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  • Sanofi stoppe le développement de son vaccin à ARN messager

    Sanofi stoppe le développement de son vaccin à ARN messager

    Sanofi a annoncé mardi (28 septembre) qu’il mettait fin au développement de son vaccin contre le coronavirus à ARN messager. Il serait arrivé trop tard sur le marché selon le groupe français, distancé par Pfizer / BioNTech et Moderna. Un article de notre partenaire Euractiv.

    Le laboratoire Sanofi vient de l’annoncer ce mardi 28 septembre 2021 : il n’ira pas en phase 3 d’essais pour son vaccin à ARN messager contre le Covid-19 – la dernière étape avant une commercialisation -, tout en poursuivant le développement de son autre vaccin contre le virus.

    Malgré des résultats intermédiaires positifs pour la phase 1-2 de l’essai de son vaccin à ARN messager, Sanofi juge que celui-ci arriverait trop tard sur le marché, alors que 12 milliards de doses de vaccins anti-Covid auront été produites au total d’ici la fin de l’année.

    Les résultats de la phase 3 sur son autre vaccin, fondé sur une protéine recombinante et développé avec le britannique GSK, sont quant à eux toujours attendus avant fin 2021.

    Des résultats pourtant encourageants

    Les données initiales de l’essai mené sur la technologie de l’ARN messager montrent une séroconversion, c’est-à-dire la fabrication d’anticorps, chez 91 % à 100 % des participants, deux semaines après la deuxième injection, indique Sanofi.

    Ces résultats positifs se vérifient pour les trois dosages qui ont été testés. En outre, aucun effet secondaire n’a été observé et le profil de tolérance est comparable à celui d’autres vaccins Covid-19 à ARN, comme ceux développés par le tandem germano-américain Pfizer-BioNTech et par la biotech américaine Moderna.

    Avec cette technologie, le laboratoire voulait évaluer la capacité à engendrer une réponse immunitaire. « Or, celle-ci est forte », commente Thomas Triomphe, le vice-président de la branche vaccins de Sanofi.

    Dix-huit mois de travailSanofi travaillait depuis mars 2020 avec Translate Bio sur ce vaccin, et a même racheté début août cette biotech américaine pour quelque 2,7 milliards d’euros.

    Toutefois, « le besoin n’est pas de créer de nouveaux vaccins Covid-19 à ARN, mais d’équiper la France et l’Europe d’un arsenal de vaccins à ARN messager pour une prochaine pandémie, pour de nouvelles pathologies », ajoute Thomas Triomphe.

    Par conséquent, Sanofi ne développera pas de phase 3 pour ce vaccin, car « il n’y a pas de besoin de santé publique d’avoir un autre vaccin à ARN messager », poursuit-il.

    D’autres vaccins en préparation

    Sanofi dit en revanche vouloir développer des vaccins avec cette technologie contre d’autres virus, sans effet secondaire et avec moins de contraintes au niveau de la température de conservation.

    ARN messager
    ARN messager
  • Finance,  l’heure  de  la  blockchain  a-t-elle  déjà  commencé?

    Finance, l’heure de la blockchain a-t-elle déjà commencé?

    La  finance  décentralisée  ou  «  DeFi  »  en  lien  avec  l’essor  des  cryptoactifs,  l’intrusion  des entreprises  de  plateforme  dans  les  systèmes  de  paiement,  et  les  monnaies  digitales  de banque  centrale  constituent  les  trois  volets  de  la  révolution  financière  qui  pourraient rebattre  l’ensemble  des  cartes  dans  les  prochaines  années.

    Le défi de la Defi , la finance décentralisée

    Le  développement  de  la  DeFi est  relativement  rapide.  La  valeur  des  transactions  issue  du  réseau  Ethereum  a  atteint 2 500  milliards  de  dollars  en  2021,  soit  environ  les  montants  traités  par  le  groupe  de cartes  bancaires  Visa  ou  l’équivalent  d’un  sixième  de  l’activité  sur  le  Nasdaq.  Les  jetons sortent  de  la  zone  de  confidentialité  grâce  aux  sportifs  ou  aux  stars.  Le  contrat  de  Lionel Messi  avec  le  PSG  prévoit  un  paiement  en  jetons.  La  mannequin  Emily  Ratajkowski,  afin de  mieux  contrôler  ses  droits  à  l’image,  a  décidé  que  certaines  de  ses  photos  seront publiées  en  «nfts»  ou  associées  à  des  jetons.  Pour  populariser  la  démarche,  ces  jetons pourront  ouvrir  aux  «amis»  de  la  mannequin  l’accès  des  marchandises  exclusives  et des  places  au  premier  rang  lors  de  concerts,  le  tout  sans  intermédiaires.

    Preuve  que  la révolution  est  en  marche,  l’État  du  Salvador  a  décidé  d’adopter  le  bitcoin  comme  monnaie officielle  en  lieu  et  place  du  dollar. La  DeFi  repose  sur  les  blockchains,  de  vastes  réseaux  d’ordinateurs  qui  conservent  un enregistrement  commun  ouvert  et  logiquement  incorruptible,  sans  avoir  besoin  d’une autorité  centrale.  A  terme,  elle  peut  concerner  un  grand  nombre  d’activités  bancaires  et assurantielles.   

    Elle  repose  sur  des  systèmes  interopérables,  transparents,  souvent efficaces  qui,  en  répartissant  le  contrôle  sur  les  logiciels,  préservent  la  concentration  du pouvoir.  Le  premier  exemple  de  système  décentralisé  était  le  Bitcoin,  un  réseau  de paiement  numérique  vérifié  par  une  blockchain,  créé  en  2009  dans  le  but  de  remplacer l’argent  émis  au  niveau  central.  Il  a  été  suivi  à  partir  de  2015  par le  réseau  Ethereum  sur lequel  la  plupart  des  applications  «DeFi»  se  greffent.  Ce  réseau  enregistre  des  lignes de  codes  informatiques,  y  compris  des  programmes  entiers,  qui  sont  visibles  par  tous, permettant  de  construire  des  contrats  intelligents,  des  accords  auto-exécutables  dans lesquels  une  chaîne  d’actions  suit  quand  certaines  conditions  sont  remplies.  Celles-ci sont  automatiquement  appliquées  et  ne  peuvent  pas  être  logiquement  falsifiées.

    Transactions  fiables,  bon  marché, transparentes  et  rapides,  du  moins  en  théorie

    Pour ses  initiateurs  et  ses  développeurs,  le  recours  au  réseau  permet  de s’affranchir au niveau bancaire  des  chambres  de  compensation  et  des  dispositifs  coûteux  de  conformité.  Ils mettent  en  avant  que  les  transactions  sur  une  blockchain  sont  fiables,  bon  marché, transparentes  et  rapides,  du  moins  en  théorie.  La  blockchain  Ethereum  permet  ainsi  de stocker  des  données  et  de  les  utiliser,  comme  un  ordinateur  virtuel  qui  s’exécute  sur  un réseau  d’ordinateurs  physiques.  Chaque  ordinateur,  en  dehors  d’une  blockchain,  est contrôlé  par  une  personne  ou  une  organisation  qui  peut  changer  d’avis.  Apple  conserve un  large  contrôle  sur  les  appareils  qu’il  vend  grâce  aux  mises  à  jour  logicielles.  Sur  une blockchain,  la  relation  est  censée  être  inversée,  la  traçabilité  totale  offre  des  garanties.

    Les  ordinateurs  contrôlés  par  la  technologie  blockchain  peuvent  prendre  des engagements  de  manière  indépendante.  À  partir  d’un  cadre  de  blockchain,  la  seule  limite de  création  est  l’imagination  du  développeur.  Des  « jetons »,  ou  des  représentations numériques  d’actifs,  ont  été  ainsi  créés.   Certains  peuvent  s’assimiler  à  des  actions,  des obligations  ou  des  «stablecoins»,  qui  sont  généralement  reliés  à  des  devises traditionnelles.  Des  jetons  de  gouvernance  ont  été  également  développés.  Ils   fonctionnent  comme  des  jetons  « non  fongibles »  (nfts)  et  peuvent  représenter  des  actifs uniques,  comme  une  image  ou  une  vidéo. 

    Le  marché  de  ces  derniers  progresse rapidement  (23  milliards  de  dollars  de  NFT  ont  été  échangés  en  2020).  Pour  entrer  dans le  monde  décentralisé,  il  est  nécessaire  de  créer  un  portefeuille,  qui  stocke  les  jetons.

    MetaMask,  un  portefeuille  DeFi,  possède  déjà  plus  de  10  millions  d’utilisateurs  qui disposent  d’une  identité  numérique,  permettant  de  gérer  des  opérations  commerciales  et financières  de  manière  indépendante  des  établissements  financiers.

    Sur  les  plateformes  digitales,  de  nombreuses  innovations  sont  développées  pour  rendre plus  sûres  les  échanges  financiers  et  accélérer  certaines  opérations  comme  les  prêts. Plutôt  que  de  déposer  des  actifs  financiers  avec  un  risque  de  vol,  l’exécution  de l’opération  est  réalisée  via  des  contrats  intelligents.  L’opération  commerciale  est effectuée  dans  le  cadre  d’une  transaction  indivisible,  éliminant  le  besoin  d’intermédiaires tels  que  les  chambres  de  compensation. 

    UniSwap  est  une  startup  particulièrement  active pour  l’échange  de  jetons  basés  sur  Ethereum.  Il  négocie  des  jetons  pour  une  valeur d’environ  1  milliard  de  dollars  chaque  jour.  Pour  faire  face  à  l’instabilité  des cryptomonnaies,  les  développeurs  recourent  de  plus  en  plus  à  des  stablecoin  fiables, comme  les  tokens  indexés  sur  le  dollar  ou  d’autres  devises.  Ces  derniers  facilitent  les transactions  et  constituent  la  base  des  contrats  financiers.  Les  deux  plus  importants stablecoins,  Tether  et  USD  Coin,  sont  à  l’origine  de  l’émission  de  plus  de  100  milliards de  dollars  de  jetons.  La  garantie  de  ces  derniers  repose  sur  une  combinaison de  liquidités et  de  dettes  d’entreprises  à  court  terme.  Elle  n’est  pas  logée  sur  une  blockchain,  mais  sur des  comptes  bancaires  ou  de  courtage. 

    Ce  système  n’est  pas  sans  faille.  Au  mois  de mars  2021,  le  procureur  général  de  New  York  a  constaté  que  Tether  n’était  pas entièrement  garanti  pour  les  périodes  2017  et  2018  et  lui  a  infligé  une  amende  de 18,5  millions  de  dollars.  Le  passage  à  une  garantie  validée  dans  la  blockchain  demeure complexe.  Etant  donné  que  l’éther  est  volatile,  le  protocole  oblige  les  utilisateurs  à surdimensionner  les  jetons  qu’ils  créent.  Les  opérations  de  prêts  font  également  l’objet de  nombreux  développements  au  sein  de  la  DeFi.  L’objectif  est  de  permettre  des  prêts avec  des  utilisateurs  restant  anonymes,  tout  en  bénéficiant  d’un  haut  niveau  de  sécurité. À  la  différence  du  système  bancaire,  les  opérations  de  financement  peuvent  être  quasiimmédiates.  Les  deux  systèmes  de  prêts  flash  sur  la  blockchain  Ethereum  sont  «  Aave  » et  «  Compound  «  qui  ont  prêté  respectivement  16  milliards  et  11  milliards  de  dollars  de jetons  en  2020.

    Des taxes de passage pour les Gafas ?

    Les  GAFA estiment  que  ce  marché  de  la  «  DeFi  »  pourrait  être  une  source  importante  de revenus.  En  instituant  des  taxes  de  passage,  elles  pourraient  trouver  des  ressources faciles  sur  ses  réseaux  décentralisés  hébergeant  des  applications.

    Le  système  DeFi  n’a  pas,  actuellement,  les  capacités  de  se  substituer  au  système financier  traditionnel  du  fait  que  les  plateformes  blockchain  sont  lourdes  à  manier  et  que les  ordinateurs  nécessaires  à  leur  fonctionnement  consomment  des  quantités  d’électricité importantes.

    Absence de valeur légale 

    L’autre  obstacle  à  la  généralisation  de  la  DeFi  est  l’absence  de  valeur  légale des  cryptoactifs  et  de  rattachement  à  un  État  ou  un  groupe  d’États  souverains.  Or  ces derniers  conservent  le  monopole  de  la  force  légale  et  donc  le  pouvoir  normatif. 

    Par ailleurs,  les  banques  centrales  restent  les  prêteurs  en  dernier  ressort  du  système,  ce  qui, en  période  de  crise,  n’a  pas  de  prix.  L’exécution  des  contrats  en  dehors  du  monde  virtuel est  également  une  préoccupation.  Un  contrat  blockchain  peut  indiquer  que  vous possédez  une  maison,  mais  seule  la  police  peut  imposer  une  expulsion. 

    Il  faut  bien  à  un moment  ou  un  autre  revenir  au  réel.   Si  un  système  décentralisé  est  considéré  plus  vertueux  grâce  à  la  multiplication  du nombre  d’intervenants,  certains  programmeurs  et  propriétaires  d’applications  exercent de fait  une  influence  disproportionnée  et  peu  transparente  dans  le  système  DeFi.  Un acteur  malveillant  pourrait  même  prendre  le  contrôle  de  la  majorité  des  ordinateurs  qui exécutent  une  blockchain.

    La  DeFi  est  tiraillée  entre  autonomie  et  respectabilité. 

    Son  développement  suppose  son intégration  au  système  financier  et  juridique  conventionnel.  Les  grandes  institutions comme  la  Banque  des  Règlements  Internationaux  estiment  que  le  passage  à  des gouvcoins,  des  monnaies digitales  gérées  par  les  banques  centrales,  résoudra  en  grande partie  le  problème  mais  au  prix  d’une  moindre  indépendance  de  la  sphère  de  finance alternative.  Les  acteurs  de  cette  sphère  ont  la  volonté  farouche  de  remplacer  les intermédiaires  financiers  traditionnels  comme  les  banques  ou  les  assureurs  mais  aussi de  se  passer  des  institutions  publiques,  banques  centrales,  FMI,  etc. 

    La  finance décentralisée  (DeFi)  recherche  plutôt  un  contrôle  participatif  aux  consonances  utopiques. Le  problème  est  que  ce  secteur  naissant  est  en  proie  à  de  forts  mouvements  spéculatifs. Par  ailleurs,  quelques  applications  dominent  le  marché,  ce  qui  est  contraire  à  l’esprit décentralisateur  des  initiateurs  de  cette  nouvelle  sphère  financière.   Les  acteurs  financiers  traditionnels  craignent  que  les  banques  centrales  y  recourent  pour sauver  leur  rôle  de  créateur  de  monnaie  et  de  régulateur.  Aux  États-Unis,  l’adoption  par la  Fed  d’un  système  de  paiements  instantanés  a  été  très  mal  reçue  par  les  sociétés financières  présentes  sur  le  marché  des  cartes  de  paiement.  Mastercard  et  Visa  réalisent des  marges  bénéficiaires  brutes  de  60  à  80  %  grâce  à  leur  système  de  facturation  qui serait  remis  en  cause  en  cas  de  généralisation  de  paiement  en  cryptomonnaies. Les jetons  numériques  pouvant  se  substituer  à  presque  tous  les  types  d’actifs,  ils  pourraient servir  de  base  à  des  compte  courants  sur  la  blockchain.  

    Le  monde  des  cryptoactifs  est  loin  d’être  un  monde  parfait. 

    La  gouvernance  et  la responsabilité  dans  le  «  DeFi-land  »  restent  rudimentaires.  Des  erreurs  de  codage peuvent  survenir.  La  mise  en  place  d’une  séquence  de  transactions  irrévocables  pourrait avoir  des  effets  financiers  dangereux.  Les  cryptoactifs  ont  été  très  rapidement  utilisés  par les  trafiquants  pour  acheter  et  revendre  de  la  drogue.  Les  groupes  terroristes  y  ont également  recours  pour  leurs  activités.  Le  blanchiment  d’argent  a  prospéré  dans  la  zone grise  non  réglementée  des  services  situés  entre  Ethereum  et  le  système  bancaire.  Les hackers  exigent  leurs  rançons  après  avoir  bloqué  des  systèmes  informatiques  en cryptoactifs.  Ces  derniers  peuvent  également  faire  l’objet  de  vols  comme  ce  fut  le  cas pour  des  centaines  de  millions  de  dollars  d’Ether  après  la  découverte  par  des informaticiens  malhonnêtes  d’une  faille  dans  un  code  de  création.

    Les  cryptoactifs  dont l’encours  a  atteint  2200  milliards  de  dollars,  soit  l’équivalent  du  PIB  de  la  France,  attirent de  plus  en  plus  les  escrocs  en  tout  genre.   La  majorité  des  services  qui échangent  des  dollars  contre de  l’Ether  ou  du  Bitcoin,  comme Coinbase,  effectuent  des  contrôles  destinés  à  dissuader  le  blanchiment  d’argent.  En revanche,  quand  les  utilisateurs  sont  entrés  dans  la  blockchain,  ils  peuvent  déplacer facilement  des  jetons,  ce  qui  suscite  des  craintes  tant  aux  services  de  sécurité  qu’aux services  en  charge  des  impôts.

    Les  régulateurs  souhaitent  imposer  aux  intermédiaires financiers  digitaux  le  respect  de  règles  permettant  de  lutter  contre  les  fraudes  et  les agissements  criminels.  Pour  le  moment,  les  acteurs  de  la  DeFi  rechignent  à  jouer  ce  rôle de  régulateur.  Aux  États-Unis,  la  tentative  du  Congrès  d’inclure  une  disposition  législative réglementant  l’industrie  de  la  DeFi  a  suscité  une  forte  opposition  dans  la  sphère  du  digital.  

    Trois  scénarii  sont  envisageables  dans  les  prochaines  années :  

    • Le  premier  scénario  suppose  une  forte  intégration  de  la  DeFi  dans  le  système traditionnel  comprenant  les  banques  centrales  et  les  acteurs  financiers  actuels.  Un système  de  régulation  centralisé  serait  alors  institué  pour  contrôler  les  activités  de la  blockchain  ;    
    • Le  deuxième  repose  sur  le  développement  des  monnaies  digitales  de  banques centrales  sur  lesquelles  pourraient  s’appuyer  la  DeFi  au  risque  de  réduire  le  champ d’action  des  acteurs  financiers  traditionnels  ou  de  les  contraindre  à  une  rapide mutation  ;  
    • Le  troisième  aboutirait  à  la  mise  en  place  de  deux  systèmes  concurrentiels.  La DeFi  pourrait  prospérer  dans  un  monde  distinct  construit  sur  des  blockchains.  Il concurrencerait  la  finance  traditionnelle  mais  aussi  le  monde  des  GAFA  si  ces derniers  ne  modifient  pas  leur  modèle.  Ainsi,  une  plateforme  rivale  de  YouTube pourrait  attribuer  aux  utilisateurs  différents  types  de  jetons  servant  de compensation  pour  le  téléchargement  de  vidéos  ou  permettant  l’accès  à  d’autres services  sur  la  blockchain.  Les  jetons  pourraient  également  prendre  de  la  valeur en  fonction  du  nombre  d’utilisateurs  de  l’application.  Les  techniques  de  la blockchain  autorisant  une  redistribution  plus  transparente  des  gains  générés  par le  digital,  les  GAFA  pourraient  voir  ainsi  leurs  positions  remises  en  question.  

    L’essor  des  activités  décentralisés  sur  la  blockchain  a  pour  limite  son  coût  énergétique au  temps  où  il  est  nécessaire  de  réduire  son  empreinte  carbone.  Bitcoin  et  Ethereum utilisent  tous  deux  un  processus  appelé  «preuve  de  travail»  pour  vérifier  les transactions,  qui  consomment  de  très  grandes  quantités  d’énergie.  Une  façon d’améliorer  le  système  est  d’utiliser  d’autres  mécanismes  de  preuve.  Des  informaticiens travaillent  à  d’autres  systèmes  de  preuve  moins  coûteux  et  moins  lourds.  L’autre  défi  de la  DeFi  est  la  lutte  contre  la  spéculation  qui  est  une  source  importante  de  déstabilisation et  qui  attire  des  personnes  peu  scrupuleuses.

  • Laurent Rigaud, un savoyard à Dubaï

    Laurent Rigaud, un savoyard à Dubaï

    Laurent Rigaud est élu consulaire à Dubai. Mais c’est avant tout un savoyard qui arpente le monde depuis 1983. Depuis, il n’est pas rentrée en France. Cette semaine, nous vous proposons de découvrir ce personnage qui ballade partout avec lui la Savoie.

    Français, savoyard, hôtelier et engagé !

    Après quelques aventures, Laurent Rigaud a décidé de poser ses valises à Dubai. Il y a partagé notre culture et notre sens de l’hospitalité.

    Son parcours est marqué par la passion de l’autre, dans son métier, mais aussi dans ses engagements citoyens. L’occasion pour nous de revenir sur ce chemin de vie qui l’a conduit à être élu.

    Dubaï, le nouvel eldorado ?

    Depuis son installation au cours des années 2000, Dubaï est devenue une destination à la mode. Opportunités, business, les occasions sont multiples dans l’émirat. Les Français l’ont bien compris. Depuis quelques années, les influenceurs français installés à Dubai ont envahi depuis les écrans. Avec Laurent Rigaud, nous revenons sur l’évolution de la communauté française qui est passée en dix ans de 5000 personnes à 25 000 personnes.

    « Un bébé français né chaque jour à Dubaï« 

    Laurent Rigaud

    De nouveaux arrivants, pas forcément habitués à l’expatriation, qui sollicitent les conseillers consulaires comme lui et bien sur le Consulat. On découvre ainsi les problèmes rencontrés.

    Ancrer les Français à Dubaï sans perdre le lien avec la France

    Si certains de nos compatriotes quittent la France, ils restent Français. Ce qui n’est pas toujours évident, surtout quand on s’éloigne de l’Europe. Fiscalité, éducation, entreprises, des écueils que nos compatriotes n’avaient pas forcément anticipé avant de quitter le territoire national. Laurent Rigaud liste les sujets qui pour lui doivent être traités en priorité par le Parlement et le gouvernement.

    Savoyards du monde ?

    Ambassadeur du Mont Blanc, Laurent Rigaud n’oublie pas ses racines régionales. Avec l’association « Savoyards du Monde » qu’il préside, il promeut sa région mais aussi dynamise le réseau riche de 35 000 savoyards répartis sur la planète. Découvrez en écoutant nos podcasts les actions qui sont développées.

    Les Savoyards dans le désert à Dubaï

    Ecouter le podcast avec Laurent Rigaud

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  • Septembre, le mois de la Cohérence

    Septembre, le mois de la Cohérence

    Septembre sonne le mois de la reprise… sur le plan psychique, quelque chose est en germe.
    Soit l’on reprend son rythme, soit l’on tente d’en trouver un autre, mais ce qui est le plus gênant est lorsque l’on est obligé de continuer ou perdurer dans quelque chose qui n’est pas convenable.

    Je fais référence aux enfants et leur intégration à l’école. Outre le fait que l’enfant, l’adolescent, doit s’acclimater à son nouvel environnement de classe et trouver rapidement ses repères afin de nager comme un poisson dans l’eau pour vivre ses expériences, il doit encore maintenir certains gestes barrières.

    « Gestes barrières » … ils seront une entrave au contact, au partage, à l’identification et au besoin fondamental qu’ont les enfants à se rencontrer, se parler et se comparer. Là est leur vie psychique, fondatrice de l’humain qu’ils deviendront.

    Apparaissent aujourd’hui des retards de parole, des TOCs et phobies sociales. Egalement des problèmes de concentration ou retards de lecture. Attention à ne pas vous y méprendre, ces difficultés sont un moyen de faire valoir que quelque chose ne va pas et permettent d’exprimer le mal être de la personne concernée. Ces difficultés indéniablement engendrent du stress, de l’anxiété et parfois des troubles de panique.

    De plus en plus, les individus qui s’orientent ou orientent un tiers vers une thérapie, ont déjà l’idée de thérapies brèves qui viendraient se concentrer sur la forme du symptôme. Mais encore une fois ne vous méprenez pas, si le TOC ou la phobie sociale s’installe, c’est que le sujet n’a trouvé d’autre forme plus utile et cohérente pour l’exprimer. En quelque sorte, j’exprime là où il y a un espace possible.

    Alors que faire en tant qu’adulte, en tant que parent ?

    Le jeu est salvateur, et pour tous ! Il peut se trouver dans le mode relationnel que vous entretenez à la maison, dans le temps que vous lui accordez et dans le fait de laisser votre enfant jouer sans devenir une forme de récompense. Un enfant qui joue est un enfant qui va bien.

    La respiration. C’est le moyen le plus indispensable, sensé et naturel pour l’humain. L’utilisation de masque toute la journée a une charge anxiogène lorsqu’il n’est pas lié à la fonction du sujet, tel l’infirmière. Il est urgent de permettre à vos enfants de se reconnecter avec la respiration. Laissez-leur la possibilité de ne plus faire exister ce masque ni à la maison, ni dans les lieux où cela reste possible. Privilégiez d’ailleurs des lieux ouverts, au sens propre comme au figuré !

    De petits exercices de respiration s’avèrent efficaces, rapides, faciles à exécuter.

    Je vous donne un exercice ci-dessous que petits et grands peuvent pratiquer et qui ne dure qu’entre 3 à 5 minutes.

    La cohérence cardiaque :

    1. S’assoir les 2 pieds au sol et décroisez (posture allongée possible). Mains sur les cuisses ou un support. Fermez les yeux pour plus de confort et pensez la zone du coeur (sur la poitrine à gauche).
    2. Prenez conscience mentalement de votre respiration dans cette zone du coeur. Concentrez-vous sur vos sensations d’inspiration et d’expiration et ce sans effort.
    3. Lorsque cela est confortable, pensez à une personne, un sentiment ou situation agréable, d’amour.

    Ensuite …  Inspirez pendant 5 secondes puis expirez pendant 5 secondes, soit 6 fois par minutes    

    • Inspirez profondément par le nez pendant 5 secondes en adoptant une respiration abdominale (le ventre se gonfle)

    • Soufflez profondément par la bouche pendant 5 secondes, toujours avec le ventre.

    Durée :
    Il est important de garder la même durée d’inspiration et d’expiration. Si 5 secondes vous parait difficile, il n’y a pas de problème à diminuer le tempo. Mais toujours le même temps. Les effets physiologiques de très court terme perdurent 5 à 6 heures après 5 mn de pratique, donc si vous pratiquez jusqu’à 3 fois par jour, cela fait sens !

    Bienfaits :

    – C’est une technique facile à intégrer dans la vie quotidienne qui permet une meilleur maîtrise du stress, des troubles anxieux ou troubles de panique.

    • Le système nerveux autonome impliqué dans la réaction de stress va être renforcé et donc plus flexible pour lutter contre les pathologies psychologiques et somatiques.
    • Un meilleur équilibre cardio-respiratoire et cérébral, d’où son appellation cohérence cardiaque.

    Si le trouble persiste ou est difficile à prendre en charge, orientez-vous vers un professionnel de la santé psychique. Il est toujours préférable de gérer le problème rapidement avec quelques séances de soutien.

    https://seancedepsy.com/

    Karine Miquelis
    psychologue clinicienne – psychothérapeute
    www.seancedepsy.com

  • Le Mali reproche « un abandon » de la France

    Le Mali reproche « un abandon » de la France

    Le Mali est-il en train de se tourner vers la Russie pour assurer sa sécurité ?

    Bamako reproche à la France de l’avoir laissé tomber dans la lutte contre les djihadistes au Sahel. Des reproches formulés dans l’enceinte de l’ONU.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Entre Londres et Paris, les pêcheurs de Jersey dans l’expectative

    Entre Londres et Paris, les pêcheurs de Jersey dans l’expectative

    Après avoir vendu son homard en France, Tim Corson revient à bord de son bateau sur l’île britannique de Jersey, où de nombreux pêcheurs craignent comme lui de ne plus pouvoir écouler leur marchandise en Europe, en raison de la bataille post-Brexit entre Londres et Paris.

    L’accès aux eaux de Jersey — rattachée comme sa voisine Guernesey à la couronne britannique, mais située au large des côtes françaises et disposant d’un gouvernement autonome — est une source de frictions entre Londres et Paris depuis que le Royaume-Uni a définitivement quitté l’UE en janvier.

    Le gouvernement français a demandé à son homologue britannique d’octroyer une autorisation définitive de pêche dans les eaux poissonneuses de ces territoires à 169 de ses navires.

    Mais le gouvernement de Jersey, à qui les Britanniques ont délégué cette tâche, n’a pour l’instant délivré que des autorisations provisoires — arrivées à expiration une première fois le 30 juin, puis prolongées de trois mois jusqu’à jeudi —, exigeant des navires français qu’ils prouvent leur activité antérieure dans ces eaux. Une tâche compliquée pour les petits bateaux qui ne possèdent pas de système de localisation satellitaire

    « Nous sommes au bout de la patience, les pêcheurs le sont, légitimement », a prévenu cette semaine le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, menaçant d’activer, via la Commission européenne, des « mesures restrictives » si la situation ne se débloque pas.

    Une formule évasive, mais qui pourraient bien toucher de plein fouet les pêcheurs de Jersey, qui craignent une interdiction de vente dans les ports français voisins, eux qui n’ont pas eu leur mot à dire lors du référendum sur le Brexit en 2016.

    « Années difficiles »

    Les autorisations provisoires « vont être de nouveau prolongées, mais que va-t-il se passer une fois ce nouveau délai écoulé ? Cela ne fait que retarder, retarder, retarder» l’issue, déplore Tim Corson, 28 ans, dont le sourire sous la barbe rousse ne parvient pas à masquer son inquiétude.

    Le gouvernement de Jersey a en effet finalement annoncé vendredi (24 septembre) que les navires n’ayant pas fourni tous les papiers nécessaires auront leur permis temporaire prolongé jusqu’au 31 janvier. D’autres se verront tout simplement refuser leur licence, et devront cesser de pêcher.

    Les chiffres pour chacune de ces catégories seront connus la semaine prochaine, faisant craindre un retour des tensions, alors que la protestation massive des pêcheurs français fin juin dernier avait déjà manqué de dégénérer en bataille navale, après l’envoi de patrouilleurs britanniques et français.

    « Le Brexit a compliqué les choses », déplore Tim Corson, en débarquant ses grands sacs d’appâts achetés en France dans le petit port de Gorey, surplombé par des collines verdoyantes et un château du XIIIe siècle.

    « Si nous perdons notre marché » en Europe, où ils écoulent homards et coquilles Saint-Jacques, « nous allons connaître quelques années très difficiles jusqu’à ce que nous trouvions une solution », se lamente M. Corson.

    « Trouver un équilibre »

    Dans le port plus industriel de Saint-Helier, la capitale de l’île, des locaux s’inquiètent aussi de la concurrence des bateaux français, plus grands et mieux équipés.

    « Les gros bateaux peuvent pêcher par n’importe quel temps, donc ils continuent à avancer quand nous devons nous arrêter parce que nous ne pêchons habituellement que dans la journée », déplore Chris Casey, 62 ans, qui attrape les bars à la ligne, « un par un », dans son bateau de 6 mètres.

    « Ils sont tous issus de la pêche durable », dit-il en montrant les étiquettes qui, fixées aux branchies, permettent une traçabilité complète.

    Certains, comme Don Thompson, président de l’association des pêcheurs de Jersey, étaient initialement optimistes quant au Brexit. Mais aujourd’hui, il se déclare « très déçu ».

    « C’était l’occasion de trouver un équilibre entre la taille de la flotte de Jersey et le nombre de navires étrangers qui pêchent dans nos eaux », explique-t-il. Mais 169 navires français, ça serait bien plus que la flotte locale, se plaint-il, affirmant qu’environ seuls 70 d’entre eux pêchaient auparavant dans la zone.

    Un vrai problème, quand « la capacité de nos stocks de poissons n’est pas idéale », comme « en ce moment », ajoute Stephen Viney. Ce pêcheur de 54 ans craint une « pression » excessive sur les réserves de poissons si trop de navires sont autorisés, ce qui les rendrait « tous perdants, car des restrictions seront appliquées ».

    Mais, ajoute-t-il, « personne n’a de problème » avec les bateaux français qui pêchaient déjà ici, comme ils le font depuis des siècles.

    Un article de notre partenaire Euractiv

  • Le Luxembourg, champion européen pour les voitures

    Le Luxembourg, champion européen pour les voitures

    Le Luxembourg est l’État de l’Union européenne dont le taux de motorisation est le plus élevé. En 2019, il y avait 681 voitures particulières pour mille habitants dans ce pays. Ce chiffre doit être relativisé par le fait que des travailleurs frontaliers utilisent des voitures de société immatriculées dans le pays. Le Luxembourg est suivi de l’Italie, avec 663 voitures pour mille habitants. Viennent ensuite en tête de liste Chypre (645 voitures), la Finlande et la Pologne (tous deux avec 642 voitures). En revanche, les taux de motorisation les plus faibles ont été enregistrés en Roumanie (357 voitures), en Lettonie (381 voitures) et en Hongrie (390 voitures).

    La France réduit son parc automobile

    La France se situe dans la moyenne basse avec une particularité, le taux de motorisation est en baisse depuis dix ans, passant de 487 à 482 véhicules pour 1000 habitants entre 2010 et 2019.

     Avant  la  crise  sanitaire,  en  2019,  le  plus  grand  nombre  de  voitures  particulières immatriculées  était  enregistré  en  Allemagne  avec  près  de  48  millions  de  voitures,  suivi de  l’Italie  (40  millions)  et  de  la  France  (32  millions). 

    L’Est rattrape l’Ouest

    Entre  2015  et  2019,  la  plus  forte augmentation  du  nombre  de  voitures  particulières  immatriculées  a  été  enregistrée  en Roumanie  (+34  %),  suivie  de  la  Lituanie  (+20  %),  de  la  Hongrie  (+19  %),  de  la  Slovaquie et  de  la  Pologne  (tous  deux  +18  %). Plusieurs  États  membres  de  l’Union  se  caractérisent  par  le  vieillissement  de  leur  parc automobile.  Les  parts  les  plus  élevées  de  voitures  de  plus  de  20  ans  ont  été  enregistrées en  Pologne  (37,9  %),  en  Estonie  (31,5  %)  et  en  Finlande  (26,9  %). 

    En  revanche,  les  parts de  voitures  neuves  (moins  de  2  ans)  étaient  les  plus  élevées  en  Irlande  (28,8  %),  au Luxembourg  (23,7  %),  en  Belgique  (22,9  %)  et  au  Danemark  (22,6  %).

  • Les élections allemandes vues par les expatriés ! Podcast avec Ronan Le Gleut

    Les élections allemandes vues par les expatriés ! Podcast avec Ronan Le Gleut

    Ronan Le Gleut est né à l’hôpital militaire Louis-Pasteur des Forces françaises à Berlin, l’Allemagne il connait depuis toujours. Après une carrière dans le privé, des années comme conseiller consulaire, il se fit élire comme Sénateur des Français de l’étranger en 2017. Il siège sur les bancs des Républicains, auprès du sénateur Frassa, réélu ce dimanche et de Jean-Pierre Bansard qui rejoint le groupe comme il l’avait l’annoncé.

    Aujourd’hui, nous le recevons pour parler des enjeux des élections allemandes et de leurs résultats.

    Ronan Le Gleut
    Ronan Le Gleut

    4 mois de négociations ?

    On commence par faire l’état des forces en présence, et Ronan Le Gleut fait un travail formidable de pédagogie en nous expliquant les rouages de ce système parlementaire si éloigné de notre Vème République.

    Chancellerie, proportionnelle, programme commun, on vous explique tout pour décrypter ces élections qui doivent désigner le successeur d’Angela Markel.

    Quels enjeux pour les expatriés ?

    Plus de 100 000 Français sont installés en Allemagne. Des binationaux mais pas seulement, que peuvent attendre les expatriés sur place de ces nouvelles élections ? Existent-il des problèmes spécifiques ? Comment les Français s’intègrent dans ce pays voisin avec lequel la France partage une longue histoire ? Le sénateur Les Républicains nous répond.

    Et la France ? L’Europe ?

    La France et l’Allemagne sont les parties égales d’un moteur de la construction européenne qui traverse des crises inédites dans sa courte histoire. Naturellement, tout le monde s’interroge sur les conséquences du choix des citoyens allemands. Ronan Le Gleut, attaché à l’Union Européenne, lui qui est né sur une base militaire dans les dernières années de la Guerre Froide, nous éclaire sur ce que nous réserve la scène politique allemande.

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  • Jour d’élection, de gloire et de mépris.

    Jour d’élection, de gloire et de mépris.

    La démocratie est en crise. Plus personne ne vote. Les cyniques partout l’emportent. Le modèle chinois rayonnant du bonheur des foules part à la conquête du monde. Dans les démocraties, populistes et démagos mènent le bal. S’il y a un bal, puisque ce ne sont pas les politiques qui décident. Aujourd’hui, n’importe quel influenceur sur Instagram, n’importe quel geek rémunéré ou non, a plus d’influence qu’un ministre. Alors, que dire des élections sénatoriales des Français de l’étranger, au-delà des heureux vainqueurs, des valeureux candidats, et des résultats ? Que ce sera un jour de gloire pour les élus, mais aussi et surtout pour ce principe moqué, envié, ridiculisé, jalousé, méprisé : le vote.

    L’Assemblée des Français de l’étranger ne sait toujours pas quand elle se réunira.

    De Washington à Paris, l’antiparlementarisme a toujours eu la cote. L’administration elle-même fait peu de cas des élus comme en Amérique latine, les conseillers consulaires apprennent la fusion de leur Conseil. Là, dans l’Océan indien, on organise une élection sans vote internet, ni vote par correspondance, et le moins possible de bureaux de vote. L’Assemblée des Français de l’étranger ne sait toujours pas quand elle se réunira.

    Les élus président-ils les Conseils Consulaires ? Les chefs de poste contestent aussitôt l’ordre du jour. Doivent-ils donner un avis sur le budget ? L’Assemblée n’est pas réunie, et les documents budgétaires ne sont pas transmis aux élus -qui nous les demandent ! Les marques de mépris ne sont pas humiliantes, elles sont naturelles.

    Serait-ce la faute du gouvernement? Peut-être. La Cour des Comptes, le Haut Comité des Finances publiques, et son Président, Pierre Moscovici, pourtant nommé par le gouvernement, refusent de valider la « sincérité »  de la prochaine loi de Finances. Autant dire que le Parlement votera un budget incertain.

    Mais les ministres font-ils le poids face à l’administration ? Rien n’est moins sûr. Alors, si un ministre a du mal à s’imposer, que pèse un élu ? Telle sénatrice (Joëlle Garriaud-Maylam) vient de recevoir une réponse à ses questions sur les couples séparés par les interdictions liées à la crise du Covid : neuf mois après sa question, une grossesse.

    A part un élu,  qu’y a-t-il de pire qu’un électeur?

    C’est bien normal : les élus n’ont pas de compétence particulière, se prennent pour les patrons qu’ils ne sont pas, réclament, posent des questions, ont des idées sur tout, souvent mauvaises, s’agitent, agacent.

    Comme l’électeur. A part un élu,  qu’y a-t-il de pire qu’un électeur? Il pose des questions, râle, propose des mesures sans queue ni tête, raconte sa petite expérience comme si elle était une parabole universelle, n’a pas la connaissance suffisante pour avoir un avis et pourtant ose se faire juge de tout et de rien, un comble.

    Conscients de la faiblesse des élus et de ceux qui les élisent, beaucoup s’abstiennent et plus d’un tiers des Français pensent  qu’il vaudrait mieux un régime autoritaire : le rêve chinois, ou russe. C’est sûr qu’avec le PCC et le carnet citoyen, il y aurait moins de Gilets jaunes et d’Antivax. Tous piqués en disant merci au Grand Timonier. Souriez, vous êtes filmés (et fichés grâce à la reconnaissance faciale). Celui qui ne sourit pas, malade ou pas, sera isolé, comme cette Française séparée 21 jours de sa famille et de son bébé de trois ans, isolé lui aussi.

    Le vote est un mot magique.  

    Electeurs et élus peuvent être gênants. Même Xi Jinping le sait. C’est pourquoi il a pris soin de désigner le collège électoral à Hong Kong. Choisir les électeurs et ceux qui ont le droit d’être candidat, comme en Iran, au Nicaragua, en Algérie. Mais là comme en Chine, on ne supprime pas le vote, parce le vote est un mot magique.

    Dimanche dernier, Russie unie, le parti de Poutine, n’obtenait « que » 36% des voix. Le lendemain matin, il était à 46% Maintenant il dépasse les 50%. A quoi ça sert ? Les Russes répondent sagement : « on ne se fait pas d’illusions, qu’il reste au pouvoir, mais au moins lui, les résultats, il les connait : il sait ce qu’on pense ».

    Le vote est un talisman. Même de mauvaise qualité, il protège.  

    Pourquoi les autocrates ont-ils besoin d’élections ? Est-ce pour plaire à l’Occident ? Est-ce pour paraitre « moderne » ? Est-ce par besoin d’être aimés ? Rien de tout cela. Ils savent que le vote est un exercice de souveraineté. Le truquer, le malaxer, empêcher les candidats de candidater, trafiquer les listes, changer les résultats dans la nuit, peu importe : il faut le rite. Quand on vote en Crimée pour le scrutin russe, cela montre bien que la Crimée est russe. Le vote est un talisman. Même de mauvaise qualité, il protège.

    De quoi ? D’un coup d’état, d’une révolte. Ce sont les deux seuls peurs des grands. Regardez ce pauvre Loukachenko : Il veut se faire réélire, il fait tout bien -arrestation des candidats, propagande insensée, fraude bien léchée- et ce beau montage se retourne contre lui ! Le voilà réduit à se mettre dans les mains de l’armée russe, lui qui résistait comme une jeune fille aux demandes de Poutine.

    Quant aux doutes sur la démocratie, rien de mieux qu’un coup d’œil sur les dictateurs. Le plus drôle est Kim Jong Il, qui marchait à l’âge de trois semaines, inventa le hamburger, écrivit 1500 livres, d’une nature tellement parfaite qu’il n’avait pas besoin d’aller aux toilettes, jamais. 200.000 Nord-Coréens sont morts de faim durant son règne.

    L’économiste Amartya Sen, prix Nobel 1998, expliquait que les famines en Inde disparurent après l’Indépendance. Non que les Britanniques fussent des accapareurs, mais parce que le nouveau régime indien, reposant sur le vote, donnait un petit pouvoir aux pauvres. Les élites, qui se battaient pour obtenir les suffrages, firent attention à ce petit problème : la faim.

    Les démocraties sont les seuls régimes capables d’affronter les crises. Les autres s’effondrent.

    Les dictateurs sont les meilleurs propagandistes du vote. Peu à peu, malgré la crise perpétuelle de la démocratie, malgré le mépris de l’électeur, celui de tout régime pour les élus, le vote gagne. En Allemagne, l’électeur allemand tient l’avenir de l’Europe (et donc du monde) entre ses mains (voir ici). Hors d’Europe, en Argentine, au Canada, en Islande, au Maroc, le vote arbitre, défait ou conserve les majorités, et stabilise toujours le pays.

    Saluer nos Sénateurs et leur demander beaucoup

    Les démocraties sont en crise, mais elles l’ont toujours été. Elles sont les seuls régimes capables d’affronter les crises. Les autres se raidissent et s’effondrent. C’est pourquoi il faut saluer nos Sénateurs et leur demander beaucoup : qu’ils agacent, perturbent, questionnent, proposent. Les gouvernements et l’administration ne tirent leur légitimité que de cela : le vote. 

    Que les Sénateurs (et les Députés, et les élus consulaires) n’hésitent pas : « La Société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration » (article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen). S’ils sont élus, c’est pour cela. Et ils peuvent commencer tout de suite : le budget, la fiscalité, pour les Français de l’étranger, c’est maintenant, c’est urgent.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »

  • Olivier Faure, Cecilia Gondard obtiennent le soutien des militants PS à l’etranger

    Olivier Faure, Cecilia Gondard obtiennent le soutien des militants PS à l’etranger

    Les sénatoriales sont finies. Yan Chantrel élu, balayant les autres candidats issus de sa famille politique, le parti socialiste. Un résultat qu’on pouvait anticiper ! Pourquoi ? Car lors du vote pour l’équipe qui va diriger le PS pour ces deux prochaines années et donc mener la campagne aux Présidentielles, 83% des membres de la fédération des Français de l’étranger ont voté pour Olivier Faure et adoubaient donc ainsi indirectement le choix de la présidente de la fédération Cécilia Gondard de soutenir Yan Chantrel. Si le projet du PS ne s’adresse pas à des territoires ou Français en particulier, il fixe les orientations politiques générales du parti pour les années à venir.

    La présidentielle dans le viseur

    Le texte d’orientation d’Olivier Faure a pris position pour Anne Hidalgo. Car cette échéance était dans toutes les têtes. L’objectif premier c’est de réunir les troupes pour aller ensemble à l’assaut de l’Elysée en 2022.

    Fonctionnement interne

    Plusieurs motions s’affrontaient, avec un projet pour le parti socialiste – son fonctionnement interne, ses priorités politiques, etc. Le Conseil national est composé de représentants de ces « textes d’orientation » à la proportionnelle de leurs résultats. Le résultat des motions dans les fédérations détermine la composition du Conseil fédéral. Par ailleurs ce week-end, les membres de la fédération des Français établis hors de France du PS votaient pour désigner leur premier secrétaire général, et Cécilia Gondard fut réélue avec 65% des voix.

    Une réforme des statuts

    Lors du Congrès au début du mois de septembre, les militants ont aussi voté. Cécilia Gondard est aussi secrétaire nationale à l’égalité entre les femmes et les hommes et elle proposait dans cette réforme un nouveau dispositif contre les violences sexistes et sexuelles dans le parti. C’est un dispositif en trois volets:

    – Prévention: des formations de prévention pour augmenter notre vigilance collective, savoir comment réagir face aux comportements sexistes, comment les prévenir.

    – Accompagnement des victimes: un réseau de référents écoute et accompagne les victimes. Ils auront aussi un rôle d’alerte si ils le jugent nécessaires, mais respectent l’anonymat et le rythme des victimes.

    –  Sanction : une commission indépendante sera mise en place pour traiter les alertes et décider de sanctions s’il y a lieu. La compétence est plus large que les violences sexistes et sexuelles – elle sera garante de l’éthique militante.

    Le sexisme, le racisme, l’homophobie n’ont rien à faire dans notre parti. Il n’y en a pas plus qu’autre part, mais c’est juste une manière de s’assurer de l’application d’une tolérance zéro sur ces comportements. Car un parti, c’est aussi une communauté humaine, de personnes qui militent bénévolement, sur le temps libre, pour faire bouger les lignes, pour faire changer la société. 

    Cécilia Gondard, première secrétaire de la fédération des Français établis hors de France
    Cecilia Gondar lors de son intervention au Congrès socialiste 2021

    Une fédération bien tenue

    Après avoir affronté Ségolène Royal (et le réseau du président Hollande), les dissidences internes nourries par l’ancien premier secrétaire de la fédération Boris Faure, et par le président du groupe Solidarité et écologie lors de la dernière mandature de l’Assemblée des Français de l’étranger, Mehdi Benlahcen (n°2 sur la liste présentée par Ségolène Royal), Cécilia Gondard sort renforcée de cette séquence. Arrivera-t-elle à transformer cette dynamique pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale ? Pour cela, il faudrait qu’Anne Hidalgo soit élue première femme Présidente de la République… Le chemin est encore long.

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