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  • « Alain Delon face au monde », les coulisses de l’entretien

    « Alain Delon face au monde », les coulisses de l’entretien

    Dans la Chronique culture d’Océane Goanec, Cyril Viguier était l’invité de TV5MONDE. Il est venu nous parler de l’entretien exclusif que lui a accordé Alain Delon. Cet entretien est disponible dès aujourd’hui sur TV5MONDE et le sera en replay dès le 14 juillet sur TV5MONDEplus.

    Regardez l’émission de TV5MONDE

  • Le taux mondial de suicide a diminué de 36 % en vingt ans

    Le taux mondial de suicide a diminué de 36 % en vingt ans

    Pour l’OMS, combattre les décès par suicide, c’est possible. Un décès sur 100 est un décès par suicide. Selon les dernières estimations de l’OMS, le suicide reste l’une des principales causes de décès dans le monde.  En 2019, plus de 700 000 personnes se sont suicidées: soit un décès sur 100. Le suicide est une plus grande cause de mortalité que le VIH, le paludisme ou le cancer du sein , les guerres ou les homicides. 

    Chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, le suicide est la quatrième cause de décès après les accidents de la route, la tuberculose et la violence interpersonnelle.

    Deux fois plus d’hommes que de femmes

    Plus de deux fois plus d’hommes que de femmes mettent fin à leurs jours (taux de 12,6 pour 100 000 hommes contre 5,4 pour 100 000 femmes). Les taux de suicide chez les hommes sont généralement plus élevés dans les pays à revenu élevé (16,5 pour 100 000). Pour les femmes, on constate les taux de suicide les plus élevés dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (7,1 pour 100 000).

    Les taux de suicide en Afrique (11,2 pour 100 000),  en Europe (10,5 pour 100 000) et en Asie du Sud-Est (10,2 pour 100 000) sont supérieurs à la moyenne mondiale (9,0 pour 100 000) en 2019. La Méditerranée orientale qui enregistre le taux de suicide le plus faible (6,4 pour 100 000).

    Les taux de suicide ont diminué au cours des 20 années, le taux mondial ayant diminué de 36 %, avec un recul de 17 % en Méditerranée orientale, 47 % en Europe et 49 % dans la région du Pacifique occidental.

    38 pays disposent d’une stratégie nationale de prévention du suicide

    Toutefois, en Amérique, les taux ont augmenté de 17 % au cours de la même période.

    À l’heure actuelle, seuls 38 pays disposent d’une stratégie nationale de prévention du suicide. 

    Quatre stratégies qui ont fait leurs preuves pour l’OMS

    L’OMS recommande quatre stratégies visant à prévenir le suicide :

    – limiter l’accès aux moyens de se suicider, comme les armes à feu et les pesticides les plus dangereux. L’empoisonnement par les pesticides est, selon les estimations, à l’origine de 20 % de tous les suicides. Les interdictions de pesticides hautement dangereux à toxicité aiguë se sont révélées efficaces. Parmi les autres mesures figurent la limitation de l’accès aux armes à feu, la réduction de la taille des conditionnements de médicaments et l’installation de barrières sur les sites d’où il est possible de sauter dans le vide.

    – former les médias à une couverture responsable du suicide. Les reportages des médias sur le suicide peuvent entraîner une augmentation du nombre de suicides par un phénomène d’imitation – surtout si le reportage concerne une personne célèbre ou décrit la méthode de suicide.

    – favoriser les compétences psychosociales chez les adolescents. Plus que la moitié des problèmes de santé mentale apparaissent avant l’âge de 14 ans. Différentes mesures, y compris des programmes visant à promouvoir la santé mentale et à lutter contre l’intimidation ; le rôle des personnes travaillant dans les écoles et les universités lorsque le risque de suicide est identifié peut être salvateur.

    – identifier, évaluer, prendre en charge et suivre toute personne ayant des pensées ou un comportement suicidaire. Les agents de santé devraient être formés à l’identification précoce, à l’évaluation, à la prise en charge et au suivi. Les groupes de soutien aux personnes endeuillées par le suicide peuvent compléter le soutien apporté par les services de santé. Des services de crise devraient également être disponibles pour fournir un soutien immédiat aux personnes en situation de détresse aiguë.

    Plusieurs pays comme l’Australie, le Ghana, le Guyana, l’Inde, l’Iraq, la République de Corée, la Suède et les États-Unis, ont mis en œuvre des actions de prévention du suicide, au niveau national ou local, dans les secteurs publics ou privés.

    « Même si une stratégie nationale globale de prévention du suicide devrait être l’objectif ultime de tous les gouvernements », a déclaré la Dre Alexandra Fleischmann, spécialiste en prévention du suicide à l’Organisation mondiale de la Santé, « s’engager dans la prévention du suicide peut permettre de sauver des vies et de prévenir la détresse qui submerge les personnes endeuillées par le suicide d’un proche. »

  • Turquie : les professeurs français privés de cours

    Turquie : les professeurs français privés de cours

    Le lycée de Galatasaray (Galatasaray Lisesi, en turc), anciennement École impériale Mekteb-i Sultani, est un lycée situé à Istanbul. C’est le lycée le plus connu et le plus réputé de Turquie et c’est également le seul lycée public francophone. Toutes les matières scientifiques sont dispensées en français (la plupart du temps) par des professeurs français, tandis que les autres matières sont dispensées en turc par des professeurs turcs.

     Symbole de la coopération franco-turque

    Fondé au XVIème siècle, il a été réinventé en 1924 après la révolution laïque. L’établissement, dorénavant appelé Lycée de Galatasaray, dispense un enseignement en accord avec les principes de la République. L’obligation de parler français pendant les récréations est levée et les cours de culture générale sont donnés en turc.

    En 1965, les premières filles sont acceptées dans le lycée et reçoivent les cours dans les bâtiments d’Ortaköy (Feriye Saraylar), alloués à Galatasaray par Atatürk au début des années trente. En 1968, à l’occasion des cérémonies marquant le centième anniversaire de la fondation du Lycée impérial, le général de Gaulle, alors président de la République française, visite le lycée.

    En 1975, l’établissement entre dans la catégorie des lycées dits « anatoliens », avec un cycle complet d’enseignement de huit ans. Enfin, le 14 avril 1992, par le protocole signé entre François Mitterrand, président de la République Française, et Turgut Özal, huitième président de la République de Turquie, prend naissance l’Établissement d’enseignement intégré de Galatasaray ( E.E.I.G, en turc G.E.Ö.K), qui réunit l’école primaire, le lycée et l’université. En 1994, E.E.I.G est transformé en statut d’université mais le lycée reste le centre de l’établissement.

    Tensions politiques avec Erdogan

    Souvenez-vous en 2020, Recep Tayyip Erdogan s’était notamment interrogé sur la santé mentale d’Emmanuel Macron.

    Depuis les corps diplomatiques des deux pays tentent de renouer les liens entre la France et la Turquie. Vieux alliés, depuis François I, les deux pays ont souvent eu des intérêts communs. C’est d’ailleurs le Sultan Ottoman de la Porte Sublime (ancien nom de l’empire turque) qui confia la protection des lieux saints chrétiens à la France.

    Enfin, après des mois de tension, les présidents français, Emmanuel Macron, et turc, Recep Tayyip Erdogan, se sont rencontrés, lundi 14 juin, à Bruxelles dans « un climat apaisé », s’engageant à « travailler ensemble » sur la Libye et la Syrie, selon le chef de l’État français.

    Les deux dirigeants ont également abordé le cas de Fabien Azoulay, un Français condamné à 16 ans de prison par la justice turque pour détention de stupéfiants en 2017. « Les conditions de son transfèrement rapide (vers la France) avancent », a indiqué Emmanuel Macron, en espérant que cette procédure aboutisse « dans les meilleurs délais ». Le chemin de la réconciliation semblait être pris mais…

    L’éducation et la culture, un enjeu politique

    Le Lycee de Galatasaray accueille les enfants de l’élite d’Istanbul. Et l’université connexe est aussi un centre d’excellence. Et cette semaine, le gouvernement turc a décidé de chasser les Français des salles de cours. Les autorités refusent, désormais, de délivrer ou de renouveler les permis de travail de ceux qui ne maîtrisent pas la langue turque. Des enseignants français et turcs s’inquiètent des conséquences d’une décision considérée comme politique avant tout. Cela ressemble à une mesure de rétorsions alors que la France a décidé de se passer des services de l’Education turque pour enseigner cette langue en France. En effet, les cours, selon les inspecteurs français, se transformaient en leçons de propagande pro Erdogan.

    L’influence d’une nation ne se joue pas que sur le terrain militaire ou économique mais aussi sur celui de la Culture et des valeurs qu’elle véhicule. La Turquie semble tourner le dos à la civilisation occidentale et aux valeurs de la République qui pourtant furent au coeur de la création de la Turquie moderne par Kemal Atatürk.

  • Le statut des résidents au Royaume-Uni : le pire cauchemar des expats..

    Le statut des résidents au Royaume-Uni : le pire cauchemar des expats..

    À minuit, ce mercredi 30 juin, une page historique se tourne au Royaume-Uni. En effet après deux décennies d’immigration européenne, le Brexit a marqué la fin de la libre circulation.

    C’est pourquoi ce mercredi 30 juin 2021 était la date limite pour la plupart des citoyens de l’Union européenne (UE) pour demander à vivre de manière permanente au Royaume-Uni, en tant que résidents établis.

    Une procédure gratuite provoquant un embouteillage dans l’administration britannique 

    À ce jour, environ 5 millions de candidats européens ont déjà obtenu une forme de statut (pre-settled ou settled status), mais, avec un arriéré de 400,000 la semaine dernière et 10,000 à 12,000 nouvelles demandes déposées quotidiennement, le ministère de l’Intérieur admet qu’il faudra des mois pour toutes les traiter. Près de 200 000 Français seraient en règle. Il reste 100 000 de nos compatriotes en infraction ou en attente d’une réponse.

    La bonne nouvelle, c’est que le ministre britannique de l’Immigration, Kevin Foster, s’est engagé mardi à ce que tous ceux qui ont postulé avant la date limite du 30 juin et qui n’ont pas encore eu de décision, verront leurs droits protégés par la loi et ils auront un certificat d’émission de demande pour montrer aux employeurs, aux propriétaires et au NHS, le système de santé britannique.

    Que se passe-t-il si les expatriés n’ont pas fait leur demande?

    Certains experts pensent qu’il pourrait y avoir plus de 100,000 personnes qui n’ont pas requis leur résidence permanente avant la date limite.

    Quiconque n’a pas demandé ou obtenu de statut deviendrait techniquement un immigré clandestin du jour au lendemain et serait confronté à un certain nombre de problèmes :

    • il serait illégal pour eux de travailler
    • ils ne pourraient plus recevoir de prestations
    • ils feraient face à d’énormes frais pour l’utilisation du NHS.

    A partir du 1er juillet, il faudra un motif raisonnable pour rester au Royaume-Uni et ne pas être poursuivi.

    résidents au Royaume-Uni

    Quelques expats au Royaume-Uni nous ont exprimé leurs désarrois face à une administration débordée. Ils n’obtiennent que peu de réponse lorsqu’ils soumettent des demandes de dernière minute ou attendent d’avoir des nouvelles le ministère britannique de l’Intérieur (Home Office) afin de connaitre la décision. C’est parfois tout une vie qui se joue !

     La plupart décrivent une frustration, renforcée lors de leurs multiples essais pour joindre la ligne d’assistance du ministère de l’Intérieur qui est souvent incapable d’accepter les appels en raison d’un nombre excessif de personnes cherchant des conseils ; beaucoup craignent de se retrouver dans un vide juridique, malgré les assurances gouvernementales contraires.

    Un Français dans l’inquiétude

    Raphaël, qui est venu à Londres avant le 31 décembre 2020, attend toujours une réponse du Home Office quant à sa demande de Pre-Settled Status bien que le 30 juin 2021 soit la date butoir.

    “J’ai dû candidater le 2 juin 2021 en leur envoyant d’abord des preuves que j’étais sur le sol britannique avant le 31 décembre 2020. Étant citoyen français ayant déjà résidé au Royaume-Uni en 2018 et 2019, j’ai dû au fait des circonstances politico-sanitaires du m’absenter et revenir en France pour le plus gros de l’année 2020. Ce après quoi, je suis finalement revenu sur Londres le 29 décembre 2020 un peu au dernier moment, mais pas trop tard quand même ! Je tiens à préciser qu’ayant déjà vécu et travaillé au Royaume-Uni dans le passé, j’ai de ce fait un National Insurance Number (Numero de Sécurité sociale) et je suis enregistré́ sur le UK Tax System depuis 2018. Ma candidature s’est donc faite en deux étapes: j’ai dû d’abord leur envoyer des preuves de ma présence au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 (« An evidence that you were in the UK for at least one day before 31st December 2020 ») ce à quoi je leur ai envoyé un certificat de voyage de la part d’Eurostar attestant mon arrivée sur Londres depuis la France le 29 décembre dernier, ainsi qu’un relevé bancaire du peu que j’ai pu acheter une fois arrivé en Angleterre entre le 29 Décembre et le 31 Décembre, qui s’est globalement résumé à l’achat d’une nouvelle Oyster Card (carte de métro) pour pouvoir rejoindre depuis St Pancras mon domicile à Shepherds Bush ( à l’ouest de Londres) où j’ai dû faire une quarantaine de 10 jours ! Après avoir  envoyé ces deux éléments (certificat Eurostar + relevé bancaire) les deux datant d’avant le 31 décembre 2020, ils m’ont alors renvoyé un mail environ une semaine plus tard dans lequel ils me demandaient de leur envoyer davantage de preuves des 6 mois précédant ma candidature (qui avait donc été transmise en juin 2021) ce à quoi je leur ai envoyé davantage de relevés bancaires démontrant ma résidence et mes achats sur Londres de juin, mai, avril, mars, février, janvier 2021 jusqu’en remontant à mon arrivée le 29 décembre 2020 dernier. J’ai également appuyé ces relevés bancaires de contrats de travail et fiches de paye de productions cinématographiques sur lesquelles j’avais été embauché en mai et juin 2021. Trois semaines maintenant se sont passées, depuis mon envoi de preuves supplémentaires à l’issue de leur email dont je n’ai à ce jour toujours aucune réponse de leur part. Ce qui commence à être incroyablement frustrant et stressant. J’ai tenté à maintes reprises de les joindre au téléphone, mais à chaque fois je tombais sur un répondeur automatique m’annonçant que leur file d’attente était saturée. Pensant que c’était une question de mauvais timing dans la journée, je me suis donc décidé à les appeler à 8h du matin espérant éviter le problème. Mais il s’avère que j’ai tout de même dû attendre plus d’une heure au téléphone avant d’avoir quelqu’un qui n’a même pas été en mesure de regarder mes preuves attentivement ne voyant pas que j’avais déposé un relevé bancaire montrant un achat à Londres datant du 29/12 et du 30/12 ! De plus notre appel a été soudainement coupé et je n’ai même pas pu, après toute cette attente, poser les questions que je voulais à ce travailleur social au téléphone ! J’ai par conséquent tenté à deux reprises de leur envoyer des emails, ceux à quoi ils s’engageaient à donner une réponse dans un délai de 5 jours max, ce qui n’a été pas été fait non plus ! Je suis toujours dans le stress d’une attente sans fin de l’inquiétude qu’un travailleur social ne prête pas suffisamment attention aux preuves que je leur ai pourtant envoyé.”

    Témoignage de Raphaël, candidat français au statut de résident permanent

    Des parents qui attendent le statut de leurs enfants

    Samira explique que

    “Nous faisons partie de ceux qui se sont « réveillés » à la dernière minute. C’est-à-dire qu’on est parti en décembre au Royaume-Uni avant le Brexit pour avoir des preuves de résidences comme le prévoit la loi. Donc nous avons passé 15 jours en décembre 2020. Et nous sommes rentrés en France. Nous sommes allés au Royaume-Uni qu’avec certains de nos enfants. Donc nous avons fait les démarches en ligne à 2 jours de notre arrivée au UK pour mon mari et moi et un de nos enfants sur place. Mon mari a reçu une réponse positive début mars. Moi c’était en mai. Dès que j’ai eu mon pre-settled status j’ai rattaché mes deux enfants qui ne sont pas venus avec nous au Royaume-Uni en décembre. À ce jour nous attendons encore. Le stress c’était surtout par rapport au fait que certains d’entre nous ont eu le pre-settled status avec des preuves de résidences telles que le billet Eurotunnel, la facture de la location, mais que d’autres d’entre nous ont reçu des demandes de preuves supplémentaires. C’est la roulette russe. Mon mari est parti à Liverpool fin mars pour travailler en tant que boulanger. Nous le rejoignons le 9 juillet 2021. Nous avons eu la confirmation de la part du Home Office que nous pouvions partir au Royaume-Uni même si les enfants n’ont pas encore le pre-settled status mais la demande a été faite.”

    Témoignage de Samira, candidate française au statut de résident permanent

    Anxieux pour la suite

    Yannick et sa femme vivent à Londres depuis presque cinq ans. Leur fille est née le 27 mars 2021 et elle a eu des problèmes de santé. De ce fait elle a dû rester à l’hôpital et ils n’ont pas pu faire le passeport tout de suite, ni le pre-settled status .

    “Pour obtenir le statut, il y a le prérequis d’avoir un passeport ou preuve d’identité (ma femme et moi-même avons fait la demande depuis 2019 et elle a été accepté). Nous ne possédons que l’acte de naissance de notre fille. Actuellement, nous avons du trouver un moyen rapide de faire le passeport auprès de nos ambassades respectives, du côté de la France cela prend pas mal de temps, du côté de ma femme (qui est Italo- Ghanéenne) nous avons réussi au moins à poser le dossier. Cependant le passeport ne sera émis qu’en juillet. Nous avons donc essayé de contacter le Home Office. Après quelques tentatives sur plusieurs jours nous avons réussi à avoir une personne qui nous a informé que l’on pouvait faire la demande de pre-settled status en ayant un justificatif de nos ambassades attestant que la demande de passeport était en cours, il nous a aussi été demandé de remplir un formulaire qu’ils auraient dû nous envoyer, mais que l’on n’a jamais reçu. Il y a quelques jours nous avons réussi à trouver le formulaire et à l’envoyer avec les preuves au Home Office par courrier (la démarche ne peut malheureusement pas être réalisée en ligne pour les justificatifs) , ils ont reçu le dossier il y a deux jours, mais maintenant notre inquiétude est que tout se passe bien et que notre fille ait un status qui lui permette de vivre légalement dans le pays. Nous sommes très anxieux de ce qui peut se passer si jamais quelque chose ne va pas avec le dossier, car la date limite est le 30 juin 2021. Ma femme pourra faire la demande de settled-status en octobre 2021 et moi, en janvier 2022. Pour le moment on a juste le pre-settled status.”

    Témoignage de Yannick, candidat français au statut de résident permanent

    “Tout fonctionne au ralenti”

    Severine, qui habite à Brighton depuis 1990, vient seulement de faire sa demande, il y a trois semaines pour avoir le settled status.

    “Je ne m’attends pas à recevoir quoi que ce soit avant plusieurs mois… tout est au ralenti dans ce pays, surtout au niveau des administrations . Mais à présent, ils sont en train de se noyer sous la paperasse.”

    Témoignage de Severine, candidate française au statut de résident permanent

    Elle explique qu’elle a déjà le “unlimited leave to remain” depuis des années.

    “Je l’ai juste fait parce que si je veux émigrer, je ne peux le faire que pour 2 ans sans mon settled status. Avec le status, c’est 5 ans. C’est l’unique et seule raison pour laquelle j’ai fait la demande, sinon, je ne me serais pas “abaissée” à m’inscrire. Je trouve ça tellement insultant après 31 ans de vie ici. Je l’ai obtenu par le Home Office quand j’ai entamé une procédure de naturalisation. C’est la première étape. Après, j’ai laissé́ tomber parce qu’il faut passer ce test que même les Anglais ratent. Donc j’ai dit non, ils ont déjà mes taxes depuis des années.”

    Témoignage de Severine, candidate française au statut de résident permanent

    Jeudi 1er juillet 2021 au matin, la plupart des experts s’accordent à dire qu’il est fort probable que des dizaines, voire des centaines de milliers de citoyens de l’UE, deviennent soudainement des immigrants illégaux. Peut-être même quelques expats.

    Ainsi, l’EU Settlement Scheme pourrait devenir un deuxième et plus grand scandale Windrush – bien qu’il soit conçu pour éviter une répétition de cette injustice dans laquelle le ministère de l’Intérieur n’a pas reconnu les droits des personnes qui vivaient depuis longtemps légalement au Royaume-Uni.

    Dans l’avenir, l’impact du Brexit, sur tous les Français sans statut et d’autres, encore plus vulnérables, va devenir concret lorsque ces européens chercheront un emploi ou un traitement au NHS. En l’absence du sésame, elles découvriront qu’elles n’ont aucun droit d’être au Royaume-Uni.

    Alors qui n’est pas encore inscrit ou attend de recevoir son titre de séjour ? On l’a vu pour les enfants, les démarches sont complexes. Les enfants placés ou les jeunes majeurs risquent aussi l’expulsion d’un pays où ils résident. Car certains peinent à prouver leur identité ou d’obtenir le soutien nécessaire à leurs démarches, qui incombent à leur tuteur légal. Mais aussi les étourdis, ceux dont la maitrise de l’anglais est approximatif, ceux sans emploi, et de nombreux étudiants qui n’ont pas saisi que les règles s’appliquent aussi dans le cadre universitaire. Une nouvelle page des relations entre la Grand Bretagne et le reste de l’Europe s’ouvre.

  • Leçons suisses, du foot à la  démocratie.

    Leçons suisses, du foot à la démocratie.

    Ils ont osé : Sortir la France de l’Euro ! Quelle mauvaise blague. Et voilà en retour quelques mauvais Belges qui brûlent le drapeau français. Faux frères, vrais imbéciles. La connerie est plus universelle que le sport. Heureusement, elle n’est pas majoritaire. 

    C’est un argument rebattu contre la démocratie de regretter que les idiots ont autant de poids que les avisés. La réponse est que les gens intelligents font souvent plus de dégâts que les imbéciles. Et que les stars du foot perdent face à des inconnus.

    Le Suisses ont éliminé la France, et, si l’on regarde bien, la battent plus souvent qu’on ne le croit. Au contraire du supporter, le citoyen est responsable. Toute responsabilité élève.

    Récemment, un grand esprit français, admiré aux Etats-Unis et dans le monde, Thomas Piketty, expliquait que les paradis fiscaux devraient renoncer à être paradisiaque, ce qui serait le signe d’une conscience universelle. Et d’un sacrifice, puisqu’il reconnaissait en même temps que si la Suisse, par exemple, augmentait ses impôts et les portaient à un niveau français, elle serait … moins riche ! Curieusement, Piketty ne propose pas  à la France de baisser ses impôts, ce qui aurait pu être judicieux, puisque la France est le pays dans lequel les prélèvements obligatoires sont les plus élevés du monde (à part la Corée du nord). Piketty est trop intelligent pour proposer une mesure aussi simplette. Les Suisses rejettent systématiquement les hausses d’impôts. Sont-ils vraiment moins intelligents que Piketty, eux qui ne veulent pas s’appauvrir ?

    La démocratie suppose de faire confiance au peuple, vraiment.

    Autre enseignement: la Suisse compte 25% d’étrangers et près de 50% de binationaux. Quoiqu’en disent les « populistes », l’immigration ne freine pas l’économie. On pourrait prendre des exemples comparables en Suède, en Finlande  ou  aux Pays-Bas. Mais ce n’est pas la richesse relative des Suisses qui interpelle. Leur leçon n’est pas économique, elle est politique : doit on faire confiance au peuple ? Les Suisses le croient. Les Français aussi, mais moins, hélas.

    Le match France – Suisse dans les urnes 

    Dernièrement des élections ont eu lieu dans les deux pays. En France, le taux d’abstention a frôlé les deux tiers (65%). Il s’agissait d’élire des élus locaux dont les pouvoirs sont à ce point limités que la plupart des décisions sont précontraintes. A tel point que la majorité des  délibérations sont votées à l’unanimité. La campagne électorale, à demi confinée, s’est portée sur la sécurité, compétence purement gouvernementale. Les compétences locales (communes, départements, régions, Etat) sont noyées dans de telles confusions que les débats étaient difficiles.  Dans ces conditions, les présidents sortants ont été réélus, ce qui prouve qu’ils ont bien travaillé, au moins leur image personnelle.

    En Suisse aussi on a voté récemment. Les Suisses se prononçaient sur des sujets aussi importants que la loi fédérale sur le CO² (et ont rejeté une nouvelle taxation), les pesticides (ils ont refusé l’interdiction), et sur le terrorisme (ils ont approuvé un renforcement des mesures). Il ne s’agit pas de commenter les résultats sur le fond, mais de noter simplement que la participation a été forte, que les sujets sont d’importance. La plupart des institutions politiques soutenaient le projet de loi révisant la loi sur le CO² : le gouvernement fédéral, la plupart des partis, les syndicats, y compris patronaux, la majorité de la presse. Les citoyens suisses ont été les seuls à trancher ; ils ont dit non. Ils ne délèguent pas leurs décisions. Ceux qui crient au populisme devraient réfléchir à deux fois. Non seulement il n’est pas certain que le bon sens populaire se soit trompé, mais il est impossible d’être démocrate dans le mépris du peuple. 

    Et si, pour « sauver la démocratie», on donnait effectivement le pouvoir aux citoyens ?   

    En France, sur le même sujet du climat, le Président a convoqué une Convention dite « citoyenne », (comme si le Parlement n’existait pas) : des gens tirés au sort et conseillés par les « experts »  du gouvernement. Puis le Président a promis un Référendum, qui n’aura pas lieu (car le Parlement existe et le Sénat ne veut pas du projet gouvernemental).  Quant aux pesticides, en France, une loi a été votée, appliquée, puis retirée, car considérée comme inapplicable. La comparaison du mécanisme démocratique et décisionnel est édifiante. Non seulement le Suisses votent, mais en plus les décisions sont prises. En France on ne vote pas  et rien ne se décide.

    Et si, pour « sauver la démocratie», on donnait effectivement le pouvoir aux citoyens, y compris sur les sujets considérés comme difficile ? 

    Par exemple la retraite : En France, un projet de loi a été voté en première lecture, mais la réforme est abandonnée, a conclu le Président. Est-ce vraiment au Président d’interrompre un processus législatif ? En France, le Président décide de tout. Il se demande s’il n’en fera pas une plus simple, avant la fin de son mandat, et prendra en considération la réélection qui vient. En cinq ans, on aura beaucoup débattu, concerté, contesté, mais rien décidé, bien ou mal. 

    Et si on votait ? Pas seulement pour un Président monarque, ni pour des élus aux pouvoirs réduits, mais pour des décisions ?

    Tout n’est pas parfait en Suisse. Récemment, le gouvernement fédéral suisse a mis fin aux discussions avec l’Union Européenne sur l’accord-cadre en cours de négociation depuis des années. Il semblerait que les membres du Conseil fédéral aient craint le rejet d’un accord qui aurait été soumis à référendum par l’opposition. Reproche leur a été fait du manque de transparence et de continuité

    Sur le climat, les pesticides, la sécurité, le terrorisme, les retraites, la durée du travail, l’accès au marché unique, afficher ses convictions, tenter de les faire partager, les soumettre aux citoyens, c’est le principe de la démocratie. Les lois doivent être décidées par ceux auxquels elles s’appliquent. Tel est le sens de la démocratie, beaucoup plus que la compétition pour les postes « à responsabilité ». 

    L’abstention vient d’un manque de démocratie

    Les Suisses savent que l’Union Européenne ne les laissera plus avoir accès au Marché unique sans respect des règles communes européennes, puisque le marché unique suppose l’abolition de toutes les barrières tarifaires et non tarifaires, la libre circulation des marchandises, services et personnes. En septembre dernier, les Suisses ont confirmé, encore par référendum, la libre circulation. Il faudra bien présenter aux Suisses le choix: accord cadre, adhésion, (déjà rejetée) ou pays tiers. Et ils voteront.

    La leçon suisse est que la démocratie directe marche. La personnalisation et la concentration du pouvoir dans des cercles de plus en plus étroits, la multiplication des couches administratives, l’éloignement des centres de décision ronge la démocratie. Toutes les régions sont dans l’opposition, pour la première fois.

    L’abstention ne vient pas du désintérêt de la politique, ni de l’absence de civisme, ni de la crise, ni du populisme, mais de ce que l’on se déplace pour quelque chose d’utile.  Elle vient d’un manque de démocratie.

  • La biodiversité, l’autre défi environnemental

    La biodiversité, l’autre défi environnemental

    L’équilibre environnemental de la planète dépend de nombreuses interactions de l’écosystème. Grâce à la photosynthèse, les arbres et autres plantes absorbent du carbone et pompent de l’oxygène. Ce faisant, ils éliminent environ 11 milliards de tonnes de dioxyde de carbone de l’atmosphère chaque année, ce qui équivaut à 27 % de ce que l’industrie humaine et l’agriculture émettent. Les océans absorbent, de leur côté 10 milliards de tonnes. Plus de 75 % des cultures vivrières mondiales, dont le café, le cacao et les amandes, sont pollinisées par les animaux sauvages.

    Le réseau complexe qui sous-tend chaque chaîne alimentaire et chaque écosystème signifie que la gamme étroite d’espèces que les humains mangent et exploitent ne peut être maintenue sans l’existence d’une bien plus grande diversité d’animaux, de plantes et de bactéries. Le maintien de forêts constituées d’un grand nombre d’espèces est plus efficace que les surfaces en monocultures. Le thon qui est un des poissons le plus consommé a besoin pour se nourrir de zooplanctons. À l’âge adulte, le thon mange également des calmars et des crustacés. La présence du thon est conditionnée à cette longue chaîne alimentaire qui est actuellement menacée par la pollution, le réchauffement des eaux et la surpêche.

    Un million d’espèces menacées

    Depuis les années 1990, alarmés par des études montrant un déclin rapide des espèces animales et végétales dans le monde, des experts évoquent une extinction massive imminente. Sixième dans l’histoire de la Terre, cette extinction diffère de toutes celles qui l’ont précédé car d’origine humaine. L’IPBES (la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, similaire au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a publié son évaluation de l’état de la biodiversité mondiale en 2019 qui souligne qu’environ un million d’espèces animales et végétales sur les huit millions répertoriées étaient considérées comme menacées d’extinction, bien plus qu’à tout autre moment de l’histoire de l’humanité. Au moins 9 % des 6 200 espèces de mammifères avaient disparu en 2016, et au moins 1 000 autres sont menacées. Seuls 23 % des espèces et 16 % des habitats sont dans un état de conservation favorable. Plus d’un tiers de la superficie continentale et près des trois quarts des ressources en eau douce sont utilisés pour produire des cultures ou du bétail. Un tiers des stocks de poissons marins étaient exploités de manière non durable.

    La crise de la biodiversité fait l’objet de moins d’attention que celle du changement climatique 

    La crise de la biodiversité représente un risque aussi grand pour les sociétés humaines que le changement climatique. En étant plus difficile à quantifier, elle fait l’objet de moins d’attention que celle du changement climatique. Les réseaux qui relient les espèces au sein et entre les écosystèmes sont encore plus complexes que les processus qui entraînent le changement climatique. Les deux problèmes sont néanmoins liés. De nombreuses espèces éprouvent des difficultés à se nourrir en raison du réchauffement de la planète. Les poissons sont les plus exposés à ce phénomène. Le changement de leur environnement peut également mettre en danger certaines espèces comme la fonte des banquises pour les ours blancs.

    Les États occidentaux ont adopté des lois afin de préserver la biodiversité. La France a adopté la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages en 2016 qui a servi de base pour l’élaboration du plan biodiversité de 2018. Un office de la biodiversité a été créé et placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de celui de la Transition énergétique. Le 8 juin 2021, le Parlement européen a voté la stratégie de l’Union européenne (UE) pour la biodiversité à l’horizon 2030 en reprenant les recommandations de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. 

    Selon le rapport du Parlement, de nombreux objectifs de protection de l’environnement prévus de 2010 à 2020 (directives « Oiseaux » ou « Natura 2000 », par exemple), n’ont pas été atteints. Pour 2030, le Parlement européen a retenu les objectifs suivants : 

    · Protéger au moins 30 % des zones marines et terrestres de l’UE (forêts, zones humides, tourbières, prairies et écosystèmes côtiers), contre 15 % aujourd’hui ; 

    · Laisser intacts 10 % des océans et des terres de l’UE, y compris les forêts primaires et anciennes et les autres écosystèmes riches en carbone; 

    · Réviser en urgence l’initiative de l’UE sur les pollinisateur afin de mettre en place un nouveau cadre de surveillance des abeilles et autres pollinisateurs dans toute l’Union ; 

    · Créer une plateforme européenne pour le verdissement urbain avec des objectifs contraignants : quota minimal de toitures végétalisées, soutien à l’agriculture urbaine, interdiction des pesticides chimiques, par exemple ; · Affecter au moins 25 % des terres agricoles à l’agriculture biologique (nouvelle fenêtre) ; 

    · Réduire de 50 % l’utilisation des pesticides plus dangereux et chimiques, et interdire celle des herbicides à base de glyphosate après décembre 2022. 

    Les eurodéputés ont demandé que les objectifs soient inscrits dans un accord pour la biodiversité lors de la prochaine conférence des Nations unies, en octobre 2021. Ils estiment que les États membres devraient consacrer chaque année 20 milliards d’euros à la biodiversité afin d’atteindre les objectifs retenus.

  • Accord sur la PAC : « Bon accord » pour Denormandie, « désastre » pour les écologistes

    Accord sur la PAC : « Bon accord » pour Denormandie, « désastre » pour les écologistes

    Les 27 ministres de l’Agriculture ont adopté ce lundi (28 juin) l’accord de principe sur la future Politique agricole commune trouvé lors du dernier trilogue vendredi (25 juin). Sans surprise, en France, le résultat des négociations ne fait pas l’unanimité.

    Après des mois d’âpres négociations, un compromis sur la nouvelle PAC était sur la table, vendredi (25 juin). Le Parlement, le Conseil et la Commission européenne se sont notamment accordés sur la question des éco-régimes (les paiements directs conditionnés aux engagements verts), finalement fixés à 25 %, la conditionnalité sociale (qui sera appliquée à partir de 2025) et un alignement de la PAC sur les objectifs du Pacte Vert de l’UE, le Green Deal.

    Réunis à l’occasion d’un Conseil Agripêche ce lundi (28 juin), les ministres européens de l’Agriculture ont approuvé l’accord de principe – le Parlement européen devra de son côté voter le projet de réforme lors d’une de ses prochaines séances en plénière pour que la nouvelle PAC puisse entrer en vigueur au 1er janvier 2023.

    La nouvelle PAC, ambition vs statu quo

    Côté français, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie se « félicite de cet accord qui est un bon accord pour la France ». Le compromis trouvé lors du dernier trilogue « conforte les orientations que la France a défendues tout au long de cette négociation et permet la préparation du plan stratégique national (PSN) conformément aux orientations annoncées le 21 mai », selon un communiqué du ministère.

    Le PSN, déclinaison nationale des objectifs de la PAC, avait pour autant suscité de vives réactions, notamment de la part de la filière bio qui craint une « mise à nu » de ces exploitants dans le cadre de la réforme.

    En outre, si « l’ambition environnementale de la PAC sera renforcée sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne » selon le ministère, elle ne va pas assez loin pour les écologistes français. « Rien ne va dans cet accord », fustige l’eurodéputé vert Benoît Biteau pour qui la réforme sur la table est « un désastre » : « Elle est une copie de la PAC précédente sans imagination, sans ambition et surtout sans effet sur le dérèglement climatique », soutient l’eurodéputé dans un communiqué publié vendredi. La seule option pour lui : un rejet de l’accord par le Parlement lors du vote en deuxième lecture.

    La FNSEA au front

    C’est un tout autre avis que défend la FNSEA, principal syndicat agricole en France : le contenu de l’accord « est tout sauf un statu quo pour les agriculteurs », soutient-elle dans un communiqué, notamment en ce qui concerne la conditionnalité environnementale des aides. Pour le syndicat, « l’accord répond à de nombreux points sensibles que nous avions soulevés. La FNSEA avait en effet alerté depuis longtemps les gouvernements et les parlementaires européens […] sur un pourcentage d’éco-régimes trop importants ».

    Si le compromis en la matière prévoit finalement que 25 % du budget du premier pilier de la PAC soient accordés aux éco-régimes, il instaure aussi un « plancher » fixé à seulement 20 % : pendant une « période d’apprentissage » de 2 ans, soit jusqu’en 2025, les États membres auront ainsi le droit de redistribuer les 5 % restants si ceux-ci ne seront pas utilisés dans les temps.

    Vignes, betteraves : ce qui changera pour la France

    Parmi les dispositions de l’accord, deux points sont en outre particulièrement intéressants pour la France. D’une, « les outils de régulation du secteur vitivinicole […] sont confortés sur la future programmation », selon le ministère de l’Agriculture. Le dispositif des autorisations de plantations de vignes aura ainsi été prolongé jusqu’en 2045. Et l’article 172b de la réforme sur la table prévoit la possibilité pour les organismes interprofessionnels des vins de fournir des prix indicatifs concernant la vente de raisins pour la production de vins sous indication géographique.

    Deuxièmement, dans une déclaration conjointe, le Conseil, le Parlement et la Commission « reconnaissent les difficultés que rencontre le secteur sucrier après l’abolition des quotas de sucre en octobre 2017 », une situation qui serait caractérisée par « l’instabilité sur les marchés internationaux, la stagnation de la consommation et le déclin de la production de betteraves sucrières et de sucre » et donc une « source d’inquiétude pour le secteur » dans l’UE.

    Ainsi, les institutions promettent de mener une étude à l’automne 2021 pour analyser les stratégies d’adaptation et de résilience de la filière sucrière. Sujet épineux en France : la ré-autorisation, en février 2021, de l’emploi de néonicotinoïdes – des insecticides condamnés comme « tueurs d’abeilles » par les écologistes et officiellement interdits en France comme dans l’UE depuis 2018 – pour soutenir la filière de betteraves sucrières avait suscité la controverse. Affaire, donc, à suivre.

  • Les Belges ont fêté la défaite de l’équipe de France

    Les Belges ont fêté la défaite de l’équipe de France

    La défaite de l’équipe de France en huitièmes de finale de l’Euro par la Suisse, lundi 28 juin, a suscité une grande vague d’enthousiasme chez les Belges. Au grand désespoir de la communauté française sur place qui constitue le premier contingent d’étrangers dans le plat pays.

    Les Belges ont, donc, fêté la défaite des Bleus dans les rues de la capitale tard dans la nuit. La Voix du Nord posait, déjà, la question le 15 juin : « Les Belges nous détestent-ils vraiment? ». On peut se le demander.

    Revanche sur la Coupe du monde ?

    Pour les supporters belges, la défaite en demi-finale de la coupe du Monde en 2018 face aux Bleus n’a toujours pas été digérée. Ils ont donc sauté sur l’occasion pour célébrer l’élimination précoce des partenaires d’Antoine Griezmann dans les rues de la capitale, à coups de klaxon. Certains ont même brulé des drapeaux français comme l’a dénoncé notre confrère français et basé à Bruxelles, Jean Quatremer qui écrit dans Libération et d’autres médias européens.

    Pression sur les expatriés

    Sur les réseaux sociaux, les supporters des Diables Rouges ne se sont pas gênés pour chambrer les Bleus, détournant des drapeaux de la Belgique en insérant dans la partie rouge une croix blanche, ou postant des messages comiques avec des frites pour « charrier » les Français, reprenant la sortie d’un commentaire français qui s’est à l’évidence trompé.

    Post Belge sur Facebook

    A la sortie de la Fans-Zone française à Bruxelles, un petit groupe de Belges attendaient même les Français pour en découdre. Les 250 000 Français sur place se sont donc fait discrets au lendemain de la victoire suisse. Certains ont réagi sur les murs des réseaux sociaux, mais avec peu de succès.

    Je t’aime moi non plus

    Il faut chercher les racines de cette compétition, qui peut donc déraper, dans notre histoire commune. Il y a peu de pays dans lesquels la défaite d’un adversaire est ainsi fêtée. D’ailleurs on ne peut pas dire que c’est tout le pays qui a fêté la défaite de la France, puisqu’il n’y a pas eu un seul coup de klaxon en Flandre, l’euphorie était chez les Wallons et Bruxellois francophones.

    L’explication la plus simple, la plus simpliste, la plus répandue aussi c’est que les Français sont chauvins et qu’il fallait leur faire payer. Pour les Belges cette défaite française signe la fin du temps où le Belge francophone était un supporter modeste et humble est révolu. Depuis que l’équipe nationale tient le haut du pavé, ils sont aussi devenus chauvins, comme leurs cousins Français. On ne le sait que trop, le comble du chauvinisme, c’est de fêter la défaite d’un rival. Car si ils n’étaient pas du tout chauvins, comme ils l’affirment à l’inverse de nous, ce qu’ils nous reprochent, ils ne fêteraient pas la défaite de la France. Encore un paradoxe de plus dans la longue histoire franco-belge.

  • L’AEFE condamnée pour opacité

    L’AEFE condamnée pour opacité

    L’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger est une habituée des tribunaux. Régulièrement mis devant les cours de justice par de simples citoyens ou d’autres administrations, l’agence manque de transparence, c’est un constat. L’AEFE a été condamnée plusieurs fois.

    10 procédures en un an

    Attribution des bourses, nomination des professeurs, appels d’offre, l’AEFE a été attaquée aux tribunaux plus d’une dizaine de fois entre mai 2020 et mai 2021 par des parents, des professeurs et des entreprises. Finalement, rien d’anormal, pour une structure qui accueille plus de 365 000 élèves sur 535 établissements dans le monde.

    Le fil rouge de ces actions c’est le manque de transparence, loin de la France, avec deux voir trois ministères de tutelles, la direction centrale comme celles locales semblent ignorer les nombreuses remontées de terrain dénonçant des dysfonctionnements. A l’heure de l’inflation des coûts de scolarité, les parents d’élèves veulent comprendre où passent les cotisations payées pour chaque élève. Le budget des expatriés qui décident de mettre leurs enfants dans le réseau français est ainsi amputé en moyenne de 9000 € chaque année et par enfant.

    Aujourd’hui, les parents veulent s’impliquer dans la gestion des établissements. Plus question de tolérer des dérives sur les marchés publics comme sous le mandat d’Hélène Farnaud-Defromont (actuelle ambassadrice de France en Belgique) ou plus récemment à Caracas. La député Samantha Cazebonne, élue sur la péninsule ibérique en 2017, l’a bien compris, c’est pour cela qu’elle a créée un forum qui a pour objectif de réconcilier les parties prenantes et de fluidifier la communication. Un défi que devra relever l’équipe de la plate-forme « Reflexe S » dès son lancement en septembre 2021.

    Pondichéry se rebelle

    Le dernier coup dur vient de Pondichéry, pourtant si paisible habituellement. Un expatrié s’est intéressé aux travaux de rénovation de l’établissement historique (fondé en 1826). Il avait, simplement, demandé de connaitre le budget et les conditions d’attribution des travaux, au titre de la loi sur les relations entre le public et l’administration. Demande refusée !

    Il doutait de la bonne foi des propos du directeur qui exerce sur place. Pourquoi ? Car celui-ci a fondé un « trust » pour répondre aux conditions d’attribution d’aides de la part du gouvernement indien. Bonne idée, peut on se dire à la première lecture !

    Un trust pour financer l’Education ?

    Mais l’activité de ce « trust », richement doté, a été émaillé de plusieurs incidents entachant la réputation de l’établissement. En effet, des fournisseurs se sont plaints bruyamment de ne pas avoir été payés. Autre souci juridique, le directeur s’est attribué la direction de cette société typiquement anglo-saxonne, en contradiction avec le droit français et le règlement interne de l’AEFE.

    Pour justifier la rétention des documents, l’administration a tenté, entre autres, d’invoquer le risque « terroriste » . Rien n’arrête l’administration quand elle veut ne pas qu’on se mêle de ses affaires.

    Mais la communauté locale ne s’est pas laissée impressionner et a porté plainte auprès des tribunaux français. Et c’est donc par deux jugements successifs que le Tribunal administratif de Paris a sommé l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger de communiquer les documents demandés.

    Maintenant les Français de Pondichéry attendent les fameux documents. Ils seront attentifs à ce que le dossier qu’il leur sera transmis soit exhaustif. Une affaire qui s’éteindra peut être si la probité du directeur est démontrée ou au contraire des irrégularités seront mises en évidence et de nouvelles actions seront lancées. Avec plus de 3 millions de Français à l’étranger, les administrations consulaires dans leur ensemble vont devoir apprendre, désormais, à composer avec les citoyens.

  • Commerce en ligne : l’UE instaure de nouvelles règles de TVA

    Commerce en ligne : l’UE instaure de nouvelles règles de TVA

    De nouvelles règles concernant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) applicables au commerce en ligne entrent en vigueur jeudi dans l’UE pour assurer une concurrence plus équitable et réduire la fraude, a indiqué lundi la Commission européenne.

    Tous les colis seront soumis à la TVA

    Jusqu’ici les biens d’une valeur inférieure à 22 euros importés dans l’UE par des entreprises de pays tiers étaient exonérés de TVA.

    À compter de jeudi, cette exonération sera levée et la TVA sera perçue sur l’ensemble des marchandises importées, quel que soit leur montant, comme c’est déjà le cas pour les entreprises basées en Europe.

    Selon des études, cette exonération était utilisée de manière abusive par des vendeurs pour exonérer des produits plus onéreux, comme des smartphones par exemple, au moyen d’étiquettes mensongères. Elle permettait à ces fournisseurs de casser les prix au moyen d’une fraude qui coûtait 7 milliards d’euros par an aux administrations fiscales de l’UE, a expliqué Bruxelles dans un communiqué.

    Un nouveau seuil pour les entreprises

    Par ailleurs, la perception de la TVA, qui s’applique dans le pays de livraison de la marchandise, sera simplifiée.

    « Actuellement, les vendeurs en ligne sont tenus de s’immatriculer à la TVA dans chaque État membre dans lequel ils ont un chiffre d’affaires supérieur à un certain seuil qui varie selon les pays. À partir du 1er juillet, ces différents seuils seront remplacés par un seuil commun de 10.000 euros, au-dessus duquel la TVA devra être payée dans l’État membre où les biens sont livrés »

    Communique de presse de la commission

    Un guichet unique pour la TVA

    En outre, les vendeurs en ligne pourront désormais s’enregistrer à un « guichet unique » sur lequel ils pourront accomplir « toutes leurs obligations en matière de TVA liées aux ventes qu’ils effectuent dans l’ensemble de l’UE ».

    L’enregistrement sur ce « portail électronique » facilitera les procédures pour les entreprises non européennes, mais aussi pour celles de l’UE qui pourront effectuer la démarche dans leur propre État membre et dans leur propre langue.

    La notification et le paiement de la TVA pourront être réalisés pour l’ensemble des ventes dans l’UE et le « guichet unique » se chargera de transmettre les sommes récoltées aux Etats membres concernés.

    Ces règles visent « à garantir des conditions de concurrence plus équitables pour nos entreprises, à simplifier le commerce électronique transfrontalier et à introduire une plus grande transparence pour les acheteurs de l’UE », a commenté lundi un porte-parole de la Commission.

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