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  • Les lycées français de l’étranger rendent hommage à Samuel Paty

    Les lycées français de l’étranger rendent hommage à Samuel Paty

    Le vendredi 16 octobre, Samuel Paty, professeur d’histoire du collège du Bois d’Aulne à Conflans Sainte-Honorine a été lâchement assassiné parce qu’il enseignait à des élèves la liberté d’expression, la liberté de croire et de ne pas croire.

    Victime d’un attentat terroriste islamiste caractérisé, il a été tué parce qu’il remplissait avec engagement, compétence et humanité sa mission, l’une des plus élevées de notre République.

    À travers lui, ce sont les valeurs les plus fondamentales de la République qui sont attaquées.

    Des valeurs partagées dans tous les lycées français

    Si les représentants de la République à l’étranger ont salué la mémoire de Samuel Paty, c’était également le cas des établissements français à l’étranger. Les hommages furent planétaire, comme à Shanghai (Chine), à Malabo (Guinée Équatoriale), au Luxembourg, à Bruxelles (Belgique), Madrid (Espagne) ou encore à Prague (République Tchèque) mais aussi à Los Angeles (USA), etc. Les écoles françaises à l’étranger, qui n’étaient pas en vacances, ont, donc, organisé une minute de silence entre le mercredi 21 et le vendredi 23 octobre 2020 . Ces moments de recueil furent l’occasion d’échanger avec les élèves sur la liberté d’expression et la laïcité. Des valeurs qui ne sont pas évidentes dans tous les pays.

    Hommage à Bruxelles en présence de 3 élus consulaires (Agir/LREM, LR, UDI) et de Mme L’Ambassadrice Hélène FARNAUD – DEFROMONT le jeudi 22 Octobre 2020

    Si aucun incident n’a été à regretter, les débats sur la laïcité à l’école sont plus complexes à tenir à l’étranger. C’est pourtant une des missions prioritaires de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger, même si certains déplorent une équation à variables comme au Qatar où le programme fait l’impasse sur ces sujets.

    « Elle (la laïcité) est bien comprise puisque nous nous adaptons aux contextes locaux mais nous restons forts sur les valeurs qui la fondent et notamment, la formation de l’esprit critique (…) c’est l’un des enjeux majeurs pour nos établissements d’enseignement français à l’étranger. »

    Olivier Brochet, directeur de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) sur France Culture.

    Les mêmes difficultés qu’en France

    « On demande aujourd’hui aux professeurs d’être les hussards de la République, dans un temps inédit de tentation obscurantiste et d’interventionnisme des parents quand ce n’est pas de collectifs religieux ou politiques. »

    Mehdi Benlahcen, professeur à Lisbonne, et Président du groupe ADFE, solidarité et écologie à l’Assemblée des Français de l’étranger

    Pour de nombreux spécialistes, cet attentat va marquer un tournant pour l’enseignement de l’esprit critique et sur la place de la religion dans la société française… mais ailleurs ?

    En effet, encore plus qu’en France, les professeurs sont confrontés à des remises en question du contenu du programme. Faut-il le rappeler ? Le cloisonnement de la foi à la sphère privée est une spécificité française. Dans de nombreux pays, pas seulement musulmans, la place de Dieu est dans la sphère publique. On peut citer, pour exemple, le voisin allemand, le cousin canadien ou américain sans oublier évidemment les pays d’Amérique du Sud où l’Eglise règne sans partage sur les valeurs comme les mosquées dans les pays de confession musulmane.

    A l’heure de la pandémie et de la crise financière, au moment où le rapport du député Frédéric Petit sonne l’alarme sur l’état du réseau culturel français à l’étranger, tous se demandent comment les établissements vont pouvoir renforcer leur enseignement civique et leur sécurité.

    Car si le monde pleure avec nous, Samuel Paty, il est sur que les établissements français risquent de devenir une cible privilégiée pour les intégristes de tous poils sur la planète.

  • Le secteur financier face à la digitalisation sur fond de covid

    Le secteur financier face à la digitalisation sur fond de covid

    La crise sanitaire amplifie le processus de digitalisation de la sphère financière. Depuis le début du siècle, les relations entre les clients et les acteurs financiers ont profondément évolué avec le recours croissant aux outils numériques. Le cadre de ces relations, en revanche, était jusqu’alors assez stable. Pour une grande majorité, la souscription de produits d’assurances ou bancaires passe par une agence ou un conseiller. Ce mode de relation est en train d’exploser. Les pays avancés s’alignent progressivement sur le modèle qui a cours dans les pays qui sont faiblement bancarisés.

    Assurances et banques se digitalisent à grande vitesse 

    En Afrique, les opérateurs téléphoniques comme Orange proposent des services bancaires et financiers. Au Brésil, Nubank, une banque en ligne, s’est associé à WhatsApp, qui compte 120 millions d’utilisateurs au Brésil, pour proposer des paiements via le service de messagerie. D’ici quelques semaines, le Brésil mettra en œuvre l’Open Banking, une réforme autorisant les fintechs d’accéder aux données détenues par les banques, les gestionnaires de fonds et les assureurs.

    Dans les pays émergents, les réglementations sont moins strictes que dans les pays avancés, ce qui permet une intrusion des entreprises du digital beaucoup plus rapide au sein du secteur financier. Le gouvernement brésilien, qui a accordé une aide à 60 millions de personnes, utilise de plus en plus la voie mobile pour atteindre les citoyens amazoniens. 

    La crise sanitaire en tant que catalyseur 

    La crise sanitaire conduit à une accélération de la dématérialisation des relations monétaires. Selon The Economist, avec la crise sanitaire, la part des transactions sans numéraire dans le monde a atteint les niveaux qu’ils espéraient atteindre dans deux à cinq ans.

    + 200% d’inscriptions en ligne 

    En Amérique, le trafic des services bancaires mobiles a augmenté de 85% et les inscriptions bancaires en ligne de 200% au mois d’avril. Si depuis la mise en place des confinements, les ménages stockent davantage qu’auparavant de monnaie fiduciaire, ils paient de plus en plus avec des outils numériques (cartes sans contact, paiement avec le smartphone, etc.). 

    Aux États-Unis, le paiement sans contact aurait triplé depuis le mois de mars. Les transactions des réseaux Visa et Mastercard, qui représentent 94% des transactions traitées hors de Chine, ont progressé de plus de 40 % au premier trimestre 2020, par rapport à la même période en 2019. En avril, près d’un cinquième des adultes américains ont utilisé les paiements numériques pour la première fois. 

    Aux États-Unis, de nombreuses enseignes ont supprimé leurs caisses enregistreuses pour passer aux prélèvements automatiques. Les consommateurs utilisent les services peer-to-peer (p2p) pour envoyer de l’argent à des proches ou acheter des cours de fitness en ligne. Au deuxième trimestre, dans ce pays, ce type de paiement aurait augmenté de 50%.

    L’Asie et l’Afrique en avance

    Du fait d’une grande présence des fintechs, les pays d’Asie et d’Afrique apparaissent en avance par rapport aux pays occidentaux, la crise actuelle ayant accéléré le déploiement de solution déjà en expérimentation. 

    Ainsi, un tiers des 18 000 vendeurs ambulants de Singapour se font payer en recourant à des codes QR que les consommateurs scannent. Cette proportion a augmenté de 50 % en mai et juillet. 

    En Afrique, les paiements entre particuliers et les entreprises se dématérialisent à grande vitesse. Au Kenya, 20 % des transferts monétaires passent par des portefeuilles virtuels. Le groupe bancaire espagnol Santander indique que l’utilisation de ses canaux numériques a augmenté de 20 % en Europe, 30 % en Amérique du Sud et 50 % au Mexique au premier semestre 2020, par rapport au premier semestre 2019.

    Banques, com et digital 

    Face au recours du digital, les banques multiplient les fermetures d’agences. Ainsi, au Brésil, plus de 1500 seront fermées cette année. En Europe, plus de 2500 devraient être supprimées dans les prochains mois. La France est un des pays les plus timides en la matière. Les banques réorganisent complètement leurs activités en tendant de monter en gamme.

    La BNP PARIBAS étudie la possibilité de facturer le conseil à ses clients qui souhaiteront avoir un accès privilégié. Cette pratique avait déjà cours dans le cadre des départements de banque privée. Les banques et les assureurs seront tentés de transformer leurs sites en plateforme de service, en page d’accueil afin de capter du flux. 

    Dans le même temps, les plateformes digitales souhaitent disposer de départements bancaires pour obtenir des données et des commissions. 

    En septembre, Yandex, la principale application de recherche sur le Web et de téléassistance en Russie, a annoncé qu’elle achèterait la plus grande banque numérique du pays. Une semaine plus tard, Sberbank, toujours en Russie, a supprimé «banque » de son nom afin de se renommer en une entreprise de technologie qui se spécialise dans la livraison de nourriture et la télémédecine. 

    Safaricom, une société de télécommunications kenyane et principal propriétaire de m-pesa un système de paiement en ligne, entend se développer dans les services financiers en proposant des prêts, de la gestion de fortune et de l’assurance. Ces entreprises visent à contrôler et orienter les achats de leurs clients avec l’utilisation d’algorithmes. 

    Avec la pandémie, les ménages passent de plus en plus de temps devant les écrans et rechignent à sortir et à se rendre dans des agences bancaires qui de toute façon n’avaient plus la côte. 

    Les GAFAM à la traine de l’innovation financière 

    Pour le moment les GAFAM apparaissent en retrait. Apple avance prudemment avec « appelpay ». Récemment, elle a décidé le lancement d’une carte de crédit avec Goldman Sachs. Les efforts de paiement de Facebook ont peu progressé du fait de l’hostilité générale vis-à-vis du Libra. Le nombre de sites de commerce électronique américains qui utilisent le bouton de paiement d’Amazon n’augmente que lentement. Google s’est associé à des banques pour proposer des comptes courants et d’épargne. 

    Google n’est présent de manière forte sur le plan financier qu’en Inde, où son application de paiement est dominante ; celle-ci distribue des prêts instantanés aux acheteurs. 

    Les fintechs ont besoin des banques et des assureurs 

    A la différence de la musique, des photos, les startups du secteur financier ne peuvent pas se passer pour le moment des banques et des assureurs traditionnels. En raison de la réglementation et de la complexité des systèmes de gestion financière, elles ne peuvent pas opérer seules. 

    Les banques traditionnelles auraient un rendement des capitaux propres (roe) de 5 à 6% quand les fintechs sont à 20 % mais celui-ci dépend des premières à 90%. Les banques et les assureurs contrôlent le marché des fintechs en les rachetant. Ils tentent de maîtriser l’évolution et de conserver les backoffice. 

    Les banques européennes apparaissent en retard par rapport au reste du monde car elles ont dû consacrer une part non négligeable de leurs bénéfices à l’augmentation de leurs fonds propres et à financer des stocks de créances douteuses. En outre, elles ont pu se reposer sur une réglementation protectionniste. Ce retard pourrait être préjudiciable dans les prochains mois compte tenu du coût supposé de la pandémie.

    Barrières protectionnistes 

    L’Europe a mis en place plusieurs pare-feu pour éviter une déstabilisation de la sphère financière. Les directives concernant la banque et de l’assurance avec de fortes exigences de fonds propres visent à assurer la sécurité des déposants et à réduire les capacités d’entrisme de nouveaux acteurs. 

    Les États-Unis ont également mis en place des systèmes de protection pour empêcher l’intrusion trop violente de la netéconomie dans le secteur bancaire. Les licences de banques numériques sont particulièrement difficiles à obtenir outre-Atlantique. Le système américain est peu libéral en raison des contrats qui lient les clients et les commerçants aux services financiers. Les grands réseaux de paiement bénéficient de rente de situation qui a freiné la diffusion des dernières inventions.

    Législation libérale en Chine 

    A l’opposé, la Chine a mis en œuvre une législation libérale pour l’essor des fintechs. Dernièrement, un durcissement a été institué afin d’assurer un meilleur contrôle sur le crédit. La majorité des acteurs se penche sur le développement de plateformes de services ouverts. Les assureurs et les banquiers disposant d’un nombre de clients et d’assurés importants sont des portails assez naturels. Ayant développé de longue date des systèmes informatiques sécurisés, ils devraient exploiter cet atout afin de permettre l’accès à de nombreuses activités à leurs clients dont ils connaissant une grande partie de la vie.

    Et la vie privée ?

    Cette transformation pose de nombreux problèmes notamment liés à la vie privée. En outre, l’idée de plateforme ouverte sur le modèle Amazon semblent être de mise, ce qui n’est pas le mode de fonctionnement des entreprises du secteur financier même si depuis vingt ans la pratique des marques blanches s’est généralisée. Des assureurs ou des banquiers vendent leurs services à des courtiers ou à des concurrents sans apparaître facialement.

  • Civilisations : questionner l’identité et la diversité

    Civilisations : questionner l’identité et la diversité

    Pour fêter la création de l’Institut des civilisations, hébergé au 52 rue du Cardinal Lemoine, l’Administrateur et Professeur de la chaire « Milieux bibliques », Thomas Römer, et cinq autres professeurs (Patrick Boucheron, Anne Cheng, Vinciane Pirenne-Delforge, Lluis Quintana-Murci, Philippe Sansonetti), ont décidé de dédier le colloque annuel de rentrée du Collège de France aux civilisations.

    Regardez le podcast vidéo de TV5 Monde

  • Les Européens souhaitent lier les fonds de l’UE à l’état de droit

    Les Européens souhaitent lier les fonds de l’UE à l’état de droit

    Pour 77 % des Européens, l’octroi de fonds par l’UE aux États membres devrait dépendre de leur respect porté à l’état de droit ainsi qu’aux principes démocratiques. Tels sont les conclusions d’un nouveau sondage commandé par le Parlement européen.

    l’Etat de droit comme référence suprême des européens

    Seule une faible minorité des 24 812 participants s’opposent à l’idée que l’UE ne devrait fournir des fonds aux États membres que s’ils mettent en place les principes démocratiques et l’état de droit – incluant la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, la lutte contre la corruption et la protection des droits individuels.

    Il est intéressant de noter que la part des personnes en faveur de cette conditionnalité se situe sous la moyenne européenne dans quatre des six pays ayant voté contre le compromis allemand « trop édulcoré » à cet effet, soit les « quatre frugaux » : l’Autriche, Danemark, Pays-Bas, et la Suède, ainsi que la Belgique et le Luxembourg.

    Les répondants originaires des pays les plus critiques, la Hongrie et la Pologne, soutiennent généralement cette idée de conditionnalité, bien qu’ils soient également sous la barre européenne.

    « Si presque 80 % des citoyens souhaitent lier l’octroi de fonds européens – qu’ils paient sous forme d’impôts – au respect de l’état de droit, [les États membres] devraient les écouter », a indiqué le député européen Petri Sarvamaa (PPE) dans un communiqué.

    Le Parlement promet de camper sur ses positions 

    Mardi (20 octobre), le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont amorcé un nouveau tour de négociations sur la liaison des fonds européens à l’état de droit, mais aucune percée ne semble se profiler à l’horizon.

    En effet, la prochaine procédure de sanctions en cas de non-respect ou de non-application de la part d’un pays européen demeure un sujet de discorde parmi les législateurs du bloc.

    La proposition de l’Allemagne, à la tête de la présidence tournante de Conseil de l’UE, nécessiterait une majorité qualifiée des États membres pour imposer des sanctions financières à l’un de leurs homologues, tandis que le Parlement européen souhaite que l’État membre fautif obtienne une majorité qualifiée avec les autres pays pour empêcher la décision de la Commission européenne de réduire les fonds octroyés.

    L’un des négociateurs du parlement, le député européen allemand Daniel Freund (Verts), a maintenu que la proposition du Conseil n’était pas réaliste, « car dans l’histoire européenne, nous n’avons jamais vu de sanctions faisant suite à une majorité qualifiée », bien que des mécanismes semblables existent, notamment le corpus réglementaire unique.

    « Nous ne céderons pas. Si le Conseil ne revoit pas sa position, je ne pense pas que nous approuverons le cadre financier pluriannuel pour l’instant », a-t-il ajouté.

    député européen allemand Daniel Freund (Verts)

    Aux yeux des plus sceptiques, les députés européens n’auront bientôt pas d’autre choix que de s’accorder sur le plan de relance pour l’Europe, étant donné que le temps presse pour l’économie du bloc, fortement touchée par la pandémie.

    Néanmoins, d’après M. Freund, ses collègues ne semblent pas prêts à plier sous la pression, et ce, même dans les pays de l’Europe du Sud, comme l’Espagne, où les répercussions du nouveau coronavirus sur le secteur économique ont été les plus graves.

    « Je pense que les gens sous-estiment l’ampleur du sujet pour le Parlement européen »

    député européen allemand Daniel Freund (Verts)

    Par ailleurs, l’obligation pour chaque parlement national d’approuver l’acte légal permettant à l’UE d’emprunter les fonds destinés au plan de relance auprès des marchés financiers vient compliquer l’affaire. De plus, la Hongrie et la Pologne menacent d’opposer leur veto si les conclusions des négociations liées à l’état de droit s’avèrent désavantageuses pour elles.

    Selon Daniel Freund, un scénario est envisageable : le Parlement et le Conseil concluent un compromis, ce qui permettrait aux députés européens d’approuver le budget à long terme de l’UE. La balle serait ensuite envoyée dans le camp des parlements nationaux.

    « Je crois qu’à ce moment-là, la pression sera tellement forte, y compris sur le parlement hongrois, qu’ils devront l’approuver »

    député européen allemand Daniel Freund (Verts)

    À la suite des discussions, un porte-parole allemand a déclaré que « les négociations allaient de l’avant, car plusieurs progrès ont été effectués et les différences s’amenuisent ».

    « Mais, le compromis n’est pas encore à portée de main. Le climat général demeure tout de même marqué par un optimisme prudent ».

    Un avis que M. Freund ne partage pas : « Toujours pas de volonté du Conseil d’agir sur la mise en œuvre et la portée du mécanisme », a-t-il tweeté mardi.

  • L’hommage à Samuel Paty

    L’hommage à Samuel Paty

    La France a rendu, ce mercredi 21 octobre, un hommage national à Samuel Paty à la Sorbonne. La cérémonie, en présence de 400 invités, a débuté à 19h30 dans la cour de la Sorbonne.

    Les dispositions anti-covid ont obligé le protocole à restreindre le nombres de participants. Le public n’a pas été, cependant, oublié. Deux écrans géants, à fin de respecter les gestes barrières, ont été installés devant l’université multi-centenaires.

    Communion nationale

    Ce fût un moment de communion nationale après une journée chargée par une enquête sous haute tension. 7 personnes ont été déférées devant le juge pour complicité d’attentat terroriste tandis que 15 personnes sont sous le coup d’une enquête pour apologie de ce crime odieux.

    Le cercueil est arrivé sur une des chansons préférées de Samuel Paty, One de U2, avant que ses proches prennent la parole. Le Président de la République, Emmanuel Macron s’exprima en dernier après des lectures de la lettre d’Albert Camus à son professeur.

    Lesfrancais.press vous propose de revoir cette cérémonie courte mais solennelle en l’honneur du professeur d’Histoire-géographie pour avoir fait son métier.

    Comme tous les médias en France, le site Lesfrancais.press rappelle son attachement à la liberté de conscience, d’expression, de culte et le droit fondamental à la caricature. Ce genre a porté les idées des Lumières et les idéaux de la Révolution, c’est un devoir de le protéger.

    Podcast vidéo diffusé sur la chaine Youtube de l’Elysée

  • Samuel Paty : où en est l’enquête ?

    Samuel Paty : où en est l’enquête ?

    Le parquet de Paris a annoncé , lors de sa conférence de presse du 21 octobre à 14h (CET), la présentation de 7 personnes devant le juge pour complicité de terrorisme. Il a été aussi ouvert une quinzaine d’enquêtes après l’assassinat de Samuel Paty pour apologie.

    Une enquête sous haute tension

    L’enquête a démontré que la campagne sur Facebook visant Samuel Paty reposait sur des faits inexacts, a affirmé au cours de la conférence de presse le procureur antiterroriste, Jean-François Ricard. Il a notamment insisté sur le fait que l’élève dont le père a diffusé des vidéos ciblant le professeur d’histoire n’avait pas assisté à ce cours.

    Selon Jean-François Ricard, le meurtrier de Samuel Paty s’est « directement inspiré » des messages diffusés par ce parent d’élève et l’enquête a établi que des contacts avaient eu lieu entre les deux hommes avant le meurtre du professeur.


    « Plusieurs contacts téléphoniques et écrits » entre ce père et l’assaillant ont eu lieu avant l’attaque.

    Jean-François Ricard, Procureur antiterroriste


    Ce parent d’élève, qui avait diffusé dans ses messages sur les réseaux sociaux les noms du professeur et de son collège, fait en conséquence partie des sept personnes déférées devant un juge.

    Le militant islamiste franco-marocain Abdelhakim Sefrioui a lui aussi été déféré. Il est membre du collectif Cheikh Yassine, mouvement qu’Emmanuel Macron a accusé mardi d’être « directement impliqué dans l’attentat » et dont la dissolution a été décidée ce mercredi en conseil des ministres.
    Abdelhakim Sefrioui a effectué la démarche de contacter le père de l’élève pour l’appuyer dans sa campagne contre Samuel Paty.

    Le déferrement de mineurs, fait inhabituel

    Le procureur a aussi souligné le caractère inhabituel du défèrement de deux mineurs dans une telle procédure. Ces deux collégiens sont âgés de 14 et 15 ans.

    « L’enquête a établi que si l’auteur du fait a bénéficié du patronyme de l’enseignant, du nom et de la localisation du collège, en revanche, il ne disposait pas des moyens lui permettant de l’identifier »,

    Jean-François Ricard, Procureur antiterroriste


    « Cette identification n’a été rendue possible que grâce à l’intervention de collégiens du même établissement. C’est dans ces conditions que le parquet antiterroriste a décidé de déférer devant les juges d’instruction deux mineurs dont l’implication dans l’identification de la victime au profit du tueur est apparue comme probante »

    Jean-François Ricard, Procureur antiterroriste


    Le tueur présumé, à son arrivée au collège, a notamment abordé un élève « en lui offrant une somme de 300 à 350 euros » pour qu’il lui désigne Samuel Paty, a précisé Jean-François Ricard.

    Les trois autres personnes déférées sont des proches du meurtrier, dont deux qui l’ont accompagné dans une coutellerie à Rouen pour l’achat d’un couteau, a expliqué le procureur, ajoutant que l’arme avait été retrouvée à proximité du corps de l’assaillant, abattu par des policiers quelques instants après son attaque.

    L’enquête sur l’assassinat de Samuel Paty a été confiée à un juge d’instruction pour « complicité d’assassinat terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste ».

    Seize personnes au total avaient été interpellées et placées en garde à vue après l’assassinat de Samuel Paty, qui enseignait au collège Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine.
    Les gardes à vue de neuf d’entre elles ont été levées.

    Il s’agit de trois mineurs, de quatre membres de la famille du tueur ainsi que de la compagne d’Abdelhakim Sefrioui et d’un individu ayant été en contact avec l’assaillant.

    Un homme arrêté dimanche à Paris

    Selon la radio RTL, les 15 enquêtes, ouvertes pour apologie de terrorisme, ne visent pas que des faits « virtuels ». Une enquête a également été ouverte après qu’un homme a proféré des menaces, dimanche, devant le restaurant parisien Le Petit Cambodge (Xe arrondissement), cible il y a cinq ans des attentats du 13-Novembre. Le suspect aurait proféré des menaces de mort, crié « Allahou akbar », puis « on est tous des Anzorov ». Il a été interpellé.

    Le parquet de Paris s’est saisi de ces enquêtes, mais cela ne signifie pas pour autant que l’ensemble des auteurs sont Parisiens. Les parquets disposent en effet d’une marge d’appréciation pour se saisir, étant donné que c’est le lieu de lecture des messages qui fait foi.

    Toutes ces annonces ont précédé l’hommage rendu à La Sorbonne à Samuel Paty.

  • La diplomatie culturelle victime de la Covid-19

    La diplomatie culturelle victime de la Covid-19

    Dans le cadre de la discussion budgétaire autour du projet de loi de finances (PLF) pour 2021, Frédéric Petit, député des Français établis à l’étranger (Allemagne, Europe centrale, Balkans) a présenté ce mercredi 21 octobre, en commission des Affaires étrangères, son rapport relatif à la diplomatie culturelle et d’influence.  

    Frédéric Petit ©Frederic Petit

    Que ce soit Atout France, les Instituts français, les Alliances Françaises ou les lycées, tous ces établissements participent au rayonnement de la France à l’étranger. En multipliant les locuteurs en français, en faisant découvrir nos arts, nos penseurs, en invitant à investir ou à découvrir notre pays, et en éduquant les petits expatriés ou des futurs citoyens d’un pays tiers, ces institutions sont les « petites mains » indispensables mais invisibles de notre diplomatie.

    Un budget suffisant ?

    Dans son rapport, le député Petit indique que les opérateurs et réseaux de notre diplomatie culturelle bénéficieront pour 2021 d’un budget stable, dont la sanctuarisation est confirmée. 

    Cependant, il note tout de même que les structures juridiques qui supportent ces établissements ont été très lourdement touchées. Sur les 117 instituts culturels locaux (établissements à autonomie financière – EAF) du réseau en 2020, 83 instituts français et 22 instituts français de recherche à l’étranger (IFRE) ont dû fermer temporairement leurs portes au public pour réorganiser leurs activités à distance. Il en a été de même pour les 6 centres culturels binationaux et pour environ 650 alliances françaises, pour un total de 832 alliances dans le monde (réparties dans 131 pays)

    Constituées en sociétés ou en associations de droit privé, ces institutions sont donc soumises aux impératifs comptables. Elles ont un besoin important et urgent de recapitalisation. Comment faire avec des enveloppes budgétaires qui ont été imaginées en 2019, bien avant la pandémie liée à la Covid-19 ?

    Fréderic Petit le reconnait dans son rapport. En effet, il appelle à la plus « grande vigilance sur la fragilisation induite par les conséquences de la crise, afin de ne pas laisser des dommages irréversibles atteindre les réseaux culturels et d’influence ».

    Et pourtant pour 2021, les crédits alloués à la diplomatie culturelle et d’influence s’élèvent à 645 millions d’euros hors dépenses de personnels. C’est donc une petite hausse de 3 millions d’euros par rapport à 2020. Est ce que cela sera suffisant pour sauver tant d’opérateurs ?

    Fermetures en pagaille

    Le rapport parle de rationalisation du réseau.. Certains diront qu’on assiste plutôt à une catastrophe culturelle.

    La décision en 2019 de fermer 4 établissements à autonomie financière (EAF) (Institut français d’Amérique centrale, IF Brésil, IF Norvège, Centre culturel français -CCF- Canada) était un des prémices à ce désastre annoncé.

    Instituts français sacrifiés ?

    Les activités de l’Institut français Amérique centrale, de l’Institut français du Brésil et du CCF canadien, de l’IF Amérique centrale, du CCF Ottawa San José et de l’IF du Brésil ont, elles, déjà, été intégrées en 2020 aux services de coopération et d’action culturelle (SCAC) ou aux services consulaires des pays de résidence. L’établissement en Norvège a échappé de peu à la fermeture grâce aux nombreux partenariats noués au niveau local.

    Alliances françaises en faillite

    Sur le réseau des alliances françaises, plus des deux tiers (577) étaient encore fermées au public ou en cessation d’activités à la rentrée en septembre 2020. Seules 44 ont rouvert dans des conditions normales, et 43 partiellement. Certaines alliances ont également eu recours aux outils numériques, afin de pouvoir proposer des cours en ligne (Portugal, Belgique, Amérique hispanophone).

    L’éducation au coeur de la tempête

    Le réseau d’enseignement français à l’étranger a été et reste fortement touché par l’impact de la crise sanitaire. Fin avril 2020, sur les 522 établissements que comptait le réseau d’établissements homologués, 520 avaient basculé vers des modalités d’apprentissage en ligne. Les établissements ont par ailleurs dû composer tant avec les règles françaises qu’avec les règles locales, parfois très contraignantes. A la rentrée 2020, le rapport indique que 50 % des établissements recevaient les élèves en présentiel tandis que 21 % des établissements étaient en alternance d’enseignement présentiel et à distance mais toujours 29 % des établissements proposaient toujours des cours en distanciel complet. 

    Frappés financièrement, les établissement ont pu heureusement sur le Fonds de solidarité qui a subventionné directement les établissements mais aussi les familles afin qu’elles s’acquittent des frais de scolarité.

    Un rapport bienveillant mais alarmant

    « La vague de fermetures et d’annulations entraînée par la crise sanitaire a fait subir au réseau culturel un choc sans précédent, dont les conséquences, qui continuent à se faire sentir, ne peuvent être encore pleinement évaluées. »

    Frédéric Petit dans son rapport

    Le rapporteur Frédéric Petit expose aussi les mesures prises par la direction générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international (DGM). 7 millions d’euros ont été débloqué d’urgence à hauteur de 5 millions aux EAF et 2 millions aux Alliances françaises auxquels un million d’euros s’ajoutent pour ces dernières. Enfin un fonds de solidarité, prélevé sur d’autres postes budgétaires, a été créé au profit des Instituts français avec une dotation de 3 millions d’euros. Les Alliances françaises pourront aussi accéder à ce fonds.

    Cependant, la principale consigne qui est donnée par le rapport c’est de continuer à réduire les dépenses et à mieux gérer les budgets actuels. Même si ces conseils, de bon sens, sont pertinents, il est évident que sans un apport massif de capitaux frais, le réseau culturel français, premier au monde, risque l’implosion. Les Français s’habitueront-ils à voir le pays perdre sa place dans le monde ?

  • Mais qui paiera ?

    Mais qui paiera ?

    Qui paiera les déficits qui s’accumulent depuis six mois, en réalité depuis 40 ans : les banques centrales, l’État, les entreprises, les riches, ou les simples épargnants ? 

    A moins que ce soit tout bonnement l’ensemble des citoyens. 

    Le financement monétaire est une facilité temporaire aux effets multiples qui aboutit à des transferts de richesses entre les nations et entre les citoyens. A terme, une dépréciation monétaire, une inflation des biens courants ou durables est probable. En parallèle à l’augmentation de l’offre de monnaie, l’État a desserré sans limite sa bourse. Or, l’oublierait-on, l’État est financé par la communauté des contribuables.

    L’ensemble des citoyens 

    A travers la TVA, le principal impôt pour l’État, la CSG et les cotisations sociales, tous les ménages sont mis à contribution pour financer les dépenses publiques qui absorbent plus de la moitié de la création de richesses du pays. Les riches, c’est bien connu, pourront payer comme autrefois les aristocrates ou les 200 familles. Les Français surestiment la capacité des dits riches à pouvoir éponger les déficits. Ils confondent bien souvent le capital et ses revenus. 

    Avec un taux de prélèvements record, 45 % du PIB, la France s’est dotée d’un système unique de protection sociale financé par les classes moyennes et les catégories sociales supérieures. A défaut de taxer les particuliers, les entreprises supposées riches peuvent payer. Elles offrent l’avantage de ne pas voter aux élections.

    Les entreprises répercutent les impôts 

    Quand les impôts des entreprises augmentent, ces dernières peuvent l’imputer sur le prix de vente si les conditions de marché le permettent, sur les salaires ou sur la rémunération des actionnaires. Ainsi, dans les faits, les charges supportées par celles-ci sont automatiquement retransmises aux salariés, aux actionnaires ou aux consommateurs. La distinction entre cotisations sociales salariales et patronales est une fiction. Elles sont simplement et uniquement liées à la rémunération des salariés. 

    L’augmentation des prix des produits dans un monde concurrentiel est de plus en plus difficile comme le souligne la modicité de l’inflation. L’autre voie est évidemment la réduction de la rémunération des actionnaires. La taxation des entreprises répondrait alors à une certaine morale, redistribuer une partie des bénéfices supposées indues réalisées par les entreprises. 

    Certains estiment que les prélèvements devraient contribuer à rétablir un partage de la valeur ajoutée plus favorable aux salariés. Depuis les années 1980, ce partage aurait été réalisé au détriment des salariés et au profit des actionnaires. Ce constat vaut pour certains pays anglosaxons mais ne concerne pas la France ou l’Italie.

    Salariés et actionnaires 

    L’augmentation des bénéfices, ces dernières années, a concerné certains secteurs d’activité dont les entreprises sont bien souvent en situation d’oligopoles. Les bénéfices élevés peuvent être également liés à des nécessités d’augmentation des fonds propres pour des raisons réglementaires. Ils peuvent être, par ailleurs, imputables à la nécessité de fidéliser des actionnaires tentés de délaisser des entreprises peu porteuses en termes d’image. 

    La taxation des contribuables, des citoyens arrivera sous une forme ou une autre, brutale ou étalée sur la durée. La seule échappatoire est l’augmentation des gains de productivité associés au travail générant un surcroît de richesses, surcroit qui permettra d’effacer en partie quarante années de dérives dépensières. 

  • Les obligations qui financeront le fonds de l’UE pour lutter contre le chômage sont lancées

    Les obligations qui financeront le fonds de l’UE pour lutter contre le chômage sont lancées

    L’UE a mandaté cinq banques pour qu’elles émettent les premières obligations communautaires qui financeront le programme SURE destiné à soutenir l’emploi au sein de l’Union. La demande pour ces titres dépasse largement les attentes.

    Un succès pour ces premières obligations européennes

    Le mandat pour émettre les premières obligations qui financeront le fonds européen de soutien à l’emploi SURE (soutien temporaire visant à atténuer les risques de chômage en cas d’urgence) a été confié aux banques Barclays, Bnp Paribas, Deutsche Bank, Nomura et Unicredit dans le rôle de chef de file. La notation de l’émetteur est AAA par Fitch, Aaa par Moody’s et AA par S&P.

    La première émission avec échéance à 10 ans a déjà suscité une demande de 95 milliards d’euros. Pour l’émission d’obligations assorties d’une échéance à 20 ans, la demande atteint 55 milliards d’euros. Au total, la demande pour les deux premières émissions atteint donc 150 milliards d’euros. Selon les prévisions, elle aurait dû avoisiner les 15 milliards.

    La Commission européenne avait annoncé que les obligations seraient émises après que le Conseil aurait approuvé l’octroi du soutien financier demandé par les 16 États membres qui ont choisi de prendre part au programme SURE.

    Pour l’heure, 87 milliards d’euros d’aide ont été demandés dans le cadre de ce fonds qui peut mobiliser jusqu’à 100 milliards d’euros. L’Italie en est le premier bénéficiaire avec 27,5 milliards d’euros, suivie de l’Espagne avec 21,3 milliards et de la Pologne avec 11,2 milliards. La Commission européenne utilisera les recettes générées par l’émission des obligations sociales pour transférer les ressources aux États membres en plusieurs tranches.

    Comment fonctionnent les prêts

    L’argent, qui commencera à affluer dès cette année, sera crédité sur des comptes spéciaux auprès des banques centrales nationales. Ces comptes seront également utilisés pour le remboursement. Les prêts auront une durée de 15 ans.

    L’Union européenne bénéficie d’une évaluation très solide sur les marchés, ce qui lui permet de lever des fonds à des taux d’intérêt très bas. Les pays comme l’Italie, dont les taux d’intérêt sur les obligations d’État sont supérieurs à la moyenne de l’UE, vont donc tirer bénéfice de ces prêts. Le ministère de l’Économie estime que sur les 15 ans de durée du prêt, l’épargne pour les caisses italiennes peut être estimée à plus de 5,5 milliards d’euros.

    Afin de garantir que les fonds soient dévolus à la réalisation d’objectifs sociaux, le cadre sur les obligations sociales adopté par Bruxelles exige que les États membres rendent des comptes sur la manière dont les fonds empruntés ont été dépensés et sur l’impact social des obligations.

    Sur la base des informations contenues dans ces rapports, la Commission européenne sera en mesure de démontrer aux investisseurs que les obligations SURE ont été utilisées pour financer des programmes ayant un impact social positif.

    Un article d’Euractiv Italie.

  • Liberté, libertés, plus de liberté

    Liberté, libertés, plus de liberté

    Le billet d’humeur d’une responsable d’associations sociale et française en Belgique.

    Depuis le 16 octobre, nos vies ont de nouveau changé. 

    D’abord un enseignant, parce qu’il avait l’amour d’enseigner, est mort d’avoir écrit, décliné, voulu transmettre la liberté d’expression ! Que nous soyons en France républicaine ou en Belgique royale, nous vivons, avant tout, en démocratie, où la laïcité, la liberté d’expression, la liberté de penser sont essentielles à notre quotidien. Il ne faut plus faire de concessions. Repenser le vivre ensemble dans le respect et la joie, mais les dictateurs, porteurs de la pensée unique, n’ont rien à faire dans notre univers. A l’instar de Karl Popper, nous affirmons haut et fort que « pour maintenir une société tolérante, la société doit être intolérante à l’intolérance ».

    Confinement en vue en Belgique

    Et puis, il y a eu aussi un pas de plus vers un confinement qui pour l’instant prend des allures de pointillés. La liberté de notre vie sociale en a pris un sacré coup ! Finis les sorties gourmandes, les cafés où on se retrouve pour un petit expresso, les bars où on prend un verre en sortant du travail, fermés les restos, transformés, dans le meilleur des cas, en take away. Comme on dit dans Schreck, far far away, très très lointain. Déjà qu’on était un peu démoralisés, nous voilà tout à fait tristes, souillés du sang de Monsieur l’instituteur et condamnés à des échanges sur les réseaux sociaux, faute de tables d’hôtes, pour partager larmes et rires.

    Il paraît que ce n’est pas fini, que d’autres mesures vont venir et c’est le citoyen qui est pointé du doigt. Il n’a pas obéi, pas respecté les règles, il n’a pas été civique. Mais au fait quelles sont les règles ? La bulle passe de quatre à un, mais si on vit à trois, faut-il que nous abandonnions nos enfants, voire le chien ou le chat ? On ne peut plus aller au resto, mais on peut continuer, pour l’instant, à errer jusqu’à minuit dans les rues belges, moment du couvre-feu. En France, par contre, ils peuvent continuer de manger dehors, mais ils doivent dîner à la hollandaise, pour être rentrés à 21 heures ! Quelle injustice ! 

    Un citoyen au lourd tribut

    Donc le citoyen paie un lourd tribut, suite à l’incapacité des politiques à gérer une crise qui les dépasse, qu’ils n’avaient pas anticipée et qu’ils continuent à piloter en dépit du bon sens. Certes, ce n’est pas facile, mais la lisibilité des mesures, la cohérence de celles-ci font cruellement défaut. Et comme il faut bien un coupable, ce sont les citoyens qui passent à la caisse. Lors de la première vague, on pouvait avoir un certain sentiment d’indulgence, mais alors là, l’amateurisme n’a d’égal que l’incurie des différents ministres de la santé, élevée au cube et divisée par le PGCD !

    « Il y a des jours… et des lunes », comme disait Claude Lelouch. Espérons que nous allions vers plus de sérénité, sous l’œil bienveillant de Monsieur Samuel Paty, mort pour une démocratie qui n’a pas su le protéger, lui qui a porté si haut les valeurs universelles des droits de l’homme.

    « …  Sur l’absence sans désir

    Sur la solitude nue

    Sur les marches de la mort

    J’écris ton nom

    Sur la santé revenue

    Sur le risque disparu

    Sur l’espoir sans souvenir

    J’écris ton nom

    Et par le pouvoir d’un mot

    Je recommence ma vie

    Je suis né pour te connaître 

    Pour te nommer

    Liberté
    (Paul Eluard 1942)
    lederman
    Veronique lederman

    Veronique léderman est Conseillère communale d’opposition sur une liste citoyenne pour la commune d’Uccle en Belgique. Elle est dans la vie professionnelle Directrice générale du centre social SSJ ASBL en région bruxelloise. Après 18 ans d’expérience en Management, dans le marchand et le non-marchand et 11 ans d’expérience d’enseignement et responsabilités universitaires, elle dédié son temps aux autres et aussi aux Français de Belgique au sein de l’Union des Français de Belgique

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