Deuxième édition des Rencontres des entrepreneurs francophones 

Deuxième édition des Rencontres des entrepreneurs francophones 

La deuxième rencontre des entrepreneurs Francophones (REF) organisée par l’Alliance des Patronats Francophones (APF) et la Confédération générale de Côte d’Ivoire, s’est tenue jeudi et vendredi à Abidjan. Olivier Becht, Ministre délégué des Français de l’étranger, du Commerce extérieur et de l’attractivité de la France, y était, naturellement, présent. L’occasion pour la rédaction de faire le point sur le projet d’Emmanuel Macron de créer une Francophonie économique à l’instar du Commonwealth britannique.

Une Francophonie économique pour un meilleur avenir

Si globalement la Francophonie économique est encore dans les limbes, son potentiel de développement est important. Il est à la hauteur des exigences et de l’ambition de ses populations et plus particulièrement de ses jeunes. La Francophonie économique doit se construire si les pays ayant en partage la langue de Molière, expriment une volonté commune de sauvegarder la Francophonie tout court. Le mouvement de la Francophonie, lancé par ses pères fondateurs, il y a un peu plus de cinquante ans ne pourra continuer à se développer, plus encore à exister, à revendiquer une place reconnue dans le concert des nations et des institutions internationales; que s’il arrive à donner de l’espoir et du sens à ses populations. Le contre-exemple algérien qui a injecté l’anglais dans les petites classes de son système éducatif est une première alerte.

Pour survivre, la Francophonie ne peut plus se limiter à un mouvement culturel, de partage d’une langue, ni même de valeurs. Elle doit, à l’image de multiples autres regroupements, trouver la voie d’une conciliation entre la culture et l’économie, entre la culture et le développement.

10 millions d’entreprises

L’espace francophone comprend 88 Etats et gouvernements, représente 16% du PIB mondial et détient 14% des ressources minières et énergétiques. Son potentiel est énorme ! C’est donc une multitude d’opportunités pour les 10 millions d’entreprises francophones à travers le monde.

C’est dans ce cadre que l’Alliance des Patronats Francophones, dirigée par Geoffroy Roux de Bézieux, le président du MEDEF (le syndicat des patrons français), a créé, avec le soutien du gouvernement, les Rencontres des entrepreneurs francophones dont la deuxième édition vient de se tenir à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Soutenir le développement de tous les pays francophones

La Francophonie économique ne doit être ni un slogan ni un vœu.  Pour se mettre en place et devenir une réalité, il faut que les acteurs économiques du monde francophone occupent une place en rapport avec la taille de leur pays, de leur population. Cette ambition suppose de bousculer des situations existantes. Elle suppose une croissance économique plus rapide de l’ensemble francophone que le reste du monde. Cela est loin d’être le cas aujourd’hui. Pour ce faire, le monde francophone doit se positionner sur les secteurs porteurs, ceux à haute valeur ajoutée.

Cela devra passer nécessairement par des investissements massifs dans l’éducation, mais également par l’adoption des meilleurs standards internationaux, tant au niveau des process de production que de la gouvernance des institutions ou de la gestion des affaires publiques.

Cependant ces projets peuvent être mis en péril comme l’a souligné le président du patronat ivoirien, Jean-Marie Ackah, qui a fait observer que l’évolution défavorable de l’environnement géopolitique mondial et la persistance de l’inflation font planer de lourdes menaces sur les économies mondiales notamment les économies en développement.

L’indépendance économique de la France

Si du côté des partenaires des Français les perspectives de développement et de création d’un marché privilégié sont les principales motivations, pour la France l’enjeu est de renforcer son indépendance économique alors que les perspectives de croissance en Europe s’effritent de jour en jour.

Délégation française en Côte d’Ivoire – 27 octobre 2022 ©AFP

Un objectif qu’a bien intégré le ministre Olivier Becht, qui s’est rendu sur place. Ce déplacement fut ainsi l’occasion de valoriser les implantations de long-terme de nos entreprises, de promouvoir le rôle que celles-ci jouent dans le développement de tous les secteurs de l’économie ivoirienne, de donner de la visibilité au savoir-faire français dans les secteurs stratégiques comme la ville durable, la santé, l’agriculture ou encore la promotion du sport.

Mais là aussi, comme la semaine dernière au Maroc, Olivier Becht fut confronté aux conséquences de la politique que tient actuellement notre pays pour les visas. Alors que M. de Bézieux s’engageait, en son nom et celui du MEDEF à faire un plaidoyer pour la création d’un visa d’affaires francophone auprès des autorités françaises, le ministre délégué n’était pas porteur de bonnes nouvelles sur ce point, le sujet étant toujours bloqué par l’intransigeant ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Une communauté française dynamique

Sur place, le Ministre des Français de l’étranger a pu compter sur le soutien de nos compatriotes. Si depuis la crise politico-militaire qui s’est achevée en 2007 les Français sont moins nombreux en Côte d’Ivoire, ils sont toujours 18 000 à partager le destin de ce pays. Souvent bi-nationaux, ils sont des acteurs majeurs de l’économie du pays. Leurs activités économiques représentent 30% du PIB, rapportent plus de 50% des impôts sur les sociétés et génèrent 400 000 emplois.

Olivier Becht lors de la soirée organisée par l’ambassade le 27 octobre 2022 ©Karim Ben Cheïkh (Facebook)

Nos compatriotes sur place ne connaissent pas la crise et c’est donc dans une ambiance joyeuse que l’Ambassadeur de France, Jean-Christophe Belliard, a réuni jeudi 27 octobre au soir les acteurs de la vie consulaire. Elu(e)s, chef(fe)s d’entreprises, fonctionnaires, se sont retrouvés avec Olivier Becht mais aussi avec le député de la circonscription Karim Ben Cheïkh et le président du Medef, pour célébrer l’amitié franco-ivoirienne.

Auteur

  • Samir Kahred

    Samir Kahred a suivi ses parents dont le père était ingénieur dans une succursale du groupe Bouygues. Après une scolarité au Lycée français et des études au Caire, il devient journaliste pour des médias locaux et correspond pour lesfrancais.press

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