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  • Le Hamas publie de nouvelles vidéos des otages

    Le Hamas publie de nouvelles vidéos des otages

    Le mouvement islamiste palestinien Hamas a diffusé, samedi 27 avril, une vidéo montrant deux otages israéliens enlevés lors de son attaque du 7 octobre dans le sud d’Israël. Filmés assis sur une chaise en plastique et s’exprimant vraisemblablement sous la contrainte, les deux hommes se présentent comme étant Keith Siegel, 64 ans, et Omri Miran, 47 ans. Le Forum des familles d’otages a confirmé leur identité.

    Omri Miran, otage israélien du Hamas @AFP

    Faire pression sur le gouvernement israélien 

    « Nous sommes en danger ici, il y a des bombes, c’est stressant et effrayant« , déclare Keith Siegel dans la vidéo, avant d’appeler le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à négocier pour parvenir rapidement à un accord. Omri Miran décrit « une situation difficile » en raison de « nombreux bombardements » israéliens sur la bande de Gaza. Il appelle sa famille à faire pression sur le gouvernement pour qu’il parvienne à un accord avec le Hamas permettant la libération des otages.

    Le Hamas avait déjà diffusé, mercredi, une vidéo d’un autre otage israélien, Hersh Goldberg-Polin, 23 ans, filmé dans les mêmes conditions. Le mouvement a annoncé, samedi, « étudier » une contre-proposition israélienne en vue d’une trêve dans les combats à Gaza associée à la libération d’otages. Il avait précédemment insisté sur un cessez-le-feu permanent, hypothèse rejetée par Israël, qui préfère une pause de plusieurs semaines dans les combats.

    Regarder le reportage de TV5MONDE 

  • Fragmentations déraisonnables 

    Fragmentations déraisonnables 

    Dans « Le Spectateur Engagé », Raymond Aron estimait que les deux maux qui nuisaient à la France étaient la division et la faible appétence des pouvoirs publics comme de la population pour l’économie. Quarante ans après sa mort, ces deux problèmes demeurent prégnants. 

    Les divisions façonnent l’histoire politique, de Vercingétorix à nos jours. Les querelles de personnes, les batailles idéologiques sont permanentes. Dans les années 1990 et 2000, le débat s’est focalisé sur le concept de « pensée unique ». Les pouvoirs publics étaient accusés de récuser toute autre pensée économique que celle qu’ils avaient choisie. Débat étrange dans un pays où la liberté d’expression est reconnue. La dénonciation de la pensée supposée unique était avant tout une manière de la dénigrer, de la priver de toute légitimité.

    Toute pensée alternative se mue en vérité. « La terre peut être plate ».  

    Depuis quelques années et surtout depuis l’épidémie de covid, les thèses complotistes ont supplanté la critique de la pensée unique tout en conservant la même logique. Le qualificatif « complotiste » est à la fois péjoratif et identitaire. L’idée sous-jacente des thèses complotistes est que les dirigeants, les « élites », manipuleraient les opinions pour arriver à leurs fins, fins qui restent à déterminer. Toute action serait sujette à caution en étant le produit d’un complot. Toute vérité officielle ne serait que mensonges. Toute pensée alternative se mue en vérité. « la terre peut être plate », « la conquête de la lune par les Américains, un trucage médiatique » ou « l’épidémie de covid, un moyen d’asservissement des populations ». 

    @Adobestock

    Il n’est pas question de doutes, d’interrogations sources de progrès et d’enrichissement, mais d’affirmations construites en négation des discours officiels. Les complotistes se parent de la vertu des résistants quand, pour leurs opposants, ils ne sont que des illuminés. Les théories complotistes ne sont pas nées avec les réseaux sociaux comme le prouve le retentissement, dans le passé, des Protocoles des Sages de Sion ou des Illuminatis, mais ces derniers les amplifient et les multiplient. 

    L’imagination en la matière n’a pas de limite comme la croyance que Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing auraient, en 1973, fait adopter, en catimini, une loi pour favoriser le surendettement actuel au plus grand profit des banques…. Pour la petite histoire, le budget était à l’époque à l’équilibre. Le succès des thèses dites complotistes tient avant tout à la défaite ou à la démission de la raison.

    Le déraisonnable prospère. La population se fragmente en sous-groupes de plus en plus étanches. 

    Jamais, dans le monde autant le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur n’a été aussi élevé ; jamais dans le monde, autant de personnes n’ont pu accéder à autant de moyens d’information. Et pourtant le déraisonnable prospère. En France mais aussi dans un grand nombre de pays, la population se fragmente en sous-groupes de plus en plus étanches. 

    Le débat public n’en est plus un, en se limitant à une juxtaposition de pétitions de principes. Les intellectuels sont de moins en moins audibles. Certains pour l’être se contraignent à accepter les règles de la communication moderne au risque de perdre leur âme. L’expression de doutes, la recherche d’arguments contradictoires, l’analyse historique – tout ce qui avait fait la richesse de la pensée de Raymond Aron – sont, aujourd’hui, des valeurs en perdition. 

    @ Adobestock

    Avec la multiplication des chapelles, la mise en place de politiques économiques structurées devient une gageure. À chaque problème, une réponse ponctuelle ; telle est la ligne d’action des gouvernements tiraillés par les intérêts contradictoires qui transcendent leur population. Condamnés à godiller, ils perdent progressivement en crédibilité. 

    Au sujet des accords de libre-échange avec le Canada ou les États d’Amérique latine, les avantages et les inconvénients n’ont pas été appréciés tout comme le rôle dévolu plus globalement aux échanges commerciaux. Pour certains, ces accords s’inscrivent dans le complot qui vise à détruire le monde agricole quand, pour d’autres, ils sont la preuve de la volonté de mainmise des multinationales sur les agriculteurs français.

    Le bureaucrate de Bruxelles a remplacé les deux cents familles de jadis.  

    Les institutions européennes cristallisent les passions des tenants des complots en tout genre. Le bureaucrate de Bruxelles a remplacé les deux cents familles de jadis. Sa seule ambition serait de porter atteinte aux intérêts de la France et des Français. Il n’est donc pas étonnant que selon un sondage « Eurobaromètre », 65 % des Français pensent que « les choses vont dans la mauvaise direction dans l’Union ». L’Union européenne serait ainsi responsable de la baisse du niveau de vie des Européens, des problèmes liés à l’immigration illégale et, pourquoi pas, des déficits. Ces accusations portent d’autant plus quand les gouvernements promettent des mesures qu’ils ne pourront pas tenir en raison de l’opposition de nos partenaires ou tout simplement du droit européen ou des intérêts légitimes de secteurs économiques. 

    À l’heure des réseaux, de la communication en temps réel, la réinvention du débat autour de données admises de tous est nécessaire afin d’éviter le retour des mauvaises pratiques des années 1930, époque où les invectives, les dénonciations sur fond de racisme et de lutte des classes avaient affaibli les démocraties.

  • Alliance des médicaments critiques : Roland Lescure salue un « réveil collectif européen »

    Alliance des médicaments critiques : Roland Lescure salue un « réveil collectif européen »

    ENTRETIEN. Le ministre délégué à l’Industrie et à l’Énergie Roland Lescure revient pour Euractiv sur l’Alliance des médicaments critiques, lancée à Bruxelles mercredi (24 avril). Composée de professionnels de santé, de représentants de l’industrie et des pouvoirs publics, son objectif est de renforcer la production de médicaments en Europe. 

    Euractiv. L’Alliance des médicaments critiques a été créée afin de relocaliser la production de médicaments en Europe, et mieux lutter contre les pénuries. Qu’est ce que cela va changer concrètement  ? 

    Roland Lescure. Il y a beaucoup de travail qui doit se faire au niveau des États membres, notamment sur les enjeux de gestion de stocks et de livraison jusqu’aux patients.

    Cela dit, tout ne peut pas se régler au niveau national. Il faut une politique européenne. Concrètement, l’Alliance permettra d’améliorer l’échange d’informations entre les États membres, pour anticiper les tensions et y répondre plus rapidement.

    Ensuite, elle vise à changer les règles de la commande publique. De nombreux médicaments sont en effet achetés par la puissance publique. Si on change les règles de commande publique, on peut acheter plus français et européen, ce qui changera de manière très concrète les pénuries. 

    Le lancement de l’Alliance arrive à la fin de la mandature de la Commission européenne, à l’aune des élections européennes, et plus de trois ans après la crise Covid. Comment expliquer un tel calendrier ? 

    Il y a eu un réveil collectif européen. Si l’on arrive à faire une masse critique suffisamment forte de pays intéressés par de la production souveraine de médicaments, nous arriverons à convaincre les autres. 

    C’est comme pour l’alliance du nucléaire. On a commencé à onze et maintenant on est quinze, soit  plus de la moitié des États membres. L’avantage des alliances, c’est de passer par des coopérations renforcées, sans nécessairement convaincre les 27.

     Le ministre délégué à l’Industrie et à l’Énergie Roland Lescure revient pour Euractiv sur l’Alliance des médicaments critiques. ©STEPHANIE LECOCQ/EPA

    À Bruxelles, vous avez également lancé un manifeste « en faveur d’un plan d’investissement coordonné pour faciliter les relocalisations », signé par huit États membres (Pays-Bas, Hongrie, Grèce, Italie, Malte, Slovaquie, Chypre et Roumanie). Quel est le sens de cet appel ? 

    Nous devons notamment coordonner en Européens nos plans de relocalisation et trouver des mécanismes de soutien économique adaptés. C’est l’un des sujets que l’on pousse dans notre manifeste : comment subventionner les projets de relocalisation pour assurer une meilleure garantie d’approvisionnement  en médicaments et un approvisionnement plus « vert » ? 

    Je ne veux pas que l’on finance des canards boiteux. Je veux que l’on finance soit pour des raisons de souveraineté, soit pour des raisons environnementales.

    Justement, l’industrie pharmaceutique a longtemps considéré les normes environnementales imposées par l’Union européenne comme l’un des freins à la compétitivité pharmaceutique de l’Europe… 

    C’est tout à notre honneur d’avoir une production plutôt propre, mais c’est effectivement l’un des enjeux majeurs sur lequel l’Alliance devra se pencher. 

    Aujourd’hui, on achète des produits moins chers en Asie. Il y a 40% d’écart de prix, dont la moitié vient de la qualité environnementale. Si on renforce les normes, on va réduire les écarts de prix. 

    Comment l’Europe peut-elle imposer ses normes environnementales, tout en restant compétitive face à l’Inde et la Chine qui produisent 60% à 80% des principes actifs de nos médicaments ? 

    Le problème, c’est que notre marché est ouvert à des produits qui sont fabriqués avec une qualité environnementale moindre, ce qui entraîne une concurrence imparfaite. En d’autres mots, il y a un désavantage de coût, car les normes sont différentes.

    C’est là-dessus qu’il faut que l’on travaille dans le cadre de l’Alliance, pour pouvoir éventuellement instaurer à terme des clauses miroirs. C’est un peu la bombe atomique qui dit ‘si vous ne produisez pas comme nous, vous ne venez pas’. 

    Le risque n’est-il pas de se retrouver sans médicaments ? 

    Pour limiter ce risque, il faut encourager à produire « vert » grâce à des écarts de prix. L’idée serait de dire que quand vous achetez des médicaments faits en Europe, vous êtes prêts à les payer plus cher, car ils sont conformes aux standards environnementaux. 

    Mais cette politique de relocalisation n’aura ses pleins effets qu’à moyen terme. Ça a pris 25 ans pour délocaliser, ça prendra cinq ou dix ans pour relocaliser.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.04.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.04.24

    Bonjour à toutes et à tous, nous attaquons ensemble cette semaine marquée par un des rares seuls jours fériés communs à un peu près tous, le 1er mai. Mais nous ne sommes que le lundi 29 avril, et voici les titres du flash quotidien des expatriés : Retour sur le voyage de Franck Riester au Japon – Paris la deuxième ville la plus agréable à vivre d’Europe – Du rififi à Sciences Po ! 

    La France veut renforcer ses liens avec le Japon

    Et pour cela, le gouvernement a envoyé le ministre délégué en charge du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, Franck Riester, au Japon les 23 et 24 avril. En deux jours, ce fut un nouveau marathon articulé autour de 3 thèmes : attractivité de la France, la francophonie et les Français de l’étranger. Franck Riester a aussi inauguré les travaux du pavillon France qui sera dévoilé à l’Expo universelle d’Osaka en 2025. Tous les détails dans l’article publié sur Lesfrancais.press

    Franck Riester en visite au Lycée français de Tokyo

    Quand Paris étonne les Français ? 

    Français de l’étranger, vous étiez déjà fiers de la capitale de la France ? Monuments, architectures, rayonnement, patrimoine culinaire, la liste des qualités de Paris est longue. Mais pouviez-vous imaginer que la ville lumière serait aussi une cité agréable à vivre ? Embouteillages, pollutions, rats, punaises, insécurité, ont pourtant marqué l’actualité parisienne. Mais, une fois de plus, il semblerait que le Français ait une vision pessimiste car selon un cabinet de conseil en marketing basé à Vancouver au Canada, The Resonance Consultancy.

    Sciences Po pris dans le conflit israélo-palestinien 

    Des étudiants de Sciences Po Paris ont bloqué l’établissement jeudi 25 et vendredi 26 avril pour montrer leur soutien à la Palestine. Dans la soirée du vendredi, la direction de Sciences Po Paris a annoncé qu’un accord avait été trouvé avec les manifestants propalestiniens. Dans un communiqué, elle a indiqué « condamné fermement ces modalités de mobilisation qui empêchent le bon déroulement de nos activités, et pénalisent les étudiants, enseignants et salariés ». Ayant pris connaissance des revendications du comité Palestine de Sciences Po, la direction a annoncé la suspension des poursuites disciplinaires envers les étudiants pro-Palestine. Pourtant Gabriel Attal a annoncé dans le week-end alors qu’il était interrogé sur le sujet, « qu’ils allaient s’en occuper ». Opération place nette à l’université en vue ? Affaire à suivre ! 

    C’est tout pour ce lundi, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger avant une pause pour le 1er mai.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • La guerre comme projet

    La guerre comme projet

    « Le but de la guerre, c’est la paix. » Si seulement ! Il est des régimes qui ont pour projet la guerre. Ni « la paix des cimetières » ou les pyramides de têtes de la pax mongolica : la guerre sous ses formes.

    Le fascisme voyait dans la guerre une régénérescence. D’où ce cri: « Viva la muerte », dénoncé à la face du phalangiste Millan Astray par Miguel de Unamuno. La révolution bolchevique justifiait les massacres d’innocents. Partout allumer des foyers. Vieilles techniques trotskistes, toujours actives : exploiter chaque fuite d’eau, chaque dispute de parents d’élève, chaque fermeture de commerce pour attiser les conflits.

    La guerre est un des projets politiques mondiaux en cours. Évident, pour les Djihadistes, qui ne sont qu’une fraction ultra-minoritaire de l’Islam. Suivant l’égyptien Sayid Qutb (pendu par Nasser) ou le palestinien Azzam, « l’imam du djihad » (tué dans un attentat en Afghanistan), ils pensent que n’est musulman que celui qui s’engage dans la guerre universelle, cosmique.

    Les Russes ont compris, comme les Iraniens, ce que veulent les démocraties : « surtout pas de guerre ».

    Version chiite, cette idéologie est celle du régime iranien, au service d’une révolution mondiale, qui justifie pendaisons, attentats, bombe atomique, au prix d’une société ruinée. L’Iran vit une guerre intérieure et extérieure, dont les Gardiens de la Révolution sont l’avant-garde. Ils commandent le Hezbollah, le Hamas, les Houthis, le Hezbollah irakien. Au Soudan, le régime fournit des armes au général al Burhan, face au général Dagalo, autre massacreur, soutien des Saoudiens. Conflit qui plonge 20,3 millions de personnes dans une famine « de guerre », conflit dont personne ne parle. Qui, dans les campus, manifeste ? L’Iran atteint l’Afrique, gagne la Méditerranée.

    Comment Khamenei est-il arrivé en Syrie, à Beyrouth et Gaza, comment rêve-t-il d’Égypte ? En s’appuyant sur la Russie. Les Américains ont laissé faire, ouvrant l’autoroute Téhéran-Beyrouth. Les Kurdes la bloquaient, ils ont été abandonnés par Trump. La France les soutient encore, d’où la haine de la Turquie, qui joue avec l’Iran et les Russes. L’Europe, en dehors de la France, n’a rien à opposer, ni à proposer.

    C’est que l’Europe est profondément pour la paix. Après des siècles de tueries, le projet européen est fondé sur la religion de la paix. Quitte à abandonner sa défense aux États-Unis. Et les Américains, eux, sont lassés des guerres, d’autant que les bombes, sans projet politique, ne résolvent rien.

    En retour, c’est : « surtout la guerre ».

    Les Russes ont compris, comme les Iraniens, ce que veulent les démocraties : « surtout pas de guerre ». En retour, le projet politique de Poutine, c’est : « surtout la guerre ». Le pouvoir de Poutine passe par la guerre en Tchétchénie, en Géorgie, en Crimée, au Donbass puis en Ukraine. En Syrie, en Libye aussi. Au Centrafrique, Congo, Mali, Niger : partout où cela est possible.

    Étendre le domaine de la guerre jusqu’à faire plier, payer, rendre gorge à l’Occident. Il y a un soubassement idéologique: la haine de la démocratie, danger existentiel: le modèle libéral aux portes de la Russie pourrait faire école, comme ce fut le cas en Europe de l’Est et en Ukraine. Selon Rosstat, le salaire médian en Russie est de 354 €. La retraite, en moyenne, à 183 €. Ne pas tenter les Russes avec la richesse décadente, réservée aux amis : 60% de la richesse nationale russe est réservée à 1% de la population.

    Un tiers du budget russe est donc consacré aux armées. Plus que du temps de l’URSS. Les dépenses militaires représentent 4% du PIB russe ; 1.9% pour la France. Le budget russe dépasse 100 milliards. Beaucoup pour un pays pauvre, moins que les budgets de la France (61) et de l’Allemagne (65) réunis. Toute l’Europe augmente les dépenses militaires. En partie pour aider l’Ukraine : 64 milliards d’aide militaire pour les pays de l’UE ; 43 milliards pour les États-Unis.

    Faut-il éviter l’escalade ? « La paix n’est qu’une forme, qu’un aspect de la guerre ». Jaurès.

    Les dépenses militaires mondiales, 2 500 milliards de dollars, ont augmenté de 7% en 2023, hausse sans précédent. 9 % au Moyen-Orient, 22% en Afrique ! L’Algérie a doublé son budget en deux ans : de 9 à 22 milliards. Menacé par qui, le régime algérien, sinon par le peuple ? Câliner les généraux, et leurs commissions sur les commandes militaires. La Chine purge l’armée, augmente les dépenses : +7% (60% en dix ans).

    Faut-il éviter l’escalade ? « La paix n’est qu’une forme, qu’un aspect de la guerre; la guerre n’est qu’une forme, qu’un aspect de la paix. »[1] écrivait Jaurès, pacifiste assassiné. Avec des régimes dont le projet est la guerre, quelle perspective de paix ? Alors les budgets militaires augmentent.

    Heureusement, la guerre ne se fait pas qu’avec des bombes. Les États-Unis veulent interdire TikTok, instrument de décervellement massif, lié au PC chinois. L’UE a pris des sanctions contre les fabricants de drone iranien. Il était temps. Pourquoi ne pas encourager les Israéliens à en détruire les usines ? Les États-Unis veulent sanctionner les entreprises chinoises qui permettent de financer les entreprises russes. Que ne le fait-on pour celles qui achètent le pétrole iranien ?

    Ah, le pétrole ! Préserver la paix et l’économie, c’est tout un. L’Iran tient l’économie mondiale par la barbe du détroit d’Ormuz. Maintenir le pétrole à un prix assez élevé pour les puits texans, mais pas trop élevé pour l’économie mondiale. L’Europe n’a pas son mot à dire.

    La croissance par la défense ? Seul effet positif de la guerre « contenue », la recherche.  

    L’augmentation des dépenses militaires pousse la croissance, les dépenses américaines retournent à leur industrie. La croissance par la défense ? C’est ce qui explique la résistance de l’économie russe. À la fin, cela a un coût. Seul effet positif de la guerre « contenue », la recherche. La course à l’IA est aussi militaire. Les États-Unis ont un temps d’avance : Meta va y investir 200 milliards. Sa capitalisation boursière atteint 2000 milliards de dollars, un peu moins que le PIB de la Russie. Pour l’instant : Meta dépassera vite la Russie.

    D’où le soulagement mondial après la réponse mesurée d’Israël. De Guterres à Xi Jinping, de Biden à Scholz, de Poutine à Erdogan, tous se félicitent d’éviter « l’escalade ». Cette approbation des fauteurs de guerre est pourtant mauvais signe.

    Les Palestiniens ont-ils une chance d’avoir un Etat si c’est un Etat terroriste contrôlé par le Hamas et l’Iran ? Jamais. Mais qui se préoccupe vraiment des Palestiniens ? Israël ne sera pas en sécurité, ni l’Arabie, ni la Jordanie, ni l’Egypte, ni l’Afrique, tant que Russes, Iraniens auront pour projet la guerre. Derrière, la Chine s’arme patiemment. Achète le pétrole iranien et l’économie russe. Les vraies routes de la soie s’appellent Cambodge, Birmanie, Bengladesh, Pakistan, Talibans, Iran, Houthis, Djibouti, Port-Soudan, jusqu’à Alger ?

    Frapper 350 casernes de Pasdarans qui eux, frappent les femmes et la jeunesse iranienne.

    Comment arrêter la guerre d’Iran? Si les frappes contre les sites nucléaires sont impossibles, frapper, par 350 missiles, 350 casernes de Pasdarans qui eux, frappent les femmes et la jeunesse iranienne.

    Comment arrêter la guerre russe ? En armant les Ukrainiens. En frappant les milliardaires, entreprises et intermédiaires complices russes. Et chinois. Et turcs !

    « Les fascistes ont aidé les fascistes, les communistes ont aidé les communistes, et même la démocratie espagnole ; les démocraties n’aident pas les démocraties. Nous, démocrates, nous croyons à tout, sauf à nous-mêmes », écrivait Malraux dans L’espoir. Vaincre la guerre, ce n’est pas supporter la guerre à bas bruit, à haut degré, c’est désarmer ceux qui ont « la guerre comme projet ». Les moyens ne manquent pas. Manque la lucidité ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press


    [1]  Idéalisme et matérialisme 1901 https://pandor.u bourgogne.fr/pleade/functions/ead/detached/BMP/brb9307.pdf

  • #FC Expat 12 : Paul Bernardoni un gardien français expatrié en Suisse

    #FC Expat 12 : Paul Bernardoni un gardien français expatrié en Suisse

    podcast foot - FC EXPAT

    FC EXPAT

    Le podcast dédié à la sphère football des français à l’étranger.
    Chaque épisode s’ouvre sur les dernières actualités puis vous propose une interview d’un joueur professionnel qui joue dans un championnat étranger. Nous donnons également la parole aux responsables des clubs de supporter installés pour nous expliquer comment ils arrivent à faire vivre leur passion loin de la France.
    Animé par Caroline Ettori et Jérémy Michel.

    A plusieurs reprises notre invité a revêtu le maillot de l’équipe de France espoirs. Formé à Troyes, Paul Bernardoni a aussi porté la tunique de plusieurs clubs français. En ligue 1, il a ainsi connu les Girondins de Bordeaux, puis Clermont Foot. Il est également passé par Nîmes, Angers et Saint-Etienne. En 2023, il s’envole pour une première expérience à l’étranger, en Turquie. Paul ne restera que quelques mois en Süper Lig. En janvier 2024, il débarque en Suisse et découvre la Super League avec l’Yverdon-Sport FC. Un parcours fait de rebondissements pour ce gardien de but aussi passionné que passionnant. 

    Paul Bernardoni, la vie d’expatrié d’un Français en Suisse

    Dès le début de ce podcast, le natif d’Evry nous explique la raison de son départ du championnat de France. « Je voulais vraiment connaître une expérience à l’étranger ». En écoutant l’interview de Paul Bernardoni vous saurez pourquoi il garde actuellement les buts d’Yverdon. 

    Paul Bernardoni credit @YverdonSportFC
    Paul Bernardoni @YverdonSportFC

    Ce club de l’élite Suisse accueille des joueurs des quatre coins du monde. Ce mélange culturel est « génial ». Pour notre compatriote, le football permet de jouer avec des personnes aux cultures différentes. Et faire en sorte de n’être qu’un sur le terrain. Il n’oublie pas de nous parler de son pays de résidence, la Suisse. « C’est fort agréable » de vivre sur les terres de la confédération helvétique nous dit-il. Et il nous en donne les raisons… même s’il a déjà reçu une amende pour mauvais stationnement !

    Paul Bernardoni de la Super League en Suisse à l’équipe de France ?

    Et le football dans tout cela ? Paul Bernardoni analyse pour nous le championnat helvétique. Un subtil mélange entre différentes inspirations. La combinaison romane, italienne et allemande fait que le jeu diffère d’un club à un autre. Entre Saint-Gall et Lugano par exemple, la conception tactique n’est pas la même. 

    Paul Bernardoni - credit @YverdonSportFC
    Paul Bernardoni – credit @YverdonSportFC

    Et pour les gardiens de buts, il y a une « école Suisse qui commence à être réputée ». Le dernier rempart d’Yverdon pense-t-il encore à l’équipe de France ? Ecoutez sa réponse dans ce podcast.     

    Les JO à Paris : même si ce n’est pas une date FIFA, les clubs doivent libérer les joueurs

    Les jeux olympiques de Paris approchent. Paul Bernardoni a connu cet événement au Japon en 2021. Il évoque avec nous le souvenir de « cette expérience extraordinaire ». Il partage aussi un conseil : « être dans le village olympique ». Cette compétition n’est pas une date FIFA. Les clubs peuvent ainsi empêcher les joueurs de participer aux JO. Paul lance un appel à ses collègues footballeurs. « Ne pas hésiter à se mouiller » et à « faire savoir à sa direction l’envie de participer aux jeux ». « C’est l’opportunité d’une carrière » poursuit-il au cours de cette interview. Thierry Henry, le sélectionneur actuel de l’équipe de France Olympique ne dira pas le contraire. 

    Saint-Etienne, la pire ville de France ?

    Enfin, dans la question « arrêt de jeu » Paul revient sur une expérience antérieure. Sa découverte de Saint-Etienne. Alors cette commune est-elle aussi horrible ? L’ASSE vaut-elle le sacrifice de résider dans cette ville ? Les Stéphanoises et Stéphanois seront, sans doute, heureux d’entendre sa réponse.  

    2eme mi-temps avec l’OM à Singapour : vainqueur du championnat des fan-clubs

    En seconde partie, le FC Expat part pour Singapour à la rencontre de deux supporters de l’Olympique de Marseille. Sylvain Pingont et Jarar Mohamed animent le fan-club de l’OM dans cette partie de l’Asie. « La communauté francophone à Singapour est très tournée foot » nous informent nos invités dès le début de nos échanges. Un championnat des fan-clubs a même été créé. 

    Les fadas olympiens viennent d’ailleurs de remporter la compétition locale. Félicitations à eux.  « Nous sommes très fiers de représenter l’Olympique de Marseille » à l’autre bout du monde, nous déclare Jarar. Aucune animosité sur les terrains, les matchs contre le PSG, Lyon et Saint-Etienne se passent parfaitement. « On est une communauté française avant tout » !  

    Un appel aux dirigeants de l’OM et à la CGA-CGM : envoyez-nous des maillots !

    Fan Club OM Singapour
    Fan Club OM Singapour

    Un Olympique de Marseille qui gagne en Asie, cela devrait attirer le regard des dirigeants. Alors que les autres équipes engagées dans ce tournoi des fans reçoivent des équipements envoyés par la direction de leurs clubs respectifs, l’OM ne le fait pas. Sylvain et Jarar lancent cet appel à Pablo Langoria et Franck McCourt. Ils n’oublient pas de solliciter également le sponsor phocéen, CGA-CGM. 

    OM : à quand une politique de soutien pour les fan-clubs à l’étranger ?

    Nos deux complices marseillais de Singapour souhaitent également que la direction olympienne relance une politique de soutien au club de supporters à l’étranger. « Depuis deux ans c’est silence radio » déplore Sylvain.

    OM Singapour vainqueur du tournoi des Fan clubs
    OM Singapour vainqueur du tournoi des Fan clubs

    Expatrié à Singapour, un quotidien agréable dans un hub international

    La vie des Français à Singapour est également abordée au cours de ce podcast. Nos deux « singapouriens » apprécient cette partie de l’Asie. On y trouve de nombreux atouts. Et comme de coutume, c’est par un (début de) chant de supporters que se termine l’interview. Un « Aux armes » tonitruant ! 

    FC Expat est en écoute sur plusieurs plateformes












  • Paris, la deuxième ville plus agréable à vivre en Europe

    Paris, la deuxième ville plus agréable à vivre en Europe

    Français de l’étranger, vous étiez déjà fiers de la capitale de la France ? Monuments, architectures, rayonnement, patrimoine culinaire, la liste des qualités de Paris est longue. Mais pouviez-vous imaginer que la ville lumière serait aussi une cité agréable à vivre ? Embouteillages, pollutions, rats, punaises, insécurité, ont pourtant marqué l’actualité parisienne. Mais, une fois de plus, il semblerait que le Français ait une vision pessimiste car selon un cabinet de conseil en marketing basé à Vancouver au Canada, The Resonance Consultancy, qui évalue depuis près d’une décennie le quotidien des habitants de chaque grande ville, Paris serait la deuxième ville plus agréable à vivre en Europe.

    Quels critères ?

    Pour réaliser son classement, The Resonance Consultancy se base sur des critères comme les innovations urbaines, les aménagements mis en place pour faire face aux nouveaux enjeux climatiques, la place des piétons et des moyens de transport doux (comme le vélo), la diversité de l’offre culturelle, l’image à l’international, etc.

    En se basant sur des régions géographiques très définies (en l’occurrence, l’Amérique ou encore l’Europe), ils partagent chaque année un classement accompagné de précisions sur les heureux lauréats. 

    Londres, première ville, suivie de Paris et de Berlin

    Avant Paris, c’est donc Londres qui se place en toute première position pour la deuxième année consécutive, suivie donc de notre capitale puis Berlin, Rome et Madrid dans le top 5. On retrouve ensuite Prague, Barcelone, Amsterdam, Istanbul puis Milan dans le top 10.

    Si Paris arrive deuxième, elle aussi pour la deuxième année consécutive, c’est aussi grâce aux prochains Jeux Olympiques de Paris. Les Olympiades jouent sur la renommée internationale de notre chère capitale française et beaucoup de projets ont été lancés pour faire briller la ville de mille feux à l’accueil des centaines de milliers de touristes du monde entier. Mais Paris s’est aussi paré d’aménagements qui mettent à l’honneur les piétons et les cyclistes, avec le développement des pistes cyclables, des 200 “rues des écoles” piétonnisées ou encore des grandes places réaménagées (comme Nation, République, Bastille…).

    Autre point noté par le cabinet The Resonance Consultancy, les jardins de Paris, qui sont particulièrement bien entretenus, toujours selon les Canadiens. De nouveaux espaces verts verront, d’ailleurs, le jour pour continuer la lutte contre l’urbanisation de masse. Des solutions particulièrement pertinentes, d’après l’entreprise canadienne, au lendemain du Covid 19 puisqu’elles permettent de renouer le contact social en apprenant des erreurs du passé. Par exemple, du gel hydroalcoolique est disponible dans la majorité des stations de métro de Paris ! Quant à son identité culturelle, notre capitale n’a rien à envier à personne. Son riche patrimoine et sa fascinante histoire continuent à faire déplacer des touristes du monde entier, la classant comme l’une des destinations les plus attractives au monde, si ce n’est la première. Pour rappel, la France acceuillera plus de 100 millions de touristes cette année.

  • Franck Riester avec les Français du Japon

    Franck Riester avec les Français du Japon

    La visite du ministre délégué en charge du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, Franck Riester, au Japon les 23 et 24 avril, fut un marathon autour de 3 thèmes : attractivité de la France, la francophonie et les Français de l’étranger. Franck Riester a aussi inauguré les travaux du pavillon France qui sera dévoilé à l’Expo universelle d’Osaka en 2025.

    Osaka 2025

    À moins d’un an de l’ouverture de l’Exposition universelle d’Osaka, le ministre délégué a donné, le 23 avril, « le premier coup de pelle » du chantier de construction du pavillon français à l’exposition universelle Osaka, en présence du maire de la ville, également président du Medef local, et du président de l’association Osaka 2025.

    Franck Riester était visiblement heureux de participer à ce moment symbolique. Pour rappel, bien que la création de liens économiques soit au cœur des enjeux des Expositions universelles, elles revêtent également une importance artistique, notamment avec la création du pavillon national. C’est l’agence française Coldefy et le bureau italien CRA-Carlo Ratti Associati, actifs à l’international et notamment en Asie, qui ont remporté le concours pour la réalisation du pavillon France. Ils ont su répondre à la commande d’un bâtiment incarnant « un hymne à l’amour », fil rouge également retenu son exposition permanente. Contraintes et avantages se sont mêlés dans le cahier des charges : si les architectes ont eu la possibilité de tirer parti d’une position très privilégiée, à l’entrée du site, il leur a fallu imaginer un bâtiment à faible impact, utilisant des matériaux réutilisables.

    Photo du compte X de Franck Riester – Cérémonie du lancement des travaux du pavillon France pour l’exposition Osaka 2025

    Séduire les entreprises nippones

    Franck Riester avec le PDG de Kubota ©Franck Riester

    Il y a quatre mois la France et le Japon signaient une feuille de route pour la coopération franco-japonaise. Le déplacement de notre ministre avait l’ambition de transformer ces intentions en actes concrets. Surtout qu’une séquence japonaise va s’ouvrir en France puisque le pays du Soleil Levant sera l’invité d’honneur du prochain salon Vivatech où une délégation, d’une quarantaine de dirigeants des secteurs privé et public, est attendue du 22 au 25 mai à Paris.

    Franck Riester a d’ailleurs rencontré le P-dg de Mitsubishi Electric, Kei Uruma. Présent en France depuis les années 1970, le géant nippon y emploie 600 personnes et vient de racheter Aircalo, fabricant de climatisations réversibles alimentées à l’eau chaude. Mais il a aussi pris le temps d’aller au contact des PME, plus grandes pourvoyeuses d’emplois, comme Kubota, qui produit et vend en France des outils agricoles mécanisés.

    Au contact des Français du Japon

    Evidemment, Franck Riester ne pouvait aller au Japon sans rencontrer les Français dont il a la charge. Ils sont plus de 12 000 inscrits au Registre consulaire pour une population globale estimée à 16 000.

    Première étape, le Lycée Français International de Kyoto où accompagné de Monsieur Philippe Setton, ambassadeur de France au Japon et de Madame Sandrine Mouchet, Consule générale de France à Kyoto et Directrice de l’institut français du Kansai, Franck Riester a pu rencontrer les élèves des différents niveaux scolaires de l’établissement, des classes des maternelles, du primaire, du collège et bien sûr du Lycée. Au cours de sa visite, le ministre a participé à des échanges enrichissants avec les élèves et les enseignants, notamment à un cours de Sciences de la Vie et de la Terre de Madame Poppeschi et une séance animée par Monsieur Roynette, enseignant d’histoire-géographie.

    Franck Riester avec les élèves du Lycée Français International de Kyoto ©Lycée Français International de Kyoto

    Mais il a aussi rencontré les militants de la majorité présidentielle, comme Alexandre Joly, élu comme Conseiller des Français du Japon sous l’étiquette MODEM, qu’ils soient liés à Renaissance, Horizons ou AGIR, parti qu’il dirige. Ainsi, il participe au mouvement collectif des élus du parti d’Emmanuel Macron pour mobiliser un maximum d’électeurs lors des élections européennes.

    Photo du compte X de Franck Riester avec les militants de la majorité présidentielle

    Mais ils ne furent pas les seuls, car évidemment l’ambassade, comme pour chaque déplacement ministériel, a mis les petits plats dans les grands en organisant une rencontre avec les élus, les responsables d’associations et les Français particulièrement actifs au Japon, au sein de la Résidence de France. Auprès de nos compatriotes, il a pu exposer les ambitions du gouvernement tant sur le plan économique, diplomatique que culturel.

    En parlant de culture, notons que Franck Riester est allé aussi découvrir la villa Kujoyama. Celle-ci est aujourd’hui l’une des plus prestigieuses résidences artistiques que la France administre à l’étranger, en coordination avec l’Institut français – l’opérateur culturel du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Elle se positionne pleinement dans l’accompagnement à la mobilité des artistes avec des programmes de recherche destinés à favoriser une meilleure compréhension des pratiques, des métiers d’art à la création numérique sans oublier les arts visuels et les arts de la scène. Elle déploie au quotidien un projet ambitieux en synergie avec de nombreux professionnels, tous secteurs d’activités confondus.

    Comme au Canada, il y a quelques jours, Franck Riester s’impose un rythme intense pour couvrir pleinement l’ensemble de son portefeuille. Pour une fois, les Français de l’étranger semblent jouer à égalité avec les autres portefeuilles tenus par son ministre dédié.

  • Emmanuel Macron dévoile sa vision de l’Europe

    Emmanuel Macron dévoile sa vision de l’Europe

    Notre partenaire, Euractiv, le média qui couvre de Bruxelles à Strasbourg, l’actualité des institutions européennes, a publié hier une série d’articles sur l’intervention d’Emmanuel Macron à la Sorbonne. On a sélectionné les points clés mais n’hésitez pas à découvrir les publications originales. Institutions, Défense, accords commerciaux, sécurité alimentaire, le Président de la République a dévoilé sa vision de l’Europe.

    À l’approche des élections européennes des 6 et 9 juin, le président français Emmanuel Macron a tenu un discours-fleuve au ton particulièrement grave sur l’avenir de l’Union européenne. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Ne plus déléguer la sécurité européenne aux États-Unis

    Au niveau sécuritaire, le président français a proposé de bâtir un « concept stratégique d’une défense européenne crédible » face aux menaces extérieures, russes et iraniennes, et alors que les États-Unis ont le regard tourné vers Pékin et le Pacifique.

    Pour Washington, « l’Europe n’est plus prioritaire », a-t-il mis en garde, invitant l’UE à poursuivre son effort de réarmement, pour mettre fin à la « délégation de sécurité » de certains pays du continent aux États-Unis.

    Il a réitéré son soutien au développement rapide d’une industrie de la défense à l’échelle du continent, rappelant au passage les capacités françaises en la matière, et les derniers succès commerciaux de l’avion de combat Rafale. Les industries de l’Hexagone pourraient ainsi bénéficier de la mise en place d’une « préférence européenne » pour les achats militaires des États membres de l’Union, financée par un emprunt commun.

    Emmanuel Macron a aussi appelé à une meilleure « intimité stratégique » entre les armées du continent, sans pour autant évoquer la création d’une force européenne — véritable serpent de mer fustigé par la droite et l’extrême droite au Parlement européen — et à la création d’une académie militaire commune, dans le but que l’Europe devienne une « puissance d’équilibre » dans un monde tourmenté.

    Assumer la maîtrise des frontières

    Désireux de mettre en exergue le sérieux de sa politique migratoire, et alors que le sujet est au centre de la campagne des Européennes, il a aussi détaillé les mesures du pacte européen sur la migration et l’asile, adopté dans la douleur par le Parlement européen il y a deux semaines. L’UE doit « retrouver la maîtrise de [ses] frontières » et « l’assumer », a-t-il martelé.

    S’il a dénoncé la délégation de la gestion des demandeurs d’asile à des pays tiers, comme le Royaume-Uni tente de le faire avec le Rwanda, ou l’Italie avec l’Albanie, le président français est resté dans la droite ligne de la Commission européenne, qui s’est engagée à signer des accords avec certains États pour limiter les départs et faciliter les renvois.

    Emmanuel Macron n’a cessé de rappeler la nécessité de défendre les frontières européennes, mais il est en revanche passé très rapidement sur les perspectives d’élargissement de l’Union, se bornant à rappeler que la Moldavie, l’Ukraine, et surtout les pays des Balkans occidentaux avaient « vocation » à rejoindre l’UE, utilisant exactement le même terme que le Conseil européen de Thessalonique de 2003, il y a plus de 20 ans. Une référence qui ne devrait pas rassurer les pays candidats à l’intégration.

    Contrairement à son discours de 2017 et à celui de mai 2022 lors de la Conférence pour l’avenir de l’UE, il n’est pas revenu sur une révision des traités européens, se bornant à reconnaître que « nous n’avons pas tout réussi ».

    Emmanuel Macron à la Sorbonne ce jeudi 25 avril 2024 ©AFP

    Défense des agriculteurs européens

    Mais pour Emmanuel Macron, la conquête de la souveraineté passe aussi par la défense des agriculteurs européens, notamment contre les pratiques déloyales des producteurs des pays tiers.

    « Il est insensé […] que l’agriculture soit à chaque fois la variable d’ajustement des contrats commerciaux » a ajouté le président, dénonçant les discours de « tellement de collègues ».

    Durant la présidence française de l’UE au printemps 2022, la France avait fait de la réciprocité des normes dans le cadre des accords de commerce – les clauses miroir – son cheval de bataille afin de protéger les filières européennes des produits importés à bas coûts.

    Cette volonté affichée s’était heurtée aux États membres, comme l’Allemagne dont l’agriculture souffre moins des importations tout en bénéficiant des exportations de produits industriels. Ce conflit s’est illustré de l’accord avec les pays du Mercosur.

    Reconnaissant l’existence d’une « géopolitique de l’agriculture », Emmanuel Macron appelle donc à « réajuster la politique commerciale » de l’UE, en imposant « des clauses miroirs fortes » et en protégeant le secteur de façon « homogène au niveau européen ».

    Il demande également une autorité sanitaire et de contrôle européenne, ainsi qu’une force douanière européenne, afin que les produits arrivant sur le marché européen « aient bien les mêmes règles de production » que dans l’UE.

    Mais pas question selon lui de « tomber dans le rejet de tout accord commercial », prévient-il. « La fermeture serait décroissante pour les producteurs européens », en particulier pour l’agriculture exportatrice française – fromage, vin et spiritueux notamment.

    Raison pour laquelle il défend l’accord controversé avec le Canada (CETA), un « accord gagnant », car cet « accord de nouvelle génération » contient des « clauses miroirs », a-t-il insisté, prenant l’exemple de la viande, qui ne rentre pas en Europe en raison des divergences de normes sanitaires avec l’UE — alors même que l’accord est en vigueur de façon temporaire depuis 7 ans.

    Emmanuel Macron a enfin ajouté que l’UE avait « commencé à réparer » certains problèmes de dépendance étrangères qui remontaient à l’après-guerre, comme pour les protéines animales. La priorité porte maintenant sur les protéines végétales.

    « Nous n’avons pas le droit d’installer des dépendances alimentaires », a-t-il prévenu.

    Électrifier plus, en assumant le nucléaire

    Dorénavant, l’UE doit aller plus loin : « l’Europe doit être une puissance électrique, c’est ça la clé », déclare-t-il. En d’autres termes, devenir un marché de « la libre circulation des électrons décarbonés ».

    Pour cela, l’UE doit investir dans les interconnexions, corollaire de la visibilité de long terme dans l’investissement et de la sécurité de la fourniture, avance-t-il.

    « Nous aurons un marché européen de l’énergie qui fonctionne mieux si nous développons
    enfin de manière accélérée ces interconnexions », expliquait-il déjà en 2017, lors de son premier discours à la Sorbonne.

    L’UE doit aussi assurer le développement de toutes les sources de production d’électricité décarbonée. À cette fin, « nous devons assumer de construire l’Europe de l’atome », avance-t-il.

    Selon lui, l’atteinte des objectifs climatiques n’est possible qu’en développant les énergies renouvelables, en poursuivant les politiques visant à l’efficacité énergétique, et en s’appuyant sur le nucléaire. À cette fin, M. Macron rappelle les quelques avancées en la matière et notamment l’ « alliance du nucléaire » qu’il faudrait, selon lui, « consolider ».

    Initiée par la France en février 2023, l’alliance vise à réunir les États membres qui ont des intérêts communs dans le nucléaire (développement de capacités, R&D, démantèlement, etc.). Ils sont aujourd’hui une quinzaine, dont une bonne majorité demande à revoir les objectifs européens en matière de développement des moyens de production d’électricité bas carbone.

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