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  • Christian Jacob, le Président « Les Républicains » répond à Macron. Interview exclusive

    Christian Jacob, le Président « Les Républicains » répond à Macron. Interview exclusive

    Christian Jacob est le Président du parti « Les Républicains », qui a longtemps été un des principaux partis implanté et organisé chez les Français de l’étranger. A 6 semaines des élections consulaires, il répond à nos questions.

    Lesfrancais.press : Vous avez envoyé un courrier et un message vidéo aux Français inscrits sur les listes électorales consulaires et vous êtes, à ce jour, le seul à l’avoir fait. Comptez-vous vous impliquer dans la campagne des élections consulaires ?

    Je vous remercie de rappeler l’attachement et l’engagement de la famille politique que je préside, Les Républicains, pour les Français de l’étranger. C’est par la volonté de Nicolas Sarkozy, qui a changé la Constitution en 2008, que désormais les Français de l’étranger disposent, en plus des douze sénateurs, de onze députés à l’Assemblée nationale pour les représenter. Si j’ai voulu m’adresser directement à nos compatriotes qui vivent à l’étranger, c’est pour rappeler que pour nous, ils contribuent à la grandeur de la France dans le monde. Enfin, en tant que Président de parti, il m’apparaît évident de m’investir dans toutes les élections, donc bien évidemment dans ce temps fort de la vie démocratique des Français établis hors de France que sont les élections des Conseillers des Français de l’étranger et des délégués consulaires.

    Nicolas Sarkozy et Christian Jacob
    Lesfrancais.press : A votre suite, le Président de la République a lui aussi écrit à tous les Français de l’étranger. Il fixe trois priorités : L’amélioration de services administratifs, l’éducation, la démocratie. Que lui répondez-vous ?

    Mais il est au pouvoir depuis 2017 ! Il avait donc 4 ans pour agir. Certes depuis 2020 la pandémie de Coronavirus a eu un impact, néanmoins trois années s’étaient écoulées depuis son élection pendant lesquelles il aurait dû mener une politique ambitieuse pour les Français de l’étranger. Or son bilan 2017-2020 est une succession d’erreurs et de tâtonnements.

    Sur le fond, son bilan est indéfendable. Concernant les services administratifs, Macron et les députés LaREM ont supprimé 331 postes en 3 ans au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, dans les ambassades et consulats, pourtant déjà rationalisés. Ce qui nuit au quotidien de nos compatriotes.

    Concernant l’éducation, il a supprimé 512 postes dans l’enseignement français à l’étranger.

    Enfin, concernant la démocratie, que dire d’un Président qui utilise, en pleine période électorale, les moyens de l’Etat pour faire sa propagande ? Cela ne s’était jamais vu avant.

    Cela pose question.

    Le Président de la République devrait être au dessus des partis et le garant d’un principe essentiel en démocratie, à savoir l’égalité de traitement entre tous les candidats.

    Lesfrancais.press : Après la vague macroniste et la baisse des adhérents au sein des sections à l’étranger, vous n’avez pas présenté de listes dans toutes les circonscriptions, et vous avez moins de candidats. Cependant différentes consultations réalisées, avec le concours de l’Union des Français du Monde, dans cinq circonscriptions, indiquent que près d’1 électeur sur 4 voterait pour votre parti le 30 mai 2021. Quelles sont les ambitions des LR pour ces élections?

    Les listes soutenues par Les Républicains sont les plus nombreuses au monde. Nous sommes présents dans bien plus de 110 des 130 circonscriptions électorales alors qu’aucun autre parti n’atteint la barre des 100, et de loin.

    Site de la fédération des Français de l’étranger du parti Les Républicains
    Lesfrancais.press : Dans ce message par vidéo, vous avez appelé les Français de l’étranger à voter lors de ces élections.  La mobilisation est la clé de ce scrutin. Quelles sont les propositions concrètes et communes que vos listes portent dans le monde ?

    Nous voulons revaloriser la présence de la France dans le monde par une véritable politique de diplomatie culturelle et d’influence. Cela suppose de renforcer les moyens de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et de fortifier à nouveau le réseau consulaire.

    Nous voulons aussi soutenir les entrepreneurs français à l’étranger, grands oubliés de tous les plans de sauvetage. La promotion des produits français dans le monde doit énormément à nos compatriotes établis à l’étranger. Personne ne le dit. Il est temps que le ministre du Commerce Extérieur reconnaisse à leur juste valeur ces entrepreneurs français établis à l’étranger et qu’il puisse enfin valoriser, chiffres en main, leur contribution à l’emploi et à l’économie dans l’hexagone.

    Par ailleurs, nous voulons instaurer la « résidence unique » car pour un Français qui vit dans un pays à haut risque, bénéficier d’un pied-à-terre en France est une sécurité, pas une résidence secondaire.

    Enfin, nous voulons instaurer un Fonds d’urgence pour les Français de l’étranger victimes de catastrophes naturelles, d’événements politiques majeurs ou de crise sanitaire grave, comme l’a fait adopter Ronan Le Gleut au Sénat.

    Lesfrancais.press : En matière de fiscalité, l’idée d’un impôt lié à la nationalité reparait régulièrement. Quelle est la position de LR ?

    Jamais ! Pour nous l’impôt est attaché à la territorialité et non à la nationalité. Les Français de l’étranger payent déjà des impôts dans leur pays de résidence.

    Lesfrancais.press : Quelle est la position de LR sur la CSG, payé par les Français établis hors de France et hors de l’Union européenne ?

    Cette discrimination entre Français de l’étranger est une hérésie à imputer au bilan d’Emmanuel Macron, qui en la matière est l’héritier de François Hollande. Déjà ils ont tenté d’augmenter les impôts des Français de l’étranger de 20% à 400%. Une députée En Marche des Français de l’étranger était à l’origine de ce scandale, même si, contrainte, elle a fait marche arrière par la suite. Heureusement que nous étions là pour défendre les Français de l’étranger et faire reculer le Gouvernement.

    Lesfrancais.press : Dans cette même vidéo, vous vous attachez particulièrement à la problématique de l’éducation. Emmanuel Macron a supprimé la gratuité pour les lycéens français, mais fixé l’objectif de doubler le nombre de lycéens dans les lycées français. Comptez-vous rétablir la mesure de Nicolas Sarkozy en 2022 si vous êtes les gagnants des élections? Que pensez-vous de l’annonce d’Emmanuel Macron ?

    Emmanuel Macron a accéléré le désengagement de l’Etat pour l’enseignement français à l’étranger, enclenché par François Hollande avec la suppression de la gratuité de l’enseignement français à l’étranger pour les classes de lycée. En effet, Emmanuel Macron a fait voter la suppression de 33 millions d’euros de crédits alloués à l’enseignement français à l’étranger en 2017 et a supprimé 512 postes, ce qui a entraîné des hausses de frais de scolarité, déjà très élevés. Là encore avec le soutien des députés En Marche, même ceux qui représentent les Français de l’étranger. On reste encore médusé par cette aberration.

    Nous voulons rétablir la garantie de l’Etat à hauteur de 100% pour les projets immobiliers dans nos écoles, collèges et lycées français à l’étranger, permettre aux associations FLAM qui créent une nouvelle école du samedi dans une nouvelle ville de bénéficier de la subvention de lancement.

    Pour nous, l’enseignement français à l’étranger est une priorité car il contribue au rayonnement de la France dans le monde.

    Regardez le message vidéo aux Français de l’étranger de Christian Jacob

    https://www.youtube.com/watch?v=2-sZuSzAn5k
    Lesfrancais.press : Les frontières et la vaccination sont, actuellement, au cœur de la problématique des expatriés. Etes-vous favorable à l’idée d’un « pass sanitaire » évoqué au niveau européen ? Comment jugez-vous l’action du gouvernement envers les Français établis hors de France pendant cette pandémie ? 

    Quand nous étions au pouvoir, nous avons envoyé 500.000 doses de vaccins contre le H1N1 dans nos consulats, afin de protéger les Français qui vivent à l’étranger. La comparaison avec le pouvoir actuel est sans appel.

    Pour le reste, ils ont fait ce que n’importe quel gouvernement aurait fait à leur place.

    Lesfrancais.press : Des élections consulaires découlent les élections sénatoriales de cet autonome. Comment votre parti se prépare-t-il pour ces élections ? Combien de sièges espérez-vous, avec une ou plusieurs listes, puisque plusieurs sénateurs (6) issus de différentes listes ont rejoint le groupe LR au Sénat ?

    Une haie après l’autre, donc une élection après l’autre. Notre priorité actuelle sont les élections des 29/30 mai des élus locaux des Français établis hors de France, que sont les Conseillers des Français de l’étranger et les délégués consulaires. L’attachement aux élections locales est une force chez Les Républicains. Nous aurons sûrement l’occasion de reparler des sénatoriales d’ici le 26 septembre.

  • Chemins d’expats reçoit Catya Martin, élue Les Républicains pour Hong-Kong et Macao

    Chemins d’expats reçoit Catya Martin, élue Les Républicains pour Hong-Kong et Macao

    C’est en Asie, à Hong-Kong, que vous emmène « Chemins d’expats » à la rencontre de Catya Martin, Conseillère des Français de l’étranger et membre de l’Assemblée des Français de l’Etranger

    Equilibre ente expatriation et vie professionnelle 

    Catya Martin a connu d’autres pays avant de venir s’installer à Hong-Kong. Elle nous parle de son parcours d’expatriée, tout en évoquant la ville de son enfance en France. Journaliste de formation, elle a collaboré pour plusieurs organes de presse avant de créer son propre magazine, Trait d’Union et son pendant en podcast, la French Radio Hong-Kong.

    Expatriée et engagée

    Catya Martin s’exprimant devant
    Gérard Larcher

    Travaillant avec l’ensemble des citoyens au niveau local, Catya Martin est engagée à droite, aujourd’hui au sein du parti « Les Républicains ». Soutenant Alain Juppé à la primaire de la droite en 2016 au côté d’Edouard Philippe, elle nous confie son ressenti au moment de la nomination de ce dernier au poste de Premier Ministre d’Emmanuel Macron et effleure avec nous les prochaines élections sénatoriales. 

    Hong Kong et la Chine, un (im)possible équilibre politique ?  

    Hong-Kong est placé sous un régime particulier dit du « 1 pays et 2 systèmes » avec la Chine. Catya Martin répond à nos questions sur l’évolution politique du pays, les conséquences sur la vie de nos compatriotes et l’accueil des expatriés par la population locale.

    Une rencontre pour la vie, et au-delà 

    Catya Martin avec Serge Dassault

    La « rencontre virtuelle » permet à Catya Martin de retrouver une personne marquante de sa vie. Même si cet homme nous a quitté en 2018, Catya continue à le questionner sur les décisions importantes concernant son chemin (d’expat). 

  • Un chien rejoint ses maitres expatriés mais bloqués en France

    Un chien rejoint ses maitres expatriés mais bloqués en France

    Aline et Arthur, deux enfants de Flers (Orne) et expatriés aux Etats-Unis en 2016, étaient rentrés en France en 2020 pour renouveler leurs visas. Aux USA, ils avaient adopté une petite chienne..

    Fermeture des frontières

    Aline Martin et son mari, Arthur Havas, habitent en Floride (Etats-Unis) et sont originaires de Flers (Orne). Revenus en France en septembre pour renouveler leur visa, ils ne peuvent plus rentrer chez eux aux Etats-Unis du fait de la fermeture des frontières, comme bon nombre de nos compatriotes. Leur chien, Marmite, était resté sur place.

    « Nous avions prévu d’y rester 2 semaines. Nous n’avons pas emmené Marmite à cette occasion car nous ne voulions pas lui infliger un si long voyage en avion. Malheureusement ce séjour a été prolongé en raison de la pandémie et il a alors été impossible de rentrer chez nous pour le rejoindre. »

    Aline Martin, Maîtresse de Marmite à la presse locale

    Une cagnotte pour Marmite

    Marmite n’avait que 3 mois quand elle fût adopté en 2017. Il s’agit d’un croisé mi-beagle, mi-husky qui accompagna le couple tout au long de leur aventure américaine. Evidemment, ils ne pouvaient se résoudre à l’abandonner sur place.

    ©actu.fr

    Mais pour permettre à Marmite de découvrir la France, il fallait mettre en place un rapatriement via une société spécialisée pour un total de 4000 $ !

    Aline et Arthur se sont tournés vers les amoureux des animaux ! Et ils sont nombreux à avoir répondu à l’appel. En quelques semaines, la somme fut réunie, après le voyage et les mesures sanitaires, la croisée beagle-husky a enfin pu retrouver ses maitres ce 13 avril en France.

    Une belle histoire d’amour maitres/chien et de solidarité !

  • Certificat vert numérique : le Conseil de l’UE est prêt à négocier

    Certificat vert numérique : le Conseil de l’UE est prêt à négocier

    Les 27 ambassadeurs auprès de l’UE ont donné leur feu vert mercredi (14 avril) à la position du Conseil dans les prochaines négociations avec le Parlement européen au sujet du certificat vert numérique, un instrument imaginé par la Commission européenne pour assouplir les restrictions de voyage cet été malgré la pandémie.

    Libre circulation ?

    Ce certificat facilitera la libre circulation en toute sécurité pendant la pandémie de Covid-19 en apportant la preuve qu’une personne a été vaccinée contre la Covid-19, s’est remise de cette maladie ou présente un résultat de test négatif.

    Le délai pour l’approbation de la réglementation afférente, qui nécessite l’accord du Parlement et du Conseil, est particulièrement serré, compte tenu de l’objectif fixé : le mécanisme devrait être opérationnel avant l’été.

    Le Conseil a voté pour l’introduction de nouveaux aspects sur l’utilisation des données personnelles collectées, ajoutant dans son mandat de négociation que les données pourraient être traitées à d’autres fins.

    Lors d’une audition avec le commissaire à la justice Didier Reynders mardi (13 avril), plusieurs députés européens ont soulevé des inquiétudes sur ce point.

    « Notre proposition ne crée pas de base légale pour d’autres utilisations dans les États membres que celle liée à la libre circulation. Ce point y est clairement inscrit », a déclaré M. Reynders, avançant que le cadre juridique pour traiter de telles données devait émaner du droit national.

    Autre pomme de discorde entre la Commission et le Conseil : la durée dudit instrument. L’exécutif européen envisage d’en suspendre le recours dès que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) aura déclaré la fin de la pandémie.

    « Nous préférons privilégier cette approche plutôt que d’adopter une date butoir précise, qui serait elle-même arbitraire, étant donné qu’en l’état actuel des choses nous ne savons pas jusqu’à quand la pandémie durera. »

    Le commissaire à la justice Didier Reynders (Belge)

    Cependant, plusieurs nations européennes ont proposé une période de 12 mois à partir de l’entrée en vigueur du certificat.

    Pas un passeport

    Dans le but de renforcer le concept de certificat vaccinal face à celui de passeport, le Conseil a accepté d’inclure la phrase « Ce certificat n’est pas un document de voyage » à la fin de chaque document.

    Les ambassadeurs auprès de l’UE ont également proposé de modifier la réglementation en ajoutant une référence au fait qu’un certificat vert numérique n’est pas une condition préalable à l’exercice des droits de libre circulation et qu’il ne s’agit pas d’un document de voyage, afin de souligner le principe de non-discrimination, en particulier à l’égard des personnes non vaccinées.

    Par ailleurs, ils ont mis en avant l’élaboration d’un nouvel article sur la dimension internationale du certificat vert numérique, qui clarifie le traitement à réserver aux certificats délivrés aux citoyens de l’Union et aux membres de leur famille, ainsi qu’aux ressortissants de pays tiers dont le séjour/la résidence est légale, qui sont vaccinés dans des pays tiers.

    Parmi les modifications apportées figure aussi une nouvelle disposition transitoire visant à garantir aux États membres la possibilité de continuer à utiliser les systèmes actuellement en place pendant une courte période de six semaines après l’entrée en vigueur du règlement principal et jusqu’à ce que le cadre du certificat vert numérique soit pleinement opérationnel sur leur territoire.

    Contactée par EURACTIV, une source du Parlement a confirmé que le vote définitif en plénière aurait lieu à la fin du mois (26-29 avril).

    Les députés européens ont décidé d’invoquer l’article 163 de l’ordre des travaux du Parlement dans le but d’accélérer le contrôle parlementaire de la proposition de la Commission au vu des délais.

    Étant donné qu’il n’y aura aucun rapport sur la question de la part de la commission parlementaire compétente, le négociateur pour le compte du Parlement sera le président de la commission des libertés civiles (LIBE), Juan Fernando Lopez Aguilar.

  • Les morts de la Covid ne sont pas comptés de la même manière.

    Les morts de la Covid ne sont pas comptés de la même manière.

    Cette semaine, la France rejoint la triste cohorte des pays dans lesquels on recense plus de 100.000 décès : Etats-Unis (563.000), Brésil (360.000), Mexique (210.000), Inde (172.000), Royaume-Uni (127.000), Italie (115.000) et Russie (101.000). Au total, la pandémie aurait provoqué 3 millions de morts.

    Pourtant, ces chiffres doivent être regardés avec prudence. Ils ne disent pas tout, et laissent parfois interrogatifs.

    En France, les mesures varient selon les méthodes de comptage. Ainsi pour les chercheurs de l’Inserm, les 100.000 morts sont atteints depuis plusieurs semaines. Non que certains veuillent masquer des morts, mais parce que Santé Publique France, l’organisme du Ministère de la Santé, n’a pas les mêmes méthodes de comptage ou de définition que l’Inserm. 

    La question se pose dans tous les pays. Et la seule réponse est statistique, a posteriori : on ne peut mesurer l’effet mortel du Covid[1] qu’en fonction de la surmortalité constatée après coup. Ainsi en France, selon l’INED, à partir des chiffres de l’INSEE, le nombre de décès enregistrés a augmenté de 55 000 entre 2019 et 2020, moins que les 68 000 décès imputés au Covid en 2020. Cela vient du recul d’autres causes de décès comme la grippe ou les accidents de la circulation, du fait, surtout, que bien des personnes mortes du Covid-19 seraient de toute façon décédées en 2020, même en l’absence d’épidémie.

    Le double des grippes les plus sévères 

    La mortalité due au Covid dépasse le double des années de très forte mortalité de grippe : 20 000 décès supplémentaires dans les hivers 2016-2017 et 2017-2018, 12 000 dans l’hiver 2018-2019, dus à des épidémies particulièrement meurtrières[2]. Le Covid tue donc deux à trois fois plus. Si le Covid n’est pas la grippe espagnole, ce n’est donc pas « une grippette ».

    Quand on compare les chiffres avec d’autres pays, le critère le plus important est évidemment celui de la taille du pays. Ce qui importe, c’est le nombre de décès par rapport au nombre d’habitants. Alors la force de l’épidémie varie considérablement. Les pays les plus touchés sont ceux d’Europe orientale : Tchéquie (2600 décès par million), Hongrie (2400), Bosnie (2250), Bulgarie (2100), Slovaquie (1970), qui avaient été épargnés par la première vague. Belgique (2063), Royaume-Uni (1916),  Italie (1904), sont ensuite les plus meurtris, devant le Portugal (1646), l’Espagne (1640), et la France (1485). 

    En dehors de l’Europe, le Pérou (1735), les Etats-Unis (1722), le Brésil (1711) et le Mexique (1666) sont ceux où le nombre de décès par habitants sont les plus élevés.

    Une fois établie cette hiérarchie macabre, il faut aussitôt la relativiser. D’une part, parce que la pandémie n’est pas terminée : le virus circule, le virus varie. Tel pays qui se croyait épargné, peut subir une terrible vague, raison pour laquelle la course au vaccin est essentielle.

    Incohérence en Russie, anomalie en Chine

    D’autre part parce que tout le monde ne compte pas de la même façon. En Belgique et en Italie, on catalogue facilement les décès en victimes du covid. Ailleurs, on le fait peu, très peu, voire pas du tout. 

    Ainsi on se demande bien pourquoi la Chine aurait monté des hôpitaux en catastrophe et isolé une région de 50 millions d’habitants pour si peu de décès : 4844 officiellement.

    En Russie, le nombre de décès dus au covid en 2020 est officiellement de 89.000 morts. Pourtant,  selon Rosstat, l’agence officielle des statistiques russe, le pays a connu un excès de mortalité de 394 000 personnes en 2020 par rapport à 2019, ce qui en ferait un des pays les plus meurtris au monde.

    L’épidémie n’a pas fini de déstabiliser les vies

    On ne pourra faire le bilan réel de cette pandémie que lorsqu’elle sera terminée, que les chiffres de mortalité annuelle seront connus. En attendant, difficile d’établir des comparaisons vraiment fiables, et donc de juger la stratégie des différents pays : La Suède (1341) et les Pays-Bas (987), moins confinés, voire pas du tout, ont de « meilleurs » résultats, jusqu’à présent, que la France (1485). 

    La Russie (705) semble plus épargnée que l’Allemagne (954), mais les comptages officiels russes sont incohérents. Il semble qu’en Europe sont attribués au Covid des décès qui ne lui sont pas dus, et qu’ailleurs, ce serait l’inverse.

    Mais ces chiffres ne sont pas sans conséquence, car ils influencent les prises de décisions des autorités gouvernementales. Ainsi le phénomène démographique le plus marquant de cette crise, en Europe tout au moins, n’est peut-être pas le nombre de morts dus à l’épidémie, mais la chute de la natalité : en France, 17 000 naissances en moins par rapport à 2019, une tendance entre – 7 et – 13%, ce qui reste à confirmer et à étudier, puisqu’il faut attendre un décalage de neuf mois… L’épidémie n’a pas fini de déstabiliser les vies.


    [1] L’Académie recommande de dire la Covid. La logique est d’appliquer le genre de ce que désigne l’acronyme : CO pour corona, VI pour virus, D, pour desease, en anglais. Mais desaese n’est ni masculin ni féminin. Traduit en français, il s’agit de la maladie, d’où le choix du féminin pour l’académie. Choix discutable parce que le desease anglais vient du vieux désaise français, formé du préfixe des et du substantif aise, comme dans malaise. Le désaise est un masculin, n’en déplaise à l’Académie. Ce qu’ont spontanément deviné les non académiciens, les gens qui parlent le français tel qu’on l’entend dans la rue, et qui autorisent à dire le Covid, puisque c’est  l’usage qui fait la règle et non l’inverse. On peut donc de dire le covid, ou la covid si l’on veut  parler comme l’Académie (cf. Frédéric Albert Lévy, in Service littéraire).

    [2] Sources INED, Population et sociétés, mars 2021.

  • Ronan Le Gleut : « Un bilan bien trop beau pour être vrai »

    Ronan Le Gleut : « Un bilan bien trop beau pour être vrai »

    Les Républicains étaient restés silencieux jusqu’à présent. Alors que l’opposition au Président de la République se déchaînait sur les réseaux sociaux à la suite du courrier envoyé à tous les inscrits au Registre consulaire mondial par Emmanuel Macron.

    Le sénateur Ronan Le Gleut, inscrit au groupe « Les Républicains » au Sénat, a publié ce mercredi 14 avril une vidéo-réponse complète à la lettre présidentielle.

    Un hasard de calendrier ?

    Emmanuel Macron a donc écrit aux Français de l’étranger ce 7 avril, à quelques semaines des élections consulaires (30 mai 2021). Comme le Sénateur Le Gleut, les observateurs s’interrogent sur la pertinence d’un envoi qui peut sembler partisan alors que le devoir d’un Président de la République est de rester neutre lors des élections locales comme le prévoit notre constitution.

    Les motifs impérieux

    Égrenant les écueils rencontrés par la majorité présidentielle, l’élu LR s’attarde longuement sur l’interdiction de rentrer en France sans motifs impérieux qui a frappé les expatriés pendant quelques mois… Jusqu’à ce que le Conseil d’Etat désavoue le gouvernement.

    Une fiscalité qui n’évolue pas

    Ronan Le Gleut ne manque de revenir sur l’ »aventure » de la réforme fiscale portée par Anne Genetet en 2019 et qui aboutira sur son retrait pur et simple en 2020. La majorité présidentielle avait voté des augmentations d’impôts pouvant aller jusqu’à 400%. Sans oublier le dossier épineux de la CSG/CRDS qui n’a pas évolué, pérennisant une différence de traitement fiscal entre les Français expatriés en UE ou hors de l’UE.

    Rendre la carte Vitale

    La réforme entrée en vigueur en 2019 a obligé des Français à restituer leur carte Vitale. En effet, il faut, désormais, avoir cotisé plus de 15 ans en France, pour conserver ses droits sociaux. De nombreuses exceptions et dérogations existent, mais certains expatriés ont été confrontés à cette situation.

    Education, budget de l’administration consulaire, etc.

    En 6 minutes, le sénateur Ronan Le Gleut fait un bilan sans concession de l’action gouvernementale. Il décortique le budget national dédié aux Français de l’étranger et les nombreuses conséquences négatives qui découlent de sa mauvaise gestion. Il déplore aussi le rejet par l’Assemblée nationale du projet de fonds d’urgence pour les Français établis hors de France.

    La campagne des Consulaires, qui devra ou non marquer l’arrivée triomphale de LREM dans les conseils, s’annonce rude. Résultat le 30 mai ! (vous pouvez vous inscrire auprès de votre consulat via son site internet sur la liste électorale consulaire jusqu’au 23 avril 2021)

    Regardez le message de Ronan Le Gleut

  • Chemins d’expats : A la rencontre des candidats de la France Insoumise

    Chemins d’expats : A la rencontre des candidats de la France Insoumise

    Après le podcast de Mathieu Hutin avec Florence Poznanski, responsable des Français établis hors de France pour La France insoumise, on vous propose un format particulier pour ce « Chemins d’expats », puisque c’est un duo, et non pas un seul invité, que reçoit notre correspondant Jérémy Michel. 

    Des chemins d’expats guidés par l’amour

    Elise Jourdain et Clément Evans sont tous les deux militants de La France Insoumise (LFI). Elise habite à Zurich et nous explique par quels chemins elle est arrivée en Suisse et ce qu’elle y fait actuellement. Clément est parti vivre au Pérou sur un coup de cœur. Il nous partage la raison qui l’a emmené jusqu’à Lima et l’activité qu’il y développe. 

    Faire vivre la vie locale

    En proposant un synonyme de la « VIe République » souhaitée par LFI ou bien encore en définissant (en plus d’un mot) leur vision de la finance, Elise et Clément évoquent les raisons de leur engagement en politique en tant que Français de l’étranger. Ils s’expriment également sur le rôle du Conseiller des Français de l’étranger et nous diront même si Jean-Luc Mélenchon les a ou non déjà déçus. 

    La richesse, un atout ?

    Tout en expliquant ce qui peut les gêner dans le terme « expatrié », vous découvrez également ce qu’ils retiennent de leurs vies respectives en Suisse et au Pérou. Elise et Clément parlent aussi positivement des richesses… surprenant propos de la part de militants de LFI ? Nous vous invitons à les écouter et les regarder pour savoir pourquoi la richesse peut être aussi, pour eux, un atout…

    Regardez le « Chemins d’expats »

  • France : des robots en première ligne dans un exercice militaire

    France : des robots en première ligne dans un exercice militaire

    Des robots ont participé à un exercice militaire, à l’école des officiers de l’armée. Objectif : évaluer l’apport des robots en situation de combats.

  • Le long cheminement du plan de relance européen

    Le long cheminement du plan de relance européen

    Les différents États européens ne sont pas égaux face à l’épidémie. L’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, Maltes, Chypres et la France sont les plus touchés sur le plan économique du fait de leur dépendance au tourisme. Pour assurer la cohésion de l’Union européenne, un plan de 750 milliards d’euros (5,6% du PIB de l’Union) dénommé « prochaine génération » a été adopté au mois de juillet 2020.

    Une première dette fédérale européenne de 672 milliards 

    Il prévoit l’attribution d’aides qui ne serait pas fonction du poids respectif de chacun des États membres mais de leurs difficultés. Pour financer ce plan, l’Union européenne a prévu, pour la première fois, d’émettre une dette de nature fédérale. 672,5 milliards d’euros seront utilisés pour créer un mécanisme de relance et de résilience qui accordera des subventions et des prêts aux États membres. Les 77,5 milliards d’euros restants seront consacrés à des programmes à l’échelle de l’Union et interviendra en complément aux fonds structurels et d’investissement de l’Union. La Bulgarie, la Croatie et la Grèce devraient recevoir chacune des subventions équivalentes à environ 10 % de leur PIB annuel ou plus. Les pays plus riches comme le Danemark ou l’Allemagne peuvent s’attendre à moins de 1 %. En termes absolus, l’Italie et l’Espagne seront les principaux bénéficiaires. Ils devraient recevoir 70 milliards d’euros représentant respectivement 1,2 et 1,5 % de leur PIB. La France devrait bénéficier de 39 milliards d’euros, soit 0,6 % de son PIB.

    39 milliards pour la France 

    Cela représentera 40 % du financement du plan de relance de 100 milliards d’euros. L’Allemagne et les Pays-Bas seront attributaires d’aides à hauteur de 0,3 % de leur PIB. Ce plan qui constitue une première est critiqué par sa faible ampleur et par sa longue maturation en comparaison des plans américains. 

    Des retards liés à la complexité des procédures d’adoption et d’élaboration Les plans nationaux devraient être finalisés d’ici la fin du mois d’avril. Ils seront ensuite soumis à un processus d’approbation formelle par la Commission et le Conseil de l’Union européenne. L’économiste en chef de l’OCDE, Laurence Boone, et Christine Lagarde, Présidente de la Banque centrale européenne (BCE), s’inquiètent de la lenteur de la mise en œuvre du plan européen et de son caractère bureaucratique. Son lent déploiement contraste avec la situation qui prévaut aux États-Unis. Début avril 2021, sur les vingt-sept États membres, seize ont ratifié le plan européen dont la France, l’Italie ou l’Espagne. L’Allemagne ne l’a pas encore fait, la Cour constitutionnelle ayant été saisie. La ratification est censée être menée à bien d’ici le milieu de l’été.

    Un supplément de croissance de 1.5% du PIB 

    Pour la Banque centrale Européenne, en cas de lancement du plan dans l’année, un supplément de croissance de 1,5 point de PIB à moyen terme est possible. Il peut en outre atténuer la divergence des économies européennes. 

    Pour l’Italie qui est en stagnation depuis vingt ans, l’enjeu est de taille. Cela passe néanmoins par une amélioration des procédures de part et d’autre. Ces dernières années, l’Italie a consommé la moitié des fonds structurels et d’investissement de l’UE auxquels elle avait le droit. Dans le cadre du plan de relance, l’Italie prévoit la construction d’une ligne à grande vitesse à travers les Apennins de Naples à Bari, de moderniser les lignes existantes et les différents réseaux vétustes. Or, le plan européen est censé être consommé d’ici 2026 quand ce type d’investissements exigent de nombreuses années. 

    L’Espagne entend utiliser l’argent européen pour devenir un État de référence en matière de «mobilité électrique», en investissant dans des installations de fabrication de batteries et de voitures électriques ainsi qu’en construisant des milliers de points de recharge. Le gouvernement souhaite également investir dans l’utilisation de l’électricité renouvelable pour produire de l’hydrogène.

    37% des dépenses liées au climat 

    Les plans nationaux d’investissement financés à partir des crédits européens doivent consacrer au moins 37 % de leurs dépenses aux objectifs liés au climat et 20 % supplémentaires aux initiatives numériques. Par ailleurs, ils doivent s’inspirer des recommandations émises ces dernières années sur les réformes structurelles à mener. 

    Les conditions d’utilisation des crédits ne sont pas au goût de tous les États membres. L’Espagne estime qu’ils doivent profiter en priorité au secteur du tourisme et non aux panneaux solaires ou aux éoliennes. Les réformes structurelles que ce soit en matière de retraite ou d’emploi, impopulaires, dissuadent nombre de gouvernements de s’engager dans cette voie. 

    La question sensible du remboursement de la dette commune

    L’emprunt communautaire est censé être remboursé à compter de 2028. En juin, la Commission proposera plusieurs nouvelles « ressources propres» dont la taxe numérique et le prélèvement sur les importations non respectueuses du climat afin de permettre le règlement de la dette. La création de nouvelles recettes communautaires suppose le vote unanime de tous les États membres. Au nom de la bonne gestion des finances publiques, certains estiment qu’un accord sur les nouvelles taxes sera trouvé quand d’autres parient sur un recours à de nouveaux emprunts pour financer la dette européenne comme le font les États. 

    L’émission d’une dette publique européenne pourrait changer à terme l’Union. Cette dernière se doterait ainsi d’un instrument financier à la hauteur des bons du Trésor américain : un actif sûr qui sous-tend une véritable union économique et financière.

  • LREM ouvre une section pour les expatriés au Sahara occidental

    LREM ouvre une section pour les expatriés au Sahara occidental

    Le gouvernement français « regrette » la décision du parti présidentiel La République en Marche (LREM) d’ouvrir un comité au Sahara occidental, contrôlé en grande partie par le Maroc mais revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario, a déclaré mardi le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes.

    « C’est une initiative prise localement que je regrette et qui ne change rien à la position de la France sur cette question hautement sensible »

    Clément Beaune lors d’une séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

    Soutien de l’Algérie face au Maroc

    L’ouverture d’un comité de la LREM, parti du président Emmanuel Macron, à Dakhla, au Sahara occidental, a suscité des interrogations, notamment en Algérie, qui soutient le Front Polisario face au Maroc.

    La direction de la LREM a déjà laissé entendre ces derniers jours qu’elle ne reviendrait pas sur cette décision qui relève, selon elle, d’une « initiative locale ».

    Rappelant le « risque permanent de tension » au Sahara occidental, Clément Beaune a souligné l’importance de la recherche d’une solution politique « dans le cadre de la légalité internationale et des Nations-unies ».

    « L’ensemble de cette situation rappelle l’urgence de la seule voie possible, celle de la reprise d’un processus politique. C’est cette voie d’équilibre que défend la France »,. « Dans cette perspective, reconnaissons-le, le plan d’autonomie marocain est une base de discussion sérieuse et crédible qu’il faut prendre en compte ».

    Clément Beaune lors d’une séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

    Les Marcheurs ou l’ONU ?

    Le député communiste Jean-Paul Lecoq a qualifié de « honte » l’ouverture de ce comité local et s’est interrogé sur le rôle de l’exécutif dans cette décision, accusant Emmanuel Macron de « cracher sur les résolutions d’institutions officielles comme l’ONU ou la Cour européenne de Justice ».

    Le Polisario, qui a proclamé la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1976, réclame la tenue d’un référendum prévu par l’ONU au moment de la signature d’un cessez-le-feu entre les belligérants en 1991.

    Le Maroc, qui contrôle environ 80% de ce vaste territoire désertique, ancienne colonie espagnole, propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté.

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