Election cherche électeurs

Election cherche électeurs

Les élections consulaires sont en cours. 1,360 000 inscrits sur les listes électorales consulaires, d’après la porte parole du Quai d’Orsay. 1.082.858 SMS envoyés, 841.379 SMS reçus,  241.212 non reçus. Personne n’est parfait. 

1.195.532 courriels envoyés par l’administration, 1.129.108 mails reçus, 66.424 non distribués. Un ratio qui n’est pas si mal pour un début. 

179.124 clics sur le lien contenant l’identifiant. 24.607 de demandes réussies de renouvellement d’identifiant.

Le vote est en cours 

83 223 votants su 1.360.000 inscrits (à dimanche 23 mai 18h – CET) 

Actuellement (dimanche 23 à 18h), on décompte 83 223 votants. Peu de chances, d’atteindre la participation de l’élection présidentielle (44% au premier tour).  Selon un rapport du Sénat le vote internet représentait la moitié des votes des Français de l’étranger, il s’est substitué au vote par correspondance, hélas supprimé. 

Il reste jusqu’à mercredi 26 à midi pour voter par internet. Sinon, les Français de l’étranger pourront se précipiter pour aller voter à l’urne, le 29, pour le continent américain, le 30 pour le reste du monde. 

On s’oriente donc vers une très faible participation, d’autant que 20% des bureaux des bureaux de vote ont été supprimés, (60% aux Etats-Unis, 80% en Suisse !) et pourtant, le ministre se félicite…

Si l’on avait voulu favoriser le vote, au lieu de supprimer les bureaux de vote, afin d’éviter « l’afflux » à cause de la pandémie, on aurait du doubler le nombre de bureaux de vote, et non en supprimer. Au lieu de cela on ferme. Manque de moyens, dit-on. 3 Millions d’euros pour le vote électronique. Avec la même somme pour les bureaux de vote, on doublerait effectivement le nombre de site, avec 10.000 euros par site, une manne !

Une question de moyens ou d’attention ?

Mais est-ce une question de moyens ? Si, par exemple, l’administration se trompe de liste électorale et envoie ses courriers à la LEC arrêtée au 1er janvier 2021, conservant quelques morts et oubliant quelques inscrits, est-ce un manque de moyen ou une faute d’inattention ? Des dizaines de recours possibles. Et quelques frais. 

Si, en raison d’une pandémie imprévisible, (qui n’a pas empêché les Indiens, les Américains, les Portugais, les Anglais,  et tant d’autres de voter), on reporte, le jour même du début du vote, les élections en Inde et à Madagascar, est-ce panique, imprévoyance, ou manque d’attention ?

Peu importe, finalement. La réponse est là : les élections intéressent peu de monde : ni le gouvernement, ni le ministère, ni, hélas, les électeurs.

Voter pour des élus sans pouvoir ? 

Pourquoi ? Inutile de rabâcher que si les élections ne sont pas la démocratie, rares sont les démocraties sans élections. Plus rares encore les démocraties sans citoyens. Mais peut-être ces derniers sont-ils clairvoyants : pourquoi voter pour des élus sans pouvoir ?

Car il faut l’avouer : les conseillers et délégués des Français de l’étranger ont peu de pouvoir. Certains -pas tous-  iront siéger à une Assemblée consultative, peu écoutée, ni sur la fiscalité, ni sur les subventions, ni sur l’enseignement, ni sur les bourses- et auront à élire des sénateurs. Pour le reste, il s’agit plus d’influence et de représentation qu’autre chose. Or faire entendre sa voix, sur place ou à Paris, c’est important.

Donner de vrais pouvoirs aux élus consulaires  

La crise du Covid l’a montré. Il a fallu le Conseil d’état pour corriger les erreurs du gouvernement. Plus les élus parleront fort, plus ils auront une chance d’être écouté : ne serait ce que sur l’organisation des élections, les bourses, l’enseignement, des effectifs dans les Consulats, dans les lycées, la fiscalité, la CSG, la distribution des aides  sociales, le soutien au « made in France »…

Mais, avec si peu de participation, pourquoi confier aux élus de nouveaux pouvoirs ? C’est un peu le chat qui se mord la queue : peu de votants, peu de légitimité ; peu de légitimité, peu de pouvoirs, peu de pouvoirs, peu de votants. Rien ne mine plus la démocratie que l’apparence de celle-ci. Des élus sans pouvoir, c’est une anomalie. 

Plus d’électeurs, plus de poids pour se faire entendre

Au risque d’horrifier l’administration, les élus consulaires méritent d’être considérés comme les élus locaux des Français de l’étranger, et avoir les mêmes pouvoirs. Le maire est bien Officier d’étai civil. Il a un budget. Le conseil municipal vote les subventions et les aides. Pourquoi pas le Conseil consulaire ? De consultatif, il devrait être responsable. Les délégués consulaires devraient être Consuls. Ou l’un d’entre eux. Donnez aux Conseillers consulaires du pouvoir, alors vous aurez des électeurs.

Votez plus nombreux pour les conseillers et délégués des Français établis hors de France, alors ils pourront faire entendre leurs voix et réclamer de vrais pouvoirs.  

Laurent Dominati

A. Ambassadeur de France

A.Député de Paris

Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »

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