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  • La Chine malade de Xi

    La Chine malade de Xi

    Xi contrôle tout : la Chine, l’avenir, le virus. Dut-il enfermer le monde comme il enferme les Chinois pour les protéger du virus. Rien n’échappe à son sourire. Joe Biden et Emmanuel Macron l’ont vu au G7 de Bali ; Olaf Scholz qui lui a rendu visite, sous un flot de critiques, s’étonne :  « Je suis donc surpris de voir à quel point certaines entreprises se sont rendues dépendantes de marchés individuels et ont complètement ignoré les risques« . Comment se passer de la Chine quand elle réalise 50% des ventes de BASF, 25% de celles d’Airbus ou d’Apple ? Peut-on se libérer de ses dépendances, pétrole, gaz, puces, dollar ? L’enfer, c’est les autres. Peut-on isoler la Chine ? Elle s’isole toute seule, hélas. 

    Armée d’argile, les 2296 délégués du Parti, un seul corps et une seule âme, écoutaient les 30.000 caractères du « Rapport préliminaire » du Secrétaire général, le Grand Xi. Le PCC, 96 millions de membres. 1.5 millions, accusés de corruption, ont été purgés, y compris à la veille du Congrès. Il reste des corrompus, soit, mais des pro Xi.

    L’alternative à l’Occident 

    Xi a présenté l’œuvre future, l’alternative à l’Occident : « La modernisation à la chinoise offre à l’humanité une nouvelle option pour se moderniser ». 

    Moderniser, le mot est faible. Grâce au Web 3.0, 4.0, 5.0… jamais les Chinois n’auront été aussi bien observés, scrutés, fichés. Si tout sourire est décrypté, l’absence de sourire aussi. Les plus analysés sont les plus élevés dans la hiérarchie. Hu Jintao, dix ans aux commandes de la Chine, a été évincé de la tribune, comme un petit vieux qu’on raccompagne à sa chambre. Il ne souriait pas. Xi n’a pas tourné la tête. Li Qekiang, ancien rival, avait avoué que “600 millions de personnes disposent d’un revenu mensuel moyen de 1 000 yuans (125 euros).” Il quittera son poste de Premier ministre. 

    L’Empereur Hongwu serait-il le modèle de Xi ? Moinillon chasseur de rats devenu seigneur de guerre, il fonda la dynastie Ming, inventa le premier système totalitaire : chaque villageois devait être un délateur. Chaque juge avait derrière lui son prédécesseur, empaillé, image de son avenir. Aujourd’hui, Xi, qui s’identifie à la stratégie géniale du « zéro covid », enferme le quart de la population chinoise, empaillée.

    Les ouvriers se révoltent, désertent, font le mur, affrontent la police

    Dazibao vieux style, une banderole criait : « Nous ne voulons pas de tests covid, nous voulons manger ; nous ne voulons pas de confinement, mais être libres ; pas de mensonge, mais la dignité. Ne plus être des esclaves, mais des citoyens. ». Parqués dans leurs usines, les ouvriers se révoltent, désertent, font le mur, affrontent la police. Les émeutes se multiplient. Du jamais vu. Aucune chance, évidemment.

    Xi Jinping concentre plus de pouvoir que n’en eût aucun autre homme sur la terre. « Le pouvoir politique, disait Lin Biao, c’est le pouvoir d’opprimer les autres ». Il en savait quelque chose avec Mao.  Xi croit en l’irrésistible ascension de la Chine, comme beaucoup dans le monde. Il croit aussi que cette fascination le sert.

    Acheter les dirigeants, installer une dépendance 

    En Asie centrale, les anciens affidés de la Russie passent à la Chine : Kazakstan, Tadjikistan, Ouzbékistan. En pleine Coupe du monde, le Qatar signe le plus important contrat de fourniture de gaz à la Chine : plus de 25 ans. L’Iran s’est mise dans l’orbite chinoise, comme désormais, la Russie. Laos, Sri Lanka, Bengladesh, Birmanie, Malaisie, Indonésie, Cambodge se noient dans les prêts chinois. En Afrique, 62% de la dette bilatérale, celle que signent les gouvernements, l’est avec la Chine. Acheter les dirigeants, installer une dépendance. Dans cinq pays, la dette chinoise dépasse 30% : Ethiopie et Cameroun, Congo, Angola, Djibouti (57% !). 

    QatarEnergy CEO and Qatar’s Minister of Energy Saad al-Kaabi attends a signing ceremony with Sinopec, in Doha, Qatar, November 21, 2022. REUTERS/Imad Creidi

    Mais la Chine cale. L’économie chinoise n’est plus aussi florissante, la crise immobilière alimente une crise de la dette, la croissance plonge, la démographie annonce une baisse de la croissance à venir. L’avenir radieux est derrière Xi. 

    Accroitre le contrôle, stimuler l’esprit de revanche, promouvoir, à l’échelle planétaire, l’anti-occidentalisme, tel serait le « rêve chinois ».  Mais plus Xi s’affirme, plus les oppositions à la Chine se fédèrent, plus le leadership américain ressuscite. « La Chine ne renoncera jamais à l’usage de la force » s’aventure Xi en pleine guerre russe.

    La Chine n’a aucune chance de l’emporter dans une confrontation

    Toute action engendre une réaction. « La crise ukrainienne n’est qu’un échauffement. Le grand conflit arrive ; il ne faudra pas longtemps avant que nous soyons testés » s’alarme l’amiral Richard, patron du commandement stratégique au Pentagone. Le budget militaire américain est trois fois celui de la Chine. 

    Dans aucun domaine, la Chine ne peut devenir dominante : ni la monnaie, ni la recherche, ni les forces militaires. La Chine n’a aucune chance de l’emporter dans une confrontation. Les pays de l’OCDE représentent cinq fois le PIB chinois. 

    Le Renminbi ne remplacera pas le dollar, tous les essais en ce sens ont échoué : personne n’a confiance en une monnaie contrôlée par le PCC. Le durcissement du régime freine investissement et créativité. 

    Bien sûr, la Chine investit : dans la marine, le cyber, l’intelligence artificielle, les supercalculateurs, l’espace, mêlant toujours le civil et le militaire, comme les Etats-Unis, toujours moins que les Etats-Unis et l’Occident (surtout en y intégrant Corée, Japon et Taïwan). Biden a encore restreint l’exportation de de technologie servant à la fabrication de puces. La Chine proteste, et puis ? Huaweï chute.

    Ne céder ni à la fascination, ni à la peur

    La Chine vieillit, elle est soumise à des tensions internes.  Elle est plus dépendante de l’Occident que l’inverse, dépendante de ses clients, des routes qui ne sont pas de soie et restent contrôlées par d’autres. 

    Mais considérer la Chine comme un adversaire seulement, n’est qu’une posture en réponse à une autre posture, double imposture. Ce qui évite le conflit, c’est la multiplication des dépendances, pas l’isolement.

    Il faut faire vivre les routes de la soie, dans les deux sens. Les Chinois sont comme … les Taïwanais : ils préfèrent une société ouverte à une société fermée. Ce n’est pas à l’Occident de fermer les frontières, de se renfermer, de se replier. Scholz n’est pas Daladier, Biden ne sera pas Churchill. On n’en a pas besoin, heureusement.

    Le danger serait de limiter les échanges avec la Chine 

    Il serait idiot de penser l’avenir du monde sans la Chine. Ne céder ni à la fascination, ni à la peur. Xi a raison, comme Poutine, comme Khomeini : l’Occident est très fort. L’avenir de la Chine pourrait être radieux, une fois que Xi aura abandonné son « rêve chinois », qui est tout sauf le paradis. Le système totalitaire, celui de Hong Wu comme celui de Xi, disparaitra. « Vaincre l’ennemi sans combattre », n’est-ce pas le summum de la stratégie ? 

    Une société ouverte est plus forte qu’une société fermée. Il y a peu de chances que Xi soit aussi stupide que Poutine. Il y a donc peu de chances qu’il choisisse une confrontation militaire ; peu de chances que les États-Unis perdent leur première place mondiale, en termes de monnaie, de défense, d’alliances, d’influence, de recherche. Il n’y a donc aucune raison pour l’Europe de limiter les échanges avec la Chine. Les rééquilibrer est une autre affaire.

    La vraie menace chinoise, ce sera quand la Chine éclatera

    La vraie menace chinoise, ce sera quand la Chine éclatera. Alors viendrait le temps des troubles. Mais peut-être, au lieu d’éclater, se transformera-t-elle en une société plus libre… Alors elle aurait toutes les chances d’être la première puissance mondiale, mais elle ne le fera pas, tant qu’il y aura des Xi et des soldats d’argile. Aux pieds d’argile, justement.

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 28.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 28.11.22

    Bonjour à tous, on est le lundi 28 novembre, dans votre flash dédié aux Français de l’étranger, la condamnation du Lycée français d’Alicante à rembourser les frais scolaires du confinement, cap sur le Téléthon et les Français derrière les Bleus.

    A Alicante, la Mission Laïque français va devoir rembourser 35% des frais de scolarité 

    C’est la décision de la justice régionale espagnole, le juge a considéré que les choix pédagogiques, pris par l’établissement qui a peu misé sur les cours en distanciel, privilégiant des travaux personnalisés et un accompagnement téléphonique, étaient une rupture contractuelle du service. La famille à l’origine du conflit, cette dernière refusant de payer l’année scolaire, va voir sa dette réduite de 35% sur les mois où le confinement a été appliqué dans la région. Comme le reconnait le président de LMF, Jean-Marc Merriaux, cela crée une jurisprudence locale et ils rembourseront tous les parents qui en feront la demande. Cette décision risque de donner des idées à des associations de parents d’élèves ! Une judiciarisation des relations que le député des Français de la péninsule ibérique, Stéphane Vojetta, appelle à éviter, pour lui il est temps de tourner la page. 

    Alicante

    Le Téléthon pour les Français de l’étranger 

    Le week-end prochain, les 3 et 4 décembre, c’est le Téléthon en France. Un gigantesque marathon caritatif auquel sont appelés à participer les Français de l’étranger. De Bruxelles à New-York, en Indonésie ou au Maghreb, les initiatives sont nombreuses. Autre solution, participer à la course à pied en ligne que propose l’Union des Français de l’étranger (UFE). Vous retrouverez toutes les actions prévues dans le dossier disponible sur le site Lesfrancais.press.

    Téléthon 2022

    En France le boycott du Qatar oui mais à la télévision 

    Si les appels à ne pas participer à la Coupe du monde sont suivis, dans les bars, les Fan Zones et autres, les Français soutiennent tout de même leur équipe comme le révèlent les audiences des matchs. Samedi, à un horaire (17h) moins favorable que lors de leur entrée en lice, les Bleus ont mobilisé 11,59 millions de téléspectateurs sur TF1 lors de la victoire face au Danemark (2-1). Si ce résultat est en léger retrait par rapport à la première rencontre face à l’Australie, mardi en prime time (12,53 millions), la part d’audience est nettement supérieure avec 62,8% des téléspectateurs devant les Bleus, contre 48,1% mardi.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition ! 

    Ecoutez le flash des expatriés

  • A Alicante, le Lycée français condamné à rembourser une partie des frais scolaires perçus pendant la pandémie

    A Alicante, le Lycée français condamné à rembourser une partie des frais scolaires perçus pendant la pandémie

    Le Lycée français d’Alicante, géré par la Mission laïque française, a été poursuivi en justice au tribunal régional par les parents d’un de ses élèves alors que ces derniers avaient refusé de payer les frais pour l’année scolaire 2019/20, alléguant que la continuité pédagogique n’avait pas été assurée. Pour ces parents, la mise en place du distanciel était une rupture du service. Le tribunal d’Alicante, après plusieurs retournements, a décidé de suivre ces derniers.

    Une seule famille

    Le 21 mars 2021, le lycée français international Pierre Deschamps d’Alicante a déposé une demande de paiement solidaire de la somme de 1335 euros, plus intérêts, plus frais, à l’encontre d’un parent qui a refusé de payer les frais de scolarité et qui du coup a déscolarisé son enfant de l’établissement.

    Le 7 novembre 2022, le lycée français international Pierre Deschamps d’Alicante a ratifié sa demande auprès du tribunal et le parent a aussi ratifié son refus de payer.

    Le juge a alors procédé à demander aux parties intéressées de régler leur différent à l’amiable, estimant que 30% de réduction serait la juste mesure à l’encontre du parent. L’établissement a refusé cette proposition et a demandé le paiement du montant total.

    Le 23 novembre 2022, le juge a procédé au jugement de ce litige, condamnant ainsi le LFIA à appliquer 35% de réduction sur la somme demandée, estimant que l’entreprise n’avait pas rempli ses obligations de prestations de service.

    La cour a souligné que le confinement fut une situation surprenante pour toutes les parties concernées, mais il n’en est pas moins vrai que de nombreuses écoles ont pu s’adapter à cette nouvelle situation en maintenant les cours en ligne dans leur intégralité, ce qui ne s’est pas produit dans cet établissement, donc compte tenu de cette réduction du service contracté, le juge a convenu de modérer le pourcentage des droits fixés à 35% au cours des mois où le confinement était en vigueur.

    35% de remboursement pour tous ?

    La décision du tribunal imposerait donc au Lycée français de réduire les frais de scolarité des élèves pour le trimestre concerné. Cela crée donc une jurisprudence qui va contraindre la Mission Laïque française à rembourser les parents visés par la procédure comme le reconnaît le président de l’association dédiée à l’éducation hors de France depuis 1902, Jean-Marc Merriaux.

    « Nous sommes au bout du processus juridique. Cela crée une jurisprudence mais à la portée, exclusivement, locale. Nous allons donc rembourser les parents de cet élève.« 

    Jean-Marc Merriaux, président de la Mission Laïque française

    Si le Lycée français d’Alicante va, évidemment, se plier à la décision de justice, la Mission Laïque française regrette cette décision qui est prise sur la base d’heures de cours dispensés par vidéo et ce sans prendre en compte l’effort pédagogique qui a été porté par toute l’équipe de l’établissement scolaire.

    En effet, l’équipe de la Mission Laïque française a choisi pendant la pandémie de privilégier l’accompagnement personnalisé au maintien d’heures de cours en téléconférence.

    « Les professeurs appelaient personnellement chaque élève, pour les accompagner sur leurs propres difficultés rencontrées lors de la réalisation des exercices donnés, une solution que nous avons trouvé plus pertinente que d’imposer 8 heures d’écran aux élèves. Les études ont démontré l’inefficacité d’une telle méthodologie ».

    Jean-Marc Merriaux, président de la Mission Laïque française

    Sur la plan financier, la limitation du remboursement à 35% des frais sur quelques mois ne devrait pas mettre en danger le bilan de l’établissement et si cela s’avérerait, Jean-Marc Merriaux nous rappelle que les établissements de la Mission laïque française sont dans un réseau mutualiste, et ce dernier jouera son rôle si nécessaire.

    Une jurisprudence qui pourrait être dupliquée ailleurs ?

    Suite à cette décision, d’autres parents dans le monde pourrait être tentés de lancer d’autres procédures auprès de leur juridiction locale. La fédération des associations de parents d’élèves, l’UNAPE, se félicite, elle, de cette décision.

    « Durant le confinement, nombre de nos associations membres se sont manifestées dans ce sens envers les directions de leurs établissements respectifs et ce sans avoir eu gain de cause.« 

    Sabri KHELIF – Président de l’UNAPE 

    Pour Sabri Khelif, cette décision de justice avalise leurs revendications et les conforte dans leurs convictions. Un état d’esprit qui démontre une volonté de remettre le coût de la scolarité hors de France au coeur du débat. En effet, les frais d’écolage sont en nette augmentation, du fait de l’inflation, de rattrapage post Covid, etc., l’UNAPE espère donc que cette décision favorisera la prise en compte de leur demande de gel des barèmes.

    D’autres associations de parents d’élèves, elles, n’ont pas envie d’attendre un geste des établissements scolaires et portées par cette décision, réfléchissent à solliciter la justice dans leurs pays.

    Un risque que le corps politique comme l’AEFE perçoivent. L’Agence qui chapeaute tous les réseaux scolaires homologués rappelle que pendant cette période exceptionnelle tous les acteurs étaient mobilisés pour assurer l’avenir des enfants.

    « L’Agence rappelle que durant cette période, tous les établissements homologués, avec le soutien de l’opérateur public AEFE, ont été entièrement mobilisés et ont travaillé pour assurer la continuité pédagogique au bénéfice de tous les élèves« 

    L’AEFE au site Lesfrancais.press
    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta

    Pour le député des Français de la Péninsule ibérique, Stéphane Vojetta, s’il faut tirer leçon de cette décision de justice, il ne faut surtout pas rentrer dans une judiciarisation des rapports entre les établissements scolaires et les parents d’élèves. Pour lui, comme pour l’AEFE, il faut remettre dans le contexte et garder confiance dans le réseau qui a su se mobiliser.

  • Olivier Becht à Barcelone au forum de l’Union pour la Méditerranée

    Olivier Becht à Barcelone au forum de l’Union pour la Méditerranée

    A l’occasion du 7ème forum régional de l’Union pour la Méditerranée qui s’est tenu à Barcelone, les 23 et 24 novembre 2022, le Ministre délégué aux Français de l’étranger, fidèle à sa parole donnée lors de sa première communication à nos compatriotes hors de France, a rencontré, comme à chaque voyage qu’il fait depuis sa prise de fonction, la communauté française implantée sur place.

    Qu’est-ce que l’Union pour la Méditerranée ?

    Fondée en 2008 à Paris sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, l’Union pour la Méditerranée (UpM) est une organisation intergouvernementale qui regroupe 42 pays dont les 27 Etats membres de l’Union européenne. Basée sur une co-présidence entre les rives sud et nord de la mer Méditerranée, l’UpM a pour objectif de promouvoir le dialogue et la coopération dans la région euro-méditerranéenne. Son siège est à Barcelone.

    Processus de Barcelone

    Cette organisation internationale est née du processus de Barcelone lancé en 1995, alors que l’Espagne assurait la présidence tournante de l’UE. Le gouvernement espagnol avait organisé une conférence à Barcelone qui réunissait pour la première fois les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE et leurs douze voisins de la rive sud de la Méditerranée : l’Algérie, Chypre, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, Malte, le Maroc, la Syrie, la Tunisie, la Turquie, l’Autorité palestinienne, et, en qualité d’observateur, la Mauritanie.

    Mais le Processus de Barcelone déçoit. En témoignent les paroles prononcées en 2007 par Franco Marini, ancien président du Sénat italien : “le processus de Barcelone est une déception. Treize ans après sa signature, il peine toujours à avancer” . Selon lui, cet échec serait principalement dû à un manque d’engagement politique et de “suivi observé des pays des deux rives de la Méditerranée” . De plus, le rattachement du Processus de Barcelone à la Politique européenne de voisinage (regroupant déjà les pays d’Europe de l’Est) en 2004 semble constituer un désengagement européen en direction de la Méditerranée.

    C’est dans ce contexte particulièrement complexe que le 7 février 2007, à l’occasion d’un discours prononcé à Toulon et en pleine campagne électorale, Nicolas Sarkozy relance l’idée d’un partenariat euro-méditerranéen. Le futur chef de l’Etat prévoit alors la création d’une “Union méditerranéenne” (UM), inspirée du processus communautaire européen et réunissant exclusivement les pays riverains de la Méditerranée dans l’objectif de construire un destin commun. Un projet qui confère aux pays non-riverains de l’Europe du Nord le rang d’observateurs.

    Réticences européennes

    Les capitales européennes ne cachent pas leur réticence, voire leur hostilité, envers un projet financé par l’ensemble des pays de l’UE mais destiné, en définitive, uniquement aux pays du Sud. Au terme d’un bras de fer franco-allemand, le projet de Nicolas Sarkozy est revu et amendé. L’Union méditerranéenne (UM) prend ainsi le nom d’Union pour la Méditerranée (UpM) lors du sommet euro-méditerranéen des chefs d’État et de gouvernement tenu le 13 juillet 2008 à Paris. Un changement d’appellation qui permet ainsi de ramener le projet du président français dans le giron européen et d’endiguer une initiative allant pour certains à l’encontre de la solidarité européenne. L’UpM est alors redéfinie comme une “revitalisation” , “un nouvel élan” , donné au Processus de Barcelone initié 13 ans auparavant.

    Au final, six domaines stratégiques sont retenus pour un travail commun : le développement des entreprises, l’autonomisation des femmes et les affaires sociales, l’enseignement supérieur et la recherche, l’eau et l’environnement, le transport et le développement urbain, les énergies renouvelables et le changement climatique.

    Depuis 2018, Cette UpM est coprésidée par M. Josep Borrell, Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-président de la Commission européenne, et par M. Ayman Safadi, Ministre des Affaires étrangères de Jordanie.

    La Journée de la Méditerranée

    Cette année, le forum a également accueilli une rencontre entre jeunes euro-méditerranéens, issus des sociétés civiles de toute la Méditerranée. Ils ont présenté leurs recommandations et propositions aux ministres des Affaires étrangères, afin de développer des solutions concrètes pour un projet méditerranéen plus inclusif, durable et prospère.

    La réunion des ministre a aussi acté la création de La journée de la Méditerranée voulue à l’unanimité par les États membres de l’UpM lors de l’édition 2020 du forum régional. Son objectif est de célébrer les accomplissements réalisés, de reconnaître la diversité, d’approfondir la compréhension mutuelle et de renforcer la coopération et les liens entre ses deux rives tous les 24 novembre !

    La communauté française de Barcelone

    C’est donc en marge de cette réunion internationale qu’Olivier Becht est allé à la rencontre de l’une des dix plus importantes communautés françaises à l’étranger avec près de 50 000 Français. Cette communauté très dynamique, a une forte présence économique – dans l’industrie, les services, la FrenchTech et les autoentrepreneurs – et culturelle – avec 8 établissements scolaires, 2 instituts français à Saragosse et Barcelone, ainsi que des établissements d’enseignement supérieur tels que Toulouse Business School, qui inaugure son nouveau campus écoresponsable à Barcelone.

    C’est donc tout naturellement qu’Olivier Becht est venu leur apporter un message d’encouragement et des remerciements pour leurs succès au coeur de la première région économique d’Espagne, la Catalogne.

    « Par leurs engagements professionnels, associatifs, les Français de Barcelone incarnent une France qui rayonne en dehors de ses frontières. Bravo et merci à eux pour ces accomplissements !« 

    Olivier Becht – Ministre délégue aux Français de l’étranger

    Sur place, il a été accueilli par les autorités consulaires, mais aussi par Stéphane Vojetta, le député élu contre l’avis de son parti qui avait investi Manuel Valls sur sa circonscription.

    Olivier Becht, Stéphane Vojetta et le consul de France à Barcelone
  • J-7 pour le Téléthon 2022 ! A l’étranger aussi !

    J-7 pour le Téléthon 2022 ! A l’étranger aussi !

    Sur toute la planète, les Français de l’étranger, comme en 2021, sont invités par l’AFM-Téléthon à se mobiliser pour faire avancer la recherche contre les maladies génétiques rares. Et les associations, comme les collectifs, après deux ans de pandémie ont répondu à l’appel. Vous voulez joindre vos forces à eux ? On vous explique comment ! Car cette année, il faut encore plus que jamais, “Ne rien lâcher“ ! C’est d’ailleurs le thème de l’édition 2022 qui se déroulera les 02 et 03 décembre !

    Simple et rapide : le don

    Rien de plus simple et réalisable en 2 clics avec Paypal ! En effet, vous pouvez faire un don sur internet, où que vous soyez, et choisir le mode de paiement qui vous convient : par carte Visa/Mastercard ou via la solution de paiement Paypal. Le site telethon.fr est accessible depuis votre ordinateur, tablette et mobile. 

    Faire vivre vos réseaux sociaux

    Pour les plus impliqués auprès des Français de leur pays, il est aussi possible de créer sa propre page à titre personnelle ou pour le compte d’une association. Une belle façon de faire vivre ses réseaux sociaux ! En plus c’est facile à mettre en place, moins de 5 minutes, et ultra-sécurisé pour les donateurs !

    Votre journal se mobilise ! Participez à notre collecte !

    https://mapage.telethon.fr/telethon-2022-1/Lesfrancais-press-telethon-2022

    Les évènements aux 4 coins du monde

    Pour la dixième année consécutive, les Français de l’étranger démontrent l’étendue de leur solidarité en organisant des animations Téléthon partout dans le monde : Achgabat, Bata, Bruxelles, Copenhague, Dublin, Francfort, Londres, Madrid, Pékin, Princeton, Séoul, Wuhan… ils rivalisent d’imagination pour collecter des fonds au profit du Téléthon. Accompagnez-les et soutenez la recherche en participant aux évènements qu’ils organisent à côté de chez vous !

    N’hésitez pas à consulter les pages des UFE locales, l’Union des Français de l’étranger étant le partenaire officiel du Téléthon 2022 !

    De l’Amérique à l’Asie, en passant par l’Europe et l’Afrique, ils ne lâchent rien !

    • Marché des créateurs à Copenhague,
    • Fan Zone France à Bruxelles, les 26 et 30 novembre 2022,
    • Foulées olympiques à Princeton, 
    • Gala « Les années folles » à Shanghaï,
    • Webradio intercontinentale organisée par l’Ecole internationale franco-anglaise de Londres, 
    • Color run et vente de bouquets colorés à Séoul,
    • Marche sur la Grande Muraille à Pékin,  
    • Tournoi de pétanque et course du chromosome à Wuhan,
    • Défi de marche à Londres, 
    • Course du muscle à Bata…

    Une mobilisation qui ne passe pas inaperçu au sein de l’association AFM-Téléthon ! Sa présidente, Laurence Tiennot-Herment, comme chaque année, a tenu à vous remercier, vous les Français de l’étranger !

    Et elle n’est pas la seule à encourager les expatriés à participer activement au défi caritatif que relève la France et ses citoyens chaque année. Sur les réseaux sociaux, chacun y va de son petit mot, politique compris ! On a décidé de partager avec vous le message d’Olivier Becht, le ministre des Français de l’Etranger.

    Participez à la course connectée de l’UFE

    Aucun évènement à côté de chez vous ? Envie de vous engager plus que par un simple don financier ? Participez à la Course connectée organisée par l’Union des Français de l’étranger.

    Pour les sportifs, une façon ludique et solidaire de préparer le Marathon. Et pour tout le monde, l’occasion de courir solidaire en toute simplicité. Pour y participer rien de plus simple, il suffit de vous connectez sans plus attendre à la plateforme Running Heroes, en cliquant ici !

  • Ocean Viking : l’Italie et la France conviennent d’une coopération stratégique

    Ocean Viking : l’Italie et la France conviennent d’une coopération stratégique

    L’Italie et la France ont convenu mercredi (23 novembre) de mettre en place des groupes de travail bilatéraux et de coopérer dans des secteurs stratégiques, ce qui semble débloquer les tensions autour de la question de l’accueil des migrants du navire de sauvetage Ocean Viking.

    Les relations entre Paris et Rome semblent se stabiliser depuis que la France a laissé l’Ocean Viking, avec à son bord 230 migrants, accoster dans son port de Toulon après que l’Italie a refusé de l’accueillir dans l’un de ses ports.

    « Nous avons eu une longue conversation, cordiale et en même temps franche et concrète », a déclaré le ministre des Entreprises et du Made in Italy, Adolfo Urso, après sa rencontre avec son homologue français Bruno Le Maire en marge de la réunion ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA), mercredi à Paris.

    « Sur la base du traité du Quirinal, il a été conclu […] de commencer immédiatement ces discussions bilatérales qui peuvent nous permettre d’identifier les points critiques et les opportunités communes », a-t-il ajouté.

    Les discussions entre les ministres ont porté sur les défis de la politique industrielle européenne et les principaux dossiers internationaux, rapporte le site web du ministère.

    La crise énergétique, « sur laquelle l’Italie et la France sont sur la même longueur d’onde, en ce qui concerne les décisions que nous attendons de l’Union européenne », a été au centre des discussions.

    « Nous avons évoqué les grands dossiers sur lesquels se mesure notre partenariat : l’automobile, l’énergie, l’acier, les dossiers du Made in Italy et du luxe, sachant que le partenariat industriel est l’avenir de l’Europe », a poursuivi M. Urso.

    Les deux hommes ont également discuté de l’autonomie stratégique de l’UE en matière de défense, d’énergie et de numérique et se sont engagés à organiser des réunions régulières impliquant un autre grand partenaire industriel de l’Union : l’Allemagne.

    « Avec la France et l’Allemagne, nous sommes d’accord sur l’importance de la coopération trilatérale développée au fil du temps par l’industrie italienne avec l’industrie allemande et française, laquelle sera renforcée lors de la réunion du 2 décembre », a expliqué M. Urso.

    La veille, mardi, M. Le Maire et son homologue allemand, le ministre de l’Économie Robert Habeck, ont convenu d’un accord entre leurs deux pays et décidé de collaborer dans des secteurs stratégiques.

  • Les soignants non-vaccinés non réintégrés, une exception française

    Les soignants non-vaccinés non réintégrés, une exception française

    En France, le débat sur la réintégration des soignants non-vaccinés tourne au pugilat. Ce jeudi 24 novembre, à l’Assemblée nationale, les échanges furent vifs entre les députés lors de l’étude d’une loi portée par la France insoumise pour réintégrer les 4000 professionnels de santé qui n’avaient pas procédé aux injections contre la Covid-19. Le corps médical invite même ces confrères à changer de métier afin de « laisser libre cours à leur croyance ».

    Une situation qui peut étonner les Français de l’étranger alors que dans le monde entier, ce problème a été réglé facilement sans heurts.

    Pourquoi le corps médical français refuse-t-il la réintégration ?

    La dernière fois que la Haute Autorité de Santé s’est prononcée sur cette question, c’était en juillet 2022. L’organisme avait alors rendu un avis favorable au maintien de l’obligation vaccinale pour les soignants en précisant ainsi que « dans le contexte d’une 7ème vague, au vu de l’efficacité des vaccins et des incertitudes concernant la suite de l’épidémie, la HAS considère que les données ne sont pas de nature à remettre en cause aujourd’hui cette obligation vaccinale ».


    Mais depuis la situation a évolué, l’environnement sanitaire est sous contrôle et la réintégration, comme nous le verrons un peu plus bas dans l’article, des soignants non-vaccinés dans d’autres pays n’a pas entrainé de rebonds épidémiques dans les hôpitaux concernés. Mais alors pourquoi continuer à les bloquer ?

    Selon François Braun, la réintégration de ces soignants non-vaccinés pourrait même « aggraver » les problèmes que connaît actuellement le secteur de la santé dans l’Hexagone, « parce que les professionnels sur le terrain, sont pour la plupart opposés à la réintégration des soignants non vaccinés ». De l’aveu même du ministre de la Santé, c’est donc un problème social voire corporatiste qui mène à cette situation ubuesque dans nos hôpitaux et au sein de notre Assemblée nationale.

    Débat Assemblé national COVID-19

    La foire d’empoigne à l’Assemblée nationale

    C’est dans ce contexte que la proposition de loi de LFI demandant de réintégrer le personnel non vacciné contre la Covid-19 des établissements de santé et de secours, pour pallier les pénuries d’effectifs, a été débattue à l’Assemblée nationale le 24 novembre 2022.

    Et c’est à coups de demandes de suspension de séance, de rappels au règlement et de dépôts d’amendements en rafale que le camp présidentiel a compromis la tenue d’un vote sur le texte en discussion, que les oppositions semblaient en mesure de pouvoir faire adopter, contre l’avis du gouvernement.

    Vous utilisez des subterfuges petits, comme vos idéaux, vous salissez la démocratie avec vos bassesses, vous êtes minoritaires, acceptez-le ! Vous devriez avoir honte !

    Olivier Marleix, le chef de file du groupe LR

    Au final, le vote n’a pu avoir lieu, mais la rapporteuse de la loi (LFI) a conclu la séance en indiquant au gouvernement « qu’ils ne lâcheront rien ». Le texte devrait donc rapidement revenir à l’Assemblée. Les députés du camps présidentiel auront le temps de se renseigner auprès de leurs collègues français de l’étranger sur la position des autres pays, et peut-être se libérer d’une position caricaturale.

    Les soignants non-vaccinés réintégrés partout dans le monde ?

    La situation des soignants non-vaccinés dans le monde est bien meilleure même si elle n’est pas uniforme.

    En Europe

    En Europe, d’autres pays ont consacré cette obligation vaccinale comme la Grèce ou l’Allemagne. Mais dans ces deux pays la situation est différente. En Grèce, l’obligation vaccinale prendra fin le 31 décembre de cette année, les professionnels de santé ne sont pas invités à quitter la profession comme en France. De l’autre côté du Rhin, les Etats fédérés ont appliqué la consigne de Berlin sans pour autant être très stricts en matière de suspension. Seulement quelques rappels à l’ordre et amendes sans grande conviction ont été infligés.

    Dans d’autres pays européens, comme l’Espagne ou le Royaume-Uni, la suspension des soignants n’a jamais été en vigueur. Dans les autres pays du continent, la réintégration s’est passée naturellement et sans heurts. Dernier pays à avoir mis fin à l’obligation vaccinale, l’Italie, où la Première ministre Giorgia Meloni, nouvellement nommée, a permis aux médecins et infirmières suspendus depuis près d’un an pour avoir refusé de se faire vacciner – près de 4 000 au total – de reprendre le travail. Notons que l’Italie était le premier pays à rendre la vaccination obligatoire pour le corps médical.

    Aux Amériques

    Outre-Atlantique, des villes telles que New York restent un modèle de rigueur en la matière. Récemment, une décision de la Cour suprême de l’État a circulé dans les sphères « antivax » à propos de la réintégration des personnels de santé non-vaccinés. Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot ou encore le média « complotiste » France Soir se sont réjouis de la nouvelle. Or, cette décision judiciaire du 24 octobre ne concerne pas l’ensemble des soignants, mais 16 agents d’entretien municipaux. La suspension est donc toujours la règle pour bon nombre d’employés publics comme privés.

    Mais dans les autres Etats américains, la suspension n’a jamais été en vigueur même dans la très démocrate Californie.

    Au Canada, c’est depuis le 20 juin 2022 que l’obligation vaccinale a été suspendue, alors qu’en Amérique latine il n’en a jamais été question.

    La Chine, dernier bastion avec la France

    Au final, pour retrouver une telle inflexibilité, il faut regarder du côté chinois. La Chine est le seul pays au monde à pratiquer encore une politique zéro-Covid avec des conséquences sociales et économiques de plus en plus difficiles à tenir pour l’empire du milieu.

    La Chine, qui compte 1,4 milliard d’habitants, tente encore d’enrayer la propagation du virus dans le pays, en fermant des villes entières et en plaçant les contacts des patients infectés en stricte quarantaine. Des mesures dont la durée n’est jamais annoncée à l’avance. Néanmoins, les contaminations continuent d’augmenter et ce malgré la vaccination de tout son corps médical sans exception…

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 25.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 25.11.22

    Bonjour, bienvenue dans le dernier flash de la semaine, aujourd’hui on revient sur la situation des fonctionnaires français ayant la double nationalité en Belgique, on évoque la situation des ONG françaises au Mali et la fin du célèbre téléphone présidentiel le Teorem ! 

    En Belgique, l’intégration mal récompensée pour les fonctionnaires 

    Dans ce pays en partie francophone, où les Français sont nombreux, 300 000, dont de nombreux fonctionnaires consulaires et diplomatiques mais aussi des salariés détachés de collectivités locales ou autres, certains dans un souci d’intégration ont demandé la nationalité belge. Bien mal leur en a pris ! Un arrêt de la cour de cassation belge datant de 2020 a donné la possibilité à la Belgique d’imposer ceux qui sont donc désormais belges. Une situation née d’une convention fiscale qui ne prévoit pas le cas des binationaux. Pire, le nouveau traité entre les deux Etats signé l’année dernière qui doit rentrer en application en 2024 ne le prévoit toujours pas. Du côté français, on continue à prélever à la source et du coté belge on envoie un avis d’imposition. Cette semaine les demandes des contribuables visés pour rectifier cette injustice ont été rejetées par le fisc belge. Une situation qui provoque stress, angoisse et qui met nos compatriotes dans une situation financière intenable

    fonctionnaires français en Belgique

    Au Mali, les ONG sous le choc 

    Ca fait deux jours que le Mali, sous impulsion russe, a interdit aux ONG françaises d’exercer dans le pays. Depuis la prise de pouvoir par la junte militaire, avec le soutien de la milice Wagner, la France et ses citoyens ne sont plus les bienvenus. Ainsi, ces œuvres de bienfaisance s’apprêtent à quitter le territoire, ce qui déclenche des inquiétudes tant auprès des citoyens engagés que des populations locales. Approvisionnement en eau, en nourriture, dispensaires et écoles mis en place par nos ONG vont donc disparaitre. La Russie va-t-elle prendre le relais, rien n’est moins sûr ! 

    Le téléphone présidentielle se modernise 

    L’indéchiffrable Teorem a fait son temps. Le téléphone hyper sécurisé d’Emmanuel Macron – et des autres présidents de la République avant lui, depuis longtemps jugé encombrant et peu pratique, devrait bientôt être remplacé. Le téléphone à clapet n’a pas eu un franc succès, et leurs utilisateurs leur ont souvent préféré des smartphones plus conventionnels. A commencer par Emmanuel Macron et ses deux iPhone. L’utilisation accrue du président de la République de ses deux iPhone avait par ailleurs été pointée du doigt lors de l’affaire Pegasus, un logiciel de cyberespionnage développé par l’entreprise israélienne NSO.

    C’est tout pour aujourd’hui, la semaine prochaine vous retrouverez Mathieu ! Bon week-end à tous !

    Ecoutez le flash des expatriés

  • Boycott de la coupe du monde au Qatar 2022

    Boycott de la coupe du monde au Qatar 2022

    Le coup d’envoi de la FIFA World Cup 2022 a été donné dimanche 22 novembre au stade Al Bayt au Qatar. Le petit émirat, bien connu des fans de football, opère depuis quelques années un tournant stratégique à l’horizon de la fin de l’énergie thermique. Ce pays de 3 millions d’habitants (mais seulement 300 000 Qataris), grand comme l’Île-de-France est néanmoins critiqué sur plusieurs aspects de sa politique et de ses restrictions de libertés.

    Un développement fulgurant

    C’est un pays qui vu son développement exploser en 50 ans grâce à la découverte du gaz dans son sol. Il est très vite devenu le 2ème exportateur de gaz liquéfié dans le monde. Le pays devenu extrêmement riche, est désormais incontournable dans le monde économique et ne cache pas ses ambitions géopolitiques. C’est l’un des pôles économiques de la région et on y trouve une communauté française bien installée et toujours en croissance. En 2021 ils étaient 4 772 Français à avoir fait le choix de s’installer au Qatar.

    Il faut imaginer qu’y a 2,7 millions d’expatriés (au Qatar), asiatiques, africains, européens, nord-américains, qui se déplacent dans le pays et qui s’y installent pour des années. Pour aider, bien entendu, le gouvernement et le pays à se développer intelligemment au niveau touristique et sportif.

    Oriane

    Comme pour tout pays qui se modernise à marche forcée, le Qatar a encore beaucoup à faire. Notamment du point de vue des droits sociaux. La monarchie parlementaire fait en effet souvent polémique en occident pour ses positions sur l’homosexualité, la consommation d’alcool ou encore des libertés simples comme le choix de nos vêtements. Il faut cependant comprendre que le pays est face à un dilemme cornélien, son envie de modernisation et de grandeur internationale, et la préservation de sa culture et tradition dans un Qatar où seulement une personne sur dix est qatarie.

    AFP – SEBASTIAN EL-SAQQA / AUGENKLICK/FIRO SPORTPHOTO / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
    Oriane Ginies

    La coupe du monde de la discorde

    Récemment de nombreuse voix se sont élevées pour un boycott de la coupe du monde au Qatar. Alors polémique franco-française ou mouvement international ? Pour nous éclairer sur les enjeux de ce mondial pour le Qatar, nous vous proposons d’écouter ce podcast avec Oriane Ginies, ancienne employée du gouvernement qatari, juriste et coach à Montpellier.

  • Les fonctionnaires français en Belgique doublement imposés

    Les fonctionnaires français en Belgique doublement imposés

    Les fonctionnaires français en Belgique, qui ont choisi d’obtenir aussi la nationalité belge, subissent une double imposition. Une situation inédite et qui ne semble pas trouver de solution à court terme.

    Les fonctionnaires imposés par le pays qui les emploie

    Comme pour tous, c’est la convention fiscale qui lie la France et le pays de résidence qui détermine le mode d’imposition pour les revenus issus de France et perçus par le résident dudit Etat. Si les situations peuvent être différentes d’un pays à l’autre selon son statut, l’origine des revenus, etc., il y a une règle qui s’est généralisée. Le fonctionnaire d’un pays détaché dans un autre Etat est imposé par l’Etat qui l’emploie à la condition d’en avoir la nationalité. Pour les nationaux qui travailleraient pour la France, c’est leur pays qui les impose.

    «Toutefois, les dispositions qui précèdent ne trouvent pas à s’appliquer lorsque les rémunérations sont allouées à des résidents de l’autre État possédant la nationalité de cet État».

    Extrait de la convention fiscale entre la France et la Belgique

    Une règle qui a toujours fonctionné en Belgique depuis la signature de la convention fiscale en 1931 et confirmé dans tous les avenants. Un système simple et limpide qui n’a pas fait l’objet de réforme ou de précisions lors de la signature de la nouvelle convention le 09 novembre 2021 (qui devrait rentrer en application le 01 janvier 2024 au plus tôt) entre Bruno Le Maire et le ministre des finances belge.

    Un arrêt de la Cour de Cassation belge

    Mais voilà, en parallèle, les services fiscaux ont saisi les tribunaux, jusqu’à la Cour de Cassation belge, sur le cas des bi-nationaux. En effet, si la Belgique, comme la France, accepte la double nationalité, c’est la nationalité du pays où se situe le citoyen qui prime lors des relations avec la justice locale, l’administration, etc. Pour être clair, un Franco-Belge est belge en Belgique et français en France.

    C’est sur cette base que les juges belges ont émis un avis, le 17 septembre 2020, indiquant que l’article 10 de ladite convention fiscale ne peut se trouver à être appliqué à partir du moment où le bénéficiaire des revenus possède la nationalité de Etat de résidence. Ils précisent qu’il n’est fait mention nulle part que le contribuable visé ne doit pas posséder, en même temps, la nationalité de l’Etat qui lui verse les revenus. Autrement dit, le seul fait qu’un résident belge possède la nationalité belge suffit à exclure ses revenus de source publique française de l’application de l’article 10, qu’il ait ou non la nationalité française en surplus.

    Une évolution de l’interprétation de la convention fiscale qui a pris au dépourvu les nombreux fonctionnaires français, ceux qui travaillent dans les services consulaires et diplomatiques, mais aussi les fonctionnaires des collectivités publiques, des hôpitaux, situés près de la frontière belge et qui ont décidé de vivre dans un autre Etat européen comme les y encourage l’esprit de l’espace Schengen.

    Dans ce pays en partie francophone, ils sont nombreux à avoir fondé des familles et fait le choix de devenir belges afin de faciliter leur intégration et participer ainsi au rêve européen. Ils sont malheureusement bien mal récompensés.

    L’Etat français inerte

    Salariés de l’Etat français, ils pensaient, dans les premiers mois, que l’administration et le gouvernement allaient résoudre le problème en prenant attache avec les autorités belges. Les deux Etats, amis, membres de l’Union européenne, auraient pu modifier les règles, profitant de la négociation d’une nouvelle convention fiscale, postérieure à l’avis de la Cour de Cassation belge.

    Mais ce ne fut pas le cas au grand étonnement des concernés mais aussi des élus locaux comme le Président du Conseil consulaire des Français de Belgique, Jérémy Michel (Horizons).

    « Quand il y a des trous dans la raquette, l’action du politique, surtout au niveau national, est de les réparer au plus vite. C’est du quotidien de personnes dont il s’agit ici. Nous avons alerté les responsables et continuerons à faire tout notre possible pour qu’ils puissent débloquer rapidement cette situation difficile pour les gens qui la vivent”.

    Jérémy Michel, Président du Conseil consulaire des Français de Belgique

    Procédures de recouvrement

    Ainsi, depuis 2020, les dossiers de contestation de l’imposition belge se sont accumulés. Et cette semaine, les premiers retours sont arrivés dans les boîtes aux lettres des contribuables doublement imposés.

    S’appuyant sur la décision de la Cour de Cassation, que ne prend pas en compte l’Etat français, le SPF Finances (le fisc belge) a rejeté toutes les demandes de révision des avis d’imposition. Les services fiscaux de la Belgique renvoient la balle, comme la Cour de Cassation, aux autorités politiques.

    « Dans le cas où l’exécution de certaines dispositions de la présente Convention donnerait lieu à des difficultés ou à des doutes, les autorités compétentes des deux États contractants se concerteront pour appliquer ces dispositions dans l’esprit de la Convention. Dans des cas spéciaux, elles pourront d’un commun accord appliquer les règles prévues par la présente Convention à des personnes physiques ou morales qui ne sont pas résidentes de l’un des deux États contractants, mais qui possèdent dans l’un de ces États un établissement stable dont certains revenus ont leur source dans l’autre État.« 

    Extrait de l’arrêt de la Cour de Cassation belge du 17 septembre 2020

    Téléchargez le courrier de refus du fisc belge

    Mobilisation des élus locaux

    Puisque du côté français, on ignore la situation et le changement de paradigme fiscal pour ces fonctionnaires franco-belges, les élus locaux se sont mobilisés.

    En effet, le gouvernement ne prenant pas attache avec celui belge, le fisc français ignorant la décision de la Cour de Cassation, le prélèvement à la source sur les salaires est toujours réalisé. Et du côté belge, on envoie désormais un avis d’imposition à ces derniers. Alors que faire ?

    Les 7 élus consulaires en Belgique

    C’est la question que se sont posée les élus français en Belgique. Ils l’ont partagée avec les autorités compétentes françaises via un avis public pris ces dernières semaines.

    « Nous demandons au gouvernement français de poursuivre le dialogue engagé avec les autorités belges pour qu’elles prennent des mesures immédiates de suspension du recouvrement des sommes requises, de revenir à l’interprétation antérieure de l’article 10 de la Convention et de clarifier cette situation dans la nouvelle convention fiscale franco-belge avant la ratification de cette dernière. Nous demandons au gouvernement français de s’assurer, dans le cadre de ce dialogue, que la Belgique rembourse les sommes perçues par ses services fiscaux auprès des Français concernés. »

    Extrait de l’avis du Conseil consulaire des Français de Belgique du 30 septembre 2022

    Un défi que vont tenter de surmonter les 7 élus consulaires alors que le consulat comme le député restent dans un mutisme inquiétant. Chacun y va de son expérience et avec son réseau, l’élue socialiste Cécilia Gondard va tenter de mobiliser les députés belges socialistes (encore nombreux dans ce pays), Jérémy Michel, Thierry Masson et Isabelle Wandelst, profitant de leur proximité avec le parti présidentiel, tentent d’activer le réseau du député des Français du Benelux Pieyre-Alexandre Anglade (Renaissance) et même directement Bercy.

    Pour l’instant, on leur promet d’y travailler, mais pendant ce temps, les procédures contraignantes contre les contribuables visés se multiplient, provoquant stress, angoisse et multiplication des coûts.

    Téléchargez l’avis du conseil consulaire du 30 septembre 2022

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