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  • La vaccination et les frontières : quelles nouvelles pour les expats?

    La vaccination et les frontières : quelles nouvelles pour les expats?

    Le 4 mars, Jean-Baptiste Lemoyne a réuni le Président de l’Assemblée des Français de l’étranger, les parlementaires (députés comme sénateurs) afin d’évoquer la situation vaccinale des expatriés et l’impact des restrictions des frontières sur leur vie.

    Vaccins : 83% des Français devront compter sur leurs pays de résidence

    Avec les postes diplomatiques, le gouvernement a établi un recensement des campagnes de vaccination dans le monde. Sur cette base, le secrétaire d’Etat aux Français hors de France, Jean-Baptiste Lemoyne, a établi une nouvelle stratégie.

    De ce rapport, il ressort que 97 pays proposent la vaccination à tous leurs résidents. Ces pays (USA, Europe, Japon, Australie, Maghreb) représentent plus d’1 million des Français inscrits sur les registres consulaires soit plus de 80% du nombre total.

    Il faut noter que dans certains pays, même si le vaccin est accessible, il peut être payant. Actuellement, seuls, les adhérents à la CFE ou à des organismes privés, prenant en charge le vaccin, pourront obtenir un remboursement. Les Français d’Afrique du Nord, dont de nombreux retraités, ont demandé un plan de prise en charge. Jean-Baptiste Lemoyne a promis d’étudier la possibilité de prendre en charge ces coûts trop importants par les crédits d’aide des postes.

    A l’opposé, 41 pays réservent les vaccins uniquement à leurs nationaux. L’administration consulaire a été chargée dans ces pays d’imaginer une campagne vaccinale. Cependant de nombreux problèmes restent à résoudre : acheminement, conservation, injection. Il a été évoqué la possibilité de mobiliser les pharmaciens locaux et expatriés.

    Ils restent 57 pays où la situation n’est pas encore fixée et pour lesquels Jean-Baptiste Lemoyne se laisse du temps avant d’envisager une prise en charge vaccinale par la France.

    Il a été rappelé que les expatriés peuvent rentrer en France pour se faire vacciner. Alexandre Cruau, représentant l’administration consulaire, lors de la réunion, a indiqué qu’un numéro de sécurité sociale fictif sera créé, si besoin. Jusqu’au 1 avril, les Français rentrant d’expatriation ont un accès direct à la couverture médicale. Jean-Yves Leconte (Sénateur PS) a demandé à ce que cette mesure soit prolongée jusqu’à la fin de l’année. En effet, le calendrier vaccinal français s’appliquant, les expatriés ne peuvent se faire vacciner que si ils sont dans le public cible. Actuellement, les vaccins sont réservés à un public prioritaire.

    Allégement des restrictions aux frontières

    L’autre grand sujet de la réunion fût la situation aux frontières françaises et européennes. La peur d’une obligation d’être vacciné pour accéder au continent était sur toutes les lèvres.

    Le Secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne a indique que la majorité des États de l’UE souhaitent offrir le test négatif comme alternative à la vaccination pour accéder aux territoires.

    La seule vaccination ne sera, donc, pas le pré-requis indispensable pour entrer dans l’espace européen. Mais il faudra, et ce, peut etre de façon définitive, répondre à des impératifs sanitaires. Le « Green Pass » européen ou le « Pass Sanitaire » français seront les nouveaux outils indispensables pour voyager.

    En parallèle, des élus, comme Meyer Habib (Député UDI de la circonscription de la Méditerranée de l’Est), ont demandé des assouplissements pour passer la frontière française. Le Secrétaire d’Etat a indiqué qu’un travail était en cours afin de fluidifier, dans un avenir proche, les voyages des expatriés, souvent, coupés de leurs familles depuis des mois.

    Conclusion : c’est le statu quo, le ministère travaille, les expatries attendent.

  • AFE : la dernière d’un très long mandat…

    AFE : la dernière d’un très long mandat…

    La 34e session de l’AFE s’ouvrira en visioconférences ce lundi 8 mars pour se conclure le vendredi 12 mars.

    En raison des conditions sanitaires actuelles et des restrictions aux frontières décrétées par le gouvernement, cette dernière session sera intégralement réalisée à distance.

    Des élus de 2014

    Les membres de l’Assemblée des Français de l’étranger sont élus par et parmi les Conseillers consulaires. Issus des élections locales, ceux en poste, le sont depuis 2014.. Une année de plus que le mandat le prévoit. Une septième année qui s’est imposée, par le report du scrutin de mars 2020 à mai 2021..

    Actuellement, l’Assemblée est dominée par la Gauche. Celle-ci fut longtemps regroupée dans le groupe Français du Monde. Mais la cuisante défaite du PS aux élections de 2017 a ébranlé l’unité qui prévalait chez les Français hors de France.

    Malgré un changement de nom, en Français du Monde – Ecologie et Solidarité, le président du groupe, Mehdi Benlahcen n’a pas pu retenir les verts et les indépendants.

    De nouveaux groupes ont donc amorcé la réorganisation du paysage politique des Français de l’étranger, le big-bang étant annoncé pour les prochaines consulaires, par LREM. Bluff ou bonne analyse ? La réponse sera en ligne du 21 au 26 mai 2021 ou dans l’urne le 30 mai 2021.

    Un programme chargé pour la dernière session

    Les élections seront au coeur de l’ouverture de la 34ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger.

    Certains Conseillers militent, ardemment, pour un dernier report des élections. Leur proposition est de décaler le scrutin à septembre 2021 afin de permettre de mettre à jour les coordonnées des électeurs (indispensables pour s’identifier lors du vote électronique) et trouver des solutions dans les pays où les restrictions sanitaires ne permettent pas l’ouverture de bureaux de vote hors des enceintes diplomatiques.

    Cependant Jean-Baptiste Lemoyne, selon une source anonyme, membre de son cabinet, devrait annoncer le maintien des élections consulaires aux 29 et 30 mai 2021 (29 mai pour les Amériques).

    La vaccination, quid des expatriés ?

    Autre communication attendue, celle de la Commission des Affaires sociales, elle présentera un rapport issu d’un questionnaire envoyé aux élus consulaires sur la vaccination au cours de l’hiver.

    Alors que Jean-Baptiste Lemoyne avait évoqué une campagne de vaccination, l’offre française se limite, finalement, à la possibilité de se faire vacciner en France. Encore faut-il pouvoir passer les frontières ?

    Les restrictions aux frontières dans la ligne de mir

    Autre mouvement de grogne, qui attend le secrétaire d’Etat Lemoyne, c’est celui des restrictions aux frontières.

    Les élus des Amériques sont particulièrement actifs sur ce front. Soutenu par un avocat new-yorkais, Pierre Ciric, et par des dizaines de milliers de français, qui ont signé leurs différentes pétitions, ils ont multiplié les recours devant le Conseil d’Etat. Une réponse, apaisante, du gouvernement est attendue.

    L’heure des bilans

    Les commissions, comme le bureau, devraient profiter de cette dernière session pour faire le bilan de leurs actions. Un décompte indispensable, alors que des voix commencent à s’élever réclamant une modernisation de l’Assemblée.. En l’ouvrant à tous les élus consulaires par exemple.. Les visioconférences vont-elles montrer le chemin ?

  • Ecrivains et diplomates – Episode 1 : Rencontre avec Sébastien Ortiz

    Ecrivains et diplomates – Episode 1 : Rencontre avec Sébastien Ortiz

    Spécial « Ecrivains et diplomates » : A la rencontre de Fabrice Etienne et Patrick Lachaussée, écrivains et membres du corps diplomatique.

    Une diplomatie ouverte sur la société

    Ils s’appellent Romain Gary, Paul Morand, Jean Giraudoux ou Saint-John Perse. Ce sont ces écrivains diplomates célèbres qui ont su conjuguer les affectations prestigieuses dans des Ambassades de France à l’étranger et produire une oeuvre littéraire de haut vol. Aujourd’hui nous partons à la rencontre de leurs successeurs contemporains, des écrivains qui ont choisi la carrière diplomatique et qui publient des romans de leur temps à l’image d’une diplomatie désormais plus ouverte sur la diversité sociale et qui autorise des parcours administratifs plus atypiques.

    Fabrice Etienne publie sous le pseudonyme de Sébastien Ortiz son 7ème roman avant de rejoindre à la rentrée prochaine l’Ambassade de France au Cambodge. Patrick Lachaussée, consul général de France à Genève, nous livre un premier roman à dimension sociale et humaine forte. LesFrançais.press ont pu s’entretenir avec chacun d’entre eux pour parler Lettres et Carrière diplomatique.

    Première interview de cette mini-série, Fabrice Etienne, diplomate français, connu sous le nom de plume de Sébastien Ortiz.

    Sébastien Ortiz, de la fascination asiatique à la  profondeur spirituelle d’un cheminement en métro.

    Lesfrancais.press – Boris Faure :  Fabrice Etienne, Vous venez de faire paraitre votre septième production littéraire sous votre nom de plume de  Sébastien Ortiz. Ce roman s’intitule « Châtelet-Lilas ». Un livre atypique dans votre œuvre  qui se déroule habituellement à l’étranger. Ici il est question d’un conducteur de métro qui possède le don de lire dans les pensées de ses passagers.

    Sébastien Ortiz : C’est en effet la première fois que j’écris dans un contexte français, sur la France. Jusqu’ici mes romans se passaient à l’étranger, en Inde, en Birmanie, au Japon, aux Etats-Unis.

    En 2015, je suis rentré d’une affectation à l’étranger. J’ai commencé à écrire ce roman après les attentats, après un temps d’infusion dans un contexte émotionnel et collectif troublé.

    D’emblée mon esprit est parti sur le mythe grec des profondeurs et sur celui d’Hercule. Il est né du constat que la ligne onze du réseau est la seule à posséder douze interstations.  Ce chiffre m’a fait penser au mythe d’Hercule et à ses douze travaux. Ce mythe apparaît en filigrane dans le livre. 

    De la même manière que je me suis aussi inspiré des religions et des cultes des pays dans lesquels j’ai vécu. Ici, je me suis intéressé à la philosophie et à la mythologie grecques qui sont un des fondements de notre culture. Le procédé littéraire est donc similaire à celui de mes autres livres.

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Un passage m’a frappé qui résume peut-être la philosophie du roman « Les hommes chacun dans son petit ici à suer sous le coton repassé dans cet espace de fausseté, cette immensité de prison pour un peuple entier, ces limbes de néon (…), les hommes entre parenthèses d’eux-mêmes, devenus flux, devenus fluides, les hommes que ne soulagent  pas les rêves éperdus, la rage de penser, l’idéald’une place à eux dans le monde, l’illusion d’une vie vécue ». Pouvez vous l’évoquer ? 

    Sébastien Ortiz : J’ai pu m’inspirer des présocratiques, du mythe de la caverne ou du mythe d’Hadès, le passage entre le monde des vivants et des morts. Mais pour sortir de ce monde très noir j’ai essayé aussi d’introduire des éléments plus légers. Je me suis introduit dans la tête des gens pour tenter de savoir ce qu’ils pensent. Des scènes bien vivantes égayent le parcours, celles des réfugiés qui sont là pleins d’espoir, celles des lycéennes qui s’embrassent. 

    J’aurais été incapable de faire un traitement frontal des attentats. Le fait que le conducteur ne voit qu’une partie de la réalité permettait un point de vue décalé : il se rend compte ainsi qu’il a transporté des jeunes qui vont au Bataclan, il passe non loin du Petit Cambodge. Je ne m’écarte pas de mon angle de départ qui est celui du conducteur de métro. 

    Lesfrancais.press – Boris Faure : On aperçoit dans votre roman une référence à Jules Verne. On l’imagine faire partie de votre panthéon d’écrivains. 

    Sébastien Ortiz : Dans les références littéraires que j’ai utilisées, Jules Verne apparaît, c’est exact. « Voyage au centre de la terre », « Le tour du monde en 80 jours » ainsi que « Vingt mille lieux sous les mers » se sont imposés spontanément comme des références. Jules Verne est l’un des fondateurs dans la littérature de l’imaginaire et m’intéresse plus que le scientiste. Il a imaginé tous les voyages possibles, vers le haut et vers le bas. Logique de le retrouver dans le métro.

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Il y a de nombreux aspects poétiques dans votre roman. Notamment l’évocation des stations fantômes, ces stations désormais fermées au public.

    Sébastien Ortiz : Le métro a ses aficionados. Quand on s’intéresse au métro on en vient naturellement aux stations fantômes et c’est un peu par hasard que j’en ai entendu parler. Elles ont un pouvoir évocateur fort. A un moment du livre, le métro en traverse une remplie de personnages en costumes belle époque. Comme j’ai fait un livre entier sur les fantômes de Calcutta je n’ai pas voulu creuser cette dimension car le côté spectral peut être un peu trop envahissant. 

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Dans le livre on est frappé, notamment au départ, par les éléments techniques. On apprend à vos côtés le fonctionnement mécanique de la machine. 

    Sébastien Ortiz : J’ai voulu éviter l’aspect purement documentaire même si j’ai développé une approche technique. Il y a de nombreux amateurs, anciens techniciens, retraités de la RATP, passagers passionnés de métros qui partagent des informations sur le net. J’ai voulu fonctionner un peu comme Emile Zola dans « La bête humaine », j’ai voulu me mettre dans la peau du conducteur et rendre compte qu’on parlait aussi d’une machine, renforcer le côté mécanique par opposition au côté humain qui est très présent avec la faculté du conducteur de lire les pensées et rentrer dans les têtes. Peut-être que des spécialistes du métro me feront remonter des erreurs malgré mon souci d’être précis.

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Ce roman marque un retour à Gallimard. Votre premier roman « Tâleb »  a été publié dans cette maison en 2002.

    Sébastien Ortiz : « Tâleb » était l’histoire d’un adolescent afghan embarqué dans une guerre qui le dépasse. J’y évoque la contradiction entre un islam d’inspiration soufie et l’idéologie salafiste.  Ce livre inaugurait mon tropisme asiate : sur mes sept livres, seulement deux ne se passent pas en Asie. Un se passe à New-York et un autre à Paris, donc.

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Vous êtes écrivain et diplomate. Comment l’écrivain se nourrit-il de l’expérience des affectations à l’étranger pour écrire ?

    Sébastien Ortiz : Je profite de l’impatriation qu’offrent trois ou quatre années de résidence à l’étranger pour recueillir des impressions que n’aurait pas un simple voyageur de passage. Une fois que je me suis dépouillé d’un regard exotique, des impressions superficielles et fugaces qui sont celles du voyageur, je suis en mesure d’adopter le point de vue de celui qui vit plus longtemps avec les gens du pays, qui a le temps de creuser les choses, qui peut aller aux fondements culturels d’une société. Ce que j’appelle l’impatriation, et qui est le pendant de l’expatriation, est donc précieuse à l’écrivain. Ce temps long passé sur place permet d’échapper aux lieux communs. Par exemple sur Calcutta, j’ai pu me débarrasser de l’image de la misère et de Mère Térésa à quoi continuait de se résumer la ville dans l’imaginaire collectif. Quand je réalise que je me suis dépouillé de mes premièresimpressions, qui sont forcément limitatives, et que je ne suis plus un simple voyageur, prendre la plume devient alors une évidence. Lorsque je réalise qu’il manque un livre sur le pays dans lequel je vis, je me dis que si je ne fais pas ce livre, personne ne le fera à ma place. 

    Dans mon premier livre sur Calcutta, « Fantômes à Calcutta » (Arléa, 2009), j’étais encore dans une atmosphère très durassienne. Elle touche à la mélancolie des Calcuttéens. C’est aussi celle de l’écrivain Tagore, du cinéaste Satyajit Ray. C’est cette richesse culturelle et historique de la ville que j’ai pu restituer. 

    Mon second livre sur la ville était centré davantage sur le métier de diplomate. Dans « La solitude du bonsaï » (Arthaud, 2019) j’ai forcé d’ailleurs le trait sur le métier. J’ai fait deux séjours à Calcutta, un comme coopérant du service national, un autre comme consul général, seize ans plus tard. L’aspect parfois un peu ridicule du métier a pu intéresser le public. J’ai exagéré certains éléments, le côté cocasse de nos relations avec nos partenaires, l’exercice un peu compassé des cocktails. J’ai joué de certains lieux communs de la diplomatie, celle des Ferrero rochers, des exercices sociaux imposés qui font partie de notre mission mais qui à terme peuvent s’avérer très lassants. J’ai pris dans ce roman ma revanche ironique sur les contraintes d’ordre social qui m’étaient imposées. 

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Dans votre carrière diplomatique vous avez connu des pauses avec des périodes entièrement dédiées à l’écriture. Avez-vous besoin de ce retranchement du monde ?

    Sébastien Ortiz : C’est la nécessité d’écrire qui m’a conduit à apprécier un certain isolement et à faire des pauses dans la carrière. L’écriture nécessite beaucoup de temps libre et je me mets généralement en disponibilité pour m’y adonner. On peut prendre des notes quand on est dans l’action en poste à l’étranger mais on a besoin d’isolement pour écrire.

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Vous avez connu également des phases personnelles méditatives. Vous avez même failli devenir moine bouddhiste plutôt que diplomate.

    Sébastien Ortiz : Dans « Dans un temple zen » (Arléa ,2017), j’évoque ce que j’ai vécu à vingt ans en me retirant dans un temple bouddhiste à Taïwan. C’est vrai qu’à un moment je me suis posé la question de formuler des vœux bouddhistes.  C’est en empruntant à un recueil de poésie d’Apollinaire que je me suis rendu compte alors de mon attachement viscéral à la France et à sa culture. J’ai donc finalement passé les concours du Quai d’Orsay en faisant le choix de l’action contre celui de la pure contemplation. Je crois en fait que l’idéal se trouve dans le juste milieu, entre la tentation de l’ascétisme et la pure distraction pascalienne. Etre diplomate écrivain diplomate correspond justement à cette voie moyenne entre l’implication et le retrait.

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Dans les pays qui jalonnent votre parcours, il y a l’expérience forte vécue en Birmanie comme conseiller culturel et directeur de l’institut français.

    Sébastien Ortiz : J’y ai passé quatre ans à une époque charnière, entre 2008-2012. La junte était au pouvoir et la scène artistique était muselée. L’Institut français était le seul centre culturel du pays depuis 1961. Cela donne une certaine responsabilité en tant que lieu de liberté identifié par le public birman. Les élites artistiques du pays y ont trouvé un refuge. Nous y avons accueilli quantité de performeurs, de photographes, de musiciens birmans qui n’avaient nulle part où montrer leur travail. Nous bénéficiions de l’extra-territorialité si bien que ce qui se passait dans nos murs échappait à la censure des autorités. En 2010, avec l’ouverture du pays, la parole s’est libérée. Notre mission s’est transformée puisque d’autres Etats ont ouvert des lieux culturels. La scène artistique s’est diversifiée de façon incroyable. Aujourd’hui, je suis attristé par la fermeture brutale du pays après une décennie de liberté d’expression. Mon livre « Portraits birmans » (Arléa, 2012) s’est voulu un hommage à cet extraordinaire peuple birman dont nous voyons aujourd’hui encore tout le courage. 

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Le Quai d’Orsay compte plusieurs figures d’écrivains diplomates célèbres. Pouvez-vous nous dire si ces figures vous ont inspiré ?

    Sébastien Ortiz : Romain Gary fait partie des figures des écrivains diplomates qui m’inspirent. Il ne fait pas partie du cénacle. Il a fait un passage de seulement quinze ans dans la diplomatie, ce qui lui a conféré un certain recul par rapport à la carrière. Il fait aussi écho à la nouvelle sociologie du ministère qui s’est ouvert à toutes les classes sociales ces dernières années. Il venait d’un milieu modeste. Sa marginalité et son caractère m’ont toujours inspiré. Je le lisais à l’adolescence. Je n’aurais jamais eu l’idée de passer le concours du quai d’Orsay sans lui. Après une relative traversée du désert sa popularité explose aujourd’hui et son entréedans la Pléiade est un juste retour des choses. J’aime assez  également Jean Giraudoux qui a été le précurseur de la Direction générale de la mondialisation et donc de notre action en faveur de la langue et de la culture françaises à l’étranger. Il n’est plus très lu mais c’est quelqu’un d’intéressant.

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Fabrice Etienne (Sébastien Ortiz), pouvez-vous nous parler de votre avenir diplomatique et de votre prochaine affectation ?

    Sébastien Ortiz : Ma prochaine affection sera comme Premier conseiller à Phnom Penh. J’en suis très heureux. Je vais continuer à creuser mon sillon asiatique. C’est le principe de plaisir qui prévaut dans une carrière certes un peu hachée mais qui me donne aussi le loisir de demander des postes selon mes goûts et mes envies.

    Lesfrancais.press – Boris Faure : Merci à vous et donc bons vents vers l’Asie.

    Phnom Penh
  • Les Consulaires, Mai ou Septembre ?

    Les Consulaires, Mai ou Septembre ?

    Le décret est sorti, les listes, souvent prêtes depuis février 2020 pour les premières élections prévues en mars 2020, sont sur les « starting blocks » mais….

    Le bruit court, alors que la session printanière et virtuelle de l’Assemblée des Français de l’étranger va s’ouvrir ce lundi 8 mars 2021, que les élections consulaires seraient une nouvelle fois reportées.

    Pandémie et soucis d’identification

    La première raison invoquée ? Evidemment, la pandémie… Ses conséquences sont encore nombreuses aux quatre coins de la planète. Mais le gouvernement est aussi informé de petits détails techniques non anticipés.

    La Covid-19 encore très présente

    A Hong-Kong, les autorités ne donneraient pas leur accord pour la tenue d’un bureau de vote physique au Consulat. Ce dernier est logé dans un étage d’une tour, la file d’attente ne peut que déborder sur l’espace public. Et les mesures sont là bas prolongées jusqu’à la fin de l’année.

    Mais même dans des pays où la Covid-19 semble maîtrisée, comme le Luxembourg, les obstacles opérationnels s’accumulent. Dans le Grand Duché, 3 bureaux de vote dans les…garages de l’ambassade ! Là aussi, les files d’attente empiéteraient sur l’espace public.

    Et les retours négatifs des Etats se multiplient sur le bureau de Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français hors de France.

    Les données personnelles non mises à jour

    L’espoir du gouvernement résidait dans le vote électronique ! Mais là aussi, les nuages s’accumulent.

    Déjà, en juin 2020, la société qui s’était chargée de développer le logiciel a fait faillite. Reprise par un géant du secteur, le déploiement de la solution informatique retenue pour le vote a pu se poursuivre sans encombre.

    Mais pour que le système soit pleinement opérationnel et sécurisé, il faut s’assurer que la plateforme, pour voter, identifie correctement les électeurs.

    Pour cela, il faut que les données des citoyens soient à jour dans le registre consulaire et/ou dans la liste électorale. En effet, c’est par e-mail et par SMS qu’ils recevront l’accès à la plateforme ainsi que l’identifiant et le mot de passe. Si leurs coordonnées ne sont pas justes, ils ne pourront pas voter en ligne, les renvoyant au 30 mai dans les bureaux de vote !

    Malheureusement, aucune campagne, n’est prévue pour que les expatriés mettent à jour leurs données. L’effet espéré sur la fréquentation des urnes risquent donc d’être limité, renvoyant les consulats à la problématique de la Covid-19 et des restrictions de réunion en cours dans de nombreux pays.

    Les identifiants censurés ?

    L’autre problème quant à la procédure d’identification c’est l’acheminement des mails et des sms. En effet, dans certains pays, les autorités filtrent les télécommunications transitant par leurs relais. Les mots comme « vote » ou « élections » sont parfois ainsi bannis, provoquant le blocage des messages (e-mails ou SMS) émis par la plateforme française à destination des électeurs qui résident dans ces pays.

    La solution ? Informer les gouvernements locaux pour permettre le « passage » des dits messages dans le cadre des relations diplomatiques entre la France et les pays concernés. En cas de refus, il restera la possibilité d’acheminer les identifiants par courrier postal (sic).

    Un « timing » serré

    Il existe donc des solutions, mais elles nécessitent du temps pour être mises en place. En effet, il faut « battre tambour » pour que les citoyens mettent leurs coordonnées à jour. En parallèle, il est impératif de prendre le temps de mieux informer les Etats accueillant nos concitoyens des élections et ainsi d’une part, éviter la censure et d’autre part, faciliter la création de bureaux de vote permettant le respect des mesures de distanciation physique.

    Pour relever le défi, certains élus consulaires, à gauche et à droite, se sont mobilisés pour un report des élections consulaires en septembre 2021. Ainsi, pour eux, le vote pourra se dérouler avec équité sur l’ensemble des circonscriptions consulaires. Et les élections sénatoriales pourront donc se dérouler en Octobre 2021 comme prévu lors du report initial.

    La réponse ? Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger devrait la donner lors de l’ouverture de l’Assemblée des Français de l’étranger ce lundi 8 mars 2021.

  • Brexit : levée de boucliers de l’UE après l’extension des délais de contrôles à la frontière nord-irlandaise

    Brexit : levée de boucliers de l’UE après l’extension des délais de contrôles à la frontière nord-irlandaise

    L’Union européenne a accusé le gouvernement britannique d’enfreindre le droit international après qu’il a décidé de prolonger unilatéralement les délais de grâce pour les contrôles à la frontière de la mer d’Irlande.

    Pénurie alimentaire ?

    Mercredi 3 mars, le gouvernement de Boris Johnson a déclaré que « le régime actuel de circulation temporaire de produits agroalimentaires vers l’Irlande du Nord sera maintenu jusqu’au 1er octobre » afin de permettre la poursuite des livraisons aux « supermarchés et à leurs fournisseurs, dans le cadre du plan opérationnel que le Royaume-Uni s’est engagé à respecter lors de la réunion du comité mixte Royaume-Uni-UE du 24 février ».

    « Les exigences de certification seront ensuite introduites par étapes, parallèlement au déploiement du programme d’assistance numérique »

    le gouvernement de Boris Johnson

    Cette décision fait suite aux plaintes des entreprises de la province concernant les perspectives de nouvelles exigences bureaucratiques onéreuses pour le commerce avec le reste du Royaume-Uni. Le protocole relatif à l’Irlande du Nord maintient la province dans le marché unique européen des marchandises, en établissant une frontière commerciale avec la Grande-Bretagne.

    Maroš Šefčovič, le vice-président de la Commission européenne chargé des relations UE-Royaume-Uni après Brexit, a déclaré que cette décision constituait « une violation des dispositions de fond pertinentes » de l’accord de Brexit sur l’Irlande du Nord.

    Le gouvernement britannique a réfuté ces affirmations. Lors d’un appel téléphonique plus tard dans la soirée de mercredi, le ministre britannique des relations UE-Royaume-Uni, David Frost, a déclaré à M. Šefčovič que « de telles mesures opérationnelles étaient bien précédées dans d’autres accords commerciaux internationaux, et qu’elles étaient tout à fait compatibles avec notre intention de nous acquitter de bonne foi de nos obligations au titre du protocole ».

    Frost, qui a pris ses fonctions ministérielles au début de cette semaine après avoir été le négociateur en chef du Royaume-Uni pour l’accord de commerce et de coopération avec l’UE, a également informé M.. Šefčovič que « des progrès doivent encore être réalisés de toute urgence pour remédier à l’impact direct et souvent disproportionné que certains aspects du protocole ont sur les citoyens d’Irlande du Nord, contrairement à l’objectif visé ».

    Des retards opérationnels !

    Le gouvernement britannique a décrit ses mesures comme une « servitude opérationnelle », plutôt qu’une prolongation formelle de la période de grâce.

    La mesure prise par Londres a été saluée par les partis unionistes d’Irlande du Nord, qui s’opposent depuis longtemps au protocole et font campagne pour son abolition. Toutefois, Simon Hoare, président de la commission des affaires d’Irlande du Nord du Parlement britannique et membre du parti au pouvoir, a tweeté que si l’argument en faveur de la prolongation des délais de grâce était « convaincant », la décision unilatérale du gouvernement était une « approche qui risquait fort d’avoir des conséquences négatives/peu utiles ».

    Le ministre irlandais des affaires étrangères, Simon Coveney, a qualifié cette mesure de « profondément inutile » et de violation du protocole.

    Des tensions à répétition

    Cette dispute est la dernière d’une série de litiges concernant l’impact de Brexit sur l’Irlande du Nord et, plus particulièrement, le traitement des marchandises transportées vers et depuis la Grande-Bretagne.

    L’automne dernier, le gouvernement britannique a menacé de donner à ses ministres le pouvoir de passer outre unilatéralement le protocole dans le cadre de sa propre législation sur le marché intérieur, ce qui a incité la Commission européenne à menacer d’engager des poursuites judiciaires.

    Entre-temps, la décision de courte durée de la Commission européenne d’imposer des contrôles aux frontières sur les livraisons de vaccins COVID-19 a ravivé les demandes des législateurs conservateurs d’abandonner le protocole ou d’obtenir de nouvelles concessions.

    Un article de notre partenaire

    euractiv
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  • Les taux d’intérêt peuvent-ils réellement remonter ?

    Les taux d’intérêt peuvent-ils réellement remonter ?

    Depuis le mois de décembre, les taux d’intérêt des obligations d’État des grands pays avancés sont orientés à la hausse tout en restant à des niveaux historiquement bas. Le 25 février, pour la première fois depuis le 1er juin dernier, le taux de l’OAT (obligations assimilables du Trésor français) à dix ans est repassé en territoire positif.

    Le niveau des taux est conditionné par les politiques monétaires expansionnistes, l’excès mondial d’épargne et l’évolution présumée de l’inflation. Une remontée des taux réels suppose que les deux premières causes disparaissent. Depuis le début du XXIe siècle, les taux d’intérêts baissent. La crise de 2008 et celle de 2020 ont accéléré cette tendance de fond au point que, l’année dernière, les taux d’intérêt à 10 ans sur les emprunts d’État au sein de la zone euro sont devenus négatifs.

    La baisse des taux s’est imposée au sein des pays avancés au nom de la lutte contre la déflation. Dans les faits, cet outil permet de garantir la solvabilité des États amenés à s’endetter, soit pour sauver le secteur financier comme en 2008, soit pour préserver le niveau de vie des citoyens comme en 2020. En vingt ans, la dette publique a été multipliée par deux au sein de l’OCDE pour atteindre près de 130 % du PIB aux États-Unis et 100 % dans la zone euro.

    L’engrenage de l’endettement

    La baisse des taux d’intérêt a également conduit les entreprises à s’endetter. Ce phénomène concerne essentiellement celles de la zone euro. Leurs dettes représentaient 120 % du PIB à la fin de l’année 2020, contre 80 % en 2002. Aux États-Unis, pays qui privilégie le financement par le marché, le taux d’endettement des entreprises y est plus faible, soit 55 % fin 2020 (45 % en 2002). Le recours aux prêts garantis par l’État a accru de manière rapide et forte l’endettement des entreprises. Les faibles taux d’intérêt sont nécessaires afin d’éviter une détérioration des résultats des entreprises au moment où elles sont confrontées à une baisse d’activités. 

    Depuis quelques semaines, les marchés financiers anticipent une faible remontée des taux d’intérêt en grande partie explicable par une légère accélération de l’inflation. Aux États-Unis et en Europe, la mise en place des plans de relance fait craindre des goulots d’étranglement et une forte demande en énergie ainsi qu’en matières premières. Sur ces deux marchés, les prix augmentent déjà rapidement. D’ici la fin du premier trimestre, les experts financiers s’attendent à un taux d’intérêt à 1,4% pour les obligations d’État américaines à 10 ans et à -0,2% pour celles de l’Allemagne (contre respectivement 0,9 et -0,5 % au 31 décembre 2020). Peu nombreux sont les observateurs qui estiment qu’une hausse plus importante des taux puisse se produire dans les prochains mois.

    Maintien de politiques monétaires expansives 

    Le maintien des taux bas est aujourd’hui lié aux politiques monétaires expansives des banques centrales. Le taux de dépôt de la Banque Centrale Européenne (BCE) est de -0,5 % et les taux directeurs de la Banque centrale américaine se situent entre 0 et 0,25 %. Une remontée des taux n’est pas prévue. La Présidente de la BCE ne s’est pas interdit de baisser encore le taux de dépôt. L’écrasement de la courbe des taux est imputable aux rachats par les banques centrales des obligations d’État acquises par les investisseurs institutionnels. 

    Les programmes d’achat devraient se poursuivre sur l’ensemble de l’année 2021. Ils ont abouti à porter la base monétaire de la zone euro à 5 000 milliards d’euros fin 2020 (contre 1000 Mds en 2007) et celle des États-Unis à plus 7 500 milliards de dollars (contre 2000 Mds en 2007).

    Forte épargne mondiale 

    Le fort taux d’épargne mondial ne favorise pas une remontée des taux. La demande de dettes sans risque reste forte, l’aversion aux risques étant élevée. Le taux d’épargne privée à l’échelle mondiale est passé de 25 à 30% de 2002 à 2012 pour atteindre plus de 36% en 2021. Cette hausse tendancielle de l’épargne se nourrit de l’élévation du niveau de vie au sein des pays émergents. Par ailleurs, les ménages augmentent leur épargne de précaution face à la multiplication des risques (santé, emploi, retraite, dépendance). Une population vieillissante était censée s’accompagner d’une baisse de l’épargne ; or, ces trente dernières années, le Japon a prouvé l’inverse. Les retraités nippons maintiennent voire augmentent leur effort d’épargne. En France, ils sont épargnants nets jusqu’à 75 ans. Un niveau élevé de protection sociale n’induit pas une baisse de l’épargne, bien au contraire, comme en témoigne l’exemple français.

    Retour de l’inflation toujours différé 

    Une remontée des taux pourrait intervenir en cas de reprise de l’inflation. Maintes fois annoncé, son retour reste incertain. Plusieurs facteurs ont joué contre l’inflation ces dernières années. La mondialisation a provoqué une forte concurrence en particulier dans le secteur industriel donnant lieu à des baisses de prix. La tertiarisation des économies occidentales a modifié les rapports de force entre employeurs et salariés. La digitalisation a entraîné l’émergence d’un nouveau canal de distribution avec l’e-commerce. Elle facilite le rapprochement de l’offre et de la demande. Elle est donc peu propice à l’augmentation des prix. La digitalisation a un effet de polarisation au niveau de l’emploi. Des emplois de classes moyennes sont remplacés par des emplois haut de gamme mais surtout par des emplois à faible rémunération, ce qui une fois de plus joue contre la hausse des prix. 

    La crise sanitaire accentue ces tendances avec la consécration du e-commerce et le développement du sous-emploi. Néanmoins, plusieurs facteurs pourraient jouer en faveur d’une hausse des prix dans les prochains mois. L’accumulation des plans de relance peut provoquer une surchauffe de l’économie avec des goulets d’étranglement. Des ruptures d’approvisionnement peuvent intervenir comme cela est le cas pour les microprocesseurs en ce début d’année 2021. Les prix des matières premières et de l’énergie sont également orientés à la hausse. La faiblesse des investissements depuis quelques années pourrait favoriser la hausse des cours. 

    Le rôle majeur de la Banque Centrale Européenne 

    Au sein de nombreux pays, les revendications salariales commencent à se multiplier. Par ailleurs, même si cela n’a pas été le cas au Japon, le vieillissement de la population est logiquement inflationniste. Le nombre d’actifs diminue au profit de celui des inactifs grands consommateurs des services à la personne, un secteur logiquement propice à l’inflation. La transition énergétique comme le souhait de relocalisation des activités devraient également conduire à une augmentation des prix au sein des pays occidentaux. 

    Le 25 février dernier, Christine Lagarde, la Présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a signifié qu’elle combattra toute augmentation importante des taux réels qui pourrait compromettre la reprise économique de l’Union européenne. La BCE veillera « à ce qu’il n’y ait pas de durcissement injustifié des conditions de financement. Une augmentation trop brutale des taux d’intérêt réels – ou ajusté de l’inflation – en raison de l’amélioration des perspectives de croissance mondiale pourrait compromettre la reprise économique. C’est pourquoi nous suivons de près l’évolution des marchés financiers ». L’augmentation des taux d’intérêt risque d’être assez rapidement entravée par la politique monétaire de la BCE. 

    Une inflexion de ces politiques monétaires expansionnistes pourrait néanmoins intervenir en cas de poursuite de gonflement des bulles spéculatives concernant les prix des actifs. Pour le moment, la crise sanitaire n’a pas provoqué, de reflux de ces prix. 

    Les indices boursiers ont été multiplié par plus de deux aux États-Unis depuis 2010. Sur la même période, le prix des maisons a doublé aux États-Unis et a augmenté de 80% au sein de la zone euro. La non-résorption des déficits publics serait susceptible de favoriser la hausse des taux. Après avoir atteint plus de 15% du PIB aux États-Unis et plus de 8% au sein de la zone euro en 2002, le retour à l’équilibre sera long. En 2021, ils devraient avoisiner respectivement 10 et 7%.

    La fin de l’orthodoxie budgétaire 

    Les pouvoirs publics semblent ne plus privilégier l’orthodoxie budgétaire. La transition énergétique et les tensions sociales les incitent à accroître les dépenses publiques. Cette propension à la dépense ne peut qu’inquiéter les investisseurs qui exigeront des primes de risque croissantes. Par ailleurs, les épargnants pourraient être tentés de rechercher plus que dans le passé des placements plus rémunérateurs que les obligations. 

    En France, pour la première fois en vingt ans, une crise n’a pas provoqué une fuite des petits actionnaires. Bien au contraire, plus de 400 000 nouveaux actionnaires ont été comptabilisés par l’Autorité des Marchés Financiers. Le nombre de PEA a refranchi la barre des cinq millions en 2020. Ce phénomène est constaté à l’échelle mondiale. Cela pourrait à terme conduire à une hausse des taux, les obligations étant moins prisées que dans le passé.

  • Proportionnelle : « ni oui, ni non » Anne Genetet – LREM

    Proportionnelle : « ni oui, ni non » Anne Genetet – LREM

    Alors que les alliés du parti présidentiel, LREM, sous l’impulsion du Modem, désirent modifier le mode de scrutin pour les législatives de 2022, Emmanuel Macron reste bien silencieux. C’est pourtant une promesse de 2017 !

    Les expatriés se sont révélés divisés sur l’opportunité d’appliquer le scrutin à liste hors de France. Dans la consultation que nous avons publiée dimanche 28 février, ils étaient 45% pour, 45% contre, et 10% indécis.

    Ce n’est pas le « bon moment »

    Anne Genetet, Députée des Français d’Asie et d’Europe orientale, porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée nationale, répond à nos questions sur les deux propositions de loi de son collègue Patrick Mignola.

    Elle explique dans l’interview audio, disponible en fin d’article, la position de son groupe parlementaire. En effet, ses membres ne désirent pas aborder ce sujet en pleine pandémie.

    Une bonne idée mais…

    Cependant, l’idée n’est pas rejetée, elle parait même, pour Mme Genetet, indispensable à une bonne représentation de tous les courants politiques. Elle y met des limites en restreignant ce mode d’élections à certaines circonscriptions.

    …pas pour les expatriés

    Et pour Mme Genetet, appliquer ce scrutin à liste en créant une « super-circonscription » mondiale, comme pour les Sénateurs, serait contre productif. Elle revient, d’ailleurs, dans le podcast sur son attachement à sa circonscription alors que certains de ses collègues…

    Découvrez les détails de l’interview dans le podcast avec Anne Genetet

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  • L’UE va lancer un Green Pass

    L’UE va lancer un Green Pass

    Un projet de passeport sanitaire au niveau européen a été dévoilé par la Commission européenne : le Green Pass. Il sera présenté en détail le 17 mars à Bruxelles.

    Sauver la saison touristique ?

    Ce qui semblait encore prématuré en janvier dernier, lorsque le Premier ministre grec en avait soumis l’idée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, est aujourd’hui passé au premier plan de l’actualité.

    « Nous présenterons ce mois-ci une proposition législative pour un « green pass » numérique. Son objectif est de fournir la preuve qu’une personne a été vaccinée ou des résultats de tests pour ceux qui n’ont pas encore pu se faire vacciner, de savoir si la personne a surmonté la Covid-19 et est immunisée, le tout en respectant la protection des données, la sécurité et la vie privée. »

    Le 1er mars, Ursula von der Leyen en a officialisé son élaboration dans un tweet

    Obligatoire pour voyager en Europe ?

    Ardemment poussé par les pays comme la Grèce ou l’Espagne pour aborder la saison touristique sous de meilleurs auspices que l’an dernier, la portée du « Green Pass » laisse encore des points en suspens, notamment pour des raisons juridiques et éthiques.

    Dans ce cadre, l’Allemagne et la France sont en effet rétifs à en faire une condition sine qua non pour voyager. « Alors que nos populations n’ont pas encore toutes eu accès au vaccin qui est administré sur une base, je le rappelle, volontaire, et pour le moment avec des critères d’âge, un tel document ne saurait ouvrir des droits spécifiques aux personnes vaccinées, a précisé Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse le 25 février. Ils permettront simplement, une fois les campagnes vaccinales faites dans l’Union européenne, de réorganiser la circulation entre Etats membres de manière plus fluide. Si l’usage précis de cet outil reste à définir, il devrait faciliter les franchissements de frontières. Et pourrait aider à sauver la saison touristique estivale. » Ce qui constitue déjà une avancée au regard des restrictions mises en place de façon souvent disparate et unilatérale connues ces derniers mois.

    Des normes communes à établir ?

    Reste maintenant à mettre en pratique cette certification médicale commune et, surtout, à faire en sorte que les systèmes de santé et de contrôle aux frontières parlent un même langage.

    « Nous proposons, du côté de la Commission, de coordonner les normes et de créer une passerelle qui relie entre elles les différentes solutions nationales afin que ces informations soient interopérables. Cela prend du temps, au moins trois mois environ. (…) Les États membres devront accélérer la mise en œuvre si nous voulons qu’un tel « certificat vert » soit en place d’ici cet été« / « la bonne nouvelle, c’est que nous ne partons pas de zéro. »

    Ursula von der Leyen

    Fin janvier, les États membres de l’Union se sont en effet accordés sur un ensemble de données minimum nécessaire pour chaque certificat, mais aussi sur un contenu uniforme sur le type de vaccin utilisé ou encore sur un identifiant unique, « comme un code IBAN« , a souligné Ursula von der Leyen. Une uniformisation qui semble clé car, en parallèle de ce travail au niveau européen européen, les pays européens planchent chacun de leur côté sur leur propre solution de « passeport vert », un peu sur le modèle de ce qui se fait déjà en Israël.

    Voyager hors d’Europe ou à destination de l’Europe ?

    Si la Commission européenne veut proposer le passeport à tous dès les vacances de cet été, l’Organisation mondiale de la santé se veut plus prudente. En effet, selon nos confrères de Forbes, l’OMS a déclaré qu’aucune étude pouvait pour l’heure, montrer qu’il y a un avantage à être vacciné.

    Il n’est pas encore déterminé si les personnes vaccinées peuvent ou non propager le virus ni si les vaccins sont efficaces contre les différents variants en circulation. Même son de cloche pour le World Travel and tourism Council (WTTC) qui représente dans le monde, le secteur des voyages et du tourisme.

    Le WTTC indique qu’il était totalement opposé à l’idée de relancer les voyages internationaux sur la base de passeports vaccinaux : 

    « Il faudra beaucoup de temps pour vacciner la population mondiale, notamment dans les pays les plus pauvres. Nous ne devons pas discriminer ceux qui souhaitent voyager mais qui n’ont pas été vaccinés”, explique notamment. »

    la présidente-directrice générale de WTTC, Gloria Guevara
  • Dissolution de « Génération identitaire »

    Dissolution de « Génération identitaire »

    La dissolution de l’association Génération identitaire a été actée mercredi en Conseil des ministres.

    Dans un document de sept pages envoyé à l’association d’ultra-droite, Gérald Darmanin justifie cette décision par la radicalisation de ses membres, qui assurent que « ces combats-là ne vont pas disparaître ».

    Des membres condamnés par la Justice

    Point par point, le ministère de l’Intérieur détaille les preuves récentes, à commencer par la dernière action anti-migrants menée dans les Pyrénées. Au début de l’année, une trentaine de militants, assimilables à une milice privée, selon la place Beauvau, a traqué des sans-papiers près de la frontière espagnole. Une enquête pour incitation à la haine raciale a d’ailleurs été ouverte.

    L’association avait déjà eu recours à ce type d’action mais, à l’époque, sans conséquence. Cette fois, les juristes du ministère de l’Intérieur s’appuient également sur la vingtaine de membres déjà condamnée en première instance et pointent l’influence néfaste de l’association que l’on retrouve jusque dans un dossier antiterroriste.

    Appel devant le Conseil d’Etat

    Pour autant, Jérémie Piano, un porte-parole de l’association, l’assure : cette décision ne fera pas taire les 4.000 adhérents revendiqués, « qui militent depuis des années contre l’insécurité, l’islamisation, le racisme anti-blanc. » Pour lui, « ces combats-là ne vont pas disparaître et ces militants ne vont pas disparaître non plus, même s’il y a dissolution. Ils trouveront des associations, des partis, des choses comme ça. » L’avocat de l’association l’a déjà fait savoir : Génération identitaire va contester sa dissolution devant le Conseil d’État.

  • Trois Européens sur quatre veulent une Union plus souveraine

    Trois Européens sur quatre veulent une Union plus souveraine

    La Fondation Jean Jaurès et la Fondation Friedrich Ebert, en partenariat avec l’institut de sondage Ipsos, publient aujourd’hui une étude sur la souveraineté européenne. Si elle révèle que la demande des européens pour plus de souveraineté est bel et bien forte, elle met également en lumière les disparités entre les pays de l’Union Européenne (UE).

    La souveraineté européenne n’est pas morte, bien au contraire. 73% des sondés parmi la population de huit pays européens — France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne, Roumanie, Suède et Lettonie — souhaiteraient renforcer la souveraineté de l’UE, d’après une nouvelle étude.

    Seules la France, la Suède et l’Italie plombent ce bon résultat avec seulement 66%, 64% et 60% d’avis favorables à cette idée respectivement.

    Cette ombre au tableau est loin d’être anecdotique puisqu’elle révèle les différentes conceptions de la souveraineté de chaque pays, en fonction du contexte politique et historique. Sans compter que ces trois pays sont ceux dont l’adhésion à l’UE est la moins grande, d’après les données de l’étude.

    Le concept de souveraineté 

    « C’est un mot de plus en plus utilisé par l’ensemble des forces politiques », explique Gilles Finchelstein, direction de la Fondation Jean Jaurès, à EURACTIV en soulignant que le concept de souveraineté européenne est revenu en force sur le devant de la scène alors que l’Union a pu se montrer particulièrement fébrile pour la production et la gestion de masques chirurgicaux et de vaccins à l’intérieur de ses frontières.

    « On est plutôt dans un moment où la souveraineté est de retour », note-t-il. Il précise néanmoins qu’« il faut distinguer le mot de souveraineté et la souveraineté européenne ».

    La preuve en est ; lorsque les sondeurs ont demandé aux personnes interrogées « les mots, les idées, les images auxquels [ils] pensez spontanément » quand ils entendent le mot de souveraineté, ce qui a été le plus cité par les Français sont les mots « roi« , « pouvoir » et « reine » — là où le podium des expressions utilisées par les Allemands comprend « Unabhängigkeit » (indépendance), « unabhängig » (indépendant), « Staat » (Etat).

    Le degré de modernité du terme « souveraineté » est également apprécié différemment. Les plus nombreux à considérer le terme « dépassé » sont les Français (49%), les Italiens (53%) et les Espagnols (38%).

    En dépit de ces nuances, la majorité des sondés (58%) pense qu’il « est possible d’employer [le mot ‘souveraineté’ et ‘Europe’] ensemble, car la souveraineté européenne et la souveraineté nationale sont complémentaires ».

    « Une réponse aux défis globaux »

    Si l’adhésion autour du renforcement d’une souveraineté européene continue néanmoins de faire son chemin, c’est que cette perspective « est conçue d’abord comme une réponse aux défis globaux », explique Gilles Finchelstein.

    La menace terroriste, le défi du changement climatique et la menace sanitaire sont les raisons les plus citées par les Européens sondés pour justifier le renforcement de cette souveraineté — sûrement car ces questions majeures nécessitent par définition une collaboration et une unité qui dépasse le cadre strictement national.

    L’étude révèle également qu’à ce jour, seulement 51% des Européens considèrent que l’Europe est souveraine. Là encore, la France et l’Italie en sont moins persuadées, avec 36% et 46% des sondés d’accord avec cette affirmation.

    Pour que l’Europe soit davantage souveraine, les interrogés ont répondu que les priorités devaient être une « économie prospère », « une politique de sécurité et de défense commune » et « garantir la production européenne dans des domaines stratégiques telles que l’alimentation ou la santé ».

    Enfin, le sondage identifie plusieurs freins au renforcement de cette souveraineté, avec, en tête, « le fait que certains pays européens soient dirigés par des dirigeants nationalistes » (23%) et « la pression d’un certain nombre de pays étrangers qui n’ont pas intérêt à voir émerger une Europe forte » (22%).

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