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  • L’économie de guerre en Europe est-elle évitable ?

    L’économie de guerre en Europe est-elle évitable ?

    La guerre en Ukraine, la transition énergétique, le vieillissement de la population, contraignent les États européens à accroître les dépenses publiques et, par voie de conséquence, leur endettement. Cet accroissement est peu compatible avec le maintien de politiques budgétaires et monétaires orthodoxes. Face aux défis à relever, l’Europe n’est-elle pas en train d’entrer dans une économie de guerre se traduisant par une inflation plus élevée, une augmentation des prélèvements obligatoires, une taxation des épargnants (répression financière) et un retour du protectionnisme ? 

    Les gouvernements européens et la Banque Centrale Européenne semblent hésiter sur la voie à prendre. La guerre en Ukraine en augmentant les factures énergétiques a conduit les États à multiplier les mesures de soutien en faveur des entreprises et des ménages. Ce soutien atteint en France plus de 40 milliards d’euros et près de 200 milliards d’euros en Allemagne. La transition énergétique suppose des investissements d’une ampleur importante, plus de 4 points de PIB en cumulant les investissements dans la production et le stockage d’énergies renouvelables, la décarbonation de l’industrie et du transport, la rénovation thermique des bâtiments et logements. À cela s’ajoute une augmentation des dépenses publiques en lien avec le vieillissement (retraite, santé, dépendance, etc.). 

    Concomitance de dépenses 

    Cette concomitance de dépenses pourrait obliger les États européens à sortir du cadre des politiques économiques classiques. La résurgence de l’inflation conduit logiquement les banques centrales à resserrer durement leur politique monétaire. Or, une augmentation de taux directeurs pourrait mettre en danger la solvabilité des États et freiner la transition énergétique. Le retour de taux d’intérêt plus élevés s’accompagne d’un retour d’une contrainte budgétaire, impliquant la nécessité de faire disparaître les déficits budgétaires primaires (hors intérêts sur la dette). Cela supposerait également une réduction des dépenses d’interventions (soutien aux ménages et aux entreprises). 

    Les gouvernements, y compris celui de l’Allemagne, semblent au contraire enclins à soutenir financièrement leur population, à accroître leur effort de défense, à augmenter les dépenses en matière de santé et à réaliser des investissements en faveur de la transition énergétique. 

    Euribor is The Euro Interbank Offered Rate by European central bank. Increasing inflation and interest rate

    Des taux d’intérêt réels faibles, une condition sine qua non 

    Le gouvernement français a ainsi décidé de lancer un programme de construction de centrales nucléaires, de moderniser sa défense tout en maintenant un volant de sécurité pour la population face à l’augmentation des prix. 

    Pour financer le surcroît de dépenses publiques, le maintien de taux d’intérêt réels faibles est une condition sine qua non. Faute de quoi la sanction des marchés sera inévitable. Ce maintien est d’autant plus nécessaire que la croissance potentielle tend à baisser en l’absence de gains de productivité et en raison de la stagnation de la population active. La conséquence serait une faible rémunération de l’épargne. Celle-ci aurait, surtout quand elle investit en produits de taux, à souffrir d’une inflation qui restera plus élevée que durant les années 2000/2020. 

    Les agents économiques pourraient-ils dans ces conditions réduire leur effort d’épargne ? L’exemple japonais semble prouver l’inverse. Ce pays confronté à une forte progression de l’endettement public sur fond de vieillissement accéléré de sa population enregistre un fort taux d’épargne qui sert à financer un imposant déficit public. Ce dernier est par ailleurs rendu supportable par la pérennisation depuis vingt ans de taux d’intérêt bas. 

    Pas de marges pour augmenter les prélèvements 

    En économie de guerre, les gouvernements ont également tendance à recourir à l’arme fiscale. L’augmentation des prélèvements pourrait s’imposer pour financer notamment la transition énergétique et pour faire face aux dépenses de santé ou de dépendance. Dans un certain nombre de pays, les marges de manœuvre sont faibles. C’est le cas en particulier de la France où le taux de prélèvements obligatoires est de 45 % du PIB. L’augmentation pourrait concerner en premier les épargnants et les détenteurs de patrimoine immobilier (à travers la hausse des taxes foncières par exemple). 

    La tentation du protectionnisme 

    L’autre tentation de l’économie de guerre, tentation pernicieuse, est l’usage du protectionnisme. Des voix se font entendre pour relocaliser certaines productions et pour interdire ou taxer des importations en provenance de pays ne respectant pas certaines normes environnementales. Par ailleurs, la guerre en Ukraine a conduit à imposer un blocus vis-à-vis de la Russie. Une telle exclusion du commerce international d’un État membre du G20 et acteur majeur sur les marchés de l’énergie, des matières premières et des produits agricoles n’avait pas été organisée depuis la Seconde Guerre mondiale. Les embargos concernant Cuba, la Corée du Nord, l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid ou l’Iran étaient ou sont d’une moindre ampleur. 

    Les mesures protectionnistes sont inflationnistes et pèsent sur la croissance. Elles amènent les États à intervenir dans le fonctionnement de l’économie (nationalisations de certaines entreprises, soutien dans le développement de productions nationales, taxation des importations, etc.). 

    Une coordination européenne indispensable pour éviter l’anarchie financière 

    L’économie de guerre est une source d’inflation et n’est guère souhaitable sur une longue durée. Elle se traduit rarement par une allocation optimale des ressources. L’effacement des dettes des périodes de guerre s’effectue bien souvent par l’inflation. Ce fut le cas pour la France après la Seconde Guerre mondiale. La banqueroute est une voie également utilisée mais bien plus dangereuse encore. Elle aboutit à annuler tout ou partie des titres obligataires détenus directement ou indirectement par les épargnants. La dernière grande banqueroute française date de 1797 (banqueroute des deux tiers). Elle avait été provoquée par la multiplication des assignats, logiquement gagés sur la vente des biens du clergé et des aristocrates qui avaient émigré. 

    Compte tenu des investissements à réaliser et des dépenses sociales à financer à l’échelle mondiale, des tensions financières sont susceptibles de se produire de manière rapide comme l’a prouvé le précédent britannique en octobre dernier. Une coordination européenne et internationale semble indispensable pour éviter que la pratique de l’économie de guerre se transforme en anarchie financière généralisée.

  • En perte de vitesse, le texto réussira-t-il à se moderniser face à Google et Apple?

    En perte de vitesse, le texto réussira-t-il à se moderniser face à Google et Apple?

    Imaginé au cours des années 1980 comme un protocole d’échange de texte aux fonctionnalités restreintes, le SMS est aujourd’hui obsolète face aux messageries instantanées, et sa modernisation est coincée depuis des années entre les intérêts divergents de Google et Apple.

    Les deux géants des appareils mobiles détiennent chacun une application permettant d’échanger des messages. iMessage est depuis 2011 le service privilégié pour les détenteurs d’iPhones, tandis que Google Messages est promu depuis 2014 pour les utilisateurs d’Android et notamment sur les derniers smartphones Samsung.

    Entre utilisateurs du même type de téléphones, les messages accompagnés d’images, d’émojis ou autres fonctionnalités multimédias transitent par les serveurs des deux sociétés.

    iMessage (depuis l’origine) et Google Messages (depuis 2021) permettent aussi de chiffrer les communications entre l’expéditeur et le destinataire, une fonctionnalité en faveur de la protection de la vie privée popularisée par les applications de messageries WhatsApp (groupe Meta), Telegram ou Signal.

    En revanche, entre un appareil Apple et Google, les messages sont envoyés en clair, via le protocole SMS, ou MMS s’il sont accompagnés d’images. Et ils sont signalés par une coche verte sur iMessage, par la mention « SMS » sur Google Messages.

    Pour Hiroshi Lockheimer, vice-président de Google en charge des systèmes Android et Chrome, la faute revient à la marque à la pomme.

    « Nous ne demandons pas à Apple de rendre iMessage disponible sur Android. Nous demandons à Apple de prendre en charge la norme industrielle pour la messagerie moderne (RCS) dans iMessage, tout comme ils prennent en charge les anciennes normes SMS/MMS », a-t-il écrit en début d’année sur Twitter.

    Appels vidéos

    Selon lui, l’utilisation de la norme RCS (pour Rich Communication Services), mise en oeuvre par Google depuis 2019 en partenariat avec les opérateurs télécoms, permettrait « d’améliorer l’expérience à la fois pour les utilisateurs d’iOS et d’Android ».

    Déjà ancienne – elle a été définie en 2008 par l’organisation internationale GSM Association – la norme RCS permet d’envoyer toute sorte de documents, de discuter en groupe, de recevoir des accusés de réception ou un indicateur de saisie, de passer des appels vidéos. L’appareil utilise pour cela internet en plus du réseau GSM.

    « Il est temps qu’Apple répare les textos », a insisté Google cet été, en essayant de mettre la pression sur son concurrent qu’il accuse de rendre ses usagers captifs de son écosystème.

    Mais Google tente aussi de son côté d’encourager l’utilisation des services de Jibe, une solution technique qui permet aux opérateurs de proposer cette messagerie enrichie.

    « Achetez-lui un iPhone », a répondu en plaisantant le PDG d’Apple Tim Cook, interrogé début septembre par un journaliste qui lui faisait part de problèmes de communication avec sa mère, qui utilise Android. « Je n’entends pas pour le moment nos utilisateurs nous demander de mettre beaucoup d’énergie dans ce domaine », a-t-il ajouté.

    Cette même année, l’Union européenne est parvenue à un accord sur le DMA, le règlement sur les marchés numériques, qui s’attaque aux pratiques anticoncurrentielles des géants de la tech.

    Selon ce nouveau texte qui entrera en vigueur au printemps 2023, les grands services de messageries doivent trouver un moyen pour être interopérables, une promesse globale qui reste encore à concrétiser.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 01.12.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 01.12.22

    Bonjour, bienvenue dans le premier flash dédié aux expatriés du dernier mois de l’année 2022 ! Déjà ! Aujourd’hui, on parle de la baguette qui rejoint le patrimoine immatériel mondial, des problématiques liées au télétravail et on conclut avec un triste record, celui de l’année la plus chaude en France ! 

    La baguette à l’Unesco 

    Ce 30 novembre, la baguette a rejoint le patrimoine immatériel mondial via une reconnaissance de l’UNESCO. Un dossier qu’a mené Joëlle Garriaud-Maylam depuis 2006. Ce titre est avant-tout la reconnaissance d’un savoir-faire spécifique. 

    Le télétravail et les frontières 

    Dans un long dossier construit par le groupe Facebook des Non-résidents contribuables en France, le site Lesfrancais.press revient sur les règles qui régissent le télétravail frontalier. Que ce soit en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne, en Italie ou en Espagne, des dispositions spécifiques sont à prendre pour éviter les mauvaises surprises fiscales ou sociales.

    Télétravail

    L’année 2022 : chaude et sèche en France 

    L’année n’est pas encore terminée, mais Météo France peut déjà le dire avec certitude : 2022 est très nettement l’année la plus chaude jamais mesurée en France depuis le débuté des relevés. La température moyenne atteindra au moins 14,2°C, voire 14,6°C si le mois de décembre se révèle plutôt chaud. L’année a notamment été marquée par une intense période de sécheresse des sols, la troisième plus longue de l’histoire des relevés, qui a concerné les trois quarts du territoire.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve pour le dernier flash de la semaine demain ! Prenez soin de vous où que vous soyez !

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • La baguette au patrimoine immatériel de l’UNESCO

    La baguette au patrimoine immatériel de l’UNESCO

    Ça y est ! La baguette de tradition française enfin inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

    Une inscription attendue de longue date (quoi de plus symbolique de la France que cette baguette croustillante, élément incontournable d’un repas français, et appréciée aux quatre coins du monde ?!) et qui réjouit la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, élue des Français établis hors de France au Sénat depuis 2004 et désormais Présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

    Un long parcours entamé en 2006

    Rapporteur en 2006 au Sénat du Projet de loi visant à approuver la convention internationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, dernier membre de la Commission nationale française pour l’UNESCO à y siéger au titre du Sénat français, Joëlle Garriaud-Maylam a en effet toujours soutenu tous les projets relatifs à la gastronomie à l’international.

    Présidente et fondatrice avec l’écrivain Michel Déon en 2009 des Prix du Rayonnement français, elle avait, d’ailleurs, suggéré et obtenu que le Prix du Rayonnement français 2017 soit attribué à la baguette. Porté par Dominique Anract, président de la Fédération des Boulangers de France, ce prix fut la toute première étape vers l’inscription de la baguette de tradition française au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

    Interrogée par notre site, la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam nous a confié sa joie : 

    Joëlle Garriaud-Maylam

    “Cela a pris plus de temps que je ne l’aurais pensé, l’inscription de la baguette au patrimoine immatériel de l’UNESCO me semblant tellement évidente au regard des missions de l’UNESCO, de la renommée mondiale de cette baguette mais aussi de la nécessité de préserver les savoir-faire indispensables au maintien de ses qualités intrinsèques. Mais c’est maintenant chose faite, je me réjouis de cette légitime reconnaissance et remercie tous ceux qui se sont battus depuis l’octroi en 2017 de ce Prix du Rayonnement à la baguette pour son inscription au Patrimoine immatériel de l’UNESCO, et en premier lieu le Président de la Fédération des Boulangers de France, Monsieur Dominique Anract” 

    Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français établis hors de France

    Mais d’où vient la baguette ?

    L’hypothèse la plus ancienne avance que la baguette aurait été façonnée par les boulangers de l’armée de Napoléon. Moins volumineuse que la traditionnelle miche, la forme allongée de la baguette aurait permis une cuisson plus rapide dans les fours de briques éphémères érigés à la hâte lors des campagnes militaires.

    Musée Napoléon à Paris

    Nerf de la guerre, le pain est une préoccupation majeure de Napoléon. Pendant la campagne de Russie, l’empereur allait visiter « chaque jour les fours, goûter le pain et s’assurer de la régularité de toutes les distributions », raconte l’historien Philippe de Ségur dans « Histoire de Napoléon et de la grande armée en 1812 ». Il fait également envoyer à Moscou des moulins portatifs. Mais les revers subis en Russie ne lui permettent pas de généraliser cette pratique. Sur les conseils de son fidèle aide de camp, le général Drouot, lui-même fils de boulanger, l’empereur rétablit en 1813 la corporation des boulangers.

    Les chantiers du métro

    Pour l’Exposition universelle de 1900, Paris se dote du métro. Sur le chantier qui démarre en 1896 sous la houlette de Fulgence Bienvenüe, les rixes éclatent entre Bretons, Auvergnats et autres ouvriers venus des quatre coins de la France. À l’époque, les manoeuvres portaient toujours un couteau sur eux pour trancher les grosses miches rondes. L’ingénieur aurait eu l’idée de commander à un boulanger des pains allongés pouvant se rompre sans couteau, explique le site historique Hérodote. La forme longue de ce nouveau type de pain permettait de respecter le poids réglementaire.

    Une passion française

    L’UNESCO, qui honore avant tout des traditions à sauvegarder plus que les produits eux-mêmes, a ainsi, ce mercredi 30 novembre, distingué les savoir-faire artisanaux et la culture entourant cet élément incontournable des tables françaises. Avec sa croûte croustillante et sa mie moelleuse, la baguette est aujourd’hui le premier pain consommé dans le pays avec 12 millions de consommateurs français qui poussent la porte d’une boulangerie et plus de six milliards de baguettes qui sortent des fournils chaque année.

  • Le télétravail pour les frontaliers

    Le télétravail pour les frontaliers

    Une nouvelle problématique lourde de conséquences négatives pour les non-résidents

    L’avènement des nouvelles technologies informatiques de communication et d’échanges d’informations vient avec la pandémie COVID 19 de donner une impulsion décisive à la dynamique du travail dans les entreprises, avec le développement du télétravail.

    En effet pour poursuivre leurs activités lors des périodes de confinement, elles n’ont eu de choix quand cela était possible de permettre à leurs employés de continuer à exercer à leur domicile.

    Des accords ont été trouvés entre Etats membres européens pour permettre d’exercer ce télétravail sans incidence sur les législations sociales et sur les impositions.

    Dans cet article nous allons traiter des problématiques spécifiques des non-résidents depuis le 1er juillet 2022 puis à partir du 31 décembre 2022, et des attentes légitimes de nos concitoyens résidant dans un Etat membre et exerçant dans l’autre.

    La réglementation française

    Le télétravail en droit français est encadré par la loi via l’article 1222-9 du Code du travail.
    Vous pouvez lire la version du 27/12/2021 de cet article en cliquant ici.

    La sécurité sociale et l’Europe

    Chaque Etat membre définit également dans sa législation ses propres réglementations. Cependant la législation européenne pose une règle simple : une personne travaillant dans plusieurs pays de l’Union Européenne ne peut cotiser que dans un seul pays.

    Un non-résident travaillant dans un pays frontalier et télétravaillant dans son pays de résidence ne peut dépendre que d’un seul système de sécurité sociale.

    Il reste assujetti à la sécurité sociale de son pays de travail habituel si le travail dans son pays de résidence dans le cadre du télétravail ne dépasse pas 25% de son temps de travail global / ou de sa rémunération. Ce seuil s’apprécie sur une année civile.

    En cas de dépassement de ce seuil (à savoir travailler dans son pays de résidence 25% ou plus de son temps de travail/rémunération), le travailleur doit être affilié à la sécurité sociale de son pays de résidence et y cotiser sur l’ensemble de ses revenus.

    Le 14 juin 2022, la Commission administrative pour la coordination des systèmes de sécurité sociale a approuvé l’instauration d’une période transitoire pour la désignation de l’État membre compétent pour la sécurité sociale des télétravailleurs.

    La période transitoire a les mêmes effets que les mesures Covid-19, de sorte qu’il n’y a pas de changement de l’État membre compétent à partir de 25 % de télétravail dans l’État de résidence.

    Cette période de transition (initialement prévue jusqu’au 31 décembre 2022) a été prolongée jusqu’au 30 juin 2023.

    L’Europe travaille sur le sujet, mais prend-elle en compte suffisamment les besoins des frontaliers ?

    La fiscalité

    Dans le cadre de l’exercice d’une activité dans le secteur privé partagée entre télétravail et période d’emploi dans les locaux de l’employeur, l’application de la convention fiscale conclue entre la France et la Belgique a pour conséquence une imposition partagée entre le pays de résidence et le pays habituel de travail au prorata des jours de travail exercés dans chacun des pays et ce dès le premier jour de télétravail dans le pays de résidence. 

    D’autres pays européens limitrophes de la France ont adopté des dispositions différentes avec la France notamment le Luxembourg et la Suisse, pourtant hors de l’UE.

    L’accord signé pour la période covid reste valide : pas de changement fiscal en Suisse jusqu’au 31 décembre 2022

    Le Luxembourg autorise 34 jours de télétravail sans changement de législation.

    En Espagne, dès que le salarié exerce son activité en télétravail sur le territoire espagnol, y compris s’il est français et qu’il est en télétravail pour un employeur français, il relève automatiquement du régime de sécurité sociale espagnole et de la fiscalité espagnole.

    Un avenant au contrat de télétravail devra être rédigé, bien que régi par le droit français ne devra pas contredire les lois de police espagnoles et en particulier les règles impératives de protection minimale du droit du travail espagnol.

    En Allemagne, le statut de frontalier détermine que l’impôt est perçu dans le pays de résidence, et si le statut de frontalier est perdu, il faut se référer à la convention fiscale qui fixe l’imposition généralement dans le pays d’emploi.

    En Italie, le régime des expatriés permet aux résidents étrangers la possibilité d’une détaxation de 70% sur tous leurs revenus générés dans le pays, la non double imposition est en vigueur.

    Un Digital Nomad visa d’un an renouvelable permettra de bénéficier de ce taux dès que résiderez en Italie plus de 183 jours par an (obtention du statut de résident fiscal).

    De même un accord a été conclu entre la principauté de Monaco et l’Italie favorisant le télétravail des résidents italiens exerçant pour une entreprise installée en principauté.

    Pour les personnes résidant dans la zone frontalière, l’imposition appartient au pays de résidence.

    Le télétravail pour les transfrontaliers résidant en Belgique

    Les grands oubliés de la nouvelle convention fiscale franco-belge…

    La dernière crise sanitaire a mis en lumière l’usage du télétravail dans de nombreux secteurs. Celui-ci a même été rendu obligatoire au plus fort de la crise pour les activités le permettant et est ainsi devenu un élément incontournable dans la lutte contre cette pandémie.

    Lors de cette crise, des accords temporaires ont été passés entre la Belgique et la France pour éviter un impact sur la fiscalité des transfrontaliers. En effet, en dehors de cet accord temporaire (qui a pris fin en juillet dernier), le télétravail a un impact direct sur leur fiscalité avec une imposition des jours télé travaillés en Belgique et ce dès le premier jour télé travaillé pour le secteur privé.

    Pendant cette même crise sanitaire, les autorités des 2 pays ont finalisé un accord pour la mise en place d’une nouvelle convention franco-belge qui devrait prendre effet en 2023 après ratification des parlements des 2 États. Quelle ne fut pas la (très mauvaise) surprise des transfrontaliers de ne trouver aucune prise en compte du télétravail de manière pérenne dans cette nouvelle convention.

    Cette situation non prise en compte est d’autant plus surprenante que de telles clauses existent pourtant déjà dans d’autres conventions impliquant les 2 pays :

    Un résidant belge travaillant au Luxembourg peut travailler en dehors du Luxembourg (et donc télétravailler en Belgique) jusqu’à 34 jours par an sans impact fiscal.

    Un résident français travaillant au Luxembourg peut travailler en dehors du Luxembourg (et donc télétravailler en France) jusqu’à 29 jours par an sans impact fiscal (augmenté à 34 jours à partir de 2023).

    Le monde du travail post-crise sanitaire a incontestablement déjà revu sa façon d’appréhender le télétravail avec une généralisation déjà en place dans de nombreuses entreprises. De nombreux transfrontaliers sont aujourd’hui contraints de refuser de télétravailler, l’impact financier par jour télétravaillé pouvant être très élevé (sans parler des lourdes, complexes et longues démarches administratives pour récupérer une partie de la RAS en France déjà prélevée et ayant généré une double imposition). 

    Les problématiques relevées par les non-résidents

    La convention actuelle et future pénalise les personnes et entreprises ayant une démarche de diminution de leur empreinte carbone en forçant en quelque sorte les employés transfrontaliers à être présents physiquement en leur lieu de travail traditionnel.

    Les problématiques de la législation sociale et de l’imposition ne sont que la partie émergée de l’iceberg et démontrent que le sujet a été gravement sous-estimé car elles ne permettent pas au non-résident de bénéficier du télétravail dans de bonnes conditions et créent de fait une insécurité sur leur condition individuelle.

    Les rémunérations, la fiscalité, la législation sociale sont très différentes entre nos deux pays et sont difficilement comparables à emploi identique.

    Des points qui méritent une grande vigilance de nos gouvernants

    La situation actuelle entrave ainsi la libre circulation des travailleurs en désavantageant les transfrontaliers par rapport à un résident français pour les mêmes fonction, salaire et conditions de travail. Les transfrontaliers subissent une double peine en ne pouvant pas bénéficier des nombreux avantages du télétravail et en voyant leurs frais de déplacement s’envoler par rapport à leurs collègues.

    On peut également remarquer que certaines entreprises françaises commencent à refuser d’embaucher des transfrontaliers pour donner suite à cette contrainte forte liée au télétravail.

    Exemple : comment s’appliquera le droit du travail et l’indemnisation du télétravail en cas d’accident du travail lorsque le salarié sera sous le coup de la législation du pays de résidence et non de celle de son employeur, alors même que le contrat de travail est de droit français ?

    Et c’est sans compter la crise énergétique et l’inflation galopante qui viennent complexifier nos problématiques.

    Trouver une solution simple de bon sens

    Pourquoi ne prend-on pas rapidement la décision de simplifier le travail des administrations, des chefs d’entreprise et faciliter la vie de tous les non-résidents ?

    Des discussions au niveau européen sont en cours pour mieux prendre en compte cet aspect du télétravail avec un seuil actuel de 25% lié à la sécurité sociale.

    Alors si l’Europe promeut la liberté de circulation et d’échanges, pourquoi ne prend-elle pas la décision de faire appliquer un texte ratifié et validé par les Etats membres faisant bénéficier à chaque citoyen non-résident du droit au télétravail de manière pérenne en augmentant ce taux de 25 % ?

    Les gouvernements français et belge ont mis moins d’un mois pour trouver un accord temporaire pour passer un accord fiscal temporaire sur le télétravail dans le contexte de la crise sanitaire.

    Pourquoi ne peuvent-elles ou ne veulent-elles pas rapidement intégrer un chapitre lié au télétravail dans la nouvelle convention ?

    Protéger et garantir la sécurité des citoyens et de leurs familles sur le long terme devraient être un droit reconnu par nos gouvernements respectifs.

    Le groupe Facebook des non-résidents contribuables en France demande à ce que la nouvelle convention franco-belge soit amendée de manière urgente avant toute ratification par les parlements en y ajoutant au minimum un quota de 50 jours couvrant les jours travaillés hors de France : « Un résident d’un Etat contractant qui exerce un emploi dans l’autre État contractant et qui, au cours d’une période imposable, est physiquement présent dans le premier État et/ou dans un État tiers pour y exercer un emploi durant une ou des périodes n’excédant pas 50 jours, est considéré comme exerçant effectivement son emploi dans l’autre État durant toute la période imposable ».

  • SLFM :  « S’informer dans un monde connecté pour former des citoyennes et citoyens éclairés»

    SLFM :  « S’informer dans un monde connecté pour former des citoyennes et citoyens éclairés»

    Depuis lundi, la semaine des Lycées français dans le monde (SLFM) bat son plein aux 4 coins du monde. Cette année, le directeur général de l’Agence pour l’Enseignement français à l’étranger (AEFE), Olivier Brochet, a décidé de la consacrer au décryptage de l’information et des actualités dans un monde connecté. 

    Un enjeu essentiel  

    L’éducation aux médias et à l’information est aujourd’hui un enjeu majeur pour la formation de l’esprit critique.  

    Les mutations du paysage médiatique au cours des deux dernières décennies accompagnées d’une montée en puissance de médias alternatifs ont bouleversé les conditions d’accès à l’information. Les réseaux sociaux sont devenus des sources majeures d’information, si ce n’est la seule pour les plus jeunes dont nos jeunes Français de l’étranger qui n’échappent pas au phénomène.  

    lnfox, complotisme, algorithmes font, donc, désormais partie de notre quotidien et ils constituent  de véritables défis pour l’éducation, la formation et plus généralement pour la vie démocratique. 

    «L’enjeu essentiel pour nous tous, dans le cadre de la mission pédagogique qui est la nôtre, est de fournir aux élèves les outils leur permettant d’accéder à une information vérifiée et fiable, d’apprendre à lire et analyser l’information pour exercer pleinement leur citoyenneté dans une société de l’information de plus en plus complexe. 

    Olivier Brochet – Directeur général de l’AEFE

    «L’accès à l’information libre, juste, équilibrée, porteuse des valeurs de la démocratie, est un enjeu central pour le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.  

    Olivier Becht – Ministre délégué aux Français de l’étranger
    SLFM 2022

    Le thème de l’année 2022/2023 

    Du 28 novembre au 3 décembre 2022, les établissements d’enseignement français à l’étranger sont invités à se mobiliser en mettant toute la lumière sur les actions menées en faveur de l’éducation aux médias et à l’information.  

    Pour la 6ème année consécutive, la Semaine des Lycées français du monde met en effet en lumière les atouts et les valeurs portés par l’enseignement français à l’étranger.  

    L’éducation aux médias et à l’information est au cœur de la pédagogie des établissements d’enseignement français à l’étranger, dans la salle de classe et en dehors de celle-ci.  

    Cette thématique transversale donne le ton à l’année scolaire 2022-2023 et aux événements qui rythmeront l’année, en premier lieu desquels la Semaine des Lycées français du monde.

    SLFM 2022 Le Grand direct

    Un grand direct  

    Hier mardi 29 novembre, l’AEFE a organisé un grand direct dédié à l’Education aux médias et à l’information depuis sa toute nouvelle chaîne Twitch ! Vous pouvez d’ailleurs y retrouver le replay dès à présent. 

    En direct, quarante établissements du réseau couvrant tous les continents se sont passés le relai pour faire résonner les voix des élèves aux quatre coins du monde. Chaque établissement a tenu l’antenne entre quinze et trente minutes. Petit journal, décryptage d’information micro-trottoir, interview, table-ronde : les talents de l’enseignement français à l’étranger sont merveilleux et une véritable promesse d’avenir.  

    « Le Grand Direct» fut une invitation à la réflexion sur la réception et l’analyse de l’information. Il a permis d’établir un dialogue entre les établissements d’enseignement français à l’étranger sur ces enjeux centraux tout en valorisant les compétences orales des élèves sur le thème.  

    Ce grand direct fut coordonné par Mme Isabelle Savary, EEMCP2 Lettres Zone Asie Pacifique et M. François Lermigeaux, EEMCP2 Lettres Zone Maroc, en lien avec l’AEFE. 

    Les ambassadeurs en herbe  

    Ce mercredi, ce sont « les ambassadeurs en herbe » qui sont mis à l’honneur.  

    « Ambassadeurs, Ambassadrices en herbe » célèbre sa dixième édition en 2022 sur la thématique « Mers et océans : quels enjeux pour la planète ? ». Ainsi, durant toute l’année dernière, les élèves ont débattu au sein des lycées et de zones régionales. Et enfin, ce mercredi 30 novembre,  les 8 lauréats d’AAEH 2022 se sont réunis face caméra  ! Ces élèves débattront pour vous présenter leurs talents d’orateurs et oratrices.  

    Surprise pour les élèves du réseau: un message d’Isabelle Autissier, qui viendra les féliciter pour leur engagement en faveur de la préservation des mers et des océans. 

    Deux JRI de Madrid présenteront l’émission et le directeur général de I’AEFE Olivier Brochet remettra leurs diplômes de lauréats aux élèves présents ! Pour la suivre, direction les réseaux sociaux et le Youtube de l’AEFE !  

    Des grands témoins et des décryptages  

    Jeudi 1er décembre sera consacré aux rencontres avec les grands témoins de la SLFM ! De Samuel Etienne, présentateur télé, à Marie-Christine Saragosse, Présidente-directrice générale de France Médias Monde, une dizaine de professionnels de l’audiovisuel et de la presse écrite éclaireront nos jeunes élèves des Lycées francais dans le monde. 

    Enfin, la SLFM se terminera avec des « Décrypt’lnfo » depuis la Républicaine dominicaine, du Burkina Fasso, des USA et de la République centreafricaine.  

    Soutenus par les Alliances françaises, les travaux de nos jeunes reporters seront mis en exposition ou en libre accès numérique. Une façon originale de découvrir les problématiques qui mobilisent nos « jeunes têtes blondes » aux 4 coins du monde !  

    Mais la SLFM continuera ce week-end en se prolongeant dans le salon Agora-AEFE dédié à l’orientation universitaire qui se tient ces 1 et 2 décembre 2022.

  • Une inflation à 2 % est-elle encore possible pour la zone euro ?

    Une inflation à 2 % est-elle encore possible pour la zone euro ?

    Les États-Unis et le Royaume-Uni, avec l’arrivée comme Premier Ministre de Rishi Sunak, se sont engagés dans une politique de lutte réelle contre l’inflation qui s’accompagne d’une politique budgétaire restrictive. La réduction du déficit public est plus rapide aux États-Unis et au Royaume-Uni qu’en zone euro. Le déficit devrait être stable à 5 points de PIB en 2022 et 2023 en zone euro, contre 4 % du PIB aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, pays dans lesquels il a dépassé 10 % du PIB durant la crise sanitaire.  

    Les taux d’intérêts sont outre-Manche et outre-Atlantique deux fois plus élevés que sur le « vieux continent ». Différence notable, les États de la zone euro, plus exposés à la crise énergétique, ont mis en œuvre dès le printemps 2022, des mesures de soutien aux ménages et aux entreprises afin de réduire les effets de la hausse des prix. Compte tenu des spécificités européennes, le fort endettement de certains Etats, la BCE mène une politique monétaire pour le moment prudente. 

    Taux directeurs modérés en Europe  

    La hausse des taux directeurs reste modérée au vu de la hausse des prix qui dépasse 10 %. Sur ce sujet, les investisseurs ne croient pas à un changement de cap de la banque centrale. Ils parient sur un plafond autour de 3 % en 2023 pour les taux directeurs, bien en-deçà de ceux qui pourraient advenir aux États-Unis ou au Royaume-Uni.  

    Taux d'inflation annuel en septembre 2022

    Dans ce contexte, la correction de l’inflation pourrait être faible du fait d’une politique budgétaire expansionniste et du maintien d’une forte pression sur les prix des importations. Depuis 2021, les prix des produits importés ont augmenté de 30 % pour la zone euro.  

    Le pari des pouvoirs publics, en Europe, est qu’un retournement se produise au cours de l’année 2023 permettant un infléchissement de l’inflation. Ils espèrent ainsi éviter une récession longue et violente. A la différence des États-Unis, la zone euro a connu une sortie difficile de la crise financière de 2007/2009, les stigmates n’ayant disparu qu’en 2016/2017. Le fort endettement public en Europe, qui varie d’un État à un autre, explique également la prudence de la BCE. Cette dernière est contrainte de modérer ses ardeurs dans la lutte contre l’inflation afin d’éviter une fragmentation de la zone euro et l’apparition d’une crise des dettes souveraines. 

    Si l’inflation ne recule pas, l’indexation des salaires pourrait se généraliser  

    La persistance de la hausse des prix dans les prochains mois pourrait mettre à mal cette stratégie. Jusqu’à maintenant, la progression du salaire nominal est de trois à quatre points inférieure à celle des prix. Les revendications salariales commencent à se multiplier. En Allemagne, le syndicat IG Metall a obtenu une revalorisation de 8,5 % des salaires de l’électrométallurgie. La hausse des salaires provoquera celle de l’inflation sous-jacente. Elle atteint déjà plus de 6 % en zone euro. Les intervenants intégreront certainement dans les prochains mois que le retour de l’inflation dans la zone cible sera lent. Les swaps d’inflation à deux ans sur les marchés financiers qui traduisent les anticipations d’inflation s’élèvent à 4 %.  

    Les dirigeants de la BCE semblent stoïques face à la montée de l’inflation. Les tensions entre États d’Europe du Nord et Europe du Sud apparaissent limitées. Les autorités allemandes qui, en règle générale, sont promptes à mettre en œuvre des politiques anti-inflationnistes, ont opté pour une politique proche de celle de la France en augmentant le montant des soutiens aux entreprises et aux ménages.  

    Malgré tout, si l’inflation ne redescend pas dans les prochains mois, la BCE pourrait changer de braquet et être plus agressive. Elle serait alors contrainte de recourir à des outils anti-fragmentation prenant la forme de rachats sélectifs d’obligations d’État.

  • L’Allemagne va taxer les superprofits énergétiques pour alléger la facture des ménages et entreprises

    L’Allemagne va taxer les superprofits énergétiques pour alléger la facture des ménages et entreprises

    Le gouvernement allemand a fixé les derniers détails de son programme d’aide à l’énergie, qui vise à réduire les factures des ménages et des entreprises. Le financement proviendra d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur de l’énergie.

    Le programme d’aide allemand, d’un montant de 200 milliards d’euros, avait suscité l’indignation des États membres de l’UE, qui avaient prévenu que ce dernier risquait de déclencher une course aux subventions que seul Berlin pourrait gagner.

    Vendredi (25 novembre), le gouvernement allemand s’est finalement mis d’accord sur les derniers détails du dispositif qui permettra de réduire les prix du gaz, du chauffage et de l’électricité pour les consommateurs et l’industrie.

    « Nous plafonnons le prix de l’énergie [gaz, électricité et chauffage urbain] afin que les citoyens puissent faire face aux nouveaux prix et aux difficultés », a expliqué le chancelier allemand Olaf Scholz.

    Des aides à l’énergie à grandes échelles

    Les mesures d’aide à l’énergie, qui entreront de facto en vigueur le 1er janvier 2023 et dureront jusqu’en avril 2024, ont un coût élevé : 99 milliards d’euros, dont 56 milliards serviront à subventionner le gaz fossile et le chauffage urbain tandis que les 43 milliards restants seront consacrés à l’électricité.

    Les mesures seront appliquées rétroactivement, car elles n’entreront pas en vigueur avant mars 2023.

    En vertu de la nouvelle loi, les ménages et les petites entreprises bénéficieront d’un prix fixe de 12 centimes par kilowattheure (kWh) pour 80 % de leur consommation de gaz de l’année précédente. Il en va de même pour les contrats de chauffage. Toute consommation supérieure à 80 % sera soumise au prix du marché.

    Les entreprises qui consomment plus de 1,5 million de kWh par an auront accès à des tarifs plus avantageux. Les gros consommateurs et les hôpitaux, quelle que soit leur taille, pourront obtenir du gaz à un tarif de 7 centimes par kWh qui sera limité à 70 % de leur consommation. Le chauffage sera également moins cher pour eux, 7,5 centimes par kWh, mais sera aussi limité à 70 % de leur consommation.

    La revente du gaz bon marché autorisée

    En octobre, des experts ont recommandé que ces entreprises soient autorisées à vendre leur quota de gaz, ce qui a suscité l’indignation à Berlin. M. Scholz s’est prononcé contre l’autorisation de revente, tandis que le vice-chancelier Robert Habeck a plaidé en sa faveur.

    Les lois finalement soumises au parlement autorisent bien les entreprises à revendre leur quota de gaz bon marché.

    Selon Georg Zachmann, du groupe de réflexion bruxellois Bruegel, les grands consommateurs de gaz, comme le géant allemand de la chimie BASF, pourraient ainsi réaliser un bénéfice d’environ 2,6 milliards d’euros.

    Toutefois, BASF pourrait ne pas demander d’aide d’État, a déclaré son PDG, Martin Brudermüller. En effet, les entreprises qui reçoivent plus de 2 millions d’euros d’aide doivent s’engager à maintenir la production et les emplois en Allemagne, alors que le géant de la chimie a annoncé une réduction de sa production en Europe.

    Emmanuelle Macron et Olaf Scholz le 16 juin 2022 à Kiev. Photo Ludovic MARIN / POOL / AFP

    Taxer les superprofits

    Pour financer ce dispositif, Berlin appliquera une taxe sur les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur de l’énergie. Cette taxe s’appliquera du 1er décembre au 30 juin, avec une prolongation possible jusqu’en avril 2024.

    Dans le calcul permettant de déterminer l’importance de ces bénéfices, le gouvernement comparera les coûts de production des centrales au charbon et des centrales nucléaires aux prix de l’électricité déterminés sur une base horaire, tout en tenant compte des éventuels contrats de couverture ou contrats à terme détenus par ces entreprises.

    Pour les installations d’énergies renouvelables, une moyenne mensuelle sera utilisée. Berlin s’appropriera 90 % des « bénéfices exceptionnels » qui en résulteront.

    Le compromis final du gouvernement allemand a suscité des critiques virulentes de la part des associations du secteur énergétique et industriel.

    L’association de l’industrie chimique VCI l’a qualifié de « monstre bureaucratique », tandis que l’association de l’industrie énergétique BDEW a prévenu que la prise de 90 % des bénéfices « doit être limitée dans le temps ».

    « Il s’agit également de la confiance dans l’Allemagne en tant que lieu d’investissement. Seule une approche mesurée permettra à l’Allemagne d’investir pour sortir de la crise actuelle », a souligné Marie-Luise Wolff, présidente de la BDEW.

    De son côté, la puissante association industrielle BDI estime que les conditions liées au programme d’aide sont trop strictes. « Les conditions requises pour que les entreprises puissent bénéficier du cadre européen d’aide sont trop restrictives compte tenu de la gravité de la crise », explique la BDI dans un communiqué.

    L’Allemagne, grande dépensière

    Les entreprises allemandes ne ménagent pas leurs efforts pour faire pression sur Berlin afin d’assouplir davantage les règles européennes en matière d’aides d’État. Pour faire face à la crise, la Commission européenne a déjà quadruplé le montant des aides que les gouvernements peuvent accorder aux entreprises sans avoir à obtenir le feu vert de Bruxelles, passant de 500  000 à 2 millions d’euros.

    « Les décideurs politiques devraient maintenant utiliser toutes les marges de manœuvre légales pour soutenir également les entreprises qui connaissent de graves difficultés en raison des prix élevés de l’énergie mais qui ne remplissent pas encore les critères de l’UE », a souligné la BDI.

    Selon Bruegel, 574 milliards d’euros ont été affectés dans les États membres de l’UE pour protéger les consommateurs de la hausse des coûts de l’énergie depuis le début de la crise en septembre de l’année dernière. L’Allemagne est en tête avec ses 264 milliards d’euros alloués.

    Cette situation suscite l’inquiétude de la Commission européenne, qui veille au respect des règles européennes en matière de dette et de déficit.

    À la mi-octobre, l’exécutif européen a reproché aux gouvernements de l’UE d’être trop généreux en matière d’aides publiques.

  • La 500ème de « LES FRANCAIS PARLENT AUX FRANCAIS »

    La 500ème de « LES FRANCAIS PARLENT AUX FRANCAIS »

    La radio des Français dans le monde, anciennement Stéréochic, est notre partenaire radio généraliste depuis 2 ans. Vous êtes plusieurs milliers à l’écouter directement depuis notre site chaque jour. Merci à vous tous ! Et aujourd’hui, mercredi 30 novembre, Gauthier Seys vous attend pour fêter la 500ème de l’émission « LES FRANCAIS PARLENT AUX FRANCAIS » qu’il anime, en direct, chaque jour à midi (CET) du lundi au vendredi !

    Une radio née du confinement

    Née au début du 1er confinement dans le but de relier les Français coincés dans leur pays d’expatriation, la 1ère émission radio 100% EXPAT va fêter ce mercredi sa 500ème.

    Depuis, elle vous informe chaque jour avec un flash réalisé par la rédaction de votre site, Lesfrancais.press, mais elle vous accompagne aussi dans votre expatriation au quotidien.

    Des programmes au plus près de vous !

    En effet, Gauthier sélectionne chaque jour des informations pratiques pour vous aider à réussir votre défi hors de France.

    Il vous rend surtout hommage, en vous accueillant à l’antenne, sans filtre, tous les jours, afin de partager vos bons plans et aussi vos déconvenues. Mais surtout, il donne la parole à tous ceux qui font la communauté des Français de l’étranger. Envie de témoigner ? Contactez-le en cliquant sur le bouton ci-dessous.

    Un programme spécial pour la 500ème

    Pour l’occasion, c’est Olivier, l’animateur du TOP 10 chaque week-end sur votre radio, qui va prendre le fauteuil de Gauthier pour animer cette 500ème émission : « LES FRANCAIS PARLENT AUX FRANCAIS » !

    Gauthier sera l’interviewé du jour : on reviendra sur les 29 940 minutes de LIVE qu’il anime depuis mars 2020, de la création du show à sa préparation, aux moments marquants.

    Gauthier Seys

    Ecoutez l’émission en cliquant sur le bouton « La Radio des Français dans le monde » en haut de toutes nos pages.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 30.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 30.11.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash du mercredi 30 novembre ! En ce jour des enfants, on parle évidemment de la Semaine des Lycées Français dans le monde, du salon de l’orientation de ce week-end et on revient sur la prolongation du mandat d’Yves Bigot à la tête de TV5MONDE. 

    La Semaine des Lycées français dans le monde ou SLFM, pour les intimes, est dédiée au décryptage de l’actualité 

    En voilà un sujet majeur pour la culture des élèves mais aussi pour la démocratie ! Dans les 500 établissements à travers le monde, l’AEFE organise des ateliers pour apprendre à décrypter les informations à l’heure des médias alternatifs. Mais les élèves sont aussi invités à laisser libre cours à leur talent à travers des émissions spéciales sur la chaine Twitch de l’AEFE et sur la radio du réseau ! Les apprentis journalistes partageront avec vous le quotidien des Lycées français à l’étranger. 

    affiche SLFM

    Le Salon de l’orientation conclura la SLFM 

    Ce week-end les 04 et le 05 décembre se tiendra en ligne et en présentiel l’Agora de l’orientation organisée par l’AEFE. Grandes écoles françaises, universités en France, ou parcours local voire international seront présentés aux futurs bacheliers et à leurs parents. Direction le site de l’AEFE pour obtenir les liens de diffusion et vous renseigner sur ce qui est proposé dans votre pays de résidence. Bon salon à tous !

    Yves Bigot prolongé à la tête de TV5MONDE 

    Aujourd’hui, ce sont 421 millions de foyers dans 197 pays qui ont accès à la chaine de la Francophonie, contre 212 millions en 2012. Logiquement, les audiences ont suivi la courbe, passant de 30 à 62 millions de téléspectateurs hebdomadaires, et ce uniquement dans les 24 pays où il est possible d’obtenir des chiffres précis. Des résultats qui ont comblé le conseil d’administration du consortium international présidé par Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions et qui a donc décidé de prolonger de 2 ans le mandat d’Yves Bigot !

    C’est tout pour aujourd’hui, à demain pour un nouveau flash ! 

    Ecoutez le flash des expatriés

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