Le Conseil d’Administration de TV5MONDE, présidé par la présidente de France Télévisions, Madame Delphine Ernotte, prolonge le mandat de Président-directeur général de la chaîne de la francophonie d’Yves Bigot pour une durée de 2 ans.
10 ans au service de la Francophonie
Depuis janvier 2013, Yves Bigot est à la tête du consortium publique TV5MONDE. Une construction héritée de l’Histoire qui ne facilite pas le travail dans un monde où les exigences sont de plus en plus nombreuses. Et pourtant, avec ses équipes, Yves Bigot a réussi à renforcer la notoriété des 11 chaines diffusées dans le monde tout en étendant sa diffusion.
Aujourd’hui, ce sont 421 millions de foyers dans 197 pays qui ont accès à la chaine de la Francophonie, contre 212 millions en 2012. Logiquement, les audiences ont suivi la courbe passant de 30 à 62 millions de téléspectateurs hebdomadaires et ce uniquement dans 24 pays où il est possible d’obtenir des chiffres précis.
Un engagement pour la Francophonie qui est chevillé au corps pour Yves Bigot, qui assure aussi la présidence du réseau, bien connu des Français de l’étranger, des Alliances françaises.
Ecoutez le podcast enregistré en 2020
Personnaliser l’expérience francophone
Ce succès est aussi dû à une adaptation des programmes et des modes de diffusion réunis sous la marque TV5MONDE.
Longtemps, pour les Français, TV5MONDE était synonyme de rediffusions, de vieilles séries, on la regardait car c’était la seule chaine en français disponible dans sa chambre d’hôtel… Aujourd’hui, TV5MONDE est synonyme d’ouverture sur le monde, sur les cultures francophones et s’adapte à tous les publics.
En plus des 11 chaines, qui sont des décrochages suivant les fuseaux horaires, Yves Bigot a lancé les chaînes thématiques Tivi5MONDE (enfants) et TV5MONDE Style (art de vivre), de même que la plateforme francophone mondiale et gratuite TV5MONDEplus.
Regardez l’interview captée en mars 2022
Transition numérique réussie
Car le mandat d’Yves Bigot a donné la priorité stratégique au numérique ! Et les francophiles ont adoré ! Avec 63 millions de vidéos vues par mois toutes offres confondues, les nouveaux outils de diffusion (smart TV, ordinateur, smartphone et tablettes), sont désormais bien maîtrisés par les équipes de TV5MONDE.
Pour les Français de l’étranger, TV5MONDEplus est une vraie bouffée d’oxygène francophone ! C’est la seule plateforme en francais, gratuite et accessible depuis le monde entier. On y retrouve les plus grands succès francais, mais aussi canadiens et africains. Ainsi, on entre sur le plateforme pour se (re)plonger dans l’intégrale de Centrale Nuit et on finit par découvrir et s’enthousiasmer pour « Melody, la victoire en chansons », la série à succès venue de Côte d’Ivoire.
Yves Bigot l’a bien compris, en rendant sa liberté au téléspectateur et en lui faisant confiance, il laisse libre court à sa curiosité et découvre la Francophonie sous tous ses angles.
La Francophonie, un partage de valeurs
Car au-delà de la musique, des oeuvres cinématographiques, des séries, et autres, Yves Bigot a renforcé le pôle « information » du groupe TV5MONDE. On retrouve toujours le JT de France 2, de la RTBF, etc., mais la rédaction dirigée désormais par Françoise Joly (ancienne présentatrice d’Envoyé Spécial), vous offre aussi un regard neuf et global sur l’actualité mondiale comme actuellement avec une couverture exceptionnelle du conflit en Ukraine.
TV5MONDE
Dernière création de la rédaction de TV5MONDE, portée par l’engagement d’Yves Bigot, « À la Vie, À la Terre », qui fut lancée ce 3 novembre. Ce nouveau magazine-documentaire événementiel incarné par Chloé Nabédian, journaliste spécialisée en météorologie et climat, est un voyage itinérant dans des pays, régions ou territoires parmi les plus beaux du monde confrontés au dérèglement climatique et environnemental.
Ecoutez le podcast avec Françoise Joly
Une carrière dédiée à la télévision
Si Yves Bigot a réussi à mener cette mutation, c’est que c’est un expert de l’audiovisuel.
Après avoir occupé des postes de direction générale dans des maisons de disques, FNAC Music production (1992-1994) puis Phonogram, devenue Mercury (1994-1997), il occupa des fonctions de directeur des programmes à France 2 (1998-2005), puis de directeur général adjoint en charge de l’antenne et des programmes à France 4 (2005-2006). Puis il fut nommé directeur des antennes et des programmes de la RTBF et d’Arte Belgique (2006-2008) avant de devenir directeur général adjoint en charge des programmes chez Endemol (2008-2010). Après l’expérience « téléréalité », Yves Bigot devient directeur des programmes et de l’antenne de RTL d’août 2010 à décembre 2012. Et donc depuis décembre 2012, il dirige TV5MONDE.
En plus, il continue de collaborer en sa qualité de journaliste avec la presse écrite (Libération, Rolling Stone, Rock & Folk, le JDD…). Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, il a récemment publié « Katrijn« , son premier roman aux Éditions Encre de nuit.
En 2021, selon l’INSEE, la France comptait 6,9 millions d’immigrés, soit 10,2 % de la population. Notre pays qui fut l’un des premiers au sein des pays dits avancés à connaître une baisse de son taux de fécondité a eu recours très tôt à l’immigration, à la différence de nos voisins comme l’Italie ou l’Espagne qui étaient des terres d’émigration.
En 1911, avant même la Première Guerre mondiale, 1,1 million d’immigrés vivaient en France métropolitaine. Les pertes humaines de cette guerre, la grippe espagnole et la dénatalité qui en découla conduisirent à une augmentation sensible de l’immigration jusqu’à la crise de 1929. Les besoins de main-d’œuvre après la Seconde Guerre mondiale pour assurer la reconstruction du pays ont amené à une nouvelle vague d’immigration. En 1954, le nombre d’immigrés a atteint 2,3 millions. La forte croissance durant les Trente Glorieuses s’accompagne d’un fort mouvement d’arrivée de travailleurs étrangers. Le nombre d’immigrés s’élève ainsi à 3,9 millions en 1975.
Désormais 52% des immigrés sont des femmes
Les deux chocs pétroliers et les crises qui suivirent avec à la clef une montée du chômage ont conduit les gouvernements à prendre des mesures tendant à limiter l’immigration. Une augmentation est intervenue au tournant du siècle qui s’est interrompue depuis 2015. Le solde net migratoire se situe désormais entre 70 000 et 100 000 par an. 52 % sont des femmes contre 44 % en 1968. L’augmentation de la proportion de femmes n’est pas en lien avec le regroupement familial. Elles sont plus nombreuses que les hommes à vouloir suivre des études en France ou trouver un emploi.
Parmi les immigrés arrivés en 2020, les femmes sont majoritaires (52 %), en particulier parmi ceux originaires du Cambodge, du Laos et du Vietnam (64 %), de Chine (61 %), d’Amérique, d’Océanie (56 %) et du Maghreb (54 %).
En 2021, 47 % des immigrés sont nés en Afrique et 30 % sont originaires du Maghreb. En dix ans, le nombre d’immigrés originaires d’Afrique a augmenté de 2,9 % par an en moyenne (4,6 % pour l’Afrique hors Maghreb). Un tiers des immigrés (34 %) viennent d’Europe, contre 66 % en 1975. Le développement économique de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal ont tari les principales sources d’immigration pour la France. Par ailleurs, ces pays se caractérisent par des taux de fécondité plus faibles que celui de la France. 14 % des immigrés sont originaires d’Asie.
Plus d’un tiers des descendants d’immigrés viennent d’Europe, un tiers du Maghreb.
La France compte 7,3 millions de descendants d’immigrés (10,9 % de la population) qui n’ont pas connu eux-mêmes la migration. 43 % d’entre eux sont nés de deux parents immigrés. Dans 9 cas sur 10, les deux parents immigrés ont le même pays d’origine. En 2021, 54 % des descendants d’immigrés ont moins de 30 ans. 39 % des descendants d’immigrés ont une origine européenne. Un tiers des descendants d’immigrés sont originaires du Maghreb. Parmi ceux-ci, deux sur trois ont moins de 30 ans. Entre 2011 et 2021, le nombre de descendants d’immigrés originaires d’Afrique a augmenté de 2,5 % en rythme annuel (3,4 % pour l’Afrique hors Maghreb) pour atteindre, en 2021, 45 % de l’ensemble des descendants. L’immigration plus récente en provenance d’Afrique explique que 69 % de leurs descendants ont moins de 30 ans.
Schengen visa in the passport.
Selon l’OCDE, les contributions sous forme d’impôts et de cotisationssont supérieures aux dépenses.
Selon une étude réalisée par l’OCDE portant sur les 25 États membres pour la période 2006-2018, la contribution des immigrés sous la forme d’impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que les pays consacrent à leur protection sociale, leur santé et leur éducation.
Le poids des dépenses de santé est proportionnellement plus faible que pour le reste de la population malgré un taux de pauvreté qui est en moyenne trois fois supérieur. Les immigrés, en raison d’un âge plus faible que le reste de la population, contribuent au financement du système de retraites.
Le vieillissement de la population occidentale se traduit par des déficits d’emplois de plus en plus marqués dans un nombre croissant de secteurs d’activité (hébergement, restauration, transports, commerces, santé, services à la personne, etc.). Sans apport de travailleurs immigrés, de nombreuses activités pourraient connaître de véritables blocages. En Île-de-France, le maintien d’un service continu de bus est déjà problématique. L’accès aux services de santé, sans apport extérieur, sera de plus en plus difficile.
L’Allemagne n’acceptera l’adhésion de nouveaux États membres que si ce processus s’accompagne d’une réforme de l’UE de manière à ne pas mettre en péril la capacité d’action du bloc, a déclaré Jörg Kukies, secrétaire d’État à la Chancellerie fédérale et principal conseiller du chancelier Olaf Scholz lors d’un événement de notre partenaire EURACTIV.
L’appel à une réforme de l’UE s’est jusqu’à présent heurté à une certaine résistance — notamment de la part des États membres de l’Est et des pays scandinaves — mais Berlin est convaincu qu’un consensus sur une réforme de l’UE peut être dégagé.
M. Kukies estime que le succès de la réforme de l’UE se résume à « l’intensité de nos négociations » et à « la clarté de notre communication sur le fait que nous n’autoriserons l’élargissement que s’il y a des réformes institutionnelles ».
« En tant que gouvernement allemand, nous avons des positions très claires à ce sujet, et la réponse est que nous avons besoin d’une réforme institutionnelle. Au moins en même temps que l’élargissement », a-t-il ajouté lors de l’événement de notre partenaire EURACTIV de vendredi (25 novembre).
Le gouvernement allemand a depuis adopté une approche plus « pragmatique » visant à réformer les institutions dans le cadre des traités existants.
Lors de son discours à l’Université Charles de Prague, M. Scholz a déclaré que les traités « ne sont pas gravés dans le marbre », mais il a surtout insisté sur la nécessité de passer du vote à l’unanimité au vote à la majorité dans les domaines de la politique étrangère et fiscale — ce qui est déjà possible dans le cadre des traités en place.
Bien qu’il ne s’agisse pas de modifier les traités de l’UE, cela constituerait néanmoins une « réforme institutionnelle d’une portée considérable », a déclaré M. Kukies.
Conseil de l’Europe Strasbourg, France, Août 2021
Convaincre les plus sceptiques
L’Allemagne n’est pas le seul pays à vouloir réformer l’Union européenne. D’autres grands États membres, tels que la France ou l’Espagne, sont également favorables à une réforme de l’Union.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a adhéré à l’idée et a apporté son soutien à une convention constitutionnelle menant à une réforme des traités dans son discours sur l’état de l’Union en septembre.
Plusieurs États membres ont toutefois déjà fait savoir qu’ils s’opposaient à cette initiative. Au terme de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (COFOE) en mai, treize États membres d’Europe de l’Est et de Scandinavie ont mis en garde, dans une prise de position commune, contre « les tentatives inconsidérées et prématurées de lancer un processus de modification des traités ».
Faire de la réforme de l’UE une condition préalable à l’élargissement pourrait certes ralentir considérablement ce processus, mais cela pourrait aussi permettre de sortir de l’impasse et de favoriser les réformes.
« Si vous regardez ce document officieux des treize États membres […] qui ont exprimé des critiques à l’égard de la réforme institutionnelle, ce sont pour la plupart des États qui défendent un élargissement rapide », a déclaré Nicolai von Ondarza, responsable de la division de recherche sur l’UE à l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité (SWP) lors de l’événement.
M. Ondarza estime que cela pourrait permettre de convaincre les opposants. « Cette perspective de l’UE à 30 plus dans le cadre des dix prochaines années est, à mon avis, la clé de la réforme institutionnelle », a-t-il déclaré. « Si nous ne parvenons pas à ouvrir la porte à de nouvelles réformes de l’UE avant le prochain élargissement, alors cet élan sera définitivement perdu », a-t-il ajouté.
Longtemps, les constructeurs automobiles mettaient en avant les performances des moteurs pour vendre leurs voitures. La vitesse ou l’accélération figuraient fréquemment dans les publicités. Ces dernières années, le confort et la sécurité sont devenus de nouveaux arguments. Avec le développement des véhicules électriques et demain l’espoir de véhicules sans conducteur, les constructeurs changent de messages en insistant sur la connectivité, sur les possibilités de communiquer voire de se distraire dans sa voiture. Cette dernière tend ainsi à devenir une annexe de son habitation.
Nio, une entreprise chinoise de véhicules électriques, a communiqué, lors du lancement de sa dernière voiture à Berlin au mois d’octobre, non pas sur ses qualités techniques intrinsèques mais sur ses dispositifs vidéo et audio permettant d’avoir une expérience visuelle en trois dimensions dans le cadre du métavers. La société a affirmé que ses véhicules avaient vocation à être un « deuxième salon ». Nio souligne que ses voitures sont dotées de deux douzaines de caméras et d’une puissance de calcul importante grâce à un grand nombre de microprocesseurs.
Digitalisation de l’automobile
L’industrie de l’automobile devient avant tout une question de logiciels. La digitalisation de l’automobile s’effectue à pleine vitesse. Les constructeurs réalisent désormais des mises à jour de leurs voitures à distance. Certains proposent le déverrouillage d’options à distance moyennant une contribution en fonction des besoins de l’utilisateur.
Les voitures deviennent des centres de services qui évoluent dans le temps. Elles sont également des vecteurs de données (déplacements, usage de la voiture notamment) que les constructeurs peuvent exploiter à leur profit ou à celui d’autres entreprises. Jusqu’à une date récente, l’univers de l’automobile et celui du digital avaient peu de points communs. Pour les tenants des nouvelles technologies, les constructeurs automobiles étaient des organisations hiérarchiques, axées sur des processus stricts, peu ouverts à la créativité extérieure. Les constructeurs automobiles ont cantonné les innovations digitales au rang des options en les considérant comme des gadgets. Elles ont été souvent portées par les sous-traitants spécialisés dans l’automobile comme Bosch ou Valéo.
Le mariage des contraires
Jusque dans les années 2010, les délais de conception des voitures étaient longs et les modèles étaient censés se vendre durant de nombreuses années, c’est à dire tout le contraire des produits et services digitaux. Pour un constructeur, tout le talent était de vendre des nouveaux modèles comportant dans les faits peu d’innovations à des prix plus élevés quand pour les entreprises de l’univers numérique, l’objectif est de vendre le plus rapidement possible des produits innovants ayant vocation à devenir rapidement obsolètes.
Si Toyota a révolutionné les méthodes de fabrication des voitures en plaçant le zéro défaut au cœur du processus, Tesla a modifié le concept de la voiture. Celle-ci est construite autour d’un logiciel évolutif. Le nombre des options est réduit pour limiter les surcoûts. Tesla vend autant des services qu’un produit physique. La société d’Elon Musk a réussi en quelques année à se hisser à la première place en matière de capitalisation boursière en ce qui concerne les entreprises automobiles. Tesla pèse trois fois plus que le deuxième constructeur, Toyota. Sa capitalisation est supérieure à celle cumulée des cinq constructeurs qui la suivent dans le classement.
En ce qui concerne la capitalisation boursière par voiture vendue, le premier constructeur classique est Porsche qui arrive à la quatrième place mondiale, loin derrière ceux qui ont opté pour des modèles exclusivement électriques intégrant des systèmes informatiques embarqués évolués (Lucid, Rivian, Tesla).
Indépendants ou partenaires des GAFAM
Les constructeurs classiques éprouvent des difficultés à intégrer les codes digitaux. Leurs informaticiens ont eu la tentation de maintenir des arborescences verticales rendant les systèmes d’exploitation des applications maison peu intuitives pour les clients. Ils ont eu aussi tendance à multiplier les options au point de submerger les unités logicielles. La simplicité, la réactivité ont souvent fait défaut lors des premières expériences digitales de la part des grands constructeurs.
Craignant d’être dépendants des GAFAM, ils ont tenté dans un premier temps de développer des systèmes informatiques internes. L’autre crainte était que les grandes entreprises numériques comme Google ou Apple créent leur propre firme automobile et viennent les concurrencer, d’où une forte méfiance. La gestion des données a été aussi une source de tensions entre les deux mondes. Malgré tout, les échecs tant des projets automobiles des GAFAM que celui des premiers systèmes maison des constructeurs traditionnels ont débouché sur des rapprochements, même si ces derniers entendent conserver la maîtrise de l’informatique embarquée.
L’appui des entreprises du digital incontournable
De nombreux constructeurs ont également décidé de développer des centres de créations pour les logiciels indépendants placés au plus près de leur centre de production. Stellantis a ainsi récemment lancé une « Data and Software Academy » destinée à recycler plus de 1 000 salariés existants de l’entreprise par an, ainsi qu’à embaucher des experts dans le monde entier, avec l’objectif d’avoir 4 500 ingénieurs d’ici 2024. Mercedes-Benz vient d’investir 200 millions d’euros dans un « Electric Software Hube » réunissant 1 000 programmeurs au milieu de son campus de recherche et développement à Sindelfingen, à proximité de son siège à Stuttgart.
L’appui des entreprises du digital demeure incontournable. Même avec des milliers de programmeurs de premier ordre, les constructeurs automobiles ne peuvent plus développer seuls tous leurs logiciels. Les apports extérieurs varient d’un constructeur à un autre. Les plus intégrés arrivent à produire 60 % de leurs logiciels quand ce taux est de 20 % pour ceux qui privilégient l’apport extérieur. De plus en plus, les équipes logicielles des constructeurs sont amenées à coordonner des équipes qui comprennent des consultants et des représentants des entreprises spécialisées dans l’informatique et les techniques de l’information.
Renault EZ-Ultimo, limousine de luxe électrique et connectée présentée au Geneva International Motor Show en 2019.
Renault avec Google
De nombreux partenariats ou la création de sociétés dédiées aux logiciels avec la participation d’entreprises du digital sont réalisés. Stellantis s’est associé à Amazon pour créer un logiciel « SmartCockpit » qu’il peut ensuite personnaliser pour ses marques. BMW travaille avec Qualcomm, une société de microprocesseurs, pour codévelopper un système d’exploitation automobile, que Qualcomm pourra vendre à d’autres constructeurs. Mercedes-Benz a pris une participation dans NVIDIA en échange de l’accès des processeurs et des programmes de cette entreprise. Renault a annoncé, le 8 novembre dernier, un approfondissement de sa relation avec Google pour accélérer sa transformation numérique en développant une plateforme centralisée.
Les constructeurs sont confrontés à un dilemme. Ils doivent choisir entre développer un produit différencié sur lequel les constructeurs automobiles ont le contrôle, ou renoncer au contrôle et adopter une plateforme que les consommateurs semblent accepter facilement. La majorité souhaite conserver en interne des éléments tels que «l’interface utilisateur» (données visibles par le conducteur et les passagers) et les systèmes de sécurité.
Un système open source
Face aux GAFAM, les coopérations entre groupes automobiles sont rares pour la création de plateformes informatiques. Jusqu’à présent, la concurrence et les instincts de compétition de l’industrie ont prévalu. Néanmoins, l’idée d’un système « open source » a été avancée afin de réduire les coûts et éviter une cannibalisation par le monde du digital. Elle est portée par la branche logicielle de Bosch et Microsoft. L’objectif est d’élaborer un système commun à l’industrie automobile à l’image d’Android pour les smartphones, une plateforme partagée par de nombreux constructeurs chacun pouvant l’amender en fonction de ses besoins. Les firmes européennes confrontées à la concurrence de leurs homologues chinoises et américaines sont tentées par cette logique.
Le passage de l’industrie aux services, une révolution
Les constructeurs sont conscients que, désormais, les activités de services seront une source importante de revenus. Ils sont disposés à proposer des services de communication, de divertissement, des options en ligne. La voiture électrique ayant des temps de chargement longs, elle doit permettre à ses utilisateurs soit de se distraire, soit de travailler. La voiture autonome donnera lieu à une amplification des activités de services étant donné qu’il n’y aura plus que des passagers.
Dans les prochaines années, le concept de voiture partagée, de voiture louée pour la réalisation de trajets précis se développera, la location prenant ainsi le pas sur l’achat. Stellantis s’attend à ce que ses revenus de logiciels et de services atteignent 4 milliards d’euros par an d’ici 2026 et 20 milliards d’euros d’ici 2030, avec des marges de 20 %, soit le double de celles qu’enregistrent des constructeurs automobiles haut de gamme.
La difficulté pour les constructeurs est de faire passer le principe du service payant. La concurrence pourrait amener à une généralisation de la gratuité relative. L’option de la conduite automatique pourra certainement donner lieu à une facturation mais il sera plus difficile de faire de même avec le chauffage des sièges. La digitalisation s’impose aux constructeurs mais les anciens principes d’organisation demeurent. La numérisation n’a pas ainsi pénétré les conseils d’administration ; plus d’un tiers des membres du conseil d’administration des quatre grands constructeurs automobiles allemands sont des ingénieurs en mécanique, et aucun ne vient de l’industrie technologique.
Le vaccin du paludisme est une quête lancée il y a plus de 35 ans ! Désormais on dispose d’un vaccin contre ce parasite ! On fait le point pour les Français de l’étranger !
Mais au fait, le paludisme c’est quoi ?
Le paludisme est une maladie provoquée par des parasites du genre Plasmodium. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette maladie a touché plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde en 2020, et causé plus d’un million de décès. La situation est d’autant plus préoccupante que depuis plusieurs années les parasites développent des résistances aux molécules antipaludiques et les moustiques craignent de moins en moins les insecticides. Un vaccin existe désormais et est recommandé par l’OMS.
L’OMS a en effet acté cette recommandation dans un communiqué de presse du 6 octobre 2021, appelant à « l’utilisation généralisée du vaccin antipaludique RTS,S/AS01 (RTS,S) chez les enfants en Afrique subsaharienne et dans d’autres régions où la transmission du paludisme à P. falciparum est modérée ou forte ». Cette recommandation est fondée sur les résultats d’un programme pilote en cours au Ghana, au Kenya et au Malawi qui a permis d’atteindre plus de 800 000 enfants depuis 2019.
Le paludisme en chiffres
Selon le dernier rapport de l’OMS sur le paludisme dans le monde, les estimations font état de 14 millions de cas de paludisme en plus en 2020 par rapport à 2019 (241 millions contre 227 millions), la majeure partie de cette hausse trouvant son origine dans les pays de la région Afrique de l’OMS. Au niveau des décès, 69 000 personnes en plus sont mortes du paludisme en 2020 par rapport à 2019 (627 000 contre 558 000). Une augmentation qui est a imputé à la pandémie de COVID-19, selon l’organisation internationale. Près des deux tiers (47 000) des décès supplémentaires dus au paludisme ont résulté des perturbations des services de prévention, diagnostic et traitement du paludisme durant la pandémie.
Cette augmentation du nombre de morts est toutefois à relativiser. Au début de la pandémie de COVID 19, l’OMS avait prévu une possible multiplication par deux du nombre de décès en 2020 en Afrique subsaharienne. Les efforts acharnés des pays d’endémie palustre et de leurs partenaires en vue de maintenir les services de lutte contre le paludisme durant la pandémie ont permis d’éviter ce scénario catastrophe.
« Nous attendons depuis longtemps un vaccin antipaludique efficace et, pour la première fois, un tel vaccin est recommandé pour une utilisation à grande échelle. La recommandation formulée aujourd’hui offre une lueur d’espoir pour le continent qui est le plus lourdement touché par la maladie. Nous espérons que beaucoup plus d’enfants du continent africain seront protégés contre le paludisme et pourront devenir des adultes en bonne santé. »
Docteure Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.
Nurse does a quick malaria test from blood on the South Africa and Mozambique border Lebombo Border Control, South Africa
Les conséquences économiques et sociales d’un tel vaccin
Le paludisme reste l’une des principales causes de maladies infantiles et de décès en Afrique subsaharienne. Plus de 260 000 enfants africains âgés de moins de cinq ans meurent du paludisme chaque année. On ne connait pas encore les conséquences sociales et économiques de ce vaccin, mais ce qui est sûr c’est qu’un nombre significatif d’enfants pourront désormais être sauvés grâce à ce vaccin.
Du côté économique, GSK a dépensé environ 350 millions de dollars pour développer le vaccin Mosquirix. Le laboratoire s’est engagé à produire ce vaccin à prix coûtant, de sorte qu’en cas d’autorisation son prix couvre le coût de fabrication. Une initiative qui a été saluée par les professionnels de santé. On se souvient encore des difficultés qu’ont connu les pays africains à pouvoir disposer de vaccin contre la COVID-19 au plus fort de la pandémie.
Pour en savoir plus sur ce nouveau vaccin contre le paludisme
Bienvenue dans le bulletin d’informations dédié aux expatriés, aujourd’hui 29 novembre on parle de l’élection d’une sénatrice des Français de l’étranger à la tête de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, mais aussi 2 ans après le Brexit où en sont les Français, et on conclura avec Caroline Cayeux qui quitte le gouvernement.
Joëlle Garriaud-Maylam élue Présidente de l’Assemblée de l’Otan
Composée de parlementaires des 30 Etats membre de l’Alliance, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN est le relais de celle-ci auprès des parlements nationaux. Elle émet aussi avis et recommandations sur la sécurité de chaque pays et du bloc face aux autres puissances. Et pour la première fois en 50 ans, c’est un parlementaire français qui fut élu par acclamation à ce poste, ce n’est aussi que la deuxième fois qu’une femme l’occupera. Son mandat est de 2 ans, pour le conserver la sénatrice devra être réélue en 2023 par les conseillers consulaires au Sénat.
2 ans après le Brexit, les Français galèrent toujours
Environ 50% des près de 7 millions de ressortissants de l’UE à postuler dans le cadre du programme ont obtenu le “settled status”, ce qui leur donne le statut de résident permanent au Royaume-Uni. Cependant, plus de 40 % ont obtenu un “pre-settled status”, qui ne leur donne des droits de résidence que pendant cinq ans, mais avec un accès égal à l’aide sociale et aux autres avantages de l’État, à la fin desquels ils doivent présenter une nouvelle demande. Pour les nouveaux arrivants, les délais sont très longs et le résultats aléatoires comme pour Guilhem qui après 3 mois sur place, attend toujours, mais depuis la France, le droit de s’installer à Londres.
Caroline Cayeux quitte le gouvernement
Caroline Cayeux
Elle fut longtemps maire de Beauvais et sénatrice de l’Oise, mais elle n’est restée au gouvernement qu’à peine six mois. Après une première séquence négative lors de sa nomination au gouvernement, les associations avaient ressorti ses propos contre le Mariage pour tous. C’est la Haute autorité pour la transparence de la vie publique qui la pousse à la démission. Dans un communiqué de presse, la désormais ex-ministre explique que la commission lui a « indiqué » qu’elle « estimait » sa « déclaration de patrimoine « sous-évaluée », ce que nie Caroline Cayeux. Préférant ne pas gêner le gouvernement elle a donc démissionné ce lundi 28 novembre.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition !
Après le Brexit, afin de continuer à vivre, travailler, étudier et accéder aux soins après le 1er janvier 2021 au Royaume-Uni, les expats ont dû effectuer leur demande de pre-settled status avant le 30 juin 2021.
Pour ceux qui n’ont pas effectué la demande avant cette date, ils avaient la possibilité d’effectuer une demande tardive.
Presque deux ans après ces démarches administratives, nous avons voulu demander aux Français s’ils étaient en situation irrégulière ou s’ils vivaient au Royaume-Uni en règle.
Léo, qui habite à Londres, a obtenu son visa grâce à son entreprise (pour laquelle il travaillait déjà). “Je peux quand même dire que c’est un process un peu abusif et cher pour un Européen (test d’anglais, preuves de cohabitation avec ma compagne qui doivent être traduites, etc.) ! Donc non arrivé de façon illégale ! Il reste beaucoup de Français dans le pays , mais j’ai l’impression que c’est devenu élitiste puisque les jobs non qualifiés sont beaucoup plus durs à obtenir du au fait que la sélection et les barrières à l’entrée sont plus compliquées ! Donc plusieurs sont repartis et je pense que moins arrivent.”
Les procédures administratives pour obtenir sa résidence permanente ou le visa prennent beaucoup de temps depuis le Brexit. C’est le cas d’Arthur qui vient d’arriver à Londres.
“Mon visa a mis 3 mois à être émis, j’ai donc rejoint mon nouvel emploi à Londres depuis une semaine. Je n’ai pas souhaité venir sur le territoire dans l’illégalité donc j’ai attendu en France en restant au chômage.”
Arthur qui vient d’arriver à Londres
“Je suis toujours dans l’attente de mon visa”
Guilhem est toujours dans l’attente de son visa de travail.
“Dernièrement j’ai passé deux mois et demi au Royaume-Uni dont un mois en cours d’anglais intensif à Portsmouth pour obtenir un diplôme d’anglais (IELTS) nécessaire à la demande de visa, et un autre mois en tant que free worker en Écosse. Là je suis retourné en France et j’attends que l’administration du service de l’immigration se bouge. Peut-être que la démarche est plus rapide quand on est dans une grande entreprise. Ma future entreprise est une entreprise de menuiserie- ébénisterie et est toute petite.”
Guilhem, Français en Ecosse
Le « programme d’établissement » du Royaume-Uni pour les ressortissants de l’UE vivant et travaillant en Grande-Bretagne, depuis le Brexit, risque d’exposer 2,6 millions de personnes à un risque illégal d’expulsion, ont déclaré les avocats à la Haute Cour de Londres.
Perdre son droit de séjour
Lors des audiences du tribunal mardi (1er novembre) dans le cadre du contrôle judiciaire du plan de règlement, Robert Palmer, l’avocat de l’Autorité de surveillance indépendante, a déclaré au tribunal que ceux qui ne présentent pas une autre demande dans les cinq ans suivant l’octroi du pre-settled status pourraient automatiquement perdre leur droit de séjour au Royaume-Uni, ce qui en ferait un dépassement de séjour illégal passible de détention et d’expulsion.
Environ 50% des près de 7 millions de ressortissants de l’UE à postuler dans le cadre du programme ont obtenu le “settled status”, ce qui leur donne le statut de résident permanent au Royaume-Uni. Cependant, plus de 40 % ont obtenu un “pre-settled status”, qui ne leur donne des droits de résidence que pendant cinq ans, mais avec un accès égal à l’aide sociale et aux autres avantages de l’État, à la fin desquels ils doivent présenter une nouvelle demande.
Le fait de ne pas postuler à temps entraînerait la perte automatique du droit au travail, à l’accès au logement, à l’éducation et aux allocations, les exposant au risque d’être expulsés.
La sénatrice des Français de l’Etranger, Joëlle Garriaud-Maylam a été élue le 22 novembre 2022 lors de la 68ème session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui se déroulait à Madrid. C’est la première fois qu’un membre du Sénat français présidera l’AP-OTAN, et la deuxième fois seulement que cette fonction revient à une femme. Une nouvelle accueillie avec enthousiasme au Palais du Luxembourg.
« L’élection de notre collègue Joëlle Garriaud-Maylam vient récompenser des années d’investissement sans faille au service de l’AP-OTAN. Le choix de nos collègues de tous les pays membres de l’Alliance, obtenu par acclamation, est une reconnaissance du travail de Joëlle Garriaud-Maylam, et c’est aussi une fierté pour notre commission et pour l’ensemble du Sénat ».
Christian Cambon, président de la commission des Affaires étrangères et de la défense du Sénat dont Joëlle Garriaud-Maylam est membre
Une assemblée pour quoi faire ?
L’assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) a été créée en 1955 en tant qu’organisation interparlementaire consultative de l’OTAN.
Au sein de cette assemblée, des parlementaires des 30 pays membres de l’Alliance (ainsi que des parlementaires d’un certain nombre de pays associés, des délégations spéciales et des observateurs) débattent régulièrement des problèmes politiques, militaires, économiques, techniques et humains auxquels celle-ci est confrontée dans son ensemble ou entre ses Etats membres.
Bien qu’elle ne soit pas prévue institutionnellement dans le Traité de l’Atlantique Nord et qu’elle soit issue d’une initiative de parlementaires des différents Etats membres, l’AP-OTAN est actuellement considérée comme un organe représentatif tant par le Conseil de l’OTAN que par la majorité des Etats membres.
Un lien avec les parlements nationaux
L’AP-OTAN constitue un lien essentiel entre l’Alliance et les parlements des pays membres – et de ce fait, entre l’Alliance et les citoyens de la zone euro-atlantique.
En effet, obtenir l’appui parlementaire et le soutien de l’opinion publique en faveur des décisions de l’Alliance est essentiel. Les parlements contribuent de façon déterminante à assurer un processus transparent et responsable de prise de décisions dans tous les domaines d’action, y compris la sécurité et la défense. Si les dispositions constitutionnelles varient d’un pays à l’autre, les parlements assurent habituellement le contrôle des budgets de défense et des forces armées et autorisent les dépenses, de même que les déploiements à l’étranger. En tant que représentants du peuple, les parlementaires jouent également un rôle de premier plan dans l’instauration d’un consensus, ainsi que dans la mobilisation de l’opinion publique et son adhésion aux décisions touchant à la défense nationale.
Une fine connaissance de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN
A l’issue du mandat du député américain, Gerry Connolly, c’est donc la sénatrice des Français de l’étranger Joëlle Garriaud-Maylam qui a été élue par acclamation à la présidence de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.
La sénatrice LR était vice-présidente sortante de l’AP-OTAN et membre de l’assemblée depuis 14 ans. Son mandat aura une durée de deux ans à la tête de l’AP-OTAN.
Joëlle Garriaud-Maylam a, dans le discours suivant son élection, condamné la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et félicité le peuple ukrainien de se tenir à l’avant-poste de la défense des valeurs occidentales. Une réponse à ceux qui l’avaient, à un moment, accusé de proximité avec la Russie.
« Les dirigeants russes se comportent comme de véritables terroristes, faisant montre d’une barbarie sans précédent en s’attaquant à des civils et à des infrastructures civiles. Nous devons agir, et ces mêmes dirigeants doivent être jugés comme des terroristes devant les tribunaux internationaux ».
Joëlle Garriaud-Maylam, Sénatrice des Français de l’étranger et Président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN
Comme chaque année, le Fonds monétaire international (FMI), avec l’appui des autorités françaises, a publié un rapport sur la situation de la France comportant des recommandations pour notre économie.
Le FMI souligne que la France a connu un rebond économique important après la crise sanitaire, rebond plus rapide que dans la plupart des autres pays européens. Même si la France est moins directement exposée à la crise énergétique que ses partenaires européens, elle subit un choc de pouvoir d’achat et une crise de défiance, celle-ci étant persistante depuis des années. Les services du FMI prévoient une croissance du PIB d’environ 2,5 % pour 2022 et avoisinant 0,75 % pour 2023 sachant que le Gouvernement a retenu un taux de 1 % pour établir ses projets de loi de finances.
Le taux de croissance potentiel serait désormais de 1,3 % en France. Les séquelles de la pandémie et du choc énergétique provoquant une perte nette d’environ 2 points de pourcentage par rapport à la tendance prépandémie.
Une lente décrue de l’inflation
Pour le FMI, après avoir atteint 7,1 % en octobre, l’inflation devrait rester élevée dans les mois à venir. En raison essentiellement des contrôles des prix de l’énergie et des subventions, qui ont limité les hausses de prix à des niveaux inférieurs d’environ 2 à 3 points de pourcentage, la France resterait en-dessous de la moyenne européenne.
Les hausses de salaires sont pour le moment inférieures à l’inflation totale. L’indexation automatique du salaire minimum et dans une moindre mesure des retraites et des prestations sociales pourrait générer des effets de second tour. L’inflation devrait atteindre un pic dans les mois à venir, mais restera proche de 5 % en 2023 en moyenne avec l’assouplissement des contrôles des prix. Elle resterait persistante en 2024 et ne diminuerait que lentement après pour se rapprocher de l’objectif des 2 %.
Le FMI indique que les incertitudes sur ses prévisions sont élevées : prolongation de la guerre en Ukraine, escalade des sanctions, réparation des centrales nucléaires, etc.. Les prix du gaz et de l’électricité pourraient continuer à augmenter et provoquer un nouveau rebond de l’inflation. Plus la vague inflationniste perdurera, plus le risque d’une boucle prix-salaires augmentera.
La banque centrale pourrait être amenée à durcir plus fortement sa politique monétaire conduisant à un ralentissement plus marqué de la croissance.
Le FMI demande une décrue des aides budgétaires
Les mesures mises en œuvre en 2021-22 pour contrecarrer les effets de la crise énergétique ont représenté au total plus de 2 % du PIB. Ces mesures comprennent les gels des prix du gaz et de l’électricité (bouclier tarifaire), les transferts monétaires aux ménages (chèque énergie, indemnité inflation), la remise sur le prix des carburants et le soutien aux entreprises. Les deux tiers d’entre elles n’ont pas été ciblées en fonction des revenus. Pour 2023, la suppression de la remise sur le prix du carburant et le relèvement des plafonds au titre du bouclier tarifaire constituent des mesures salutaires pour le FMI qui néanmoins mentionne que les ajustements des prix du gaz et de l’électricité restent modestes par rapport aux tarifs de l’énergie qui ont plus que doublé hors contrôle des prix.
La France pratique des prix administrés, système dont il sera difficile de sortir, tant la pression de l’opinion sera forte pour les maintenir.
Les services du FMI préconisent de recentrer l’aide en matière énergétique en accélérant l’élimination progressive des contrôles des prix tout en augmentant l’aide ciblée aux personnes les plus impactées. Le FMI demande au gouvernement de privilégier le chèque énergie prévu d’ici à la fin de cette année pour les ménages à revenus modestes. Il propose un mécanisme de tarification différenciée, avec un bouclier tarifaire ne couvrant que les besoins énergétiques de base.
Le FMI s’alarme du fait que la France est certainement le pays européen qui a réalisé l’effort public le plus important pour faire face aux deux crises successives. Il s’inquiète du fait que la France n’a pas encore réussi à stabiliser son endettement et que l’écart avec ses partenaires s’accroît dangereusement en matière de gestion des finances publiques. La succession des élections en 2022 n’a pas facilité l’atterrissage budgétaire.
Dans son rapport, le FMI s’inquiète que le projet de loi de finances pour 2023 ne prévoit pas de réduction du déficit, reportant l’ajustement budgétaire à 2024. En plus du ciblage des mesures de soutien au pouvoir d’achat, l’organisation internationale demande la réduction des subventions aux producteurs d’énergie renouvelables et le report des réductions d’impôts sur la production.
La France ne pourra pas échapper à des réformes structurelles
La priorité devrait être donnée aux économies de dépenses et non à l’augmentation des prélèvements. Pour inverser l’écart d’endettement avec les partenaires et assurer la viabilité budgétaire à long terme, les services du FMI préconisent un ajustement soutenu pour ramener le déficit à 0,4 % du PIB d’ici à la fin de la décennie, conformément à l’objectif à moyen terme (OMT) de la France avant la crise.
La trajectoire d’ajustement sous-entend un effort cumulé d’environ 5 points de pourcentage du PIB sur 7 à 8 ans, moyennant un effort annuel moyen de 0,7 % du PIB. Selon le FMI, la France ne pourra pas échapper à des réformes structurelles importantes. Une réforme globale des retraites est jugée indispensable. Elle devrait accroître le taux d’activité des travailleurs les plus âgés en relevant progressivement l’âge effectif de départ à la retraite tout en prenant en compte les situations particulières (carrières morcelées, pénibilité, etc.).
Le FMI souligne la nécessité d’achever la réforme de l’assurance-chômage. L’introduction d’un caractère contracyclique dans les allocations de chômage est considérée comme une mesure pouvant contribuer au taux d’emploi en faisant varier les conditions d’admissibilité et/ou de durée des prestations en fonction de la situation du marché du travail.
Le FMI demande la rationalisation des dépenses fiscales, notamment celles en faveur des combustibles fossiles et du logement dont l’efficacité est plus limitée ou qui entrent en contradiction avec la transition énergétique. Le crédit d’impôt recherche qui constitue une des plus importantes dépenses fiscales en France devrait être repensé. Il est accusé d’être peu performant et de générer des effets d’aubaine.
Le FMI attend une rationalisation des effectifs de la fonction publique avec la réduction des doublons entre les différents niveaux des administrations publiques. Il souhaite la simplification des régimes des minima sociaux.
Un secteur financier à surveiller
Le FMI s’inquiète de la solidité du secteur financier. Si les banques françaises ont affiché une hausse des bénéfices au début de l’année 2022, elles sont confrontées à des perspectives plus délicates en raison de la détérioration de la croissance et de l’accentuation des risques de crédit dans les secteurs touchés par l’inflation et la crise énergétique. Ces effets pourraient être en partie compensés par une hausse des marges d’intérêt nettes générée par le relèvement des taux d’intérêt. Le FMI appelle l’autorité de régulation, l’APCR, à suivre de près l’évolution de chaque établissement.
Les services du FMI soutiennent l’intention des autorités européennes d’accroître progressivement le coussin de fonds propres contracyclique. En France, l’écart du ratio de crédit sur le PIB reste supérieur à son niveau d’avant la crise, ce qui constitue un risque pour la stabilité financière de la place. Les économistes du FMI souhaitent un assagissement de la demande de prêts en France et soutiennent la décision du Haut Conseil de la Sécurité Financière de relever le taux du coussin de fonds propres contracyclique (actuellement de 0,5 %) de 0,5 % vers la fin de l’année. Compte tenu de la concentration des facteurs de vulnérabilité de la dette dans le secteur des entreprises, les autorités pourraient également envisager de mettre en place un coussin pour le risque systémique sectoriel pour les expositions aux entreprises.
Le problème récurrent de la formation
Le FMI note que la France est confrontée à un problème persistant en matière de formation initiale et continue. Les faibles résultats scolaires sont pointés du doigt d’autant plus que les dépenses sont relativement élevées, laissant entrevoir des possibilités de réaliser des gains d’efficience. Des économies pourraient être réalisées sur le deuxième cycle du secondaire au profit de l’enseignement primaire.
Une rationalisation des dépenses relatives au personnel non enseignant pourrait être menée. Le FMI préconise que les professeurs soient en partie rémunérés en fonction des résultats. Les disparités liées au statut socio-économique pourraient être réduites en incitant les enseignants à travailler dans des zones défavorisées, notamment à travers la rémunération.
Le FMI recommande également d’accroître les responsabilités et l’autonomie des administrations scolaires afin de favoriser les innovations pédagogiques.
Une accélération du programme de transition énergétique
Le FMI souligne que des progrès conséquents pourraient être obtenus en matière d’économies d’énergie. La France pourrait aussi augmenter le poids des énergies renouvelables afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Le FMI se prononce en faveur de l’augmentation de la tarification carbone qui devra s’accompagner de mesures de soutien aux ménages modestes.
Le FMI a dressé un état des lieux sombre de l’économie française et appelle de ses vœux à des réformes structurelles. L’organisation internationale est dans son rôle d’aiguillon des pouvoirs publics qui ont été, par ailleurs, associés à la rédaction du rapport annuel. Il n’en demeure pas moins que la trajectoire des finances publiques ainsi que l’inefficience des dépenses d’éducation constituent des faiblesses inquiétantes qui pourraient handicaper le pays dans les prochaines années.
Une opération internationale sans précédent, impliquant les autorités de 11 pays, a abouti à l’arrestation de 44 membres présumés d’un réseau criminel considéré comme l’un des plus dangereux de l’Union européenne, ont déclaré Europol et Eurojust vendredi 25 novembre. Il s’agit notamment de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, ont-elles précisé.
« Plusieurs organisations criminelles travaillaient ensemble pour mener des activités polycriminelles à grande échelle à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE »
Communiqué commun des agences européennes, Europol et Eurojust, basées à La Haye.
Siège d’Europol à la Haye
Cocaïne, haschich, cannabis et méthamphétamine
Au cours de l’opération, qui s’est déroulée mardi 22 novembre, coordonnée par Europol et Eurojust, une centaine de perquisitions ont été effectuées à travers l’Europe, ciblant à la fois les chefs de ces organisations criminelles et leurs associés.
Le réseau, qui serait également lié à de grandes organisations de trafic de drogue en dehors de l’UE, opérait en Lituanie, en Lettonie, en République tchèque, en Pologne, en France, en Allemagne et en Slovaquie.
« L’ampleur du trafic de drogue attribué au réseau est immense, avec des activités signalées sur trois continents »
Communiqué commun des agences européennes, Europol et Eurojust, basées à La Haye.
De grandes quantités de cocaïne, de haschich, de cannabis et de méthamphétamine ont été saisies.
« Très flexibles, ces criminels s’adaptaient rapidement aux nouvelles méthodes de trafic de drogue pour tenter d’échapper aux forces de l’ordre »
Communiqué commun des agences européennes, Europol et Eurojust, basées à La Haye.
Des cargaisons de drogue ont notamment été trouvées dans des navires et des camions, bien cachées dans des compartiments.
« Le réseau criminel était structuré comme une entreprise, avec différents groupes criminels et personnes intermédiaires travaillant ensemble au-delà des frontières pour contrôler l’ensemble de la chaîne du trafic de drogue – de l’organisation d’énormes expéditions de drogue à la distribution dans toute l’Europe et au-delà »
Communiqué commun des agences européennes, Europol et Eurojust, basées à La Haye.
La coopération entre les pays et les agences européennes a permis d’adopter une stratégie commune pour préparer la phase finale des enquêtes et « faire tomber l’ensemble du réseau », se sont-elles félicitées.