Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • L’économie mondialisée face à l’inflation, une première

    L’économie mondialisée face à l’inflation, une première

    Dans les années 1970 et 1980, l’inflation s’était imposée dans un très grand nombre de pays en lien avec les deux chocs pétroliers et l’instauration de mécanisme d’indexation durant les Trente Glorieuses. La lutte contre la hausse des prix a été menée notamment à la fin des années 1970 par la FED de Paul Volcker. Ce dernier porta les taux directeurs de la Réserve fédérale de 11 % en 1979 à 20 % en juin 1981. Il décida, en retenant les idées économiques de Milton Friedman, d’annoncer les taux de progression de la masse monétaire afin de casser les anticipations. L’inflation américaine qui était de 13,5 % en 1981 revint à 3,2 % en 1983 au prix d’une sévère récession. Les différents pays suivirent les États-Unis. Si aujourd’hui les banques centrales reprennent les grandes lignes de cette politique monétaire, le contexte est profondément différent. L’économie mondialisée et les mouvements de capitaux se sont démultipliés. 

    Une onde de choc mondiale

    La hausse des taux directeurs est une vague qui s’est formée dès le milieu de l’année 2021 et qui gagne, mois après mois, en force. Au cours du printemps de l’année dernière, des banques centrales d’Amérique latine et d’Europe centrale ont commencé à relever les taux d’intérêt pour éviter la dépréciation de leurs monnaies et pour contenir l’inflation. À la fin de l’année 2021, la Norvège et la Corée du Sud, se sont joints au mouvement. En 2022, presque toutes les grandes économies ont suivi, à l’exception du Japon. Depuis les années 1980, jamais un mouvement d’ensemble ne s’était produit. 

    Avec l’accélération du resserrement monétaire, un nombre croissant d’économistes souligne que les prises de positions rapides et synchrones des banques centrales étaient susceptibles de conduire à une récession mondiale. Maurice Obstfeld, ancien économiste en chef du FMI, a déclaré que l’incapacité des banques centrales à tenir compte des effets mondiaux de leurs politiques expose l’économie mondiale au risque d’un ralentissement « historique ». 

    En l’état, les effets combinés des hausses sont difficilement appréciables. L’inflation est au départ un problème monétaire. Elle se nourrit de l’abondance des liquidités. Or, depuis 2007, les banques centrales ont accru, sans précédent, leur bilan et de ce fait la masse monétaire en circulation. Jusqu’à 2021, les liquidités émises étaient en grande partie stérilisées dans des actifs comme l’immobilier ou les actions. Depuis la crise sanitaire, avec les plans de relance, les liquidités sont de retour dans les circuits productifs qui ont été désorganisés par les confinements et depuis peu par la guerre en Ukraine. 

    En augmentant les taux, les banques centrales ont décidé de ralentir la croissance en réduisant la demande, mais dans une économie mondialisée, celle-ci est mondiale. Quand une banque centrale augmente ses taux directeurs, cela affecte également la demande adressée aux autres pays. Si ces interactions ne sont pas prises en compte, l’économie mondiale ralentira bien plus que ce que les banques centrales avaient individuellement imaginé.

    Un resserrement non coordonné peut engendrer une guerre des devises 

    L’interdépendance se manifeste également au niveau des capitaux. Une hausse des taux dans un pays attire les capitaux étrangers et renforce la valeur de sa devise comme cela est constaté actuellement pour le dollar. Le pays bénéficie d’une réduction des coûts d’importation, ce qui facilite sa lutte contre l’inflation. 

    La zone euro se trouve dans une situation inverse avec une devise qui se déprécie. Un resserrement politique non coordonné peut engendrer une guerre des devises, dans laquelle chaque pays s’efforce de déplacer le fardeau de l’inflation chez l’autre, la conséquence pouvant être une montée aux extrêmes des taux. 

    La hausse des taux d’intérêt peut déstabiliser le marché des changes et avoir de lourdes conséquences pour les pays émergents. L’économie est devenue beaucoup plus intégrée financièrement qu’en 1971, lorsque John Connally, alors secrétaire au Trésor américain, avait déclaré aux représentants des États étrangers que « le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème ». Un dollar cher et des taux en augmentation peuvent provoquer des défauts de paiement et des problèmes d’importation pour des pays émergents et en développement. 

  • Comment parler avec le diable ?

    Comment parler avec le diable ?

    Il est partout. Dedans, dehors. Pas besoin de croisade contre le diable, plutôt des grigris, des rites et des fétiches, prières, discours et rencontres. Une façon de parler qui s’apprend. 

    Poutine dénonce le satanisme à l’œuvre en Occident. Les États-Unis étaient déjà le Grand Satan des Ayatollahs. A maudire ensemble l’Adversaire, Russes et Iraniens partagent cette propension à tirer sur les femmes et les enfants d’abord. 

    Viser les femmes et les enfants 

    Les drones iraniens, tristes démons ailés, lancent leur feu sur les parcs et les écoles en Ukraine. Les Gardiens de la Révolution et la police religieuse tuent des femmes et des enfants : près d’un tiers des 180 morts assassinés dans les manifestations en Iran seraient des mineurs. 

    Les Ayatollahs disent que ces femmes sont inspirées par les Etats-Unis. Le ministre iranien, Nasser Katani, dénonce aussi la France : « Les droits de l’Homme, dans le dictionnaire de nombreux gouvernements occidentaux prétentieux, ne sont rien de plus qu’un jouet et un outil pour atteindre des objectifs politiques et s’immiscer dans les affaires d’autres pays ». 

    Comme il a raison ! La preuve : les cinq pays qui ont refusé de condamner l’annexion des territoires en Ukraine -outre la Russie, la Biélorussie, l’Erythrée, la Syrie, la Corée du Nord- dénoncent avec constance l’hypocrise droit de l’hommiste, tout comme, d’ailleurs, certains des 35 autres pays qui se sont abstenus, à l’image de la Chine. Le génie de Xi Jinping rappelle avec persévérance que les droits de l’Homme ne sont pas universels, le « rêve chinois », -police et prospérité-, lui, est universel, pas les droits de l’Homme.

    Les deux pays les plus peuplés de la planète ont leurs prudences : l’Inde aussi s’est abstenue. Dans un pays polythéiste le diable est partout : chez les Américains, les musulmans de l’intérieur, les Chinois athées. Les Russes aussi sentent le souffre, mais le pétrole n’a pas d’odeur. Le « partenariat stratégique » de la France avec l’Inde se limitera donc au purgatoire. On sait jusqu’où on peut compter sur l’Inde. Mais qui en doutait ?

    La clim, ça existe, en enfer, en Arabie comme au Qatar

    Sous le feu russe, l’alliance américano-saoudienne fond comme neige au soleil d’Arabie. Joe Biden avait fait son mea culpa: l’Etat paria ne l’était plus, MBS devait être bon Prince. Parler avec le diable encore et toujours. Mais ce n’est pas à quelqu’un qui organisera en 2029 les Jeux d’hiver d’Asie dans le désert, d’où l’on chasse les derniers bédouins héritiers des compagnons de Lawrence d’Arabie, dans une ville qui n’existe pas encore, que l’on va chauffer le chaud et le froid. La clim, ça existe, en enfer, en Arabie comme au Qatar. 

    Le président américain Joe Biden et le prince héritier Mohammad ben Salmane, à Djeddah, en Arabie Saoudite, le 15 juillet 2022 ©UPI/Newscom/SIPA/AFP

    On y jouera la coupe du Monde bientôt, malgré ces hypocrites qui ne veulent pas voir les matchs en public mais seulement de chez eux. Ah les pantoufles ! Les voilà les consciences : ils ne voient même pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Le droit du travail a fait des progrès immenses au Qatar, le droit des femmes aussi, les homos ont même le droit d’être discrets et l’alcool coulera à flot dans les hôtels. Tout le monde, sur la planète, ne peut pas présenter des avancées aussi rapides.  

    Peut-on jouer au foot chez le diable ? Le sport a cette fausse pudeur apolitique qui permet d’envoyer des messages. « Enc…, l’arbitre » ? Combien de coups de fouet pour une insulte homophobe ? 

    Erdogan est un derviche tourneur. Lucifer Lula combat Mephisto Bolsonaro

    Dialoguer ! Emmanuel Macron dans son intervention télévisée en a montré l’utilité : les céréales, la centrale nucléaire, le fil d’Ariane de la paix, qu’il ne faut jamais lâcher. Dans ce domaine Erdogan est un derviche tourneur. Un coup à Prague pour la grand-messe de la nouvelle Communauté Politique Européenne, un coup à Astana avec la Russie. Le vrai diable, pour Erdogan, c’est la secte Gülen, accusée d’un coup d’Etat qui lui a permis d’envoyer des milliers de mauvais djins en prison. A force de contorsion, plus personne ne le croit. L’économie turque se désagrège, son palais est de sable. Le diable est dans la boîte. 

    Dans la boîte des démocraties aussi. Au Brésil, Lucifer Lula combat Mephisto Bolsonaro, soutenu par les Evangélistes. Des possédés. Les deux sont contre l’avortement. Un programme commun contre les femmes ? Sont-ils vraiment l’un fasciste, l’autre communiste ? 51 millions de voix pour l’un, 57 millions pour l’autre, double record. La démocratie brésilienne, aussi imparfaite soit-elle, serait-elle remise en cause par le vainqueur ? Pas plus qu’en Italie, où l’accession au pouvoir d’une admiratrice de Mussolini ne signifie pas une nouvelle marche sur Rome. « Dieu, famille, patrie », prie-t-elle, songeant à feu son père qu’elle a refusé de revoir après une condamnation pour drogue. Sans pardon. Son allié Berlusconi et son amie dentiste Nicole qui faisait des strip-tease déguisée en religieuse lors de soirées bunga bunga en frissonne. En Suède, le nouveau gouvernement s’appuie sur l’extrême droite. En Pologne elle est installée, comme en Hongrie, tenants de démocraties illibérales

    Que ce soit en politique interne, en Europe, en politique internationale, la seule alternative au dialogue avec l’ennemi, ce serait la violence. Le pape François l’a dit : « même si ça sent mauvais, il faut dialoguer ». Exorcisme. Shimon Peres : « Avec qui vais-je faire la paix si ce n’est avec mon ennemi ? » Kouchner, à propos de discussions étranges avec les Farc : « Si on veut arriver à quelque chose, il faut être capable de discuter même avec le diable. »

    Quand on dialogue, continuer à taper. Plus on parle, plus on tape.  

    Comment parler avec le diable ? Avec un gros bâton bien sûr, très gros. Mais ce n’est pas suffisant car le diable pensera que tant qu’il y a dialogue, il n’y aura pas de coups de bâton. Lui montrer son erreur : quand on dialogue, continuer à taper. Plus on parle, plus on tape. Le dialogue n’est pas une trêve. Parler, taper, selon le petit manuel de torture, ou de l’inquisiteur.

    Ne pas hésiter à apparaître comme le diable de l’autre. C’est bien ainsi que Poutine, Maduro, Ortega, Xi Jinping, la junte birmane, Kim Jung Un, la junte ayatollesque, et tant d’autres, voient l’Occident. Chacun voit son « empire du mal ». 

    Ils n’ont pas tort. : ne jamais cesser d’ « agiter le drapeau rouge contre le drapeau rouge ». Ils ne veulent pas que l’on parle du Tibet, du Xinjiang, des droits de la femme, des LGBT, de la démocratie ? Continuer ! Qu’ils se grattent jusqu’au sang tellement cela leur donne de l’urticaire.

    Tout est une arme : énergie, images, discours, la guerre ouvre de multiples metavers.

    Il y a bien une école qui prétend qu’en politique on devrait s’en remettre seulement aux rapports de force et aux intérêts. C’est ignorer toutes les leçons de la « guerre hybride » :  toute guerre est émotionnelle, idéologique, intellectuelle. Tout est une arme : énergie, images, discours, la guerre ouvre de multiples metavers. 

    « On ne remporte pas les guerres en envoyant seulement des tanks, des missiles ou des troupes. C’est un grand combat : qui va gagner les esprits et les âmes des gens ? », lance Josep Borell, le Haut Représentant de l’UE aux ambassadeurs.  

    Que proclame Winnie l’Ourson, alias Xi Jinping, dans son discours de sacre au congrès du Parti communiste chinois ? Que la Chine restaurée devient le modèle d’un autre monde, celui de la paix, de la prospérité, de l’équilibre autour de l’Empire du milieu, une alternative au désordre mondial américain, autre face du diable. « L’Orient est rouge, le soleil se lève », chantait-il enfant à la gloire de ce Mao qu’il éclipse.

    Mieux vaut être le diable qui fait crédit que l’inverse. Cela vaut pour la France aussi.

    La Chine n’a pas voulu, au G20, entrer dans la discussion pour alléger le poids de la dette des pays les plus pauvres. Elle n’a pas voulu discuter avec les pays africains, le FMI et le Club de Paris. Zambie, Tchad, Ethiopie, Sri Lanka plongent. Les pays les plus pauvres doivent payer 35 milliards $ l’an prochain, plus de 40% à la seule Chine. Faire crédit au diable, vendre son âme. Mieux vaut être le diable qui fait crédit que l’inverse. Cela vaut pour la France aussi.

    Borell toujours : « Nous devons expliquer le lien entre la liberté politique et une meilleure vie. Notre combat est d’expliquer que la démocratie, la liberté, la liberté politique, n’est pas quelque chose que l’on peut échanger contre une économie prospère ou une cohésion sociale. Ces choses vont toutes ensemble. Le risque, sinon, est que notre modèle périsse et ne soit pas capable de survivre dans ce monde. ».

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 17.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 17.10.22

    Bonjour à tous, je suis heureux de vous retrouver pour une semaine de flashs dédiés aux Français de l’étranger. Ce lundi, on découvre la nouvelle campagne de communication de l’administration consulaire, on se penche sur le cas des élus à l’étranger ayant plusieurs nationalités et on revient sur la « Marche contre la vie chère » de ce dimanche à Paris. 

    L’action consulaire en 27 minutes

    L’administration consulaire est sous le feu de nombreuses critiques depuis 3 ans. Baisse des effectifs, digitalisation, pandémie, des facteurs qui ont désorganisé les consulats, on s’en fait régulièrement l’écho. En réaction, la direction des Français de l’étranger a commandé un webdocumentaire qui est en ligne depuis vendredi 14 octobre. On y découvre les coulisses de l’administration centrale, des consulats mais aussi on partage avec les fonctionnaires leurs angoisses, leurs joies liées à l’expatriation. Ils partagent, aussi, avec nous leur vécu au service des Français de l’étranger lors de situations difficiles comme des morts violentes, des enlèvements, etc. Un film à retrouver sur le site Lesfrancais.press 

    action consulaire
    Action consulaire

    Un rapport sur la binationalité 

    3 Françaises de l’étranger, élue, universitaire et journaliste, ont associé leurs travaux pour publier un rapport sur les citoyens élus qui ont plusieurs nationalités. Comment faire cohabiter deux allégeances ? Quelles conséquences ? Elles proposent aussi des dispositifs pour faire de ces situations des opportunités pour notre pays et nos compatriotes hors de France. Là aussi, vous pouvez télécharger le rapport complet sur le site Lesfrancais.press.

    A Paris, 140 000 personnes ont défilé contre la vie chère 

    Quelque 140.000 personnes, selon les organisateurs, participaient dimanche à Paris à la « marche contre la vie chère et l’inaction climatique », organisée par l’alliance de gauche Nupes. “Nous avons d’ores et déjà réussi notre pari. Ce n’est qu’un début », a estimé la députée LFI Aurélie Trouvé, cheville ouvrière de la marche. Peu avant, Jean-Luc Mélenchon avait évoqué « un immense succès” que ses troupes ont décidé de décliner encore cette semaine dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale alors que les discussions sur le budget 2023 tourne à la foire d’empoignes.

    Paris le 16 octobre 2022 ©AFP

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition !

    Bon lundi à tous où que vous soyez.  

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Un rapport pour comprendre les enjeux de la binationalité en politique

    Un rapport pour comprendre les enjeux de la binationalité en politique

    La nationalité double ou multiple, soit détenir la citoyenneté ou la nationalité de deux ou plusieurs pays en même temps, est un principe que les expatriés connaissent bien, mais quelles en sont les conséquences quand on s’engage dans la sphère politique d’un des Etats dont on a la nationalité ? Une situation finalement assez courante chez les Français de l’étranger, même si elle est peu assumée. En effet, comment s’assurer de l’allégeance de la femme ou l’homme politique ? Comment l’élu(e) disposant de deux nationalités gère-t-il(elle) les tensions entre ses deux pays si elles se présentent ? Des questions que se sont posées Florence Baillon, docteure en littérature, spécialiste en relations internationales, Laure Pallez, élue consulaire aux USA, et Hélène Demeestere, historienne et élue binationale à Los Angeles. Elles furent accompagnées dans ce long travail de recherche par Marie-Christine Peltier Charrier, anthropologue et sans qui rien n’aurait été possible.

    Afin de publier ce rapport pour le compte du think-tank, la France et le Monde en commun, elles ont mené une véritable enquête auprès des élus, de l’administration et avec une rigueur universitaire, les 3 femmes, toutes engagées auprès de nos compatriotes à l’étranger, ont publié en septembre un rapport. La rédaction l’a parcouru pour vous. Si vous désirez aller plus loin, le document est en libre téléchargement en fin d’article.

    Mais qu’est-ce que la double nationalité ?

    Lorsqu’on obtient la double nationalité (soit par mariage, naissance ou naturalisation), le nouveau citoyen bénéficie des mêmes droits, privilèges et responsabilités juridiques que toute autre personne dans le pays. Bien que différentes règles puissent s’appliquer, le statut comporte une dimension obligatoire fondamentale, à savoir le respect des lois des deux pays ou plus lorsqu’ils y résident. En plus, les deux pays ont le droit d’attendre la seule allégeance.

    Des pays qui refusent la double nationalité ?

    La liste des pays autorisant la double nationalité ne cesse de s’allonger, elle en compte plus de cinquante comme l’Espagne qui a signé un accord en 2020 avec la France. C’est donc théoriquement assez rare mais dans les faits, la plupart des pays n’ont pas de problèmes avec la double nationalité mais beaucoup ont imposé des conditions.

    Israël, l’Italie, l’Irlande, insistent sur le fait que leurs ancêtres ou leur lignée soient reconnus pour jouir d’une seconde nationalité dans leur pays. Plus rigides, les Pays-Bas qui ne reconnaissent la bi-nationalité que dans des cas très spécifiques. Et ils ne sont pas les seuls. L’Estonie et l’Autriche, également membres de l’Union européenne, sont dans le même cas de figure, cette dernière ne tolérant la double nationalité qu’au cas où un citoyen autrichien ait obtenu un autre passeport dès la naissance. La législation estonienne est cependant plus souple : elle indique qu’un citoyen estonien ne peut être déchu de sa nationalité. Les doubles passeports existent donc dans les faits. Tandis que la Slovaquie n’autorise la double nationalité que pour les personnes nées dans le pays ou épousant une autre nationalité dans le pays.

    A l’opposé, dans plus de cinquante pays la double nationalité a de lourdes conséquences. Ces pays ne se limitent pas à des continents spécifiques mais se trouvent à travers le monde et comprennent l’Andorre, l’Azerbaïdjan, les Bahamas, Bahreïn, la Malaisie, les Émirats arabes unis, le Venezuela et la Chine. Font également partie de cette catégorie le Congo, Djibouti, Cuba, l’Éthiopie, Haïti, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, le Japon, le Koweït, le Kazakhstan, Monaco, Singapour, Oman, Qatar, l’Arabie saoudite, le Népal, le Mozambique et le Zimbabwe, dont les citoyens perdent automatiquement leur nationalité lors de l’acquisition de la nationalité dans un autre pays.

    L’engagement citoyen et la double nationalité

    On le voit, la double nationalité n’est pas si évidente que ça, même si du côté français, on estime à plus d’1 700 000 (estimation) le nombre de citoyens nés français à l’étranger et disposant potentiellement d’une autre nationalité (selon si le droit du sol est appliqué ou non dans le pays de naissance) !

    On le voit, il reste donc difficile de quantifier les binationaux qui ne résident pas en France. En effet, ils sont français pour la France et considérés comme Français de l’étranger mais s’ils vivent dans le pays de leur deuxième nationalité, ils seront également comptabilisés comme citoyens dans celui-ci.

    Et c’est partant de ce constat que notre trio de femmes s’est interrogé sur l’impact de ce double ou multiple passeport lorsqu’un citoyen concerné décide de s’engager politiquement. Car comme elle nous le rappelle dans l’introduction à leur rapport, « l’éloignement du pays natal et/ou la binationalité n’entraînait pas nécessairement une diminution de l’intérêt pour la vie politique« , mais alors comment gérer cette double allégeance ?

    « Quand on s’engage dans un mandat, on s’engage pour le pays qu’on sert« 

    Laure Pallez

    Pour y répondre, Florence Baillon, Laure Pallez et Hélène Demeestere se sont intéressées à des cas connus comme Manuel Valls, dont les allers-retours entre la France et l’Espagne ont démontré les limites de l’exercice. Mais elles se sont aussi penchées sur le cas de nos élus consulaires à travers un questionnaire spécifique à l’étude, elles ont complété évidemment leurs recherches empiriques avec une riche bibliographie, dans trois langues, actualisée sur le sujet. L’ensemble du travail permet de traiter la double nationalité sous une approche anthropologique.

    8 élus pour bien comprendre les enjeux

    Pour illustrer leurs recherches et nourrir leur réflexion, les 3 chercheuses ont mené des interviews avec huit élus des Français de l’étranger aux Pays-Bas, au Canada, en Belgique, en Thaïlande, au Bénin, en Espagne et deux aux États-Unis. Elles en ont tiré des points de convergences tout en soulignant les différences entre les pays ainsi que les spécificités propres à chacun. Un ensemble de facteurs qui peuvent être mis au service de notre Nation et de sa diplomatie grâce à la double culture de l’élu et à sa connaissance approfondie de son « nouveau pays ».

    « L’élu ayant une double nationalité, c’est une voix supplémentaire pour notre diplomatie »

    Laure Pallez

    Créer un observatoire de la binationalité

    La situation est bien complexe, et malgré les enjeux importants, aucune action publique n’a été engagée pour mieux connaitre, comprendre et anticiper nos compatriotes qui disposent de plusieurs nationalités. C’est pour combler ce vide, que Florence Baillon, Laure Pallez et Hélène Demeestere imaginent la création d’un observatoire de la binationalité.

    « Il y a une indifférence sur les binationaux alors qu’en acquérant une nationalité, on devient plus civique« 

    Hélène Demeestere

    Anticipant une généralisation dans une ou deux générations chez les héritiers des Français qui se sont expatriés ces deux dernières décennies, elles veulent créer un outil qui permettra de maintenir le lien avec ces communautés éparpillées dans le monde. Une mission que la France a longtemps négligée comme en témoigne la situation des Français de Pondicherry ou du Paraguay, installés depuis de nombreuses générations et qui aujourd’hui ne maîtrisent plus notre langue et notre culture, mais qui pourtant expriment toujours un fort attachement à la France.

    Pour elles, la binationalité est une chance pour la France, la francophonie, la diplomatie, la politique, etc. Un message, qui espérons-le, sera entendu par nos responsables politiques nationaux.

    Téléchargez le rapport complet sur la binationalité


  • L’action consulaire en 27 minutes

    L’action consulaire en 27 minutes

    La direction des Français de l’étranger a décidé de réagir, après avoir été la cible depuis 3 ans de critiques incessantes, en produisant un film permettant de découvrir l’action consulaire.

    Pandémie, digitalisation, réduction des effectifs… furent les épreuves auxquelles furent confrontés les consulats depuis 2019. Lesfrancais.press s’est fait l’écho des difficultés rencontrées par les Français de l’étranger : rendez-vous impossibles à prendre, lignes téléphoniques saturées, captation des budgets dédiées aux associations par l’administration.

    Malgré tout, comme nous le rappelle ce film mis en ligne ce vendredi 14 octobre, il ne faut pas oublier que ces hommes et ces femmes de l’ombre sont avant tout des serviteurs de l’Etat, de la Nation et de la communauté des Français de l’étranger. Partons à leur rencontre ! (le webdocumentaire est disponible en fin d’article).

    Bâtiment du Ministère des Affaires étrangères dans le XVème arrondissement

    Une communication positive

    Laurence Haguenauer
    Laurence Haguenauer

    Laurence Haguenauer, la directrice des Français de l’étranger, a décidé de prendre le contrepied des critiques en appliquant le principe de la communication positive. En effet, le film ne sert pas à justifier les troubles rencontrés ces dernières années, c’est une immersion dans la sphère diplomatique, côté coulisses.

    Le webdocumentaire est réalisé et co-produit par CoFlocs, une société de production française spécialisée dans le tourisme et le voyage et dont le slogan est « Réalisation de feel good movies ». Ses fondateurs, Floriant et Laurent, se sont démarqués en produisant « VanLife, les nouveaux nomades« .

    Le résultat est étonnant pour une administration, mais c’est un pari réussi. Sincérité, proximité, et dévouement sont au rendez-vous.

    Les coulisses dévoilées

    Pour la plupart des Français de l’étranger, le consulat c’est un simple guichet administratif. Et pourtant, ces missions, plus discrètes, sont vitales pour tous les Français. Car hors de France, l’expatrié(e) ou le/la binational(e) est aussi soumis(e) aux aléas de la vie et parfois aussi aux drames.

    Dans la deuxième partie du webdocumentaire, c’est ce qu’on découvre. La gestion des familles des enfants enlevés hors de France, ceux dont la vie s’est éteinte avec violence pendant leur expatriation. On pense actuellement au personnel du consulat de Mexico confronté à la disparition de deux de nos compatriotes. On se souvient de la jeune Franco-Irlandaise disparue en Malaisie et retrouvée assassinée.

    Malheureusement, ce type de situations est plus nombreux qu’on le pense et demande une grande humanité et un dévouement des équipes de l’administration consulaire. Il y a aussi ceux enlevés par des groupes terroristes comme David Dubois ou retenus par des Etats voyous accusés d’espionnage comme la syndicaliste officiant à l’AEFE en Iran, etc.

    Les agents consulaires, des Français comme les autres

    Aussi, le film se penche sur les femmes et les hommes qui font tourner la « machine consulaire ». Alors que pour beaucoup de Français de l’étranger, les fonctionnaires vivent dans une bulle et sont en dehors des problématiques des expatriés. Les réalisateurs, Laurent et Floriant, nous font découvrir leur vie, leur quotidien, et on découvre des Français comme les autres souffrant parfois de l’éloignement, de déracinement provoqué par chaque affectation, mais aussi les joies comme la découverte d’une nouvelle culture, la possibilité de faire connaître à ses enfants le monde sous des angles différents

    Des questions, des peines mais aussi des plaisirs que tous les Français de l’étranger connaissent et que nos fonctionnaires de l’administration consulaire ressentent car ils sont, eux aussi, des Français de l’étranger.

    On leur laisse la parole.

    Regardez le webdocumentaire « L’action consulaire »

  • Rencontre avec Sabri Thai, le Youtubeur qui va vous faire aimer la Thaïlande

    Rencontre avec Sabri Thai, le Youtubeur qui va vous faire aimer la Thaïlande

    De vacancier à expat’

    Sabri Thai est un cinéaste, Youtubeur français installé en Thaïlande. C’est à la suite de vacances, un transit sur la terre de l’Éléphant blanc et la perte de son passeport que Sabri a pris la décision de s’installer dans ce pays. Curieux et attiré par la nouveauté, il y a parcouru le pays à la découverte de sa culture. En deux ans et demi d’existence, sa chaîne Youtube comptabilise plus de 72 000 abonnés et est un véritable succès, un témoignage d’une vie d’expatriation.

    « Je n’ai jamais décidé de venir m’installer ici en Thaïlande, j’ai juste perdu mon passeport. En allant à l’ambassade pour en refaire un autre, j’ai dû patienter peut-être une semaine et je suis tombé amoureux du pays ! »

    Sabri Thai, Youtubeur

    En plus de son activité de créateur de contenus, Sabri Thai poursuit sa carrière dans le marketing au sein d’une entreprise internationale. Son rêve désormais c’est de s’orienter sur des longs-métrages.

    Une communauté française très présente en Thaïlande

    A travers ces vidéos, on y découvre la vie de quelques-uns des 15 000 expatriés français sur place et les raisons qui les ont poussés à quitter l’Hexagone. Cuisinier, retraité, digital nomad, autant de profils que de raisons de vivre hors de France. Chaque portrait aborde une facette de ce pays dont les codes sont très éloignés de nos us occidentaux. Sabri se positionne en expert de la Thaïlande venant ici expliquer ou casser des clichés bien ancrés dans notre vision européenne de ce pays. Il s’attache tout particulièrement à nous découvrir le quotidien des Thaïlandais, bien loin de l’image sulfureuse qu’on veut bien lui donner. Il définit d’ailleurs sa chaîne comme une chaîne de sociologie et de relations humaines.

    « Le fait que ce soit des rencontres naturelles, pas planifiées à l’avance, ça donne quelque chose de très authentique. »

    Sabri Thai, Youtubeur

    Direction Thaïlande

    Vous l’aurez compris, Sabri nous offre une immersion totale en Thaïlande. Au fil des portraits de Français hors de France qu’il propose, c’est le portrait d’un pays qui se dessine. Alors n’attendez plus et venez découvrir la Thaïlande à travers la caméra de Sabri ! On vous a fait une petite sélection de nos vidéos préférées.

    SAWADEE KA!

    Ecoutez le podcast avec Sabri Thai

    Découvrez les vidéos de Sabri Thai

  • L’Australie toujours en pénurie de backpackers 

    L’Australie toujours en pénurie de backpackers 

    Depuis décembre 2021, les frontières australiennes sont de nouveau ouvertes aux backpackers et aux étudiants. Une main d’œuvre bon marché dont avait besoin le pays pour relancer son économie après deux ans de crise sanitaire. Malgré cela, l’Australie est en pénurie de backpackers et la situation devient de plus en plus critique. Certains secteurs sont particulièrement touchés et l’arrivée de nouveaux routards est plus qu’attendue. 

    Des milliers de jeunes arrivaient chaque année

    Avant la crise sanitaire mondiale, ils étaient des milliers à venir découvrir le pays continent. Pour les Français et les Belges, qui peuvent prétendre à un PVT en Australie, c’était l’Eldorado et la promesse d’une année riche en émotions. Ainsi, le visa vacances travail permettait d’attirer chaque année des jeunes du monde entier. Selon les chiffres du gouvernement, ils étaient 141.000 pvtistes fin 2019 et ils n’étaient plus que 44.000 en juillet dernier. Les secteurs du tourisme et de l’agriculture, qui profitaient de cette main d’œuvre avide de travail, sont les plus touchés. 

    Pourtant, les chiffres du ministère de l’Intérieur montrent que près de 100.000 personnes ont obtenu un visa vacances-travail au cours des six premiers mois de cette année. Ils sont donc encore nombreux à ne pas avoir fait le voyage jusqu’en Australie. Ainsi, la pénurie de backpackers en Australie se fait ressentir.

    Parmi les raisons évoquées, la crainte d’une fermeture drastique en refroidit plus d’un. En effet, l’Australie a eu l’une des politiques les plus sévères avec une politique zéro covid, s’isolant ainsi du monde pendant plusieurs mois. 

    Des places vacantes et des établissements fermés

    Par manque de main d’œuvre et de personnel d’entretien, certains hôtels ont dû fermer leurs chambres. Du côté des bars et des restaurants, c’est la même chose. Certains peinent à servir les clients, et préfèrent fermer leur établissement plutôt que de décevoir les clients. 

    La pénurie de main d’œuvre touche toutes les régions. Les grandes villes connaissent ainsi une forte pénurie de main d’œuvre, mais les régions plus isolées également. Bien que celles-ci permettent de prétendre à une extension de visa pour une deuxième année, la main d’œuvre n’est pas au rendez-vous. Les postes restent vacants, malgré tous les efforts faits par le gouvernement pour attirer les backpackers.

    En janvier 2022, Scott Morrison, alors Premier ministre, déclarait :

    « Rejoignez notre main-d’œuvre et aidez-nous dans notre secteur agricole, dans notre secteur hôtelier et dans de nombreux autres secteurs de l’économie qui dépendent de cette main-d’œuvre. »

    Scott Morrison

    Une enveloppe globale de 55 millions de dollars est alors débloquée pour permettre de faire revenir les backpackers. Malgré les aides, ils ne sont “que” 6000 backpackers à arriver chaque mois en Australie. La pénurie de backpackers en Australie est bien présente et semble difficile à résorber.

    « Nous avons encore besoin de beaucoup plus », a déclaré Belinda Clarke, directrice générale de la Restaurant and Hospitality Industry Association. « Il nous manque plus de 100 000 travailleurs dans l’hôtellerie et une grande partie de ces rôles est occupée par des backpackers dans les zones saisonnières.”

    Pour le secteur de l’agriculture, qui emploie également énormément de backpackers, c’est le même constat. Environ 172 000 emplois restent vacants dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, qui comprend l’hôtellerie.

    pénurie backpackers Australie

    La crise du logement également à l’origine de la pénurie de backpackers

    L’Australie connaît également une crise du logement sans précédent. Il est devenu difficile pour les agriculteurs d’attirer des travailleurs. En effet, sans hébergement, difficile d’accepter un job pour ces jeunes loin de chez eux. Ainsi, certains agriculteurs se sont regroupés pour acheter des pubs ou des couvents désaffectés afin de les transformer en logements pour les travailleurs.

    La pénurie touche aussi les secteurs qualifiés 

    La pénurie de backpackers en Australie touche également les travailleurs qualifiés. En effet, tous ne travaillent pas uniquement dans les secteurs cités précédemment. Certains profitent ainsi des avantages du visa vacances travail pour s’installer en Australie. Cependant, un demi-million de postes sont actuellement vacants, soit plus que le nombre d’Australiens sans emploi. En effet, le taux de chômage est actuellement à 3,5%, le taux le plus bas depuis 70 ans. Selon The Economist, c’est l’une des pires pénuries de main d’œuvre parmi les pays développés. 

    Ainsi, le pays connaît une crise sans précédent. La pénurie de backpackers en Australie touche de nombreux secteurs et ils ont plus que jamais besoin de main d’œuvre étrangère pour de nombreux postes boudés par les Australiens. Le gouvernement réfléchit actuellement à de nouvelles mesures afin d’attirer de nouveaux backpackers dans les prochains mois.  

  • Énergie : Bruxelles charbonne pour réduire les prix du gaz

    Énergie : Bruxelles charbonne pour réduire les prix du gaz

    La Commission européenne présentera mardi (18 octobre) des propositions très attendues pour atténuer la flambée des prix de l’énergie qui frappe durement les ménages et entreprises de l’UE, a annoncé mercredi (12 octobre) la commissaire à l’Énergie Kadri Simson.

    Midcat
    ©EPA-EFE/MARTIN DIVISEK

    Reprenant des points déjà évoqués par la présidente de l’exécutif européen Ursula von der Leyen et qui font consensus parmi les 27 États membres, ces propositions inclueront une révision de l’indice TTF, utilisé comme référence dans les transactions des opérateurs gaziers, a détaillé Mme Simson à l’issue d’une réunion à Prague des ministres européens de l’Energie.

    Indice déconnecté de la réalité

    Cet indice « n’est plus représentatif de la réalité du marché et gonfle artificiellement les prix, nous devons développer une référence alternative », a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse.

    Des mesures seront aussi dévoilées pour « faciliter les achats en commun de gaz, afin de permettre à l’UE d’utiliser son poids pour obtenir de meilleurs prix » en vue de la reconstitution des stocks avant l’hiver 2023. Il s’agit d’éviter que les États membres alimentent la flambée des cours en se faisant concurrence.

    Enfin, Bruxelles présentera des outils supplémentaires pour réduire la consommation de gaz et muscler la solidarité entre États au profit des régions les plus vulnérables.

    En revanche, Kadri Simson n’a pas promis de propositions sur un plafonnement des prix des importations de gaz de l’UE, ou sur un plafonnement temporaire des tarifs de gros du gaz utilisé pour produire de l’électricité, deux mesures pourtant évoquées par Mme von der Leyen dans une lettre aux 27 la semaine dernière.

    Un nouveau mécanisme

    « Nos propositions seront les mesures pour lesquelles nous avons le consensus maximal parmi les États », a-t-elle commenté, en soulignant que des discussions se poursuivraient ces prochains jours pour tenter de trouver une majorité en faveur d’un plafonnement du prix du gaz pour la production d’électricité.

    Ce mécanisme, déjà appliqué en Espagne et au Portugal et soutenu par la France, suscite encore l’hostilité de pays rétifs aux interventions étatiques sur les marchés, dont l’Allemagne.

    Les propositions de la Commission seront examinées lors d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement les 20 et 21 octobre à Bruxelles, avant d’être discutées lors d’une nouvelle rencontre des ministres de l’Energie le 25 octobre au Luxembourg, avant leur possible adoption lors d’une réunion ministérielle extraordinaire courant novembre.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 14.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 14.10.22

    Bonjour à tous, nous voilà déjà en fin de semaine, bienvenue dans votre flash du 14 octobre. Aujourd’hui, on revient sur la séance houleuse à l’Assemblée nationale du 12 octobre, sur l’accord Liban – Israël et sur les entorses à la laïcité qui se multiplient dans les lycées de l’hexagone. 

    Vojetta, Ben Cheïkh et Caroit au front pour les Français de l’étranger 

    Mercredi 12 octobre, le RN et LFI se sont alliés pour tenter de changer à nouveau la fiscalité des Français de l’étranger. Au menu : imposition au passeport, caricatures des expatriés, Exit Tax et rejet de la résidence de repli… La barque était trop pleine, et les députés des Français de l’étranger présents lors de la séance sont montés au front.  
    En premier Stéphane Vojetta, le député qui a battu Manuel Valls sur la Péninsule ibérique, pris d’une colère froide il a pris la parole pour démonter les préjugés sur les 3 millions de Français résidant hors de France ; en fin de séance c’est la députée des Français d’Amérique du Sud qui en a remis une couche. Entre temps, Karim Ben Cheïkh, député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, a tenté de faire passer un texte instaurant la résidence de repli que proposait Emmanuel Macron pendant la campagne, et reprise par la droite, et pourtant tout le monde a voté contre. Un dernier amendement a été débattu ce jeudi 13 octobre, et adopté, à la surprise du gouvernement, il réinstaure l’Exit Tax.

    Français de l'étranger à l'Assemblée nationale
    Français de l’étranger à l’Assemblée nationale

    La paix par le gaz 

    Au Proche-Orient, la crise ukrainienne a débloqué des situations jugées inextricables. Si le Liban et Israël ne sont plus en guerre, la présence du Hezbollah sur le sol libanais complique les relations entre les deux Etats. Mais face aux enjeux, les deux gouvernements, ainsi que le Hezbollah, se sont accordés pour exploiter un gisement au large des côtes des deux pays. 

    Laïcité en danger dans les lycées en France 

    La tendance se confirme. Le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye avait indiqué que les remontées de terrain confirmaient « une hausse des signalements » depuis la rentrée pour « port de vêtements ou d’accessoires de nature religieuse », dont les abayas (robes amples et longues arrivant sous les chevilles) et les qamis (vêtements longs pour les hommes), dans les écoles, collèges et lycées. Les chiffres révélés hier par Le Monde indiquent que depuis la rentrée déjà plus de 300 signalements ont été faits. 

    C’est tout pour aujourd’hui, vous retrouverez la semaine prochaine Mathieu et moi je vous dis rendez-vous lundi 24 octobre. 

    Ecoutez le flash des expatriés

  • Discussions houleuses sur la fiscalité des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale

    Discussions houleuses sur la fiscalité des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale

    En plein débat sur le budget national pour 2023, impossible de ne pas évoquer l’imposition, et en particulier celle des Français de l’étranger. Et malheureusement, encore en 2022, les caricatures sur les expatriés sont bien présentes dans l’hémicycle du Palais Bourbon. Hier, en plein débat, le député des Français de la péninsule ibérique, Stéphane Vojetta, est intervenu pour « remettre l’église au centre du village ». Tandis que Karim Ben Cheïkh a lui présenté l’amendement 2084 qui visait à instaurer la résidence de repli.

    Appauvrissement de la France ?

    La colère du député est née sur les bancs de l’assemblée nationale alors que le Rassemblement national amalgamait l’ensemble des Français résidant à l’étranger aux évadés fiscaux. En effet, pour la députée Masson (Alpes Maritimes, RN), si les cerveaux fuient, si les jeunes quittent le territoire, c’est uniquement pour des raisons fiscales.

    Pour y remédier, son groupe propose une exemption fiscale pour les jeunes de moins de 30 ans qui resteraient sur le territoire national. Une proposition qui réduit les motivations des jeunes Français à tenter l’aventure à l’étranger à une simple « fuite fiscale ».

    L’amendement fut largement rejeté.

    Imposition par delà les frontières

    Mais la séance n’avait pas fini d’énerver notre député des Français de l’étranger, Stéphane Vojetta, car la France insoumise a aussi proposé un amendement caricatural pour les Français de l’étranger.

    C’est donc encore le retour de l’imposition au passeport. LFI propose que l’administration fiscale prenne connaissance des impôts payés par un Français domicilié dans un autre pays et de collecter le delta si le contribuable paie moins dans le pays de résidence qu’il aurait payé en France.

    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta

    Pour le président de la Commission des Finances, Eric Coquerel (Nupes), c’est un dispositif qui permettrait de lutter contre l’évasion fiscale. Mais pour le gouvernement, cet amendement serait en contradiction avec l’usage international de taxer selon le lieu de résidence et obligerait la France à renégocier toutes les conventions fiscales qu’elle a signées avec de nombreux pays. Il fut lui aussi rejeté.

    L’expatriation, un choix de vie et non de fiscalité

    C’est après avoir écouté les arguments des défenseurs de ces amendements que Stéphane Vojetta demanda la parole pour mettre fin à cette litanie de préjugés sur les Français qui résident hors de France.

    « Toujours la même caricature, un Français de l’étranger est forcément un expatrié fiscal. (…) Vous ne connaissez pas les Français de l’étranger, vous les méprisez… »

    Stéphane Vojetta à l’Assemblée nationale le 12 octobre 2022

    Par son intervention, le député des Français de la péninsule ibérique a tenté d’éclairer l’Assemblée nationale sur les réelles motivations de ceux qui s’expatrient, le font par goût de l’aventure, par curiosité, ouverture sur le monde ou tout simplement pour trouver un emploi.

    Intervention de Stéphane Vojetta le 12 octobre 2022

    Le débat sur ces amendements a aussi mis en lumière la situation des Français disposant de la double nationalité avec les Américains qui sont poursuivis par l’administration fiscale des USA et qui sont confrontés à de nombreux problèmes bancaires. Une situation que l’Assemblée nationale a finalement décidé de ne pas imposer à nos compatriotes, et ce malgré le vote des membres du groupe Les Républicains qui se sont joints à LFI et le RN.

    Le retour de l’Exit Tax

    Si Les Républicains ont voté le texte sur l’imposition au passeport, c’est tout simplement parce que Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, l’avait proposé au moment où il avait mis en place l’Exit Tax.

    Un dispositif depuis abandonné mais que Fabrice Brun, député Les Républicains pour la 3ème  circonscription de l’Ardèche, a décidé de ressusciter via cette taxation sur les fonds des chefs d’entreprises qui seraient transférés vers un autre pays sans justificatif professionnel précis ou pour des impératifs familiaux autorisés.

    Amendement proposé par Fabrice Brun et accepté en Commission des Finances

    Si l’amendement a été adopté en commission, ils étaient peu à penser qu’il serait voté. Ainsi, l’amendement LR, soutenu par 155 voix contre 133, rétablit une taxe sur les «plus-values latentes» de chefs d’entreprise qui décident de transférer leur domiciliation fiscale à l’étranger, en cas de cession effective de leur patrimoine en France dans les 15 ans après leur départ. Une contrainte qui ne laissera pas indifférents les Français qui espéraient vendre leurs actifs pour profiter de leur retraite.

    Combler les trous avec les expatriés…

    Pandémie, inflation, guerre, crises énergétique et climatique plombent le budget de la Nation. Les parlementaires sont donc en recherche de fonds, quitte à déroger au droit international et en caricaturant une partie de la population, soit plus de 2 millions de Français de l’étranger.

    … et les détacher de la France

    Le député NUPES Karim Ben Cheïkh a lui déposé un amendement visant à assimiler la résidence détenue par les Français de l’Etranger à une résidence principale afin d’alléger la lourde fiscalité qui s’applique aux résidences secondaires, obligeant souvent nos compatriotes résidant hors de France à céder leur bien.

    Intervention de Karim Ben Cheïkh le 12 octobre 2022

    Le dispositif proposé par le député des Français du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest s’inspirait pourtant de la proposition du candidat Macron. Il l’a complétée en élargissant la possibilité d’une résidence de repli à un logement mis en location dans l’attente du retour.

    Mais cet amendement reçut un avis défavorable du gouvernement, malgré l’intervention de la jeune députée des Français d’Amérique du Sud, Eléonore Caroit, rappelant que les Français de l’étranger sont nombreux à être nés hors de France et que toute incitation fiscale leur permettant de renouer avec notre pays est bienvenue. Pourtant, elle finira, par fidélité à son parti, par voter contre l’amendement comme le souhaitait le gouvernement.

    Intervention d’Eléonore Caroit le 12 octobre 2022
● Radio en direct
En pause