Ces Français qui ne parlent pas français !

Ces Français qui ne parlent pas français !

Depuis le XVIème siècle, la France a essaimé dans le monde entier. En premier lieu au Canada, qu’elle découvre via son célèbre explorateur Jacques Cartier mandaté par François Ier, puis elle s’installa dans les Antilles, avant sous l’impulsion de Colbert et du Roi Soleil de conquérir un immense territoire en Amérique du Nord et de picorer quelques enclaves dans les Indes pas encore britanniques. Puis ce fut l’Afrique avec la IIIème République et son « oeuvre civilisatrice » souvent maladroite et toujours cruelle. Au fil des siècles, quelques Français ont tenté l’aventure et sont partis s’installer dans les colonies. Leurs descendants, aujourd’hui, sont parfois encore français mais aux racines bien éloignées au point d’en avoir perdu la langue française pourtant socle de notre exception culturelle. On vous propose un petit tour d’horizon de ces Français qui ne parlent plus la langue de Molière !

Pondichéry, le confetti indien

La France régna pendant trois siècles sur son ancien comptoir implanté sur la côte orientale de l’Inde. Quelques milliers de Franco-Pondichériens défendent encore leur double culture tamoule et française.

En 250 ans de présence française, Pondichéry connaîtra deux guerres franco-anglaises. Mais elle est encore française en 1954, quand elle rejoint l’Inde indépendante. La contribution des Indiens Français à la Belle France et ses colonies fut considérable et même aujourd’hui, nombre de descendants vivent en France métropolitaine ou dans ses territoires d’outre-mer. Aujourd’hui, près de 20 000 Pondichériens vivent en France tandis que 6500 habitants de Pondichéry détiennent le passeport français.

Parmi ces Français, la grande majorité issue de castes basses ne maitrisent pas la langue française. L’accès au Lycée français étant restreint du fait de ses tarifs prohibitifs pour les classes populaires, les jeunes Français n’ont pas d’autre choix que de rejoindre le réseau indien où l’enseignement du français est réservé aux dernières années. Ce phénomène ne fait qu’éloigner un peu plus ces Français de la Nation. Par exemple, pour les élections, la France n’autorise que l’utilisation de notre langue pour la rédaction des éléments de « propagande ». Lors des élections consulaires, les candidats se sont retrouvés dans l’incapacité de communiquer vers leurs électeurs et ainsi de les mobiliser.

Autre problème, leur accès aux services de l’Etat, ayant uniquement la nationalité française (l’Inde n’autorise pas la double nationalité mais les autorise à séjourner à vie sur son territoire), ils sont souvent dans leur incapacité de faire valoir leurs droits chez nous et sont en proie à des discriminations en Inde.

Les pionniers du Paraguay

L’actuelle agglomération de Villa Hayes au Paraguay est l’héritière d’une éphémère colonisation française, elle se nommait à sa fondation « Nouvelle Bordeaux » en 1855. Née sous l’impulsion du nouveau dirigeant du Paraguay fraichement libéré de la tutelle espagnole, cette expérience française ne dura qu’une année. Le temps de voir arriver 419 Basques, des familles entières, sur ces nouvelles terres où tout était à construire. Ils furent rejoints par 400 autres Français originaires eux de Picardie.

Aujourd’hui, leurs descendants ont prospéré et 1700 ont même conservé la nationalité française. Comme en Inde, ils ont été oubliés et n’ont pas disposé d’accès à l’éducation française. Et les conséquences sont les mêmes, ces Français ne le sont plus que par le passeport. Peu mobilisés lors des élections et loin de Paris, leur circonscription consulaire est même menacée de fusion avec l’Argentine voisine. L’élu consulaire, Edmond Suchet, avec le soutien des sénateurs, essaie de s’opposer à la rationalité de l’administration afin de conserver un lien fort avec ces Français du bout du monde.

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