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  • Doit-on avoir peur du variant XBB.1.5 ?

    Doit-on avoir peur du variant XBB.1.5 ?

    Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis, la plus récente forme du virus, soit le variant XBB.1.5, va acquérir rapidement le statut de variant dominant.

    Selon des données publiées vendredi dernier, le XBB.1.5 représentait 41 % des nouvelles infections, contre seulement 4% au début du mois.

    Le nouveau variant est particulièrement virulent dans le nord-est des États-Unis, où il représente environ trois infections sur quatre et est en train de se répandre en Europe et donc en France. Il est aussi à l’origine de la reprise de la pandémie en Chine.

    Les premières recherches scientifiques laissent entrevoir que le variant XBB.1.5 serait apte à échapper aux anticorps générés par la vaccination ou une infection précédente à la COVID-19. Cependant malgré sa haute contagiosité, il ne semble pas causer de symptômes plus graves que ses prédécesseurs.

    Dépistage du nouveau variant aux USA en janvier 2023 ©Reuters

    Gauthier Seys, de la Radio des Français dans le monde, a reçu le virologue français expatrié aux USA Eric Crampon, pour faire le point sur les risques liés au XBB.1.5.

    Nous profitons de ses connaissances et de son expertise pour faire un point sur ce qu’est un vaccin, sur les grandes pandémies que nous avons connu, et, évidemment, sur l’arrivée de la Covid-19 qui n’a pas fini de faire le tour du monde.

    Après un début 2020 qui a brusquement mis a l’arrêt quasi toute la planète, chaque pays s’est organisé entre confinement, masques, gestes barrières et puis surtout, avec l’arrivée très rapide via une technologie prête mais jamais encore utilisé de façon massive : l’ARN.

    Aujourd’hui, avec le changement brutal de stratégie en Chine, un nouveau variant a commencé son tour du monde. Déjà très puissant aux USA, le XBB.1.5, nouveau variant d’Omicron, pourrait – aucune certitude pour le moment – résister un peu mieux à la barrière des vaccins, même si, selon Eric, la population mondiale a développer une certaine résistance à ce virus qui va maintenant s’installer durablement, comme la grippe a déjà pu le faire.

    Ecoutez l’interview avec Eric Crampon

  • 114e jour de la révolution en Iran

    114e jour de la révolution en Iran

    Au 114ᵉ jour du soulèvement national en Iran, le régime des mollahs au pouvoir a désespérément exécuté Mohammad Mehdi Karami et Seyed Mohammad Hosseini tôt le matin, samedi 7 janvier. Le pouvoir judiciaire du régime a confirmé que les deux personnes, arrêtées pour avoir pris part à la révolution en Iran qui se poursuit dans tout le pays, ont été pendues.

    L’agence de presse semi-officielle Mizan, affiliée à l’appareil judiciaire du régime, a indiqué que les deux hommes avaient été exécutés, dont le filleul de la députée française Clémentine Autin, pour avoir tué un membre des bassidji, une force paramilitaire du régime, et bloqué la voie rapide Karadj-Qazvin, située à l’ouest de la capitale Téhéran. Amnesty International a déclaré que ces procès « ne ressemblaient en rien à une véritable procédure judiciaire ». De nombreux rapports indiquent que les deux hommes ont été torturés pour obtenir des aveux sous la contrainte. 

    Le mois dernier, Maryam Radjavi, dirigeante de la résistance iranienne, a appelé les Nations unies, le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne et les États membres à prendre des mesures efficaces et concrètes contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran, afin de mettre un terme aux massacres, à la torture et aux exécutions pratiquées par le régime.

    « Mort à Khamenei ! Maudit soit Khomeini ! »

    Les autorités du régime dans la ville de Bijar, dans la province du Kurdistan, dans l’ouest de l’Iran, ont dépêché et stationné des unités de sécurité devant le domicile des parents de Mohammad Mehdi Karami. Les autorités ont fermé les magasins locaux et menacé les commerçants. Au moins trois personnes ont été enlevées par les unités de sécurité, selon des rapports de militants locaux.

    Dans le quartier de Tehranpars, dans la capitale, les manifestants ont défilé en scandant : « Pour chaque personne tuée, mille autres se lèveront ! », « Mort à Khamenei ! Maudit soit Khomeini ! »

    À Téhéran, des habitants du quartier d’Andisheh, dans la capitale, ont mis le feu à un poster de l’ancien chef de la Force Quds de l’IRGC, Qassem Soleimani, et dans un autre quartier de la ville, en plein jour, ont également incendié un autre poster de lui.

    Manifestations à Téhéran en décembre 2022 ©Mustafa Melih Ahıshalı/AA

    À Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, des jeunes ont écrit des slogans sur les murs de la ville, à l’endroit même où les bassidji paramilitaires avaient effacé les slogans précédents : « Mort au tyran, que ce soit le Shah ou le leader (Khamenei) ».

    À l’occasion de l’anniversaire de la chute de l’avion de ligne ukrainien, les partisans du MEK ont manifesté dans 12 villes européennes et américaines, dont Washington DC, Paris, Göteborg, Vienne, Cologne, Berlin, Munich, Oslo, Sydney, Londres, Heidelberg et La Haye, avec le slogan « Mort à l’oppresseur, qu’il s’agisse du Shah ou du dirigeant (Khamenei) ».

    Les comptes sur le soulèvement en Iran – Jour 114 :

    – Manifestations : 282 villes

    – Nombre de morts : plus de 750 morts estimés, 614 identifiés par le MEK

    – Détentions : 35 000  

  • Les voeux 2023 de l’AEFE

    Les voeux 2023 de l’AEFE

    Comme chaque année, Olivier Brochet, le directeur général de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE) a souhaité une bonne année aux élèves et à leurs parents mais aussi à tous les acteurs de la vie scolaire. Cette année il était accompagné de Bruno Foucher, le président du conseil d’administration de l’AEFE.

    ©AEFE

    Un réseau moderne et plus accessible

    Dans ce message en duo, ils citent les principales innovations mises en place en 2022 pour permettre au réseau de se renforcer et se développer. Ils rappellent également quels sont les forces et atouts essentiels qui unissent ce réseau autour de valeurs et objectifs communs.

    En effet, au cours de cette année scolaire 2022/2023, de nombreuses évolutions ont été mises en place comme :

    • Le nouveau statut des personnels détachés, qui n’a pas manqué de provoquer quelques remous parmi le personnel
    • L’accélération de la transformation numérique avec la mise en place des adresses de messagerie sécurisées et le développement de l’intranet Orion qui compte au 31/12/2022 déjà 23 000 usagers;
    • Cette année scolaire voit aussi l’application de la loi du 28 février 2022 qui reconnaît et confirme des missions complémentaires à l’agence, et qui en fait évoluer sa gouvernance pour une meilleure représentativité de tous les membres des communautés scolaires ;
    • La création, enfin, des instituts régionaux de formation, à l’initiative de Samantha Cazebonne, et des outils qui les accompagnent, comme l’application Atena et de nouveaux logiciels simplifiant leur organisation.

    Regardez la vidéo avec Bruno Foucher et Olivier Brochet

  • Immobilier : de la rente à la pénurie

    Immobilier : de la rente à la pénurie

    Le secteur de l’immobilier représente 11 % du PIB au sein de l’OCDE. De leur côté, les investissements en construction pèsent de 2 à 10 % du PIB, selon les pays. En France, ce ratio est de 6 %. 

    Le marché de l’immobilier est tout à la fois connu car ancien mais aussi sujet à des crises qui surprennent par leur ampleur et qui se diffusent à l’ensemble de l’économie. Au Japon, le krach immobilier a débouché sur une stagnation qui a perduré pendant au moins vingt ans. En 1992, le krach immobilier en France toucha un marché en pleine croissance. Les prix baissèrent de plus de 40 % en quelques années à Paris, aidés en cela par la forte hausse des taux d’intérêt. La crise de 2007 est née de l’essor incontrôlé du crédit immobilier et de sa titrisation. Cette crise toucha tous les pays et mit en danger l’ensemble de la sphère financière.

    Le prix des logements a doublé en France et a été multiplié par trois aux Etats-Unis 

    La pierre, valeur refuge, n’est pas sans ornière ni chausse-trappe. Au-delà des crises, force est de constater que, depuis 2000, le prix des logements a doublé en France et a été multiplié par trois aux Etats-Unis. De nombreux ménages peinent à trouver un logement décent à des prix corrects. 

    En France, le déficit en matière de construction perdure depuis des années. Le nombre de constructions plafonne autour de 360 000 par an quand il en faudrait au minimum 500 000 pour faire face à la demande gonflée par l’augmentation de la population, sa concentration au sein des grandes agglomérations, et l’éclatement des structures familiales. 

    © Janvier 2023 – Elucid

    L’offre ne suit pas la demande surtout dans les aires urbaines en forte expansion, obligeant les ménages à s’installer de plus en plus loin de leur lieu de travail. Ainsi, dans les zones sous tension, le nombre de permis de construire a, de 2016 à 2021, diminué de 14 %, quand il a augmenté de 25 % dans les autres.

    Les dépenses de logement pour les ménages augmentent depuis vingt ans

    Le nombre de logements construits par le secteur du logement social diminue. Il est passé sur la même période de 105 000 à moins de 80 000. Ce n’est pas l’argent qui manque mais le foncier. La France est un des pays de l’OCDE ayant la plus faible élasticité à la demande immobilière. Elle se situe entre 0,5 et 0,8 au sein des grandes agglomérations. Cela signifie que, face à une demande en hausse de 10 %, l’offre ne progresse que de 5 ou 8 %. Aux Etats-Unis, l’offre suit la demande. 

    Dans un contexte de pénurie, les dépenses de logement pour les ménages augmentent depuis vingt ans. En 2021, en France, ces derniers y consacrent près de 30 % de leur budget total (loyer/acquisition/frais/équipement). Pour les ménages les plus modestes, ce ratio est de 40 %. 

    Le montant des loyers est prohibitif dans le parc privé dans certaines grandes agglomérations mais il est en retrait par rapport à l’évolution du prix d’achat des logements. Il en résulte une dégradation du rendement locatif. La rentabilité de l’immobilier est faible surtout pour les locations annuelles, ce qui incite les propriétaires à privilégier les locations saisonnières et à escompter une éventuelle plus-value.

    La hausse des prix de l’immobilier fait l’objet d’un consensus implicite 

    Au-delà de la rareté du foncier, le problème de l’immobilier est accentué par les coûts de construction qui augmentent faute de réels gains de productivité. Le secteur du bâtiment est confronté à une baisse de compétences. L’éclatement du secteur, plus de 500 000 entreprises employant 1,5 million de salariés, ne facilite pas la diffusion du progrès technique. Le personnel souvent peu ou pas formé, n’est pas en situation d’utiliser des procédés modernes de fabrication. Les entreprises disposant de rente de situation ne sont pas incitées à recourir à ces procédés. Il serait possible en recourant à des éléments préfabriqués de réduire les coûts. Les réseaux électrique, eau, assainissement, etc. pourraient être préinstallés. L’isolation intérieure ou extérieure pourrait être facilement industrialisée. 

    La hausse des prix de l’immobilier fait l’objet d’un consensus implicite des propriétaires et des élus. Le déficit de la construction, la rareté de l’offre génère une rente. Les élus pour faire plaisir à leurs électeurs restreignent autant que possible les nouvelles constructions. Face à la hausse des prix des logements, la tentation est de geler les loyers, de les encadrer. Cette politique qui est pratiquée aux Etats-Unis comme en Europe a pour conséquence de réduire le parc locatif classique en incitant les propriétaires à placer leurs biens sur des plateformes de locations saisonnières. Elle les conduit également à limiter l’entretien de leurs logements. Elle favorise les locataires aisés qui seront sélectionnés à travers des dossiers de plus en plus exigeants. 

    La taxation accrue des plus-values peut être plus efficace pour éviter la spéculation mais elle ne saurait résoudre le problème de l’offre. Le desserrement des contraintes foncières dans les zones tendues est certainement une nécessité. Le démembrement de propriété sur le modèle britannique est une voie également à étudier. Le terrain reste la propriété des collectivités ou de fonds d’investissement foncier, les ménages étant propriétaires du bâti. Ces derniers versent un faible loyer pour le terrain. Cela permet aux collectivités de maîtriser leur foncier et aux acheteurs de réduire le coût d’acquisition d’environ 30 %.

    Avec la transition énergétique, avec les difficultés des jeunes générations, une politique plus dynamique est nécessaire

    La question de l’immobilier reste pendante étrangement depuis de nombreuses années sans que des solutions soient réellement apportées. Avec la transition énergétique qui impose de réhabiliter des millions de logements, avec les besoins en forte croissance dans de nombreuses zones géographiques, avec les difficultés des jeunes générations à se loger, une politique plus dynamique en la matière serait nécessaire. Aujourd’hui, l’immobilier capte une part non négligeable du patrimoine national avec un rendement faible. Cette épargne aurait tout avantage à être affectée dans l’industrie, dans les secteurs de pointe.

  • Irlande du Nord : Londres et Bruxelles s’accordent sur des avancées concrètes

    Irlande du Nord : Londres et Bruxelles s’accordent sur des avancées concrètes

    Le Royaume-Uni et l’Union européenne, après des mois d’impasse, se sont accordés lundi sur des progrès concrets dans leur désaccord concernant le statut post-Brexit de l’Irlande du Nord, y voyant une étape « critique » pour régler ce contentieux qui empoisonne leurs relations.

    Au moment de la sortie de l’Union européenne, le gouvernement britannique et Bruxelles avaient mis au point des dispositions douanières particulières pour la province britannique. Ces dernières, prévues par le protocole nord-irlandais, ont provoqué une paralysie politique dans ce territoire et Londres veut désormais le revoir en profondeur, alors que Bruxelles n’accepte que des aménagements pratiques.

    Après un entretien à Londres, le chef de la diplomatie britannique James Cleverly et le vice-président de la Commission Maros Sefcovic ont annoncé dans un communiqué « un accord concernant la manière d’avancer sur la question spécifique de l’accès de l’UE aux systèmes technologiques britanniques ».

    Dans un communiqué signalant un changement de ton après des mois de dialogue de sourds et une volonté d’avancée sur des sujets techniques séparément, ils ont qualifié cette avancée de « prérequis critique pour construire la confiance et fournir des assurances » et de « nouvelle base pour des discussions ».

    Ils ont précisé que leurs équipes allaient maintenant travailler « rapidement pour définir des solutions potentielles dans différents domaines », et qu’ils feraient le point le 16 janvier.

    L’accord de paix de 1998

    L’Irlande du Nord possède la seule frontière terrestre du Royaume-Uni avec l’UE, mais celle-ci doit rester ouverte en vertu de l’accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de violences (3 500 morts).

    Le protocole maintient ainsi l’Irlande du Nord au sein du marché unique européen mais crée de fait une frontière douanière avec l’île de Grande-Bretagne, inacceptable pour les unionistes nord-irlandais, qui voient dans ce dispositif une menace sur la place de la province au sein du Royaume-Uni.

    Ces derniers bloquent ainsi depuis près d’un an la formation de tout gouvernement local, en période de grave crise du coût de la vie au Royaume-Uni.

    Face à cette paralysie, Londres avait présenté un projet de loi pour refondre le protocole, au risque d’une guerre commerciale avec l’UE qui voit d’un mauvais œil une remise en cause unilatérale d’un traité international.

    Alors que Londres et Bruxelles semblent se débloquer, le gouvernement britannique réunit mercredi les partis politiques nord-irlandais et menace de convoquer des élections locales anticipées.

    Autre signe de détente sur ce dossier épineux, le nouveau Premier ministre irlandais Leo Varadkar a assuré pendant les fêtes être prêt à des « compromis ».

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 11.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 11.01.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash du mercredi 11 janvier. Il est consacré à 100% à la réforme des retraites. On évoque donc la situation des voisins français, le contenu de la réforme annoncée hier par Elisabeth Borne et l’impact de ces dispositions pour les Français de l’étranger. 

    Comment font les Européens ? 

    En Europe, une personne sur cinq a plus de 65 ans, l’âge de la retraite varie selon les pays et les sexes, de 62 à 69 ans. En Suisse 65 ans, en Allemagne 67 et bientôt 69 ans, tandis qu’en Italie comme en Angleterre c’est 65 ans. La France a donc l’âge de départ à la retraite le plus bas des pays voisins. Même un report à 64 ans reste généreux (quant à l’âge) par rapport aux autres. La démographie de chaque pays va accroitre les dépenses de retraite, moins d’ailleurs en France que dans les autres pays, parce qu’elles sont déjà très élevées et parce que la population active devrait moins baisser en France. 

    Les points clés de la réforme des retraites

    Elisabeth Borne a donc révélé sa réforme ce mardi, elle comprend des mesures fortes comme la fin des régimes spéciaux, la réforme s’appliquera donc aussi aux fonctionnaires. Tous les Français devront donc avoir cotisé 43 ans dès 2027 et l’âge légal de départ sera de 64 ans en 2030. Cependant des dispositions sont maintenues pour les métiers pénibles ou les longues carrières avec des possibilités de partir à 62 ans. La Première ministre a martelé que cette réforme permettra d’éviter une augmentation des impôts ou des cotisations sociales. 

    Loi pour le pouvoir d'achat
    Elisabeth Borne

    Quelles conséquences pour les Français de l’étranger ?

    Pour ceux qui ont cotisé en France, ou qui cotisent toujours via la CFE ou comme salarié détaché, sans oublier ceux qui ont prévu de rentrer travailler, les nouvelles règles s’appliqueront de plein droit comme pour tous les autres Français sur les trimestres concernés. Il faudra donc bien prendre en compte ces évolutions pour simuler votre retraite internationale. Ceux qui sont déjà pensionnés ne verront pas leurs modalités modifiées. 

    fonctionnaires détachés

    C’est tout pour aujourd’hui – prenez soin de vous où que vous soyez ! A demain.

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Elisabeth Borne dévoile la réforme des retraites

    Elisabeth Borne dévoile la réforme des retraites

    Après des mois d’interrogations, de changement de positions et de contestations, Elisabeth Borne, la Première ministre, a dévoilé en détail ce mardi son projet de réforme des retraites. Après une première loi abandonnée pour cause de Covid-19 en 2020, ce projet devra être adopté par le parlement alors que le Président est sans majorité à l’Assemblée nationale.

    Le plan pour réformer les retraites

    Elisabeth Borne a annoncé que le but de ce projet est de préserver les Français d’une augmentation « du coût du travail et des impôts, car nous voulons atteindre le plein emploi« . Pour le gouvernement, la réforme présentée garantit l’équilibre de notre système dès 2030.

    « Nous proposons que celles et ceux qui le peuvent travaillent plus longtemps. Ce choix, des majorités de droite et de gauche l’ont fait avant nous. Ce choix c’est celui qu’on réalisé tous nos voisins européens. »

    Elisabeth Borne lors de la conférence de presse ce mardi 10 janvier 2023

    Age de départ et trimestres de cotisations

    Alors que la dernière réforme dite « Touraine » prévoyait qu’il faudra avoir cotisé 43 ans en 2035 pour bénéficier d’une retraite à taux plein, le nouveau texte avance cette disposition à l’année 2027. Autre changement, l’âge légal de départ sera de 64 ans en 2030.

    L’âge légal à partir duquel il est possible de partir à la retraite sera progressivement relevé à compter du 1er septembre 2023, à raison de 3 mois par année de naissance. Il sera ainsi fixé à 63 ans et 3 mois en 2027 à la fin du quinquennat, puis atteindra la cible de 64 ans en 2030.

    « Ce système repose sur la cohésion entre les générations, entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent plus. Compte tenu du vieillissement de la population, l’équilibre financier de ce régime des retraites est menacé »

    Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, à la suite de l’allocution de la Première ministre.

    Concrètement, il faudra avoir cotisé 172 trimestres et être âgé donc au moins de 64 ans pour bénéficier du taux plein.

    Le gouvernement a aussi annoncé que la réforme des retraites «actera l’extinction des principaux régimes spéciaux». C’est à dire que l’ensemble des travailleurs cotisants seront soumis aux mêmes règles, qu’ils soient fonctionnaires, médecins, professeurs ou cadres à la Défense.

    « Ce projet est universel. Il concernera tous les actifs, salariés, indépendants et fonctionnaires. »

    Elisabeth Borne lors de la conférence de presse ce mardi 10 janvier 2023

    Pénibilité et longues carrières

    Elisabeth Borne a aussi expliqué que des exceptions seront possibles.

    Ainsi comme aujourd’hui, les personnes partant à la retraite à 67 ans bénéficieront toujours automatiquement d’une retraite à taux plein, c’est-à-dire sans décote, même si elles n’ont pas travaillé 43 ans.

    Le gouvernement a ainsi décidé de prendre en compte l’usure professionnelle liée aux conditions d’exercice de certains métiers. Pour ces travailleurs, la Première ministre a annoncé renforcer le suivi médical, et l’accompagnement de ces salariés vers des dispositifs de départs anticipés à 62 ans.

    « Un départ à 62 ans sera maintenu pour les personnes en invalidité ou inaptitude. »

    Elisabeth Borne lors de la conférence de presse ce mardi 10 janvier 2023

    Autre disposition, la création d’un fonds d’investissement consacré à la prévention de l’usure professionnelle doté d’1 milliard d’euros sur le quinquennat. Il soutiendra les branches professionnelles pour identifier les métiers exposés aux risques ergonomiques (port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations). Il sera financé avec les employeurs et permettra de mettre en place des actions de prévention et de reconversion.

    Les Français de l’étranger

    Pour ceux qui ont cotisé en France, ou qui cotisent toujours via la CFE ou comme salarié détaché, sans oublier ceux qui ont prévu de rentrer travailler, les nouvelles règles s’appliqueront de plein droit comme pour tous les autres Français sur les trimestres concernés. Il faudra donc bien prendre en compte ces évolutions pour simuler votre retraite internationale. Ceux qui sont déjà pensionnés ne verront pas leurs modalités modifiées. 

    Les syndicats mobilisés

    Les huit principaux syndicats français ont annoncé, avant même la conférence de presse de la Première ministre, qu’ils se donnaient rendez-vous ce mardi soir pour une réunion qui décidera d’une première date de grève et de manifestations pour protester contre la réforme des retraites. Ce front syndical inédit depuis une décennie envisage deux dates pour lancer la mobilisation : le 19 ou le 24 janvier.

  • Retraites : comment font les autres ?

    Retraites : comment font les autres ?

    La réforme des retraites revient. Pour l’instant, Emmanuel Macron est le seul Président à ne pas en avoir faite. Il en sera pourtant à sa deuxième, puisqu’une réforme a déjà été votée par le Parlement durant son premier mandat. Après bien des contestations, elle n’a jamais été appliquée : la covid l’a tuée. 

    Depuis, la méthode a changé : plutôt qu’une grande loi, quelques amendements suffiraient, simplement pour reculer l’âge de la retraite. 64, 65 ans, le débat fut intense jusqu’au sein du gouvernement. Le bon système serait que chacun décide pour lui-même avec le maximum de marge de manœuvre, en pleine connaissance de cause, ce qui suppose beaucoup de transparence et simplicité. 

    Le vieillissement de la population en Occident

    En attendant, la population vieillit, en bonne santé le plus souvent, et la population active diminue. En France comme dans tous les pays développés, le poids des retraites s’accroit. Pour le financer, trois solutions : augmenter les charges sur les salaires (impossible, elles sont au sommet), diminuer les pensions (ce que fait l’inflation), augmenter la durée de cotisation (c’est à dire reculer l’âge de départ). S’y ajoute la diversification des sources de financement pour la retraite, comme les fonds de pension, qui évolue en fonction de la santé des entreprises et donc de l’économie du pays. Cette solution a été rejetée en France depuis longtemps, pour des raisons plus idéologiques que pratiques : les fonds de pension existent pour les fonctionnaires avec la Préfon.  Les mettre en place aujourd’hui, même si cela pourrait être utile, ne produira des effets qu’à long terme. 

    ©Statista

    Comme les problèmes sont les mêmes dans tous les pays européens, regarder ce qu’ont fait nos voisins permet de prendre un peu de recul. En Europe, une personne sur cinq a plus de 65 ans, l’âge de la retraite varie selon les pays et les sexes, de 62 à 69 ans. 

    Récemment, les Suisses ont adopté, par une consultation populaire, une réforme des retraites, qui a porté celle des femmes à l’égal de celle des hommes : 65 ans.

    En Allemagne, la retraite a été repoussée à 67 ans en 2012. La banque centrale allemande recommande pourtant de repousser encore l’âge légal à 69 ans. L’accord gouvernemental ne prévoit pas de changement. Problème : alors que les épargnants allemands étaient mal rémunérés lorsque les taux étaient bas, ils sont encore plus ponctionnés avec l’inflation. Quant à la population active, elle diminue. 

    En Italie, en 2011, la retraite a été portée à 67 ans pour les hommes (66 ans et 7 mois pour les femmes). En Espagne, en 2021 les cotisations ont augmenté et l’âge de la retraite aussi : ce sera 67 ans aussi à partir de 2027, progressivement.

    En Angleterre, en 2020, l’âge de la retraite a été repoussé à 66 ans. Aux Pays-Bas, c’est 67 ans ; en Belgique 65 aujourd’hui (avec 45 ans de cotisation), mais progressivement 66 en 2025 et 67 en 2030.

    En Suède, système le plus original et qui avait été validé par plusieurs gouvernements français (de Chirac à Macron) et plusieurs syndicats (dont la CFDT), la retraite fonctionne selon un système de points : on peut prendre sa retraite dès 61 ans, mais les prestations varient selon le nombre de points accumulés.

    64 ans, une solution généreuse ?

    La France a donc l’âge de départ à la retraite le plus bas des pays voisins. Même un report à 64 ans reste généreux (quant à l’âge) par rapport aux autres.  La démographie de chaque pays va accroitre les dépenses de retraite, moins d’ailleurs en France que dans les autres pays, parce qu’elles sont déjà très élevées et parce que la population active devrait moins baisser en France qu’ailleurs. 

    Deux variations aussi importantes qu’incertaines s’annoncent hors débat : d’une part, l’impact de l’inflation, et sa durée, d’autre part l’immigration, composée d’une population jeune et active et qui modifie le rapport nombre de cotisants/nombre de retraités.

  • L’informatique à l’heure du photon 

    L’informatique à l’heure du photon 

    La technologie de l’information moderne repose sur une savante division du travail : les photons transportent des données dans le monde entier quand les électrons les traitent. Avant l’essor de la fibre optique, les électrons faisaient les deux mais l’usage des photons a permis d’accélérer le flux d’informations. Certains espèrent pouvoir compléter la transition en faisant en sorte que les photons puissent également traiter les données tout en les transportant.

    Le passage aux ordinateurs optiques permettrait de gagner du temps et de réduire la consommation d’énergie 

    Par leur caractère électriquement neutre, les photons peuvent se croiser sans interagir à la différence des électrons. Les fibres de verre peuvent gérer en simultanée un grand nombre de signaux, ce que les fils de cuivre ne peuvent pas. Le passage à la fibre optique s’est imposé avec l’essor des connexions Internet et avec l’usage d’applications à forte consommation de données comme le streaming vidéo. 

    Laser pour ordinateur optique dans un laboratoire dédié aux technologies quantiques © S&V

    Le passage aux ordinateurs optiques permettrait de gagner du temps et de réduire la consommation d’énergie, les photons se déplaçant dans un espace transparent ne subissent pas d’effets de frottement. L’informatique optique est un enjeu majeur pour l’essor de l’intelligence artificielle. Les systèmes auto-apprenants exigent rapidité et énergie. L’optique permet d’obtenir la première et d’économiser la seconde. De nombreuses expérimentations sont en cours.

    Haut-parleurs intelligents, drones légers, voitures autonomes 

    Les centres de recherches travaillent sur des puces hybrides associant le silicium et la modulation de la lumière. L’enjeu est de mettre un terme à la baisse des gains de performance de l’électronique. Ryan Hamerly et son équipe du Massachusetts Institute of Technology de Boston cherchent à exploiter la faible consommation d’énergie des dispositifs optiques hybrides pour les haut-parleurs intelligents, les drones légers et les voitures autonomes. A l’heure actuelle, un haut-parleur intelligent envoie une version numérisée de ce qu’il a entendu sur Internet à un serveur distant qui en fait le traitement. Le serveur renvoie alors la réponse. Ce processus prend du temps et n’est pas sûr. Une puce optique placée dans un tel haut-parleur pourrait effectuer l’analyse en temps réel avec une faible consommation d’énergie et sans risque d’altération des données. Le message optique ne subit pas d’altération à la différence de celui passant par un fil de cuivre ou en bluetooth. Les amplificateurs haut de gamme recourent, depuis des années, aux liaisons optiques afin d’obtenir le meilleur rendu sonore.

    Gérer de grandes masses de données

    D’autres chercheurs, dont Ugur Tegin, du California Institute of Technology, estiment que l’avantage de l’informatique optique repose sur sa capacité à gérer de grandes masses de données. Actuellement, par exemple, les systèmes de reconnaissance des images fonctionnent sur la base d’images à faible résolution, car les versions haute résolution sont trop volumineuses. Avec les composants électroniques classiques, la bande passante est limitée et ne permet pas de gérer en simultanée un grand nombre d’images en haute résolution. La réponse de Ugur Tegin est de renoncer complètement à l’électronique et d’utiliser des ordinateurs entièrement optiques. Seul le résultat final des opérations donne lieu à un traitement électronique. 

    A l’Université de Californie à Los Angeles, Aydogan Ozcan, adopte une technologie excluant tout usage d’électrons en ayant recours à de fines feuilles de verre spécialement fabriquées, de la taille d’un timbre-poste, posées les unes sur les autres. Dans ce cas, l’optique fonctionne passivement, comme l’objectif d’un appareil photo. Le système ne capture jamais d’images ni n’envoie les données brutes, uniquement le résultat déduit.

    Informatique optique et intelligence artificielle 

    L’essor de l’intelligence artificielle nécessite des capacités de traitement importantes et instantanées. Le robot conversationnel « ChatGPT », pouvant produire du texte sur un grand nombre de sujets à partir de questions qui lui sont posées, a besoin pour s’améliorer de gérer un volume de données croissant et de restituer le plus vite possible le résultat des requêtes. L’informatique optique constitue une des voies pour améliorer ce type d’application, tout comme pour le développement des flottes d’automobiles autonomes.

  • Retraites : une semaine à haut risque pour le gouvernement français

    Retraites : une semaine à haut risque pour le gouvernement français

    En France, la réforme des retraites est au menu de la semaine pour le gouvernement. Les syndicats prévoient d’ores et déjà de manifester, ulcérés par le probable report de l’âge de départ à 64 ans au lieu de 62 actuellement.

    Cette réforme est-elle urgente ? Va-t-elle passer ? Questions posées à Jean-Marc Daniel, économiste et auteur d’une « Histoire de l’économie mondiale ».

    Regardez l’interview sur TV5MONDE

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