Canicules et sècheresse en Chine

Canicules et sècheresse en Chine

Jusqu’à 45°C dans certaines régions, baisse de la production d’électricité, pénurie d’eau potable, crainte sur les récoltes à venir avec déjà 20% des récoltes detruites (riz, maïs, soja…), la deuxième puissance économique mondiale vit l’une des plus importantes crises climatiques mettant au ralenti son économie.

Depuis juillet les le thermomètre ne cesse d’augmenter et beaucoup tentent de survivre face à cette chaleur extrême.

La vision du Yangtsé, 3ème plus grand fleuve du monde, qui affiche un débit d’eau inférieur de plus de 50% à la moyenne des cinq dernières années, a un réel impact sur les populations. Fournisseur d’eau potable pour des centaines de millions d’habitants, le fleuve est également un accès primordial pour le commerce et pour l’agriculture du pays.

Une économie au ralenti

Autre conséquence de cette sècheresse, la pénurie d’électricité entrainant un rationnement, notamment au sein des entreprises, pénurie qui ne sera pas immédiatement résolue avec les pluies qui commencent à tomber depuis dimanche surtout dans la province du Sichuan.

Selon la chaine américaine CNN, la Chine envoie des projectiles dans les nuages pour faire tomber la pluie grâce à une technique appelé « ensemencement des nuages ».

Même si cette nouvelle épreuve pour la Chine n’affecte pas directement les communautés expatriées, beaucoup s’en inquiètent. « Nous ne sommes pas encore sortis de la crise sanitaire qu’on nous annonce une possible pénurie alimentaire et des rationnements pour l’électricité, donc oui cela nous inquiète », indique une mère de famille française expatriée à Shanghai.

Pour Eric basé dans la région de Pékin, c’est plus un sentiment de baisse de moral qui apparaît avec ces annonces liées à la sécheresse. « Nous sommes passés par des hauts et des bas sur le plan émotionnel et là où on pense que l’ouverture arrive, il y a cette sécheresse qui risque de ralentir encore l’économie. Si la situation devient ingérable sur le plan du développement des affaires, je pense rentrer en Europe », indique l’entrepreneur.

L’autre risque pour ces populations expatriées, c’est l’arrêt des usines de certains groupes, en raison des restrictions d’électricité. Certains groupes automobiles ont déjà dû fermer leurs installations pour plusieurs jours. Le gouvernement chinois a déclaré qu’il allait débloquer une aide d’environ 1,5 milliards de USD pour soutenir les agriculteurs et s’assurer d’une récolte suffisante de riz.

Reste à voir comment les pluies naturelles associées à celles liées à « ensemencement des nuages » sortiront le pays de cette crise climatiques non prévue.

Un été particulièrement chaud dans l’ensemble du monde

La Chine n’a donc pas échappé à la vague de chaleur qui a frappé le monde entier cet été. D’après l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le mois de juillet a été l’un des trois plus chauds jamais enregistrés dans le monde. Le thermomètre a affiché 0,4° de plus en moyenne par rapport à la période de référence s’étalant entre les années 1991 et 2020. Si la majorité des pays a connu une forte vague de sécheresse, symbolisée par les feux de forêts qui ont dévasté plusieurs pays dont la France ; les pays de nature humide, ont eux enregistré des taux d’humidité plus forts que d’habitude. Face à ces phénomènes l’OMM a appelé les dirigeants mondiaux a avoir « une prise de conscience » et à investir dans la transition énergétique et écologique.

Auteur

  • Catya Martin a eu plusieurs vies. Après une carrière dans le groupe Dassault, elle s'envole avec sa famille pour Hong-Kong où elle se pique pour le journalisme et l'expatriation. Elle y crée Trait d'Union et est élue Conseillère consulaire en 2014 et 2021. Elle a créé aussi La French Radio Hong-Kong, partenaire du site Lesfrancais.press

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