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  • Quel député dans quelle commission ? Zoom sur les 11 élus des Français de l’étranger

    Quel député dans quelle commission ? Zoom sur les 11 élus des Français de l’étranger

    La nouvelle mandature de l’Assemblée nationale s’est ouverte ce lundi 27 juin 2022. Après avoir élu le bureau de l’hémicycle et sa Présidente, les députés se sont répartis dans les 8 commissions permanentes. Elles sont toutes dédiées à un thème spécifique : les Finances, les Lois, le Développement durable, les Affaires culturelles, les Affaires étrangères, les Affaires économiques, les Affaires sociales, et la Défense. Quelle commission ont rejoint les élus des Français établis hors de France ?

    La commission des Affaires étrangères

    Cette commission suit les questions de politique étrangère. Elle examine notamment les projets de lois de ratification des traités et accords internationaux, des sujets hautement sensibles pour les expatriés. Naturellement, on retrouve un grand nombre de nos élus dans cette instance.

    M. Jean-Louis Bourlanges (MoDem et Indépendants) élu dans sur la 12ème circonscription des Hauts-de-Seine est le nouveau président de cette commission. Il est secondé par 4 vice-présidents dont Eléonore Caroit, députée des Français d’Amérique du Sud, élue sous l’étiquette Ensemble ! pour le parti Renaissance (anciennement LREM).

    Autre député des Français de l’étranger qui rejoint Olivier Faure (le président du PS) et Stanislas Guerini (le président de Renaissance), c’est Meyer Habib. Le député de la Méditerranée de l’Est, comme lors de ses précédents mandats sera très actif sur les sujets liés au Proche-orient.

    3 autres députés, eux proches d’Emmanuel Macron, seront présents dans cette commission :

    • Amélia Lakrafi – députée des Français d’Afrique centrale et de l’Est (Renaissance)
    • Roland Lescure – député des Français d’Amérique du Nord (Renaissance)
    • Frédéric Petit – député des Français d’Europe centrale et des Balkans (Modem)

    La commission des Finances

    Cette commission était au coeur de l’attention médiatique ces derniers jours. En effet, la règle veut que ce soit le principal groupe d’opposition, soit le RN dans la configuration actuelle, qui hérite de la présidence de cette commission en charge de préparer le budget et surtout de contrôler sa bonne exécution. Mais les membres de la NUPES, qui dans les autres commissions s’enregistrent sous leur propre parti (PS, EELV, LFI), ont décidé de faire front commun pour empêcher le parti de Marine Le Pen de récupérer ce poste si envié. C’est donc Eric Coquerel qui remporte la présidence de la commission des Finances.

    Coté députés des expatriés, Karim Ben Cheikh a manifesté son intérêt pour cette matière. Le député Génération.s, élu sous l’étiquette NUPES dans la IX circonscription des Français de l’étranger (Maghreb et Afrique du Nord) défendra donc les intérêts des Français établis hors de France dans cette commission. L’autre député qui rejoint cette commission c’est Alexandre Holroyd, le député Renaissance des iles britanniques, de la Scandinavie et des Pays baltes. Ce dernier était déjà membre de cette commission tout au long du mandat précédent.

    Salle de la commission des Finances à l’Assemblée nationale

    La commission des Lois

    Le champ de compétences de la commission des lois est vaste. Il recouvre notamment : le droit constitutionnel, les libertés publiques et le droit électoral ; le droit civil et le droit pénal ; l’organisation de la justice et des collectivités territoriales ; le droit commercial et le droit des sociétés.

    Malgré l’importance de la commission, un seul député des Français de l’étranger s’y inscrit. Pieyre-Alexandre Anglade, député des Français du Benelux, ancien assistant parlementaire à Bruxelles, s’installe donc dans cette commission qui devra traiter, si le projet est présenté, de l’injection d’une part de proportionnelle pour les prochaines élections législatives. Il y est personnellement favorable, en particulier pour les Français de l’étranger réunis en une seule circonscription dont les 11 députés seraient élus selon ce mode de scrutin à listes.

    La commission des Affaires économiques

    La commission des Affaires économiques est une commission permanente compétente dans les champs de l’agriculture, de la chasse, du commerce, du commerce extérieur, des communications électroniques, de la consommation, de l’énergie, de l’entreprise, de l’espace, de la forêt, de l’industrie, de l’innovation, du logement, de l’outre-mer, de la pêche, de la politique de la ville, des postes, de la recherche appliquée, du tourisme et de l’urbanisme.

    Si lors de la précédente législature, elle était présidée par un député des Français de l’étranger, Roland Lescure (désormais simple membre de la commission des Affaires étrangères), pour ce nouveau mandat, les députés des Français de l’étranger font le service minimum avec 1 seul membre issu des 11 députés. C’est donc Stéphane Vojetta, le candidat dissident face à Manuel Valls dans la péninsule ibérique, qui s’y colle en tant que député apparenté Renaissance.

    La commission des Affaires sociales

    Le champ de compétences de la commission recouvre l’aide et l’action sociales, les anciens combattants, le droit du travail, la formation professionnelle, le logement social, les outre-mer, les politiques familiale, de solidarité et du handicap, la santé, ainsi que la Sécurité sociale.

    Et sans surprise, on retrouve Marc Ferracci dans cette commission. Cet ami personnel d’Emmanuel Macron (il fut son témoin de mariage) et l’ancien conseiller à Matignon, ne cachait pas son attrait pour cette matière. C’est d’ailleurs l’attirance pour le modèle social suisse, qu’il a étudié dans le cadre de travaux universitaires, qui l’a amené à se présenter dans cette circonscription comme il nous l’indiquait dans une interview exclusive à notre site.

    La commission de la Défense nationale et des forces armées

    Alors qu’au Sénat la commission des Affaires étrangères prend en charge aussi la Défense, à l’Assemblée nationale c’est un organe spécifiquement dédié à la gestion des fonds secrets, des commandes de matériel militaire, de la formation de nos militaires, et qui contrôle les moyens attribués aux armes nucléaires, à l’Espace, etc. Une commission dont les membres doivent être habilités « Secret Défense » par le ministère actuellement dirigé par Sébastien Lecornu.

    Et c’est Anne Genetet qui y représentera les expatriés tout en assurant les fonctions, avec 3 autres députés, de Secrétaire de la commission.

    La commission des affaires culturelles et de l’éducation

    Comme son nom l’indique, cette instance travaille sur les projets de loi liés à la Culture et à l’Éducation. Deux sujets majeurs pour les expatriés. En effet, c’est à travers ces deux matières que la France base son rayonnement ou « soft power ». Et pourtant, aucun député des Français de l’étranger ne participera à ces travaux. Cependant, ces thèmes seront aussi abordés dans la commission des Affaires étrangères où 5 de nos élus sont présents !

  • Olivier Piton décrypte la décision de la Cour suprême sur l’avortement

    Olivier Piton décrypte la décision de la Cour suprême sur l’avortement

    Nous avons échangé avec Olivier Piton, élu des Français des États-Unis d’Amérique sur la circonscription de Washington. Cet avocat au barreau de la capitale américaine, fin connaisseur de la politique américaine (il a écrit des essais à succès dont celui sur Kamala Harris), décrypte pour nous le séisme qu’a entrainé dans le monde entier la décision de la Cour suprême américaine.

    Olivier Piton lors de la présentation de son livre sur la vice-présidente américaine Kamala Harris © Olivier Piton

    La première décision de la Cour suprême

    On commence ce podcast par la genèse de l’autorisation de pratiquer une interruption volontaire de grossesse sur l’ensemble du territoire américain. Alors qu’en Europe, dont en France, ce type de décision revient au pouvoir législatif, l’histoire américaine a pris un chemin différent.

    Tout commence en 1973, quand la même Cour suprême, mais avec d’autres juges, accorde le droit d’avorter à toutes les citoyennes américaines. Une décision qui allait dans le sens de l’Histoire et sur laquelle les démocrates et progressistes se sont appuyés refusant d’imaginer un retour en arrière.

    Et pourtant, rien n’était moins sûr. La Cour suprême étant constituée de juges nommés par les différents strates du pouvoir fédéral, aucune garantie à long terme n’existait. Les juges étant désignés à vie, leur renouvellement dépend donc des décès. Et le hasard a voulu que le Président Trump s’est retrouvé en position d’investir deux juges. Ce qu’il fallait pour faire basculer la cour du coté des conservateurs après 49 ans de domination progressiste.

    Un arrêt basé sur l’atteinte à la démocratie

    La Cour, désormais majoritairement conservatrice, a donc abrogé l’arrêt émis en 1973, tout en évitant l’écueil de la moralité. En effet, les juges ont considéré, en s’appuyant sur la constitution américaine, que l’avortement ne rentrait pas dans le champs d’application de l’État fédéral.

    Pour les juges, c’est un pouvoir qui revient aux électeurs de chaque État constituant les USA. C’est donc aux parlements locaux et aux gouverneurs de trancher. Un pouvoir dont s’est emparé immédiatement 6 États qui ont immédiatement interdit la pratique des IVG. Du coté des sanctions, la palette est large, de la simple amende à 15 ans d’emprisonnement tant pour la femme concernée que pour le personnel médical qui l’aurait assistée.

    Une bataille politique

    Olivier Piton dans la deuxième partie du podcast nous explique comment une telle décision a pu émerger et quelle fracture de la population américaine révèle-t-elle…

    Pour les Français, habitués à une séparation étanche entre la sphère publique et la sphère privée, l’étonnement est grand quand Olivier Piton nous explique que la fracture, si elle est politique, est surtout entre laïcs et religieux.

    Pourtant, la décision de la Cour suprême sera au cœur de la campagne électorale du « Midterm ». Les Démocrates seront ainsi tentés de mobiliser leur troupes pour obtenir une majorité écrasante au Sénat afin de faire une loi fédérale sur l’avortement. Une bonne occasion pour les partisans de Joe Biden de faire oublier les mauvais résultats économiques. Mais selon les sondages, cette approche ne prend pas, les Républicains devraient donc sortir vainqueurs des élections du 8 novembre 2022.

    Une bataille juridique

    Si les conséquences politiques sont majeures, elles le sont aussi sur le plan juridique. Comment vont réagir les cours des États fédérés ? Que se passe-t-il si une résidente d’un État va avorter dans un autre État ? Des questions auxquelles tente de répondre Olivier Piton.

    Comment réagissent les expatriés ?

    On finit le podcast en s’interrogeant sur la réaction de nos compatriotes installés aux USA. Comme en France, les expatriés sont inquiets face à cette « radicalisation », et les femmes se mobilisent alors que les Français restent, en général, plutôt discrets sur les problèmes internes. L’occasion d’évoquer la réaction française qui se traduirait par l’inscription de l’IVG dans notre constitution.

    Ecoutez le podcast avec Olivier Piton

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    Découvrir les livres d’Olivier Piton

  • Le Tour de France commence au Danemark, les expatriés à la fête

    Le Tour de France commence au Danemark, les expatriés à la fête

    La Grande Boucle démarrera vendredi par un contre-la-montre à Copenhague, tandis que deux autres étapes sont prévues avant le retour lundi prochain en France. Impatiente d’accueillir le départ vendredi du Tour de France, la capitale du Danemark y voit l’occasion de promouvoir sa profonde culture du vélo : ici les bicyclettes se sont imposées face aux voitures. Les expatriés sur place se réjouissent de voir ce bout de France venir à leur rencontre. C’est l’occasion pour nous de découvrir cette communauté.

    Les Français au Danemark

    La population française installée au Danemark est en majorité jeune : plus de la moitié des Français a moins de 30 ans et 68 % moins de 40 ans. Elle est installée en grande majorité dans la région de Copenhague. A noter que plus d’un tiers des Français sont binationaux. En tout, c’est 3500 Français installés sur place, ce qui en fait une des plus petites communautés d’expatriés au sein de l’Union européenne.

    Économiquement, c’est près de 120 filiales d’entreprises françaises qui ont des bureaux, usines ou commerces au Danemark. Ces entreprises emploient actuellement 13 000 personnes. Les secteurs les plus représentés sont les nouvelles technologies de l’information (NTIC), les services aux entreprises et aux particuliers, l’industrie (électronique, verre, BTP, transports…), l’énergie et l’environnement, et les produits alimentaires. Géographiquement, ces filiales sont dans leur grande majorité (90 %) implantées à Copenhague et sa région, beaucoup plus rarement dans le Jutland.

    La France et le Danemark

    Les relations entre le Danemark et la France remontent au Moyen-Âge quand les moines français se rendaient au Danemark et des étudiants danois à Paris. Au XVIIe siècle, il y avait beaucoup d’étudiants danois dans les domaines de la médecine, du droit, de la philosophie et de la théologie en France, tandis qu’au Danemark se trouvaient des tuteurs français.

    Opposé à la France pendant les guerres napoléoniennes, le petit État niché au nord de l’Allemagne fut neutre pendant la première guerre mondiale. En 1940, malgré la signature d’un pacte de non agression avec les nazis, le Danemark fut envahi par l’Allemagne. Cette occupation prend toutefois une tournure différente de celle des autres pays occupés lorsque le roi Christian X et son gouvernement donnent l’ordre à l’armée de ne pas opposer de résistance, et choisissent de rester dans le pays sous l’occupation qui se prolonge jusqu’au 5 mai 1945.

    Depuis, les Danois ont décidé de mettre fin à cette politique de neutralité et dès sa fondation ont rejoint l’OTAN. Enfin, le Danemark a adhéré à la Communauté économique européenne et aux autres communautés européennes (CECA et Euratom), le 1er janvier 1973. Les dernières tensions avec notre pays remontent aux essais nucléaires de 1995 auxquels les Danois étaient opposés.

    Pourquoi le Tour de France démarre-t-il à Copenhague ?

    On le voit, les liens entre ce pays et la France sont éloignés et pourtant le Tour de France prendra son départ de la capitale Copenhague ce vendredi 1 juillet.

    Tout d’abord, il faut savoir que les Danois sont fiers d’accueillir le Tour, qu’ils adorent suivre et regarder chaque été. Le Tour de France est une occasion unique de montrer le Danemark et de mettre en valeur leur culture cycliste unique. Et bien sûr aussi, de montrer ce beau pays et nos lieux emblématiques à des millions de spectateurs qui suivent partout dans le monde ce rendez-vous phare.

    Danois sur vélos dans les rues de Copenhague ©WEELZ

    Le Tour de France et le Danemark sont en effet un « match » parfait. L’un des plus grands pays cyclistes du monde accueille la plus grande course cycliste du monde ! Les autorités anticipent que des centaines de milliers de personnes applaudiront dans les rues au passage de la caravane.

    Quel est le programme ?

    Le Tour de France s’installera pendant 3 jours au Danemark. 3 journées donc 3 étapes dont voilà le programme :

    Le 1er juillet, étape 1 : Copenhague-Copenhague dans un contre-la-montre individuel de 13 km. 

    La course donnera l’occasion d’admirer la capitale danoise et ses nombreux monuments :  International House, les lacs et le pont de la reine Louisele quartier de NørrebroOster Allé, Parken, le Kastellet, la petite sirène, Amalienborg, Christianborg et l’hôtel de ville.

    – Le 2 juillet, étape 2 : Roskilde – Nyborg, 199 km, étape promise aux sprinters qui pourrait réserver quelques surprises et un final spectaculaire avec la traversée du magnifique pont qui relie la Zélande à la Fionie, long de 13 kilomètres en ligne droite et où le vent pourrait bien s’inviter ! 

    – Le 3 juillet, étape 3 : Vejle-Sønderborg, 182 km. Troisième étape et dernière étape sur le territoire danois dans les paysages champêtres du Jutland.

  • Retour sur l’élection de Meyer Habib comme député

    Retour sur l’élection de Meyer Habib comme député

    Il n’a pas que des amis. Mais il a aussi des amis. Moitié, moitié. Ou plutôt 50.4%/49.6%. Une poignée de voix qui sépare la victoire de la défaite. Il était même annoncé battu, tant dans le vote par internet l’écart était important en faveur de sa rivale. Deborah Abisror-de Lieme portait les couleurs du camp présidentiel dans la 8ème circonscription des Français de l’étranger, huit pays dont la Turquie, l’Italie, la Grèce et Israël. 

    Jamais Meyer Habib n’avait été mis en danger à ce point depuis sa première candidature. Cette fois, il avait à peu près tout le monde contre lui : la gauche, le gouvernement, une partie de la droite, l’Ambassade, le Consulat, Le Monde, le Canard enchainé, Mediapart, les uns alimentant les autres. C’était peut-être un peu trop.

    Une amitié qui lui a coûté cher

    Que lui reproche-t-on ? D’être le porte-parole de Netanyahu à l’Assemblée nationale. Mais Netanyahu a mauvaise presse, de plus, il n’est plus Premier ministre. Beaucoup pensaient que c’était donc le moment de faire tomber celui qui à l’Assemblée était jugé sévèrement parce que trop marqué pour Israël, au point d’être traité par ses adversaires d’ « agent du Mossad ».  Il savait répondre aux « amis du Hamas et du Hezbollah », impitoyable avec les pro-palestiniens, intraitable sur l’antisémitisme et l’antisionisme, incollable sur les questions compliquées du Proche-Orient, notamment la lutte contre le terrorisme.  

    Meyer Habib avec Benjamin Netanyahu ©The Jerusalem post 2019

    Beaucoup d’ennemis, mais en Israël il est plébiscité : 83% contre 17% pour son adversaire. Entretemps, on lui a reproché d’organiser des cars pour faire voter les gens.

    Une Consule qui prend parti ?

    La Consule de France à Tel Aviv a écrit une note pour s’inquiéter de ces « pratiques dont la légalité pourrait être questionnable », et auxquelles Meyer Habib aurait pu avoir recours. Le quai d’Orsay se défend : une procédure normale « lorsque des éléments potentiellement constitutifs d’irrégularités sont rapportés à des agents consulaires, ils doivent être transmis à leur hiérarchie ». Et au Canard, à Mediapart et au Monde ? Le ministère a ouvert une enquête administrative pour comprendre la « fuite ». On comprend surtout que la « neutralité »  de l’État impartial pourrait être mise en cause. 

    Organiser le transport des électeurs, quelle mauvaise manière !  Vieille technique maintes fois employée par la CGT, le PC ou le RPR de Chirac. En retour, Meyer Habib reproche au Ministère d’avoir fermé trois bureaux de vote, à Eilat, Beersheva, et Ashod, trois villes où résident de nombreux expatriés.  

    La participation en Israël n’a été que de 13%, peu de bureaux, et peu de cars ?  « Malgré la fermeture de trois bureaux de vote en Israël où 19.000 Français résident, malgré la non-délivrance de 60% de SMS pour voter par internet, malgré les calomnies, je suis réélu ! Je remercie du fond du cœur les électeurs qui me font confiance. Pensée républicaine à Déborah Abisror-de Lieme. », a tweeté Meyer Habib. 

    A quoi Déborah Abisror – de Lieme a répondu : « Je prends acte du résultat qui positionne mon adversaire en tête avec 193 voix d’avance. » Elle avait auparavant dénoncé un « climat nauséabond » et des « menaces » pour lui « demander de retirer sa candidature », en exonérant son adversaire de toute responsabilité. Les menaces, Meyer Habib les connait, il vit sous protection policière depuis huit ans. 

    Politiquement, cette fois, « le coup passa si près que le chapeau tomba ». Désormais il attend un autre miracle : la Knesset ayant été dissoute, qui sait si son ami Netanyahou ne réussirait-t-il pas un retour ? Et peut-être, dans cette assemblée fragmentée, dans la nouvelle donne au Moyen-Orient, trouvera-t-il plus d’écoute auprès du gouvernement, voire du ministère ?

  • En Corée du Sud, les Français ont désormais leur UFE

    En Corée du Sud, les Français ont désormais leur UFE

    Si l’on ne recensait que 26 Français en 1937, l’ambassade de France en Corée estime aujourd’hui leur nombre entre 4500 et 5000, bien qu’officiellement, seulement 3100 sont enregistrés au registre consulaire. Une communauté assez grande et diversifiée aujourd’hui pour permettre l’installation du célèbre réseau d’associations de Français établis hors de France, l’Union des Français de l’étranger (UFE).

    En recul dans les pays européens, du fait de la proximité de la France et de l’harmonisation progressive entre les États de l’Union européenne, l’UFE se renforce sur les autres continents au rythme des arrivées. Incontournable en Afrique et au Moyen Orient, l’UFE renforce son réseau grâce à des Français bénévoles et engagés qui fondent des associations filles un peu partout dans le monde et en particulier en Asie, nouvelle terre d’émigration des Français.

    Une association fédératrice

    Le 21 juin 2022, a, donc eu lieu le lancement de la délégation sud-coréenne de L’Union des Français de l’Étranger (UFE). Cette célébration venait s’inscrire dans le programme riche de la Fête de la musique organisée par la communauté française après plus de 2 ans de Covid.

    Le bureau de l’association avait convié les représentants de l’État français, les représentants des associations françaises Pierre ORY (Président de l’Association démocratique des Français de l’étranger), Virginie GRY (Présidente de Séoul Accueil), et Aurélie ROBIN (Vice-présidente du Cercle franco-coréen), ainsi que les premiers membres de l’association à se réunir au restaurant La Tribu à Seorae Maeul pour le lancement officiel.

    Après le mot d’accueil de la Présidente, Madame Anh WARTEL, la Consule adjointe Aline NDONGO a rappelé l’attachement de Monsieur l’Ambassadeur, en voyage diplomatique ce jour-là, et des représentants de l’État français à cette association reconnue d’utilité publique, qui, elle l’espère, « permettra de répondre toujours plus aux besoins des Français en Corée du Sud et de toute la communauté francophone. ».

    Une association soutenue

    Si Monsieur l’ambassadeur Philippe LEFORT n’a pas pu être présent comme Madame la Consule-adjointe, il sera membre d’honneur de l’association. Au cours de cette soirée, sponsorisée par un des leaders mondiaux de la logistique, l’entreprise Dachser, le bureau a pu présenter l’association, ses valeurs fondatrices d’accueil, d’entraide, de convivialité et de rayonnement, ainsi que son rôle complémentaire par rapport aux autres associations. En tant qu’association reconnue d’utilité publique, l’un des objectifs de l’UFE Corée du Sud est de faire le lien entre les Français et l’État français au niveau local et national. L’UFE représente notamment les Français auprès des instances consulaires, où la présidente siège car membre de droit. Grâce à l’ancrage de l’UFE à Paris et à son histoire, l’association sud-coréenne peut dès à présent participer à la commission locale des bourses scolaires attribuant chaque année des bourses aux étudiants des lycées français de Séoul.

    L’UFE Corée du Sud constitue un point de rencontre et de convivialité pour qu’aucun Français, francophone ou francophile, ne se sente seul à Séoul. Prochain rendez-vous, le grand apéritif d’accueil qui aura lieu à la Résidence de France le jeudi 22 septembre 2022.

    Vous voulez rejoindre l’association ? Direction la page Facebook de l’association : https://www.facebook.com/UFE-lUnion-des-Francais-de-lEtranger-Coree-de-Sud-111550868185602

  • Frédéric Petit : »Je ne suis ni inquiet, ni inhibé »

    Frédéric Petit : »Je ne suis ni inquiet, ni inhibé »

    Frédéric Petit est le député de la VIIème circonscription des Français de l’étranger, soit l’Europe centrale et les Balkans. Avec près du double de participants à l’élection législative de 2022 par rapport à 2017 (près de 40 000 versus 20 000), Frédéric Petit est le député le mieux réélu avec plus de 9000 personnes supplémentaires qui ont décidé de voter pour lui cette année. Au total il obtient plus de 60% des voix exprimées. Pour ses partisans, c’est la récompense d’une campagne sobre et surtout d’un premier mandat mené sous l’angle du travail et du bien commun.

    On revient avec lui sur ces élections avant d’aborder les thèmes qui devraient rythmer ce mandat qui s’est ouvert ce lundi à l’Assemblée nationale.

    Frédéric Petit en campagne ©Frédéric Petit – publié sur Facebook

    Un député au cœur de la crise ukrainienne

    On commence ce podcast par l’actualité brûlante. La circonscription de Frédéric Petit se situe en ornière de cette région d’Europe en proie à la guerre. L’acceptation comme candidats à l’intégration européenne de la Moldavie et de l’Ukraine risque d’avoir des conséquences sur les pays où résident les Français qu’il représente.

    Frédéric Petit, très engagé dans la gestion humaine de ce conflit, partage avec nous son analyse et revient sur les conséquences à court terme comme à long terme des décisions prises actuellement à Paris et à Bruxelles.

    Le programme de Macron pour les expatriés : quel avenir ?

    Dans la deuxième partie du podcast, on revient sur les conséquences des résultats de l’élection législative. Les promesses furent nombreuses pendant ces campagnes, seront-elles réalisées ?

    M. Petit revient en détail sur la résidence de repli, une initiative qu’il a menée dès 2019, et dont beaucoup de Français attendent la mise en place. L’occasion d’aborder avec lui la situation de l’Assemblée nationale et la place des Français de l’étranger dans ce paysage politique exceptionnel.

    L’alliance Ensemble ! pourra-t-elle mener à terme ses propositions ? Pour le député Frédéric Petit, tout est encore possible et il a confiance en la volonté des nouveaux élus de vouloir travailler pour le bien commun.

    « La démocratie, c’est confronter les avis différents »

    Frédéric Petit – député des Français de la VII circonscription des Français de l’étranger

    Quel avenir pour l’Éducation des Français de l’étranger ?

    Frédéric Petit s’implique depuis 2017 dans la gestion du réseau des Lycées français de l’étranger. Sa connaissance et son expertise sur ces thèmes sont reconnues par tous. On en profite pour aborder avec lui le problème décrié depuis des mois par les syndicats de professeurs. La remise en cause des modalités de recrutement de professeurs venant de France en tant que détachés a secoué la communauté de l’éducation des Français de l’étranger.

    Frédéric Petit nous répond en nous expliquant la gestion réelle des professeurs dans les établissements à l’étranger, dont 80% ne dépendent pas du statut de « professeurs détachés ». Il ne conteste pas le mouvement et il revient en détail sur les chiffres pour redonner sa réelle envergure à cette problématique. D’ailleurs, il s’étonne aussi du « timing » qui a mené l’administration à prendre cette décision au moment où s’ouvraient les campagnes électorales, empêchant de réagir. Pour lui, c’est une attitude « un peu tordue ».

    Sans langue de bois, il en profite pour dénoncer des aberrations dans la politique de recrutement de l‘AEFE pour l’ensemble des fonctions qui font la vie scolaire. Il ne mâche pas ses mots, pour lui les fonctionnaires français en charge de cette mission d’embauche ont, par moment, une attitude de « sauvages ».

    Le podcast de Frédéric Petit

    En 30 minutes, le député des Français d’Europe de l’Est et des Balkans fait le bilan sans emphase et en toute transparence de ce semestre qui fut riche en évènements tant sur le plan européen que national.

    Un podcast à retrouver sur toutes les plateformes

    Podcast liste
  • Changer de pays ? Mais quelle destination ? Le classement 2022 des villes dans le monde

    Changer de pays ? Mais quelle destination ? Le classement 2022 des villes dans le monde

    Comme chaque année, le cabinet ECA International, spécialisé dans la mobilité internationale, a publié son classement 2022 des villes les plus chères du monde. On notera que les conséquences de la pandémie et de la guerre en Ukraine ont entrainé une augmentation généralisée des prix. Que ce soient les loyers, l’énergie, l’essence ou l’alimentation, partout dans le monde le coût de la vie augmente.

    Hong-Kong, New-York et Londres

    On s’en doutait, c’est confirmé, Hong-Kong, New-York et Londres sont en haut du classement des villes les plus chères au monde. Si depuis l’enquête, réalisée en début d’année, la situation de la région spéciale de Chine, Hong-Kong, a changé, entrainant une chute des prix au niveau local, New-York et Londres restent très chères.

    New York, aux États-Unis, est la deuxième ville la plus chère du monde. C’est deux places de plus que l’année dernière. La faute, selon ECA International, à l’augmentation de 12 % des loyers. C’est pour la même raison, avec une augmentation de 20 % des loyers, que Londres bondit au classement, devenant la 4e ville la plus chère du monde. « Londres et New-York ont enregistré les augmentations de prix les plus importantes parmi les dix villes les plus chères, principalement en raison de la flambée des coûts de location des logements – en hausse alarmante de 20 % à Londres et de 12 % à New York », alerte ECA International.

    L’Euro protège de l’augmentation du coût de la vie

    Du coté européen, on découvre que Genève bondit à la 4ème place, la cause ? La chute du cours du franc suisse face au dollar qui renchérit en raison de nombreuses importations. Et encore la hausse est limitée grâce à la bonne tenue de la monnaie helvétique face à l’euro.

    La monnaie européenne fut d’ailleurs la meilleure protection face à la hausse du coût de vie. Ainsi, Madrid, Rome et Bruxelles descendent dans le classement du fait du cours de l’euro. Même Paris perd 2 places pour se situer en dehors du TOP 10 (et c’est une bonne nouvelle) à la 11ème place. Berne en Suisse et Copenhague au Danemark ainsi que Reykjavik en Islande lui passent devant, toutes des capitales hors de l’espace monétaire européen (donc sans l’euro) si ce n’est hors de l’UE.

    Ankara, la ville la moins chère au monde pour les expatriés

    Classée à la 207e place, Ankara, en Turquie, est désormais la ville la moins chère du monde pour les expatriés et les touristes. Avec une inflation officielle à 36%, en réalité plutôt proche des 50%, et une chute de la valeur de sa monnaie importante face à l’euro (1 livre turque s’échangeait contre 0,10 centimes d’euro au 1 janvier 2021 contre 0,05 centimes d’euro en juin 2022), les expatriés payés en monnaie européenne ou en dollars peuvent mener grand train à faible coût.

    Bazar Suluhan à Ankara ©Stockadobe

    Le carburant, une valeur à surveiller

    Le carburant est l’un des principaux facteurs contribuant à la hausse du coût de la vie dans le monde, observe dans son étude ECA International. Les prix alimentaires montent en flèche à travers le monde en partie à cause des pénuries créées par la guerre en Ukraine, indique aussi le cabinet.

    Il faut donc bien prendre en compte que ce classement peut toutefois différer de la réalité puisqu’il imagine un « mode de vie international ». L’essence est ainsi un facteur moins important quand on vit dans une grande ville avec de nombreux transports en commun, et en vivant à la « locale » vous pourrez nettement diminuer la facture dans de nombreux pays. Comme toujours, et encore plus en ce début de décennie, c’est votre mode de vie qui influence avant tout votre budget.

  • Ordre national du Mérite : 50 expatriés décorés

    Ordre national du Mérite : 50 expatriés décorés

    Créé par décret du 3 décembre 1963, l’ordre national du Mérite est le second ordre national après la Légion d’honneur. Il résulte d’une large réforme du système des décorations engagée en 1958 par le général Catroux, grand chancelier de la Légion d’honneur, avec l’appui du Général de Gaulle. 

    Cinq ans après la naissance de la Ve République, dans une France en pleine modernisation, l’objectif était en effet de renforcer l’unité nationale, d’harmoniser et de simplifier les distinctions honorifiques en stoppant la multiplication des décorations, mais aussi de hiérarchiser l’échelle des mérites avec une nouvelle distinction.

    Comme chaque année, c’est en juin que la République dévoile les citoyens qu’elle désire honorer via cette décoration. Dans le décret publié le 20 juin 2022, on peut découvrir qu’une cinquantaine de Français de l’étranger ont été promus au sein de l’Ordre National du Mérite.

    Qui est récompensé ?

    Pour prétendre à l’ordre national du Mérite, il faut répondre aux 2 conditions suivantes :

    • Avoir des mérites distingués dans l’exercice, pendant au moins 10 ans, d’une fonction publique, civile ou militaire, ou d’une activité privée
    • Être proposé par un ministre, après étude d’un dossier constitué à la demande d’une administration centrale, d’un préfet, d’une association, d’une personnalité politique (maire, député, etc.) ou d’un groupe d’au moins 50 personnes (pour l’initiative citoyenne)

    Aussi, il n’est pas nécessaire d’être de nationalité française. Les étrangers peuvent être décorés de l’ordre national du Mérite, mais ils ne peuvent pas devenir membres de l’ordre. Ils sont d’ailleurs nombreux chaque année à être reconnus par la République française.

    Dans la promotion de juin 2022, tous les corps de métiers et tous les continents sont représentés : professeurs, chefs d’entreprises, universitaires, journalistes… le ministère des Affaires étrangères, pas seulement celui de l’Intérieur, a aussi élevé des expatriés au rang de chevalier, a été attentif à une répartition équilibrée en genres, en continents mais aussi entre le privé et le public.

    Les récipiendaires

    Ci-dessous trouvez la liste des Français établis hors de France qui obtiennent leur première décoration ou qui sont promus dans cet ordre.

    Les nouveaux chevaliers

    M. Michel (Jean-François), conseiller économique au sein d’une ambassade ; 24 ans de services.

    M. Chartrez (Pascal, Marcel, Pierre), attaché de direction, directeur de la représentation de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration au Cameroun ; 41 ans de services.

    M. Chelihi (Ali, Kamel, Eddin dit Kamel), brigadier-chef de police, adjoint logistique à l’étranger ; 25 ans de services.

    M. Berthelot (Thierry, Jacques, Marie-François), consul général de France à Bangalore (Inde) ; 35 ans de services.

    M. Burin des Roziers (Laurent, Emmanuel, Marie), consul général de France, directeur délégué de l’Institut français de Naples (Italie) ; 34 ans de services.

    Mme Douillard (Manuela, Jackie), secrétaire générale de l’ambassade de France à Port-Louis (Maurice) ; 24 ans de services.

    Mme Kassab, née Jabre (Rita), secrétaire à l’ambassade de France à Riyad (Arabie saoudite) ; 27 ans de services.

    Mme Ouégnin Ben-Mensah, née Ouégnin (Carole, Franceline, Henriette), agente chargée de l’état civil au consulat général de France à Bamako (Mali) ; 33 ans de services.

    Mme Sciortino (Sabine), première conseillère à l’ambassade de France à Abou Dabi (Emirats arabes unis) ; 17 ans de services.

    M. Speybrouck (Luc, André, Guy), chef de section consulaire, régisseur et secrétaire général de l’ambassade de France à Bagdad (Irak) ; 46 ans de services.

    Mme Alzial (Clémentine, Nadia, Andrée), directrice générale d’une entreprise de transformation du cacao ; 17 ans de services. 

    M. Auffret (Laurent, Jean), directeur d’une fondation consacrée aux échanges culturels et éducatifs (États-Unis) ; 16 ans de services. 

    M. Bakic (Emil), directeur d’une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables (Croatie) ; 23 ans de services. 

    M. Besançon (Stéphane, Laurent), cofondateur et directeur général d’une association pour l’accès aux soins en Afrique (Mali) ; 22 ans de services. 

    M. Butel (Jean-Claude, Emile), président d’une association socioculturelle (Maroc) ; 38 ans de services. 

    M. Cabestan (Jean-Pierre, Aurélien), sinologue, professeur à l’université baptiste de Hong Kong (Chine) ; 31 ans de services. 

    Mme Carvallo (Hélène, Henriette, Inès), avocate conseil du consulat général de France à New York (États-Unis) ; 13 ans de services. 

    Mme Casto (Sandrine-Pia), présidente de l’Alliance française de Panama ; 20 ans de services. 

    M. Dayon (Alexandre, Michel, Yves), président-directeur de la stratégie d’une société proposant des solutions de gestion de la relation client (États-Unis) ; 31 ans de services. 

    M. Doro (Raphaël, Robustiano), avocat conseil de l’ambassade de France à Malabo (Guinée équatoriale) ; 36 ans de services.

    M. Jacquemard (Jean-Robert, Henri), président d’une chambre de commerce et d’industrie ; 49 ans de services. 

    M. Khatib (Oussama), professeur et directeur d’un laboratoire de robotique à l’université de Stanford (États-Unis) ; 40 ans de services. 

    Mme Labi (Rosine, Eva dite Eva), directrice générale adjointe d’une association consacrée à l’éducation et à la culture (Israël) ; 47 ans de services. 

    M. Lauras (Christophe, Yves), vice-président d’un groupe hôtelier, président de la chambre de commerce et d’industrie France-Chine (Chine) ; 26 ans de services. 

    M. Mallebay-Vacqueur (Jean, Pascal, Didier), consul honoraire de France dans le Michigan (États-Unis) ; 37 ans de services. 

    Mme Marchal (Elisabeth, Marie, Arlette), directrice administrative d’une entreprise, ancienne conseillère consulaire d’Atlanta (États-Unis) ; 33 ans de services. 

    Mme Martin, née Khediri (Catya, Claudine), rédactrice en chef d’un magazine francophone, présidente du conseil consulaire de Hong Kong (Chine) ; 16 ans de services. 

    M. Noirtin (Jean-Pierre, Albert, Henri), ancien président de la section française du comité France-Ukraine d’une association caritative ; 52 ans de services. 

    M. de Nuñez (Mauricio, Carlos), avocat conseil de l’ambassade de France (Argentine) ; 43 ans de services. 

    Mme Onillon, née Subileau (Françoise, Bernadette), conseillère des Français de l’étranger, ancienne directrice artistique d’un groupe de prêt-à-porter (Chine) ; 37 ans de services. 

    M. Pech (Xavier, Robert, René), entrepreneur dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, président d’une association mémorielle à Hong Kong (Chine) ; 30 ans de services.

    Mme Record, née Chirila (Adriana), directrice exécutive de la chambre de commerce et d’industrie française en Roumanie ; 17 ans de services. 

    M. Réveillon (Noël, Gilbert dit Gilbert), directeur général d’un cabinet de conseil en technologie de l’information et en connexions d’objets, conseiller du commerce extérieur ; 31 ans de services. 

    Mme Rossi (Ana, Helena), enseignante-chercheuse à l’institut des lettres de l’université de Brasilia (Brésil) ; 23 ans de services. 

    M. Rossi (Frédéric, Gaston, Bernard), directeur pour l’Amérique du Nord d’un opérateur économique de l’Etat ; 26 ans de services. 

    M. Thien-Ah-Koon (Pascal), avocat (Taïwan) ; 21 ans de services. 

    Mme Trichot (Claire, Andrée), directrice-fondatrice d’une association d’aide aux mères isolées (Maroc) ; 22 ans de services.

    M. Weill (Bruno, Philippe), directeur général d’un groupe bancaire (Chine) ; 17 ans de services. 

    Mme Yang (Juh-Wen dite Lena), journaliste, traductrice, productrice de cinéma (Chine) ; 24 ans de services.

    Les promus

    Mme Bellot, née Vasseur (Véronique, Geneviève), secrétaire du chef de poste à l’ambassade de France à Port-au-Prince (Haïti) promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    M. Siew, né Siew Hew Sam (Gaetan, Michel), architecte, ancien président d’une organisation professionnelle internationale (Île Maurice) promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Ngwé, née Latchoumanin (Marie-Andrée, Marguerite), avocate (Cameroun). Chevalier du 30 octobre 1999 promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Gris, née Loumeau (Marie, Bernadette, Marcelle dite Catherine), ancienne directrice générale d’une organisation professionnelle (Île Maurice). Chevalier du 5 juillet 2013 promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Le Coze (Marguerite, Gabrielle dite Maguy), restauratrice (États-Unis) ; 36 ans de services promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Estève (Laurence, Marie, Isabelle), cofondatrice et directrice générale d’une école de cirque (Afrique du Sud). Chevalier du 22 septembre 2012 promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    M. Ripert (Eric, Franck), chef restaurateur (États-Unis) ; 31 ans de services promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Bonnafous (Jacqueline, Claire), psychologue et psychothérapeute (États-Unis) promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    M. Carcy (Jacques, Jean, Louis), vice-président de l’Alliance andorrano-française (Andorre) promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

  • L’automobile en révolution

    L’automobile en révolution

    Les automobiles sont devenues, ces dernières années, des ordinateurs mobiles. L’informatique est omniprésente, pour le fonctionnement des moteurs, pour la gestion de l’énergie -en particulier pour les véhicules électriques- pour le guidage et les différents systèmes de sécurité passifs ou actifs. Cette informatisation ne peut que s’accroître avec l’apparition, à terme, de flotte de véhicules autonomes.

    7,7 millions de voitures n’ont pas été fabriquées faute de microprocesseurs 

    Les constructeurs automobiles sont, de ce fait, comme la crise sanitaire l’a révélé, de plus en plus dépendants des fournisseurs de microprocesseurs. En 2021, 7,7 millions de voitures n’ont pas été fabriquées faute de microprocesseurs. Des constructeurs ont été contraints de proposer des modèles simplifiés au niveau de l’informatique pour compenser cette absence de puces. 

    L’informatisation des véhicules modifie en profondeur l’industrie automobile. Jusqu’à une date récente, le marché était dominé par quelques grands groupes, l’arrivée de nouveaux constructeurs étant rendue difficile en raison des coûts de production et de distribution élevés. Les vingt dernières années avaient été marquées par la montée en puissance des constructeurs chinois. Sur un marché concurrentiel et exigeant d’importants investissements, la concentration au sein des pays de l’OCDE s’est accrue dans les années 2000. Opel et Fiat ont ainsi rejoint le groupe Stellantis.

    Tesla révolutionne l’univers de l’automobile en opposition aux pratiques de sous-traitance 

    La percée de Tesla, devenue en quelques années, la première capitalisation du secteur, marque une rupture. Pendant des années, Elon Musk fut raillé; nul n’imaginait qu’un nouveau constructeur puisse produire en masse des véhicules et les distribuer tout autour de la planète. En 2021, Tesla a écoulé 936 172 voitures dans le monde, contre 499 550 en 2020. Cette entreprise révolutionne l’univers de l’automobile comme Ford l’avait fait dans les années 1920 et Toyota dans les années 1980. Contrairement à la pratique des dernières décennies, Tesla a décidé d’internaliser l’ensemble du processus de production. Il a repris quelques principes qui avaient fait le succès des constructeurs au XXe siècle. 

    Henry Ford s’approvisionnait en matières premières, comme le caoutchouc pour les pneus et l’acier pour les châssis, dans les plantations et les hauts fourneaux appartenant à son entreprise. Son usine de River Rouge à Detroit était alimentée au charbon des mines Ford. Tesla a récemment conclu des accords avec des mines de lithium et des fournisseurs de graphite. Tesla dispose ainsi de ces propres usines de fabrication de batteries. Elle produit non seulement les groupes motopropulseurs en interne mais aussi les appareils électroniques embarqués. Tesla conçoit également ses propres semi-conducteurs et a des liens plus étroits que les autres constructeurs automobiles avec ceux qui les fabriquent. Elle a été moins touchée que les autres constructeurs par la pénurie mondiale de microprocesseurs. Les ingénieurs logiciels de Tesla ont créé une architecture informatique centralisée. Elon Musk a abandonné le recours à des concessionnaires pour privilégier l’ouverture de magasins Tesla. Il s’est inspiré d’Apple en optant pour des magasins luxueux. Le modèle développé par Tesla est gagnant dans un contexte de pénurie. Selon la banque UBS, « l’intégration représente un avantage concurrentiel fort dans un environnement de chaînes d’approvisionnement structurellement tendues ». 

    Les choix d’Elon Musk sont en opposition aux pratiques développées des années 1980 jusqu’à nos jours. Les constructeurs étaient devenus des assembleurs. Ils avaient externalisé la production sur des sous-traitants comme Bosch, Continental, Denso, Valéo et bien d’autres. Ils avaient conservé la conception et le marketing. Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, a déclaré que ses voitures étaient à 85 % issues de pièces provenant de l’extérieur. Mercedes-Benz estime que 70 % de la valeur ajoutée de ses voitures proviennent de ses fournisseurs.

    La maitrise des chaînes d’approvisionnement devient une priorité 

    La crise sanitaire mondiale, la crise en Ukraine et le succès de Tesla incitent les concurrents à revoir leur modèle de production. La maitrise des chaînes d’approvisionnement devient une priorité. En 2021, BMW a investi 334 millions de dollars dans un projet de lithium argentin. Toujours en 2021, Stellantis et Renault ont chacun signé des accords avec Vulcan Energy Resources pour l’accès aux minerais essentiels pour les véhicules électriques. Les constructeurs entendent également rapatrier en leur sein la fabrication des batteries qui constituent désormais le premier centre de coût des véhicules électriques. Volkswagen a décidé la création d’un centre de fabrication de batteries en interne et a affecté à cet investissement 2 milliards d’euros en 2022. Le constructeur allemand a prévu de construire six usines de batteries en Europe d’ici 2030. Ford a décidé la construction de trois centres de fabrication de batteries aux États-Unis avec un investissement portant sur plus de 10 milliards de dollars. GM a annoncé un investissement de 2,3 milliards de dollars pour une usine de batteries au Tennessee construite avec LG. Stellantis et Mercedes investiront 7 milliards de dollars dans des usines de batteries en France et en Allemagne.

    Développer ses propres moteurs électriques et ses propres logiciels

    Les constructeurs sont de plus en plus nombreux à concevoir en interne leurs moteurs électriques. Hyundai et l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi sont les derniers à maintenir une externalisation dans ce domaine. BMW, Ford, GM, Mercedes et VW envisagent au contraire de fabriquer davantage de moteurs dans leurs propres usines. 

    Pour éviter les goulets d’étranglement et mieux maîtriser les chaînes d’approvisionnement, les constructeurs automobile nouent des alliances avec des fabricants de microprocesseurs. Qualcomm et Nvidia sont ainsi de plus en plus associés au processus de production des véhicules quand auparavant ils n’étaient considérés que comme des sous-traitants secondaires. VW envisage même de concevoir ses propres microprocesseurs, comme le fait Tesla. 

    Au niveau des logiciels, plusieurs constructeurs réfléchissent à développer leur propre système pour ne pas être dépendants de Microsoft, Google ou Apple. Au cours des prochaines années, les logiciels devraient devenir la principale source de revenus de l’industrie. Les logiciels automobiles devraient, selon UBS, rapporter environ 1,9 milliard de dollars par an d’ici 2030. Ford a débauché Doug Field, qui avait été en charge de projets spéciaux chez Apple. Jim Rowan, qui a pris la direction de Volvo en mars 2022, est un ancien patron de Dyson, une entreprise d’électronique. Ferrari, est dirigée, depuis septembre 2021, par Benedetto Vigna, recruté chez STMicroelectronics, une société suisse de semi-conducteurs. En 2020, VW a créé une branche logicielle distincte. Mercedes et Toyota envisagent de créer un système d’exploitation propriétaire. Stellantis prévoit d’embaucher 4 500 ingénieurs en logiciel d’ici 2024. 

    Plusieurs constructeurs automobiles mettent en place des centres de recherche et développement dans des hubs technologiques, de la Silicon Valley à Shanghai. Si durant des années, les constructeurs ont privilégié le recours aux franchises, aux concessionnaires, ils optent de plus en plus pour l’ouverture de boutiques en direct en charge de la vente. Auparavant, les lieux de vente étaient également les garages. Désormais, il y a distinction. Les ventes directes forgent également un lien plus étroit avec les acheteurs qui pourraient ensuite acheter des services et des mises à niveau supplémentaires. Les constructeurs sont engagés dans une course de vitesse pour ne pas subir le sort de Kodak au moment de la révolution numérique dans la photographie. Ils doivent simplifier leurs réseaux de fournisseurs et leurs structures.

    Séparer la production des voitures électriques de celle des voitures thermiques 

    Pour accélérer le changement, plusieurs sociétés prévoient de séparer la production des voitures électrique de celle des voitures thermiques. Ford et Renault sont sur ce modèle. Le secteur de l’automobile connaît une mutation d’une ampleur inégalée depuis sa taylorisation. Des millions de salariés sont concernés à l’échelle mondiale. Pour les concessionnaires, les sous-traitants, la remise en cause est brutale. La révolution de ce secteur ne peut que s’accélérer avec la nécessité de la transition énergétique et l’apparition des flottes autonomes. La place de la voiture au sein de la société évolue rapidement avec la réduction de sa place dans les grandes agglomérations.

  • Commission des finances : « Je serai un vrai contre-pouvoir », lance Eric Coquerel

    Commission des finances : « Je serai un vrai contre-pouvoir », lance Eric Coquerel

    A la veille du vote pour élire le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, prévu jeudi (30 juin), Eric Coquerel, candidat au nom de la coalition des forces de gauche NUPES a répondu aux questions d’EURACTIV France.

    Eric Coquerel est député – La France insoumise – de la 1ère circonscription de Seine-Saint-Denis.

    Euractiv : Dans un entretien samedi (25 juin) à l’Agence France-Presse, Emmanuel Macron a expliqué que les idées de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN) « ne sont pas conformes aux principes de la République », même s’il ne met pas de « signe égal » entre les deux partis. Comment réagissez-vous à ces propos ?

    Tout cela est très politicien. Quand M. Macron avait besoin des voix de gauche pour faire blocage au RN dans l’entre-deux-tours des élections présidentielles, il faisait applaudir Jean-Luc Mélenchon.

    Comme les choses ont changé depuis les résultats des législatives ! Face à cette situation inédite de majorité relative, M. Macron a une attitude d’enfant-roi : il refuse d’accepter la réalité politique pour ce qu’elle est.

    De fait, il cherche des soutiens du côté du parti Les Républicains (LR) afin de créer une coalition qui soit compatible avec le système néolibéral qui est le sien. En même temps, il tente de diviser la NUPES, mais nous ne céderons pas.

    Euractiv : Pourtant, il semblerait que les divisions au sein de la NUPES soient réelles : refus de former un groupe uni à l’Assemblée nationale, critiques de la part du secrétaire national du Parti communiste français (PCF) Fabien Roussel à l’encontre de l’alliance… La NUPES n’est-elle pas déjà en train de se fissurer ?

    Les propos de M. Roussel n’engagent plus le PCF. Tout au long des négociations entre les partis de gauche, M. Roussel a fait des sorties dans les médias qui étaient ensuite démenties par sa délégation. En pratique, c’est bien la délégation PCF, et non pas M. Roussel, qui a permis que l’accord se fasse.

    Pour ce qui est d’un groupe parlementaire uni, ce n’était pas dans l’accord de base, signé avant les législatives. Si LFI a toujours pensé qu’un groupe uni serait plus efficace face au RN, ce n’est pas nécessaire pour que toutes les forces de gauche travaillent de concert. Nous aurons des réunions hebdomadaires et les décisions seront prises ensemble.

    Aujourd’hui, la coalition NUPES marche, et elle marche bien.

    Euractiv : Pourtant des divisions persistent sur des sujets majeurs, comme l’Europe…

    Paradoxalement, sur le sujet européen qui semblait le plus compliqué, nous avons trouvé un accord très clair : nous ne sommes pas anti-Europe et en aucun cas ne souhaitons quitter l’UE, mais nous sommes prêts à désobéir aux règles qui nous empêcheraient d’appliquer le programme de la NUPES.

    Euractiv : On ne peut pas nier des désaccords profonds entre l’euroscepticisme qui caractérise LFI et le fédéralisme qui est au cœur, par exemple, de la position des écologistes.

    Mais un accord a tout de même été trouvé ! Les choses seraient peut-être différentes si nous gouvernions, mais aujourd’hui cet accord nous permet au moins de dire des choses de manière unie.

    Euractiv : Avec l’octroi du statut de candidat à l’Ukraine et la Moldavie, l’UE a envoyé un message politique « historique », selon Emmanuel Macron. Quelle est votre analyse ?

    C’est évidemment un signe politique fort. Nous croyons que l’UE peut être un outil de progrès social et écologique, mais il faut une harmonisation sociale et fiscale, sans laquelle la compétition entre les peuples va mener à de nouveaux nationalismes. L’UE ne peut pas être une machine à baisser le niveau de vie. L’exemple de l’Ukraine est à ce niveau-là flagrant : le salaire minimum est de 140 euros.

    Régler des problèmes géopolitiques à travers l’intégration de nouveaux pays au sein de l’UE ne marche pas : il faut aussi assurer une non-régression sociale et écologique et faire en sorte que l’UE s’aligne toujours au pays le mieux-disant en termes sociaux.

    « Aujourd’hui, on peut le dire : une gauche de rupture est de retour. La présidence de la commission des finances présentera donc une alternative aux politiques d’austérité et néo-libérales » a dit Eric Coquerel à EURACTIV France. [EPA-EFE / LUDOVIC MARIN / POOL]

    Euractiv : Vous avez été désigné candidat à la présidence de la Commission des finances par la NUPES. Si vous êtes élu, quel président serez-vous ?

    Je serai un vrai contre-pouvoir, comme le prévoient les textes. Les cris d’affolement qu’on entend aujourd’hui au sujet d’une présidence LFI nous renvoient à l’idée que l’opposition a, pendant longtemps, été compatible avec le système néo-libéral que portaient les différents gouvernements, même sous François Hollande [président de la République de 2012 et 2017].

    Aujourd’hui, une gauche de rupture est de retour, prête à présenter une alternative aux politiques d’austérité que nous promet M. Macron.

    Euractiv : Eric Woerth vous accuse de vouloir « faire du contrôle fiscal » si vous êtes élu président…

    C’est absurde : je ne vais évidemment pas me lancer dans une chasse aux sorcières de mes adversaires politiques – je suis tenu au secret fiscal et je le respecterai. Les réactions des uns et des autres sont tellement disproportionnées que je me demande s’ils n’ont pas quelque chose à cacher…

    Néanmoins, combattre l’évasion fiscale est un enjeu crucial qui sera au cœur de mon action, comme nous le rappelle l’affaire McDo, accusé de fraude fiscale [qui paiera une amende de 508 millions d’euros].

    Euractiv : Quels sont les autres sujets prioritaires à traiter ?

    Je souhaite faire meilleur usage de l’article 40 de la Constitution [qui dispose que les amendements parlementaires ne sont pas recevables s’ils ont pour conséquence une diminution des ressources publiques, ainsi que la création ou l’aggravation d’une charge publique].

    L’ancien président de la Commission Éric Woerth a eu une lecture très large de cet article, ce qui a empêché le dépôt de nombreux amendements lors de la dernière mandature. Je souhaite faire appliquer cette règle de manière plus limitée, en clarifiant clairement ses contours.

    Euractiv : Quelles relations comptez-vous entretenir avec le RN ? Le dialogue entre LFI et le RN est-il possible ?

    Voyons déjà s’ils se présentent dans l’Hémicycle : ils n’étaient presque jamais là pendant cinq ans. Ensuite, vu le pédigrée de certains nouveaux élus, j’ai peur que les conversations soient compliquées…

    Je n’imagine pas de dialogue avec le RN, qui n’est pas un parti républicain, au vu de leur histoire et leurs racines. Malgré la « dédiabolisation » tant prônée par Marine Le Pen, les thématiques restent d’extrême droite. Autant je peux aller prendre un café avec des membres de LR, autant je ne peux pas avec le RN.

    Euractiv : Pourtant, dans les duels Ensemble-RN du second tour des législatives, 24 % des électeurs NUPES ont voté RN. Quel message envoyez-vous à ces électeurs ?

    J’envoie le même message que celui envoyé par M. Mélenchon aux « fâchés pas fachos » : en aucun cas le RN est une solution à la colère sociale qui anime le pays.

    Sur les plans économique et social, le RN et la majorité présidentielle partagent les mêmes idées libérales, notamment sur les sujets de déficit et de dépenses publiques. Ces deux partis sont d’accord pour repousser l’âge de la retraite, ou encore pour baisser les cotisations patronales. Ce n’est donc pas par hasard si des macronistes de haut-rang comme le garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti ou Éric Woerth tendent la main au RN.

    Par ailleurs, le premier mandat de M. Macron s’est soldé par des mesures qui auraient très bien pu être mises en œuvre par un gouvernement RN : souvenez-vous du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui expliquait lors d’un débat télévisé que Marine Le Pen était trop « molle » sur les sujets d’islamisme !

    Euractiv : Le gouvernement s’apprête à présenter son projet de loi « pouvoir d’achat ». Allez-vous participer aux négociations sur le texte ?

    La NUPES s’apprête à déposer une proposition de loi d’urgence sociale cette semaine, qui regroupe nos promesses des législatives : SMIC à 1 500 euros, retraites réhaussées, augmentation des minima sociaux, revenu garanti pour les jeunes des lycées professionnels, blocage des prix et des loyers.

    Euractiv : Comment allez-vous financer cette proposition de loi ?

    Notre proposition coûtera 64 milliards d’euros qui, peu ou prou, sera financée par le rétablissement d’un impôt sur la fortune progressif, en supprimant la flat tax sur le capital, et en imposant une nouvelle taxe exceptionnelle sur les entreprises « profiteuses de crise ». Enfin, nous supprimerons certaines niches fiscales anti-écologiques.

    Pour le reste, nous ne sommes pas pour un retour aux 3 % de déficit budgétaire – ce qui veut dire que nous sommes prêts à augmenter les dépenses si nécessaire.

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