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  • Brexit : Barnier enjoint les entreprises à peaufiner leurs plans pour un « no-deal »

    Brexit : Barnier enjoint les entreprises à peaufiner leurs plans pour un « no-deal »

    le No-deal tant redouté va-t-il se produire ?

    Le négociateur en chef de l’UE sur les relations futures avec le Royaume-Uni a appelé les entreprises européennes à accélérer leur planification en vue d’un scénario de « non deal » lorsque Londres quittera le marché unique à la fin 2020.

    Le dernier cycle de négociations sur un nouvel accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni s’est achevé à Londres jeudi 9 juillet.

    « Les discussions de cette semaine confirment que des divergences importantes subsistent entre l’UE et le Royaume-Uni. Nous continuerons à travailler avec patience, respect et détermination », a déclaré Michel Barnier à l’issue des pourparlers.

    Il semblerait que peu de progrès aient été réalisés sur les points de friction qui existent depuis longtemps entre les deux parties sur la pêche et les dispositions relatives aux « règles de concurrence équitable », destinées à empêcher le Royaume-Uni d’enfreindre les normes de l’UE en matière de politique environnementale, sociale et d’aides d’État.

    Les discussions reprendront à Bruxelles la semaine prochaine, mais dans une communication intitulée « Se préparer aux changements », la Commission a invité les entreprises à « envisager de revoir leurs plans de préparation existants».

    Fin de la période transitoire au 31 décembre 2021

    La Commission européenne précise qu’à partir de 2021, des changements interviendront dans le commerce des biens et des services, dans l’énergie et la coopération juridique, dans les voyages et le tourisme, qu’un nouvel accord soit conclu ou pas.

    Le fait que le gouvernement de Boris Johnson ait décidé de ne pas prolonger la période de transition post-Brexit au-delà de décembre signifie que « d’inévitables perturbations se produiront » l’an prochain, risquant « d’accentuer la pression que subissent déjà les entreprises en raison de l’épidémie de COVID-19 », relève le document de la Commission.

    Les règles de l’OMC contrarient les plans de Boris Johnson

    « Bien que ces [plans de préparation] aient été rédigés pour faire face au risque d’un retrait du Royaume-Uni de l’Union sans accord – un scénario qui ne s’est pas concrétisé – une partie de ce travail sera toujours très pertinente pour [affronter] les changements à la fin de la période de transition », stipule le communiqué.

    La semaine prochaine, le gouvernement de Boris Johnson devrait présenter de nouveaux plans concernant sa politique frontalière, alors que les entreprises situées des deux côtés de la Manche devront, dans moins de six mois, faire face à de nouveaux arrangements frontaliers et à l’imposition potentielle de droits de douane sur les marchandises.

    En début de semaine, une lettre de la ministre britannique du Commerce international, Liz Truss, a fait l’objet d’une fuite. Adressée à Boris Johnson, la missive prévient que les plans du gouvernement concernant les frontières pourraient enfreindre les règles du commerce international et mener à des importations illégales en provenance de l’Union européenne.

    Liz Truss ajoute que le Royaume-Uni pourrait également se trouver en porte-à-faux avec l’Organisation mondiale du commerce, qui pourrait contester ses agissements si le pays accorde temporairement un traitement préférentiel aux marchandises européennes, malgré l’absence d’un accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’UE.

    Le mois dernier, le gouvernement Johnson est revenu sur ses plans précédents, qui visaient à instaurer un contrôle des importations lorsque le Royaume-Uni serait sorti du marché unique de l’UE. Il a décidé d’autoriser les opérateurs à différer les paiements douaniers de six mois, jusqu’à ce que la déclaration de douane ait été faite.

    La Commission a également exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations concernant le protocole sur l’Irlande du Nord. Elle craint que cette partie de l’accord de retrait, qui engage le Royaume-Uni à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République, ne soit pas prête à être mise en œuvre d’ici à janvier prochain.

  • Aides sociales pour les expatriés ! La grande désillusion…

    Aides sociales pour les expatriés ! La grande désillusion…

    Le 30 avril dernier le gouvernement annonçait la mise en place d’un dispositif de soutien aux Français de l’Etranger. Sur  les 240 millions débloqués par le parlement, 50 millions devaient être distribués à nos compatriotes dont la situation s’est particulièrement dégradée avec la crise liée à la Covid-19.

    Aidé de notre consultation du mercredi 1 juillet au dimanche 12 juillet, à laquelle vous avez été 4184 à répondre, on s’interroge sur les raisons de ce fiasco.

     2 727 Français aidés sur les 3,5 millions de Français expatriés !

    Le secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, Jean-Baptiste Lemoyne,  a avoué lors d’une session parlementaire, la semaine dernière, que seulement 390 000 euros ont été dépensés au titre de la solidarité nationale pour les Français les plus vulnérables.

     « on voit bien au regard des crédits qui ont été mis en place, qu’il y a encore de la capacité ».  Jean-Baptiste Lemoyne au Palais du Luxembourg

    Le gouvernement souligne que les OLES étaient aussi éligibles pour recevoir ces fonds. Ces associations locales ou centres médicaux n’ont touché, cependant, que 900 000 euros. C’est donc près de 1,4 millions d’euros qui auraient été affectés au soutien des Français de l’Etranger soit 48,6 millions d’euros de moins que prévus.

    On peut se demander alors pourquoi le  Quai d’Orsay a décidé, fin avril,  de « réorienter » aux profits de ces organismes le budget du Stafe, le dispositif d’aide aux associations.

    L’enveloppe de 1,92 millions d’euros a été gelée. Et ce alors que les associations en avaient grandement besoin pour relancer la vie communautaire dans les différents pays. Et tandis que le budget affecté à l’aide exceptionnelle n’a été que très peu utilisé. Certaines associations, celles attachées le plus souvent à de grands partis nationaux, et donc disposant d’un réseau étendu, ont tout de même présenté des dossiers pour obtenir d’autres subsides.

    Une procédure inadaptée, des moyens consulaires sous exploités

    C’est donc uniquement 2,5% du budget promis qui a été débloqué pour les Français hors de France. Alors que dans de nombreux pays, les besoins sont criants pour faire face aux conséquences de la crise.

    En Asie du sud-est, des restaurateurs français organisent des soupes populaires pour leurs compatriotes, en Amérique du Sud, 31 conseillers consulaires ont écrit pour dénoncer la lenteur des procédures et leurs inégalités. Partout dans le monde, des expatriés se retrouvent en difficulté. 

    Le dispositif d’aides exceptionnelles est dénoncé par tous. Les démarches, uniquement en ligne,  sont lourdes administrativement, pour les particuliers, comme pour les Oles. L’ensemble des documents, parfois sur la situation, en France, de leurs ascendants ou frères et soeurs, compliqueraient par ailleurs l’accessibilité de ces aides, qui ont pourtant été créés pour répondre à une urgence.

    Une communication en catimini

    L’urgence et la rapide adoption de ce plan ont mis en difficulté le réseau consulaire. La crise sanitaire, il est vrai, a eu de lourdes conséquences pour les consulats. Fermeture, télétravail, limitation des échanges postaux avec la France, les écueils n’ont pas manqué pour les équipes administratives. Travaillant en mode dégradé, l’administration a eu le plus grand mal à informer et orienter leurs administrés sur ces aides exceptionnelles.

    Aide gouvernement communication
    Un des résultats de notre consultation

    Comme on le note dans notre consultation à laquelle vous étiez 4184 à répondre, plus de 70% des Français hors de France ont reçu des infos de leurs consulats mais que 48% ont été informés de l’existence de ces aides.

    Et comme nous l’indiquions plus haut, une fois informé, il faut pouvoir répondre aux critères d’éligibilité. Une grande majorité des expats ont préféré y renoncer.  Pour ceux qui ont essayé la désillusion fut grande. En effet, moins de 10% des demandeurs ont vu leurs demandes se conclurent positivement.

    Vu de Paris, l’effort gouvernemental est louable et dispose d’une assise financière sécurisante. Sur le terrain le ressenti est bien différent. Certains n’hésitant pas à parler de simples coups de com… Qui abouti à une réduction des moyens alloués aux Français de l’Etranger.

  • Trois défis pour la zone euro

    Trois défis pour la zone euro

    L’Union européenne et la zone euro, après l’effet de stupeur, ont plutôt fait preuve de résilience au niveau institutionnel. Sur le terrain économique, la crise sanitaire actuelle constitue néanmoins un nouveau défi pour la zone euro qui a fêté ses vingt ans l’année dernière. Elle doit relever trois défis majeurs : la gestion de son excès d’épargne, les forces centrifuges qui l’animent et le risque de marginalisation dans les hautes technologies.

    La question de l’excès d’épargne

    Depuis la crise des subprimes, la zone euro a enregistré une croissance plus faible que celle des États-Unis. Ce déficit de croissance s’explique, en partie, par la survenue de la crise des dettes souveraines entre 2011 et 2013. Elle est aussi la conséquence d’un fort recul de l’investissement productif. Si le taux d’épargne a augmenté de 4 points de PIB de 2009 à 2019, ce surcroît a été essentiellement investi en dehors de la zone euro ou en obligations d’État.

    Le taux d’investissement qui était de 25 % en 2007 est péniblement remonté à 23 % en 2019 après avoir atteint 20 % en 2013. L’excédent d’épargne dépasse 2 points de PIB. Quand, au début du siècle, celle-ci était inférieure d’un point de PIB à l’investissement. La progression du capital net est passée en volume de 2,5 % en 2008 à 1,2% en 2019. L’excès d’épargne est la conséquence du solde positif de la balance des paiements courants, résultat avant tout généré par l’Allemagne et les pays d’Europe du Nord.

    Les excédents commerciaux sont peu réinvestis dans les entreprises et au sein de la zone euro. Ce phénomène s’est accentué depuis la crise de 2008. Par ailleurs, le vieillissement de la population tend à s’accompagner d’une hausse du taux d’épargne des ménages.

    La faiblesse de l’investissement est étonnante au regard des besoins générés par la transition énergétique. Elle suppose entre 2 et 4 points de PIB d’investissement supplémentaires afin de tenter de respecter l’Accord de Paris sur les émissions des gaz à effet de serre.

    La dangereuse divergence des États membres

    L’unification monétaire a conduit à une spécialisation productive différente selon les pays qui amplifie leur hétérogénéité. L’Allemagne est devenue le centre industriel de la zone euro quand les pays latins se sont spécialisés dans le tourisme. Les écarts de revenus entre l’Allemagne et les États du Sud se sont creusés.

    Cette divergence se traduit par l’accumulation des déficits et des dettes dans le Sud de l’Europe sans que des mécanismes de correction puissent les corriger. Au sein d’un État, de tels déficits existent mais sont compensés par le jeu des prestations sociales, des investissements et par la mobilité de la population. Cette divergence alimente le sentiment anti-européen. Au sein des États riches, l’effort consenti pour les autres est jugé trop important. De leur côté, la population des pays d’Europe du Sud estime que la politique européenne est responsable de l’austérité et du chômage.

    Le plan de relance élaboré en réponse à la crise de la Covid-19 tire en partie les conséquences de cette divergence pernicieuse. La répartition des 750 milliards d’euros promis s’effectuera non pas en fonction du poids économique de chacun des États mais en fonction des besoins. Même si l’enveloppe budgétaire reste modeste au regard de la situation, celle-ci est un pas vers la mise en place d’actions de soutien à des États en difficulté.

    Le décrochage technologique de la zone euro

    Si en matière de télécommunication, l’Europe a su, des années 70 aux années 2000, être présente à travers des entreprises comme Nokia, Ericsson, Alcatel ou Siemens, le passage au tout digital ne lui a pas réussi. Des moteurs de recherche aux plateformes de services en passant par les réseaux sociaux, les entreprises américaines et chinoises se partagent le monde. Les barrières linguistiques, l’absence d’un réel marché unifié de capitaux et une moindre prise de risques peuvent expliquer le retard accumulé dans les techniques de l’information et de la communication.

    Les dépenses totales de recherche et de développement s’élèvent en zone euro à 2,1 % du PIB contre 2,8 % aux États-Unis comme au Japon ou en Chine. Les investissements dans les techniques de l’information et de la communication atteignent 2 % du PIB aux États-Unis contre 1,1 % en zone euro.

    Pour éviter sa marginalisation, la zone euro doit donc mettre en place une politique économique qui, à la fois, encourage l’investissement, favorise le secteur des hautes technologies et vise à réduire le décrochage du Sud par rapport au Nord. L’utilisation de l’excès d’épargne pour accélérer la montée en gamme de l’économie européenne et financer la transition énergétique constitue donc une réelle nécessité.

  • La France et l’Espagne vont signer un accord de double nationalité

    La France et l’Espagne vont signer un accord de double nationalité

    L’Espagne et la France signeront le premier accord de double nationalité entre deux pays européens. Les ministres espagnols et français des Affaires étrangères l’ont annoncé jeudi 9 juillet.

    Il sera ensuite paraphé lors d’un sommet bilatéral fin de cette année.

    Cet accord envoie « un signal très clair aux plus de 275 000 Espagnols résidant en France et un clin d’œil aux plus de 125 000 Français résidant en Espagne », a déclaré la cheffe de la diplomatie espagnole, Arancha González Laya, après avoir rencontré son homologue français, Jean-Yves Le Drian, à Paris.

    Un accord de double-nationalité pour les expatriés

    La ministre souligne le « caractère exceptionnel » de cet accord. Il qui profitera avant tout aux résidents français en Espagne. Les Espagnols qui vivent en France peuvent déjà obtenir les deux nationalités.

    Des sources ministérielles indiquent par ailleurs que des projets d’accords similaires sont en cours avec d’autres pays d’Europe, comme le Royaume-Uni.

    Jean-Yves Le Drian considère pour sa part cette entente inédite en Europe comme un « symbole fort » des bonnes relations entre les deux pays.

    La signature de l’accord sera l’un des thèmes centraux du sommet franco-espagnol qui aura lieu au second semestre de cette année. Le ministre français espère que les deux États membres pourront y « écrire une nouvelle page d’une relation particulièrement riche et dense ».

    Les deux diplomates en chef disent partager les mêmes opinions sur différentes questions d’ordre international — notamment l’approbation, lors du Conseil européen de la semaine prochaine, du plan de sauvetage de la Commission en réponse à la crise sanitaire.

    « Nous voulons envoyer un message d’unité entre l’Espagne et la France pour parvenir à un accord rapide et solide sur le fonds de relance lors du prochain Conseil européen du 17 juillet », affirme le ministre Le Drian.

    Pour lui, il est important « de relancer l’économie européenne. Il souligne aussi l’importance de donner à l’Europe un élan géopolitique en tant qu’acteur majeur dans les relations internationales ».

    Une longue amitié pour une Europe plus forte

    Selon Jean-Yves Le Drian, il existe une « convergence au niveau européen » sur l’adoption immédiate du plan de reprise, mais aussi concernant l’avancée des négociations sur l’avenir de la relation UE-Royaume-Uni de l’après Brexit.

    En ce sens, il assure que Paris et Madrid ne veulent pas que « la pêche serve de seule variable d’ajustement » lors des pourparlers avec Londres.  Arancha González Laya note quant à elle que les deux pays s’accordent pour inciter le Royaume-Uni à accélérer les négociations.

    L’Espagne et la France s’entendent également sur la politique à mener au Sahel. Pour Jean-Yves Le Drian, la contribution espagnole à cette mission et à d’autres s’avère « essentielle ». Et de souligner que l’Espagne est le pays qui contribue le plus aux missions militaires communes de l’UE.

    Lors de leur rencontre, les deux diplomates se sont aussi entretenus sur la condamnation de l’ingérence étrangère en Libye, sur son rejet des décisions unilatérales de l’Israël en Palestine ainsi que sur l’Amérique latine.

    Le chef de la diplomatie française a d’ores et déjà annoncé que le Conseil des ministres de lundi prochain porterait entre autres sur la relation de l’UE avec la Turquie au vu de son ingérence en Libye. Ils aborderont aussi les explorations pétrolières qu’Ankara mène en Méditerranée orientale.

    À cet égard, Arancha González Laya appelle au respect du droit international et du principe « un pays, deux systèmes » à Hong Kong. Ce dernier doit être appliqué « dans la théorie et dans la pratique », soutient-elle.

    Lors de sa visite à Paris, la ministre a a rencontré la maire d’origine franco-espagnole, Anne Hidalgo.

  • 14 juillet : la fête à zéro

    14 juillet : la fête à zéro

    Ce n’est pas un énarque du terroir qu’il nous faut, mais un exorciste : Notre-Dame qui flambe, le défilé du 14 juillet qui flanche. Pourvu qu’elle tienne, la Tour Eiffel, avec cette scoumoune, un coup de vent l’emporterait.

    Dans le monde d’avant, le 14 juillet à l’Elysée, c’était bien jusqu’à la caricature. Des ministres, des archevêques, des militaires, des enfants, des journalistes, comme un cocktail à la Résidence de l’Ambassadeur, en mieux, parce qu’il y avait justement les enfants et le Président, avec son nuage de courtisans comme la Reine des abeilles.

    Dans le monde d’aujourd’hui, sans défilé, il y a toujours des ministres et des journalistes, mais pas d’enfants -trop dangereux- remplacés par des médecins, infirmiers, administrateurs du Covid et personnels de santé. Héros tous les soirs applaudis à vingt heures. On aurait pu ajouter les pompiers, et pourquoi pas les malades, les rescapés, et aussi les pompes funèbres pour donner un peu d’allure au cortège à la place des chars de combat.

    Ma tante me disait : « c’était mieux pendant la guerre, au moins on pouvait sortir avant le couvre feu. »

    Et bien non ! Le 14 juillet c’est la fête.

    La Garden party de l’Elysée, si on veut, mais surtout les huiles en plein soleil levant le nez vers la Patrouille de France, le feu d’artifice et le bal des pompiers. A Tegucigalpa, avec la complicité du maire, j’avais organisé un bal populaire sur la place centrale, des affiches dans toute la ville et des petits drapeaux français. Succès total. Même les Américains n’avaient pas çà. L’année suivante, une entreprise française avait construit une Tour Eiffel miniature, elle est encore sur une place : la place de Paris. Toujours la fête.

    La fête, c’est comme les Saturnales, le Carnaval, ou la saint Jean : on tape des pieds (on danse) et on crie (on chante) pour chasser les démons.

    La France doit chasser ses démons. Rarement notre pays n’a été si morose. Ma tante me disait : « c’était mieux pendant la guerre, au moins on pouvait sortir avant le couvre feu. ». Le Président a nommé Monsieur Déconfinement Premier ministre. Il était temps de déconfiner. Tout, radicalement. Du sol au plafond. De l’air ! Tout est à refaire. Révolution, dit le 14 juillet !

    Révolution ? On y est.

    Trois entreprises privées américaines ont été choisies pour créer une base humaine sur la lune. Ellon Musk, autre lunaire, porte Tesla, sa firme de voiture électrique, jusqu’à devenir la première société automobile mondiale par capitalisation, devant Toyota. L’ONU, s’inquiète de la demande mondiale en batteries électriques, qui devrait être multipliée par dix en raison de la transition énergétique. Résultat, au Congo, 40.000 enfants extraient le cobalt, nécessaire aux batteries, dans des mines, (le Congo représente 2/3 de la production mondiale). Le Congo promet d’interdire le travail infantile en 2025. D’un coté la lune, de l’autre la mine.

    Un monde de plus en plus petit et à ce point déchiré. Où toutes les contradictions, les aberrations, les anomalies coexistent. Où l’humanité est à la fois unie par force, comme le montre le covid, et où l’humanisme décroit.

    Et la France ? Elle compte.

    Sinon, on ne lui en voudrait pas tant. Rien que cette semaine, un Turc l’insulte, un Américain et un Chinois la menacent, un Algérien lui demande encore des excuses. Rarement elle a semblé aussi isolée en termes diplomatique.

    Et rarement on a eu autant besoin de la France pour rassembler les partisans du droit plutôt que de la force. Même s’il faut aussi de la force pour cela. D’autant qu’on la menacerait moins si elle était plus forte. Elle pourrait l’être. A condition de chasser ses démons. La peur d’abord. Les plaintes et pleurnicheries ensuite. Rétrécissement moral et mental. Les Russes et les Turcs sont bien plus faibles que nous, ils voudraient faire la loi en Méditerranée.

    Rares sont les pays pour lesquels la fête nationale est un message universel. C’est pourquoi on ne peut pas l’annuler.

    Il faut revenir à la fête, à son universalité, sa gaieté, son espérance. Invitez vos voisins et amis expatriés comme vous. La joie est la meilleure façon de chasser ses démons. S’ouvrir sur le monde, et ouvrir le monde à la France, c’est une façon d’être fidèle au 14 juillet. La fête est à zéro ? Il faut donc repartir de zéro.

     

    Laurent Dominati

    A.Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Pdg de la société éditrice du site « lesfrancais.press »

     

  • Député des Français du Royaume-Uni : Passeports, Brexit, etc.

    Député des Français du Royaume-Uni : Passeports, Brexit, etc.

    Alexandre Holroyd, député LREM des Français établis hors de France (Europe du nord) a accordé un entretien aux francais.press.

    L’occasion de revenir sur la proposition pour revoir la délivrance des passeports pour les Français de l’étranger et aussi, naturellement, sur le Brexit qui affecte durement les Français de sa circonscription.

    Retrouvez ci-dessous l’échange entre notre média et le député Holroyd :

    M. le député Holroyd, vous avez déposé avec votre collègue le député Quentin (LR – Charente Maritime) un rapport suite à votre mission flash concernant la délivrance des passeports. Pouvez-vous nous indiquer quel est le problème ?

    Holroyd
    Alexandre Holroyd député des Français d’Europe du Nord et des iles britanniques

    Une mission flash s’intéresse à un problème dans un périmètre très restreint et immédiat. Le problème aujourd’hui est la succession de retards dans certains consulats pour la remise de titres d’identité dont les passeports, aux Français de l’étranger. Certains consulats ont fermé et certains doivent mettre en œuvre des mesures de distanciation.

    Les retards s’accumulent tout le long de la chaîne de la délivrance du document : dès la demande en ligne pour un rendez-vous jusqu’à la délivrance en mains propres du passeport. Nous avons auditionné les responsables pendant une semaine. Le problème est assez conséquent, les Français de l’étranger génèrent 350 000 titres délivrés par an. Cela représente, avec deux mois en suspens, un nombre très important de retards.

    Nos compatriotes vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête – Alexandre Holryod sur le Brexit

    Quelles solutions préconisez-vous ?

    Le consulat de France à Londres
    Le consulat de France à Londres

    Nous voulons plusieurs solutions selon les étapes de demande du passeport : une première idée est, vu l’accumulation de passeports en stock dans les consulats, que l’intégralité de ces stocks soient, sauf demande contraire express, envoyé par pli sécurisé au demandeur. Cela peut concerner sur certains postes plusieurs milliers de passeports, cela libère les agents consulaires vers leurs autres fonctions. Autre possibilité, en particulier pour les grands postes consulaires, de choisir un prestataire qui leur soit propre pour l’organisation des rendez-vous. Cela parait bête mais il y a beaucoup de plaintes des utilisateurs sur l’utilisation du logiciel actuel. Les consulats sont très divers, certains traitent 40 000 titres par an, d’autres quelques dizaines.

    Dans un temps un peu plus long, nous pourrions envoyer par plis sécurisés le passeport directement au demandeur depuis l’imprimerie nationale sans passer par le consulat. Cela ne limite pas le rôle de ces derniers, leur mission n’est pas d’ouvrir des paquets et de les renvoyer aux utilisateurs.

    Concernant toujours cette mission flash, comment vous et la commission avez-eu écho des difficultés, via les Français hors de France ou vous êtes-vous auto-saisis?

    J’ai été en tant que député des Français de l’étranger en échanges quotidiens avec nos compatriotes hors de France. La Présidente de la Commission et nos collègues unanimes ont approuvé l’idée de se saisir de ce sujet. Il faut aider au quotidien nos compatriotes sur ces démarches très importantes avec des solutions concrètes.

    Quelles sont les prochaines étapes ? Vous avez communiqué votre rapport aux ministères des affaires étrangères, de l’intérieur et à Matignon, comment va évoluer ce dossier ?

    Courrier a été envoyé demandant soit un calendrier de mise en place de ces recommandations soit des explications justifiant que ces idées soient écartées. J’espère une réponse rapide. Certaines propositions peuvent être mises en

    Passeport
    Passeport

    œuvre du jour au lendemain comme l’envoi par plis sécurisés. D’autres aspects prendront plus de temps comme l’envoi direct depuis la métropole.

    M. le député, vous êtes par ailleurs député notamment pour les îles britanniques, une des questions est bien entendu liée au Brexit. Il y a-t-il des inquiétudes ? Suivent-ils les négociations avec une certaine appréhension ?

    Le premier sujet pour le Royaume-Uni est bien sûr le Brexit, et de la revue des relations avec ce pays cousin ou frère. C’est un sujet d’inquiétude immense. Nos compatriotes vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je suis cette négociation depuis le premier jour, je suis rapporteur de la commission des affaires étrangères sur ce dossier entre autres. Dès le départ la priorité a été la protection des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques en France.

    L’accord de retrait protège une immense partie de ces droits : accès à la santé, l’éducation… Un travail phénoménal a été menée par Michel Barnier. Et ce avec le soutien du Président de la République et de l’ensemble des Etats membres.

    Michel Barnier
    Michel Barnier

    Il y a une deuxième étape : s’assurer que l’esprit de la loi est bien respecté dans la mise en œuvre de l’accord. Les Britanniques se sont engagés à mettre en place un système de régularisation de tous les citoyens européens vivant au Royaume-Uni. Il y a beaucoup de façons de mettre ceci en place. Nous sommes très attentifs à des sujets de discriminations potentielles. Pour ceux qui auront des problèmes pour faire les démarches. La mission prioritaire est que chacun a fait la démarche c’est-à-dire obtenir ce statut particulier qui est le « settled status ». C’est un sujet très important et certains sont plus éloignés de cette question.

    Quel est le délai pour l’obtention de ce statut ?

    C’est un combat que je mène avec les élus consulaires, les services diplomatiques et aussi par exemple Nathalie Loiseau. Sauf erreur il faut avoir fait la demande jusque juin 2021. Je souhaite soit une extension soit que d’éventuels retardataires soient traités avec indulgence. Je le demande aux autorités britanniques mais aussi réciproquement aux autorités françaises, c’est une question morale.

  • Retour de l’interview présidentielle du 14 juillet, que va dire Macron ?

    Retour de l’interview présidentielle du 14 juillet, que va dire Macron ?

    Le président de la République, Emmanuel Macron, s’entretiendra avec des journalistes ce 14 juillet. Il remet donc en place une vieille tradition qu’il avait abolie depuis le début de ce mandat. Une manière d’établir une feuille de route des derniers « 600 jours » du quinquennat.

    Comment relancer l’économie? Une « deuxième vague » arrive-t-elle? Faut-il ranimer la réforme des retraites? Quelles mesures pour l’écologie? Pourquoi Jean Castex à Matignon?

    Emmanuel Macron renoue avec la traditionnelle interview du 14-Juillet durant laquelle il va définir le cadre des derniers « 600 jours » du quinquennat.

     

    Ségur de la Santé et plan européen de relance

    Le chef de l’Etat sera interviewé en direct pendant 45 mn à 13h10 mardi, par Léa Salamé et Gilles Bouleau. Elle interviendra après une cérémonie militaire réduite pour cause de nouveau coronavirus,. Un entretien qui marquera le coup d’envoi de la dernière partie du quinquennat, à moins de deux ans de l’élection présidentielle. Il revient ainsi à une posture très classique avec ce format de questions-réponses du 14-Juillet. Inventée par Valéry Giscard d’Estaing, il avait décidé de la supprimer peu après son élection. Depuis la crise du coronavirus, il privilégie désormais les allocutions solennelles.

    Selon son entourage, le Président souhaite exposer les défis à relever et les réponses prévues.  Seront abordés,  la situation sanitaire, la relance économique, la sécurité et l’emploi des jeunes. Il devrait évoquer le Ségur de la santé, dont les accords sur les salaires seront signés lundi après-midi à Matignon, et également le plan européen de 500 milliards d’euros qu’il défendra au Conseil européen de jeudi et vendredi. Et enfin présenter son nouveau « gouvernement de combats et de résultats« .

     

    Aide à l’emploi des jeunes et réforme des retraites

    Très inquiets de la dépression économique et de la remontée du chômage, les Français attendront surtout des précisions sur le plan de relance promis pour septembre.  Il s’intéresseront aussi à la manière de le financer. Celle-ci devrait comprendre des aides à l’emploi des jeunes, des incitations à relocaliser des industries, ou encore des aides à la rénovation des bâtiments.

    Emmanuel Macron devra aussi expliquer comment il compte à la fois se « réinventer ». Il essayera de remettre sur les rails son programme bouleversé par l’épidémie. Dont la réforme des retraites, qu’il a suspendue au début du confinement.  Désormais il a annoncé vouloir finaliser, malgré l’opposition des syndicats comme du patronat, au risque de ressusciter une crise sociale.

     

    La défense de l’égalité hommes-femmes

    Lui qui a fait de l’égalité hommes-femmes la grande cause de son quinquennat devra aussi répondre aux critiques en France comme à l’international sur les nominations de Gérald Darmanin à l’Intérieur et d’Eric Dupond-Moretti à la Justice, l’un parce qu’il est sous le coup d’une plainte pour viol, l’autre pour avoir affirmé que des femmes « regrettent de ne plus être sifflées ».
    Le chef de l’Etat pourra aussi faire connaître ses intentions sur les mesures écologiques qui pourraient être soumises à un référendum, une hypothèse qu’il a évoquée devant la Convention citoyenne pour le climat.

  • Lecture : Le Grand art, de Lea Simone Allegria

    Lecture : Le Grand art, de Lea Simone Allegria

    Il faut lire Le grand art.

    Parce que c’est un vrai roman, à l’antipode de ces histoires qui prennent le sens unique du récit. (« Un roman, disait Stendhal, est un miroir qu’on promène le long d’un chemin »). Le grand art signifiant la comédie humaine puisque l’art ne tolère pas l’épithète. (De l’art il en est bien sûr question, dans ses dimensions céleste et humaine). Il faut lire ce roman parce qu’il est écrit avec talent (d’emblée le rythme, et ce sens cinématographique qui tient en haleine), ce qui fait que la lecture n’est que plaisir.

    Le Grand Art
    Le Grand Art

    Le grand art est un roman qui comme tout roman montre l’humain, donc l’impureté, fut-ce à l’approche de la beauté absolue : l’art, qui est élévation de l’esprit. C’est déjà un vrai roman parce qu’on ne saurait lui reconnaître un genre : il y a du polar dans la façon qu’a l’auteure de malmener les événements (pour suivre sa veine – Léa Simone Allegria multiplie les références à l’histoire de l’art – je préciserai, grâce à Charles Dantzig, que c’est Balzac, dans Modeste Mignon, qui emploie pour la première fois l’expression « roman noir » : « Devenue l’héroïne d’un roman noir, elle aimait, soit le bourreau, soit le scélérat qui finissait sur l’échafaud, ou, comme sa sœur, un jeune élégant sans le sou qui n’avait de démêlés qu’avec la Sixième Chambre. ») ; des accents du roman historique tant le rapport à l’histoire de l’art lui est consubstantiel (on note, page 87, cette information clé : « jusqu’au XIXe on n’attachait aucune importance à l’authenticité » et cette sentence de l’auteure qui n’est pas moins constitutive de la narration : « Aujourd’hui c’est tout ce qui compte » ; le souffle unique du roman d’amour (ni triomphe ni échec : la simple et pauvre autodestruction qui signale la condition humaine). Ah ! J’allais oublier ! L’Italie. Enfin, Florence. La capitale de la première Renaissance joue un rôle primordial dans ce polar-roman historique-roman d’amour qui s’insinue dans les salons parisiens où se fait se défait la cote de l’art au gré de ventes aussi célèbres par le montant atteint des enchères que par le cérémonial et les codes qui les définissent. On découvre des expressions savoureuses comme « monter une chapelle dans le jardin » ou « enchère au lustre » (il y en a d’autres) qui signifient qu’on a « truffé » – comprenez « truqué » – une vente. Elles expriment avec ce charme délicieusement désuet les (mauvais) usages du marché de l’art, ces ficelles finalement un peu grosses pour les familiers des salles de vente (ce qui ne veut pas dire que la morale est sauve). On comprend surtout que « l’art est devenu une bourse des valeurs où l’on joue sur tous les tableaux » pour reprendre le mot d’Albert Willemetz. Sur le chapitre, Marc Fumaroli n’est pas le moins sévère : « Le succès des foires d’art contemporain est moins le fait du travail des plasticiens, surexposé, chacun dans le stand provisoire de leur galerie, que celui du marché très juteux qui attire à lui amateurs et collectionneurs milliardaires qui se retrouvent une fois l’an à Miami, à Bâle, à Hongkong, voire à Bruxelles et à Paris pour « socialiser » entre eux et miser au passage sur telle ou telle « tendance » nouvelle, telle ou telle performance et installation qui semble promettre un haut rendement financier, la raison d’être du genre. » La question que pose le roman est cruciale : l’art, gouverné – peut-être sous le totalitarisme – par le marché, est-il toujours intimement révélateur du Beau, du plus classique au plus inédit ? Cette autre question (ramenée à une forme affirmative) que pose Fumaroli n’est pas sans lien avec l’essence du roman de Léa Simone Allegria : « Il n’y aura jamais un mouvement équivalent à la Renaissance ou au romantisme pour s’emparer de l’univers et le régénérer. L’individualisme actuel l’empêche. »

    Ce roman est aussi une comédie

    Le roman est une fiction – pas une sociologie – née d’une obsession (en l’occurrence Léa Simone Allegria est une ancienne élève de l’École du Louvre, et a créé une galerie d’art en ligne, The Curators), et donc une fiction. Une fiction (sauf s’il s’agit d’un roman de science-fiction) ne doit pas être abracadabrantesque, l’auteur établit que « 10% des œuvres d’art dans les musées sont des faux » et « qu’on peut donc inventer tout un tas d’histoires autour », ce qui l’exonère d’un procès en invraisemblance. Le roman est aussi une comédie. C’est elle qui nous importe parce que c’est elle qui nous emporte. Paul Vivienne, Jean-Louis et Louis Becquerel, Marianne, Gabrielle, Zbik en sont les personnages principaux mais le lecteur a aussi son rôle à jouer : en confrontant son imagination à celle de l’auteure, le metteur en scène. C’est à cette double condition qu’on distingue le vrai roman du récit enjoué. Il y a une jouissance du roman, elle n’est ni racontable ni à raconter. Chacun doit aller à la rencontre de ces personnages de fiction qui peuplent Le grand art, considérer ce qui les animent, en devenir en quelque sorte l’excroissance. Sans quoi l’histoire ne servirait à rien. Le grand art jette un pont sur les siècles, nous invite à partager une réflexion sur l’art, éprouve nos sentiments (le pouvoir, les honneurs, la réussite, la cupidité, les amours – les vraies comme les convenues -, les orientations, les fins de cycle sinon de vie…). Et puis ça et là une allusion à la Corse (c’est que l’auteure, comme son pseudonyme ne l’indique pas, est corse). Un peu comme les citations qu’insèrent les musiciens de jazz dans le paroxysme d’une jam session.

    Lea Simone Allegria
    Lea Simone Allegria

    Le pitch du Livre « Le Grand art »

    Paul Vivienne a tout vendu. Le commissaire-priseur a dispersé des palais entiers, des bols en argent, des vieux machins que l’on fait briller depuis des siècles. Le testament du Roi-Soleil et des machines à coudre. Des momies d’Égypte avant que l’on interdise le commerce des macchabées.

    Aujourd’hui, la partie lui échappe. Il ne maîtrise ni les réseaux sociaux, ni les enchères en ligne. Terminé le théâtre ; plus d’histoires à raconter. Paul Vivienne rejoint ses ombres. Jusqu’à ce qu’il découvre un mystérieux retable au fond d’une chapelle toscane. Vivienne, le désabusé, a une épiphanie : il tient son dernier coup. Son ultime chef-d’œuvre. Un tableau d’église, vraiment ? A l’heure où l’on s’arrache les Koons et les Basquiat ? Pour s’offrir une dernière gloire, ou peut-être pour séduire la redoutable experte à son côté, il lui faut à tout prix identifier ce maître inconnu de la Renaissance. Alors que l’obsession dévore Vivienne, le tableau prend son indépendance.

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