Réouvertures des frontières, les Etats s'y préparent.

Réouvertures des frontières, les Etats s'y préparent.

Les ministres des Affaires étrangères du G20 ont discuté jeudi 3 septembre en téléconférence de la levée de certaines restrictions de voyage et de la réouverture des frontières, fermées en raison de la pandémie de Covid-19.

Les fermetures du printemps et de l'été ont plombé l'économie mondiale, il y a urgence !
“Les ministres des Affaires étrangères ont reconnu l'importance d'ouvrir les frontières, de réunir les familles et de mettre en place des mesures permettant de faire prospérer l'économie”

Communiqué de presse du secrétariat du G20

Les ministres ont également discuté de "l'importance de coordonner les mesures de précaution" aux frontières lors de la réunion virtuelle présidée par l'Arabie saoudite. En effet, le royaume wahhabite, qui a suspendu les voyages internationaux depuis des mois pour tenter de juguler l'épidémie sur son sol, préside cette année le G20.
“Rouvrir les frontières, avec toutes les mesures de précaution nécessaires (...) aidera la population et nos économies à prospérer”

le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, cité dans le communiqué.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a fait part d'inquiétudes grandissantes concernant les restrictions de voyage actuelles, qui "pourraient durer plus longtemps que la crise immédiate". Il a pressé les ministres du G20 de se mettre d'accord sur "des critères communs" pour lever les restrictions, en se basant sur une approche scientifique. Il a également demandé aux ministres du G20 de renforcer les investissements pour soutenir les "voyages sûrs", en mettant notamment en place des mesures pour renforcer le dépistage et le traçage des cas de nouveau coronavirus.

Eviter le chaos européen

L'ouverture des frontières dans l'espace européen est montré du doit comme le contre-exemple. Pressés par leurs citoyens et leurs économies, les gouvernements nationaux de l'Union européenne ont mis en place des dispositifs aux frontières internes de l'espace Schengen sans aucune coordination.
L’Allemagne, qui occupe la présidence tournante de l’UE, a signifié cette semaine vouloir harmoniser les restrictions entre les pays, afin d’apaiser les tensions et de dissiper la confusion. Cela permettrait d’« éviter le chaos », pour citer David Sassoli, président du Parlement européen.
Pour exemple, après avoir été l’État le plus touché au monde par million d’habitants, la Belgique a réussi à « mater » sa courbe épidémique pendant l’été, et ne prend plus de risques par crainte d’un rebond.
Le pays a ainsi renforcé la plupart de ses mesures sanitaires, que ce soit en multipliant les tests de dépistage, en limitant le nombre de contacts à une « bulle de cinq », en imposant le masque en tout temps à l’extérieur ou en exerçant un contrôle serré des entrées sur son territoire.
Toute personne venue d’une « zone rouge », c’est-à-dire marquée par une forte circulation du virus, doit montrer patte blanche avant d’entrer au pays.

Zone rouge, zone orange

Plusieurs pays d’Europe multiplient actuellement les restrictions devant le risque d’une seconde vague, alors que se termine les retours des vacances.
Le problème, c’est que les disparités sont grandes entre les 27 États de l’Union européenne (UE), et que la définition d’une « zone à risque » varie d’un territoire à l’autre, ce qui cause bien des maux de tête aux voyageurs.
Ainsi, un pays peut être considéré comme en « zone rouge » par certains, mais en « zone orange » par d’autres. Les quarantaines fluctuent de 10 à 14 jours selon les territoires, de même que les exigences concernant les tests de dépistage, qui ne sont d’ailleurs pas reconnus systématiquement d’un pays à l’autre.
Enfin, le masque est obligatoire en tout temps ici, mais pas là, où il n’est que recommandé, voire carrément déconseillé…

Des frontières qui se verrouillent

C’est notamment le cas de la Hongrie, qui vient de refermer ses frontières aux étrangers ne résidant pas dans le pays, sauf les Polonais et les Tchèques. Le pays de Viktor Orbán est pour l’instant le seul État de l’UE à avoir pris une mesure aussi radicale contre la COVID-19 en cette rentrée 2020.
Le Danemark interdit désormais l’entrée aux visiteurs venus de France, alors que le Royaume-Uni — qui ne fait plus partie de l’UE — a mis la France sur sa « liste noire » et promet des amendes de 1000 livres (1735 $ CAN) à qui ne respectera pas la quatorzaine. Les Bruxellois qui vont en Allemagne doivent par ailleurs être testés, tandis que les Parisiens venant à Bruxelles sont contrôlés, ce qui fait sourire, considérant que les Parisiens peuvent circuler librement en Italie, et que les Italiens sont les bienvenus en Belgique.
Ces contraintes ou interdictions ciblées ont forcément provoqué des frictions entre États, étant donné leurs impacts économiques.
La France s’est ainsi vengée du Royaume-Uni en le mettant à son tour sur sa liste noire. Mais bizarrement, elle n’a pas répliqué à la Belgique, qui lui réserve désormais le même traitement…

Créer des normes mondiales

La présidence allemande de l'Union européenne propose entre autres une « analyse commune » aux européens du risque épidémiologique. Il s’agirait notamment d’adopter les mêmes « taux d’incidence » de cas de COVID-19, ce qui n’est pas le cas actuellement, certains pays privilégiant les données nationales, alors que d’autres se basent sur les données régionales.
Il s’agirait aussi d’uniformiser les codes de couleur (zone rouge, orange, verte, etc.) et la communication sur les restrictions de déplacements décidées par les États, afin que les pays « marqués » ne soient pas mis devant le fait accompli.
Dans les faits, ce sera un immense défi. Car l’Union européenne n’a pas, jusqu’ici, montré beaucoup d’unité dans sa bataille contre l’épidémie, chaque gouvernement n’en faisant qu’à sa tête, selon ses intérêts et son degré de paranoïa.
« On n’a pas eu cette coordination et cette harmonisation au moment du confinement, où chacun a géré la situation à sa manière. Ni au moment du déconfinement, où chacun a fait à sa manière aussi. Il faudrait au moins harmoniser les stratégies et surtout chercher des preuves scientifiques de leur efficacités.
On peut se demander, du reste, pourquoi les mesures n’ont pas été harmonisées au cours de l’été. Cela aurait évité de laisser planer un doute sur l'avenir..
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