Un avenir incertain pour des milliers de ressortissants de l’Union européenne au Royaume-uni .

Un avenir incertain pour des milliers de ressortissants de l’Union européenne au Royaume-uni .

Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni est un pays tiers à l’Union Européenne. Le droit de l’Union a cessé de s’appliquer au Royaume-Uni. Bien qu’un accord ait été signé, le Brexit a entrainé des changements importants. Pour les expatriés le principal changement est lié à la décision du gouvernement britannique d’imposer une nouvelle politique migratoire

Une période transitoire

C’est pourquoi le délai accordé entre la fin de la période de transition (le 31 décembre 2020) et la date limite de dépôt des demandes du régime de règlement de l’UE (30 juin 2021) est appelé « délai de grâce”. Pendant cette période, les expatriés sont considéré comme résidant légalement au Royaume-Uni.

De ce fait, les ressortissants européens vivants déjà au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 et qui se sont enregistrés pour avoir la résidence permanente (le EU settlement scheme), conservent les mêmes droits que les Britanniques. Vous garderez vos droits de travailler, de résider et d’accéder à la sécurité sociale, malgré le sortie du pays de l’Union européenne. 

 Si vous n’avez pas encore effectué les démarches, vous pouvez encore le faire !  

Des incertitudes sur la procédure

Et pourtant cette procédure, le Settled Statut, soulève beaucoup d’incertitudes auprès des ressortissants européens. Ce qui a conduit un citoyen de l’UE sur dix vivant en Grande-Bretagne, de quitter le pays après la fin du mois de juin. C’est la date limite pour que les citoyens de l’Union européenne puissent continuer à vivre et à travailler légalement au Royaume-Uni.

Aujourd’hui, nous avons laissé la parole à quelques ressortissants afin de connaître leurs inquiétudes.

Un couple franco-britannique

Un directeur de produit français (qui a voulu conserver son anonymat) habite à Londres avec sa femme britannique. Auparavant, ils vivaient au Canada et ils sont venus vivre au Royaume-Uni. Celui-ci a obtenu une offre d’emploi à Londres et ils sont arrivés en 2018. Juste après le référendum sur le Brexit où les négociations avaient encore lieu avec l’Union Européenne. 

Celles-ci allaient dans un sens assez soft (douces). Les observateurs pensaient que la liberté de mouvement serait préservée. Et qu’ainsi le statut du Royaume-Uni soit proche de celui de la Norvège ou de la Suisse. Pour eux, la nouvelle politique migratoire les a décidé à quitter le territoire britannique.

“J’ai fait ma demande de Settled Status (résidence permanente) qui a été accepté. C’était assez rapide, mais le fait de passer par ce genre de chose pour justifier ma demande m’inquiète énormément parce que je ne me sens pas du tout en sécurité au niveau du droit de vivre dans le pays.”

Un expatrié français sur le départ

Une colère froide contre les politiques

“Le Brexit et le climat général nationaliste font partie des raisons principales. La direction générale des principaux partis politiques s’éloigne vraiment de l’alignement avec l’Union européenne. Il y a un discours très nationaliste même au niveau du Labour (Parti Travailliste)ce qui me fait penser que notre situation n’est pas forcément sûre et que les choses vont avoir tendance à s’empirer sur le droit du travail. Nous sommes repartis du Canada. On préfère les modèles plus européens, plus sociaux démocrates avec une protection des citoyens et environnementale. Et aujourd’hui le Royaume-Uni a l’air de s’aligner vers les États-Unis. Ma situation ne semble pas du tout acquise parce qu’il faut que je reste encore plusieurs années avant d’avoir le Settled Status et je suis très hostile de pouvoir justifier ma présence dans un pays. La liberté de mouvement a été enlevée. Je pensais que ça allait être gardé. On songe repartir dans un pays de l’Union européenne et ça ne rend pas encore les choses encore plus simples. À l’inverse ça va être ma femme qui va avoir les mêmes problèmes. Nous sommes absolument furieux contre les courants politiques qui ne se sont pas assez battus pour préserver les droits des personnes, furieux de voir ce qui se passe en ce moment pour les citoyens européens qui viennent à la frontière et qui sont mis dans des centres de détention par exemple. Je trouve ces genres de choses absolument terrifiants.”

Un expatrié français sur le départ

Une Française devenue britannique

Une Française (souhaitant, elle aussi, conserver son anonymat), a pris la décision de prendre la nationalité britannique après le vote du Brexit.

“Je ne l’aurais jamais envisagé avant, mais je ne faisais pas confiance au gouvernement britannique. Et, je craignais que mes droits au travail et que la prise en charge du NHS (système de santé) cessent à long terme. Je suis britannique depuis 3 ans pour avoir cette tranquillité… et la flexibilité !”

Une française à Londres

Un français serein

Pour Guillaume, qui habite à Londres, “quand le Brexit était acté”, il était inquiet quant aux démarches administratives qu’il faudrait faire pour recevoir le Settled Status. Et il fut agréablement surpris

“Cela a été plutôt simple à effectuer puisqu’il suffit de prouver que l’on a résidé au Royaume-Uni pendant plus de cinq ans. Les preuves à fournir sont plutôt faciles à obtenir. Une fois que j’ai reçu ce titre de séjour, j’étais bien évidemment soulagé et depuis je suis complètement serein. Je sais que les droits des ressortissants ayant ce titre de séjour sont protégés par le droit international. Je n’ai aucune raison que le Royaume-Uni ne revienne sur ses acquis”

Guillaume, Français restant à Londres

Une française dans le doute

Émilie, elle, est venue à Londres en octobre 2020 dans l’espoir de devenir jeune fille au pair et n’a pas pensé au Brexit.

“Je suis arrivée au Royaume-Uni en octobre. Je suis comptable. Pendant le premier confinement, j’ai beaucoup réfléchi à ma vie. J’ai toujours voulu voyager. Avec mes études je n’ai pas eu l’occasion de le faire et j’ai toujours voulu être jeune fille au pair. L’été dernier j’ai donc décidé de quitter mon travail et j’ai tout organisé. J’ai trouvé une famille. Je suis partie mi-octobre.Et,je n’ai pas vraiment pensé au Brexit lorsque je suis partie. Quand je suis arrivée à Londres, ma famille d’accueil m’a aidé à faire les démarches pour avoir le pre settled status. J’ai trouvé ça assez facile à faire. En deux semaines j’ai eu mon statut. J’espère avoir fait tout ce qu’il fallait. Je ne suis pas très papiers administratifs et je n’ai pas non plus fait beaucoup de recherches sur les démarches à faire.  Donc je ne sais pas si ça suffit, ce que j’ai fait. Ce qui me fait peur, c’est qu’ une de mes amies qui n’a pas pu venir avant le 31 décembre ne puisse pas obtenir son visa et ne puisse pas venir travailler ici.”

Émilie, jeune fille au pair en Angleterre

Les expats ont beaucoup de craintes, mais ils sont en mode keep calm and carry on malgré le Brexit.

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