018, quand la Commission de Bruxelles a forcé Google à dégrouper son service de recherche de son système d’exploitation mobile Android, après lui avoir infligé une amende de plus de 4 milliards d’euros, la quasi-totalité des acheteurs ont installé son application de recherche. Au moment de la mise en fonctionnement de leur portable, la fenêtre d’accueil présente un « écran de choix » des services de recherche qui place en tête celui de Google. Le 8 juin dernier, la Commission a déclaré que l’écran de choix classerait plutôt les services de recherche en fonction de leur part de marché… ce qui ne devrait pas trop nuire à Google.

    L’or noir des données 

    Depuis l’échec de la tentative de démantèlement de Microsoft, au début des années 2000, les régulateurs comme les législateurs semblaient désarmés face à l’émergence des multinationales du digital. L’accumulation des pertes, lors de la phase d’émergence de secteur ainsi que l’explosion de la bulle Internet, ont masqué ses caractéristiques monopolistiques et rentières. Les données sont vite devenues le nouvel or noir de l’économie. Plus une entreprise dispose de données, plus elle est en capacité d’en récupérer et d’exclure du marché ses concurrentes. Les données sont sources de valeurs et permettent l’élaboration de puissants algorithmes. 

    Qwant, le moteur de recherche français qui ne trace pas ses utilisateurs peine à s’imposer faute d’un nombre de requêtes suffisant. Les autorités américaines ont rapidement compris le rôle des GAFA dans le cadre d’une stratégie de « soft power ». Le numérique a remplacé le cinéma en matière d’influence. 

    Compte tenu des positions acquises et du rôle des applications proposées tant dans la vie professionnelle que dans la vie courante, la régulation des GAFA sera un long combat.

  • Brésil : plus de 500.000 morts du Covid-19, une 3ème vague menace

    Brésil : plus de 500.000 morts du Covid-19, une 3ème vague menace

    La barre des 500.000 morts du Covid-19 a été franchie. Désormais, la menace d’une troisième vague plane avec l’arrivée du variant Delta, venu d’Inde. La gestion de la crise est décriée à travers le pays et le président Jair Bolsonaro est pointé du doigt.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La Turquie accueille 15 % des réfugiés dans le monde

    La Turquie accueille 15 % des réfugiés dans le monde

    En 2020, pour la septième année consécutive, la Turquie accueillait la plus importante population de réfugiés au monde (3,7 millions), soit 15 % de l’ensemble des personnes déplacées dans le monde. Telles sont les conclusions d’un nouveau rapport du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) publié vendredi (18 juin).

    284 900 réfugiés en 2020 au sein de l’UE

    Au sein de l’UE, c’est l’Allemagne qui a accueilli le plus de réfugiés (1,2 million) en 2020, comme le souligne le rapport annuel Tendances mondiales du HCR. En Europe, le nombre de réfugiés accueilli a augmenté de 3 % et 284 900 se sont vu octroyer la protection internationale – 83 700 en Allemagne et 46 500 en Espagne.

    « Les solutions nécessitent que les dirigeants à travers le monde entier et les personnes d’influence laissent de côté leurs différences, mettent fin à une approche égoïste de la politique et se concentrent plutôt sur la prévention et le règlement des conflits, ainsi que le respect des droits humains »

    Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.

    Parmi les réfugiés présents en Europe, 38 % seraient âgés de moins de 18 ans.

    6 milliards pour l’accueil des réfugiés

    La Turquie a accueilli le plus de réfugiés depuis 2014 à la suite de la guerre civile en Syrie. En 2016, l’UE a noué un accord à 6 milliards d’euros avec Ankara pour financer l’accueil et l’accompagnement des réfugiés sur le sol turc. Une tentative visant à atténuer la pression exercée sur la Grèce et les autres États membres en première ligne.

    Malgré la pandémie, le nombre de personnes fuyant les guerres, la violence, la persécution et les violations des droits de l’homme a atteint presque 82,4 millions de personnes en 2020.

    Impasse pour un nouvel accord

    Le contrôle de l’immigration et des demandes l’asile demeurent dominant au sein du navire européen. En mai, le Danemark a d’ailleurs adopté une loi inédite permettant à son gouvernement d’envoyer les demandeurs d’asile vers un pays tiers afin de traiter leur demande, et ce malgré le fait que l’UE interdise l’« externalisation » du droit d’asile. La loi danoise, condamnée par l’UE et le HCR, prévoit vraisemblablement que le Rwanda devienne responsable des demandes. De son côté, la Hongrie a promis d’imposer son veto à la conclusion d’un nouvel accord entre l’UE et le Groupe ACP, arguant qu’il n’envisage pas de garanties suffisantes pour contrôler les flux migratoires.

    Entretemps, les ministres européens de l’Intérieur restent dans l’impasse face à la possibilité de réviser les règles du bloc sur l’immigration et l’asile. La proposition majeure figurant dans le nouveau pacte sur la migration et l’asile présenté par la Commission européenne en septembre dernier nécessiterait des États membres qu’ils acceptent les demandeurs d’asile  ; prennent en charge ceux dont les demandes sont refusées ou offrent une aide financière aux nations de l’UE en première ligne.

    Renforcer Frontex

    Le pacte entend aussi renforcer le rôle de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Plus de 500 personnes sont décédées en tentant de traverser la mer Méditerranée depuis le début de l’année.

    Les chefs d’État et de gouvernement du bloc aborderont la politique migratoire lors du prochain sommet européen prévu les 24 et 25 juin à Bruxelles.

  • Sénatoriales : les grandes manoeuvres

    Sénatoriales : les grandes manoeuvres

    Les consulaires sont passées, les grands électeurs ont été renouvelés, les sénatoriales se préparent.. La victoire surprise de la gauche, la résistance de la droite et la décevante performance de LREM, ont rebattu les cartes.

    LREM cherche la légitimité

    En 2017, après les présidentielles, le renouvellement des sénateurs avait déjà été source de déception. Menée par un ami du président, Philippe Grangeon, la liste « En marche » n’avait obtenu aucun élu. Pour Anne Genetet, députée des Français d’Asie et d’Europe orientale (LREM), qui fut en charge des élections consulaires pour le parti présidentiel, la leçon a été prise.

    « Nos candidats du 1er au 6ème connaîtront parfaitement les Français à l’étranger pour être l’un des leurs.« 

    Anne Genetet, députée des Français d’Asie et d’Europe orientale (LREM)

    Mais les potentiels candidats ont décliné la proposition les uns après les autres comme Pierre-Yves Le Borgne (ancien député PS), la majorité présidentielle privilégierait, finalement, une solution interne. Et c’est la députée Anne Genetet qui basculerait de l’Assemblée nationale au Sénat. Assurée de remporter un élu grâce aux nouveaux conseillers et délégués consulaires de mai 2021, LREM cherche même un allié pour remporter un deuxième siège. Et c’est à droite, que leurs regards se sont tournés, le sénateur sortant Olivier Cadic (UDI-Indépendant) est pressenti pour seconder Anne Genetet. Un bon calcul, seul il n’a aucune chance de remporter un siège.

    A Gauche, entre union et atomisation

    Au Parti socialiste, la campagne des sénatoriales a commencé dès le début de cette année avec l’annonce de la candidature de l’ancienne candidate à la fonction suprême, Ségolène Royal. Une arrivée qui divisa la fédération jusqu’ à mettre en minorité sa Secrétaire générale, Cecilia Gondard. Réélue en Belgique, elle va devoir mener, tout au long de l’été, un congrès qui s’annonce compliqué.

    Ségolène Royal

    Une division qui peut faire les affaires de Ségolène Royal qui s’imposerait comme rassembleuse. Surtout que l’ancienne ministre prépare déjà une alliance avec EELV, le grand gagnant des élections consulaires de mai 2021. Pour cela, elle échange avec la direction nationale. Une telle configuration pourrait permettre à la Gauche unie de remporter 3 sièges.

    En France, cette stratégie ne marche pas, comme l’a démontré la stérile tentative de trouver un candidat unique pour la présidentielle de 2022, si elle n’aboutit pas aussi chez les expatriés, les conséquences peuvent être lourdes.

    Marc Villard, issu du PS, président de l’Assemblée des Français de l’étranger, en tant qu’indépendant, est déjà candidat comme il l’a annoncé dans notre média le 13 juin 2021. Laure Pallez, élue consulaire en 2014 et en 2021 pour le PS en Amérique du Nord, est, elle aussi, sur les rangs et pourrait décider de mener une liste de Gauche « issue de la base militante ». Et sans union, Ségolène Royal avec sa liste « Français.e.s dans le monde  » devra composer avec une formation EELV menée par Alexandre Ducos-Chateau (désigné dans le cadre d’une primaire interne) et pourquoi pas une autre issue de La France Insoumise. Dans un scrutin à la proportionnelle en un tour, cette atomisation pourrait transformer une victoire annoncée en amère défaite.

    A Droite, le risque de disparition

    Si Les Républicains ont plutôt bien résisté lors des élections consulaires, ils ne remportent qu’une centaine de grands électeurs. En l’état impossible d’espérer remporter deux sièges. Et pourtant deux sénateurs en poste postulent à leur renouvellement, la sénatrice Jacky Deromedi et le sénateur Christophe Frassa. Ce dernier est l’actuel responsable de la fédération des Français de l’étranger du parti de Droite. Pour beaucoup, il est responsable de la déconfiture des LR, qui ont vu leurs militants disparaitre à l’étranger après des décennies de domination. Si certains murmurent que « la sagesse pousserait M. Frassa à se retirer », il reste très actif. Tous les élus ont ainsi reçu des courriers détaillant les procédures qui les attendent comme l’élection du Président du Conseil consulaire, le conseil des bourses, etc… En sus, au cours des dernières années, le sénateur Frassa a su démontrer sa capacité à activer ses réseaux au bon moment.

    Jacky Deromedi

    Cependant ils sont nombreux à encourager Jacky Deromedi, qui serait numéro 2 sur la liste imaginée par Christophe Frassa, à voler de ses propres ailes. Une alliance avec Jean-Pierre Bansard serait une combinaison à l’étude. Avec 30 élus, il y a peu de chance que ce dernier arrive à être sénateur ou à permettre la réélection de la sénatrice élue en 2017 sur la liste de son mouvement « L’Alliance Solidaire des Français de l’étranger« . Par contre, siégeant avec Les Républicains au sénat, une alliance, finalement naturelle, avec la sénatrice sortante Jacky Deromedi pourrait permettre l’élection de 2 sénateurs.

    Sauf si Olivier Cadic décide finalement d’y aller seul.. Divisant les Grands électeurs de droite.. Avec moins de voix potentielles que la Gauche, la Droite ne risque pas un résultat décevant mais une absence d’élu.

    Un jeu ouvert

    On le constate à quelques semaines de l’élection des 6 sénateurs, les résultats des élections consulaires n’ont pas encore révélé toutes leurs conséquences. A contre courant d’une France qui se « droitise », les expatriés ont relancé la Gauche en mai 2021. Elle peut espérer 3 voir 4 sénateurs, LREM peut tenter d’obtenir 2 élus, le dernier siège semble être en ballottage entre les différents candidats de droite. Un big bang dans le monde feutré des Français établis hors de France.

  • Régionales 2021, un premier tour marqué par l’abstention

    Régionales 2021, un premier tour marqué par l’abstention

    Plus de deux Français sur trois ont choisi dimanche de ne pas se rendre aux urnes lors du premier tour des élections régionales et départementales. Du jamais vu hors référendum. Cela n’empêche pas des disparités régionales.

    Un résultat en recul pour le RN

    le Rassemblement national (RN) est crédité de 19,3% à l’échelle nationale, selon l’institut Ipsos, mais il accuse une baisse de près de 10 points par rapport à sa percée de 2015, lorsqu’il était arrivé en pôle position dans six régions sur treize. Désormais privée de deux locomotives ayant pour patronyme Le Pen, l’extrême droite connait des destins contraires en Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.  

    LREM, bon dernier

    Du coté du parti présidentiel LREM on savait que les régionales seraient perdues. Ils ne pensaient pas que le premier tour virerait à une telle débâcle, avec un résultat autour d’à peine 10 % au niveau national. Symbole de la déroute, dans les Hauts-de-France, la liste LREM emmenée par le secrétaire d’Etat en charge des Retraites, Laurent Pietraszewski, ne parvient même pas à se qualifier dans les Hauts-de-France avec un score sous la barre des 10 %.

    Le retour des partis

    Les listes de droite se retrouvent devant en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez (LR) et ses 42,7%, dans les Hauts-de-France avec la liste de Xavier Bertrand (42,1%), dans le Grand Est par l’intermédiaire du LR Jean Rottner (30,2%), en Normandie avec le centriste Hervé Morin (35,1%), dans les Pays de la Loire avec Christelle Morançais (34%), et en Ile-de-France avec Valérie Pécresse (34,2%).

    ©Vincent Isore/IP3

    La gauche résiste et se retrouve en tête en Nouvelle-Aquitaine avec Alain Rousset (29,2%), en Bretagne avec Loïg Chesnais-Girard (21,3%), en Bourgogne-Franche-Comté avec Marie-Guite Dufay (26,6%) et en Occitanie avec Carole Delga (39,5%). 

    Le second tour a lieu dimanche prochain.

  • Fête des pères : quand le papa fait fonction de re-père

    Fête des pères : quand le papa fait fonction de re-père

    La fête des pères puise son origine dans l’histoire moyenâgeuse qui se voudra religieusement symbolique… une date calendaire choisie en fonction de l’histoire d’un père adoptif, Joseph père de Jésus.

    Le père cantonné à l’autorité ?

    Il est intéressant d’évoquer la dimension psychanalytique avec l’écrit de Freud sur le père de la Horde. Ce père tout puissant, jouissant de tout ce qui l’entoure sans exception et seul souverain de ces jouissances interdites à ses fils. Il fut tué et mangé.. ce qui laissa place à la culpabilité et la création de règles, des organisations sociales, des restrictions morales et de la religion.

    Le père c’est la loi, c’est l’ordre, c’est celui qui sépare. 
    Pour les Lacaniens puisque la mère est dangereuse dans le lien à son enfant, heureusement qu’il y a la toute puissance du père pour introduire au langage.

    Le père fait repère quand à ce que je suis, ce qu’est l’autre et la direction vers laquelle je peux me diriger tout en étant dans ce qui semble juste. Il évite la fusion et confusion et permet à chaque individu d’être pensé, parlé ou bien évoqué en tant qu’être à part entière. 

    Le papa effacé par le père ?

    La psychanalyse a traité de la fonction du père mais le papa qui est-il ? 
    Est-ce un personnage à considéré hors de sa fonction séparatrice? hors de l’évocation dans son rapport à la loi? Penser la loi comme ce qui a été mentionné, les interdits fondateurs et principes inhérents à la dimension sociale… 
    Cet autre, qui est-il ? 

    Ce père créateur de notre organisation sociale à laissé place au « papa », à savoir cet être humain détaché de tout fantasme divin qui aujourd’hui aurait la possibilité d’être ce qu’il est en plus de ce qu’il représente. 
    Pendant longtemps il n’a pas eu d’autre place que celui qui ne pouvait s’inscrire dans le maternage… bingo il est bien dans le paternage, dans une fonction tout aussi nommée que son pendant dit maternel (réf l’article « Bonne fête Mère ou bonne fête Maman ? ». 
    La fonction est donc là où on l’incarne. 

    Père expatrié

    Ce parent expatrié, père et papa dans ses interactions avec l’enfant est aussi celui qui mène la danse dans l’idée commune. Amenant sa horde avec lui, il peut-être aussi celui qui suit et qui devra être dans le paternage. 
    Si le père dans sa représentation symbolise la loi, le papa en revanche se bat avec la loi pour par exemple étendre son droit parental. Quelque chose sur le plan originel semble s’être détaché afin de choir. Est-ce cela qui lui permettrait d’être l’égal ou légal de la maman? 
    Il serait indéniablement reconnu à la place sociale où il semble qu’on l’attend, voir tout simplement la place sociale à laquelle il a envi de s’inscrire ! 
    Alors courage à ces hommes qui verront peut être un jour leur fonction paternante reconnue au-delà de celle du Père.

    https://seancedepsy.com/
    https://seancedepsy.com/
● Radio en direct
En pause