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  • L’UE en sommet sur le Brexit sous la pression de Johnson

    L’UE en sommet sur le Brexit sous la pression de Johnson

    Les dirigeants de l’UE sont déterminés à afficher leur fermeté jeudi à Bruxelles lors d’un sommet sur la relation post-Brexit malgré la pression du Britannique Boris Johnson, qui laisse planer la menace d’un arrêt des négociations.

    Le Premier ministre du Royaume-Uni s’est entretenu mercredi soir avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et avec celui du Conseil européen Charles Michel, un échange au cours duquel les trois dirigeants n’ont pu que constater l’absence de progrès dans des discussions enlisées depuis des mois.

    « L’UE travaille à un accord, mais pas à n’importe quel prix », a tweeté Ursula von der Leyen après cet entretien d’à peine 10 minutes. « Il reste encore beaucoup de travail à accomplir », a ajouté Ursula von der Leyen tandis que Charles Michel a, lui, réclamé « des avancées ».

    Boris Johnson a « noté la désirabilité d’un accord, mais exprimé sa déception de voir que davantage de progrès n’avaient pas été réalisés », ont indiqué ses services dans un communiqué.

    Il « a déclaré qu’il attendait avec impatience les résultats du sommet européen » – prévu sur deux jours – avant de « présenter les prochaines étapes pour le Royaume-Uni, à la lumière de sa déclaration du 7 septembre », selon la même source.

    M. Johnson avait ce jour-là affiché sa volonté de conclure un accord « d’ici au Conseil européen le 15 octobre », devenu dès lors la date butoir des Britanniques. « Ca n’a pas de sens de penser à des échéances qui iraient au-delà », avait-il insisté.

    Des négociations qui patinent 

    La menace de Boris Johnson a déçu les Européens, qui espéraient que l’entretien de mercredi redonne un élan aux négociations. « On aurait aimé être agréablement surpris », regrette une source européenne, qui souligne que les dirigeants de l’UE ne vont « rien décider » sur le Brexit lors de leur rencontre.

    Selon un projet de conclusions obtenu par l’AFP, les chefs d’État et de gouvernement devraient se limiter à constater « avec préoccupation » que « les progrès réalisés » dans les pourparlers « ne sont toujours pas suffisants ».

    Ils devraient aussi inviter le négociateur de l’Union, Michel Barnier, « à intensifier les négociations »d’ici à la fin octobre, date qu’ils se sont fixés pour trouver un accord.

    Depuis que le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier, les pourparlers entre Londres et Bruxelles pour un accord de libre-échange, qui entrerait en vigueur à la fin de la période de transition s’achevant à la fin de l’année, patinent. Et les deux parties s’accusent mutuellement de laisser planer le risque d’un « no deal » potentiellement dévastateur pour leurs économies, déjà fragilisées par la pandémie.

    L’hypothèse est d’ailleurs jugée « très crédible » et même « vraisemblable » par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

    Trois sujets bloquent toujours les pourparlers: la pêche, les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence – malgré de légers progrès – et la manière de régler les différends dans le futur accord.

    Le climat en débat

    Le dossier climatique sera également débattu dans la soirée, l’UE devant actualiser d’ici la fin de l’année ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour 2030. La Commission vise une réduction de 55% par rapport au niveau de 1990 (contre 40% actuellement) afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Le Parlement européen réclame, lui, une baisse d’au moins 60%.

    Les États membres devraient uniquement poser les termes du débat, sans trancher sur un objectif 2030, renvoyé à un prochain sommet mi-décembre, selon les conclusions provisoires du sommet.

    Onze pays, dont la France, l’Espagne ou les Pays-Bas, ont cependant exprimé mercredi dans une lettre commune leur soutien à une baisse d’« au moins 55% » d’ici 2030.

    Mais les réticences de plusieurs pays de l’Est, dont la Pologne, très dépendante du charbon et qui refuse de promettre sa neutralité carbone pour 2050, compliquent la donne : ils pourraient réclamer des financements supplémentaires. La journée de vendredi sera quant à elle consacrée aux Affaires étrangères et à la crise sanitaire liée au Covid-19.

  • Macron annonce un couvre-feux et une batterie de mesures

    Macron annonce un couvre-feux et une batterie de mesures

    On le savait, les Français aiment les hommes providentiels. La crise sanitaire du coronavirus n’aura pas modifié cet état de fait. Les Français étaient donc fébriles en attendant la prise de parole à 19h55 d’ Emmanuel Macron.

    Rappelons qu’à ce jour, la pandémie de Covid-19 dans l’Hexagone a causé la mort de 32 942 personnes. Ces dernières semaines, les contaminations et les hospitalisations sont reparties à la hausse, faisant craindre une nouvelle saturation des établissements de santé. 8 949 personnes, dont 1 642 en réanimation, sont actuellement pris en charge dans les hôpitaux français après avoir été contaminées par le virus SARS-CoV-2.

    Macron en père « moralisateur » de la nation

    Dans un rôle qu’il apprécie peu, et qu’il laisse bien volontiers à son gouvernement, le Président de la République a annoncé des mesures nouvelles qui vont s’imposer aux Français dans les prochains jours afin d’endiguer la propagation du Covid-19.

    L’interview, qu’il a accordé aujourd’hui à TF1 et France 2, a duré 44 minutes. Il a, ainsi, pris le temps d’expliquer aux Français la manière dont le gouvernement compte faire face à la « deuxième vague » épidémique. L’exécutif a un objectif qu’il présente comme une impérieuse nécessité : tout faire pour empêcher un nouveau reconfinement généralisé, qui paralyserait à nouveau l’économie et isolerait encore davantage les plus fragiles.

    Des nouvelles contraintes pour les Français

    Pour cela, la France va devoir se plier à de nouvelles contraintes. Emmanuel Macron a donc annoncé une série de mesures.

    Bulle sociale

    Importé de Belgique, les Français vont devoir se familier avec le concept de « bulle sociale » en limitant à 6 personnes pouvant se regrouper au restaurant ou au travail lors des différentes réunions, comme dans son foyer. Petit bémol : en France, le domicile est sacré. Les forces de l’ordre ne pourront pas controler les domiciles pour compter le nombre de convives. Cette mesure est donc, avant tout, une question de responsabilité citoyenne.

    Confinement nocturne

    Cependant des pouvoir exceptionnels seront confiés au gouvernement , en effet un décret instaurant un Etat d’urgence sanitaire a été adopté lors du Conseil des ministres du Mercredi 14 octobre. C’est dans ce cadre juridique d’exception que le Président de la République a décrété un couvre-feux de 21h à 6h du matin, dans les métropoles en alerte maximale (Paris et toute l’Ile de France, Lyon, Marseille, Lille, Grenoble, St Etienne, Toulouse.). Les forces de l’ordre seront mobilisées, les contrevenants seront sanctionnés par une amende de 135€. Par contre, Il n’y aura pas de restrictions sur les déplacements entre départements, le Président de la République en appel à la responsabilité de tous. Ces mesures seront applicables à partir de samedi 00h et pour au moins 4 semaines.

    « Eu égard à sa propagation sur le territoire national, l’épidémie de Covid-19 constitue une catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population. Elle justifie que l’état d’urgence sanitaire soit déclaré afin que les mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu puissent être prises »

    le compte-rendu du Conseil des ministres

    Objectif : baisser les contaminations jours.

    Emmanuel Macron a aussi précisé que la Covid-19 sera un sujet prioritaire jusqu’à l’été 2021. De 20 000 contaminations détectées par jour, le Président de la République fixe un objectif de 3000 cas/jours. Il s’appuie pour l’atteindre sur une multiplication des dépistages et un meilleur suivi des cas contacts. Pour cela, il annonce qu’une nouvelle « stratégie » va être adoptée afin de « réduire drastiquement les délais » des tests du Covid-19.

    Le Président revient aussi sur l’échec de l’application « Stop-covid ». Il promet une nouvelle application, riche en informations pratiques. Ainsi, il espère multiplier le nombre de téléchargements afin d’assurer un suivi plus efficace des personnes potentiellement contaminées.

    Des mesures sanitaires mais aussi économiques

    Quel impact économique auront les mesures de restrictions décidées par le gouvernement pour faire face à la deuxième vague de Covid-19? L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) vient de se livrer à cet exercice dans les prévisions dévoilées ce mercredi pour 2020 et 2021.

    Pour les économistes de l’OFCE, la France continuera à se situer parmi les grandes puissances qui vont à la fois connaitre cette année l’une des plus fortes récessions de leur histoire (-9%) et l’un des plus forts rebonds l’an prochain (+7%). Un rebond en partie mécanique. Dans le cas précis d’une pandémie limitant la consommation et les échanges commerciaux, plus le PIB chute brutalement, plus son rebond est important.

    Emmanuel Macron a donc décidé de répondre à ce risque économique majeur pour la nation par une nouvelle batterie d’aides et de dispositifs de soutiens à l’économie.

    Pour permettre de survivre aux acteurs des secteurs d’activité touchés par ce nouveau coup dur, le chef de l’Etat a indiqué que des « dispositifs de soutien supplémentaires » seront mis en place. « Dès vendredi, dans chacune de ces métropoles concernés, on va relancer une concertation locale avec tous les métiers concernés et nous allons améliorer la réponse économique ». La restauration, l’événementiel, la culture seront donc tenus hors de l’eau par un prolongement du « chômage Covid » et des aides pour maintenir leur trésorerie.

    Tandis que les autres commerces et entreprises sont appelés à favoriser le télétravail. En effet, Emmanuel Macron a préconisé ce mercredi soir « deux à trois jours de télétravail par semaine » dans les entreprises où cela est possible, pour « réduire un peu la pression collective ».

    « Evidemment, pour celles et ceux qui rentrent du travail après 21h ou qui travaillent de nuit, ou qui travaillent plus tard, il y aura une autorisation », annonce le président de la République. »

    Emmanuel Macron

    Les bénéficiaires du RSA et des APL ne sont pas oubliés avec la création d’une aide exceptionnelle.

    Pour les expatriés, ces mesures n’auront pas d’impacts directs, aucune disposition ,au niveau des frontières ou des voyages hors de France, a été annoncée.

  • Retour en France ? La couverture sociale est immédiate et sans justificatif!

    Retour en France ? La couverture sociale est immédiate et sans justificatif!

    Le Gouvernement a présenté devant le Senat un amendement qui a été adopté ce mardi 13 octobre.

    Une disposition déjà prise en mars 2020 pour 6 mois

    Cet amendement prolonge la suspension du délai de carence de trois mois pour bénéficier de la sécurité sociale lors d’un retour en France jusqu’au mois d’avril 2021. Ce délai de carence était déjà suspendu depuis mars 2020.

    En effet, en situation normale, si vous n’avez pas d’emploi, vous ne pouvez pas retrouver vos droits, en tant que Français, à la solidarité nationale avant d’avoir résidé 3 mois en France (à partir du moment de la déclaration de retour).

    Une solidarité nationale sans faille

    Celles et ceux qui rentrent en France pourront, donc, grâce à cette prolongation, bénéficier de l’accès aux soins dès leur arrivée sur le territoire français, sans obligation de contrat de travail. Mais aussi, ils seront éligibles au RSA, aux aides familiales, etc.

    Texte de l’amendement adopté ce mardi 13 octobre 2020

  • Covid, AEFE, AFE, fiscalité et élections, le sénateur Jean-Yves Leconte nous répond.

    Covid, AEFE, AFE, fiscalité et élections, le sénateur Jean-Yves Leconte nous répond.

    En marge de la 33e session de l’Assemblée des Français de l’étranger, nous avons rencontré Jean-Yves Leconte, sénateur représentant les Français établis hors de France. Nous avons abordé avec lui les sujets au cœur de l’actualité de la France et des Français de l’étranger. Un entretien sans langue de bois avec le sénateur socialiste, élu depuis 2011, et membre de la commission des lois et des affaires européennes au sénat.

    Le confinement et la covid-19

    C’est lors d’un déplacement à Chicago que le sénateur a appris la fermeture des frontières américaines aux voyageurs en provenance d’Europe le 12 mars. Tout s’enchaina rapidement ; Macron annonça la fermeture des écoles puis ce fut le confinement. Revenu à Varsovie, il prit le dernier vol vers Paris le 15 mars afin de voter le 1er texte sur les restrictions de liberté et l’état d’urgence sanitaire. Jean-Yves Leconte parle d’un véritable choc.

    « On a vu en quelques semaines revenir des choses que nous pensions devenues à jamais impossibles comme la fermeture des frontières en Europe et l’impossibilité de circuler entre différents pays ».

    La semaine suivante, il utilisa le dispositif « lotdodomu », mis en place par le gouvernement polonais pour permettre aux personnes résidentes en Pologne de rentrer dans le pays, afin de rentrer chez lui. Il effectua ensuite deux trajets en voiture entre la Pologne et la France, le passeport diplomatique dont il dispose lui permettant, effetivement, de passer sans trop de difficulté certaines frontières.

    A Paris ou de Varsovie le Sénateur a notamment travaillé sur les projets de loi de finances, les textes  relatifs à l’état d’urgence sanitaire et à la mise en place des conditions de quarantaine pour les personnes qui entrent en France.

    Après la stupéfaction des débuts, le sénat s’est rapidement mis au travail à distance. Pour lui, c’est la plus longue période de mandat sans voyage depuis son élection !

    Le sénat a ensuite travaillé en mode hybride depuis le déconfinement même s’il était possible de travailler en présentiel en respect d’un protocole strict.

    Bilan enseignement à distance et rentrée AEFE

    Jean-Yves Leconte formule son admiration pour le directeur Olivier Brochet et sa gestion de la rentrée qui fut un défi majeur en pleine crise inédite. De manière générale, Jean-Yves Leconte estime que le directeur et les enseignants méritent d’être salués car ils n’ont pas ménagé leur peine.

    L’enseignement à distance (EAD) était un défi majeur et seuls quelques pays (avec risque de guerre ou soulèvement) y étaient préparés. Les familles, parfois confinées dans une seule pièce avec un téléphone ont été très éprouvées tout en devant continuer à s’acquitter des frais d’écolage.

    Les 50 millions accordés en plus pour les bourses répondent à un besoin réel et, selon lui, des critères plus souples permettraient d’aider encore plus de familles…

    Un manque de moyens

    Jean-Yves Leconte souligne qu’un travail doit être fait au niveau de l’égalité de traitement entre les familles françaises et étrangères.

    Le sénateur socialiste juge sévèrement certains parlementaires de la majorité qui ont voulu démontrer que le système en gestion directe était mauvais. On a ainsi vu une différence entre les établissements conventionnés ou partenaires plus flexibles et les EGD ne pouvant pas agir sur les frais de scolarité sans l’aval du ministre.

    Il rappelle la nécessité d’aider encore plus le réseau en évoquant également le drame du Liban.

    Le sénateur tient à souligner que l’avance de trésorerie ne pourra être remboursée sur 12 mois compte tenu du contexte actuel.

    « Le pouvoir politique n’a pas donné à l’agence les moyens de répondre le plus adéquatement possible à la crise ».

    Il salue l’évaluation de l’enseignement à distance engagé par l’AEFEet constate aussi des retards et décalages d’un établissement à l’autre et souligne le besoin d’harmoniser l’enseignement à distance.

    Gestion du Covid par le gouvernement et seconde vague

    Jean-Yves Leconte rappelle que cette crise est un défi nouveau pour tout le monde, y compris pour les scientifiques. Il ajoute toutefois que l’on n’est pas obligé de mentir, de dire que ce n’est pas grave et regrette un certain discours infantilisant…

    Le sénateur porte un regard d’autant plus critique que notre pays et notre continent sont des terres de libertés. En France, beaucoup d’injonctions infantilisantes sont formulées, alors qu’il faut faire appel au sens civique. Les mesures de contraintes ne peuvent durablement porter leurs fruit, ce qu’il constate actuellement en Pologne

    Le sénateur rappelle ce qu’il avait dit en séance :

    « L’improvisation du gouvernement n’avance pas masquée ».

    Il dénonce le changement du tout au tout par rapport aux masques et souligne que masques et gel hydroalcoolique étaient amplement disponibles dans de nombreux pays alors qu’absents en France.

    Il souligne une incapacité à gérer cette pénurie et, sans pitié, lâche :

    « On ne demande pas à un énarque de faire du commerce international ».

    Une seconde vague redoutée et redoutable

    Il ajoute qu’il faut toutefois faire preuve d’humilité car, si certains pays ne s’en sont pas trop mal sortis pour l’instant,  dans certains pays tentant de bien faire de manière rationnelle les résultats obtenus ne sont pas nécessairement plus brillants dans des pays à la gestion chaotique. Même si les chiffres sont difficilement comparables.

    Le sénateur constate que les moyens nécessaires au secteur de la santé ne sont qu’une très faible partie du coût de l’arrêt de l’économie.

    Il s’inquiète de l’incapacité d’avoir une gouvernance capable de répondre à ce défi humain inédit. Il compare la France à l’Allemagne où Angela Merkel sait que la science n’est pas faite d’une accumulation de certitudes mais de scepticismes et de pensées rationnelles.

    Le sénateur formule des regrets : pourquoi ne pas avoir tout fait pour augmenter la capacité des hôpitaux sur la période et pourquoi avoir considéré les tests comme le remède miracle durant la fin de l’été. L’absence de test rapide ne permet pas de contrer la propagation du virus et plusieurs jours sont nécessaires entre le test, le résultat, l’identification des cas contacts…

    Ces dernières semaines, ajoute-t-il, le nombre de tests a augmenté mais les délais évoqués ci-dessus ne permettent pas de ralentir la progression de l’épidémie.

    Français de l’étranger, aides covid etc

    Notre entretien a lieu juste après une audition du sénateur par les commissions commerce extérieur et finances au sujet des entreprises tenues par les Français de l’étranger. Le sénateur note une volonté claire d’aider sur les bourses mais l’absence de volonté ailleurs notamment pour les entreprises ou aides sociales… Il dénonce avec véhémence le scandale des aides sociales avec des critères impossibles rendant peu de personnes éligibles au moment où cela est le plus nécessaire.

    Depuis mai, le sénateur avait indiqué au ministre que le système ne fonctionnerait pas en la forme. Selon lui, prétendre qu’il faut 3 mois d’interministériel pour changer est pour le moins problématique….

    Le prêt garanti par l’état est un élément essentiel pour préserver les entreprises qui contribuent au rayonnement de la France ainsi que les Alliances, les Chambres de commerce et d’industrie.

    Jean-Yves Leconte estime qu’il convient aussi d’aider les entreprises créées par les Français de l’étranger. Les 160 millions pour l’Afrique via Proparco sont, pense-t-il, plus une incarnation du discours de Ouagadougou du président Macron qu’une réponse à des besoins spécifiques des entreprises créée par des Français à l’étranger.

    Il ressent une grande inquiétude pour ces gens qui ont investi toute une vie et vivent un véritable drame. Il critique avec force la non-aide aux entreprises créées par les Français de l’étranger par un gouvernement qui se targuait de vouloir favoriser la présence et le rayonnement de la France à l’étranger. Selon le sénateur :

    « il semblerait que les bons Français soient ceux qui rentrent et participent aux relocalisations. »

    6 ans d’Assemblée des Français de l’étranger et 33e édition en forme hybride


    En 2014, Jean-Yves Leconte (ancien vice-président de l’Assemblée) avait soutenu une Assemblée des Français de l’étranger sans parlementaire. Six ans après il constate toutefois que l’Assemblée bénéficierait à utiliser le travail des parlementaires tandis que ces parlementaires ont besoin de l’AFE, de ses liens, de ses échanges et conseils.

    Durant cette période, le travail commun ne s’est pas fait. Si les parlementaires sont régulièrement auditionnés, c’est toutefois un constat d’échec qui doit être dressé. Selon le sénateur, l’assemblée apporte la vision globale des Français de l’étranger.

    Cette 33e édition, en pleine pandémie, s’est tenue sous forme hybride. Les difficultés techniques et organisationnelles ont été nombreuses. Jean-Yves Leconte s’étonne que l’AFE n’ait pas regardé comment le sénat avait procédé pour l’hybride et souligne que le MAEE fonctionne toujours en distanciel via le téléphone (pas de visioconférence). Il ajoute que cette édition aurait pu être l’occasion d’ouvrir en virtuel l’assemblée aux autres élus consulaires mais aussi et surtout aux Français de l’étranger en général pour les mobiliser pour le scrutin à venir.

    Il constate un manque de moyens et l’absence d’un secrétariat dédié.

    « La démocratie exige un minimum de dépenses ».

    Une assemblée qui devrait avoir plus de moyens propres


    Au niveau de l’organisation, il regrette que certaines auditions n’aient que peu mobilisé…

    Le sénateur Leconte affirme que l’AFE nouvelle mouture avait connu des débuts prometteurs ; avec 90 membres sans règlement intérieur le défi était grand. Elle pâtit par manque de moyens et prérogatives. Elle devrait, selon le sénateur, pouvoir voter, par exemple,  les instructions sur les bourses, les orientations de l’action sociale ou du Stafe et il ne devrait pas s’agir de circulaires de la DFAE ou de l’AEFE.

    Le sénat a, explique-t-il, des administrateurs qui constituent de véritables béquilles et soutiens des sénateurs. L’AFE n’a rien de tout cela.

    Les rapports AFE sont méritoires mais complexes car rédigés sur une semaine dans des conditions loin d’être idéales.

    Jean-Yves Leconte, dans une démarche volontaire, indique que les parlementaires sont disposés à accompagner un débat budgétaire pour que l’AFE ait plus de moyens pour agir de manière crédible dans l’intérêt des Français de l’étranger.

    Fiscalité des non-résidents

    Lorsque nous nous retrouvons, les discussions concernant la fiscalité des non-résidents battent leur plein et un amendement visant à revenir sur la suppression (votée en 2018 et devant s’appliquer l’année prochaine) du caractère libératoire de la retenue à la source pour certains revenus, et pensions perçues par des non-résidents vient d’être voté commission des finances de l’Assemblée nationale.

    Le sénateur Leconte rappelle le constat sans appel à revenus égaux un non-résident paie plus d’impôts qu’un résident.

    La situation n’est pas égale. La législation change trop souvent entrainant de nombreuses erreurs dans les déclarations. C’est une réelle préoccupation et le sénateur reformule 2 revendications :

    -l’application de la jurisprudence « Schumacker » partout dans le monde et non pas seulement en Europe

    -la suppression de CSG CRDS sur les revenus immobiliers pour les non-résidents partout dans le monde et non pas seulement en Europe.

    Il reste donc beaucoup à faire en la matière…

    Elections de mai 2021 et vote Internet

    Le sénateur estime que le report des élections, évidemment nécessaire, aurait pu être annoncé avant ainsi que lui et le groupe « Français du monde/ADFE » le demandaient…

    Le vote internet est problématique en raison de la faillite de Scytl. Certains pays opérant aussi avec cette société semblent avoir pris plus de précautions que la France.

    Jean-Yves Leconte rappelle que le vote internet ne peut être la seule modalité de vote et cela nécessiterait de changer la loi ce qui ne serait pas correct si peu de temps avant le scrutin. Si le vote Internet est une nécessité pour les Français de l’étranger, ce n’est pas idéal et requiert une confiance totale envers le prestataire avec une nécessité de ne pas tracer tout en s’assurant qu’on ne « truande » pas. Le vote Internet constitue, estime le sénateur, un complément de vote parfait.

    Pour le scrutin de mai 2021 se pose la question de la faisabilité du vote à l’urne si des pays interdisent les rassemblements en raison de la pandémie… Le sénateur rappelle les incertitudes que cela engendre sur le scrutin sénatorial prévu en septembre, qui nécessite un corps électoral renouvelé.

    « Les conseillers des Français de l’étranger ont, ces six derniers mois, constaté et accompagné les difficultés des Français. Il est essentiel de continuer dans ce sens. Pour l’aide sociale, il est primordial de renforcer leur capacité d’influence afin qu’ils prennent part aux décisions réelles. On a besoin de progresser dans la réforme pour donner plus de pouvoirs aux élus. »

  • Education, inégalités digitales

    Education, inégalités digitales

    En 2018, dans les pays de l’OCDE, en moyenne, chaque élève de plus de 15 ans a accès à un ordinateur au sein de l’école à des fins éducatives. Malgré tout, dans de nombreux pays, les ordinateurs sont obsolètes et ne permettent pas aux élèves de réellement avoir accès à du contenu éducatif numérique. Les écarts entre établissements favorisés et défavorisés sont importants. 

    Au Brésil, selon les chefs d’établissement, 68% des élèves qui fréquentaient un établissement favorisé en 2018 avaient accès à des outils numériques suffisamment puissants, contre seulement 10% des élèves d’établissement défavorisé. En Espagne, un écart de 40 points (70%, contre 30%) en termes d’accès à des outils numériques suffisamment puissants entre établissements favorisés et défavorisés est constaté. 

    Capacité des enseignants

    La capacité des enseignants à utiliser les technologies est très variable. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 65% des élèves de 15 ans fréquentaient en 2018 un établissement scolaire dont le directeur estime que les enseignants possèdent les compétences techniques et pédagogiques nécessaires pour intégrer les outils numériques dans l’instruction. Cette proportion varie considérablement selon le cadre socio-économique dans lequel s’inscrit l’établissement. 

    En Suède, par exemple, c’est le cas de 89% des élèves fréquentant un établissement favorisé, contre seulement 54% des élèves inscrits dans un établissement défavorisé. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, environ 60% des élèves de 15 ans fréquentaient un établissement dont le directeur indique que les enseignants disposent de suffisamment de temps pour préparer des cours intégrant des outils numériques.

    Espace pour étudier à la maison 

    Au Japon, pays qui figure parmi les mieux placés à l’enquête PISA, ce taux varie de 10 à 90%. Certains élèves ne disposent pas à la maison des éléments fondamentaux nécessaires à l’apprentissage. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 9% des élèves de 15 ans n’ont pas, chez eux, d’endroit tranquille pour travailler. Même en Corée, dont les résultats au PISA sont également parmi les meilleurs, un élève sur cinq fréquentant l’un des 25% d’établissements les plus défavorisés indique ne pas avoir d’espace où étudier à la maison, contre un élève sur dix dans les établissements favorisés. 

    Le rapport compare également d’autres aspects essentiels des politiques scolaires et de l’équité. Dans l’ensemble, les résultats du PISA 2018 révèlent des disparités considérables entre établissements favorisés et défavorisés, principalement dues à des pénuries de personnel éducatif et de ressources matérielles, notamment numériques. 

    Les résultats du PISA soulignent que de nombreuses écoles étaient confrontées à un manque de moyens. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 27% des élèves étaient inscrits en 2018 dans des établissements dont le directeur estime que l’apprentissage est entravé par un manque de personnel enseignant, ce problème étant signalé beaucoup plus souvent par les chefs d’établissement défavorisé.

    La réussite scolaire se joue tôt 

    Les résultats montrent également que les bases de la réussite scolaire se dessinent à un stade précoce. Les élèves qui avaient auparavant été préscolarisés pendant une période plus longue ont obtenu de meilleurs résultats au PISA que ceux qui n’avaient pas été préscolarisés avant le primaire. 

    Entre 2015 et 2018, la proportion d’élèves de 15 ans ayant suivi trois années d’école maternelle a augmenté dans 28 pays. Malgré cet avantage, dans 68 systèmes éducatifs sur 78 disposant de données comparables, les élèves qui n’avaient pas été préscolarisés étaient beaucoup plus susceptibles de venir d’un milieu défavorisé et d’être inscrits dans un établissement plus défavorisé à l’âge de 15 ans.

  • Avalanche de critiques sur la gestion du foyer épidémique à Ischgl

    Avalanche de critiques sur la gestion du foyer épidémique à Ischgl

    En mars, la station de ski d’Ischgl (Autriche) est devenue un foyer massif de contamination par le SARS-CoV-2. Le rejet de toute responsabilité par le gouvernement local lui vaut désormais un déluge de critiques.

    Un foyer de contamination pour l’Europe entière

    Jadis, la municipalité d’Ischgl dans le Tyrol autrichien était perçue comme la station de ski par excellence. Tandis que certains mettaient en avant son cadre sublime, d’autres profitaient plutôt de ses fameux « après ski ». Néanmoins, en mars, le nouveau coronavirus est venu ternir cette image idyllique : Ischgl est devenue l’un des premiers foyers épidémiques du SARS-CoV-2. Le cauchemar ne s’arrête pas là, étant donné que les touristes présents ont par la suite contribué la propagation du virus en rentrant chez eux. L’Islande, la Norvège et l’Allemagne ont été particulièrement touchées.

    Nombreux sont ceux à avoir incriminé le gouvernement tyrolien pour son manque de réactivité dans la fermeture de la station. Celui-ci affirme pourtant avoir agi en temps et en heure. Toutefois, une analyse réalisée par une commission indépendante semble maintenant prouver le contraire.

    Pendant plusieurs mois, les membres de la commission – chapeautée par Ronald Roher, ancien vice-président de la Cour suprême – ont évalué les actions internes lancées par les autorités et ont interrogé plus de 50 personnes à cet effet. Conclusion : la gestion de la crise a été bancale.

    Trop tard 

    D’après le rapport, la fermeture des remontées mécaniques a eu lieu un jour trop tard. De plus, les mesures prises n’ont pas été bien transmises, créant ainsi la panique générale et contribuant à la propagation du virus dans d’autres régions du monde. L’évacuation aurait dû se passer de manière « progressive et organisée », et ce, sous le contrôle des autorités. Cependant, tel n’a pas été le cas.

    Le document reconnaît que les décideurs majeurs « sont très souvent pressés par le temps lorsqu’ils doivent gérer des situations de crise inédites, car la charge de travail est très importante ». Toutefois, « certaines erreurs de jugement ont eu des conséquences néfastes ».

    Critiques envers le gouvernement fédéral 

    En outre, des manquements ont également été observés à l’échelle fédérale. Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz (ÖVP), avait imposé une quarantaine dans les régions avoisinantes de Paznauntal et St. Anton « sans réelle considération et préparation adéquate ». « Des lacunes de communication subsistaient, de même que la commune de Landeck, la municipalité concernée, n’a pas pris les mesures nécessaires ». Cette situation n’a fait qu’empirer la gestion des départs.

    Le ministre de la Santé Rudolph Anschober (Verts) aurait dû publier un plan d’action plus tôt. De ce fait, les autorités du Tyrol ont dû se référer à une loi surannée en matière d’épidémie datant de 1950 et dont l’applicabilité aux régions touristiques actuelles n’avait jamais été testée.

    Un article de notre partenaire Euractiv Allemagne.

  • Covid-19: adoption de critères communs pour les  voyages au sein de l’UE ?

    Covid-19: adoption de critères communs pour les voyages au sein de l’UE ?

    Les ministres des Affaires européennes ont adopté mardi des critères communs pour coordonner les restrictions de voyage dans l’UE et mettre fin à la cacophonie engendrée par la pandémie de Covid-19, qui connaît une reprise inquiétante sur le continent. Ces décisions sont un prolongement des mesures prises fin septembre comme la création d’une carte commune.

    Une recommandation et non une obligation

    Lors d’une réunion à Luxembourg, les ministres ont approuvé une recommandation -qui n’est pas contraignante-, mettant en place une cartographie commune pour définir les zones à risque au sein de l’UE. Plusieurs pays se sont toutefois abstenus, dont le Luxembourg.

    Le texte prévoit que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publie chaque semaine une carte de la situation de l’ensemble des pays de l’Union au niveau régional, avec un code couleurs commun en fonction du niveau de risque d’une zone: vert, orange, rouge. Ces zones sont définies en prenant en compte les critères du nombre de nouveaux cas notifiés pour 100.000 habitants sur les 14 derniers jours et du taux de positivité des tests. Une quatrième couleur (gris) est prévue pour les zones dans lesquelles il n’existe pas de données suffisantes ou lorsque le nombre de tests menés pour 100.000 habitants est jugé trop faible.

    Conditions de voyage – et de retour

    Selon la recommandation, les voyageurs venant d’une zone orange, rouge ou grise peuvent se voir imposer à l’arrivée une quarantaine et/ou un dépistage. Ceux qui viennent d’une zone verte ne sont soumis à aucune mesure.

    Les Etats membres ne doivent pas refuser l’entrée sur leur territoire de voyageurs venant d’un autre pays de l’UE – ce que fait actuellement la Hongrie tout en prévoyant certaines exceptions pour les citoyens tchèques, polonais et slovaques.

    Le texte prévoit que les résultats des tests doivent être reconnus mutuellement. Et des exemptions de quarantaine pour les voyageurs exerçant un certain nombre de fonctions jugées essentielles.

    Une meilleure communication

    Un pays prévoyant de mettre en place des mesures restrictives à l’encontre de voyageurs venant d’une zone jugée à risque devra informer l’Etat membre concerné, si possible 48 heures avant leur entrée en vigueur. Le public devra également être averti au moins 24 heures à l’avance.

    Un formulaire unique

    La mise en place d’un formulaire européen unique à remplir par les voyageurs est également prévu.

  • Bilan AFE : La French Tech

    Bilan AFE : La French Tech

    Les «communautés French Tech» à l’étranger constituent un réseau de 56 communautés. Ces regroupements ont été labellisés à la suite d’appels à projets menés en avril 2019 et 2020.

    Ces projets rassemblent au niveau local les fondateurs de startups, investisseurs et toutes les parties prenantes de l’écosystème d’innovation local. Le but est de favoriser les échanges et rencontres entre les écosystèmes locaux et celui français. Elles veillent aussi à promouvoir une image positive, innovante et attractive de la France.
    L’indépendance est inscrite parmi les neuf valeurs constituant le manifeste des communautés French Tech. Ce canon vise à permettre aux communautés de s’organiser en accord avec les défis et caractéristiques présentés par leur écosystème.

    Ainsi, la composition des «boards» des communautés est libre, sans intervention de la part de l’Etat ni de la Mission French Tech. les membres des communautés sont bénévoles et aucun des partenaires publics présents dans l’écosystème n’est membre de droit de la communauté.

    Un label qui encadre les communautés de bénévoles

    Malgré cette souplesse laissée dans la constitution des communautés, celle-ci reste encadrée en amont au travers des critères fixés lors des appels à projet pour la labellisation, et leur respect conditionne l’obtention du label.

    Les communautés doivent adhérer à une Charte d’Engagement qui détermine les principes fondamentaux des communautés (communauté, inclusion, indépendance, intégrité, honnêteté, protection des données personnelles, professionnalisme, start-ups, unité). Ce document définie aussi les actions attendues des communautés (connaissance de l’écosystème local et lien avec celui-ci, animation de la communauté locale, accueil des talents et entreprises français, etc.).

    Chaque French Tech est, ainsi, libre de lancer ses propres projets et initiatives, dans le respect des valeurs de la marque. Evidemment, les initiatives doivent être en accord avec les deux priorités fixées par la Mission French Tech :

    • promouvoir l’attractivité de l’écosystème français
    • organiser des événements destinés à animer la communauté locale et servir de relais de promotion de l’écosystème français.

    Chaque communauté s’est, donc, mobilisée pour, par exemple, réaliser et diffuser une newsletter à propos de son écosystème. Elles ont aussi organisé des événements de networking récurrents et thématiques (French Tech Days, petits déjeuners de l’innovation). Aussi, elle ont été les acteurs de la présence française sur des salons locaux (CES Asia, AI Expo, etc.) . Enfin, pas avare de travail, elle ont élaboré des guides pratiques concernant les spécificités de leurs écosystèmes à destination des entrepreneurs français souhaitant s’y implanter.

    Un financement sur deux pattes

    Deux principaux modes de financement s’offrent aux communautés. Elles peuvent d’abord faire appel, pour ce qui relève de leurs actions locales, à des soutiens privés récurrents ou ponctuels, dans le respect du Manifeste et de la Charte de la marque. Par ailleurs, chaque communauté French Tech peut candidater au financement de projets stratégiques et utiles à l’ensemble de la Communauté French Tech. Ce financement est octroyé au travers du Fonds French Tech Communauté (ou «Community Fund»), lancé en 2019 et abondé à hauteur de 2M EUR en 2019, et 3M EUR en 2020. Seules les communautés dotées d’une structure juridique sont éligibles à ce mécanisme.

    Un audit surveillé par l’assemblée des Français de l’Etranger

    Les élus du groupe « Français du Monde, écologie et solidarité » (PS, EELV et affiliés) Mme Gaelle Barré, Conseillère des Français de l’étranger en Italie, M. Yan Chantrel, Conseiller des Français au Canada, membre de l’AFE et M.Mehdi Benlahcen, Conseiller des Français de l’étranger au Portugal, membre de l’AFE s’interrogent sur ce réseau à la gestion si décentralisée et loin du cadre usuel.

    En réponse, le bureau de l’Assemblée des Français de l’étranger a rappelé qu’un audit est en préparation pour la fin de l’année 2020 . La direction de l’administration consulaire et des Français de l’Etranger ainsi que le Ministère du Commerce extérieur ont demandé à connaitre l’impact des projets réalisés.

  • Les pays inégaux face aux crises

    Les pays inégaux face aux crises

    Les pays ne sont pas tous égaux face au virus, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Des comparaisons, il est difficile de tirer des enseignements, pour la bonne raison, hélas, que le feuilleton macabre continue et que le décompte n’est pas terminé.

    Le record est au Pérou : 100 morts pour 100.000 habitants. Entre 90 et 70 morts en Belgique, Bolivie, Brésil, Equateur, Chili, Espagne. Entre 70 et 50 morts : Mexique, Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Panama, Suède, Colombie, Argentine (53). 49 en France, 38 aux Pays-Bas, 29 en Afrique du sud, 24 en Suisse, 19 au Portugal, 15 en Russie, 11 en Allemagne, 4 en Tunisie. Pourquoi ces différences ?

    La vague a touché l’Europe, puis l’Amérique, avec des disparités flagrantes entre voisins : Suisse et Belgique, Allemagne et France, Paraguay et Argentine. Et des paradoxes qui mettent en cause les mesures de précaution : En Argentine où le confinement a duré le plus longtemps (six mois), le nombre de victimes par habitant dépasse celui de la Suède, qui, elle, a refusé tout confinement et n’oblige pas au port du masque. Que comprendre, sinon  que personne n’échappera, que retarder n’est pas guérir.

    Retarder n’est pas guérir 

    L’Amérique latine est la plus touchée. Mais le virus n’a pas fini son premier tour de planète. Faut-il craindre la vague épidémique en Afrique, comme le croient les gouvernements du Maghreb, ou se rassurer, comme  certains médecins,  en avançant que les populations africaines, plus jeunes, sont aussi plus résistantes? Faut-il louer l’esprit de discipline collective des pays d’Asie, ou s’attendre à ce que le retour du virus s’amplifie avec la densité de population ?  

    L’Australie et la Nouvelle Zélande, où l’hiver s’est achevé, montrent une mortalité moins élevée que les années précédentes, malgré le virus. A moins que ce ne soit grâce à lui : les mesures prises auraient protégé de la grippe, la rendant moins meurtrière que les années précédentes.

    Les bilans, les évaluations ne pourront être faites qu’à terme. Les chiffres de la mortalité sont les seuls vraiment significatifs, car ce qui est attribué au virus pourrait l’être à d’autres pathologies, les pays n’adoptant pas les mêmes critères. La Belgique, en haut du tableau en nombre de victimes par habitant, attribue à la Covid tout décès porteur de Covid. Ce qui est peut-être exagéré compte tenu du fait que la plupart des décès ont des causes multiples. La Russie, au contraire, attribue les décès à la cause finale : embolie pulmonaire, arrêt du cœur. Les statistiques reflètent en partie ce que l’on y met. Sauf la mort, seule certitude. 

    Comparer la mortalité annuelle 

    A la fin de l’année, en comparant la mortalité annuelle à celle des années antérieures, on aura une première mesure des effets de la pandémie dans chaque pays. Encore y aura-t-il toujours des biais. Comment mesurer les décès provoqués non par la Covid mais par les mesures prises pour stopper l’épidémie : effets directs, par exemple, sur les personnes âgées, soudainement isolés, victimes de glissements, dépressions, suicides consécutifs aux mesures d’isolement ? Effets indirects : soins repoussés, opérations reportées ? Effets plus lointain, ceux des crises économiques et sociales sur la santé. 

    La mondialisation contre la pauvreté

    Selon la Banque Mondiale, le taux d’extrême pauvreté devrait augmenter pour la première fois depuis vingt ans. 150 millions de personnes dans le monde vont replonger dans l’extrême pauvreté, moins de 1.90$ par jour. L’Amérique latine, la plus touchée, subira aussi les pires conséquences économiques : une chute de 8% du PIB pour le continent. Pour l’Afrique, le FMI a débloqué 26 milliards de dollars, dix fois plus que les autres années.  Les besoins sont évalués à 1200 milliards. La baisse du revenu y serait de -12%, en moyenne. 

    La mondialisation, mise en échec, a donc gagné. On a beau expliquer qu’il faut relocaliser, retrouver la souveraineté économique pour produire masque et médicaments, l’enseignement de cette crise, c’est que la rupture des échanges ruine le monde, surtout les plus pauvres et les plus fragiles. Allemagne Suède, Etats-Unis s’en sortiront mieux que le Zimbabwe, l’Argentine, la Tunisie. 

  • La réunification allemande, trente ans déjà

    La réunification allemande, trente ans déjà

    La partition de l’Allemagne enfantée par l’opposition idéologique et géopolitique entre l’Occident et l’URSS après la Seconde Guerre mondiale avait fini par arranger bien des pays. La formule de François Mauriac, «J’aime tellement l’Allemagne que je suis ravi qu’il y en ait deux » était largement partagée. Les Allemands s’étaient faits, de leur côté une raison. La réunification « wiedervereinigung » était un sujet de discussion, un rêve, mais restait purement théorique et inatteignable. Il a fallu un concours de circonstances, la déliquescence de l’intérieur des régimes communistes d’Europe de l’Est et l’inaction fataliste de l’URSS pour permettre la réunification. 

    Le talent du Chancelier Helmut Kohl, qui était alors souvent critiqué, s’est révélé lors de ce moment unique. la Première Ministre, Margaret Thatcher, violemment opposée à l’Allemagne réunifiée, a cherché à recruter François Mitterrand pour bloquer le processus. Par sa culture et sa formation, ce dernier était au fond de lui-même très méfiant et a essayé aussi longtemps que possible de maintenir en vie la RDA. Devant la réalité du terrain, il a changé de position et s’est rallié à Helmut Kohl. Le Président du Conseil italien, de l’époque, Giulio Andreotti, était également très inquiet de la fusion des deux Allemagnes. Parmi les dirigeants européens, seul Felipe González, alors Premier ministre espagnol, soutenait sans équivoque une Allemagne unie. 

    « Trop grande pour l’Europe, trop petite pour le monde »

    L’unification allemande, effective le 3 octobre 1990, intervient moins d’un an après la chute du Mur de Berlin qui a eu lieu le 9 novembre 1989. Durant ce laps de temps, le Chancelier allemand dut négocier tout à la fois avec l’URSS, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Il dut également rassurer les pays d’Europe de l’Est dont, en premier lieu, la Pologne avec la reconnaissance de la frontière Oder Neisse. 

    Cette réunification est dans les faits une absorption des Länder de l’Est par la République fédérale. Ils sont intégrés, par ricochet, à l’Union européenne et à l’OTAN. La grande Allemagne était néanmoins une source de craintes. Selon les termes de Henry Kissinger, elle était « trop grande pour l’Europe, trop petit pour le monde ». 

    Le 3 octobre 2020, l’Allemagne unifiée a fêté son 30e anniversaire. Les craintes plus sombres des partenaires européens de l’Allemagne ne se sont pas réalisées. Forte de sa bonne gestion et de ses résultats économiques, l’Allemagne demeure pourtant très discrète, voire trop discrète, au niveau international. Dans un essai publié en 2019, Thomas Bagger, un fonctionnaire du gouvernement allemand, a soutenu que l’Allemagne post-réunification avait adopté une lecture naïve de la thèse de Francis Fukuyama sur la « Fin de l’histoire ».

    L’intégration à l’Europe 

    Les gouvernements successifs ont plaidé pour une politique de la conciliation tournant le dos à un passé brutal. Privilégiant le multilatéralisme, la diplomatie allemande a néanmoins veillé à ce que ses intérêts coïncident avec ceux de l’Union européenne. 

    En jouant sur les divisions et la répulsion qu’inspire chez nombre d’États les positions françaises, les autorités allemandes ont, tout en valorisant autant que possible le couple franco-allemand, imposé leur vision privilégiant les relations commerciales. L’objectif d’une «Europe unie» a même été inséré dans la Constitution. Un général de la Bundeswehr a déclaré qu’il espérait voir les troupes allemandes prêter serment de loyauté à un drapeau européen. L’abandon du deutschemark a été chèrement négocié notamment avec l’adoption de critères de bonne gestion et l’instauration d’une banque centrale indépendante. 

    Après des années 2000 compliquées par la modernisation des Länder de l’Est, l’Allemagne a réussi, en partie grâce aux réformes de Gerhard Schröder, à devenir de loin la première puissance de l’Union européenne dans les années 2010. La crise grecque a provoqué une montée d’un sentiment anti-européen inconnu depuis 1949. Un sondage réalisé en 2010 indiquait que 44 % des Allemands voulaient le retour du deutschemark. Face à ce mouvement d’opinion, les dirigeants n’ont pas changé de route mais le discours vis-à-vis des États du Sud s’est durci. Wolfgang Schäuble, l’actuel Président du Bundestag, qui a longtemps été Ministre des Finances, aimait à rappeler qu’il ne fallait jamais demander à l’Allemagne de payer car de toute façon elle serait obligée de le faire. Il prônait l’appui en silence pour éviter une montée des oppositions à l’intérieur et à l’extérieur des frontières. 

    Une diplomatie en creux

    Cette diplomatie en creux a été souvent mal comprise par les autres États membres. Ainsi, en 2011, quand la crise de l’euro fait rage, Radek Sikorski, le ministre polonais des Affaires étrangères, avait déclaré craindre l’inactivité allemande plus que sa puissance. 

    À partir des années 2015, l’Allemagne s’affranchit de plus en plus des règles de prudence qu’elle s’était imposée. Ainsi, le gouvernement allemand, à la surprise générale, a ouvert ses frontières aux migrants pour les refermer quelques mois plus tard après la signature d’un accord bilatéral avec la Turquie. Cette volteface a incité les dirigeants à opter à nouveau pour une politique plus discrète. 

    Le durcissement des États-Unis à l’encontre de l’Europe avec, à la clef, une diminution des effectifs militaires en Allemagne ainsi que le Brexit ont bouleversé en quelques années le cadre d’action de la politique extérieure. En outre, la dérive autoritaire de plusieurs États d’Europe de l’Est a modifié les rapports de force au sein de l’Union. L’image d’une Europe pacifique, unie, commerçante s’est ébréchée. Les relations avec la Chine se sont également compliquées redorant l’importance du marché intérieur européen.

    La carte française 

    Angela Merkel a été contrainte et forcée de jouer à nouveau la carte française par crainte d’un isolement qui pouvait s’avérer à termes coûteux. Elle a défendu avec âpreté le plan européen de relance de 750 milliards d’euros. Les aides seront en partie distribuées en fonction des besoins des États, ce qui marque un tournant par rapport à la crise de 2010/2012. 

    Au sein des cercles gravitant autour du pouvoir allemand, le débat sur les liens avec les États-Unis demeurent vifs. Nombreux sont ceux qui espèrent l’élection le 3 novembre prochain de Joe Biden à la Présidence des États-Unis afin de revenir au paradigme précédent qui reposait sur le pacte transatlantique. Or, depuis des années, les États-Unis ont tendance à s’éloigner de plus en plus de l’Europe, quelles que soit les présidences. Les autorités allemandes pensent néanmoins qu’une majorité démocrate pourrait imposer un engagement renouvelé en faveur des accords multilatéraux, tels que l’accord de Paris sur le climat et l’Accord nucléaire iranien. 

    Une révision de la stratégie de défense

    La question de la défense est un sujet complexe outre-Rhin. La grande partie de la sécurité du pays reste assurée par les Américains. Même si les dépenses de défense de l’Allemagne augmentent rapidement, elles restent loin de l’objectif de l’OTAN de 2 % du PIB. Certaines parties de ses forces armées ne sont pas adaptées aux besoins. Le durcissement des relations internationales nécessite une révision de la stratégie de défense, ce qui est complexe à mener tant sur le plan intérieur que vis-à-vis d’un certain nombre d’États européens qui craignent tout la Russie que l’Allemagne.

    Championne du consensus

    Trente ans plus tard, la réunification allemande reste un succès retentissant. Avec seulement trois chanceliers en trois décennies, la nouvelle Allemagne s’est fait le champion de l’expansion de l’Union européenne vers l’Est et de la création de l’euro. Elle a dessiné sans le dire les grands axes de la politique internationale de l’Europe. Avec plusieurs législatures marquées par des grandes coalitions, l’Allemagne est devenue une championne du consensus. 

    Rôle de leader ?

    Le remplacement d’Angela Merkel en 2021 sera un moment charnière pour le pays et l’Europe. Cette dernière aura été pendant 15 ans Chancelière et aura ainsi vu passer quatre Présidents de la République français. Son successeur sera certainement invité (ou incité ?) à infléchir les positions de son pays en particulier vis-àvis de la Russie, de la Chine et des États-Unis. L’administration allemande commence déjà à évoluer sur plusieurs dossiers sensibles comme la construction de Nord Stream 2, un gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne, ou l’implantation des antennes Huawei pour la 5G. 

    Sur le terrain purement européen, l’Allemagne avec le départ des Britanniques et compte tenu des problèmes liés à la crise sanitaire, devra assumer son rôle de premier de cordée et s’exposer aux réactions des autres États membres. Elle ne pourra plus vivre cachée comme lors de ces trente dernières années.

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