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  • Les présidents italien et français se sont rencontrés pour discuter des migrations

    Les présidents italien et français se sont rencontrés pour discuter des migrations

    Le président italien Sergio Mattarella a rencontré son homologue français Emmanuel Macron lundi (5 juillet) à Paris où ils ont abordé le sujet de la migration. M. Mattarella a commenté : « En Italie, quelqu’un a l’illusion qu’il est possible de mettre le panneau d’interdiction d’entrée depuis l’Afrique. »

    L’interview aurait dû rester confidentielle, mais elle a été diffusée par la télévision en circuit fermé de la présidence française et rapportée par les reporters d’Ansa.

    M. Macron a introduit le sujet de la migration et M. Mattarella a souligné l’importance que le phénomène migratoire en Méditerranée soit régi de manière systématique, sinon des pays comme l’Italie seront submergés par un afflux de migrants en période de crise dans leur pays.

    Blocus naval ?

    Ainsi, pour le président italien, les solutions proposées par la droite italienne, telles que le blocus naval ou la fermeture des frontières, apparaissent comme illusoires.

    M. Mattarella a réitéré ces concepts dans son discours à la Sorbonne, où il a mis l’Europe face à ses responsabilités : adopter une politique d’immigration et d’asile « à la hauteur des valeurs qui sont à la base du projet d’intégration européenne » constitue « un objectif primordial pour la stabilité et la cohésion de l’Union elle-même », a-t-il déclaré.

    « L’incapacité à donner une réponse adéquate, efficace et commune à cette question, est une menace pour la conscience européenne. L’Europe a besoin d’une stratégie d’accueil — durable mais concrète — en phase avec les défis complexes d’aujourd’hui »

    M. Mattarella, Président de la République italienne

    Dans son discours, M. Mattarella a également critiqué implicitement les pays de Visegrad et les autres mini-alliances nées au cours de la dernière période, rappelant qu’en Europe « une nouvelle conscience s’est développée, qui surmonte et élimine les diversions improvisées et modestes au sein de l’union entre groupes de pays, parfois désignés par des noms fantaisistes ».

    Traité bilatéral du Quirinal

    Lors de la rencontre avec M. Macron, les deux présidents ont réaffirmé la solidité des rapports entre l’Italie et la France, et ont annoncé leur volonté de poursuivre le traité bilatéral de coopération renforcée (traité du Quirinal) signé en 2017, mais qui est en attente depuis lors.

    Parmi les points de l’accord figure la création d’un service civil commun pour les jeunes Italiens et Français.

  • Mort du généticien Axel Kahn

    Mort du généticien Axel Kahn

    Le médecin et généticien Axel Kahn est mort à l’âge de 76 ans. Le président de la Ligue contre le cancer s’est éteint après avoir lutté contre un cancer dont il avait lui-même annoncé l’issue fatale.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Certificat européen et TousAntiCovid français

    Certificat européen et TousAntiCovid français

    Le Pass sanitaire est obligatoire en France depuis le 9 juin 2021 pour se rendre dans des lieux rassemblant plus de 1 000 personnes. Le 9 juillet, il sera rendu obligatoire pour se rendre en discothèque. Pour l’avoir, un certificat de vaccination, un test PCR ou antigénique négatif récent ou un test positif de plus de 15 jours et de moins de 6 mois certifiant l’immunité au Covid-19 est requis, sous la forme d’un QR Code sur papier ou via l’application TousAntiCovid.

    Parmi ces trois preuves possibles du Pass sanitaire, l’exécutif semble privilégier le certificat de vaccination, que plus de 24 millions de Français ont déjà, pour réduire les contaminations au Covid-19 ou son variant Delta. En effet, l’utilisation des tests connaît des zones d’ombre, notamment après qu’un cluster se soit formé dans une discothèque à Enschede aux Pays-Bas, alors que les participants avaient présenté un test négatif.

    Vous avez été vacciné(e) ou dépisté(e) en France ?

    Depuis ce jeudi 1er juillet 2021, les utilisateurs-détenteurs d’un Pass sanitaire français (qu’ils soient vaccinés, déclarés négatifs via un test PCR, ou certifiés rétablis), peuvent l’échanger automatiquement pour un pass sanitaire européen depuis l’application TousAntiCovid. 

    Pour les personnes qui ont déjà importé le QR Code dans leur application TousAntiCovid, dans les heures qui viennent, on leur proposera de mettre à jour leur application et ils pourront convertir leur QR Code qui était au format français au format européen”

    Cédric O, le secrétaire d’État chargé au Numérique.

    Pour en profiter, voici la marche à suivre :

    • Mettez à jour l’application TousAntiCovid. Si celle-ci ne s’update pas automatiquement, rendez-vous sur le Store de votre téléphone et recherchez-la. Vous devriez voir apparaître le bouton de mise à jour, comme sur la capture d’écran ci-dessus.
    • Dès l’ouverture de l’application, votre pass sanitaire français est transformé en certificat européen. Rendez-vous sur Mon carnet, afin de consulter la liste de vos certifications récents. Vous devriez y apercevoir la mention “Certificat COVID Numérique UE” au lieu de 2D-Doc, comme sur la capture ci-dessus.
    • Notez que vous pourrez utiliser ce document comme justificatif partout, que vous soyez en France ou eu Europe. Une excellente nouvelle pour les utilisateurs vaccinés en France qui avaient peur de s’emmêler les pinceaux entre toutes ces attestations différentes…pour les autres….

    Vous avez été vacciné(e) en Europe ?

    Théoriquement, vous devriez pouvoir scanner le QR code remis par les autorités sanitaires de votre pays de résidence et qui doit être présent sur le certificat ou le résultat du test PCR dans l’application TousAntiCovid.

    Cependant, après avoir eu de nombreux retours, nous avons constaté que ca ne marchait pas avec tous les pays du programme (33). Nous avons donc pris attache avec la « hotline » de l’app TousAntiCovid qui nous a confirmé que le dispositif de reconnaissance n’acceptait pas encore tous les certificats comme ceux émis par la Belgique.

    Rassurez vous pour voyager, il vous suffit de présenter la version papier, elle sera acceptée par les autorités. Le vrai problème, c’est pour activer le Pass Sanitaire. Actuellement, la seule possibilité c’est de vous faire dépister via un test PCR (72h) ou antigènes (36h). Cependant, la hotline nous indique que votre certificat européen en format papier ou sur votre application locale (de votre pays de résidence) peut être accepté. Tout dépend des consignes qu’auront reçues les équipes de sécurité privées qui géreront les accès au concert ou au stade. On le constate c’est encore aléatoire mais il est possible de faire valoir ses droits.

    Vous avez été vacciné(e) hors d’Europe ?

    S’il est prévu des reconnaissances avec le Royaume-Uni ou les USA, elles ne sont pour l’instant pas effectives. Il vous faudra donc où que vous ayez été vacciné(e) hors de l’Union européenne, réaliser un test PCR pour accéder au territoire national. Le plus souvent, il vous sera demandé dès l’embarquement (avion, bateau). Il est donc important de le réaliser et dans les délais le test PCR soit moins de 72h avant votre arrivée en France (il faut donc bien prendre en compte la durée du transport).

    Une fois sur place, si vous désirez vous rendre dans des lieux dont l’accès nécessite la présentation d’un Pass sanitaire, il vous faudra vous soumettre à un test PCR (72h) ou d’antigènes (36h) autant de fois que nécéssaire.

    Il faudra donc être patient pour participer aux festivals, concerts ou pour aller en boite de nuit… Souriez, vous êtes en vacances.

  • Avis d’imposition des non-résidents disponible le 26 juillet

    Avis d’imposition des non-résidents disponible le 26 juillet

    En fin de semaine dernière, la Direction de l’Impôt des Non-Résidents a adressé aux parlementaires des Français de l’étranger un message détaillant le calendrier de mise à disposition des avis des impôts des particuliers.

    Qui paie des impôts en France ?

    Les personnes domiciliées hors de France sont imposables sur leurs seuls revenus de source française (hors convention bilatérale spéciale comme avec la Belgique). Selon que vous êtes considéré(e) comme résident(e) ou non-résident(e) fiscal de France, et en fonction de la convention fiscale applicable, vous ne déclarerez pas vos revenus de la même manière. Pour les fonctionnaires, dans la plupart des cas, ils doivent les impôts au pays qui les emploie.

    En qualité de non-résident, vos revenus de source française seront imposés différemment en fonction de leur nature. D’autre part, vous pouvez opter lors de la déclaration de vos revenus pour le calcul de votre impôt selon le taux moyen. Vous avez tout intérêt à opter pour ce dispositif. En effet, il ne vous sera appliqué que s’il vous est plus favorable.En 2021, lors de la déclaration en ligne de vos revenus perçus en 2020, le taux moyen a automatiquement été calculé.

    Que faire une fois l’avis reçu ?

    Les premières avis d’impositions seront disponibles sur votre espace impôts.gouv.fr dès le 26 juillet, les plus complexes seront disponible avant le 5 aout 2021.

    Si vous avez été trop prélevé(e), dans le cas par exemple d’une ponction réalisée sur votre salaire, dans le cadre de la mise en place de l’imposition à la source, vous serez remboursé(e) soit le 20 juillet soit le 6 aout.

    Si vous devez payer des impôts, le montant du sera prélevé sur votre compte français indiqué au service des impôts le 27 septembre si la somme est inférieure ou égale à 300 euros. Si vous devez plus de 300€, la dette sera débitée de votre compte en 4 fois soit le 27 septembre, le 27 octobre, le 26 novembre et le 27 décembre.

    Si vous devez mettre à jour vos coordonnées bancaires, il est impératif de le faire via le site impôst.gouv.fr avant le 13 septembre 2021.

  • L’Euro, responsable de nouveaux clusters ?

    L’Euro, responsable de nouveaux clusters ?

    L’Euro de football va-t-il se transformer en scandale sanitaire ? De plus en plus de cas de coronavirus sont rapportés chez les spectateurs, qui respectent de moins en moins les gestes-barrières

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • le déficit de la France, comment ne pas perdre son latin ?

    le déficit de la France, comment ne pas perdre son latin ?

    En 2021, pour la deuxième année consécutive, le déficit de la France dépassera les 9 % du PIB. Le Ministère de l’Economie estime que les dépenses publiques, hors covid, augmenteraient de 1,5 % l’année prochaine, ce qui augure mal de l’engagement d’une politique d’assainissement du budget. Le calendrier électoral ne devrait pas la faciliter. Dans ces conditions, la dette publique devrait poursuivre sa progression au-delà des 120 % du PIB. Est-ce mortifère ?

    Taux d’intérêt et taux de croissance 

    Pour le moment, tout semble sous contrôle. Les taux d’intérêt restent plus que modérés, inférieurs à 0,2 %, et la croissance s’épanouit. Au nom des fameux critères de Maastricht, le niveau maximal supportable pour la dette avait été fixé à 60 % du PIB. Quand cette barre fut franchie, rien ne se produisit. Symboliquement, il était alors conseillé de ne pas dépasser les 100 % du PIB. Plusieurs pays avaient (manque un verbe ou un mot) avant même la crise sanitaire sans que cela n’entraîne de cataclysme. En soi, comparer l’endettement au PIB n’est pas opportun sur un plan comptable. La dette est un passif quand le second est un flux de créations de richesses. Il faudrait comme pour les acteurs privés prendre en considération l’endettement net pour les Etats et apprécier le poids du service de la dette, c’est-à-dire le montant des intérêts à payer au PIB. 

    La soutenabilité de la dette dépend donc du niveau des taux et de la croissance de l’économie. Des taux bas comme la France en connaît depuis une dizaine d’années permettent un accroissement de l’endettement. En revanche, l’affaiblissement de la croissance joue en sens inverse.

    La dette finance les dépenses courantes 

    L’autre point clef à prendre en compte est l’efficience des dépenses publiques financées par l’emprunt. Si elles génèrent un surcroit de croissance, elles peuvent être qualifiées de productives. C’est au nom de cette règle que les collectivités locales ne peuvent s’endetter que pour investir. Certes, tout investissement n’est pas un gage de future croissance mais cela limite les risques de dérive budgétaire. Les dépenses en faveur de l’éducation ou de la recherche peuvent être classées dans la catégorie de celles pouvant donner lieu à endettement. Malheureusement, en France comme dans bien des pays occidentaux, les pouvoirs publics ont recours à l’endettement pour financer des dépenses courantes. Les prochaines générations seront ainsi amenées à prendre en charge les dépenses de leurs ainés. Les partisans de la dette publique font le pari que les taux resteront bas sur très longue période. Les banques centrales ne pourraient plus les remonter, faute de quoi elles entraîneraient une crise financière. Le poids croissant de la dette lierait leurs mains au point qu’elles en perdraient leur indépendance.

    Les monnaies ne sont pas des îles 

    L’interventionnisme des banques centrales n’est pas sans limite. Au sein d’une économie mondialisée, les devises ne sont pas des iles. Leur valeur dépend du sérieux des politiques monétaires et budgétaires ainsi que de la force économique du ou des pays sur lesquels elles ont cours légal. Un excès d’endettement improductif serait sanctionné à un moment ou un autre par les investisseurs qui réclameraient comme en 2012 à la Grèce des taux d’intérêt prohibitifs. Même si aujourd’hui les anciennes lois économiques concernant l’inflation, le chômage, les taux d’intérêt sont en suspension, il est dangereux de croire qu’elles seraient devenues totalement inopérantes. A un moment ou un autre, dans un monde aux ressources rares, les critères d’efficacité, de retour sur investissement, de création de richesses reviendront au cœur de la bataille sauf à vouloir imposer un nouveau code de valeurs

  • le projet de loi séparatisme accusé de court-circuiter le débat européen

    le projet de loi séparatisme accusé de court-circuiter le débat européen

    L’Assemblée nationale a de nouveau adopté la semaine dernière le projet de loi confortant le respect des principes de la République. Dans le chapitre consacré aux contenus illicites en ligne, le texte anticipe les dispositions qui devraient apparaître dans la loi européenne sur les services numériques (DSA) – au risque de préempter le débat ?

    L’Assemblée nationale veut-elle aller plus vite que l’Union européenne

    Les députés ont adopté jeudi dernier (1er juillet), en deuxième lecture, le projet de loi de lutte contre le séparatisme qui retranscrit plusieurs obligations « de moyens » pour les plateformes en ligne tout droit sorties de la proposition de loi sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) de la Commission européenne, et alors que le débat à Bruxelles ne fait à peine que commencer.

    L’article 19bis, entre autres, imposera aux plateformes de « rendre publics les moyens qu’elles consacrent à la lutte contre les activités illicites » et de mettre « en œuvre des procédures et des moyens humains et technologiques proportionnés » à cette fin.

    Il prévoit ainsi que les opérateurs devront désigner un point de contact unique pour la coopération avec les autorités judiciaires et administratives, la conservation des contenus signalés et retirés, un « dispositif [de signalement] aisément accessible et facile d’utilisation » pour les utilisateurs ou encore l’instauration d’un statut de « tiers de confiance ».

    Des obligations de moyens et de transparence que l’on retrouvera dans le DSA — ce qui ne plaît pas vraiment à la Commission européenne.

    « La fragmentation croissante représente un risque pour le marché unique des services numériques et pour la prospérité de l’Europe et rend plus difficile de garantir que tous les Européens bénéficient d’un niveau comparable de protection efficace en ligne »,

    a indiqué la Commission européenne au gouvernement français, dans des observations datées du 14 juin dernier et publiées par Next INpact.

    En mars, les autorités françaises avaient notifié les articles 19 et 19 bis du projet de loi à Bruxelles, conformément aux procédures européennes.

    Différer le vote de la loi ?

    Dans l’exposé des motifs, les autorités françaises expliquaient qu’elles « considèrent qu’il est urgent d’agir pour mettre en responsabilité ces acteurs vis-à-vis de la place qu’ils occupent désormais dans l’espace public et compte tenu des risques systémiques que leurs modèles de fonctionnement peuvent induire ».

    Mais il semblerait que la Commission ait tenu à rappeler la règle générale selon laquelle « les États membres devraient différer la mise en œuvre des mesures envisagées quand celles-ci concernent une question couverte par une proposition de texte législatif, et ce afin d’éviter de compromettre l’adoption d’actes contraignants dans le même domaine ». Un avis partagé par la députée Frédérique Dumas (Libertés et territoires)

    « Si chaque État membre se met à anticiper l’adoption du DSA, en votant sa propre législation, en faisant son marché parmi les dispositions du règlement et en multipliant les autorités compétentes, comment pourrons-nous gérer la compétition entre les différentes régulations européennes ? », s’est-elle demandée dans l’hémicycle, notant au passage qu’« alors que la France présidera prochainement l’Union européenne, la première chose que nous faisons c’est de fracturer l’Europe en adoptant une réglementation nationale, avant même que le droit européen ne s’applique»

    députée française Frédérique Dumas

    « Les observations de la Commission européenne sont bonnes », analyse pour sa part Laetitia Ava, députée de Paris (LaREM) et co-rapporteure du projet de loi. Sollicitée par EURACTIV, elle explique que cette mise en garde de Bruxelles ne correspond qu’à quelques paragraphes d’un document long de huit pages et que la Commission européenne aurait pu bloquer davantage le texte si elle l’avait vraiment jugé problématique, dans le cadre de la procédure de notification.

    « Le gouvernement a choisi de faire adopter en France un texte européen qui vient juste d’être proposé par la Commission européenne et qui doit encore faire l’objet de plusieurs mois (si ce n’est années) de discussions, et donc de modifications »

    la Quadrature du net.

    « On ne cache pas notre très forte ambition de porter les régulations des géants du numérique », se défend Mme Avia, invoquant une « doctrine française » et un « signal très fort » envoyé aux partenaires européens. « Sur la taxe GAFAM, sur les contenus haineux, sur les droits voisins, c’est la France qui est leader », se réjouit-elle. Et d’ajouter : « Pas seule bien sûr ! Avec l’Allemagne, l’Autriche… »

    Contactée par EURACTIV, la Commission européenne n’a pas souhaité communiquer sur ce cas précis, mais a indiqué « exhorter les États membres à donner la priorité à une conclusion rapide des négociations en cours sur la loi sur les services numériques, afin de convenir de règles efficaces, uniformes et applicables à l’échelle de l’UE » en soulignant que « les diverses initiatives nationales témoignent de la pression sociétale et politique pour que ces nouvelles règles entrent en vigueur le plus rapidement possible ».

    Pour répondre au potentiel doublon avec la législation européenne, plusieurs garanties sont néanmoins prévues par le texte : l’article 19 bis deviendra obsolète après le 31 décembre 2023 — pour laisser la place au DSA — et il ne sera plus applicable non plus pour la lutte contre les contenus à caractère terroriste à compter du 7 juin 2022 — pour, là encore, ne pas empiéter sur la régulation européenne à ce sujet récemment adoptée. Dans ses observations, la Commission accueille cette date limite comme un « élément positif » du projet de loi.

    Le cas Wikipedia

    Mais que vient faire Wikipédia dans cette histoire de modération des réseaux sociaux ? Dans une publication ainsi intitulée, l’association Wikimedia France regrette que ce texte soit « incorrectement résumé comme une loi sur les réseaux sociaux » et qu’il ait en réalité « un champ d’application beaucoup plus large ».

    En effet, les obligations précédemment citées seront imposées aux plateformes « reposant sur le classement, le référencement ou le partage de contenus mis en ligne par des tiers et dont l’activité sur le territoire français dépasse un seuil de nombre de connexions déterminé par décret, qu’ils soient ou non établis sur le territoire français », selon la note — l’encyclopédie en ligne ne devrait donc pas en être exemptée.

    « Toutes ces régulations rajoutent des contraintes sur l’hébergeur », explique Pierre-Yves Beaudouin, président de Wikimedia France, à EURACTIV. Wikipédia repose essentiellement sur un système de modération communautaire par des bénévoles qui traitent directement des requêtes faites par le grand public. L’encyclopédie compte seulement 13 employés dans le monde chargés des notifications légales — moins de 1 000 par an — émises par les autorités nationales et les administrations, précise M. Beaudouin. « On a peur que ce soient les bénévoles qui soient visés », souligne-t-il.

    Il regrette que la loi se base sur les pratiques mises en place par les réseaux sociaux, pour ensuite demander à toutes les plateformes en ligne de mieux faire. « C’est paradoxal. D’habitude on fixe les normes par rapport aux meilleurs », M. Beaudouin note.

    « La loi allemande NetzDG exclut tous les sites à but non lucratif [d’obligations similaires, NDLR], donc c’est possible légalement »

    M. Beaudouin

    « On ne peut pas prendre le risque de créer des cadres juridiques qui peuvent permettre à d’autres entreprises de se dévoyer », défend Mme Avia, citant la possibilité pour certaines grandes plateformes de contourner cette condition si elles le souhaitaient. La députée reconnaît d’ailleurs que, selon elle, « Wikipédia fait bien le job » en matière de modération.

    Ce qui différencie les réseaux sociaux de l’encyclopédie en ligne est le modèle économique, structuré autour de la viralité du contenu, soutient en outre M. Beaudouin. Malgré sa taille et le nombre de visiteurs, les articles hébergés sur Wikipédia sont individuellement très peu consultés — et la plateforme ne permet d’ailleurs pas de les partager directement depuis le site sur les réseaux sociaux. À ce titre, M. Beaudouin aurait trouvé juste que Wikipédia soit exclue du champ d’application de la loi.

    « Le contenu qui est vu par 30 personnes mais qui est un contenu haineux doit être modéré également », lui répond Mme Avia, arguant que « le jeune LGBT qui vit seul dans un village dans la Creuse, qui a 30 followers et qui se prend des messages haineux a le droit de voir ces contenus modérés ».

    Le texte doit maintenant repartir vers le Sénat pour une nouvelle lecture.

  • Le dragon chinois gobera-t-il le globe ?

    Le dragon chinois gobera-t-il le globe ?

    Le dragon s’appelle Winnie l’Ourson, sobriquet de Xi Jinping, dont le dessin est désormais banni de Chine. Comment l’homme le plus puissant du monde à la géniale pensée pourrait-il accepter d’être ainsi moqué ? Erdogan supporterait-il d’être caricaturé en Daisy ? Poutine en Snoopy ? L’empereur Hong Wu, un turban rouge, déjà,  fondateur de la dynastie Ming, qui empaillait ses juges pour les inciter à se tenir droit, n’avait pas à sa disposition autant de police au service de sa paranoïa. Prions pour que Winnie l’Ourson ne devienne suspicieux !

    Soyons donc à la fête : Jouez hautbois résonnez musettes, le parti communiste chinois a cent ans et toutes ses dents. Magie des célébrations, le tourisme rouge explose, le culte de la personnalité colle à l’économie 3.0.

    Personne n’imaginait que la Chine devait être sauvée, surtout par le socialisme. 

    Si Xi change la Chine, il la change dans son changement, et son immuabilité, en même temps : Yin/Yang, tout est mêlé. Pour son discours, il a troqué son costume cravate occidental pour le costume Mao. S’estompe Deng Xiaoping. Pourtant, c’est bien lui, avec sa « révolution capitaliste »  qui fit faire un grand bond en avant à la Chine, à rebours de la catastrophe maoïste du même nom. Mais toutes les révolutions, celles de Mao comme celle de Deng restent sous le contrôle du parti. 

    Au contraire de Mao, Deng avait posé les fondements d’un pouvoir collégial, Xi Jinping ne veut pas de collégialité. Comme il ne veut pas que les entreprises, deviennent des centres de pouvoir. D’où la mise au pas d’AliBaba et autres prétentieux multimillionnaires. Xi Jinping réoriente le parti dans la bonne direction, la sienne: « Seul le socialisme peut sauver la Chine ». Extraordinaire mot d’ordre du centième anniversaire masqué par sa banalité, puisque personne n’imaginait que la Chine devait être sauvée, encore moins par le socialisme. Là, le socialisme est le drapeau de l’antiimpérialisme.

    Quelle est l’angoisse de Xi Jinping ? Perdre le contrôle du parti. La nouvelle doctrine de sécurité nationale concerne moins la sécurité territoriale, économique ou financière du pays que celle du Parti et, à l’intérieur du parti, la sienne.

    Réorienter le « rêve chinois » 

    Il y a, comme toujours, des contestations sous jacentes. D’un coté, se prémunir contre une Alliance occidentale antichinoise, réorienter le « Rêve chinois »  vers l’intérieur, revenir sur l’ouverture entreprise depuis trente ans, préparer l’affrontement : « Le peuple chinois ne permettra jamais à aucune force étrangère de nous intimider, de nous opprimer ou de nous soumettre. Quiconque s’y risquerait se fracassera la tête ensanglantée sur une Grande Muraille d’acier édifiée par la chair et le sang de 1,4 milliard de Chinois». La nouvelle ligne de Xi vise à resserrer les rangs.

    De l’autre, poursuivre dans la voie initiale tracée par Deng, celle de « l’ascension pacifique », comme on le disait à l’époque de Hu Jintao, le prédécesseur évincé de Xi.

    Sur quoi reposait l’ascension pacifique ? Ne pas provoquer de réactions négatives au développement de la Chine. Cela conduisait à accorder des « garanties implicites » aux autres nations, notamment aux Etats-Unis. En échange de quoi, aucune alliance ne contrarierait l’ascension chinoise, ce qui fut le cas, parce qu’elle était pacifique.

    Revirements radicaux 

    Mais ces garanties se sont évanouies :

    La Chine convenait de s’intégrer dans le jeu mondial, sans chercher à imposer ses règles et ses normes. Ce temps, s’il fut vaguement respecté – la Chine n’a jamais observé les règes de propriété intellectuelle, ni celles de l’OMC- n’est plus. Elle développe une politique d’entrisme systématique pour peser sur le système normatif.

    Le Chine n’affichait aucun désir d’hégémonie régionale ou mondiale. Xi Jinping affirme l’inverse : il vise la « suprématie mondiale en 2050 ». 

    La Chine s’abstiendrait de recourir à la force pour le règlement des conflits territoriaux ou maritimes. Elle occupe les îlots controversés, refuse les arbitrages, déploie ses forces, affiche sa volonté de dépasser l’USNavy. 

    La Chine ne devait pas miser sur la force militaire (à l’image de l’ex URSS), pour se hisser au niveau des Etats-Unis. Xi Jinping affirme l’inverse, y compris dans le domaine spatial.

    2000 familles multimilliardaires dans le parti

    Son développement économique ne chercherait pas à perturber les économies des autres pays par une politique agressive de dumping ou de non respect des règles. Or la Chine mise sur la dépendance des économies clientes, en Afrique, en Asie centrale, jusqu’en Europe. 

    Enfin aucune force ne serait dirigée contre Hong Kong et Taïwan. Le dernier journal démocrate a cessé de paraitre à Hong Kong, et Xi Jinping menace ouvertement Taiwan.

    Ces changements radicaux justifient le virage américain, celui de Trump puis de Biden avec son « Alliance des démocraties ». Reste à considérer si cette réaction, avec sanction à la carte, peut réussir.

    Le changement initié par Xi Jinping ne vient pas d’une analyse géopolitique mais d’un resserrement du pouvoir en politique intérieure. Que l’image de la Chine se dégrade dans le monde (Entre 66 et 75% des opinions publiques occidentales ont une mauvaise image de la Chine) intéresse peu Xi Jinping. La Chine est dirigée par une aristocratie, celle du parti communiste, des grandes entreprises, privés et publiques, des provinces et des commissions de contrôle. Tous cumulent postes, fonctions, fortunes. D’où la grande blague de « la lutte contre la corruption ». Les 2000 familles multimilliardaires sont dans le parti et les centres financiers, alliés et mésalliés avec Xi Jinping. Enfants et parents étudient aux Etats-Unis, accumulent les sociétés offshore dans des paradis fiscaux, mettent leurs dollars en lieu sûr, à la manière des oligarques russes. La cible de toute politique est cette aristocratie.

    Opposer un front occidental à la Chine, c’est aussi offrir un front antiimpérialiste à Xi Jinping 

    L’idée d’une politique d’ « endiguement », comme dans les années cinquante, est inadaptée. Tout comme celle d’une Alliance des Démocraties, qui devrait s’appuyer sur des non démocraties (comme le Vietnam, ironie de l’histoire). Quant à l’arme des sanctions, même pour des pays moins dotés en richesse, finance et population que la Chine,  le doute est permis…

    Et si, au contraire, il fallait parier sur le développement chinois ? Il n’est d’aristocratie qui ne finisse par se déchirer, d’empereur qui n’avale ses proches, d’empire qui ne s’effondre sur lui-même. Hâter la confrontation renforce les tenants du « national socialisme »  chinois.

    Jamais un pays qui bannit Winnie l’ourson ne séduira le globe

    Certes, le Pentagone a besoin d’un ennemi pour conserver ses subventions et mettre en rang ses alliés, mais les Européens non. Rééquilibrer les relations avec la Chine, attirer une partie des princes rouges, maintenir la prééminence des normes  européennes dans les enceintes internationales, veiller au respect et à la réciprocité des accords, conforter les pays riverains de la Chine comme l’Australie, le Japon, la Corée, l’Inde … et la Russie, correspond à une stratégie de long terme plus efficace que de se mouler dans une posture de confrontation avec un ennemi putatif. Opposer un front occidental à la Chine, c’est aussi offrir un front antiimpérialiste à Xi Jinping, sur le plan intérieur et extérieur. Faciliter la division du monde en deux camps serait une réduction fatale. 

    Jamais un pays qui bannit Winnie l’ourson ne séduira le globe. Un dragon est d’abord une chimère. Il n’a d’effet que sur ceux qui y croient.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »

  • Une Française lutte pour l’égalité des sexes à Berlin

    Une Française lutte pour l’égalité des sexes à Berlin

    C’est l’histoire d’une mère de famille française, installée à Berlin depuis 9 ans, qui fut expulsée d’un parc berlinois pour avoir faire du topless. Ce fait divers relance le débat sur l’égalité des droits entre les hommes et les femmes en Allemagne.

    Le 20 juin, à l’heure du déjeuner, cette Française, Gabrielle Lebreton, était assise sur sa serviette au bord de la pataugeoire publique du parc de Treptow, au bord de la Sprée, la rivière qui traverse la capitale, quand deux agents de sécurité du parc lui demandent de se couvrir la poitrine.

    Une base juridique floue

    Nudisme, exhibitionnisme, provocation à l’acte sexuel, infractions aux bonnes mœurs… Personne n’arrive à définir l’infraction de Gabrielle Lebreton. Et personne n’a vu de panneau interdisant aux femmes de se couvrir la poitrine. Malgré des excuses sur une « communication inappropriée » des agents de sécurité, la mairie d’arrondissement confirme un « trouble à l’ordre public », en se référant à l’article 118 de la loi sur les infractions, avec une pratique du « naturisme » de la part de la Française.

    Pour la jeune mère de famille française, la sexualisation de ses seins est le fait des autres. Lorsque Gabrielle Lebreton a déclaré qu’elle ne faisait pas de nudisme et qu’elle pouvait se déplacer comme les hommes sur le terrain avec le haut du corps libre, il y a eu un échange verbal intense à la limite de la violence. » Qu’en est-il de l’égalité des droits? « , a-t-elle demandé. À la fin, deux policiers sont arrivés et ont prêté assistance au service de sécurité et ont expulsé la Française.

    « Si cela gêne les autres, ce n’est pas mon problème. C’est le leur. Mes seins sont sexualisés, c’est insupportable »

    Gabrielle Lebreton

    Et pourtant elle est décidée à ne pas lâcher l’affaire. Elle a déjà lancé un mouvement intitulé «Egalité des poitrines» pour sensibiliser l’opinion publique. Elle compte, donc porter l’affaire en justice pour tenter de combler ce vide juridique.

    « La vague de soutien a été immense sur les réseaux, venant de tous les âges et de toutes les cultures »

    Gabrielle Lebreton

    Soutien des femmes berlinoises

    Interrogées par la presse locale, les Berlinoises soutiennent dans leur majorité l’action de la jeune femme.

    « Nous ne sommes pas en Bavière, mais à Berlin. Qu’est-ce qu’il y a de mal à ce que des femmes avec le haut du corps s’allongent sur la planche, même si celle-ci est une place de jeux pour enfants. Croyez-moi, les enfants ne s’en soucieront pas. »

    Une Berlinoise dans le Berliner Kurier

    Cette affaire fait craindre un retour de la pudibonderie d’avant-guerre. Les adeptes de la « culture du corps libre » (Freikörperkultur, FKK) le constatent : ils se sentent de nouveau en minorité sur les plages.

    « Autrefois, 90% des jeunes faisaient au moins une expérience de nudisme. Ils ne sont plus que 50 % aujourd’hui. Ça change le rapport de la société à la nudité »

    Konrad Weller, sexologue à l’Ecole supérieure de Merseburg en Saxe-Anhalt (ex-RDA).

    Le plus étonnant est que cette affaire de seins s’est produite dans un quartier de l’ancienne RDA communiste, un pays où le nudisme a fait partie de la culture populaire pendant 40 ans. Les temps changent, les mœurs aussi.

  • Poutine s’attaque au Champagne

    Poutine s’attaque au Champagne

    Dans la Jet-set russe, c’est la panique ! Une pénurie de Ruinart, de Moët et Chandon, ainsi que de Veuve Cliquot, Krug, Mercier, ou encore Dom Perignon est annoncée ! Pour l’heure en tout cas, les livraisons à la Russie des célèbres marques de champagne du groupe français LVMH sont suspendues en réponse à la signature par le président Vladimir Poutine d’une nouvelle loi réservant l’appellation « champagne » aux seuls vins effervescents russes, tandis que le véritable champagne français devrait lui prendre l’appellation… »vin pétillant ».

    « Je peux confirmer avoir reçu un courrier de ce type, et c’est justifié ».

    Leonid Rafailov, directeur général d’AST, l’un des principaux distributeurs de vins et spiritueux en Russie, à l’AFP

    L’AOC Champagne battue en brèche

    Les producteurs français, pourtant, ne cessent de batailler sur toute la planète pour faire respecter leurs droits face aux multiples tentatives d’utiliser l’appellation « champagne ». Souvenez-nous du parfum « Champagnes » d’Yves St Laurent qui du abandonner le nom dans les années 90.

    Pas plus tard que le 1er juillet dernier, après une bataille juridique qui a duré plusieurs années (et qui est allée jusqu’à la Cour européenne de justice), le tribunal de Munich leur a donné gain de cause en interdisant à la chaîne allemande de supermarchés Aldi de vendre des sorbets au « champagne » qui n’ont pas le goût de la célèbre boisson française. Saisi par des producteurs français, qui estimaient que le terme « champagne » contrevenait à l’appellation d’origine contrôlée, le tribunal a estimé que le sorbet n’avait pas le goût de champagne mais plutôt d’un mélange de poire, « de sucre, d’acide citrique et d’une touche d’alcool », selon le jugement, transmis à l’AFP.

    Mais Vladimir Poutine, le président russe a décidé, vendredi, tout de même de signer cette loi. Ainsi il semble vouloir réserver l’appellation « champagne » aux seuls vins pétillants russes. Les champagnes français doivent modifier leur étiquetage aux termes de ce texte et s’identifier comme vins pétillants. « Cette loi est complexe. C’est un sujet très complexe et évolutif. Tous les importateurs sont en train d’analyser cette loi et ses conséquences », dit-on chez Moët Hennessy, leader des exportations de champagne en Russie.

    « Шампанское, champanskoïé »

    Désormais, c’est donc seulement le champagne produit en Russie qui pourra s’appeler ainsi. Et Oui, ça existe, et c’est même un grand classique des tables du pays. On l’appelle «rossiiskoïé champanskoïé», «champagne russe», ou plus couramment «sovietskoïé champanskoïé», «champagne soviétique», car c’est après la révolution d’Octobre que sa production décolle en Russie. Dès la levée de la prohibition en 1924, les nouveaux maîtres du Kremlin comprennent l’importance symbolique de proposer aux masses laborieuses un champagne, la boisson bourgeoise par excellence, à un prix accessible.

    En se basant sur des domaines existants dans les régions viticoles du sud du pays et en leur appliquant des méthodes industrielles développées en quelques années, l’URSS peut, en 1936, ouvrir ses premières usines de «sovietskoïé champanskoïé». Notez que le champagne n’est pas le seul alcool français à se faire ainsi exporter : autour de la chaîne du Caucase, des régions comme le Daghestan ou l’Arménie se lancent par exemple dans la production de «konyak».

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