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  • Réforme des certificats de vie : réjouissance où inquiétude ?

     La Députée des Français de l’étranger Anne Genetet (Europe de l’Est, Russie, Asie et Océanie) se réjouissait récemment sur sa page Facebook  de l’évolution des mécanismes pour les retraites des Français de l’étranger et en particulier du certificat de vie.

    De quoi s’agit-il ? Les Français de l’étranger, les étrangers résidant à l’étranger mais qui ont cotisé en France et les personnes qui souhaitent que leur pension soit versée sur un compte à l’étranger, doivent, chaque année, et à chaque caisse auprès de laquelle ils ont cotisé, fournir un certificat prouvant qu’ils sont toujours en vie. A défaut de certificat, les versements sont suspendus.

    La fin des envois multiples et la fin du rôle joué par le Consulat

    La réforme, qui sera effective à partir de cet automne, apporte au moins une bonne nouvelle : ceux qui ont cotisé auprès de plusieurs caisses de retraite n’auront plus à envoyer à chaque caisse le certificat. Il est désormais mutualisé.

    Par ailleurs, le point essentiel est la dématérialisation et la fin du rôle du Consulat. Jusqu’à présent, c’était auprès de celui-ci qu’il fallait effectuer les démarches. Désormais, les retraités devront créer un compte sur le site info retraite , imprimer le certificat, le faire confirmer par une autorité locale, puis le scanner et le renvoyer dans l’espace dédié.

    Une dématérialisation qui inquiète certains élus consulaires

    Tous se félicitent de la mutualisation des formalités entre les caisses de retraite, une simplification indéniable. Certains élus s’inquiètent, et s’indignent, de cette réforme qui a été faite sans concertation avec eux.

    « Pourquoi enlever [cette prérogative NDLR] aux consulats pour ceux qui avaient l’habitude de s’y rendre et dont le principal avantage est l’apposition de signature avec effet immédiat, gratuite, sans préavis ni attente ?»

    La dématérialisation a un avantage indéniable. Elle simplifie les démarches pour ceux qui vivent loin du Consulat et n’aurons par conséquent plus besoin de faire le déplacement, et ce chaque année. Cependant, cela pose plusieurs questions. Elles sont notamment soulevées notamment par les élus consulaires de la droite et du centre de Genève. « Pourquoi enlever [cette prérogative par ailleurs NDLR] aux consulats pour ceux qui avaient l’habitude de s’y rendre et dont le principal avantage est l’apposition de signature avec effet immédiat, gratuite, sans préavis ni attente ?» s’interroge Mireille Guterriez, élue consulaire dans la cité de Calvin.

    Plusieurs interrogations en perspective

    La réforme pose également d’autres questions. Une personne nonagénaire pourra-t-elle facilement effectuer des démarches en ligne ? Elles ont parfois un lien avec le Consulat qui peut être rompu par cette réforme. Par ailleurs, la définition des « autorités locales » n’est pas entièrement claire. Il s’agit aussi indirectement de faire reposer la charge d’une action pour les Français hors de France à des autorités étrangères. La question est particulièrement importante dans les pays où la corruption est importante.

    La réforme apporte ainsi d’indéniables progrès tout comme elle soulève de nouvelles questions.

  • Notre Dame de Paris – Les Images du drame – Les réactions de la matinée

    Les premières photos et vidéos de l’intérieur de Notre-Dame de Paris juste après l’incendie ont été publiées.

    Les images provoquent choc et émoi dans le monde entier.

    L’intérieur de la cathédrale de Notre-Dame de Paris a pu être filmé et photographié, mardi 15 avril dans la nuit, alors que l’incendie n’était pas encore maîtrisé.

    Braises tombant depuis la nef, voûte entièrement brûlée, pompiers entrant au milieu des flammes… De nombreux Parisiens ont assisté à ce triste spectacle, impuissants.

     

    Les ouvriers du chantier entendus dans la nuit

    Le feu est parti des combles vers 18h50, puis s’est propagé extrêmement vite a une grande partie du toit. Les flammes ont dévoré la charpente, longue de plus de 100 mètres et baptisée… « la forêt »: « En raison du grand nombre de poutres qu’il a fallu utiliser pour la mettre en place, chaque poutre provenant d’un arbre ».

    Une enquête a été ouverte pour « destruction involontaire par incendie », a annoncé le parquet de Paris.La piste d’un départ de feu accidentel depuis le chantier en cours sur le toit de la cathédrale « retient l’attention des enquêteurs en l’état des investigations », a précisé une source proche du dossier.

    Les ouvriers du chantier étaient entendus dans la nuit par les enquêteurs, selon le parquet.

    Plus de 400 pompiers ont lutté toute la nuit pour maîtriser le feu gigantesque qui a ravagé Notre-Dame de Paris dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 avril. L’incendie s’est déclaré lundi soir peu avant 19 heures, la flèche s’est effondrée une heure après.

    Le feu, dont l’origine reste encore inconnu, a pris dans les combles. D’importants travaux de restauration avait été engagés au niveau de la toiture. Surnommée « la forêt « , la charpente de Notre-Dame de Paris, l’une des plus anciennes de France, est partie en fumée. Mardi matin, c’est la sidération, en France, mais aussi dans le monde.

    11h05. Le football français mobilisé La présidente de la Ligue de football professionnel (LFP) Nathalie Boy de la Tour a promis mardi que le football français allait « se mobiliser pour pouvoir aider financièrement à la reconstruction » de la cathédrale Notre-Dame, ravagée la veille par un gigantesque incendie.

    ► 11h03. Les ministres se sont réunis à 11 heures pour préparer un plan de reconstruction de Notre-Dame, a annoncé Matignon. 

    11h00. LREM, RN, Debout la France… Plusieurs partis politiques ont choisi d’interrompre leur campagne pour les européennes après l’incendie de Notre-Dame de Paris. 

    10h14. La majorité présidentielle suspend sa campagne « jusqu’à nouvel ordre », a annoncé la tête de liste Nathalie Loiseau.  

    ► 09h32. Notre-Dame: la mairie de Paris débloque 50 millions d’euros, a annoncé Anne Hidalgo 

    ► 09h21 « Le pape est proche de la France » Le pape François est « proche de la France » et « prie pour les catholiques de France et pour la population parisienne », a écrit mardi sur Twitter le directeur de la salle de presse du Saint-Siège.

    ► 09h13. Les pompiers de Paris publient les images des interventions toujours en cours mardi matin

    ► 09h01. Franceinfo a réalisé un diaporama sur les Unes en France et dans le monde, consacré au drame qui a frappé Notre Dame de Paris

    ► 08h58. Les familles Arnault et Pinault annoncent 300 millions d’euros
    Les familles Arnault et Pinault, deux des plus grandes fortunes françaises, ont annoncé mardi le déblocage de « dons » dédiés à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame détruite par le feu, à hauteur de 200 et 100 millions d’euros respectivement. Mardi matin, le groupe LVMH, numéro un mondial du luxe, et la famille Arnault ont annoncé un « don » de 200 millions d’euros au fonds dédié à la reconstruction de Notre-Dame, après le gigantesque incendie qui a ravagé la cathédrale lundi.

    ► 08h25. Des doutes sur la résistance de la structure 
    Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur a affirmé mardi matin que le « péril du feu » était « écarté » à la cathédrale Notre-Dame de Paris. « Le péril du feu étant écarté, le sujet est bâtimentaire : savoir comment la structure va résister au très grave incendie de cette nuit », a déclaré Laurent Nuñez devant la presse peu avant 7H00 du matin.  « Il y aura donc à 8H00 une réunion avec des experts, des architectes du bâtiment de France pour essayer de déterminer si la structure est stable, et si les sapeurs-pompiers peuvent s’engager à l’intérieur pour continuer leur mission », a-t-il ajouté. « Le feu n’est pas totalement éteint, il y a un long refroidissement encore en cours, avec encore quelques foyers doux », a encore dit Laurent Nuñez.

    08h00. Mardi matin, le feu est maîtrisé mais il reste des foyers résiduels à éteindre. 

  • Notre Dame de Paris brûle

    « On est en train de perdre Notre-Dame! » Il est près de 20H00, la flèche de Notre-Dame s’effondre et un cri d’horreur s’élève de la foule massée lundi le long des quais de Seine qui assiste, pétrifiée, à la disparition d’une partie de la mythique cathédrale, engloutie par les flammes.

    « Quand je pense qu’on est passés devant il y a une heure. On a fait des photos, il y avait encore la tour », soupire Stéphane, touriste de 46 ans venu de Grenoble.

    Par la porte principale, dans la nef plongée dans l’ombre, des braises rougeoyantes tombent sur le sol. Le parvis est vide, bouclé par des camions de pompiers qui ont dressé une grande échelle devant la rosace.

    « C’est dramatique. On est en train de perdre Notre-Dame », raconte un jeune homme à son interlocuteur au téléphone. « On n’a pas des Canadair ? », lance un autre. « J’espère que c’est pas un attentat », lâche une dame, inquiète.

    Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, sur les bateaux-mouches, tout le long des quais de Seine, Parisiens et touristes du monde entier ont arrêté leur course, médusés par l’épais panache jaunâtre et les flammes qui grignotent à toute vitesse la toiture du mythique édifice. Les flammes progressent à vue d’oeil.

    « Notre-Dame est en feu ?! », interroge en anglais une touriste japonaise, comme pour se convaincre de ce qui se passe sous ses yeux. « Notre-Dame est un symbole dans le monde entier. C’est terrible », dit Jane, une Britannique originaire de Londres.

    Beaucoup filment ou font des photos avec leur téléphone, certains sont trop choqués pour le faire. D’autres s’étreignent ou essuient une larme.

    Certains se sont agenouillés et se sont mis à prier. Dans le ciel, des drones survolent le monument en feu.

    « La physionomie de Paris va changer, c’est terrible », dit Marie, retraitée parisienne qui vit à quelques rues de la Seine. « Paris ne sera plus vraiment pareille. La France, même, ne sera plus vraiment pareille », renchérit Jacques Soufflant, 64 ans.

    – « Je ne verrai jamais Notre-Dame » –

    Célien Palcy est tremblant. Cet étudiant en histoire de l’art à l’école du Louvre est venu dès qu’il a entendu la nouvelle.

    « Ca fait mal », glisse-t-il, des sanglots dans la voix. « On ne la récupèrera pas. Il n’y a plus grand-chose à faire », ajoute-t-il, sans décoller ses yeux des flammes qui progressent vers les deux célèbres tours.

    La flèche était l’objet de travaux de restauration. « Les feux d’échafaudage, c’est ce qu’on craint le plus dans ces cas-là. C’est un risque connu. Je pense que c’est là que ça s’est passé », explique le jeune homme de 25 ans.

    Les sirènes des camions de police et de pompiers résonnent de manière ininterrompue. L’île de la Cité a été évacuée et est bouclée par militaires et policiers. « A cause des retombées de cendres », explique laconiquement un policier.

    « On est passé, il y avait une fumée grise, l’odeur était bizarre. On nous a évacué au bout de la rue, puis au bout du pont. C’est incroyable », raconte Stéphane, le touriste Grenoblois.

    « On était en poste vers Châtelet, on a vu un peu de fumée au loin, on s’est dit que c’était de la poussière à cause des travaux », glisse un policier qui boucle le périmètre.

    « Je ne verrai jamais Notre-Dame », se désole William, touriste américain venu avec sa femme visiter la capitale française. « On devait la visiter demain. Quelle tristesse. C’est un emblème de la France, tout le monde connaît Notre-Dame, Quasimodo… La France a perdu un de ses joyaux, elle a perdu un peu de son histoire. Comment cela a-t-il pu arriver ? »

     

  • Game of Thrones : la saison ultime débarque simultanément dans le monde entier

    Vous êtes dans les starting-blocks en attendant la huitième saison de « Game of Thrones », mais vous ne savez plus où on en est ? Alors que HBO donnera dimanche soir le coup d’envoi de la dernière saison de sa série à succès, on vous fait un petit récapitulatif de l’intrigue là où on l’avait laissée il y a déjà 2 ans.

    Souvenez-vous, la septième saison a été marquée par la réunification des enfants Stark, qui se retrouvent enfin à Winterfell. Bran et Arya font leur retour dans la demeure familiale, mais ils ont bien changé. Si le premier est devenu la Corneille à Trois Yeux, la seconde a vengé ses proches massacrés lors des Noces Pourpres (elle finit même par trancher la gorge de Petyr Baelish, bon débarras).

    Quant à Jon Snow, parvenu à unifier toutes les familles du Nord et les Sauvageons pour faire face à l’armée des Marcheurs blancs, il fait enfin la connaissance de Daenerys Targaryen, installée dans  la citadelle de Peyredragon. Elle accepte qu’il extraie le verregradon qui s’y trouve (cette fameuse roche capable de tuer les Marcheurs blancs), à condition qu’il lui prête allégeance. SI Jon hésite, il finira par le faire lorsque Daenerys lui sauve la vie en envoyant ses dragons au-delà du Mur (où Jon est allé pour capturer un Marcheur blanc, vous suivez ?). Seul hic : l’un des dragons, Viseron, meurt durant le combat, avant de ressusciter grâce au Roi de la Nuit et passer ainsi dans le camp ennemi.

    Avec ses moyens démesurés, son audience planétaire – soit 16 millions de téléspectateurs en moyenne devant chaque épisode de la saison 7 – et ses partis pris narratifs radicaux (le plus notable d’entre eux étant de ne mettre aucun personnage, même majeur, à l’abri de la mort), GoT marque l’avènement d’une révolution industrielle pour les séries.

    « GoT a traversé les années 2010, une décennie pendant laquelle les séries sont parvenues à l’âge adulte et ont pris le pouvoir grâce au streaming, explique Olivier Joyard aux journalistes du Figaro.

    C’est une œuvre totale, qui a fini par s’émanciper des livres de George Martin et entrer en concurrence avec le cinéma, la littérature, voire le gaming. Elle est la preuve qu’on peut produire des blockbusters avec des choix radicaux, c’est assez remarquable. » « Elle a déculpabilisé les producteurs de séries sur la possibilité d’aller sur de gros budgets, et a ouvert la porte au spectaculaire », confirme Guillaume Jouhet, directeur général d’OCS à nos confrères du Monde.

    L’hiver arrive, certes, mais pour certains, l’horizon se débouche.

     

  • Certificat de nationalité française : embouteillage au sein de l’administration ?

    En janvier 2010, la journaliste Anne Sinclair, née à New-York de parents français en 1948 et en France depuis 1951, s’insurgeait contre la complexité des démarches à faire pour pouvoir renouveler sa carte d’identité. «La nationalité française n’est plus une évidence pour qui l’a toujours eue» indiquait elle alors.

    La nationalité française n’est plus une évidence pour qui l’a toujours eue

    La raison, la nécessité pour les Français nés hors de France, où en France de parents étrangers, de prouver leur citoyenneté. Cela se fait via le Certificat de nationalité française (CNF), un document officiel de l’administration. La question est toujours problématique selon le Sénateur des Français de l’étranger Ronan Le Gleut (LR). Il a interpellé le gouvernement sur des délais toujours plus longs pour les Français nés hors de France.

    Une procédure administrative complexe, qui peut faire l’objet de recours

    La demande du CNF, gratuite, doit être faite dans différents endroits selon le lieu de résidence. Les Français résidant en France peuvent consulter le  tribunal compétent  .

    Ceux qui résident à Paris doivent s’adresser au pôle de la nationalité française par email ou courriel ou courrier ([email protected] , 01 44 32 51 51, Pôle de la nationalité française de Paris – Parvis du Tribunal de Paris – 75859 Paris cedex 17).

    Les Français de l’étranger, eux, doivent soit s’adresser au tribunal compétent si ils sont nés en France, soit, si ils sont nés à l’étranger comme Mme Sinclair, s’adresser au Service de la nationalité des français établis hors de France (Parvis du Tribunal de Paris – 75 859 – Paris cedex 17, 01 44 32 51 51, [email protected] ).

    Les pièces à fournir sont variées : justificatif de domicile, acte de naissance avec filiation de parents français, acte de naissance des parents … La procédure est lourde. En cas de rejet de la demande, un recours auprès du bureau de la nationalité est possible

    30000 demandes, en hause de 25% en deux ans, et des délais allongés

    L’interpellation du Sénateur Le Gleut portait sur le délai moyen. Celui-ci est de 3 ans, pour obtenir le CNF pour les Français nés hors de France. Le délai était de 18 mois en 2007. Ce rallongement s’explique en partie par le nombre de demandes, 30,000, et par la hausse de celles-ci, de 25% en deux ans.

    Un délai inadmissible

    « Un délai inadmissible » selon le Sénateur Le Gleut. Le Gouvernement admet la hausse des demandes et les complications que cela génère sur l’administration. Les solutions proposées : une préanalyse des dossiers, une priorisation  des dossiers comportant les pièces nécessaires, et une réorganisation des services avec de nouveaux effectifs.

    Reste à voir si ces réponses seront concrétisées et si les délais pour obtenir l’indispensable CNF seront raccourcis.

    La rédaction

    Information complémentaire : 

    L’intervention du sénateur Ronan Le Gleut au Sénat

     

  • Feu vert aux négociations commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis, malgré l’opposition française

    L’Europe devrait reprendre les négociations commerciales avec les États-Unis après l’accord des ambassadeurs à un mandat de la Commission européenne pour mener les pourparlers au nom des 28 États membres.

    Les négociations avec Washington devraient commencer malgré l’opposition de la France, qui s’inquiète de l’intention des Américains de se retirer de l’accord de Paris sur le changement climatique, selon des sources de l’Élysée.

    Les États membres devaient donc trouver une nouvelle formulation pour refléter les inquiétudes françaises, selon des sources européennes. Paris craint notamment que les négociations deviennent une porte d’entrée pour relancer le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) et que le nouvel accord affaiblisse les normes environnementales de l’UE.

    La France a reconnu les progrès réalisés, mais estimé que le texte n’était pas encore suffisant dans la défense des priorités climatiques. Cependant, lors de la réunion des ambassadeurs, personne ne s’est opposé à l’approbation du mandat.

    Le 15 avril, le Conseil des ministres devra aussi donner son accord, mais il n’abordera le sujet que d’un point de vue procédural et l’approuvera donc sans discussion puisque seule une majorité qualifiée est nécessaire.

    Le mandat permettra aux États-Unis et à l’UE de travailler à l’élimination des droits de douane pour les biens industriels ainsi que sur une évaluation de conformité afin d’établir des normes pour les produits vendus sur le marché européen. Le futur accord s’ajoutera à l’accord que la Commission prévoit de négocier pour supprimer les barrières non-tarifaires.

    Inquiétudes françaises

    Le président français, Emmanuel Macron s’inquiète de la position américaine sur le changement climatique, suite à l’annonce du président Trump de se retirer de l’accord de Paris en 2017. Il critique également le manque d’accès pour les entreprises européennes au marché public américain.

    « Je ne suis pas favorables à de nouveaux accords commerciaux, quelle qu’en soit la forme, avec qui que ce soit, si on le fait avec des partenaires qui n’ont pas les mêmes exigences climatiques que nous, car cela signifierait une concurrence déloyale pour nos entreprises et nos agriculteurs », a déclaré le président français.

    « Nous ne pouvons pas avancer sur ce sujet sans garanties, j’ai toujours été clair là-dessus », a-t-il insisté après le Conseil européen de mars.

    Selon des sources de l’Élysée, Paris a l’intention de poursuivre sa bataille au sein du Parlement européen après les élections de mai, pour s’assurer qu’aucun accord commercial non conforme aux principes de l’accord de Paris n’est signé.

    Accord opportun

    L’accord survient pourtant à un moment opportun puisque Donald Trump menace d’imposer des contre-mesures sur les produits européens, notamment sur le fromage et le vin, puisque les États-Unis accusent l’UE de verser des subventions illégales à Airbus.

    Les tensions commerciales entre les États-Unis et l’UE ont commencé il y a des mois de cela lorsque Donald Trump a imposé des mesures restrictives sur les exportations européennes d’acier et l’aluminium et a menacé de s’en prendre à l’industrie automobile.

    En juillet dernier, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker s’est rendu à Washington pour tenter d’apaiser les tensions entre les deux partenaires. Ils s’étaient alors engagés dans une déclaration commune à ouvrir les négociations sur le commerce de biens industriels.

    Le gouvernement américain a blâmé l’UE pour son manque de progrès ces derniers mois. Mais la France n’est pas le seul acteur européen à se montrer préoccupé par une coopération commerciale avec les États-Unis.

    Le Parlement européen s’est aussi opposé à une ouverture des négociations commerciales, puisque les eurodéputés ont rejeté en mars une résolution soutenant le début des négociations avec l’administration Trump.

    La résolution n’étant pas juridiquement contraignante, le Parlement européen pourrait en fin de compte devoir voter sur un accord entre les États-Unis et l’UE. Si le Conseil des ministres confirme l’accord, la Commission pourra entamer les négociations avec Washington.

  • L’acte 22 : Calme à Paris, heurts à Toulouse, « capitale des gilets jaunes »

    Si la manifestation a été calme dans la capitale, de nombreux heurts ont été constatés à Toulouse, où les gilets jaunes ont investi le centre-ville pendant plus de huit heures d’affilée.

    Les manifestations des gilets jaunes en France ont rassemblé 31.000 personnes, dont 5000 à Paris, lors du 22e samedi consécutif de mobilisation, selon un décompte du ministère de l’Intérieur régulièrement contesté par les manifestants.

    Un léger regain par rapport à la semaine précédente. En effet, samedi dernier 22.300 manifestants avaient été recensés par le ministère de l’Intérieur dans tout le pays, soit la plus faible participation depuis le début du mouvement, qui a débuté mi-novembre.

    A Paris, où la préfecture de police a décompté 27 interpellations et 9473 contrôles préventifs à 18h30, le cortège a rejoint en début d’après-midi, Place de la République, la marche pour « la liberté de manifester ». Organisée par plusieurs associations (dont LDH, Amnesty, Attac, Unef, SOS Racisme…), ce défilé visait à dénoncer la loi anti-casseurs, partiellement retoquée par le Conseil constitutionnel.

    Affrontements à Toulouse

    A Toulouse, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont émaillé le rassemblement. Avec deux blessés « en urgence relative » et 23 personnes interpellées signalées par la préfecture à 18 heures, la tension est montée très vite, moins d’une heure après le début du cortège sur une grande avenue menant au centre historique. Les manifestants s’y sont heurté à des barrages des forces de l’ordre, qui ont avancé pour les cantonner, tirant gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Des « individus habillés en noir, masqués ou cagoulés, équipés, ont pris à partie les forces de l’ordre avec de multiples jets de projectiles et feux d’artifices », a affirmé la préfecture, chiffrant à « plusieurs centaines de personnes les profils violents ». Parmi les interpellés, « dans le cadre de la loi anti casseurs, plusieurs l’ont été pour dissimulation volontaire de visage », a précisé la préfecture.

    Sans parcours défini, les manifestants ont pendant plusieurs heures après les premiers incidents circulé en ville, resserrant régulièrement leurs rangs pour être alors dispersés par la police, qui a notamment fait usage de canons à eau. Des affrontements sporadiques ont aussi opposé les forces de l’ordre à des petits groupes isolés de fauteurs de trouble. Une remorque de chantier puis plus tard une camionnette et un scooter ont été incendiés, tandis qu’une moto de police, du mobilier urbain et des vitres ont été dégradés. A 18 heures, le calme était globalement revenu mais avec encore des groupes de manifestants refusant de quitter la rue, et des échauffourées sporadiques.

    Un millier de personnes à Lille

    Des manifestations ont également eu lieu ailleurs en France. Plus d’un millier de gilets jaunes ont manifesté samedi à Lille, empruntant un parcours alternatif, les défilés ayant été interdits en centre-ville. Ils étaient 950 selon une source policière. Des gilets jaunes toujours moins nombreux ont également déambulé samedi sans incident majeur dans les rues de Bordeaux, encadrés par un important dispositif policier dès le départ du défilé. En début de soirée, un communiqué de la préfecture ne déplorait « aucune dégradation ni destruction matérielle » et précisait qu’il avait été procédé à « six interpellations ».

  • Rapport de l’OCDE sur la France : « la route est longue, mais la pente est forte»

    Dans leur rapport annuel sur la France publié le 8 avril 2019, les experts de l’OCDE demandent au Gouvernement de maintenir le cap des réformes et de les amplifier afin de rattraper le retard de croissance accumulé.

    Dans la première partie du rapport, l’OCDE souligne que la France a connu un décrochage depuis la crise de 2008 en matière de pouvoir d’achat par rapport à la moyenne des États membres. Cette situation est imputable à un faible taux d’emploi, au poids des prélèvements et à une rigidité du marché du travail ainsi qu’à un faible niveau de concurrence.

    Une situation économique contrastée

    Si la France a renoué avec la croissance depuis 2016, cette dernière reste entravée par un faible taux d’emploi et par la situation dégradée des finances publiques. En outre, elle pointe du doigt le fait que la progression des salaires réels et les gains de productivité n’ont pas retrouvé leurs niveaux d’avant la crise, malgré un léger rebond en 2017-2018. La croissance du PIB devrait se maintenir pour l’organisation autour de 1,3 % en 2019-2020. La France subira le ralentissement attendu chez ses principaux partenaires commerciaux conduisant à une moindre croissance des exportations et de l’investissement des entreprises.

    En revanche, le pays devrait profiter de la progression de l’emploi, de la hausse des salaires réels, des baisses d’impôts et de la diminution des prix du pétrole. Les mesures sociales prises à la fin de 2018 accroîtront, elles aussi, le revenu disponible et la consommation des retraités et des personnes percevant de bas salaires.

     

    Des problèmes structurels connus

    La croissance de la productivité a diminué au cours des dix dernières années, comme dans la plupart des pays de l’OCDE. De plus, même à un niveau historiquement élevé, les taux d’emploi restent comparativement faibles, en particulier pour les personnes peu qualifiées, les jeunes et les travailleurs âgés. Les travailleurs sont trop nombreux à avoir des qualifications en inadéquation avec les besoins du marché du travail, et les résultats en matière d’éducation dépendent fortement du milieu familial. Un accès inégal à la formation continue complique l’insertion professionnelle des jeunes.

    L’OCDE indique que le haut niveau de prélèvements constitue un frein à la progression de la rémunération directe des résidents. Elle s’inquiète de la montée de la dette publique qui se rapproche des 100 % du PIB. Elle note que les pouvoirs publics ont été dans l’incapacité de réduire le niveau de dépenses publiques.

    L’OCDE réclame des économies et un report de l’âge effectif de départ à la retraite.

    L’OCDE préconise un effort important de régulation des dépenses publiques à travers notamment un changement de répartition des compétences entre les collectivités territoriales. Une remise à plat des dépenses d’éducation est demandée d’autant plus que l’efficacité du système de formation est perfectible. L’organisation souligne que « les résultats éducatifs reflètent en grande partie le milieu familial et la formation professionnelle a jusqu’à présent peu profité aux moins qualifiés».

    Elle souhaite une accélération du programme de réformes du Gouvernement visant à maîtriser les dépenses publiques. Elle souhaite la fusion des minima sociaux et des aides au logement. En matière de retraite, elle demande le report de l’âge effectif du départ à la retraite.

    Une réforme fiscale jugée indispensable

    L’OCDE pointe du doigt la complexité du système fiscal composé d’un grand nombre de prélèvements dont certains ont des assiettes très étroites et de ce fait rapportent peu de recettes. Contrairement aux demandes émanant du Grand Débat, elle considère qu’il faudrait supprimer les exonérations de TVA ainsi que les taux réduits qui, dans les faits, bénéficient plus aux ménages aisés qu’aux ménages modestes. Les régimes dérogatoires de TVA concernent notamment les activités culturelles, la restauration, la santé. La suppression des exonérations offrirait la possibilité de rendre plus progressif d’autres impôts comme celui sur le revenu. Les taxes environnementales devraient mieux refléter les coûts environnementaux et sociaux.

    L’OCDE souhaite une remise à plat de la fiscalité de l’épargne. Elle considère qu’il existe trop de produits réglementés bénéficiant de conditions exorbitantes du droit commun et dont l’intérêt économique et social est discutable. Ainsi, elle cite le Livret A, le LDDs, le PEL, le CEL, le Livret Jeune, le Livret d’Épargne populaire, le PEA, l’assurance vie. En tout, elle dénombre 126 dispositifs d’incitation en vue d’épargner ou d’investir dans l’immobilier. Des regroupements permettraient, selon l’OCDE, une plus grande lisibilité. En outre, il faudrait réduire le coût de ces régimes dérogatoires. Elle épingle également les mesures en faveur de l’immobilier (Pinel, Censi-Bouvard, Scellier, Malraux). Celles-ci sont accusées d’avantager les contribuables les plus aisés, de contribuer à la hausse des prix de l’immobilier et de ne pas résoudre la crise immobilière que le pays connaît depuis de nombreuses années. Les auteurs du rapport estiment qu’une action des pouvoirs publics devrait être engagée afin de réduire le coût des transactions immobilières.

    La poursuite de la libéralisation du marché du travail

    L’OCDE réclame la poursuite de la libéralisation du marché du travail avec notamment une ouverture accrue des professions réglementées (les professions de comptable, de notaire et de pharmacien) afin de favoriser la concurrence et l’emploi. Aux yeux des experts de l’organisation internationale, le système de formation reste peu performant. Ils s’alarment de la faiblesse du niveau de qualification d’une partie de la population active et des jeunes d’autant plus qu’une dégradation est constatée depuis plusieurs années. Ils appellent au renforcement des relations entre les entreprises et le système éducatif, et à la poursuite des efforts en faveur de la réduction des taux de décrochage scolaire.

    Afin d’améliorer les revenus salariaux, l’OCDE considère qu’il conviendrait de réduire l’usage de contrats à durée déterminée en augmentant leur coût relatif. Par ailleurs, le système d’assurance chômage devrait être réformé afin qu’il n’incite pas à enchaîner de façon récurrente les courtes périodes d’emploi et de chômage.

    Des infrastructures déclinantes

    L’OCDE souligne la vétusté des infrastructures ferroviaires et hospitalières. Elle note que le choix des investissements à réaliser devrait tenir compte de leurs intérêts socioéconomiques. Étant donné que trois quarts des investissements publics relèvent des collectivités territoriales, les rapporteurs signalent qu’une clarification des responsabilités entre les différents échelons permettrait la réalisation d’économies. Ils appellent de leurs vœux une refonte des concours financiers de l’État aux collectivités locales afin de mieux prendre en compte les disparités de recettes fiscales et charges supportées. La qualité des infrastructures numériques pourrait être considérablement améliorée. La diffusion du haut débit et la vitesse des connexions Internet sont en retard par rapport aux pays les plus performants.

    La France n’est pas un bon élève dans la lutte contre le réchauffement climatique

    Si la France émet moins de CO2 que de nombreux autres pays européens, cela est dû à l’importance de son parc nucléaire. En revanche, ces dernières années, notre pays a été en retard dans l’atteinte des objectifs de réduction des gaz à effet de serre. L’OCDE estime ainsi que la France prend du retard en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Les émissions de gaz à effet de serre sont, dans notre pays, en grande partie imputables aux secteurs des transports et de l’énergie. Par rapport à certains de nos partenaires, la réduction de la pollution urbaine est lente. La planification des infrastructures doit mieux refléter les coûts pour l’environnement et pour la santé.

    Une indispensable réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche

    L’OCDE souhaite que les universités françaises soient plus autonomes. Une hausse ciblée des financements alloués à la recherche publique devrait s’accompagner de réformes visant à accroître la liberté de choix des universités en ce qui concerne les enseignants, les chercheurs et les étudiants. Les liens avec le privé devraient être accrus afin de favoriser l’innovation et la diffusion de celle-ci.

    L’accélération des réformes et une refonte du système fiscal permettrait, selon l’OCDE, de dégager un supplément de revenus pour les ménages de 3,3 à 5 % du PIB d’ici dix ans. Pour éviter des tensions sociales au sein de la population, les auteurs du rapport jugent indispensables la mise en œuvre de compensations au profit des catégories de personnes qui seront pénalisées par le processus de libéralisation.

     Philippe Crevel, économiste et Président lettre d’information économique 

     

  • ROBLOX, le jeu qui a conquis les enfants (et les adultes) du monde entier – le connaissiez-vous?

    Quinze ans après son lancement, le service collaboratif à mi-chemin entre Lego, YouTube et « Minecraft » souhaite se développer en Europe, où de nombreux jeunes joueurs ont déjà succombé à ses charmes.

    Créé en 2006, Roblox est encore peu connu en France. La société n’a que récemment traduit sa plateforme de jeu en français, et sa levée de fonds vise à accélérer son expansion internationale. Mais la situation est bien différente dans les pays anglo-saxons. Roblox revendique 90 millions d’utilisateurs mensuels, avec des pointes à 2 millions de joueurs connectés simultanément. La très grande partie de ces internautes sont des enfants et des adolescents, avec un âge moyen inférieur à 15 ans. Roblox reprend la philosophie des Lego: laisser les petits créer leurs propres aventures. Le design des avatars des joueurs s’inspire d’ailleurs largement des figurines en plastiques de la société danoise de jouets.

    « Roblox, c’est une institution à la maison ! » Laurent Parlur a 34 ans, français de Miami. Il est le père de trois enfants de respectivement 11, 8 et 5 ans. Tous les trois sont tombés les uns après les autres dans cette plate-forme Internet regorgeant de jeux vidéo pour enfants, conçus par la communauté. « Ils ont commencé parce qu’une nounou avait Roblox sur son téléphone, elle l’a montré à la grande, qui s’est mise à jouer, puis l’a ensuite montré à ses frères, et c’était parti. »

    A son origine?  David Baszucki, un ingénieur et entrepreneur américain spécialiste des programmes interactifs de vulgarisation de la physique. « Il s’est rendu compte que ce qui intéressait le plus les enfants, c’était de jouer avec les possibilités ouvertes par ces programmes », relate Chris Misner, PDG de Roblox International. En 2004, Baszucki lance Dynablocks, une sorte de jeu de Lego en 3D rudimentaire, qui sert de prototype au Roblox que l’on connaît.

    Plus qu’un jeu, Roblox est une plateforme de création. Une fois inscrit sur son PC, son mobile ou sa console Xbox One, l’internaute peut se prendre pour un développeur en herbe. Roblox lui met à disposition des outils très simples pour composer rapidement un jeu à l’aspect graphique plutôt sommaire. Il peut piocher dans une bibliothèque d’univers déjà bâtis (une ville moderne ou de Far West, un château, une prison….), d’objets déjà modélisés (voitures, arbres, trains…) et choisir son style de jeu (jeu de tir, de courses de voitures, de sport, de survie etc).

    Peu médiatique, Roblox se fait vite une place sur Internet grâce à une fonctionnalité dans l’air du temps : la possibilité pour les utilisateurs de créer leur propre petit jeu sommaire et de le mettre à la disposition des autres usagers. En effet, sur le même principe que MySpace, Facebook ou YouTube, Roblox est basé sur la collaboration et l’échange de contenus. L’une des originalités du service est notamment de permettre à des enfants de partager une partie en même temps, y compris s’ils sont à l’autre bout de la planète.

    Malgré la frontière de la langue, de nombreux Français connaissent déjà Roblox. Pierre, jeune français de Marrakech, 19 ans, a fait sa découverte dès 2009, un peu par hasard. « A l’époque, j’étais fan du dessin animé Beyblade, je cherchais un jeu flash Beyblade sur Internet, il y en avait un sur Roblox, et voilà ! » Les hommages libres à des séries populaires y sont, en effet, très communs. De plus, Roblox est particulièrement commode pour un geek en culottes courtes : rondelet, gratuit d’accès, peu gourmand, il ne demande aucun équipement spécial, aucun cadeau de la part du Père Noël. « Ça a un peu été ma première machine de jeu », relate Pierre.

    Et puis, surtout, Roblox permet à l’enfant de se transformer en apprenti développeur, grâce à une interface graphique très imagée, à défaut d’être vraiment instinctive. « Quand ma grande a compris qu’elle pouvait créer son jeu, elle m’a fait installer l’éditeur et a conçu le truc le plus simple qui soit, un jeu d’obstacle à traverser, narre Laurent Parlur. Puis elle l’a publié, et elle était très fière, ses frères pouvaient jouer à sa création ! »

    La carotte pour les adultes : Les Robux, la Monnaie Virtuelle

    Du côté des adultes, beaucoup s’y sont mis grâce à la carotte agitée par Roblox : pour personnaliser son personnage, acheter certains jeux ou débloquer des bonus, la plate-forme utilise, en effet, une monnaie virtuelle, les Robux.

    Pour en acquérir, deux solutions : sortir la carte bleue (coucou les parents), ou s’inscrire comme créateur. En 2018, après un an de tâtonnement, il lance ainsi Runners’Path, un jeu de parkour – une course acrobatique dans un cadre urbain – ouvertement inspiré du jeu vidéo à grand budget Mirror’s Edge.

    Côté créateur, une fois fini, le jeu se retrouve sur la plateforme de distribution de Roblox. Il n’est d’ailleurs pas obligatoire d’être créatif pour s’amuser. Roblox affirme qu’un peu plus d’un million de personnes ont créé des dizaines de millions de titres, accessibles en un simple clic sur son site. Mais dans l’immense majorité, ces jeux ne sont pas finis, peu fonctionnels, voire totalement inintéressants. Beaucoup se contentent de reproduire, avec beaucoup moins de moyens, des succès déjà existants, comme Mario ou Pokémon. Mais certaines créations ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Jailbreak, qui permet d’incarner un prisonnier en fuite ou un policier à sa poursuite, est l’un des titres les plus populaires de la plateforme. Il a rapporté à son créateur, âgé de 18 ans, «de quoi payer quatre ans d’études universitaires».

    En passant côté producteurs, les utilisateurs de Roblox découvrent, donc, un nouveau monde, où règnent course à l’audience et soif de Robux trébuchants.  Selon les chiffres de l’entreprise, l’ensemble des créateurs européens ont gagné 18 millions de dollars (soit 16 millions d’euros) en 2018. « Certains utilisateurs sont désormais à l’université et gagnent leur vie grâce aux productions qu’ils ont créées, et je suis sûr qu’il y en a plein qui travaillent désormais dans l’industrie du jeu vidéo », déclare Chris Misner à nos confrères du Monde.

    Au final, on retient que si elle est d’accès gratuit, la plateforme Roblox regorge de micropaiements. L’avatar du joueur, qui sera le même dans tous les jeux, est personnalisable contre la monnaie virtuelle de la plateforme, les Robux (400 Robux valent 5 dollars, un peu plus de 4 euros). Les créateurs peuvent aussi rendre l’accès à leur jeu payant – ce qui est rare -, ou bien intégrer des mécanismes qui obligent les joueurs à dépenser des Robux. Et ça marche. Au premier semestre 2018, la seule version mobile de Roblox aurait généré 210 millions de dollars. L’application oscille entre la 15e et la 30e place des jeux vidéo les plus lucratifs sur smartphone aux États-Unis, selon l’institut AppAnnie. La plateforme indique reverser une partie de ses revenus aux créateurs: cette somme devrait atteindre 70 millions de dollars cette année. Mais pour devenir millionnaires avant leur bac, les développeurs en herbe doivent mettre la main à la poche. Les Robux qu’ils ont gagnés via leurs créations ne sont en effet convertibles en vrais dollars que s’ils souscrivent à un programme coûtant 20 dollars par mois…

    Plus un jeu Roblox est beau et original, plus il est susceptible de devenir populaire et donc de générer de l’argent. C’est ainsi que la plateforme regorge de petites mains, qui proposent aux apprentis développeurs de s’occuper du design de leur jeu contre rémunération. La plupart de ces freelances sont des lycéens ou de jeunes étudiants qui s’exercent sur des projets simples. Sous couvert d’une plateforme sécurisée où les enfants peuvent jouer et créer en toute quiétude, Roblox est aussi une redoutable initiation au monde de l’entreprenariat.

     

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