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  • Les Pandora Papers : ce que cachent les plus grandes fortunes

    Les Pandora Papers : ce que cachent les plus grandes fortunes

    Dimanche 3 octobre, une fuite majeure de documents financiers a permis d’établir un lien entre des fortunes occultes et 27 hommes politiques de l’UE ainsi que des personnalités mondiales, dont le roi Abdallah de Jordanie, le Premier ministre tchèque Andrej Babis ainsi que des associés du président russe Vladimir Poutine.

    Un flot de plus de 11,9 millions d’enregistrements, représentant environ 2,94 téraoctets de données, a eu lieu cinq ans après la fuite connue sous le nom de «  Panama Papers  », qui a révélé la manière dont l’argent était caché par les plus riches d’une manière que les organismes d’application de la loi ne pouvaient pas détecter. Elle a été publiée par un consortium de journalistes d’investigation du monde entier.

    Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), un réseau de journalistes et d’organisations médiatiques basé à Washington D.C., a déclaré que les documents ainsi révélés sont liés à quelque 35 dirigeants nationaux actuels et anciens et à plus de 330 politiciens et fonctionnaires dans 91 pays et territoires.

    Parmi les 150 organes de presse qui ont rejoint le partenariat d’enquête figurent le Washington Post, la BBC, le Guardian, Radio France, Oštro Croatia, l’Indian Express, The Standard au Zimbabwe, Le Desk au Maroc et Diario El Universo en Équateur.

    En ce qui concerne l’Union européenne, les « Pandora Papers » contiennent des données sur trois hommes politiques en France, cinq en Espagne, trois au Portugal, deux en Belgique, quatre en Italie, deux en Slovénie, quatre en République tchèque, deux en Roumanie et deux en Bulgarie.

    Chypre et la Russie

    Un cabinet d’avocats chypriote, Nicos Chr. Anastasiades and Partners, apparaît dans les «  Pandora Papers  » comme un intermédiaire offshore clé pour les Russes fortunés. Le cabinet conserve le nom de son fondateur, le président chypriote Nicos Anastasiades, dont les deux filles sont associées.

    Entre autres transactions, le cabinet d’avocats chypriote avait préparé des lettres de référence pour le magnat russe de l’acier Alexander Abramov, dont une rédigée quelques jours après que les États-Unis ont ajouté le nom du milliardaire à la liste des oligarques proches du président Poutine. Abramov n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

    Un autre citoyen russe figurant dans les «  Pandora Papers  » et ayant des liens avec M. Poutine est Konstantin Ernst, cadre de télévision et producteur nommé aux Oscars. Il a été qualifié de principal créateur d’image de Poutine, un talent créatif qui a vendu à la nation l’idée que le président était «  le sauveur de la Russie au caractère bien trempé  ».

    Selon le Washington Post, la citoyenne russe Svetlana Krivonogikh est devenue propriétaire d’un appartement à Monaco par l’intermédiaire d’une société offshore constituée sur l’île de Tortola, dans les Caraïbes, en avril 2003, quelques semaines seulement après avoir donné naissance à une fille. À l’époque, elle entretenait une relation secrète avec le président russe Vladimir Poutine, indique le Post, citant le journal d’investigation russe Proekt.

    Selon le Post, Mme Krivonogikh, sa fille, qui a maintenant 18 ans, et le Kremlin n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

    République tchèque

    Les documents divulgués montrent qu’en 2009, l’actuel Premier ministre tchèque Andrej Babis a injecté 22 millions de dollars dans une série de sociétés-écrans pour acheter une propriété tentaculaire, connue sous le nom de Château Bigaud, dans un village perché à Mougins, en France, près de Cannes.

    M. Babis n’a pas déclaré les sociétés-écrans et le château dans les déclarations de patrimoine qu’il est tenu de déposer en tant que fonctionnaire, selon les documents obtenus par le partenaire tchèque de l’ICIJ, Investigace.cz. En 2018, un conglomérat immobilier appartenant indirectement à M. Babis a discrètement acheté la société monégasque qui possédait le château.

    Tony Blair

    Les « Pandora Papers » révèlent qu’en 2017, l’ancien Premier ministre britannique Blair et son épouse, Cherie, sont devenus les propriétaires d’un immeuble victorien de 8,8 millions de dollars après l’acquisition d’une société des îles Vierges britanniques qui détenait le bien. L’immeuble londonien accueille désormais le cabinet d’avocats de Cherie Blair.

    Les dossiers indiquent que Cherie Blair et son mari, qui a été diplomate au Moyen-Orient après avoir quitté son poste de Premier ministre en 2007, ont acheté la société offshore qui détenait l’immeuble à la famille du ministre de l’Industrie et du Tourisme de Bahreïn, Zayed bin Rashid al-Zayani.

    Azerbaïdjan

    L’enquête a révélé que le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et sa famille ont été secrètement impliqués dans des transactions immobilières britanniques d’une valeur de plus de 400 millions de livres (542 millions de dollars), selon la BBC.

    Les dossiers montrent comment la famille a acheté 17 propriétés, dont un immeuble de bureaux de 33 millions de livres sterling à Londres pour le fils du président âgé de 11 ans.

    La recherche révèle également comment un autre bloc de bureaux appartenant à la famille a été vendu au Crown Estate pour 66 millions de livres en 2018. Le Crown Estate a déclaré qu’il avait effectué les vérifications requises par la loi au moment de l’achat, mais qu’il examinait maintenant la question. Les Aliyev ont refusé de faire des commentaires à la BBC.

    Roi de Jordanie

    Les «  Pandora Papers  » montrent qu’un comptable anglais installé en Suisse, avec l’aide d’avocats des îles Vierges britanniques, à aidé le roi Abdallah II, le monarque de Jordanie, à acheter secrètement 14 résidences de luxe d’une valeur de plus de 106 millions de dollars aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les conseillers l’ont aidé à créer au moins 36 sociétés fictives entre 1995 et 2017.

    Au Liban voisin, où des questions similaires sur la richesse et la pauvreté se sont posées, les « Pandora Papers » montrent que des personnalités politiques et financières de premier plan ont également opté pour des paradis offshore.

    Parmi eux figurent l’actuel Premier ministre, Najib Mikati, son prédécesseur, Hassan Diab, et Riad Salameh, le gouverneur de la banque centrale du Liban, qui fait l’objet d’une enquête en France pour blanchiment d’argent présumé.

    Pakistan

    L’ICIJ a déclaré que les documents divulgués montraient que des membres du cercle restreint du Premier ministre Imran Khan, y compris des ministres, possédaient secrètement des sociétés et des fonds de placement représentant plusieurs millions de dollars de richesse occulte. Les documents révèlent également la richesse personnelle des chefs militaires pakistanais.

    Le consortium a déclaré que les documents ne contenaient aucune suggestion que M. Khan lui-même possède des sociétés offshore.

    Il a ajouté que le ministre des Finances Shaukat Fayaz Ahmed Tarin et des membres de sa famille possèdent quatre sociétés offshore. Selon l’ICIJ, Tariq Fawad Malik, un consultant financier qui s’est occupé des documents relatifs à ces sociétés, celles-ci ont été créées dans le cadre d’un investissement prévu par la famille Tarin dans une banque ayant des activités en Arabie Saoudite. L’opération n’a pas eu lieu.

    L’ICIJ a cité les propos de M. Tarin dans une déclaration : «  Les sociétés off-shore mentionnées ont été constituées dans le cadre du processus de collecte de fonds pour ma banque  ».

    Kenya

    Selon les documents, le président kényan Uhuru Kenyatta et six membres de sa famille ont été liés à 13 sociétés offshore.

    Les investissements offshore des Kenyatta comprenaient une société avec des actions et des obligations d’une valeur de 30 millions de dollars, a rapporté la BBC. Les Kenyatta n’ont pas encore répondu aux demandes de commentaires, ajoute la BBC.

    Noms européens

    Parmi les noms européens mentionnés avec les détails de leurs connexions offshore figurent l’actuel président du Monténégro Milo Djukanovic, l’actuel président de l’Ukraine Volodymyr Zelenskiy, l’ancien ministre et commissaire européen maltais John Dalli, l’ancien premier ministre géorgien Bidzina Ivanishvili, l’ancien ministre des Finances français et directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn, et le ministre des Finances de Serbie Sinisa Mali.

  • Paris-Alger : rien ne va plus !

    Paris-Alger : rien ne va plus !

    Devant des jeunes, Emmanuel Macron a estimé que l’Algérie s’est construite sur «une rente mémorielle», entretenue par «le système politico-militaire. Depuis, rien ne va plus entre Alger et Paris.

    Regardez l’analyse de TV5MONDE

  • Cruels rappels d’ambassadeurs, et d’autres choses encore.

    Cruels rappels d’ambassadeurs, et d’autres choses encore.

    Ainsi l’Algérie a rappelé son ambassadeur. Il y a quelques jours, la France avait rappelé les siens d’Australie et des États-Unis. Je me souviens moi-même avoir été ainsi rappelé après un Coup d’état. Dommage : J’étais en train de négocier (avec l’opposition, les putschistes, le gouvernement renversé et l’église), le retour à un ordre démocratique et constitutionnel. Crise diplomatique ou crise de nerf, les « rappels » sont plus des messages à destination des opinions publiques que des chancelleries.

    Faux rappels, vraies failles

    Les Ambassadeurs sont toujours utiles, évidemment, mais surtout en cas de crise. On l’a vu récemment de façon dramatique en Afghanistan. Les rappels d’ambassadeurs entrent plus dans le registre de la gesticulation que de la vraie crise. Ils révèlent néanmoins des vraies cassures, des failles fondamentales.

    Dans l’affaire des sous-marins par exemple, la crise est profonde. Moins entre la France, l’Australie et les États-Unis (un coup de fil aurait donc suffi) que dans la seule France. Quelle est la vraie place de la France, a-t-elle une stratégie crédible dans le Pacifique ? L’alliance « européenne » existe-elle ? Que devient l’OTAN ?

    Exiger une réunion d’urgence de l’Otan aurait été plus efficace que le rappel de l’ambassadeur à Washington, vite revenu at home. D’autant que la Turquie vient d’annoncer sa volonté d’accroitre ses achats d’armes à la Russie. Quelques clarifications s’imposeraient.

    Le rappel de l’Ambassadeur algérien, qui s’inscrit après la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc, révèle un mal profond : la crise existentielle d’un pays qui a du mal à se situer aussi bien vis-à-vis de la France que du Maroc. Les dirigeants algériens préfèrent les Turcs, qui ne sont pas des colonisateurs puisqu’ils viennent de l’Altaï. Au détriment des Berbères, ils s’imposent comme Arabes, qui viennent donc d’Arabie. Peu importe les mythomanies historiques, en attendant, les avions militaires de Barkhane ne survoleront plus l’Algérie.

    Ces crises de nerf traduisent des échecs politiques    

    Pour la France comme pour l’Algérie, ces crises de nerf traduisent des échecs politiques. Comment peut-on bâtir un partenariat stratégique avec l’Australie et en être à ce point étranger ? Comment multiplier les gestes de repentance vis-à-vis de l’Algérie en arrivant à de telles impasses ? À force de vouloir calmer les brûlures du passé, on en a ravivé les blessures.

    C’est à une remise en cause profonde de la politique étrangère telle qu’elle est menée qu’a procédé l’ancien ministre et Commissaire européen,  Michel Barnier, considéré comme un modéré : « En politique étrangère, à la prétention impuissante dont Paris offre trop souvent le spectacle, je préfère l’humilité efficace », dénonçant «  une sorte de marque de fabrique de la diplomatie macronienne : des ambitions grandioses en forme d’incantations, mais au final, une solitude française, car ce gouvernement ne parvient ni à convaincre nos partenaires, ni à nous faire respecter. »

    L’état de nos relations avec nos voisins et amis inquiète

    Jean-Yves Le Drian appréciera. A juger l’état de nos relations avec nos voisins et amis, il est vrai qu’il y a de quoi s’interroger : nous sommes devenus la bête noire du Royaume-Uni, pourtant notre principal client et premier allié militaire depuis les accords de Lancaster House. Incapables, depuis le vote du Brexit, de tisser une relation saine et fructueuse avec eux. La Belgique a refusé notre « offre de partenariat » et a préféré, comme la Suisse, des F35 américains inadaptés et hors de prix à nos Rafales. L’Allemagne nous considère avec inquiétude et conteste le leadership aéronautique qui nous reste. Le Maroc nous fait la leçon, l’Algérie nous désigne comme « l’ennemi héréditaire ».

    Heureusement la Grèce nous achète, à crédit, avions et bateaux, parce que la Turquie nous a choisis comme « tête de turc ». Nous insulter est devenu viral : ce fut le cas de l’Italie, la Pologne, la Hongrie, du Brésil, du Pakistan, de l’Indonésie, l’Iran, et des Etats-Unis, évidemment.

    Certes, ils ont tort. Ce sont des malpolis. Mais le monde est peuplé de malotrus. Et c’est une mode très récente de se moquer de la France, qui est plutôt bienveillante, et, au vu des témoignages et des enquêtes internationales, plutôt bien aimée.

    Certes, ils ont tort. Ce sont des malpolis. Mais le monde est peuplé de malotrus.  

    Le bon accueil réservé à l’installation de la Conseillère du Président à l’Institut Français d’Alger en est un signe. Peut-être l’attitude française est-elle simplement devenue plus agaçante, parce qu’incompréhensible?  

    Le Liban en est un exemple : après avoir tapé du poing sur la table, effectué plusieurs voyages, promis de l’argent, que reste-il de l’influence française et de l’espoir que l’on a fait naitre ? Que reste-il de nos efforts avec l’Iran ? Que reste-il, au Mali, de cette intervention censée installer la « démocratie », après deux coups d’état sous nos yeux, et cinquante soldats tués ? « Des insultes ! », s’étrangle le Président. Une manie : Un chef de bataillon autopromu dictateur passe par la case « insulter la France ». Les mercenaires russes remplaceront les Français dont le Président a annoncé le retrait.

    Cela n’avait-il pas commencé avec le bon Kagame, au Rwanda, qui effaça le français des écoles, et auquel on donna la Francophonie, avant d’autres excuses et d’autres cadeaux ?

    Au fond, il manque une véritable politique étrangère à la France. Elle manque partout. La faute n’en est pas aux diplomates, même s’ils pourraient essayer de sortir de leur zone de confort intellectuel, c’est leur rôle. Mais depuis que le Président a dénoncé « l’Etat profond » à la Conférence des Ambassadeurs, ils se le tiennent pour dit. La faute en est au ministre. Michel Barnier, qui l’a été, le sait.

    Et encore. Plus qu’au ministre -oserait-on ?-, la faute en est au Président. A force de confondre action et parole, on perd son crédit en Europe, on s’enlise en Afrique, on coule en Asie, on disparait d’Amérique latine, on se fâche en Méditerranée. En dix ans, il est clair que l’influence de la France a régressé.

    La diplomatie française s’est habituée à tout

    La diplomatie française s’est habituée à tout, y compris à travailler pour le roi de Prusse, à conjuguer droits de l’homme et commerce, alliance atlantique et russophilie, anticolonialisme et interventionisme. Certes, le succès n’a pas toujours été au rendez-vous, mais la capacité du « en même temps »  a été éprouvée au Ministère mieux que partout ailleurs. Au moment où il devient la doctrine officielle, le ministère est déboussolé. A lire la presse internationale, il est temps de refixer le nord sur les cartes du monde.

    Laurent Dominati

    A.Ambassadeur de France

    A.Député de France

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Un Français de Hong Kong fait Chevalier dans l’Ordre national du Mérite

    Un Français de Hong Kong fait Chevalier dans l’Ordre national du Mérite

    Représentant d’Abacare pour la Chine du Sud après avoir travaillé au sein de la Sodexo, Thibaud Sarrazin-Boespflug est une figure locale importante du secteur de l’assurance.

    En tant qu’ancien volleyeur de haut niveau, c’est par ailleurs une personnalité engagée en faveur du rayonnement du sport français en Asie.

    Ancien conseiller des Français de l’étranger et réserviste citoyen dans la Marine au grade de capitaine de frégate, il est également très actif sur le terrain associatif et de la solidarité, ce qui en fait un partenaire régulier du réseau consulaire en Chine et plus particulièrement à Hong Kong.

    Outre ces mérites très importants, son action à l’occasion de la crise de la Covid-19 a été exceptionnelle.

    Meurtri par la pénurie de masques en France en mars 2020, M. Sarrazin-Boespflug a pris l’initiative de créer, avec des compatriotes basés en Chine, un groupe de six personnes baptisé « Action Support France » qui, parallèlement à leurs activités professionnelles, ont œuvré sans relâche à la recherche de masques certifiés durant les premiers mois de l’épidémie en France.

    Travaillant jour et nuit entre la Chine, Hong Kong et la France, ce groupe bénévole a aidé collectivités territoriales, municipalités, régions, établissements hospitaliers, associations et entreprises de notre pays à se procurer des masques, en les aiguillant vers des fabricants et fournisseurs chinois reconnus.

    Au total, cette initiative a permis la livraison en France de 150 millions de masques acheminés par avions cargo. Opération, rappelons-le, totalement philanthropique, les protagonistes ayant œuvré bénévolement.

    En remettant au nom du Président de la République les insignes de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite à Thibaud Sarrazin-Boespflug, le consul général de France a ainsi récompensé son parcours professionnel, ses multiples engagements associatifs et son exceptionnelle contribution à l’effort national dans la lutte contre la Covid-19.

    Un podcast de la French Radio Hong-Kong

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  • Crise des sous-marins : les négociations  entre l’UE et l’Australie interrompues

    Crise des sous-marins : les négociations entre l’UE et l’Australie interrompues

    Des négociations, prévues de longue date, sur un possible accord de libre-échange (ALE) entre l’Australie et l’Union européenne ont été reportées, a déclaré vendredi (1 octobre) un responsable européen, après la fureur suscitée par la décision de Canberra d’annuler un important contrat de sous-marins français.

    Un report jusqu’en novembre

    « Le cycle commercial de l’ALE a été reporté d’un mois jusqu’en novembre », a déclaré à l’AFP un responsable de l’UE à Canberra, jetant le doute sur l’avenir de ce pacte de grande envergure.

    Le ministre australien du commerce, Dan Tehan, qui devait se rendre en Europe pour les négociations, a minimisé la décision dans une déclaration à l’AFP.

    « Nous comprenons la réaction de la France à notre décision concernant les sous-marins, mais en fin de compte, toute nation doit agir dans son intérêt national – ce qu’a fait l’Australie », a-t-il déclaré.

    M. Tehan a indiqué qu’il prévoyait de rencontrer le commissaire européen au commerce Valdis Dombrovskis la semaine prochaine.

    « Nous continuerons à nous préparer pour le 12e cycle de négociations et à travailler à la conclusion d’un accord de libre-échange qui soit dans l’intérêt de l’Australie et de l’UE »

    Le ministre australien du commerce, Dan Tehan

    La rupture de contrat avec la France

    Le mois dernier, l’Australie a rompu sans avertissement le contrat portant sur l’achat de douze sous-marins français à propulsion conventionnelle pour une valeur de 90 milliards de dollars australiens (55 milliards d’euros), choisissant d’acheter à la place des navires à propulsion nucléaire de conception américaine.

    Cette décision a provoqué un conflit diplomatique majeur avec la France, qui a déclaré publiquement qu’elle ne pouvait plus faire confiance au gouvernement australien, accusant les fonctionnaires de mentir et remettant en question la poursuite de l’accord commercial.

    Le gouvernement français a rappelé ses ambassadeurs de Canberra et de Washington, une mesure rare pour protester contre le comportement des alliés.

    L’ambassadeur de France est retourné aux États-Unis mercredi, mais rien n’indique pour l’instant que l’ambassadeur d’Australie Jean-Pierre Thebault reviendra.

    L’ancien Premier ministre australien Malcolm Turnbull a déclaré cette semaine que son successeur avait « délibérément trompé » la France en abandonnant l’accord.

    Le Premier ministre Scott Morrison « n’a pas agi de bonne foi. Il a délibérément trompé la France », a déclaré M. Turnbull devant la presse à Canberra.

    « La France estime avoir été trompée et humiliée, et elle l’a été. Cette trahison de la confiance va marquer nos relations avec l’Europe pendant des années », a-t-il ajouté.

    L’UE est le troisième plus grand partenaire commercial de l’Australie. En 2020, les échanges de biens entre les deux économies ont été évalués à 36 milliards d’euros et à 26 milliards d’euros pour les services.

    Le prochain cycle de négociations devait porter sur des domaines tels que le commerce, les services, les investissements et les droits de propriété intellectuelle.

    Les négociations commerciales ont débuté en 2018 et les négociateurs avaient espéré parvenir à un accord final d’ici la fin de l’année. Mais l’Australie et la France se dirigeant toutes deux vers des élections début 2022, ce calendrier semble désormais optimiste.

  • Quand  les  conteneurs  manquent  à  l’appel

    Quand les conteneurs manquent à l’appel

    Depuis  les  années  1990,  la  mondialisation  repose  sur  l’éclatement  des  chaînes  de production,  sur  la  réduction  des  stocks  et  sur  la  livraison  en  temps  réel.  La  crise  sanitaire a  fortement  mis  à  mal  ce  système  en  désorganisant  les  chaînes  d’approvisionnement.  La mise  en  œuvre  de  plans  de  relance  ne  facilite  pas  le  retour  à  la  normale.  Des  goulets d’étranglement  se  multiplient  dans  le  transport  de  marchandises.  Le  nombre  de conteneurs  n’est  pas  suffisant  pour  faire  face  à  la  demande.  Ils  ne  sont  surtout  pas  basés au  bon  endroit.  Les  ports  chinois  ont,  par  ailleurs,  de  plus  en  plus  de  problèmes  de logistiques  en  raison  du  niveau  très  élevé  de  la  demande  internationale.

    8  millions  de  conteneurs  bloqués  chaque  jour  dans les  ports    

    Au  cours  des  sept  premiers  mois  de  2021,  les  volumes  de  fret  entre  l’Asie  et  l’Amérique du  Nord  ont  augmenté  de  27%  par  rapport  aux  niveaux  d’avant  la  pandémie.  Si  le commerce  avec  l’Europe  est  stable,  le  vieux  continent  souffre  également  de  la  pénurie de  conteneurs  qui  ont  pris  la  direction  de  la  côte  ouest  américaine.  Les  retards d’acheminement  s’accumulent  avec  8  millions  de  conteneurs  bloqués  chaque  jour  dans les  ports  ou  en  attente  de  déchargement,  soit  une  hausse  de  10%  par  rapport  à  2020.

    Le  délai  moyen  d’expédition  porte-à-porte  pour  le  fret  maritime  est  passé  de  41  jours,  il  y a  un  an,  à  70  jours.  Fin  août,  plus  de  40  porte-conteneurs  étaient  ancrés  au  large  de  Los Angeles  afin  d’éviter  d’engorger  les  ports  qui  manquent  à  leur  tour  de  trains  ou  de camions  pour  transférer  les  marchandises  vers  des  entrepôts.   La  forte  demande  de  produits  chinois  et  la  désorganisation  des  transports  entraînent  une hausse  du coût moyen d’expédition  d’un  grand  conteneur  standard  (une  unité  équivalente à  40 pieds).  En  juillet,  ce  dernier  dépassait  les  10  000  dollars,  soit  quatre  fois  son  montant de  2019.  Le  prix  au  comptant  pour  le  transport  d’un  conteneur  de  Shanghai  à  New  York est  ainsi  passé  de  2  500  dollars  à  15  000  dollars.  Un  transfert  entre  la  Chine  et  la  côte Ouest  américaine  peut  atteindre  jusqu’à  20  000  dollars. 

    L’augmentation  des  coûts  de transports  n’a  pas  été  intégralement  répercutée  sur  les  clients.  60%  ont  été  pris  en charge  entre  les  producteurs  et  les  compagnies  de  transports  qui  dans  le  cadre  de contrats  pluriannuels  maintiennent  les  anciens  prix.

    Pas de  retour  à  la  normale  avant  le  début  de  2022

    Face aux problèmes d’acheminement par bateau, des  entreprises  ont  décidé d’opter  pour le  fret  aérien  mais  les  capacités  de  ce  dernier  sont  limitées  notamment  du  fait  de  la faiblesse  des  liaisons  internationales.  D’autres  entreprises  recourent  aux  trains  ou  aux camions  pour  traverser  l’Asie  afin  de  trouver  des  ports  disposant  de  bateaux  disponibles en  Europe.  

    Le  retour  à  la  normale  n’est  pas  attendu  avant  le  début  de  l’année  2022.  Les  transports maritimes,  par  leur  complexité,  sont  très  sensibles  aux  blocages.  La  grève  des  dockers sur  la  côte  ouest  des  États-Unis  en  2015  avait  occasionné  des  problèmes d’acheminement  durant  six  mois.  La  normalisation  de  la  situation  dépendra  de  l’évolution de  la  demande  et  en  particulier  de  celle  des  consommateurs  américains.  Les  ventes  de détail,  au  moins  de  juillet,  malgré  leur  recul,  restaient  supérieures  de  18%  à  leur  niveau d’avant  pandémie.  Les  entreprises  outre-Atlantique,  dans  la  perspective  des  fêtes  de  fin d’année,  réalisent  d’importantes  commandes  qui  devraient  contribuer  à  maintenir l’engorgement  des  transports  de  marchandises.  Les  entreprises  métallurgiques  et  navales  peinent  à  répondre  à  la  demande  de conteneurs  et  de  porte-conteneurs. 

    Avant  la  crise,  la  demande  était  plutôt  étalée,  entraînant des  fermetures  de  chantiers  navals  dont  le  nombre,  à  travers  le  monde,  ne  dépasse  plus 120,  contre  300  en  2008.  Les  armateurs  s’attendent  à  un  commerce  plus  régionalisé  et privilégient  l’acquisition  de  navires  plus  petits  pouvant  contenir  entre  13  000  à  15  000 conteneurs.  Ce  choix  qui  ressemble  à  celui  effectué  par  les  compagnies  aériennes  qui acquièrent  des  monocouloirs  est  également  dicté  par  les  difficultés  d’accueil  et  de  gestion des  méga-navires.

    L’augmentation  des  coûts  de  transports  maritimes  pourrait  donc  perdurer  et  cela  d’autant plus que  les  normes  environnementales  deviennent  de  plus  en  plus  contraignantes. Responsable  de  2,7  %  des  émissions  mondiales  de  dioxyde  de  carbone,  le  secteur  est de  plus  en  plus  dans  le  collimateur  des  autorités  et  des  associations  de  défense  de l’environnement.  Si  les  prix  poursuivaient  leur  progression,  une  remise  en  cause  de certaines  importations  pourrait  intervenir,  en  particulier  celles  concernant  des  objets lourds  et  volumineux  à  faible  valeur  ajoutée  comme  les  meubles.  Le  surcoût  pour  l’envoi d’un  canapé  de  Chine  à  Los  Angeles  pourrait  atteindre  1  000  dollars. 

    Néanmoins,  pour un  très  grand  nombre  de  produits,  les  frais  d’expédition  ne  représentent  qu’un  faible pourcentage  du  coût  global.  Même  le recours à  des  carburants moins  polluants  ne  devrait pas  grever  le  coût  des  importations  de  produits  textiles  et  de  chaussures.

  • L’Algérie rappelle son ambassadeur en France pour consultation

    L’Algérie rappelle son ambassadeur en France pour consultation

    Regain de tensions entre Alger et Paris. L’ambassadeur algérien en France est rappelé pour consultation après les propos rapportés d’ Emmanuel Macron au journal Le Monde évoquant, entre autres, « une rente mémorielle » entretenue par « le système politico-militaire ».

    Ambassadeur d’Algérie en France Mohamed-Antar Daoud 

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La Suisse essaie d’acheter son indépendance !

    La Suisse essaie d’acheter son indépendance !

    Les deux chambres du Parlement ont approuvé jeudi 30 septembre le versement de la contribution suisse à la cohésion de l’UE, d’un montant de 1,3 milliard de francs (environ 1,2 milliard d’euros). Les fonds serviront à soutenir le développement des États membres de l’Est de l’UE.

    Le budget de la contribution à la cohésion — géré de manière indépendante par les autorités suisses — avait été retardé pendant les négociations avec l’UE en vue de conclure un accord-cadre institutionnalisant la relation bilatérale.

    Un accord-cadre refusé

    Après avoir décidé de ne pas poursuivre les négociations en vue de la conclusion de l’accord-cadre, le gouvernement suisse a exhorté le Parlement à libérer la contribution à la cohésion en signe de bonne volonté envers l’UE. Cela a également été fait pour faciliter la participation à des programmes de l’UE comme Horizon Europe et Erasmus+, que la Commission bloque actuellement.

    Cependant un rapide accord, la Suisse aura un statut d’Etat tiers, a expliqué à Keystone-ATS Peter Studer de l’organisation Swiss Medtech. Les entreprises de ce pays devront affronter des montagnes de bureaucratie lors d’exportations vers l’UE. A moyen terme, la facture risque d’être nettement plus élevée. Les entreprises devront alors se demander s’il est encore sensé de produire en Suisse, ce qui serait une mauvaise décision pour la place économique helvétique, poursuit Peter Studer.

    Du côté de l’Union européenne, le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič, a salué la décision du Parlement suisse, mais a également souligné l’importance que la contribution volontaire suisse soit plus régulière et versée en temps et en heure. Ce « deal » cash contre limitation des conséquences de l’absence d’accord-cadre ne pourra pas durer éternellement. Déjà, se profile, pour 2023, l’obligation de montrer un passeport et non plus une simple pièce d’identité pour voyager entre la Suisse et l’Union européenne.

    Quelles conséquences pour les expatriés ?

    Si la situation ne se régule pas rapidement, les expatriés pourraient voir leur vie se complexifier. Si il faut déjà un visa pour s’installer en Suisse (même pour les européens), le passage de frontière perdra de sa fluidité avec un contrôle des passeports systématique.

    Les mouvements bancaires pourraient être aussi soumis à un contrôle systématique et l’application de l’Exit Tax européenne à partir du seuil de 10 000 euros.

    Pareil pour les marchandises, aujourd’hui il existe une tolérance pour les « courses du quotidien », elle disparaitrait si aucun accord n’était trouvé à moyen terme.

    Pour l’instant, les Français de Suisse ne sont pas inquiets, aucune vague de départ n’est à signaler… Comme ceux d’Angleterre au lendemain du Brexit, mais aujourd’hui, ils sont nombreux à avoir quitté le Royaume-Uni.

  • Ahlem Gharbi, nouvelle Directrice de l’Institut Français d’Alger

    Ahlem Gharbi, nouvelle Directrice de l’Institut Français d’Alger

    Depuis septembre 2021, l’ancienne conseillère spéciale d’Emmanuel Macron pour le Maghreb, Ahlem Gharbi, a pris la tête de l’Institut Français d’Alger tout en occupant les fonctions de conseillère culturelle de l’Ambassade sur place.

    Une conseillère d’Emmanuel Macron

    Depuis sa nomination en mai 2017 au cabinet présidentiel français, Ahlem Gharbi s’était montrée discrète voire très discrète. Cette quadra connaît bien la fonction publique. Si elle a quitté le groupe Total, où elle était directrice déléguée pour les affaires internationales chargée de la zone Afrique du Nord, Moyen-Orient et Afrique depuis 2015, pour rejoindre l’Élysée, elle avait déjà servi l’État tout au long des années 2000.

    En effet en 2004, elle avait rejoint le ministère des Affaires étrangères comme responsable Afrique du Nord et Moyen-Orient du service des affaires immobilières. Elle gravit les échelons jusqu’à devenir conseillère diplomatique à la représentation française auprès de l’ONU.

    Depuis juin 2017, elle accompagne Emmanuel Macron dans tous ses voyages en pays musulmans, que ce soit en Egypte (elle était en poste au Caire lors de la révolution), au Maroc, en Algérie ou en Tunisie, pays dont elle détient aussi la nationalité.

    Ahlem Gharbi aux fenêtres de l’Ambassade française au Caire pendant la Révolution

    Direction l’Algérie

    Alors que le mandat d’Emmanuel Macron se termine, les grandes manoeuvres ont commencé pour « recaser » les conseillers. C’est ainsi qu’Ahlem Gharbi prend la direction de la capitale algérienne, pays aux liens si forts et si compliqués avec la France. Elle s’y est présentée en rappelant ses « racines ».

    « Enthousiasme de découvrir également une autre partie de moi car mon arrière grand-père était un Algérien installé en Tunisie au début du XXe siècle.« 

    Ahlem Gharbi

    De grandes ambitions pour l’Institut Français

    Fidèle à sa réputation de grande « bosseuse », elle ne vient pas pantoufler comme certaines mauvaises langues le laissent sous-entendre au Quai d’Orsay.

    Dès on arrivée, elle a présenté une lettre cadre pour l’établissement organisée autour de 3 axes tant à destination des Algériens que des Français installés sur place ou les bi-nationaux :

    • soutenir les jeunes créateurs
    • partager l’amour du français et la richesse des cultures d’expression francophone
    • se retrouver autour de notre héritage commun méditerranéen.

    Elle a aussi annoncé une bonne nouvelle, alors que l’établissement était fermé dans un premier temps puis en mode minimum, il devrait retrouver une activité normale d’ici la fin de l’année. La condition ? Que la situation sanitaire continue de s’améliorer.

  • Bernard Tapie est parti…

    Bernard Tapie est parti…

    La famille de Bernard Tapie a annoncé son décès au journal «La Provence», survenu dimanche matin.

    Bernard Tapie est décédé dimanche matin 3 octobre 2021. L’information a été annoncée par sa famille au journal «La Provence», qui révèle que l’homme politique de 78 ans a rendu son dernier souffle à 8h40.

    «Dominique Tapie et ses enfants ont l’infinie douleur de faire part du décès de son mari et de leur père, Bernard Tapie, ce dimanche 3 octobre à 8 h 40, des suites d’un cancer. Il est parti paisiblement, entouré de sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et son frère, présents à son chevet. Il a fait part de son souhait d’être inhumé à Marseille, sa ville de coeur»

    Communiqué de la famille dans « La Provence »

    L’homme aux mille vies !

    Sa vie est faite de coups d’éclats, de coups bas, de coups de génie, et même de coups tordus, cette histoire qui n’est pas celle de toute le monde. Bernard Tapie a eu mille vies. Autant d’amis, autant d’ennemis. Et il s’est fait tout cela tout seul, lui qui venait du Bourget, fils d’un tourneur-fraiseur et d’une aide-soignante.

    Il ne faut pas dire qu’il avait tous les talents : ce n’est pas vrai. Pour la chanson, quand il avait vingt ans, pour la course automobile, juste après (un grave accident le plonge dans le coma et met fin à sa tentative de carrière), ce n’était pas ça. Mais pour les affaires…

    Toutes les affaires. Surtout celles qu’on arrange. On le sait peu, mais sa première « victime » fut Jean-Bedel Bokassa lui-même, à qui il fit croire que ses châteaux allaient être saisis par le fisc, pour les racheter à prix bradé. L’empereur de Centrafrique portera plainte une fois l’arnaque découverte, obtiendra réparation, mais se le tiendra pour dit.

    Au début des années quatre-vingt, Il reprend des entreprises à l’agonie, pour le franc symbolique le plus souvent, et les revend quatre ou cinq ans plus tard en faisant la bascule. C’est le cas de le dire pour Terraillon (125 MF, soit 19 M€), mais aussi pour les fixations Look (260 MF, soit 39,6 M€), les raquettes Donnay (100 MF, soit 15 M€) ou les piles Wonder (470 MF, soit 71,5 M€).

    Sur son chemin, il a semé des licenciements, du chômage, mais la France d’alors aime l’image de la réussite. Celle qu’il cultive. Sa gueule, son bagout, son incroyable culot… Il plaît aux riches, à ceux qui rêvent de le devenir, et tant pis pour ceux qu’on oublie en route. La télé, bien sûr, se l’arrache. Il y passe tellement bien. TF1 lui donne les clés d’une émission mensuelle baptisée Ambitions, où il montrera son talent de bâtisseur d’entreprises, comme il tente de le distiller dans les écoles qu’il ouvre, à destination des jeunes au chômage.

    Sa réussite a toutes les formes. Quand il se lance dans le vélo, avec Bernard Hinault, puis Greg LeMond, c’est pour gagner le Tour. Quand il rachète l’OM (toujours pour un franc, avec la bénédiction de Gaston Defferre), c’est pour en faire un champion d’Europe, ce qu’il atteint un fameux soir de mai 1993, à Munich. Rien ne semble lui résister, alors. Trois ans plus tôt, il avait même réussi son plus gros « coup » en rachetant Adidas, « un rêve de gamin », disait-il.

    La politique aussi

    Quand François Mitterrand le fait venir à lui, en 1988, il ne sait pas encore que Tapie prendra la sixième circonscription des Bouches-du-Rhône (après annulation d’un premier scrutin qu’il avait perdu de quatre-vingt-quatre voix), historiquement de droite et réputée imprenable. Et qu’il s’y maintiendra (après un accord politique secret avec Jean-Marie Le Pen, selon plusieurs témoins) en 1993. Le président est séduit. Alors, Tapie devient ministre du gouvernement Bérégovoy, en 1992. Il a à peine cinquante ans, tout semble briller autour de lui, et pourtant sa chute n’est plus si loin.

    La chute à Valenciennes

    C’est le match truqué entre Valenciennes et son OM, en mai 1993, qui stoppera son ascension. Après une (nouvelle) homérique bataille, il passera cinq mois à la prison de la Santé qui changeront le cours de son existence. Bernard Tapie, parce qu’il était insubmersible, reviendra à la surface, à la télévision, au théâtre, au cinéma. Dans la presse, aussi, puisqu’il rachètera le groupe La Provence, à Marseille, devenue sa ville de cœur. Comme il n’a jamais cessé de faire des projets (en mai, il disait encore que Lelouch l’attendait), il voulait aller s’y établir, une fois revendu son hôtel particulier parisien, symbole de son époque dorée. Une époque qu’il jurait ne pas regretter une seule seconde. 

    Bernard Tapie affaibli par son double cancer

    Tapie, l’expatrié ?

    Afin d’empêcher la saisie de ses biens par ses créanciers, le propriétaire du journal français La Provence avait placé plusieurs sociétés en procédure de sauvegarde en France. Avant et après l’annulation de l’arbitrage dans l’affaire du Crédit Lyonnais, certains de ses actifs avaient aussi été transférés en Belgique. Cependant le tribunal de Liège avait dessaisi l’homme d’affaires de la gestion de ses sociétés et avait nommé un administrateur provisoire afin que celles-ci se conforment aux obligations belges, qu’on sait dans la partie francophone particulièrement lourdes et désuètes. Un environnement administratif d’un autre temps qui avait fait partir rapidement Bernard Tapie.

    Mais c’est pourtant en Belgique, à Louvain (Leuven), qu’il était venu participer, en août 2020, à un essai clinique qui lui a permis de gagner quelques mois. Malheureusement, cela n’a pas suffit et aujourd’hui, la France est triste et Marseille est orpheline.

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