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  • L’inceste dans le monde

    L’inceste dans le monde

    Suite aux affaires qui secouent actuellement l’hexagone, la France va adapter sa législation pour mieux protéger les victimes d’inceste et de violences sexuelles, a annoncé le président Emmanuel Macron. Le chef de l’État a notamment dévoilé la mise en place de deux rendez-vous de dépistage et de prévention contre les violences sexuelles faites aux enfants à l’école et au collège. Une mission, dont les modalités restent à définir, sera mise en place pour recueillir les témoignages.

    Lesfrancais.press ont décidé de faire le point sur la perception de ce crime dans le monde.

    ©Wiki

    Anéantissement de la filiation

    Dans la grande majorité des sociétés humaines, l’inceste, tabou social traduisant symboliquement l’anéantissement du lien de filiation, est pourtant considéré comme un crime contre la structure universelle de la généalogie. Reflétant une manipulation physique et affective, mais surtout un abus sexuel sur une personne mineure vulnérable, enfant ou adolescent dépendant et sans défense, le fait incestueux abolit en ce sens l’ordre des générations ; il déstructure et confond les repères familiaux.

    Un tabou français ?

    Parce que la relation incestueuse se situe dans la cellule familiale, l’un des milieux de référence de notre société, l’inceste ne saurait être considéré comme une infraction sexuelle « comme les autres » ; pourtant le droit français l’a-t-il longtemps noyé dans d’autres incriminations, voire l’a tenu à l’écart de la sphère de l’interdiction. En somme, non seulement l’inceste ne constituait pas une infraction pénale autonome, mais en plus il n’émergeait pas au sein du droit commun des infractions sexuelles.

    La pudeur du droit pénal tournait au silence. Qu’un père et une fille, une mère et son fils, un frère et une sœur entretiennent ensemble des rapports sexuels est indifférent en droit pénal si les protagonistes sont majeurs et les rapports librement consentis.  Le législateur fixe à 15 ans l’âge auquel un mineur est sexuellement majeur.. A l’inverse, si cette dernière condition fait défaut, l’inceste est appréhendé au même titre que les autres cas d’abus d’autorité . En France, environ 20% des procès d’assises concerneraient des inceste.

    En effet, jusqu’à la loi du 8 février 2010, l’inceste a été considéré comme un comportement préjudiciable à une personne particulière  et non comme une infraction troublant suffisamment l’ordre social pour être sanctionnée en tant que telle.

    En Europe, des positions ambigües

    Plusieurs pays pénalisent l’inceste en soi en l’érigeant en délit même s’il se produit entre adultes consentants.

    C’est le cas de l’Angleterre, de l’Allemagne, du Danemark, de la Suisse et même de l’Italie pour peu qu’il provoque un « scandale public ».

    En revanche, l’inceste entre majeurs consentants n’est pas un délit en lui même, dans les pays du Bénélux, en Espagne et au Portugal. Dans ces pays, comme en France, il faut que l’acte concerne une ou un mineur, l’inceste n’est traité que comme circonstance aggravante de l’abus sexuel sur mineur.

    En contrepartie, certains états ont rendu le crime de viol sur mineur imprescriptible. C’est le cas en Angleterre, aux Pays-Bas et, depuis peu, en Belgique.

    Une option actuellement en débat en France où le délai durant lequel le crime de viol sur mineur n’est pas prescrit a été porté en 2018 à trente ans à partir de la majorité civile de la victime. En clair, une victime peut poursuivre son agresseur jusqu’à l’âge de 48 ans.

    Seule l’Allemagne et, très bientôt, l’Espagne font mieux car leur délai de prescription de 20 ans s’applique ou va s’appliquer seulement à compter de l’âge de 30 ans. Ailleurs, le délais est souvent de 15 ans à partir de l’âge de la majorité civile.

    En Amérique, l’inceste « pardonné »?

    Le républicain Steve King, 70 ans, défendait ses positions sur l’avortement, auquel il est opposé même en cas de viol ou d’inceste, au cours d’un discours devant un groupe de conservateurs à Urbandale, dans l’Iowa, l’État qu’il représente au Congrès.

    « Et si on remontait tous les arbres généalogiques et qu’on en retirait ceux qui ont été le produit de viol ou d’inceste? Est-ce qu’il resterait un humain dans le monde« 

    Steve King, lors d’un meeting pour sa réélection en 2019

    Et autre député, George Faught, a tenu des propos qui font scandale : le 21 mars 2020, lors d’un débat à la Chambre des représentants à Oklahoma, le député républicain a proposé une loi considérant que l’avortement était illégal sur une femme portant un fœtus atteint de malformation ou de trisomie, et même en cas de viol et d’inceste. Le politicien a été jusqu’à affirmer que le viol et l’inceste étaient des « volontés de Dieu ».

    Aux USA, la politique et la religion sont venues gangrénées le débat sur l’inceste, l’enfermant dans un rapport avec l’avortement. Si les élus démocrates, aujourd’hui, victorieux, défendent une approche plus laïque, interdisant l’inceste et autorisant l’avortement, il faudra encore 1 ou 2 générations pour voir la position globale de la société évoluée.

    Plus au Sud, l’emprise de la religion s’accentue. Cette fois, elle permet une condamnation de l’inceste, mais cet interdit est inspiré des textes catholiques.

    En Asie, l’inceste caché par le tourisme pédophile

    En Asie, pendant de nombreux siècles, on autorisait les unions entre frères et sœurs si les conjoints n’étaient pas nés de la même mère. Cette règle est le contrepoint exact du principe chinois qui ne définit la parenté que par rapport au père. La peine qui, dans le code des Tang, sanctionnait les unions entre frère et sœur issus du même père illustre toute la force du principe « tong xing bu qu » :

    « Celui qui s’unit à sa sœur aînée ou cadette issue du même père sera pendu. » « Celui qui s’unit à sa sœur aînée ou cadette issue de la même mère sera condamné à trois ans d’exil. »

    Traduit du Tong Xing Bu Qu

    Ainsi, au sens étroitement technique du terme, en Asie on ne parle d’inceste que dans le cas des unions au premier degré.

    Mais depuis le XXème siècle, l’inceste est cachée par l’ampleur du tourisme sexuelle, pédophile, qui s’est developpé dans certains pays comme la Thailande, le Cambodge, le Laos mais aussi en Chine et au Vietnam même si c’est dans ces deux pays, la lutte des autorités a largement freiné ces phénomènes.

    La relation sexuelle avec un enfant, le sien ou un autre, est petit à petit devenu un vice occidental que l’ »homme blanc » a apporté. Pratique, cela permet de dissimuler les tragédies familiales locales.

    En Afrique, un voile impénétrable

    Les mauvais traitements infligés aux enfants existent en Afrique mais ils sont volontiers portés au débit d’une rigidité culturelle éducative.

    Analysant l’anthropologie de la violence dans le projet éducatif des cultures africaines, F. Ezembe (1995) trouve qu’il s’effectue sur un mode assez répressif. Il le restitue d’ailleurs avec fidélité en ces termes :

    « En Afrique, le recours à des punitions corporelles jointes à des insultes fait partie de l’éducation des enfants. Cette pratique est légitimée par tout le monde, chefs de famille, parents d’élèves, maîtres d’écoles et agents de l’ordre ».

    F. Ezembe

    Il n’est donc guère étonnant qu’on n’en parle pas, et que les abus sexuels n’aient fait l’objet d’aucune étude… Mais il parait peu probable que le continent soit exempté du fléau.

  • Protection animale : une nouvelle loi en France

    Protection animale : une nouvelle loi en France

    Ce mardi (26 janvier) s’est ouvert à l’Assemblée nationale l’examen d’un texte très attendu, la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale. Si ce sujet est généralement source de désaccords, ce texte pourrait faire exception en la matière. Plusieurs articles susceptibles de crisper les débats ont été évacués de la proposition de loi. Exit la chasse à courre, la question des élevages intensifs ou la corrida.

    5 ans de prison et 75 000 euros d’amende

    Le texte se concentre donc sur les animaux domestiques et les animaux sauvages en captivité. Alors que ce sont les Français qui décrochent chaque année en Europe le triste record du nombre d’animaux abandonnés, le texte de loi prévoit de durcir les sanctions contre la maltraitance des animaux, avec une peine de trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. Une peine aggravée est retenue en cas de maltraitance par le propriétaire de l’animal. Une circonstance aggravante a été ajoutée à l’acte d’abandon en cas de mise en péril de l’animal qui sera sanctionnée par cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. 

    Samantha Cazebonne mobilisée

    La député des Français de la Péninsule ibérique et de Monaco est depuis longtemps engagée auprès des animaux de tous poils. Elle participe évidemment à la rédaction de cette loi avec un amendement, adopté ce mercredi 27 janvier, sur la gestion des entrées/sorties des animaux abandonnées

    « Actuellement, il est impossible d’évaluer précisément le nombre d’animaux abandonnés en France »

    Samantha Cazebonne lors de la discussion de son amendement à l’Assemblée nationale

    En effet comment adapter une politique sans connaitre la réalité des enjeux ?

    Samantha Cazebonne, c’est aussi impliqué dans le volet dédié aux animaux sauvages en captivité. Elle a ainsi travaillé sur une mission qui lui avait été confiée par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale avec sa collègue Michèle Tabarot (Députée des Alpes-Maritimes) sur la protection des espèces menacées.

    Les objectifs ? Mieux comprendre les raisons du déclin des espèces sauvages, examiner l’ensemble des mécanismes internationaux permettant une évaluation scientifique du déclin des espèces sauvages menacées, exposer les risques que font peser les crimes et trafics environnementaux sur les espèces sauvages menacées et dresser un état des lieux des mesures de protection mises en œuvre aux échelles nationale, européenne et internationale.

    Nourrie des informations des deux missionnées, l’Assemblée nationale se prononcera pour l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques, foires et delphinariums. (Le parc Astérix vient d’annoncer la fermeture de son espace réservé aux dauphins. Un autre établissement est dans le viseur : Marineland à Antibes (06)).

    Pour rappel en 2018, selon la liste rouge de l’Union internationale de la conservation de la nature : 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 25% des mammifères étaient menacés d’extinction à l’échelle de la planète. Le déclin des espèces emblématiques se révèle particulièrement inquiétant et se traduit par une disparition croissante des grands félins (les lions africains accusent un déclin de 43% depuis 1993), la population d’orang-outan a chuté de 25% ces dix dernières années, ou encore les girafes dont la population a chuté de plus de 60% depuis 1985.

    Un enjeu politique ?

    Pour de nombreux observateurs, cette proposition de loi prouve avant tout l’importance que prend cette question dans le débat politique. Aux dernières élections européennes, un parti avait créé la surprise en France : le parti animaliste, qui a recueilli 2.2% des voix, presque autant que l’emblématique parti communiste (2.5%).

    Nos élus ont donc bien compris, à quelques mois des élections nationales, que la cause animale est au coeur de la préoccupation de nos compatriotes

    Mais il faudra, sûrement, plus qu’une loi pour faire évoluer les comportement. C’est un vrai changement culturel que la société doit amorcer afin d’améliorer la vie des autres espèces avec qui nous partageons notre Biosphère. Cette initiative législative devra être complétée par le renforcement des projets éducatifs, de l’information à destination des touristes mais peut-être aussi par un meilleur encadrement des futurs maitres. Pourquoi pas un permis comme chez les voisins wallons (Belgique)?

  • L’UE réclame à AstraZeneca ses vaccins produits au Royaume-Uni

    L’UE réclame à AstraZeneca ses vaccins produits au Royaume-Uni

    L’UE réclame au laboratoire AstraZeneca de recourir à la production d’usines situées au Royaume-Uni pour fournir les doses de son vaccin anti-Covid promises aux Vingt-Sept, afin de limiter ses retards de livraisons mais au risque d’entrer en concurrence avec les injonctions de Londres.

    Le laboratoire suédo-britannique, qui avait argué la semaine dernière d’une « baisse de rendement » sur un site de fabrication européen, ne pourrait livrer qu’« un quart » des doses initialement promises à l’UE au premier trimestre, selon une source européenne.

    Suspicions contre AstraZeneca

    Or Bruxelles, qui a précommandé jusqu’à 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford, n’est pas convaincu par les justifications avancées, et a ordonné une inspection sur le site belge concerné.

    Et la Commission européenne fulmine contre les explications fournies par le PDG du laboratoire, le Français Pascal Soriot, dans un entretien accordé mardi à plusieurs quotidiens européens.

    Selon lui, le contrat signé entre AstraZeneca et Londres en juin 2020, trois mois avant l’accord avec l’UE, stipule que la production « issue de la chaîne d’approvisionnement britannique irait d’abord au Royaume-Uni ».

    Or, rappelait mercredi (27 janvier) une responsable européenne, aux termes du contrat conclu par l’UE, AstraZeneca devait recourir à quatre usines pour assurer sa production – deux dans l’UE dont une en Belgique, et deux au Royaume-Uni.

    « Il n’a jamais été question que ces deux usines (britanniques) soient au second plan ou en réserve », a-t-elle insisté.

    « Laissez-moi être claire: il n’y a pas de hiérarchie de ces usines dans le contrat, aucune différenciation (…) Les usines britanniques font partie du contrat de précommandes, elles doivent fournir » les doses attendues, a martelé devant la presse la Commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides.

    Londres a de son côté rappelé attendre du laboratoire qu’il respecte son engagement de fournir 2 millions de doses hebdomadaires au Royaume-Uni.

    « Nous sommes très confiants dans nos approvisionnements, dans nos contrats, et nous allons de l’avant sur cette base », a commenté le Premier ministre britannique Boris Johnson.

    Le Royaume-Uni a déjà vacciné environ 10% de sa population, contre cinq fois moins pour l’UE.

    « Manque de clarté »

    Déjà à cran après des difficultés d’acheminement du vaccin produit par Pfizer-BioNTech, le premier déployé dans l’UE, Bruxelles juge « inacceptable » le nouveau calendrier d’AstraZeneca.

    Et ce d’autant que la Commission lui avait alloué 336 millions d’euros pour développer son vaccin et accroître ses capacités de production, même si l’intégralité de la somme n’a pas été versée, s’agace la responsable européenne.

    « Le souci, c’est que nous n’avons aucune visibilité », et comme les autres usines du groupe, censées pouvoir produire également les doses destinées à l’UE, ne sont pas affectées, « les explications (du groupe) manquent de consistance », affirme-t-elle.

    Après s’être expliqué à deux reprises lundi devant les Etats membres et la Commission européenne, AstraZeneca était convoqué mercredi soir pour une nouvelle réunion: après une grande incertitude sur sa participation, il y a finalement été représenté par son PDG Pascal Soriot en personne.

    « Nous avons eu une discussion constructive et ouverte (…) Nous nous sommes engagés à une coordination plus étroite afin de déterminer ensemble une voie pour les livraisons des prochains mois « , a assuré un porte-parole du laboratoire, rappelant qu’il fournissait ses vaccins « sans en tirer profit ».

    Stella Kyriakides, elle, a salué un « ton constructif » mais a déploré dans un tweet « le manque continu de clarté sur le calendrier de livraison », appelant le groupe à honorer ses « obligations contractuelles ».

    Inspection dans l’usine belge

    A la demande de la Commission, des experts du régulateur sanitaire belge ont par ailleurs inspecté mercredi l’usine d’AstraZeneca à Seneffe (sud de la Belgique), a rapporté l’agence Belga.

    Leur objectif était de « s’assurer que le retard de livraison était bien dû à un problème de production » sur le site, et leur rapport sera rendu d’ici « quelques jours », précise-t-elle.

    Pour Pascal Soriot, les difficultés de « rendement » rencontrées s’expliquent par le retard pris par des partenaires du groupe devant « apprendre » le processus de production.

    Dans l’interview de mardi, il insistait par ailleurs: « Nous ne sommes aucunement engagés auprès de l’UE (…) Ce n’est pas un engagement contractuel. On a dit: on fera de notre mieux, sans garantie de réussir ».

    Des propos qui font bondir à Bruxelles : « Le contrat prévoit l’existence de capacités de production supplémentaires » réparties sur plusieurs sites, insiste un responsable européen.

    L’UE appelle AstraZeneca à donner son autorisation pour rendre public le contrat signé.

  • Le virus, une révolution pour la recherche

    Le virus, une révolution pour la recherche

    La modélisation informatique et le recours à la biotechnologie ont modifié la recherche sur les médicaments et les vaccins. De nouveaux acteurs ont été ainsi révélés par la crise au grand public comme Moderna ou BioNTech. La rivalité entre entreprises concerne également les États. L’échec de Sanofi est tout à la fois un problème industriel et de souveraineté économique. Pour le moment, les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine et la Russie figurent parmi les seuls pays ayant été capables de mettre au point un vaccin contre la covid-19.

    Mobilisation sans précédent de la communauté scientifique

    Face à la pandémie, les gouvernements ont dégagé d’importants crédits pour épauler l’effort de recherche des laboratoires pharmaceutiques. Dès les premiers mois de l’épidémie, plus de 5 milliards de dollars ont été consacrés en urgence à la recherche et développement (R&D), liée au Covid-19. Aux États-Unis, les financements publics ont dépassé 3,5 milliards de dollars, contre 850 millions en Europe. Par ailleurs, les fondations à but philanthropique comme celle de Bill Gates ont affecté plus de 550 millions de dollars à la recherche sur le Covid-19, s’ajoutant aux crédits initialement prévus pour la lutte contre les épidémies.

    La pandémie a donné lieu à une mobilisation sans précédent de la communauté scientifique. On compte environ 75 000 publications scientifiques sur la Covid-19 entre janvier et novembre 2020. La très grande majorité des études ont été réalisées aux États-Unis qui devancent la Chine et le Royaume-Uni. Les études et les publications sont plus rapidement diffusées que dans le passé. Ce souci louable de transparence a comme risque une moindre qualité des analyses communiquées. 

    Les études sur la Covid-19 ont dépassé celles sur les autres pathologies. Plus des trois quarts de l’ensemble des publications sont en libre accès, contre moins de la moitié dans les autres domaines biomédicaux. Les scientifiques ont été touchés par les confinements qui ont réduit les contacts et les échanges. 

    Les États-Unis sont en tête tant pour les recherches sur les vaccins et les médicaments. La France est très en retrait pour les premiers mais se positionne en deuxième position pour les seconds avec notamment les recherches en cours de l’Institut Pasteur de Lille. 

    La montée en puissance des start-ups et des biotechs 

    L’épidémie a conduit de nombreuses entreprises à déployer des technologies numériques. Le secteur biopharmaceutique, souvent en partenariat avec des universitaires, a lancé des centaines d’essais cliniques sur des médicaments et des vaccins contre la Covid-19. Deux technologies émergentes, la biologie de synthèse et la robotique, ont été mises à contribution pour l’élaboration des vaccins. 

    La biologie de synthèse a pour objet de faire de la biotechnologie une discipline plus proche de l’ingénierie que de la biologie et plus résolument axée sur la production industrielle. La biofonderie permet de réduire les délais de l’idée d’origine au produit, et d’améliorer la fiabilité et la reproductibilité de la biofabrication. Les biofonderies recourent aux robots pour gagner du temps et de la précision. Les vaccins à ARN messager contre la Covid19, tels que ceux mis au point par les laboratoires Pfizer et Moderna, ont utilisé ces nouvelles techniques. 

    Si le recours à la haute technologie s’est intensifié, des initiatives ont été prises par des acteurs traditionnels pour répondre aux différentes pénuries que les pays ont connu depuis le mois de mars : respirateurs, masques, etc. 

    Une coopération internationale 

    L’élaboration des vaccins contre la Covid-19 associe plusieurs entreprises de nationalité différente. La coopération internationale apparaît de plus en plus nécessaire pour faire face aux épidémies ou à la question de la transition énergétique. La rapidité à laquelle les groupes de recherche et entreprises pharmaceutiques mettent au point des vaccins contre la Covid-19 est le fruit d’années d’investissements dans la recherche fondamentale. La publicité des travaux et les échanges entre les équipes de recherche sont des facteurs clefs. Les plateformes numériques d’échanges permettent aux chercheurs de gagner du temps. La collaboration entre les chercheurs chinois et américains, au-delà des problèmes géopolitiques a été depuis le mois de mars dernier très importante. La séquence du génome sars-cov-2 a été partagée entre la Chine et le reste du monde avant qu’il n’y ait des cas confirmés de covid-19 en dehors de Wuhan.

  • Les Pays-Bas brûlent-ils ?

    Les Pays-Bas brûlent-ils ?

    Depuis quelques jours, le royaume, d’habitude si paisible, présente un visage qu’on ne lui connaissait pas, marqué par des émeutes, des violences et des pillages. Ces événements inédits se sont produits dans 12 villes du pays. Elles ont nécessité l’intervention de la police et de nombreuses arrestations. Mercredi matin, le pays s’est réveillé endolori après une 4e nuit, certes plus calme car mieux anticipée, mais qui a nécessité l’intervention des unités mobiles spéciales à Amsterdam et Rotterdam…

    ©AFP

    L’annonce du couvre-feu, le 20 janvier, par le premier ministre Mark Rutte, fut un réel coup de massue pour tout le pays. Les mots choisis lors de la conférence de presse montraient d’ailleurs toute l’impuissance politique face à l’épidémie. Le Premier ministre expliqua que « personne ne veut du couvre-feu, je n’en veux pas, Hugo de Jonge (Ministre de la Santé publique) non plus, personne n’en veut mais il est nécessaire. »

    Du confinement intelligent de mars 2020 au couvre-feu de janvier 2021

    Le pays, fidèle à ses traditions de libertés et de responsabilisation de ses habitants, a connu une stratégie atypique de lutte contre la pandémie. Après avoir envisagé un temps l’immunité collective (rapidement remisée au placard), les Pays-Bas mirent en effet en place un confinement « intelligent ». Ce confinement sans couvre-feu, sans attestation était le symbole de l’auto-discipline sans infantilisation et de la responsabilité collective, avec des résultats sanitaires ni pires ni meilleures qu’ailleurs.

    Les mesures strictes annoncées juste avant l’hiver furent le début d’un douloureux contre-coup.

    ©AFP

    Couvre-feu : étincelles d’un ras-le bol et prétexte pour la violence des émeutiers

    Si le pays refusa longtemps toute idée de couvre-feu, les variants (notamment britannique et sud-africain) le rendirent inévitable. Cette décision semble pourtant avoir mis le feu aux poudres. Nous avons contacté Xavier Falières, médecin anesthésiste français aux Pays-Bas et administrateur du groupe Facebook Information COVID-19 Français et francophiles des Pays-Bas. Ce groupe publie chaque semaine un bulletin d’informations très apprécié et renseigne inlassablement en français sur la pandémie. Xavier est choqué de voir cette violence, ponctuellement dirigée vers des structures médicales (un hôpital et un centre de tests). Il soutient le couvre-feu et souligne son efficacité quoiqu’il aurait été préférable, selon lui de le faire débuter à 20h. L’anesthésiste comprend aussi les manifestants qui expriment un ras-le bol face à une situation qui dure depuis longtemps… Il souligne toutefois qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre les manifestants et les émeutiers… Il s’étonne et regrette de voir une telle situation aux Pays-Bas.

    Le dimanche de tous les dangers

    Police, Museumplein Amsterdam

    Dimanche 24 janvier, des manifestants opposés aux mesures anticovid en général et au couvre-feu en particulier se sont donné rendez-vous au Museumplein d’Amsterdam comme dans d’autres villes du pays. Dès le matin, le Museumplein avait été déclaré zone d’intervention de la police habilitée à fouiller les manifestants. Dès midi, un dispositif impressionnant pour les Pays-Bas était mis en place. La police montée avait établi ses quartiers sur Apollolaan, une avenue cossue du quartier sud de la ville.

    Tiphaine Hubert, libraire au Temps retrouvé et autrice, habite à quelques pas du Museumplein. Dimanche dernier, le bruit l’a incitée à regarder les informations pour savoir ce qui se passait.

    « De l’appartement, nous avons vu la charge de la cavalerie. Toutefois, comme j’ai travaillé pendant des années à Nation, j’ai dit à mon mari en voyant les manifestants et le dispositif que cela ressemblait à un samedi à Paris.« 

    Tiphaine Hubert, libraire et autrice

    Paysage social unique aux Pays-Bas

    Les Pays-Bas sont une terre de compromis. Les manifestations, plutôt rares se déroulent dans le calme. Ici point de révolution, plutôt des évolutions. Volontiers directs dans les contacts quotidiens, les Néerlandais ne cherchent pas la confrontation directe socialement.

    C’est pourquoi la violence de ces 4 dernières nuits a choqué nombre de Néerlandais.

    Xandra Storm, professeure de français dans l’est des Pays-Bas et réputée ambassadrice de la chanson française avec son fameux orgue de barbarie déclara ainsi sur son mur Facebook :

     J’ai honte. Je me rassure en croyant que 98% des Néerlandais ne sont pas des casseurs.

    Xandra Storm, professeure et musicienne

    La police : une réputation de cordialité et d’efficacité à souligner

    Dans ce contexte explosif, il convient d’expliquer qu’aux Pays-Bas, la police a bonne réputation et ne polarise pas comme dans d’autres pays (la France notamment). Souvent sympathiques et ouverts, les agents sont, en général, abordables et appréciés. Les réactions de soutien ont ainsi été nombreuses ces derniers jours. Des supporteurs de football, notamment à Maastricht, sont descendus dans la rue pour proposer leur soutien à la police contre les émeutiers. Sur les réseaux sociaux, on voit défiler les gestes de soutien, parfois des fleurs sont données aux agents par des enfants et familles.

    Ces émeutes et pillages : simple violence criminelle ou symptômes d’une colère sociale plus profonde ?

    Depuis dimanche, les émeutes et pillages sont fermement condamnés par la classe politique. Pour Mark Rutte il s’agit de « violence criminelle, œuvre de bandes de jeunes qui pillent des magasins et veulent se confronter aux forces de l’ordre ».

    ©AFP

    Mardi, le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb s’est adressé directement aux émeutiers qui ont pillé la ville portuaire deux soirs de suite. « Nous sommes presque 12h après l’explosion de violence qui a touché Rotterdam Zuid, alors vous êtes réveillés ? Vous êtes fiers de vous ? Fiers de ce que vous avez détruit, fiers de vous réveiller à côté de toutes ces marchandises volées ? ». Il s’adressa ensuite à leurs parents « Votre enfant vous a-t-il manqué hier ? L’avez-vous appelé pour lui dire qu’il était 21h, l’heure de rentrer à la maison ou alors avez-vous pensé, en voyant le sac rempli d’affaires volées, c’est normal que cela se passe comme ça ». Il s’adressa aussi aux commerçants « nous ne vous laisserons pas tomber, conjointement avec les assureurs et tous les autres, nous allons vous aider ».

    La situation est complexe et l’agitation sociale, au-delà du couvre-feu est tangible, notamment chez les jeunes, au sein de certaines minorités et des milieux politiques de droite dure…

    La violence comme symptôme

    Jacques Perconte, cinéaste français qui vit entre Rotterdam et la France, nous fait ainsi savoir :

    « Est-ce que les tensions qui s’expriment dans les émeutes de ces derniers jours ne sont pas aussi les signes de la colère d’une partie de la population qui se sent de plus en plus exclue du futur que se dessinent les grandes villes ? Je suis impressionné par le développement du centre-ville à Rotterdam. J’entends beaucoup parler de la gentrification à Amsterdam. Le récent scandale des allocations, la vie sociale étouffée, la relation à la pandémie (peur ou refus) et tout ce qu’elle conditionne, la crise économique, tout cela rend la situation difficile pour beaucoup de monde. Elle est même explosive. Cette crise sanitaire creuse de plus en plus les inégalités aux Pays-Bas comme ailleurs. La violence ne peut pas être une solution. Elle ne conduit qu’à la violence. Mais comme je l’ai lu/entendu sur France Culture, on ne peut pas simplement considérer ces heurts comme des actes isolés et spontanés. « La violence n’est pas un phénomène qui surgit de nulle part, elle est un symptôme » ».

    Les villes en alerte maximale et des parents appelés à l’aide

    Les villes sont sur le qui-vive. La police a renforcé sa présence. Des sources proches des autorités d’Amsterdam nous informent que la situation est évaluée au plus près du terrain, notamment dans les quartiers dit plus « sensibles ». De nombreux jeunes sont dehors la journée et coachs de rue et animateurs entament de nombreuses discussions et les guident vers des activités, notamment sportives.

    Une mosquée a même diffusé un appel au calme a mobilisé des bénévoles pour discuter avec les jeunes de leur quartier.

    Dans certains quartiers de la capitale, les mères de famille sont approchées et on leur explique le couvre-feu.

    Communication des jeunes, réseaux sociaux

    Des maires, notamment ceux de Rotterdam et Bois-le-Duc, invitent clairement les parents à jouer leur rôle en gardant leurs enfants chez eux.

    Les magasins se barricadent et protègent leur vitrine.
    Les réseaux sociaux sont particulièrement observés. Les jeunes y diffusent des appels à se retrouver. Des parents inquiets échangent avec leurs enfants des messages d’avertissement sur les zones à éviter dans les villes.

    Eindhoven panse ses plaies

    Plusieurs villes ont annoncé des mesures d’urgence. Maastricht a également annoncé des mesures d’urgence en vigueur jusqu’au 7 février. Eindhoven est également « zone à risque » et des fouilles aléatoires peuvent y être conduites.

    Vincent Merk, professeur à la TU Eindhoven et formateur spécialiste des différences culturelles nous a expliqué :

    « La ville d’Eindhoven a été secouée par des émeutes brèves et violentes. La cinquième ville du pays qui cultive volontiers son image de technocity avec son écosystème Brainport, n’en revient pas. Les importants dégâts provoqués suite aux violences des casseurs ont entre-temps été déblayés avec l’aide de certains habitants et le calme semble revenu. Mais la ville reste zone à risque avec règlementation spéciale pour la durée du couvre-feu jusqu’au 9 février prochain.« 

    Vincent Merk, professeur et formateur

    Au niveau national, le ministre de la Justice a annoncé que les responsables seront punis de peines de prison.

    Rutte : opération communication de crise

    Après ses déclarations dénonçant la violence criminelle, Mark Rutte s’est rendu à La Haye dans le « Schilderswijk » où les émeutes ont eu lieu. Il a échangé avec les personnels d’une institution pour handicapés mentaux dont les vitres ont été brisées dimanche soir. Le Premier ministre a échangé avec les personnels de police, les commerçants de de Rotterdam et de Bois-le-Duc. Pour lui, « il s’agit de comportements strictement criminels. » Il a conclu « nous allons y mettre fin ».  

    Mark Rutte joue gros. Mister Téflon, qui semblait résister à presque tout, a dû présenter la démission de son gouvernement suite à un scandale lié aux prestations familiales. Sa gestion de la crise présente des fissures qui pourraient s’élargir encore plus avec la lenteur actuelle de la vaccination. La fermeté de son discours sécuritaire suffira-t-elle à convaincre les électeurs ? Verdict le 17 mars. 

  • Tension entre l’UE et la Chine pour Hong-Kong

    Tension entre l’UE et la Chine pour Hong-Kong

    Jeudi 21 janvier, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant la répression chinoise à Hong-Kong, et demandant la libération « immédiate et inconditionnelle des représentants de l’opposition démocratique et des militants arrêtés à Hong-Kong durant les deux premières semaines de 2021 ».

    La question des droits de l’homme ?

    Demande faisant référence à la Loi sur la Sécurité nationale à Hong-Kong, mais aussi à la répression de la minorité Ouïghour, dans le nord-ouest de la Chine. C’est en fait une façon pour les Européens de s’affranchir des critiques suscitées par l’accord global sur les investissements UE-Chine qui, selon ses détracteurs, ne demandait pas assez de contreparties sur la question des Droits de l’Homme en Chine. Ainsi, la résolution affirme que « en se hâtant de conclure cet accord sans prendre de mesures concrètes contre les graves violations des droits de l’Homme qui perdurent, l’Union risque de nuire à sa crédibilité en tant qu’acteur mondial des Droits de l’Homme ». Le texte, adopté par 597 voix pour, 17 contre et 61 abstentions, demandent également la libération des opposants politiques Joshua Wong, Ivan Lam et Agnes Chow. Et invite les Etats membres à envisager des sanctions contre des personnalités chinoises et hong-kongaises, comme la dirigeante Carrie Lam.

    Ingérence européenne

    Mais la Chine ne l’entend évidemment pas de cette oreille, et y voit une « ingérence flagrante » dans ses affaires intérieures. La porte-parole du ministère chinois des Affaires Etrangères – Hua Chunying – rappelant même aux eurodéputés « à admettre le fait que Hong-Kong a été restitué à la Chine » par le Royaume-Uni, en 1997. Toujours selon la porte-parole, les députés ont « mélangé le bien et le mal » dans cette histoire.

    Les investissements en ligne de mir

    C’est donc une bataille diplomatique qui vient de s’engager, alors que l’accord d’investissement n’a pas encore été approuvé par les Européens. Nous ne doutons pas que d’autres épisodes viendront agrémenter le processus de ratification, qui doit s’étaler jusqu’au début de l’année 2022…

    Ecoutez le Podcast de la French Radio Hong-Kong

  • Quel avenir pour les expatriés travailleurs sociaux au Royaume-Uni?

    Quel avenir pour les expatriés travailleurs sociaux au Royaume-Uni?

    Des milliers de travailleurs européens dans les maisons de repos britanniques risquent de manquer à l’obligation d’enregistrer leur statut au Royaume-Uni avant la date butoir fixée par le gouvernement au 30 juin 2021, d’après un nouveau rapport publié lundi (25 janvier).

    Un manque d’information

    Un travailleur sur trois n’a jamais entendu parler du dispositif d’obtention du statut de résident permanent (EUSS) mis sur pied par le gouvernement britannique, tandis qu’un travailleur sur deux n’a pas connaissance de la date d’échéance prévue à cet effet, d’après une étude menée auprès de 290 membres du personnel en maisons de repos.

    « Nous sommes toujours en pleine pandémie, et la deadline de l’EUSS est dans moins de six mois », a déclaré Caitlin Boswell, auteure du rapport pour le Conseil conjoint chargé du bien-être des immigrés (JCWI). « Des milliers de travailleurs sociaux sont concernés ; des personnes qui œuvrent sans relâche, mettant leur vie et celle de leur famille en péril pour nous aider à traverser cette crise. » « Le gouvernement doit lever le délai de l’EUSS de toute urgence », a fait savoir Mme Boswell.

    Le secteur britannique des soins de santé a subi une série de coupes budgétaires ces dernières années et dépend de plus en plus des travailleurs de l’UE. Il a également été en première ligne de la pandémie de Covid-19, avec des taux d’infection et de mortalité particulièrement élevés dans les maisons de repos.

    l’EUSS pas assez connu !

    Grâce à l’EUSS, les citoyens de l’UE et les membres de leur famille résidant au Royaume-Uni ont la possibilité de demander un statut de résident permanent ou un pré-statut de résident permanent, ce qui leur permet de rester résidents au Royaume-Uni.

    Londres a maintenant reçu plus de 4,9 millions de demandes : 55 % se sont vus offrir le statut de résident permanent, 42 % ont obtenu le pré-statut de résident et 0,6 % ont été refusées.

    Westminster affirme que ce « Settlement Scheme » est plus avantageux que celui offert aux ressortissants britanniques dans de nombreux États membres de l’UE.

    Pas de titre physique pour démontrer son droit de séjour

    Cependant, des recherches portent à croire que des milliers de citoyens européens, principalement ceux issus de groupes sociaux vulnérables ou sans compétences numériques, ne connaissent pas le dispositif en place ou ne savent pas comment y accéder.

    Pour l’heure, le JCWI et New Europeans, une organisation de défense des droits civils, demandent au gouvernement de délivrer une preuve physique du statut aux citoyens européens concernés ; une mesure qui a été rejetée par la Chambre des communes britannique l’année dernière.

    « Il est désormais clair que ce ne sont pas seulement les citoyens européens les plus vulnérables qui sont en danger. Tous ceux qui ne bénéficient pas d’un accès suffisant à l’information risquent également de ne pas respecter la date limite »(…) « Par ailleurs, même lorsqu’un citoyen de l’UE se voit octroyer un statut ou pré-statut, de nombreux employeurs, propriétaires et, dans certains cas, même des fonctionnaires ne comprennent pas qu’il limite nombre des droits que ledit citoyen avait avant le Brexit. »

    Roger Casale, fondateur et directeur général de New Europeans

    Le ministère britannique de l’Intérieur a indiqué qu’il avait mandaté une équipe spécialisée de plus de 1 500 personnes chargées du dossier EUSS.

    Plusieurs voix ont critiqué les campagnes d’information sur l’EUSS lancées par le ministère de l’Intérieur, signalant que le Royaume-Uni pourrait être confronté à un nouveau « Windrush », scandale lors duquel des dizaines de personnes ont été expulsés à tort du pays par le ministère de l’Intérieur.

  • 2021, le rebond en question

    2021, le rebond en question

    Avec la succession de vagues, l’épidémie de la covid-19 continue à perturber l’économie mondiale et notamment européenne. Les prévisions de croissance sont donc revues à la baisse et demeurent très incertaines. 

    Dans le passé, les épidémies, dans leur phase la plus virulente, ont duré en moyenne entre deux et trois ans. Le développement du vaccin permet, aujourd’hui, de réduire cette période d’au moins une année, sous réserve que les mutations du virus ne modifient pas la donne. Dans tous les cas, pour 2021, les économistes sont contraints de revoir à la baisse leurs prévisions de croissance. 

    Le taux de croissance pour la zone euro est évalué entre 3,5 et 5,2 % quand il y a peu, un taux de 6 % était envisagé pour 2021. Cette révision à la baisse concerne également la France. L’objectif de 6 % de croissance avancé par le Gouvernement semble de plus en plus difficile à réaliser d’autant plus si un nouveau confinement était décidé dans les prochains jours, chaque mois confiné amputant le PIB d’un point. L’économiste Patrick Artus a ainsi indiqué que la croissance pourrait ne pas dépasser trois points si des mesures restrictives s’appliquaient en février et en mars. 

    Reprise incertaine

    Ces taux pourraient être revus une nouvelle fois à la baisse compte tenu des conséquences des mutations que connaît le virus, obligeant le maintien de nombreuses restrictions malgré la montée en puissance de la vaccination. Les effets de celle-ci devraient se faire ressentir avant tout au cours du second semestre, sous réserve que l’efficacité des vaccins ne soit pas remise en cause. Pour le premier semestre, la zone d’incertitude demeure importante. 

    De nombreux Etats ont reconfiné pour plusieurs semaines. La France a opté pour le moment pour un couvrefeu à 18 heures et pour le maintien de la fermeture des bars, restaurant et lieux de loisirs en intérieur, ainsi que des remontées mécaniques dans les stations de ski. En cas d’accélération de la diffusion de l’épidémie, un nouveau confinement pourrait être décidé. Dans tous les cas, l’activité demeurera handicapée. 

    Avec une croissance nulle sur les six premiers mois, elle pourrait ne pas dépasser les 3 % sur l’année retardant le retour au niveau de décembre 2019, prévu initialement en 2022. Fin 2021, l’écart de richesses pourrait atteindre 6 % quand il n’aurait été que de 3 % avec une croissance se situant entre 5 et 6 %. Une moindre croissance se traduira par le maintien d’un fort taux de sous-emplois et d’une inflation nulle ou quasi-nulle.

    Allongement de la politique de soutien 

    Les gouvernements sont contraints de soutenir plus longtemps que prévu les entreprises et les ménages. En France, les premières échéances des prêts garantis par l’Etat ont été repoussées. Les entreprises continueront à s’endetter avec un risque de forte dégradation, à termes, de leurs résultats. En un an, les dettes des entreprises de la zone euro ont augmenté de 20 points de PIB passant de 110 à 130 % du PIB. 

    Par ailleurs, compte tenu de la dégradation des résultats des entreprises, celles-ci pourraient revoir à la baisse leur programme d’investissement et d’emploi. Dans ce contexte, le niveau d’endettement public augmentera encore fortement en 2021. La Banque centrale sera obligée de maintenir sa politique de rachats d’obligations sur une période plus longue. Pour le moment, le programme d’achat « PEEP » court jusqu’en mars 2022 mais sera sans nul doute prolongé. L’encours de la dette publique détenu par la Banque centrale européenne est passé de 2500 à 3500 milliards d’euros de 2019 à fin 2020. Il était inférieur à 500 milliards d’euros en 2014. 

    Un allongement de la politique de soutien aux entreprises augmente le risque de défauts dans les secteurs les plus exposés à la crise, hôtellerie, restaurant, loisirs. Les banques devront alors faire face à une multiplication des créances douteuses. Les investisseurs demeurent actuellement relativement confiants en ce qui concerne la sortie de crise, ce qui conduit à une augmentation des cours boursiers. Cette dernière est également portée par l’abondance des liquidités générée par la politique des banques centrales. 

    Une crise d’au moins 15 mois

    La base monétaire de la BCE est passée de 3200 à 5000 milliards d’euros de fin 2019 à début 2021. La forte croissance du volume des obligations conduit par ricochet, par effet patrimonial, à celle des actions afin que le poids relatif de chaque classe d’actifs reste globalement constant.

    La crise économique générée par l’épidémie de la covid-19 devrait durer au moins quinze mois avant de s’estomper Ses conséquences seront plus lourdes que celles initialement prévues. Aux pertes économiques importantes, il faut ajouter les aspects psychologiques qui ne sont pas négligeables. L’Occident qui avait été déjà très touché par la crise des subprimes peine à trouver les moyens de sortie de la crise. Les confinements successifs sont de plus en plus mal vécus au sein de sociétés qui avaient placé la liberté au cœur de leur modèle. La remise en cause forcée est violente et mine la cohésion de plusieurs pays dont la France.

  • Un Français de l’étranger a gagné le Dakar Classic

    Un Français de l’étranger a gagné le Dakar Classic

    Près de 30 véhicules se sont engagés pour la première édition du Dakar Classic. Cette course de régularité des autos et camions des années 80 et 90 regroupent les passionnés de véhicules historiques du monde entier.

    Avec ce nouveau rallye, la mythique course permet à ces nostalgiques de rejoindre l’aventure. Ainsi les fans des années 80 et 90 verront par exemple de nouvelles images d’un spectaculaire Buggy Sunhill ou des Range Rover V8 « pur jus » sillonner le désert d’Arabie Saoudite.

    Une équipe de reconnaissances dédiée au Dakar Classic, emmenée par le spécialiste des véhicules historiques Yves Loubet et l’ancien copilote des années 80 Alain Lopes, a tracé un parcours de 12 étapes en parallèle de celui du Dakar, avec 200 à 300 kilomètres à parcourir par jour. Compte tenu de la puissance et des caractéristiques techniques des véhicules, les difficultés sont adaptées afin d’éviter les casses et la surchauffe. Sans exclure toutefois des passages sablonneux qui ont donné du fil à retordre aux deux roues motrices les moins aguerries.

    Un parcours sans faute

    Marc Douton et Émilien Étienne ont remporté la septième et dernière étape du parcours. Ils confortent ainsi leur avance en tête de cette première édition classic, toujours devant l’équipage espagnol Donatiu Puig et l’autre buggy Sunhill de Frederic et Julie Verdaguer qui ferment le podium. Ils remportent ainsi l’ensemble de cette première édition.

    Marc Douton et Émilien Étienne lors de la dernière épreuve

    Marc Douton, un expatrié de Mumbai (Bombay)

    Employé de Dassault Aviation, Marc Douton est en charge du support de la flotte des avions Falcons en Inde et dans les pays limitrophes. En plus de sa passion pour les sports mécaniques, il fût président du comité de gestion du Lycée français de Mumbai. Il montra déjà un gout pour les challenges en gérant avec talent le lancement du déménagement de l’établissement qui s’étala sur plusieurs années pour se terminer en 2020.

    Lycée français de Mumbai

    Et cette énergie, il la puise dans sa passion pour l’automobile. Il y a déjà plusieurs décennies qu’il arpente l’univers des rallyes. Il s’essaya à quelques manches du championnat de France, le Touquet, le Listel. Il participa aussi au célèbre raid de l’amitié au Maroc, déjà un avant-gout des dunes saoudiennes.

    Maintenant l’équipe de Marc Douton, menée depuis le garage Nantes Prestige Auto en France, savoure sa victoire. Mais la question qu’on se pose tous : « Alors prêt pour l’édition 2021-2022 ? « .

  • Bug sur le paiement des retraites?

    Bug sur le paiement des retraites?

    Les retraités français sont de grands voyageurs. En effet, au cours des dernières décennies, ils se sont installés dans 180 pays dans le monde. Portugal, Italie, Espagne, Thaïlande, Bali, Grèce, Brésil… mais aussi Algérie, Maroc, Tunisie ou Sénégal. Les destinations favorites de l’exil du troisième âge sont variées.

    La mutualisation des données

    Le système de retraite français permet de percevoir sa retraite où qu’on soit dans le monde. Pour cela, rien de plus simple, il suffit de communiquer un certificat de vie à sa caisse via InfoRetraites. En tout cas, c’est la théorie.

    Cependant depuis l’aboutissement de la mutualisation enclenchée sous le quinquennat de François Hollande les bugs se multiplient. il a cependant permis de mettre fin à l’envoi multiple de certificats à chaque caisse de retraite, tout au long de l’année

    Déjà en septembre, le logiciel de paiement avait fait défaut, provoquant le paiement en retard de plus de 3000 retraites en Thaïlande, au Brésil, en Croatie et en Australie.

    La transmission des certificats de vie en cause

    Après une interruption, pour cause de Covid, les caisses de retraite ont relancé les appels à Certificat de vie depuis le 1 décembre 2020.

    Jusqu’à présent, il y avait deux modes d’envoi possibles par voie postale et en digitale. Ces deux options sont indispensables, les connexions et les équipements nécessaires ne sont pas toujours disponibles dans certains pays. L’acheminement postal était privilégié par nombre de nos compatriotes peu à l’aise avec la dématérialisation.

    Cecilia Gondard
    Cecilia Gondard

    Et le site info-retraite.fr, qui doit centraliser les démarches, leur communique même une adresse comme le rappelle Cecilia Gondard dans une question posée à l’Assemblée des Français de l’Etranger ce 19 janvier 2021. La présidente de la Commission fiscalité a été interpellée par certains de ses administrés en Belgique qui n’ont pas reçu leurs pensions.

    L’élu socialiste s’interroge sur les moyens mis à disposition du GIP Union retraite qui est désormais en charge du traitement des envois postaux. En effet, les Caisses de retraites, contactées (Carsat et Arrco), signalent qu’elles n’ont pas reçu les preuves de vie (les fameux certificat). Sans cette pièce indispensable, elles sont tenues de suspendre le versement à l’allocataire concerné.

    Quelles solutions ?

    Pour certains, c’est la démonstration que le coût induit par les certificats de vie « papier » est trop important pour permettre une gestion fluide des données. Ils invitent donc à passer au 100% digital. Mais alors quid des personnes non équipées ou non formée ?

    Il semble que la seule solution raisonnable est de palier au retard en informant les caisses de celui-ci afin qu’elles ne suspendent pas les versements aux allocataires dans l’attente que leur document soit transmis.

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