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  • Les Français aiment l’armée, mais à la diète.

    Les résultats du grand débat sont en ligne. On attend les propositions du gouvernement, mais les Français, si l’on considère que les réponses apportées sont représentatives, ce qui n’est scientifiquement pas le cas, reflètent néanmoins de fortes contradictions.

    Les Français sont d’accord pour réduire la dépense publique (75%) et avant tout les dépenses de l’Etat (56%). Et dans les dépenses de l’Etat, d’abord les dépenses militaires (28%, première réponse). Cela ne correspond pas aux réalités budgétaires puisque les dépenses de l’Etat sont très largement inférieures aux dépenses sociales, et les dépenses régaliennes, dont celle de la défense, très réduites par rapport à l’ensemble des dépenses (6% seulement).

    Mais les Français, avec un certain bon sens, veulent bien que l’on réduise les dépenses, quand elles ne les touchent pas directement. Ils ont remarqué que, malgré la guerre contre le terrorisme, les menaces d’une guerre classique sont faibles, à tel point que le gouvernement utilise l’armée pour surveiller des bâtiments publics, en supplétifs de policiers épuisés par les casseurs des Gilets jaunes. Drôle de guerre.

    Rarement le budget militaire n’a été aussi faible par rapport aux dépenses publiques.  Pourtant la France est un des pays qui dépense, en Europe, le plus pour son armée. L’armée française intervient sur de très nombreux théâtres d’opérations, la France est une des puissances les plus interventionnistes du monde.

    141 militaires ont perdu la vie au cours d’une opération extérieure au cours des dix dernières années. Ce n’est le cas pour aucun autre pays européen. Afghanistan, Mali, Côte d’Ivoire, Centrafrique, Syrie, Liban, Mozambique, les théâtres d’opération sont multiples. Les blessés nombreux, 8000 hommes sont en mission en moyenne chaque année. Au delà de leur nécessité ou de leur utilité, la France se donne-t-elle les moyens de ses interventions ?

    Sur les 27 Etats membres de l’Otan, huit seulement, dont la France, approchent le seuil des 2% du PIB consacrée à la défense. S’ils respectaient ce chiffre, les Européens dépenseraient 100 milliards de plus pour leurs armées. Ce qui explique que les Américains fustigent les Européens, et notamment l’Allemagne, prétendant porter seuls le fardeau de la défense européenne, ce qui est faux.

    Les dépenses américaines pour la défense de l’Europe représentent, selon les chiffres du Pentagone, 35 milliards de dollars en 2018, soit 5.6% du budget militaire américain. Quant aux dépenses des pays européens de l’Otan, elles se montent à 264 milliards de dollars. L’Europe est donc capable de se défendre seule.

    Voilà pourquoi le thème de la défense européenne refait surface. L’Initiative européenne de défense, hors Union Européenne, mobilise 10 pays, dont le Royaume-Uni. Et la Commission a mobilisé un Fonds européen de défense qui devrait être doté de 13 milliards d’euros pour la période 2021/2027.

    Les Français anticiperaient-ils la mise en place progressive d’une « défense européenne », pensant que nos voisins, notamment les Allemands, viendraient dépenser un peu plus pour la défense commune ? Ou pensent-ils que la France intervient trop hors de ses frontières, pour des résultats incertains ? Ils applaudiraient l’armée, mais lui mesureraient ses moyens ? Plus simplement, les Français voient les services publics près de chez, et ne voient pas l’armée quand elle est au loin.

    Les budgets alloués aux missions régaliennes de l’Etat sont faibles. C’est le cas pour l’armée, compte tenu des missions qui lui sont confiées, comme pour la justice, la police ou la diplomatie. Où place-t-on l’éducation ? Ce serait une grande erreur de rogner sur ces dépenses. Cela n’a été que trop le cas. Il suffit de regarder la misère de la justice par rapport aux autres pays européens. Mais peut-être le grand débat a-t-il évité la question principale : à quoi doit servir l’Etat ? A être actionnaire de Renault et de Peugeot ou à faire voler des avions Dassault -dont il n’est pas actionnaire ? La confusion ne serait-elle pas dans les têtes avant de l’être dans les rues ?

    Laurent Dominati

    Editeur

    A.Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

     

     

  • Israël confirme Netanyahu

    Israël confirme Netanyahu

    Benjamin Netayahu dirige Israël de puis dix ans et continuera. Il est l’un des hommes les plus détestés du monde, il est en Israël sous le coup d’une inculpation pour corruption, il a gagné. Il a augmenté le nombre des députés du Likoud. Il aura bientôt dirigé Israël plus que Ben Gourion. Son rival, Benny Ganz, ancien Chef d’état-major de l’armée, a réussi à rassembler ce qui restait du centre. La gauche c’est-à-dire le Parti Travailliste, celui de Golda Meir, de Ben Gourion, de Shimon Peres, est en voie de disparition. Le Likoud sera à nouveau le pilier de la prochaine coalition et il le doit à son chef. Pourquoi ce résultat ? Parce que les Israéliens ne croient plus à la paix, celle des accords d’Oslo. Ils n’ont confiance ni dans l’Autorité palestinienne, ni dans le Hamas, ni même dans les Etats-Unis, encore moins dans l’Europe, et considèrent que seule la force peut leur permettre de survivre.

    Benjamin Netanyahou annonce l’annexion de colonies juives, maintient le Hamas à Gaza, attend le plan de paix de Trump. Celui-ci lui a déjà donné Jérusalem et le nombre de pays qui reconnaissent la ville comme la capitale d’Israël augmente tous les jours. Dernièrement Le Brésil. Les Israéliens n’ont pas voulu changer de politique, ni même risquer de changer de politique, parce que les Accords d’Oslo, en fait, sont morts. Le monde arabe est déchiré, ses guerres et ses haines internes sont plus tenaces que son hostilité à Israël. Israël a une économie moderne, ultra moderne, tandis que la rente pétrolière a ruiné l’Iran, l’Irak, la Lybie, et  rend tout le reste dépendant des Américains. Personne n’aime Netanyahou, chacun reconnait son habileté. Il est aussi cynique que Poutine, Salman, Sissi et Trump réunis, ce qui convient pour discuter avec eux. Qui reproche à la Chine son régime policier ? Et ses guerres à Poutine ? Et qui s’apprête à réintégrer Assad ? Dans ce jeu, Netanyahu a presque l’air d’un moraliste.

    Il n’empêche. Ce qui est à craindre, c’est qu’un jour, Israël ne soit plus aussi fort. Et qu’aux Etats-Unis soit élu un Pharaon qui ne connaisse plus Joseph. Le sentiment pro-palestinien l’a emporté en Europe, malgré le terrorisme. Et il se renforce aux Etats-Unis. Le parti démocrate a fait élire deux Congressistes pro palestinienne. C’est quand on est fort que l’on doit faire la paix. Begin l’avait compris. Sharon l’avait compris. Netanyahou, pour son dernier mandat, va-t-il le comprendre ? Et trouvera-t-il quelqu’un pour prendre ce risque ? Si oui, au lieu de gagner des élections, il aura vraiment gagné la guerre. Car une guerre n’est gagnée que quand on accepte la paix.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

  • Halloween Brexit, Barnier de retour

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France et A. Député de Paris

    A voir : le film « Brexit »,  de Toby Haynes, avec Benedict Cumberbatch (Sherlock Holmes) montre la campagne anti-Brexit de l’intérieur. Œuvre de fiction, mais inspirée de faits ô combien réels. Rythme à l’anglaise, excellent. Bientôt Brexit 2, le retour.

  • Handicapés français en Belgique : chronique d’un désastre annoncé ?

    Des milliers de handicapés français, polyhandicapés, trisomiques, autistes vivent en Belgique.

    Parmi eux, une dame, avec un autisme lourd, résidente en Belgique depuis 30 ans et qui est sous la tutelle d’un organisme français. Selon les informations de l’AFrESHEB (l’association pour les Français en situation de handicap en Belgique), cette personne va, avec l’aval de son organisme de tutelle, être déplacée dans un établissement en France. Une situation préoccupante, en particulier pour les autistes qui sont très sensibles aux changements de leur environnement et spécialement quand ils sont depuis si longtemps habitués à une vie cadré dans un climat connu.

    Les familles des Français en Belgique interloquées selon l’AFrESHEB

    Cela pose la question, plus large, du handicap et de l’accueil des handicapés français à l’étranger et en particulier en Belgique.

    En effet, 6500 adultes français sont dans des centres en Belgique ainsi que 1500 enfants auquel il faut ajouter, selon l’AFrESHEB, 1000 enfants qui font la navette chaque jour et 300 autres dans des internats belges et donc non-inscrits dans les statistiques officielles.

    Selon les informations d’Isabelle Resplendino, présidente de l’AFrESHEB, que nous avons contacté, les personnes en charge, sous le régime de la tutelle, des personnes handicapées françaises en Belgique, ont reçu un courrier leur demandant si ils souhaitent toujours que la personne accompagnée reste outre-quiévrain. Elles seraient particulièrement inquiètes, dans l’hypothèse où elles souhaitent que leur proche reste dans les institutions belges, que cela ait un impact sur les aides dont elles bénéficient de la part de la France.

    Par ailleurs, et toujours selon l’AFrESHEB, 50% des personnes françaises en situation de handicap en Belgique sont sous tutelle d’agences de la même nature que celle de cette personne qui va devoir revenir en France. Une inquiétude donc, celle que cet exemple ne devienne la norme.

    Des pratiques différentes entre les deux pays

    Outre une capacité d’accueil importante en Belgique, ce qui attire les Français dans ce pays pour leurs proches, est souvent une approche médicale et éducative différente.

    La Belgique privilégie une approche éducative et non pas seulement médicale. Une façon, mais le sujet est complexe, de permettre aux personnes handicapées de mieux être insérées et de moins vivre leur handicap au quotidien. C’est une des raisons de l’attrait du Royaume pour les Français, outre bien sûr la proximité géographique.

    Un calendrier à établir, une politique et une stratégie à définir

    La question des personnes françaises handicapées en Belgique est un sujet de longue date. Ce fut notamment un élément durant la campagne des législatives pour les Français du Benelux. Il est important, si rapatriement il y a, d’établir un calendrier précis. Egalement de s’assurer de la capacité des nouvelles structures d’accueil.

    Le ministère en charge et l’Agence de l’enseignement du français à l’étranger n’ont pas, pour le moment, répondu à nos questions malgré nos sollicitations, mais il ne fait nul doute que ce sujet sensible sera suivi de près à Paris.

  • En France, manifestation des retraités pour sauvegarder leur pouvoir d’achat

    En France, manifestation des retraités pour sauvegarder leur pouvoir d’achat

    Les retraités sont dans la rue ce jeudi 11 avril, à l’appel de plusieurs associations et syndicats. Leurs revendications : suppression totale de la hausse de la CSG et revalorisation des pensions.  A l’initiative du mouvement « Printemps des retraités », soutenu par plusieurs syndicats et associations dont la CGT, FSU et FO, les retraités manifestent ce jeudi 11 avril, un peu partout en France. Les seniors entendent protester contre la suppression totale de la hausse de la CSG et souhaitent obtenir une revalorisation des pensions. Ils dénoncent un gouvernement « sourd et dingue » face à leurs revendications. 

    Dans le détail, les retraités sont en colère contre le gel des pensions, le manque de pouvoir d’achat, la menace de l’autonomie de la Sécurité sociale. « Dès son arrivée à la présidence de la République M. Macron a attaqué les retraité-e-s », « des revendications qui peuvent et doivent être satisfaites », peut-on notamment lire sur le tract de la manifestation. Le 15 mars 2018, lors de la précédente manifestation de retraités, quelque 200 000 manifestants avaient été recensés.

    La rédaction avec l’AFP

  • Les dirigeants européens repoussent le Brexit au 31 octobre

    Le Royaume-Uni devrait rester dans l’UE jusqu’au 31 octobre et prendre part aux élections européennes de mai, Theresa May ayant obtenu une nouvelle prolongation afin d’éviter une sortie sans accord.

    L’UE a accordé une deuxième prolongation au Royaume-Uni, afin que les parlementaires britanniques trouvent un terrain d’entente sur la manière dont ils veulent quitter l’Union.

    « S’il vous plait, cessez de perdre le temps (qu’on vous donne) », a demandé aux députés britanniques le président du Conseil européen Donald Tusk, après la discussion du sommet d’urgence.

    Selon l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles, la prolongation courra jusqu’au 31 octobre, mais cela n’exclut pas complètement un Brexit sans accord, puisque le Royaume-Uni sera renvoyé de l’Union s’il ne parvient pas à organiser des élections européennes le 23 mai. Le gouvernement britannique a déjà pris ses dispositions pour organiser le scrutin.   

    Les dirigeants européens évalueront aussi la situation lors du Conseil européen des 20 et 21 juin. « Le but de la discussion de juin n’est pas de revoir la date, seulement d’évaluer la situation », a clarifié un diplomate.

    La plupart des États membres étaient optimistes quant à la perspective d’une « coopération sincère », les diplomates soulignant le fait que le Royaume-Uni ne pourrait pas bloquer un accord sur le budget pluriannuel de l’UE et aurait, en pratique, peu, voire aucune, occasion d’utiliser son véto.

    La participation britannique aux élections européennes pourrait toutefois changer l’équilibre politique de la prochaine législature européenne, craignent les responsables européens. Les Britanniques risquent en effet de choisir un contingent solide d’eurodéputés eurosceptiques, au vu de la colère du public face à l’échec de concrétisation du Brexit.

    Les responsables européens ont aussi évoqué l’idée d’une prolongation du mandat de la Commission si les Britanniques obtenaient un long report de la date du Brexit.

    Les diplomates irrités par Macron

    Lorsque les discussions ont commencé le 10 avril au matin, le président français, Emmanuel Macron, – avec le soutien de la Belgique, de l’Autriche, et de plus petits États membres de l’UE –s’est montré intransigeant sur le Brexit et a appelé à un report beaucoup plus court, de quelques semaines seulement, en demandant des garanties solides sur la participation de Londres aux affaires européennes durant cette période.

    Un certain nombre de diplomates d’autres États membres se sont montrés contrariés que Paris ajoute encore plus d’incertitudes et Emmanuel Macron s’est vite retrouvé isolé.

    « Ce comportement est irritant, car ils veulent juste se positionner pour montrer à quel point ils sont importants et puissants », a déclaré un diplomate. « D’un côté, ils disent qu’une sortie sans accord n’est pas si grave et de l’autre ils demandent de l’aide à l’UE pour leur secteur de la pêche en cas de Brexit sans accord. C’est soit l’un soit l’autre. »

    « Emmanuel Macron est dans une situation schizophrène : son public national veut une position forte sur le Brexit pour des raisons historiques, mais en cas de ‘no deal’ la France fera partie des plus grandes victimes collatérales », explique un autre diplomate.

    Le président français a finalement cédé et décrit le report au 31 octobre comme le « meilleur compromis possible », qui permettra au Royaume-Uni de mener à bien sa sortie et de préserver le fonctionnement de l’UE.

    Même si la nouvelle extension est beaucoup plus longue que le délai du 30 juin demandé par Theresa May, les responsables britanniques ont expliqué qu’en pratique, cette nouvelle date ne changeait pas grand-chose puisque la Première ministre veut que les députés adoptent l’accord de retrait dans les prochaines semaines pour éviter de participer aux élections européennes.

    « Je continue de penser que nous devons quitter l’UE avec un accord le plus tôt possible », a soutenu Theresa May après le sommet extraordinaire. « Si nous trouvons un accord dans les trois premières semaines de mai, nous n’aurons pas besoin de participer aux élections européennes et nous quitterons officiellement l’UE le 1er juin. »

    « Les choix que nous devons maintenant faire sont durs et clairs », a-t-elle ajouté. « Je ne sous-entends pas que les prochaines semaines seront faciles pour sortir de l’impasse. »

    Theresa May n’a pas besoin d’obtenir l’aval de la Chambre des communes pour la prolongation, et son ambassadeur auprès de l’UE, Tim Barrow, a déjà officiellement accepté le report au nom de son gouvernement.

    La perspective d’un long report risque toutefois d’intensifier la pression au sein même de son parti conservateur, qui devrait essuyer un lourd échec lors des élections européennes.

    Report au-delà d’octobre ?

    Ce nouveau délai empêche les rebelles conservateurs de renverser la Première ministre, puisque les règles du parti stipulent qu’il ne peut pas y avoir de vote de défiance de la direction de son parti avant décembre.

    Octobre pourrait cependant ne pas être la date butoir finale. L’impasse à Westminster montre peu de signes d’issue, même si les responsables de Theresa May ont assuré que les « discussions techniques » avec l’opposition travailliste se poursuivraient le 11 avril.

    Finalement, ni Donald Tusk ni la chancelière allemande Angela Merkel n’excluent un autre report après octobre, mais le président du Conseil estime toutefois que « six mois devraient être suffisants pour trouver une bonne solution avec un peu de volonté ».

    « C’est une bonne chose que de notre côté nous ne mettions pas la pression », a expliqué Angela Merkel devant les journalistes. « Nous avons un Conseil en juin, nous avons un Conseil en octobre et nous nous sommes accordés sur le fait que nous y évaluerons la situation. »

    Dans le même temps, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui avait d’abord défendu une prolongation d’un an, a prévenu que si elle ne parvenait pas à faire ratifier son accord d’ici à octobre, « il y aura bel et bien un Brexit sans accord ».

    Pour bon nombre d’Européens et de Britanniques, ce long report rapproche un peu la lointaine possibilité d’une annulation du Brexit. « Peut-être que nous pouvons éviter une sortie du Royaume-Uni de l’UE – ce n’est évidemment pas mon rôle, mais c’est mon rêve personnel », a osé Donald Tusk.

    Alexandra Brzozowski, Beatriz Rios et Benjamin Fox

     

  • Les eaux européennes saturées de pesticides interdits

    Les eaux européennes sont polluées par une centaine de pesticides, dont un quart sont interdits dans l’UE, selon une étude.

    Les eaux européennes sont polluées par une centaine de pesticides, dont un quart sont interdits dans l’UE, selon une étude. Un article de notre partenaire, Le Journal de l’Environnement.

    Triste pêche. Les scientifiques de l’université d’Exter (Royaume-Uni) ont trouvé 103 pesticides dans les échantillons prélevés dans 29 voies navigables de 10 pays européens, dont la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et la Pologne.

    Avec 70 molécules, la palme revient à un canal belge. Dans 13 rivières, les concentrations d’au moins un pesticide dépassent par ailleurs les normes européennes.

    Molécules interdites

    Les herbicides forment la moitié des pesticides présents, l’autre moitié étant composée de fongicides et d’insecticides. Pire, 24 molécules sont désormais interdites dans l’UE.

    Les chercheurs pensent que leur présence est davantage liée à une forte persistance dans le milieu aquatique qu’à une utilisation frauduleuse. C’est le cas du carbendazime, un fongicide interdit par le règlement européen de 2009.

    21 médicaments vétérinaires, dont une majorité d’antibiotiques, ont aussi été décelés.

    Effet cocktail?

    «Malgré les efforts déployés par l’Autorité européenne de sûreté des aliments (Efsa) pour établir des méthodes d’évaluation des mélanges, nous ne savons pas encore ce que ces cocktails impliquent pour la faune sauvage et la santé humaine», relève l’équipe scientifique.

  • Vote par procuration aux européennes : des démarches à effectuer avant le 21 mai

    Vote par procuration aux européennes : des démarches à effectuer avant le 21 mai

    Les Français de l’étranger auront, comme leurs compatriotes de l’Hexagone, la possibilité de participer aux élections européennes le 26 mai prochain. Ceux qui résident dans un pays de l’UE ont eu le choix de s’inscrire soit sur les listes françaises du Consulat, soit sur les listes électorales de leur pays de résidence.

    Ils pourront, s’ils le souhaitent, le faire par procuration. Pour se faire, il faut que mandant (celui qui demande à ce que l’on vote pour lui) et le mandataire (celui qui vote pour vous) respectent certaines règles.

    Inscription dans les consulats, ambassades, et auprès des tournées consulaires et auprès des consuls honoraires

    Le mandant doit se présenter personnellement auprès des autorités pour remplir les formulaires de procuration. Cela peut être fait auprès des consulats et ambassades. Une possibilité pas toujours évidente dans les très grandes circonscriptions et pour cette raison, deux autres possibilités s’offrent aux mandant : celle de s’adresser aux consuls honoraires lors de leurs permanences, et celles de participer aux tournées consulaires de la circonscription. Les dates et venues sont disponibles sur les sites internet des Consulats.

    Vous pouvez télécharger le formulaire cerfa pour gagner du temps

    Il est important de ne pas trainer ! Ces tournées et permanences demeurent relativement rares et les élections approchent à grands pas.

    Des obligations limitées pour le mandataire

    Les mandataires, qui remplissent ici un devoir citoyen et de solidarité, n’ont pour seule obligation de ne pas accepter plus de 3 mandats.

    Le mandant, qui n’a pas besoin de justifier des raisons pour lesquelles il ne votera pas lui-même, doit l’informer du lieu du bureau de vote et bien sûr, évidemment, de son choix pour ce scrutin important.

  • Les Britanniques se préparent à reculons aux élections européennes

    Embourbé dans le Brexit, le Royaume-Uni est de plus en plus susceptible d’organiser des élections européennes. La date de l’hypothétique scrutin a été fixée au 23 mai.

    Dans un email adressé aux membres du parti le 8 avril, le responsable des candidats du Parti conservateur, Gareth Fox, a concédé qu’« en raison de la situation actuelle, nous allons participer aux élections européennes du 23 mai 2019 et la date limite pour les nominations est le 24 avril ».

    Le parti espère cependant que la législation formalisant la sortie du Royaume-Uni de l’UE aura été finalisée avant cette date, ce qui permettrait l’annulation du scrutin. De nombreux observateurs estiment toutefois que cette décision indique que la Première ministre acceptera une prolongation longue de l’article 50.

    Report du Brexit

    Dans une lettre adressée la semaine dernière au président du Conseil européen, Donald Tusk, la Première ministre demande que la date du Brexit soit reportée au 30 juin. Les dirigeants de l’UE devraient opter pour un retard d’un an. La date fatidique a déjà été repoussée du 29 mars au 12 avril.

    En contrepartie, Theresa May devrait promettre une « coopération sincère » et le respect des règles de l’UE tant que le Royaume-Uni en sera membre, afin d’apaiser les craintes selon lesquelles le pays pourrait perturber la conduite des affaires usuelles au sein du bloc.

    « Une réponse positive [à la demande de Theresa May] dépend également des assurances du Royaume-Uni sur une coopération sincère », a confirmé le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, à la suite d’un entretien téléphonique avec son homologue britannique.

    Celle-ci devrait se rendre à Paris et à Berlin le 9 avril, afin de convaincre Emmanuel Macron et Angela Merkel d’accepter le délai proposé.

    Le gouvernement a également modifié la loi britannique pour permettre le scrutin européen. Selon un porte-parole du cabinet, celui-ci a « pris les mesures nécessaires requises par la loi pour l’organisation d’un vote ».

    Le Parti travailliste et le Parti libéral-démocrate ont également entamé leur processus de sélection des candidats au Parlement européen.

    Le 8 avril, les députés ont adopté une loi obligeant le gouvernement à tenter de retarder le Brexit, pour éviter que le pays quitte automatiquement l’UE sans un accord à la fin de la semaine.

    Les pourparlers entre le gouvernement et les travaillistes se poursuivent, mais il est peu probable qu’ils portent leurs fruits avant le sommet extraordinaire du Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles le 10 avril.

    Jeremy Corbyn a déclaré que les discussions avaient été menées de manière « sérieuse, mais [que le] cabinet fictif avait exprimé sa frustration quant aux lignes rouges que la Première ministre refuse de déplacer pour trouver un compromis ». Les parlementaires ne seront donc sans doute pas appelés à voter avant le sommet du Conseil.

    « Les questions clés sur lesquelles nous devons réellement progresser pour parvenir à un accord [entre les différentes factions parlementaires] sont l’union douanière, l’alignement sur le marché unique et l’alignement complet des droits des travailleurs, des protections environnementales et des normes de consommation », a ajouté le chef de file des travaillistes.

    Union douanière

    S’exprimant à l’issue d’une réunion à Dublin avec le Taoiseach (Premier ministre) irlandais, Leo Varadkar, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, a déclaré que l’UE était prête à offrir une union douanière au Royaume-Uni. La déclaration politique censée accompagner l’accord officiel de retrait permet en effet une série d’arrangements pratiques, a-t-il précisé.

    Toutefois, il a également averti qu’en cas de de Brexit sans accord, l’UE « ne discuterait de rien avec le Royaume-Uni jusqu’à ce qu’il y ait un accord sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, ainsi que sur les droits des citoyens et la facture » du divorce.

  • Elections en Israël : Netanyahu en route vers un 5ème mandat

    Les élections en Israël sont toujours complexes à analyser. Multitude de listes, Knesset éclatée et possibilités quasi infinies de coalitions possibles, l’issue du scrutin de ce jour n’est pas nécessairement facile à deviner. L’on semble cependant se diriger vers la reconduction du gouvernement Netanyahu.

    Netanyahu cherche à se maintenir au poste dans un contexte judiciaire complexe

    Benyamin Netanyahu fait le pari d’un maintien au pouvoir. Fragilisé par les accusations de corruption et du départ de son allié Avigdor Lieberman, il compte cependant sur un score suffisamment fort de sa formation le Likoud pour garder la direction de l’exécutif avec ses alliés. Ceux-ci incluraient probablement notamment les partis religieux.D’après les résultats officiels, il a remporté son pari avec le meilleur score du Likoud depuis 16 ans.

     

    «Je suis heureux de me mettre au service d’Israël, je suis heureux de m’engager pour le bien des citoyens sur une nouvelle voie»

    Benny Gantz, nouvelle figure politique 

    Parmi ceux qui espéraient devenir les grands gagnants des élections, il y a Benny Gantz, général au sein de Tsahal et leader du parti « Résilience pour Israël » qui a présenté une liste « blanc-bleu » au centre gauche de l’échiquier politique.

    «Je suis heureux de me mettre au service d’Israël, je suis heureux de m’engager pour le bien des citoyens sur une nouvelle voie». La liste « blanc-bleu » arrive deuxième à la Knesset et dirigera vraisemblablement l’opposition.

    La communauté française très implantée, et impliquée

    Israël n’est pas membre de la francophonie, en raison de l’opposition du Liban, qui a opposé son véto au sein de l’organisation. Pour autant, Israël compte 500,000 locuteurs de langue française, majoritairement composée de personnes venues d’Afrique du nord et de France. Cette dernière immigration est en hausse fréquente en raison notamment de l’augmentation des actes antisémites, même si le taux de retours est relativement important.

    « Notre langue est considérée comme une langue de culture et de communication prestigieuse qui fait rêver mais qui peut être utilitaire également »

    En Israël, le français est enseigné comme deuxième langue vivante dans les écoles publiques à partir de la classe de cinquième. L’apprentissage en est obligatoire jusqu’à la fin de la seconde puis il devient optionnel jusqu’au bac. L’université de Tel Aviv et l’université de Bar Ilan proposent des départements de français actifs et innovants.

    Myriam Rozenbaum, Présidente de l’Association des Professeurs de Français en Israël, a fait pour nous le bilan de l’enseignement du français en Israël. Citons, outre les deux universités citées, l’Institut Français de Tel Aviv, le Centre Romain Gary de Jérusalem, l’Institut Français de Haïfa et d’autres écoles de langues dans le pays. Pour elle, « Notre langue est considérée comme une langue de culture et de communication prestigieuse qui fait rêver mais qui peut être utilitaire également ».

    Pour Julien Bahloul, franco-israëlien et ancien journaliste vedette de la chaine i24, le climat fut pesant.

    Pour M. Bahloul, qui croit comme très probable la reconduction de la coalition actuelle droite-extrême droite, « tout le monde s’engueule sur les élections ». Il a indiqué sur les réseaux sociaux sa satisfaction que la campagne se termine, une campagne qu’il juge « pire que celle de 2015 ».

    Les franco-israéliens du Likoud engagés autour de leur candidat

    La communauté française en Israël est très diverse, entre laïcs attirés par le dynamisme de Tel Aviv et de ce qui est, pour le coup réellement, une start-up nation, religieux qui voulaient effectuer un retour en terre sainte, et foule de personnes de tous secteurs qui travaillent.

    Parmi ceux-ci, les francophones soutiens du Likoud sont particulièrement actifs, avec notamment une page sur Facebook qui compte des milliers de membres. Binyamin Lachkar, Français établi en Israël, est optimiste pour sa formation politique, le Likoud. « Les Français d’Israel sont à droite à 90% environ donc ils ne se sont pas vraiment déchirés, mais c’est vrai que la minorité de gauche était particulièrement hystérique. L’essentiel des conflits ont été à droite, chacun accusant le parti de l’autre de ne pas être assez à droite, mais ça restait respectueux » selon lui.

    Les partisans du Likoud sont sans ambiguïté, et ne voient que deux possibilités : le maintien de Netanyahu ou l’apocalypse que représenterait, selon eux, le retour de la gauche aux affaires.

    « Electeurs de droite, il faut se réveiller ! La gauche est aux portes du pouvoir avec les conséquences catastrophiques pour le pays que vous pouvez imaginer ».

    Une manière d’hystériser le débat qui ne va pas contribuer à l’apaisement post-scrutin.

    Une façon aussi d’occulter les enjeux : l’avenir judiciaire incertain du Premier Ministre, les inégalités sociales de plus en plus importantes et aussi, et surtout, bien entendu, la question des colonies et d’un processus de paix avec les Palestiniens totalement bloqué.

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