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  • Les mesures pour voyager en  France en tant que Français de l’étranger.

    Les mesures pour voyager en France en tant que Français de l’étranger.

    Le dispositif en matière de passage des frontières n’est pas modifié cependant des précisions ont été publié ce 7 novembre pour une application au 11 novembre 2020.  

    Pour ce qui est des frontières intérieures de l’espace européen: libre circulation pour les voyageurs. Pour ce qui est des frontières extérieures : aucune restriction pour les pays inscrits sur la liste dite « verte » européenne; frontières fermées pour les autres, sauf exemptions et dérogations déjà prévues (Français, conjoints de Français et leurs enfants notamment).

    Dans son allocution du 28 octobre, le Président de la République a annoncé que :

    « Nos frontières intérieures à l’espace européen demeureront ouvertes et, sauf exception, les frontières extérieures resteront fermées. Bien évidemment, les Français de l’étranger resteront libres de regagner le territoire. Dans les ports et les aéroports pour les déplacements internationaux, des tests rapides obligatoires seront déployés pour toutes les arrivées. Aucun voyageur ne doit pouvoir entrer sur le territoire européen sans qu’on soit certain qu’il n’est pas porteur du virus. »

    Emmanuel Macron


    Pour mettre en œuvre ce renforcement du dispositif de protection sanitaire contre la diffusion du virus en France de nouvelles règles seront applicables à partir du mercredi 11 novembre.

    Test obligatoire en provenance de 18 pays

     La liste des pays au départ desquels il est obligatoire pour tous les voyageurs de onze ans ou plus de présenter un résultat de test PCR négatif, réalisé moins de de 72 heures avant le départ pour la France comprend :

    Afrique du Sud,

    Algérie,

    Bahreïn,

    Chine,

    Emirats arabes unis,

    Equateur,

    Etats-Unis,

    Irak,

    Iran,

    Israël,

    Liban,

    Maroc,

    Panama,

    République démocratique du Congo,

    Turquie,

    Russie,

    Ukraine,

    Zimbabwe.  

    Pour ces pays, à titre exceptionnel et sur justificatif, les ambassades et consulats seront autorisés à délivrer des dérogations individuelles, sur le modèle de ce que réalisent nos consulats et notre ambassade aux Etats-Unis pour les personnes qui ne seraient pas en capacité d’être testées avant l’embarquement, afin qu’elles le soient à l’arrivée.

    Ce dispositif souhaité par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères permettra de s’assurer en particulier que nul Français résidant hors de France ne sera empêché de facto d’exercer son droit de revenir en France. Cette procédure devra cependant être réservée aux cas où il est véritablement impossible d’effectuer un test COVID dans le pays de résidence avec résultat en moins de 72 heures.  

    Test fortement recommandé pour tous les autres pays

    La liste des pays pour lesquels il est fortement recommandé, si les voyageurs le peuvent localement, de réaliser un test virologique, moins de 72 heures avant leur vol sera la suivante : le reste du monde.

    La non-présentation, à l’arrivée en France en provenance d’un pays où ils est fortement recommandé de se faire tester avant le départ, d’un résultat négatif de moins de 72h implique d’être dirigé à l’aéroport vers un poste de contrôle sanitaire permettant la réalisation d’un test antigénique.

    Aucune restriction pour les voyageurs de l’UE et des pays dit « verts »

     Aucune restriction liée à la COVID-19 à l’entrée n’est applicable pour les personnes voyageant à destination de la France depuis les pays de l’espace européen et depuis les 7 pays de la « liste verte » européenne déjà mentionnée. Cette liste correspond aux pays pour lesquels le Conseil de l’Union européenne recommande aux Etats membres de lever progressivement la restriction temporaire des déplacements non essentiels vers l’Union européenne)  

    Transit et Outre mer

    S’agissant des voyageurs ayant transité par un pays tiers avant leur arrivée en France, à ce stade, la règle applicable au pays d’origine est maintenue.  

    En outre, les représentants de l’Etat en Outre-mer pourront prescrire des mesures de mise en quarantaine, de placement ou de maintien en isolement pour les personnes arrivant de France métropolitaine et ses pays de l’espace européen et entrant dans l’une des collectivités ultramarines.

    Tous les déplacements vers les collectivités d’outre-mer (de métropole ou de l’étranger) supposent déjà un test PCR négatif effectué moins de 72 heures avant le départ, ou, à défaut, un test antigénique : ceci ne changera pas.  

  • La Chine, responsable peut-être, victorieuse certainement

    La Chine, responsable peut-être, victorieuse certainement

    La Chine, à l’origine a priori, de l’actuelle épidémie de covid-19, sort économiquement renforcée de la crise sanitaire d’autant plus que l’Europe et les États-Unis peinent à la surmonter. 

    Cette situation renforce la tentation nationaliste du pouvoir chinois qui vante les qualités du modèle de développement de leur pays. Cette situation pourrait aboutir à un durcissement des relations avec les pays occidentaux. Depuis la fin du printemps, la Chine a réussi à quasiment faire disparaître le virus. Certains doutes subsistent sur la fiabilité des statistiques chinoises. Néanmoins à Wuhan, l’épicentre qui accueille un grand nombre de ressortissants étrangers, la vie semble reprendre un cours normal. 

    Pas de deuxième vague

    Pour endiguer l’épidémie, les autorités ont imposé des confinements locaux stricts en interdisant tout déplacement. Le ravitaillement de la population était effectué par l’armée. Les autorités ont isolé, parfois manu-militari, les personnes contaminées. Elles ont aussi décidé de procéder à des désinfections de l’ensemble des villes contaminées. 

    Par ailleurs, les entrées sur le territoire chinois ont été depuis le printemps limitées et surveillées. A la différence de l’Europe et des États-Unis, la Chine n’a pas (encore) connu de deuxième vague, ni une large diffusion sur l’ensemble du pays. 

    Début le début du mois de novembre, le nombre de nouveaux cas est de 100 000 par jour aux États-Unis, de plus de 120 000 en Europe et de 30 en Chine. 

    Le PIB de la Chine a diminué de 10 % au premier trimestre avant d’augmenter de 11,7 % au deuxième. La croissance du troisième est plus modeste, +2 %. Malgré tout, ce pays sera un des seuls à pouvoir afficher une croissance en 2020, entre 1 et 2 points, quand toutes les grandes économies enregistreront un net recul de leur PIB. De fait, la Chine a déjà compensé l’ensemble des pertes subies durant le premier trimestre.

    Rebond chinois 

    La disparition de la pandémie, et donc de la plupart des contraintes sanitaires, permettent à la Chine d’avoir une performance économique nettement supérieure à celle des États-Unis et de la zone euro. L’écart de croissance sur un an sera de dix points avec les États-Unis et de 12 avec la zone euro. L’effacement de la crise n’interviendra au mieux pour les premiers qu’en 2021 et en 2022, voire 2023 pour la seconde. Les écarts se creusent pour toutes les composantes de la demande à savoir la consommation, les exportations, et l’investissement.

    Les investissements chinois à l’étranger vont s’accroitre

    La crise devrait renforcer les positions des entreprises chinoises qui pourront compter sur le soutien de leur gouvernement. Les investissements chinois à l’étranger devraient s’accroître, les États occidentaux seront demandeurs de capitaux pour sauver des emplois et améliorer la compétitivité de leur économie. 

    L’influence de la Chine au sein des pays émergents pourrait également augmenter en termes relatifs au regard du recul de celle des occidentaux qui doivent subir une crise centennale. 

    Les Chinois pourraient durcir leurs positions au niveau international en ce qui concerne l’accès aux terres rares nécessaires pour la fabrication des batteries des véhicules électriques. De même, ils pourraient être moins conciliants sur les mesures prises par les gouvernements européens et américain à l’encontre de leurs entreprises de haute technologie comme Huawei.

  • Coronavirus : « explosion » des cas en Europe

    Coronavirus : « explosion » des cas en Europe

    Reconfinements jeudi en Angleterre et samedi en Grèce, couvre-feux en Italie et à Chypre : l’Organisation mondiale de la santé s’inquiète d’une « explosion » des cas de Covid-19 en Europe, dont l’économie est plombée par la pandémie.

    L’Europe est l’épicentre de l’épidémie ces dernières semaines : la région où le nouveau coronavirus se propage le plus vite, et celle qui, depuis jeudi, recense le plus de contaminations. Selon un comptage de l’Agence France-Presse (AFP), plus de 11,6 millions de cas, dont la moitié répartis entre la Russie, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni, et près de 294 000 morts.

    « Nous observons une explosion » des contagions, avec « seulement quelques jours pour un million de cas supplémentaires » en Europe, et « nous voyons aussi petit à petit la mortalité augmenter »

    Hans Kluge, directeur Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    Selon l’OMS« avec le port généralisé du masque et un contrôle strict des rassemblements, nous pouvons sauver plus de 261 000 vies d’ici février en Europe », mais « le statu quo n’est pas une option ».

    Toutefois, « il n’y a pas de raison de dire que les écoles sont un des vecteurs principaux de la transmission », a assuré M. Kluge, appelant à les garder « ouvertes jusqu’au bout du bout, parce que nous ne pouvons pas nous permettre une génération perdue du Covid-19 ».

    Cette seconde vague de la pandémie « anéantit nos espoirs d’un rebond rapide » de l’économie de la zone euro, dont le PIB devrait chuter de 7,8% en 2020 et la dette publique dépasser les 100%, a déclaré jeudi Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne.

    L’Hexagone particulièrement impacté

    En France, qui est avec 1,6 million de personnes infectées « le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre de cas » selon le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, 58 000 nouvelles contaminations ont été détectées au cours des dernières 24 heures. La deuxième vague « est brutale et se propage rapidement », a-t-il dit. La maire de Paris a décrété la fermeture de « certains débits de boissons », épiceries et lieux de restauration à emporter.

    Après l’Irlande et la France, l’heure du reconfinement a sonné jeudi pour l’Angleterre et ses 56 millions d’habitants, au moins jusqu’au 2 décembre. Les commerces non essentiels devront fermer, les restaurants, pubs et cafés ne pourront proposer que livraisons ou vente à emporter, mais les écoles resteront ouvertes. Le Royaume-Uni est le pays le plus endeuillé d’Europe par le virus (près de 48 000 morts).

    Deuxième vague de reconfinements

    Confrontée à un risque de saturation de ses hôpitaux, la Grèce se reconfinera également samedi. « Une décision difficile », mais « les mesures doivent être prises pour trois semaines pour vaincre la deuxième vague« , a déclaré jeudi le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

    Seuls les commerces essentiels resteront ouverts. Pour sortir, les Grecs devront attendre le feu vert des autorités par SMS. Les écoles maternelles et primaires resteront ouvertes, le reste passant en enseignement à distance.

    En Italie, un couvre-feu entrera en vigueur vendredi. Il sera interdit de circuler entre 22 h et 05 h du matin jusqu’au 3 décembre.

    Les lycées seront fermés, et les centres commerciaux clos le week-end. Des mesures plus ou moins restrictives seront appliquées selon la gravité locale de l’épidémie.

    Le Portugal, où 70% de la population est déjà soumise depuis mercredi à un confinement allégé, passera en état d’urgence sanitaire à partir de lundi prochain pour au moins deux semaines.

    Forte mortalité aux USA

    Au niveau mondial, près de 9 000 décès et plus de 550 000 nouvelles contaminations ont été recensés mercredi, selon un comptage de l’AFP basé sur des données officielles. Les pays ayant enregistré le plus de nouveaux décès dans leurs derniers bilans sont les États-Unis (1 112 morts), l’Inde (704) et le Mexique (635). À l’échelle mondiale, la pandémie a contaminé plus de 48 millions de personnes et fait plus de 1,2 million de morts, les États-Unis en recensant le plus (233 734). Le pays a aussi enregistré mercredi un record quotidien de 99.660 cas.

    Face à ce fléau qui ne faiblit pas, l’ONU a annoncé jeudi la tenue d’un sommet extraordinaire les 3 et 4 décembre à New York (Etats-Unis) pour renforcer la coordination internationale.

    La pandémie s’étend au nord de l’Europe

    La Norvège, où la situation sanitaire est pourtant beaucoup plus favorable que dans le reste de l’Europe, a annoncé jeudi un nouveau tour de vis : restriction des rassemblements dans l’espace public, fermeture des bars à minuit… « Restez le plus possible à la maison », a déclaré la Première ministre Erna Solberg.

    La Suède voisine a franchi jeudi le cap des 6 000 morts (pour 10 millions d’habitants) du Covid-19. Contrairement au reste de l’Europe, la Suède a mené une stratégie sans confinement et quasiment sans mesures coercitives, mais elle connaît également une flambée record de contaminations actuellement.

    Au Danemark, le gouvernement a invité 280 000 habitants du nord-ouest du pays vivant à côté d’élevages de visons à rester dans leur commune afin d’empêcher de nouveaux cas chez l’homme d’une mutation du virus provenant des animaux.

    Un article de notre patenaire

  • Et si vous nous disiez toute la vérité : entretien exclusif avec Laurent Gbagbo

    Et si vous nous disiez toute la vérité : entretien exclusif avec Laurent Gbagbo

    Laurent Gbagbo, acquitté depuis le 15 janvier 2019 est en attente en Belgique de son passeport pour rentrer en Côte d’Ivoire (Afrique).

    Cela faisait neuf ans que l’ancien président ivoirien ne s’était pas exprimé publiquement à la télévision.

    Un entretien exclusif accordé à TV5MONDE.

    Regardez le podcast vidéo

    https://www.youtube.com/watch?v=BcgBYfmySaQ
  • Biden, désormais Président élu !

    Biden, désormais Président élu !

    Après trois jours de suspense et de rebondissements, Joe Biden a passé ce samedi la barre des 270 élus nécessaires pour accéder à la Maison Blanche. Le démocrate devient le 46e président des États-Unis.

    La future vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, a publié une vidéo sur son compte Twitter dans laquelle elle félicite Joe Biden pour sa victoire et exulte. « Nous l’avons fait », dit-elle avec le sourire.

    Des manifestations de joie

    Depuis les projections sur la Pennsylvanie, des foules affluent vers la Maison Blanche pour fêter la victoire de Joe Biden. Dans les rues de la capitale américaine, dont les électeurs ont massivement voté pour le candidat démocrate, les klaxons et les cris de joie se multiplient.

    Dans un tweet, Joe Biden se dit « honoré » d’avoir été choisi par le peuple américain pour diriger ce « grand pays ».

    Mais quelques minutes après la projection de la victoire de son adversaire, Donald Trump accusait Joe Biden de se « précipiter pour se présenter faussement » en vainqueur. Une heure avant, le président sortant affirmait, encore, sur Twitter avoir gagné l’élection, « et de loin ». 

    Prochaine étape le 14 décembre

    Cette course à la Maison-Blanche aura été singulière à plus d’un titre : une participation historique des Américains (aux alentours de 67 %), du jamais vu depuis 1900, mais aussi la lenteur du délai nécessaire pour avoir le nom du nouveau président. Pour la première fois depuis 2000, les électeurs ne connaissaient pas le nom de leur prochain chef d’Etat au lendemain du scrutin.

    Le président-élu prêtera serment lors de son inauguration, le 20 janvier 2021. Avant cela, les grands électeurs se réuniront dans leurs Etats respectifs pour entériner les résultats du vote populaire le 14 décembre. Les grands électeurs ne sont toutefois pas toujours fidèles au vote des électeurs et peuvent choisir de donner leur voix à un autre candidat.

  • Jean-Baptiste Lemoyne : « le droit fondamental des Français de l’étranger à rentrer en France »

    Jean-Baptiste Lemoyne : « le droit fondamental des Français de l’étranger à rentrer en France »

    Jean-Baptiste Lemoyne, le Secrétaire d’Etat des Français hors de France, a publié ce jeudi 05 novembre un message à destination des expatriés.

    Il évoque la crise sanitaire, les mesures aux frontières pour mieux rappeler le droit fondamental des Français de l’Etranger à rentrer en France (cf la vidéo ci-dessous). Il reprend ainsi le message du Président de la République. Emmanuel Macron avait, en effet, dès le 28 octobre, tenu à rassurer les Français de l’Etranger sur leurs accès au territoire national.

    Un plan de soutien salué mais peu déployé

    Le Secrétaire d’Etat a aussi listé les actions liées au Plan de soutien aux expatriés mis en place ce printemps. Evoquant un budget de 220 Millions d’euros attribués à l’éducation, la santé, les aides sociales, Jean-Baptiste Lemoyne oublie les nombreux problèmes rencontrés quant à la distribution de ces fonds. Certaines institutions et les établissements scolaires, experts dans le montage de dossiers, ont pu répondre aux exigences administratives. Alors que les particuliers ou les associations ont rarement passé le cap.

    Moins de 10 000 foyers français dans le monde ont pu bénéficier du fameux Plan de soutien. Tandis que plus du tiers des Instituts français et des Alliances françaises sont menacés de fermetures définitives. Enfin, le budget non dépensé cette année pourrait ne pas être reporté sur l’année 2021.

    Les menaces sécuritaires

    Evoquant les menaces adressées à la France et aux Français par certains pays musulmans et relayés dans le monde, le Secrétaire d’Etat a appelé tous les Français où qu’ils soient à la plus grande vigilance.

    Pour connaitre la situation dans son pays, Jean-Baptiste Lemoyne rappelle que des comités de sécurité, réunissant les ambassadeurs, l’administration consulaire et les élus locaux des Français expatriés, ont émis des recommandations (disponibles, normalement, sur le site de votre consulat).

    Le rôle de l’éducation française à l’étranger

    Dans son allocution, le Ministre a rendu hommage à Samuel Paty et à la profession de professeur. Le rôle de l’AEFE, de l’éducation française à l’étrangèr, est, faut-il le rappeler, de transmettre des savoirs mais aussi des valeurs, celles de la République.

    Jean-Baptiste Lemoyne finit son tour d’horizon de la situation des expatriés en faisant un bilan positif de cette rentrée scolaire. Seuls, 50 établissements, ont du re-basculer en distanciel. Les effectifs globaux ont moins diminué que les prévisions l’annonçaient.

    Enfin, il conclut son allocution par un message de solidarité et d’unité des Français.

    Dans un contexte sanitaire et sécuritaire qui impose toujours plus de vigilance, la France se tient à vos côtés. Unis et solidaires nous avons été, nous sommes et nous resterons ! #FDE ??

    Jean-Baptiste Lemoyne sur Facebook le 05 novembre 2020

    Regardez le message vidéo de Jean Baptiste Lemoyne

    Jean-Baptiste Lemoyne – Allocution du 05 novembre 2020
  • Santé, la mise en cause d’un système failli

    Santé, la mise en cause d’un système failli

    La crise financière de 2008 a révélé que l’Occident, en premier lieu les États-Unis, avait failli. Sur un tout autre terrain, celui de la santé, l’épidémie de covid-19 semble aboutir au même résultat. 

    Depuis plus de sept mois, les pays dits avancés apparaissent désarmés pour coordonner la réponse médicale et dégager des moyens suffisants tant humains que monétaires pour accroître le nombre de lits équipés. A défaut d’avoir perdu la guerre face à l’épidémie, force est de reconnaître que ces pays, dont la France, ont perdu une ou plusieurs batailles.

    Les failles apparaissent au grand jour 

    Malgré des dépenses de santé qui représentent 12 % du PIB, le système français peine à réagir de manière rationnelle. Sa complexité, son manque d’agilité, son caractère suradministré génèrent des pénuries et des goulets d’étranglement. Les difficultés chroniques à coordonner les différents acteurs, hôpitaux, cliniques, médecine de ville, industrie pharmaceutique, assurance maladie et complémentaires santé, apparaissent aujourd’hui au grand jour. L’épuisement des stocks de vaccins antigrippes en quelques jours qui fait suite à celui des masques, et des produits d’anesthésie, traduit son incapacité non seulement à anticiper mais à s’adapter à une nouvelle donne. 

    Depuis des années, les gouvernements quel que soit leur obédience ont masqué les coûts en faussant les règles de tarification. Le système administré des prix est déconnecté de la réalité, obligeant les pouvoirs publics à multiplier les rustines, rustines qui prennent la forme d’aides directes aux médecins en vue de compléter leurs faibles honoraires, de déficits croissants pour les hôpitaux et de transferts de la sécurité sociale au détriment des complémentaires.

    Soviétisation du système 

    La disparition de toute échelle de valeur entraîne une déresponsabilisation de tous les acteurs avec à la clef une « soviétisation » du système de santé mettant à mal plusieurs de ses fondements que sont l’égal accès aux soins, la liberté d’installation, la liberté de prescription et le libre choix du médecin. 

    Comment expliquer qu’en France, certains médicaments essentiels, notamment dans le traitement du cancer, ne soient plus disponibles ? La faute viendrait, en partie, de prix trop faibles fixés par le Ministère de la Santé, prix qui inciteraient les laboratoires à vendre ces médicaments dans des pays où la tarification serait moins contraignante. Comment expliquer qu’en France les délais de construction d’un hôpital atteignent près de dix ans ? Comment expliquer qu’un Gouvernement puisse changer, de manière rétroactive, l’équilibre des contrats des complémentaires de santé qui logiquement sont des contrats de droit privé ?

    Des mondes parallèles  

    Depuis trente ans, l’étatisation plus que rampante du système de santé a prévalu en lieu et place d’une refonte de son organisation. Des mondes parallèles se sont transformés en citadelles, les hôpitaux face aux cliniques, la médecine de ville face aux professionnels des hôpitaux, les administratifs face aux médecins, la sécurité sociale face aux assureurs. 

    En 2002, le Ministre de la Santé, Jean-François Mattei se plaignait du fait que l’arborescence de l’ensemble du système de santé français ne tenait pas sur sa grande table de réunion. Vingt ans plus tard, le même constat pourrait être tenu. Devant cette montagne de blocages, la seule réponse apportée jusqu’à maintenant consiste à injecter quelques milliards d’euros par ci, par là. Ces milliards peuvent peut-être éteindre quelques départs de feu, mais ils ne viendront pas à bout de l’incendie. 

  • Macron réfute l’accusation de stigmatiser les Français musulmans.

    Macron réfute l’accusation de stigmatiser les Français musulmans.

    Le Président a publié une « Lettre à la rédaction » en réponse à un article du Financial Times qui l’accusait « de stigmatiser à des fins électorales, les Français musulmans ; pire, d’entretenir un climat de peur et de suspicion à leur égard ». 

    Très vite, l’article a été retiré du site du quotidien britannique. Mais la réponse du Président français ne s’est pas fait attendre. Après son interview à Al Jazeera la semaine dernière, Emmanuel Macron s’adresse au vaste public international de culture anglo-saxonne. Le quotidien est très influent, notamment dans les milieux d’affaires asiatiques, en Inde, au Pakistan, ainsi que dans les pays arabes. Le Financial Times compte un million d’abonnés dont les deux tiers en dehors du Royaume-Uni. 

    « Je ne laisserai personne affirmer que la France, son État, cultive le racisme vis-à-vis des musulmans ». « La France se bat contre le séparatisme, jamais contre l’Islam »

    le Président de la République Emmanuel Macron

    Lesfrancais.press publie la Lettre ouverte dans son intégralité, elle peut intéresse tous les Français qui vivent à l’étranger et sont interrogés sur la position de la France et de leur Président.

    Lettre du Président Emmanuel Macron à la rédaction du Financial Times.

    Madame, Monsieur,

    Si, depuis plus de 130 ans, le Financial Times constitue partout dans le monde un quotidien de référence, c’est parce qu’il se distingue par la publication d’articles fondés sur des faits robustes, des analyses nourries. Pour tous ses lecteurs – et j’en suis, s’informer avec le FT, c’est avoir la certitude d’accéder à des données fiables, sans que l’on ait besoin d’en vérifier la véracité. Personne ne peut donc imaginer que, dans ces pages, des propos tenus publiquement par le chef d’un Etat membre de l’ONU, du G7 puissent être déformés.

    C’est pourtant ce qui s’est passé dans un article paru dans votre édition d’hier. Sur la base de fausses citations [confondant « séparatisme islamique » – un terme que je n’ai jamais employé, et « séparatisme islamiste » – qui se trouve être une réalité dans mon pays,] j’ai ainsi été accusé de stigmatiser, à des fins électorales, les Français musulmans ; pire, d’entretenir un climat de peur et de suspicion à leur égard.

    Je n’évoquerai pas la rigueur discutable d’un article où le discours d’un chef d’Etat est placé sur le même plan que les propos rapportés d’un commentateur anonyme, ni même les sous-bassements idéologiques qui le fondent. Je veux simplement rappeler à vos lecteurs quelques faits simples, dire la situation de mon pays et quels défis il doit relever.

    Depuis plus de cinq ans et les attentats de Charlie Hebdo, la France fait face à une vague d’attentats perpétrés, au nom d’un Islam qu’ils dévoient, par des terroristes. Plus de 300 femmes et hommes, des policiers, des militaires, des enseignants, des journalistes, des dessinateurs, des Juifs, un prêtre, des jeunes assistant à un concert ou prenant un verre en terrasse, des enfants devant une école, de simples citoyens, ont été lâchement assassinés sur notre sol. Et ces derniers jours, un attentat, qui heureusement n’a pas fait de victime, a à nouveau visé les locaux de Charlie Hebdo ; un professeur d’Histoire-Géographie, Samuel PATY, a été décapité ; à Nice, deux femmes et un homme ont été assassinés dans une église. 

    Face à ce mal qui ronge notre pays, notre Nation fait bloc avec résilience, avec volonté. 

    D’abord en tenant bon sur ses principes. Si la France est attaquée prioritairement par les terroristes islamistes, c’est parce qu’elle incarne la liberté d’expression, le droit de croire ou de ne pas croire, un certain art de vivre aussi. A maintes reprises, le peuple de France s’est levé pour dire qu’il ne cèdera rien de ses valeurs, de son identité, de son imaginaire. Rien de ces droits de l’Homme qu’un jour de 1789, il proclama pour le monde. 

    Notre Nation fait bloc également en traquant les terroristes où qu’ils se trouvent. L’armée française est exemplaire de courage au Sahel et son action contre les groupes terroristes bénéficie à toute l’Europe. Nos services de renseignement, nos services de police, qui ont payé un lourd tribut, sont en première ligne, déjouent chaque année plusieurs dizaines d’attentats. Tout l’appareil d’Etat est mobilisé sur la base de lois discutées et votées au Parlement. Car nous ne renonçons pas non plus à la démocratie et à l’Etat de droit.

    Mais dès 2015 est apparu, et je l’ai dit avant même de devenir Président de la République, que les vocations terroristes prospéraient sur un terreau. Dans certains quartiers autant que sur Internet, des groupes liés à l’Islam radical enseignent aux enfants de France la haine de la République, appellent à ne pas respecter les lois. C’est cela que j’ai appelé dans un discours le « séparatisme ». Vous ne me croyez pas ? Relisez les échanges, les appels à la haine diffusés au nom d’un Islam dévoyé, sur les réseaux sociaux qui ont finalement abouti à la mort du professeur Samuel PATY il y a quelques jours. Allez visiter les quartiers où des petites filles de trois ou quatre ans portent le voile intégral, sont séparées des garçons et, dès le plus jeune âge, sont mises à part du reste de la société, élevées dans un projet de haine des valeurs de la France. Dialoguez avec nos préfets qui sont confrontés sur le terrain à des centaines d’individus radicalisés dont on craint, à tout moment, qu’ils prennent un couteau et aillent tuer des Français. C’est contre cela que la France entend aujourd’hui lutter. Contre des projets de haine et de mort qui menacent ses enfants. Jamais contre l’Islam. Contre l’obscurantisme, le fanatisme, l’extrémisme violent. Jamais contre une religion. Nous disons : « pas chez nous ! ». Et c’est notre droit le plus strict de Nation souveraine. De peuple libre. Face aux terroristes qui veulent nous fracturer, nous restons unis. Nous n’avons pas besoin que des articles de journaux cherchent à nous diviser. 

    Je ne laisserai donc personne affirmer que la France, son Etat, cultive le racisme vis-à-vis des musulmans.

    La France, et nous sommes attaqués pour cela, c’est la laïcité, c’est-à-dire, pour les musulmans comme pour les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, tous, la neutralité de l’Etat – qui jamais n’intervient dans les affaires religieuses, et la garantie d’exercer son culte. Et nos forces de l’ordre protègent les mosquées comme elles protègent les églises ou les synagogues. La France est un pays qui sait ce qu’il doit à la civilisation islamique : ses mathématiques, sa science, son architecture en portent et l’emprunte, et j’ai annoncé la création à Paris d’un institut visant à donner à voir cette grande richesse. La France est un pays où les responsables musulmans, prennent la parole à l’unisson lorsque le pire survient, pour appeler à lutter contre l’islamisme radical et défendre la liberté d’expression. 

    On peut feindre de ne pas voir ces réalités le temps d’un article. On ne peut les ignorer durablement. Car comme l’écrivait Averroès « l’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, et la haine conduit à la violence». 

    Ne cultivons donc pas l’ignorance, en déformant les propos d’un chef d’Etat. Nous ne savons que trop là où cela peut nous mener. 
    Préférons toujours la rigueur lucide, le travail rigoureux. Le savoir instruit. »

  • Festival du film français de Hong Kong

    Festival du film français de Hong Kong

    Une sélection de 40 films sera diffusée en ligne et projetée dans les cinémas. 

    En raison de la situation sanitaire, une sélection de 14 films sera diffusée sur la plateforme de visionnage du festival du 29 novembre au 13 décembre 2020. Les amateurs de cinéma français pourront en profiter n’importe où, et n’importe quand !

    Journaliste : une profession à l’honneur

    Le festival met à l’honneur la profession de journaliste avec la diffusion d’un cycle programmé en lien avec l’Agence France Presse (AFP) autour des films Sympathie pour le diable (inspiré de la vie du reporter de guerre Paul Marchand) et Camille (sur le travail de la photo journaliste Camille Lepage). Des séances de questions-réponses autour de ces films seront organisées par Vincent Amalvy et Phillipe Massonnet, de l’AFP.

    Pour plus d’informations, veuillez visiter : https://www.hkfrenchfilmfestival.com/highlight/special-events-with-afp

    L’on peut également signaler la diffusion du documentaire Histoire d’un regard (sur le célèbre photoreporter Gilles Caron).

    Rétrospective – Acteur français de renom Michel Piccoli

    Le Festival rend hommage à l’un des monuments du cinéma français, Michel Piccoli, décédé plus tôt cette année. Une sélection de 6 films dédiés à Michel Piccoli sera projetée dans le cadre du programme Rétrospective. Le personnage légendaire a commencé sa charmante performance à partir des années 1940, puis s’est imposé sur la scène internationale aux côtés de grands noms tels que Luis Buñuel, Alfred Hitchcock et Nanni Moretti.

    https://www.hkfrenchfilmfestival.com/

    Ecoutez le podcast audio de la French Radio à Hong-Kong

  • Retour sur 15 jours de manifestations contre la France !

    Retour sur 15 jours de manifestations contre la France !

    Nous recevons Arnaud Lacheret, Directeur de la French Arabian Business School (ESSEC) de Bahreïn à l’occasion de la sortie de son livre : La femme est l’avenir du Golfe.

    le dernier ouvrage d’Arnaud Lacheret

    Les monarchies du Golfe persique sont réputées pour être des sociétés où les femmes ont peu de place et de droits, où elles semblent soumises et enfermées dans un cadre islamique qui empêcherait toute évolution.

    Arnaud Lacheret a pour la première fois au monde, pour un chercheur occidental, obtenu  des entretiens enregistrés de femmes arabes du Golfe de la classe moyenne. L’occasion pour lui d’évoquer avec des femme,  la rencontre amoureuse, la polygamie, le monde du travail, de la famille ainsi que les traditions et la religion

    Cette étude, première en son genre, montre que le changement des sociétés arabes passe par ces femmes qui, tout en restant musulmanes, ont tendance à séculariser l’islam à bas bruit et à devenir les actrices d’un changement que l’on ne perçoit pas en Occident.

    Nourris de son expérience, précieuse, du monde arabe, nous revenons avec Arnaud Lacheret sur la campagne contre la France. Une vague qui a déferlé sur quelques pays musulmans et qui a pu alimenter la soif d’attentats des groupes terroristes comme Daesh ou Al-Qaïda.

    Lesfrancais.press : La laïcité ? Le blasphème ? le droit à la caricature ? Aujourd’hui, on ne sait plus finalement qu’est-ce qui a pu être reproché à la France ?

    Arnaud Lacheret : Ce qui est reproché à la France est très compliqué à contrer car il s’agir d’un tissu de mensonges savamment distillés par des médias contrôlés par des puissances étrangères et qui font mouche, notamment sur les réseaux sociaux. On nous reproche l’interdiction du voile alors qu’il n’est pas interdit en France dans l’espace public, on nous reproche le fait que notre Président encourage les caricatures de Mahomet alors qu’il n’a pas du tout dit cela, on reproche, toujours à Emmanuel Macron, de faire la guerre aux musulmans, alors qu’il précise à chaque fois qu’il s’agit des extrémistes et des radicaux… Bref, la France fait face à des accusations, mensongères qui sont d’autant plus difficile à contrer. Si on ajoute à cela que la notion de laïcité n’est pas très bien comprise dans le monde arabo-musulman, notamment parce qu’elle est mal expliquée par nos représentants officiels aussi, disons-le, on a tous les ingrédients pour passer pour les boucs émissaires idéaux.

    Caricature d’Emmanuel Macron en Satan dans un journal iranien
    Lesfrancais.press : Au-delà de l’idéologie, est-ce que cette campagne n’a pas servi, finalement, la politique intérieure de certains leaders ? 

    Arnaud Lacheret : Evidemment, un Reycep Tayyib Erdogan aux abois avait tout intérêt à faire marcher la machine propagandiste à plein tubes. J’ai l’impression qu’il existe plus de vidéos de propagande turque en langue arabe que dans toute autre langue, c’est affolant. Les discours d’Emmanuel Macron sont volontairement mal traduits, des extraits de discours de personnalités d’extrême droite sur des chaines d’info passent pour la parole de la France, bref, tous les ingrédients d’une manipulation de masse sont là. A cela s’ajoute l’opportunisme de personnages comme le leader pakistanais qui surfe sur le fanatisme d’une partie de sa population pour se refaire une santé politique et vous l’aurez compris, il y a tout pour voir se déchainer une haine anti France aussi absurde qu’injuste.

    Lesfrancais.press : Il y a eu tout de même des manifestations importantes, comme les 50 000 personnes réunies à Dacca (Bangladesh) ce lundi 02 novembre. Est-ce que la rupture n’est pas aussi consommée avec la population de ces pays ? 

    Arnaud Lacheret : On semble découvrir les pays musulmans d’Asie du Sud à l’occasion de cet épisode. Déjà, ce sont des pays très peuplés, et donc il est plus facile de rassembler 50 000 fanatiques en un même lieu qu’au Qatar par exemple. Ensuite, il s’agit du berceau de l’Islam radical, ne l’oublions pas. Oussama Bin Laden était caché au milieu d’une ville peuplée de militaires pakistanais, on a tendance à l’effacer de nos mémoires un peu vite ! De même, Asia Bibi, cette pauvre paysanne chrétienne, a été condamnée à mort par plusieurs tribunaux pakistanais jusqu’à ce que la cour suprême finisse par l’acquitter. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on apprenne que dans tel village de cette région, un lynchage pour blasphème n’ai lieu… On ignore beaucoup cela en France parce que ces pays sont assez lointains, et surtout parce que peu de leurs ressortissants sont immigrés dans l’hexagone. Il n’y a donc pas plus de rupture avec ces pays qu’auparavant, il faut juste, et c’est un travail de très longue haleine, travailler avec les dirigeants de ces pays qui feront preuve de bonne volonté pour essayer de calmer cette pression des fanatiques qui menace notamment une puissance nucléaire comme le Pakistan… Et c’est loin d’être une mince affaire.

    Karachi, Pakistan October 31, 2020. REUTERS/Akhtar Soomro
    Lesfrancais.press : Vous dirigez un établissement dont les cours sont largement inspirés de la pédagogie française. Comment expliquez-vous cette séquence à vos élèves ? Avez-vous peur d’un impact de cette campagne sur les effectifs de la prochaine rentrée ? 

    Arnaud Lacheret : J’étais avec une promotion de MBA à Paris quand Samuel Paty a été décapité. Autant dire que le lendemain, j’ai dû faire preuve de pédagogie. Il y a eu plusieurs réactions : d’abord celle de mes étudiants les plus âgés, ceux de plus de 40 ans, qui ont vécu le terrorisme dans leur pays et connaissent les ravages de l’extrémisme islamique. Souvent, ils m’ont présenté leurs condoléances et ont eu des mots très dur sur le traitement que la France devrait réserver aux terroristes et aux djihadistes. Les plus jeunes et particulièrement les femmes, ont vite eu un discours de crainte, se demandant s’il était prudent de sortir dans la rue par crainte d’éventuelles représailles contre les musulmans. C’est là que je me suis dit que quelque chose ne fonctionnait pas : on n’a pas cette idée naturellement. Quelques instant plus tard, on a commencé à me montrer les vidéos de chaines turques ou qatariennes qui faisaient passer ces messages de haine vis à vis de la France et rendaient nerveuses mes plus jeunes étudiantes. Il a fallu que je fasse preuve de sang-froid pour pouvoir expliquer notre conception de la laïcité et de la liberté d’expression et surtout pour traduire correctement les vidéos que l’on me montrait qui étaient honteusement truquées.

    Lesfrancais.press : Dans votre livre, vous évoquez les femmes dont la place commencerait à être reconnue dans ces sociétés, vous parlez d’un sécularisme naissant de la société. Pensez-vous qu’un pont peut être encore construit entre nos civilisations ?

    Arnaud Lacheret : Non seulement il peut, mais il doit être construit. Mon livre est à ce titre une première puisqu’il fait parler les principales actrices du changement dans le Golfe : les femmes de la classe moyenne qui acquièrent des postes de plus en plus important au sein du secteur privé, ce qui est une vraie nouveauté, notamment en Arabie Saoudite où des femmes se retrouvent parfois à des postes d’encadrement où elles dirigent des hommes que quelques années auparavant elles n’avaient même pas le droit de côtoyer ! 

    La femme est l'avenir du Golfe
    Compagnie de taxis aux chauffeurs exclusivement féminins

    Ce changement est énorme et, c’est ce que j’ai essayé de démontrer, est ensuite « importé » par ces femmes dans leur milieu d’origine, dans leurs familles, auprès de leurs amies… et c’est CE moment précis qui fait que les mentalités changent. On est désormais fier de la réussite de la fille de la famille et on s’imprègne de ces valeurs nouvelles. Ces femmes sont désormais des micro-modèles pour leur entourage dont certaines vont s’inspirer, pour suivre des études, travailler, changer leur vision du monde. C’est un mécanisme discret, mais passionnant et redoutablement efficace que je mets à jour à travers cette enquête. 

    Lesfrancais.press :  Est-ce que la loi sur le séparatisme islamique en préparation en France ne sera pas une nouvelle occasion d’enflammer les relations ? 
    francais musulmans
    Françaises musulmanes

    Arnaud Lacheret : Oui et non. Vous aurez remarqué que le Royaume du Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, soutiennent plutôt la France dans cette épreuve. Autrement dit, ils essaient de comprendre qui nous sommes et contre quoi nous luttons, et ils savent très bien de quoi il s’agit. On l’oublie souvent, mais une chaine comme Al Jazeera est interdite dans ces pays, les sites internet de type AJ+ sont bloqués, les Frères Musulmans sont considérés comme une entité terroriste… Bref, tant que nous luttons contre l’extrémisme et le terrorisme, ainsi que contre l’islamisme politique, je crois que ces pays arabes qui en connaissent trop les méfaits pourrons nous comprendre. Cela nécessitera de la pédagogie et j’espère que nos diplomates y sont disposés : la propagande est dure et il nous faut contre attaquer en faisant valoir notre voix qui, contrairement à celle de nos adversaires, n’est pas un message vicié et mensonger. Nous avons tout à y gagner et il semble que le Président de la République ait clairement choisi cette voie.

    M. Lacheret nous vous remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions. Nous rappelons que votre livre La femme est l’avenir du Golfe sera disponible à la vente dès ce samedi 7 novembre. 

    Rencontre avec Arnaud Lacheret

    Dans ce podcast, Mathieu, le journaliste du site lesfrançais.press, accompagne l’écrivain, Arnaud Lacheret, sur les chemins de la recherche universitaire au coeur d’un pays musulman. Un petit quart d’heure pour comprendre la genèse d’un livre qui abat les préjugés.

    Podcast audio

    Interview d’Arnaud Lacheret qui raconte
    la genèse de son livre La femme est l’avenir du Golfe
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