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  • Portugal : un nouveau modèle pour l’Europe

    Portugal : un nouveau modèle pour l’Europe

    Le Portugal, pays qui avait été touché par la crise des subprimes et des dettes souveraines dans les années 2008/2011, est aujourd’hui érigé en modèle. Néanmoins, ce modèle n’est pas sans faille, en particulier sur le plan social. 

    En 2011, le pays avait dû accepter l’intervention de la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) qui avait placé le pays sous tutelle et avait engagé un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros, plan qui s’accompagnait d’une politique de rigueur. En 2024, le pays a renoué avec les « A » chez Moody’s, Fitch et tout récemment chez Standard & Poor’s. Toutes les agences attribuent une perspective stable à la note du pays. 

    Le changement de regard porté sur le Portugal s’explique par les bons résultats économiques et financiers qu’ils enregistrent depuis la fin de l’épidémie de covid. Les administrations publiques ont enregistré un solde positif de 1,2 % du PIB en 2023. L’endettement a été ramené à 98,7 % du PIB, soit mieux que l’objectif de 103 % fixé en début d’année par le gouvernement. L’année dernière, la croissance a été une des plus fortes d’Europe, avec un taux de 2,3 %. Pour 2024, le budget devrait rester en excédent et la croissance avoisiner 2,2 % quand un taux de 0,5 % est attendu pour la zone euro. L’inflation y est en forte baisse.

    Plus d’un million d’emplois créés 

    Depuis 2013, plus d’un million d’emplois ont été créés, sur un marché du travail de 5 millions de personnes au total. Le taux de chômage est de 6,5 % de la population active. 

    Les clefs de la réussite du Portugal sont multiples. Moins exposé aux importations de gaz russe, le pays a été moins touché que les pays d’Europe du Nord ou de l’est par le déclenchement de la guerre en Ukraine. Le Portugal dispose d’un avantage comparatif fort dans plusieurs domaines qui lui ont permis de maintenir ses exportations malgré la hausse des prix. C’est le cas notamment pour le textile ou le vin. Le Portugal est également un pays industriel avec la présence d’usines automobiles et de cycles. Il est devenu, en 2021, le premier exportateur d’Europe de vélos. 

    Le secteur du luxe contribue également à la croissance économique, en particulier dans les domaines du cuir, du textile et des arts de la table par exemple. Les entreprises de la haute technologie installent de plus en plus de centres de recherche en attirant les salariés de toutes les nationalités grâce à des conditions de vie agréables. Les entreprises européennes ou américaines investissent de plus en plus au Portugal à la recherche d’une main-d’œuvre peu chère, bien formée et travailleuse. Le montant du salaire minimum est de 957 euros par mois.

    La carte du numérique et de la transition énergétique 

    De nombreux nomades numériques s’y installent à la quête de conditions de vie agréables. Le Portugal entend jouer la carte du numérique et de la transition énergétique. Il met en avant le fait que la part des énergies renouvelables dans la production électrique soit dans le pays, l’une des plus importante d’Europe (60 %, selon l’Agence internationale de l’énergie – AIE). Le pays exploite de nombreux barrages hydroélectriques et a investi dans l’éolien. Le pays compte également tirer profit de ses importantes réserves de lithium qui figure, aux côtés du cobalt et du nickel, parmi les métaux indispensables notamment pour la fabrication des batteries. 

    Le tourisme joue un rôle clef dans la croissance en représentant 15 % du PIB. Selon ses statistiques officielles, en 2022, les recettes de ce secteur ont dépassé de 20 % celles de 2019, juste avant la crise sanitaire du covid. Sur le seul premier semestre 2023, 31 millions de touristes ont été comptabilisés dans les aéroports portugais, un record. Le tourisme a généré plus de 22 milliards en 2023 de recettes au pays. Près de 320 000 personnes travaillent dans l’hôtellerie et la restauration au Portugal. Comme dans le reste de l’Europe, ce secteur est de plus en plus confronté à des problèmes de recrutement : 50 000 emplois ne sont pas pourvus pour la saison 2024. Les professionnels du secteur demandent au gouvernement de pouvoir faire appel à l’immigration.

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    Tourisme et investisseurs étrangers 

    Après la crise de 2009, les autorités ont mené une politique visant à attirer les investisseurs étrangers. Le « visas doré » (créé en 2012 et arrêté en mars 2024) permettait à des ressortissants non européens investissant au Portugal et créant des emplois de bénéficier d’un permis de résidence. Ce dispositif a permis d’attirer plus de 6,5 milliards d’euros de capitaux. Plus de 11 000 permis de résidence ont été accordés à des investisseurs auxquels il faut ajouter les 18 000 délivrés aux proches de ces derniers. La moitié des bénéficiaires de cette disposition étaient des investisseurs chinois, ainsi que de nombreux Brésiliens et Américains. 

    Le Portugal a également attiré de nombreux retraités en les exonérant de l’impôt sur le revenu sur leurs pensions étrangères. Cette mesure visait à lutter contre la crise immobilière survenue en 2009. Le gouvernement y a mis un terme en raison de la forte augmentation des prix de l’immobilier qu’elle favorisait. Plus de 35 000 retraités français auraient ainsi choisi le Portugal. 

    Le Portugal profite également de la bonne santé de son principal partenaire et proche voisin, l’Espagne. L’Espagne connaît depuis trois ans une forte croissance tirée par le tourisme, l’industrie et l’agro-alimentaire. D’après l’Institut national des statistiques portugais (INE), les échanges commerciaux entre les deux pays sont passés de 17,6 milliards d’euros en 2000, soit environ 14 % du PIB, à 55,5 milliards d’euros en 2022, soit 23 % du PIB. Un quart des exportations portugaises sont destinées au marché espagnol et un tiers des importations en proviennent. L’Allemagne et la France sont respectivement les deuxième et troisième partenaires commerciaux du Portugal. 

    La forte croissance du Portugal génère néanmoins des tensions sociales. Souvent, les emplois créés sont faiblement rémunérés. Trois familles portugaises sur quatre ont rencontré des difficultés à payer leurs factures en 2023, selon le baromètre annuel de l’organisme de défense des consommateurs, Deco Proteste. En février 2024, l’Institut national des statistiques du Portugal a publié le nombre de Portugais cumulant deux, voire trois emplois. En 2023, il a dépassé les 250 000 (sur une population de 5 millions d’actifs, soit 5 %).

    Les prix de l’immobilier ont augmenté de 75 % en dix ans 

    Le système de santé comme celui de l’éducation sont en crise. L’accès aux praticiens de santé est difficile comme dans un grand nombre de pays européens. L’accès au logement est également un sujet de conflits. Les prix de l’immobilier ont augmenté de 75 % en dix ans. Dans les principales métropoles du pays (Lisbonne, Porto), les Portugais n’arrivent plus à trouver de logements. Le gouvernement a dû ainsi mettre un terme aux « visas dorés » et aux exonérations fiscales pour les retraités étrangers. Il a institué une fiscalité plus favorable au marché 23 des locations de longue durée en pénalisant celles à but saisonnier. Une majorité de Portugais estiment que ces mesures sont insuffisantes. 

    Toujours pour atténuer les tensions, le gouvernement, dans le cadre du budget 2024, a prévu une hausse des investissements publics dans les secteurs de la santé, l’éducation ou le logement. Une revalorisation du salaire minimum et des pensions de retraite a été également annoncée. 

    Malgré un bilan économique positif, la majorité socialiste a été battue aux élections législatives du mois de mars 2024. Le Premier ministre, Antonio Costa a été remplacé par le conservateur Luis Montenegro qui entend mettre en œuvre une politique en faveur des classes moyennes. Il devra veiller à limiter l’émigration qui demeure importante chez les jeunes diplômés. Depuis vingt ans, 30 % d’entre eux ont quitté le pays. Il devra également répondre aux demandes de la population concernant la vie chère, la hausse des loyers et la décrépitude des hôpitaux.

  • Discours de la Sorbonne : Berlin rejette les propos d’Emmanuel Macron sur la réforme de la BCE

    Discours de la Sorbonne : Berlin rejette les propos d’Emmanuel Macron sur la réforme de la BCE

    L’Allemagne a un « point de vue très différent » sur la proposition du président français Emmanuel Macron de réformer le mandat de la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré le gouvernement allemand lundi (29 avril), jetant le doute sur la vision du dirigeant français pour l’avenir de l’UE.

    Emmanuel Macron a fait un discours très attendu à la Sorbonne le 25 avril, dans lequel il a exposé sa vision de l’Union européenne. Il a notamment proposé d’élargir le mandat de la BCE afin qu’elle puisse promouvoir la croissance économique et la décarbonation tout en contrôlant l’inflation, une proposition qui a attiré l’attention du gouvernement.

    « Il y a certains points, comme ceux concernant la BCE, sur lesquels nous [l’Allemagne et la France] continuons d’avoir des points de vue très différents », a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand aux journalistes lorsqu’il a été interrogé sur la position du pays concernant le discours de M. Macron et ses idées pour la BCE lors d’une réunion d’information lundi.

    En effet, le porte-parole a déclaré qu’il n’avait pas connaissance de « quelconques considérations » au sein du gouvernement allemand visant à modifier ou à étendre le mandat de la BCE.

    La réaction de l’Allemagne au discours de M. Macron a été très attendue, car le soutien du plus grand État membre de l’UE reste un facteur clé dans la mise en œuvre éventuelle des idées françaises. @EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON

    La réaction de l’Allemagne au discours de M. Macron a été très attendue, car le soutien du plus grand État membre de l’UE reste un facteur clé dans la mise en œuvre éventuelle des idées françaises.

    Le premier discours de M. Macron à la Sorbonne, dans lequel il exposait sa vision de l’Europe alors que la chancelière Angela Merkel était au pouvoir, n’avait pas suscité de réaction officielle de la part du gouvernement de l’époque.

    Cette fois-ci, les deux gouvernements paraissent plus en adéquation sur la question, les deux semblant vouloir faire preuve d’unité.

    Le chancelier allemand Olaf Scholz (SPD, S&D) et la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock (Verts) ont tous deux fait l’éloge d’Emmanuel Macron pour son discours peu de temps après, Mme Baerbock le félicitant pour sa « passion pour l’Europe » et appelant à une « Europe plus forte, plus résistante et plus sûre ».

    Mais, certaines des propositions clés d’Emmanuel Macron, comme son appel à l’augmentation des dépenses et à la création d’une nouvelle dette commune de l’UE, restent impopulaires auprès d’un gouvernement allemand qui se montre plutôt parcimonieux.

    Dans la lignée des déclarations précédentes, les commentaires de lundi concernant le discours de M. Macron sont restés généraux.

    « Ce qui est important, ce sont les remarques [d’Emmanuel Macron] sur les bonnes relations franco-allemandes […] et le fait que le président français a fait preuve d’une grande énergie pour le développement de l’UE — ce sont des points sur lesquels nous pouvons bien nous aligner », a ajouté le porte-parole.

  • Fête des Mères : Gemmyo, la joaillerie française pour la femme d’aujourd’hui

    Fête des Mères : Gemmyo, la joaillerie française pour la femme d’aujourd’hui

    À quelques jours de la Fête des Mères, LesFrançais.press vous propose de découvrir l’univers de la joaillerie. Peut-être inspirera-t-il quelques retardataires ? En attendant notre invitée Pauline Laigneau, fondatrice de la maison Gemmyo, revient sur l’histoire de la marque, les défis relevés et les aspirations, toujours plus grandes. En plus, en fait d’article, vous pourrez tenter votre chance pour gagner un pendentif Lady.

    Écouter le podcast avec Pauline Laigneau

    Gemmyo : la modernité tout en respectant le savoir-faire joaillier

    Créée en 2011, Gemmyo est née d’une histoire d’amour et d’audace. « A l’époque, on cherchait une bague de fiançailles avec mon mari. On a décidé de vivre cette aventure à deux. » Toutefois l’expérience se révélera plutôt décevante pour le jeune couple. « En allant découvrir les grandes maisons, nous avons trouvé les pièces certes très belles mais l’expérience d’un autre âge. » Il n’en fallait pas plus pour que Pauline et son futur mari, Charif, sans aucun lien familial avec le monde de la joaillerie et ses secrets décident de se lancer dans l’aventure. « Nous avons eu envie d’inventer la joaillerie de demain, de créer une marque à notre image, une nouvelle vision du luxe. » 

    Ce sera donc Gemmyo, une maison audacieuse et moderne; une des rares marques de joaillerie à privilégier le savoir-faire des ateliers français pour la fabrication de ses bijoux. Un choix qui permet entre autres de personnaliser les créations afin de répondre parfaitement aux désirs des clients. Et des clientes. « Les femmes s’assument beaucoup plus aujourdhui et expriment leur personnalité notamment à travers leurs bijoux. Ils sont un signe d’affirmation de soi qui dure dans le temps et se transmet. » 

    A l’approche de la Fête des Mères, l’occasion est trop belle. « Ma maman m’a donné le goût du beau et des couleurs et on ne remercie jamais assez nos mamans pour tout ce qu’elles nous donnent. On peut offrir un bijou ou autre chose mais l’important est de le faire avec le cœur. Il faut y mettre du sens. » 

    Le bijou comme affirmation de soi 

    Ainsi Gemmyo façonne le monde de la joaillerie d’une énergie nouvelle.  On retrouve d’ailleurs la marque dans plusieurs villes de France, en Europe et tout récemment au Japon au sein de l’hôtel Okura de Tokyo. Comme un clin d’œil au nom de la maison inspiré par les gemmes et les couleurs bien sûr mais également par une impératrice japonaise, Gemmyo, un esprit libre, une pionnière. « L’un des piliers pour nous était que Gemmyo devienne une marque mondiale. Ouvrir au Japon dans un pays si différent , c’était vraiment un rêve pour moi. Et je peux vous dire que quand on rêve grand on finit par toucher ses rêves à force de travail. C’est quelque chose qui me porte. »  

    La Résidence Gemmyo à l’hôtel Okura

    Ainsi on partage avec vous les créations du joaillier français Gemmyo, c’est que la marque porte les valeurs qui nous ont poussées à l’expatriation. Une envie d’innover tout en s’ancrant dans notre héritage, une créatrice ouverte sur le monde qui a su s’ouvrir à une nouvelle culture pour sublimer la culture française.

    Le choix du nom, Gemmyo, en est une première démonstration. Mais Pauline Laigneau a, aussi, osé sorti des frontières hexagonales en ouvrant des boutiques à Genève et à Bruxelle. Et depuis quelques mois, Gemmyo s’attaque au monde, avec un premier point de vente à l’international au sein de l’hôtel Okura à Tokyo. Et quel plus bel écrin que ce lieu iconique de la capitale japonaise ?

    Temple du savoir-faire Japonais, il accueille désormais une « ambassade » de notre savoir-faire avec la Résidence Gemmyo. Le Okura Tokyo est un hôtel de luxe inauguré en 1962. Depuis son ouverture, l’établissement a reçu une reconnaissance internationale, devenant ainsi un membre du « Leading Hotels of the World ». La mythique aile principale a été démolie en 2015 et sa rénovation a été entreprise par l’architecte Yoshio Taniguchi, le fils de Yoshiro Taniguchi qui avait conçu à l’hôtel en 1962.

    Okura Tokyo

    Le développement international de la marque ne s’arrêtera pas là. En juin, la maison ouvrira « La Résidence » Gemmyo à Zurich avant de mettre le cap sur la côte est des Etats-Unis en 2025. 

    Créativité et inspiration

    Toujours en quête d’inspiration, la jeune femme anime depuis 2018 un podcast, « Le podcast de Pauline Laigneau ». Un programme qui à travers le partage d’expériences lui donne de la créativité au quotidien. « Je mêle l’utile à l’agréable parce que Gemmyo et le podcast se sont développés en même temps. La grande visibilité du programme a aidé Gemmyo et lui a donné une aura supplémentaire. Les gens voient bien qu’il s’agit d’une marque très entière, très sincère avec des vraies gens derrière. Dans le monde de la joaillerie où tout est un peu calfeutré, avoir cette vérité, cette authenticité change, surprend et je crois, donne envie. » 

    Pauline Laigneau, une entrepreneuse inspirée

    Pauline Laigneau est une femme active, même hyperactive selon certains. Dans le podcast, on le constate aussi, car en plus de porter, depuis 2014, le développement de marque de joaillerie et d’horlogerie, Gemmyo, elle partage avec nous une autre aventure, elle aussi couronnée de succès. Gourmande du monde et curieuse de comprendre la réussite, elle a créé, en 2018, un podcast « le gratin » devenu « le podcast de Pauline Laigneau » tout simplement. Avec plusieurs formats, de quelques minutes à plus d’une heure, elle livre, régulièrement, à ses abonnés des entretiens sur la vie d’entrepreneur. La recette a pris rapidement et en trois ans, le programme devient le plus écouté dans la catégorie business, avec jusqu’à 500 000 auditeurs mensuels.

    Participez au jeu-concours pour gagner un pendentif !

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  • Tchad : le point de vue d’étudiants sur la présidentielle 2024

    Tchad : le point de vue d’étudiants sur la présidentielle 2024

    Le Premier ministre du Tchad et candidat à la présidentielle du 6 mai, Succès Masra a appelé, lors de sa tournée électorale dans le sud du pays ce week-end, ses militants « à être la sentinelle du vote » en prenant en photos les procès-verbaux de dépouillement du scrutin. Il s’est tout de suite attiré les foudres de l’Agence nationale de gestion des élections (Ange) qui a mis en garde contre toute prise de photo, au risque d’encourir la rigueur de la loi.

    Un code électoral peu rigoureux 

    Au Tchad, le code électoral ne prévoit ni l’affichage des procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote, ni leur remise aux mandataires des candidats. Seule possibilité pour les candidats d’y avoir accès, ils peuvent obtenir ces PV plus tard au démembrement de l’Ange, dont dépend le bureau de vote. Un dispositif qui suscite la méfiance des candidats. C’est dans ce contexte que Succès Masra, Premier ministre, ancien leader de l’opposition et adversaire du président-candidat Mahamat Idriss Déby, a appelé ses militants « à être la sentinelle du vote » en prenant en photos les PV de dépouillement du scrutin.

    Les Transformateurs se sont donc dit « surpris » par cette sortie de l’Ange émettant l’interdiction de prise de photos. « Il s’agit de participer à rendre transparente la présidentielle » : voilà comment le vice-président des Transformateurs justifie la demande du candidat Succès Masra à ses militants de prendre en photo les résultats du scrutin dans leurs bureaux de vote respectifs. « La loi prévoit que le dépouillement soit fait publiquement et les résultats lus à haute voix », explique Sitack Yombatina, avant de se demander ce qui « fait peur à l’Ange au point d’imposer une interdiction de prises de photos dans les bureaux de vote qui n’a pas été prévue par le code électoral »

    Une campagne sous tensions 

    Au départ, chacun des candidats a commencé sa campagne dans son couloir, en déroulant son projet de société et en multipliant les promesses de toutes sortes.

    Mais au fil de la campagne, les choses ont commencé à changer surtout pour les deux principaux candidats. Le président de transition, Mahamat Idriss Déby, a pris de l’assurance, alors que son Premier ministre Succès Masra, souvent présenté comme « un faire-valoir », a rendu coup pour coup.

    Des tensions ont commencé à apparaître au début de la deuxième semaine de campagne, des coups des griffes verbales échangées par meeting interposées, au point que l’Ange, l’organe chargée d’organiser les élections, a dû appeler au calme. « Ceux qui pensaient que Masra Succès avait un deal avec le président Déby et qu’il était un accompagnateur se sont trompés parce qu’on sent un désir de vaincre. Du côté de Mahamat Idriss Déby, il y a aussi évidemment ce désir de vaincre. Au début, chacun voulait montrer qui il était et quel projet il portait, mais de plus en plus, ils attaque l’autre sur ses faiblesses. On pensait qu’il ny aurait pas d’engouement pour cette élection. Or, on remarque que de jour en jour, les Tchadiens s’y intéressent », analyse le sociologue tchadien Gondeu Ladiba.

    Le politologue Évariste Ngarlem Toldé confirme : « Succès Masra semble jouer son va-tout, de son côté Mahamat Idriss Déby ne lâche rien. » Conséquence, cette dernière semaine de campagne risque d’être « une semaine de tous les dangers », selon les deux chercheurs.

    Déjà, le parti de Succès Masra a dénoncé dimanche soir des arrestations de certains de ses membres à Mongo, des « militants persécutés » ailleurs ou encore l’incendie d’un de ses sièges locaux dans le 1er arrondissement à Ndjamena samedi.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • Pour une relance du marché unique européen

    Pour une relance du marché unique européen

    Enrico Letta, l’ancien Président du Conseil italien, a remis un rapport sur l’avenir du marché unique européen qui assure en théorie depuis 1993 la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux au sein des États membres. Le rapport Letta insiste sur la nécessité d’un « marché financier européen plus intégré et plus robuste », « essentiel pour exploiter le plein potentiel » économique de l’Union. Il suggère une « union de l’épargne et des investissements » afin de retenir en Europe les flux de capitaux. À cette fin, il préconise une harmonisation réglementaire, la création d’un produit d’épargne de long terme européen, une garantie publique européenne pour soutenir l’investissement dans la transition écologique, des réformes pour favoriser les partenariats public-privé, le développement de la titrisation, la création d’une Bourse européenne pour les start-up de la « Deep Tech » (intelligence artificielle, quantique, biotechnologie). 

    Ces idées sont amplement partagées par Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie français, mais ne font pas consensus au sein des 27 États membres, aucune avancée sur ce sujet n’ayant été enregistrée depuis dix ans.

    Une surenchère pour attirer des entreprises

    Le rapport demande également de rediriger une partie des aides publiques accordées aux entreprises par les États membres vers « le financement d’initiatives et d’investissements paneuropéens». 

    Actuellement, les États membres pratiquent une surenchère au niveau des aides pour attirer des entreprises. Dans le projet d’Enrico Letta, ils seraient contraints de consacrer « une portion » de leurs aides vers des financements européens. L’objectif serait la mise en œuvre d’une politique industrielle européenne cohérente.

    Une fragmentation pénalisante dans les télécoms et l’énergie

    Le rapport souligne que des progrès doivent notamment être réalisés au niveau des télécommunications et l’énergie. Dans le domaine des télécommunications, le marché n’a pas été réellement unifié et prend la forme de 27 marchés nationaux. Cette « fragmentation » freine la croissance des opérateurs paneuropéens et les pénalise face à la concurrence internationale. Elle génère des surcoûts pour les entreprises et les ménages. L’Europe compte plus de 100 opérateurs téléphoniques ayant en moyenne 5 millions d’abonnés. Aux États-Unis, le nombre moyen d’abonnés est de 107 millions. En Chine, ce nombre avoisine les 500 millions. 

    Dans l’énergie, la faiblesse de la concurrence se traduit par des divergences de prix entre les États. Les réseaux sont insuffisamment interconnectés. Enrico Letta préconise la réalisation d’investissements financés par l’émission d’obligations européennes vertes. 

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    240 milliards de budgets dans la défense

    Des progrès sont nécessaires sur le terrain de la défense. Si l’ensemble des budgets cumulés en la matière atteignent 240 milliards d’euros, soit un niveau proche de celui de la Chine (275 milliards) et trois fois supérieur à celui de la Russie, il reste néanmoins inférieur à celui des États-Unis, près de 850 milliards de dollars. L’Union européenne souffre d’un sous-investissement chronique en matière d’équipements militaires. 80 % de ceux qui ont été fournis à l’Ukraine, depuis le début du conflit, ont été achetés en dehors de l’Union. Enrico Letta demande « un soutien direct à travers le budget de l’Union » pour financer des initiatives communes de R&D et d’achats communs. Il souhaite la création d’un marché commun pour l’industrie de défense. 

    En France, Christian Noyer, ancien Gouverneur de la Banque de France, a présenté un rapport sur la nature des principaux obstacles à lever pour mieux mobiliser les investissements privés dans la transition écologique et numérique de l’Europe. Comme Enrico Letta, il plaide en faveur d’un marché unique des capitaux européens. Le marché des capitaux en Europe est sous-dimensionné. Pour être concurrentiel au niveau mondial, il devrait s’accroître de 60 %. 

    Un marché de capitaux sous-dimensionné

    Le rapport Noyer préconise le développement d’un produit d’épargne paneuropéen de long terme. Ce produit devrait avoir les caractéristiques suivantes : déblocage au moment du départ à la retraite ou à l’occasion de certains évènements de la vie, souscription au sein de l’entreprise avec abondement possible de l’employeur, octroi d’avantages fiscaux, allocation de l’épargne avec 80 % en supports d’actifs européens. 

    Comme Enrico Letta, l’ancien gouverneur propose de faciliter la titrisation. Cette pratique financière permet de transformer des créances ou des prêts détenus par une banque en titres financiers négociables. Cette opération libère le bilan des établissements bancaires, ce qui leur permet de redéployer leurs fonds propres. 

    Le rapport Noyer propose aussi d’assouplir le cadre réglementaire et prudentiel des banques et des compagnies d’assurances en revoyant les directives en vigueur. Les grandes zones économiques sont plus souples que l’Europe ce qui leur permet d’attirer plus facilement des capitaux. 

    Christian Noyer se prononce également en faveur d’une supervision unique des marchés de capitaux européens. L’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) n’a actuellement que des pouvoirs limités. Sa gouvernance devrait être revue, avec la création d’un comité exécutif composé d’un nombre restreint de membres permanents. Le rapport Noyer insiste enfin sur la nécessité d’améliorer le fonctionnement du « postmarché » (les opérations qui sécurisent et valident une transaction boursière) dans la mesure où la chaîne de traitement des opérations sur titres fait intervenir en Europe bien plus d’acteurs qu’aux États-Unis.

  • Européennes 2024 : la tête de liste des libéraux dénonce la performance « extrêmement médiocre » d’Ursula von der Leyen

    Européennes 2024 : la tête de liste des libéraux dénonce la performance « extrêmement médiocre » d’Ursula von der Leyen

    Marie-Agnes Strack-Zimmermann, tête de liste de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), a critiqué samedi (27 avril), la performance d’Ursula von der Leyen à la tête de la présidence de la Commission européenne.

    Lors d’une interview avec Euractiv en marge de la convention de deux jours du parti libéral allemand FDP à Berlin, Mme Strack-Zimmermann a exprimé des doutes quant à la pertinence de réélire Mme von der Leyen pour un second mandat.

    « Je pense que ses performances sont extrêmement médiocres », a-t-elle déclaré.

    Mme Strack-Zimmermann, membre du FDP, a été officiellement présentée le mois dernier comme tête de liste de l’ALDE dans la course électorale pour le groupe Renew — dont l’ALDE représente la faction la plus importante.

    « Lorsque 95 % de toutes les entreprises [allemandes] disent qu’elles ont des problèmes avec la bureaucratie à Bruxelles, cela en dit long », a-t-elle affirmé, citant une enquête de la chambre de commerce allemande DIHK qui a révélé que seulement 5 % des entreprises ont vu les conditions commerciales européennes s’améliorer au cours des cinq dernières années.

    Mme Strack-Zimmermann a également attaqué les politiques climatiques de Mme von der Leyen, qu’elle juge trop restrictives. Elles n’ont « montré aucune considération pour les entreprises, en particulier les PME ».

    « Je ne vois pas pourquoi nous devrions élire quelqu’un qui — pour ne prendre que l’exemple des moteurs à combustion — a toujours appelé à une interdiction [mais] qui dit deux mois avant les élections : Nous y réfléchirons à nouveau », a-t-elle ajouté.

    La fin de vente des véhicules thermiques neufs en 2035 a été proposée et adoptée sous la mandature de Mme von der Leyen.

    Le FDP insiste sur les e-carburants

    Au cours de son premier mandat, Mme von der Leyen a été soutenue par les trois plus grands groupes de la maison européenne, dont le groupe Renew Europe. Renew Europe a soutenu une politique climatique progressiste au cours de la dernière législature, en particulier sous la direction de Renaissance (France) et d’autres partis libéraux.

    Cependant, le parti allemand FDP s’est opposé à de nombreuses lois environnementales de l’actuelle Commission, telles que l’interdiction des moteurs à combustion. Sous la pression de dernière minute du ministre des Transports du FDP, Volker Wissing, l’Allemagne a insisté pour ajouter à cette mesure une exception pour les voitures fonctionnant exclusivement avec des carburants neutres pour le climat.

    « Cette exception est maintenant incluse parce que le FDP, les libéraux, l’ont exigée », a déclaré Mme Strack-Zimmermann, ajoutant : « si cela n’avait pas été demandé, la fin du moteur à combustion aurait eu lieu sans tenir compte des carburants alternatifs. »

    En misant exclusivement sur les véhicules électriques à batterie, « nous nous rendons à nouveau dépendants », a-t-elle averti. « Nous n’aurons plus le gaz et le pétrole de la Russie, mais la technologie des batteries de la Chine. »

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    Convention du Parti démocrate libre à Berlin, 27-28 avril 2024 ©EPA-EFE/CLEMENS BILAN

    Marché carbone et rien d’autre

    Lors de son discours au congrès du parti, Mme Strack-Zimmermann a mentionné le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE) comme étant le cœur de la politique climatique de l’Union. Selon elle, toutes mesures supplémentaires seraient inutiles.

    Introduit en 2005, le système plafonne les émissions de secteurs tels que l’industrie et l’électricité. À partir de 2027, le chauffage et le transport routier feront également l’objet d’un système de tarification distinct.

    « Il y a vingt ans, l’UE a fait preuve d’innovation au niveau mondial en introduisant le premier système global d’échange de quotas d’émission de CO2 », a déclaré Mme Strack-Zimmermann lors de la convention, qualifiant ce système de « véritable acte pionnier qui a combiné la protection du climat avec des moyens fondés sur le marché ».

    « Sous le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) d’Ursula von der Leyen, l’UE a été renvoyée au Moyen-Âge de la protection du climat », ajoutant qu’ « un nombre confus de réglementations sectorielles a conduit à une augmentation sans précédent de la bureaucratie européenne ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.04.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 30.04.24

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 30 avril, et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans nos titres : La police londonienne va dédommager un Français pour son arrestation – V.I.E, 8 pays ont vu la grille de rémunération évoluée – Gérard Depardieu en garde à vue 

    Accusé de terrorisme, il va être dédommagé 

    Souvenez-vous, il y a un an, un éditeur français, Ernest Moret, fut arrêté à Londres pour terrorisme. Cette semaine, il s’est vu accorder des dommages et intérêts « substantiels » par la police londonienne (Metropolitain police), alors que de nouveaux chiffres révèlent que des milliers de ressortissants étrangers ont été arrêtés dans les ports, aéroports et gares britanniques en vertu des lois antiterroristes. 

    Ernest Moret

    Des indemnités de 900 à 3000 euros pour les jeunes en mission 

    La rémunération des V.I.E ou des V.I.A est prise en charge par l’Etat. Logiquement, il peut donc seul à déterminer les rémunérations, c’est ce qu’il fait, d’ailleurs, dans le régime général. Mais pour obtenir, dans certains pays, un visa permettant de travailler, des minimums de rémunération sont exigés. C’est donc le cas pour les 8 pays inscrits sur une liste dérogatoire : Corée du Sud, Émirats arabes unis, Espagne (pourtant aucun visa n’y est demandé aux citoyens européens), Etats-Unis d’Amérique, Japon, Singapour, Suisse, Tunisie. Fixes depuis 2020, à partir de ce mois de mail les rémunérations seront augmentées. Tous les détails sur Lesfrancais.press

    V.I.E
    V.I.E

    Depardieu mis en garde à vue ce lundi 29 avril

    Lors de l’enregistrement de ce flash, l’acteur n’avait pas été libéré. Ce dernier âgé de 75 ans a été convoqué en début de matinée ce lundi dans un commissariat parisien en vue d’être placé en garde à vue pour répondre d’agressions sexuelles. Gérard Depardieu, déjà mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur Charlotte Arnould, est visé par de nouvelles plaintes depuis la diffusion d’un numéro de Complément d’enquête sur France 2.

    C’est tout pour ce mardi, on se retrouve jeudi. Passez un bon mardi et surtout un très beau 1er mai. Pensez aux muguets ! 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • La police londonienne fait son mea-culpa

    La police londonienne fait son mea-culpa

    Souvenez-vous, il y a un an, un éditeur français, Ernest Moret, fut arrêté à Londres pour terrorisme. Cette semaine, il s’est vu accorder des dommages et intérêts « substantiels » par la police londonienne (Metropolitain police), alors que de nouveaux chiffres révèlent que des milliers de ressortissants étrangers ont été arrêtés dans les ports britanniques en vertu des lois antiterroristes. Pour les Français de l’étranger, on revient sur cet imbroglio qui a conduit notre compatriote en prison.

    Arrêté sur le chemin du Salon du Livre 

    Ernest Moret, 29 ans, responsable des droits étrangers aux Éditions la Fabrique, a été arrêté à la gare de St Pancras en avril 2023 alors qu’il se rendait au salon du livre de Londres.

    Il a été détenu en vertu de l’article 7 de la loi antiterroriste de 2000 et interrogé par des agents antiterroristes pour savoir s’il avait participé à des manifestations antigouvernementales en France et s’il soutenait le président français Emmanuel Macron.

    La maison d’édition La Fabrique via un communiqué a déclaré: “Il y a un peu plus d’un an, Ernest notre responsable des droits étrangers était arrêté sur le quai de la gare de Londres par la police antiterroriste britannique alors qu’il se rendait à la Foire du livre qui s’y tient tous les ans. Relâché après près de 24 heures de garde à vue, toutes les poursuites à son encontre avaient finalement été abandonnées, un rapporteur officiel britannique établissait que cette arrestation en vertu d’une législation antiterroriste était injustifiée. Nous venons d’apprendre que suite aux démarches engagées par son avocat, Richard Parry, la Metropolitan Police s’engage à verser à Ernest des dommages et intérêts pour « abus de pouvoir ».”

    Comme le souligne Richard Parry dans son communiqué (ci-joint), l’écho donné à cette arrestation et l’élan d’indignation et de solidarité qu’elle avait suscité ne sont pas pour rien dans cet épilogue heureux.

    “Dans un moment où la liberté d’expression, de certaines organisations, de mouvements sociaux ou d’intellectuels, est menacée, il nous rappelle que la mobilisation collective paie : justice est faite ! Gageons que cette dispendieuse reculade des autorités britanniques saura refroidir les embastilleurs de toute espèce. C’est l’occasion pour nous de remercier toutes celles et ceux qui nous ont témoigné leur soutien dans cette affaire et nous ont permis de garder le cap sous l’orage..”

    Richard Parry 
    Manifestation en France de soutien à Ernest Moret en avril 2023 ©AFP

    Un “emprisonnement abusif”

    Ernest Moret et son avocat, Richard Parry de Saunders Solicitors, ont intenté une action pour faute dans l’exercice d’une fonction publique et emprisonnement abusif. Pour régler le litige sans recours à un procès, le Met a désormais accepté de verser à M. Moret une somme à cinq chiffres plus ses frais d’avocat. M. Parry a également écrit au commissaire du Met, Mark Rowley, pour exiger des excuses pour Ernest Moret.

    Cette décision fait suite à une enquête menée par l’examinateur indépendant de la législation antiterroriste, Jonathan Hall KC, qui a déclaré que le traitement réservé à Moret par le Met était « exagéré et autoritaire ». Hall a déclaré que la police ne devrait pas utiliser ses pouvoirs antiterroristes pour assurer l’ordre public. « Les droits à la liberté d’expression et de protestation sont trop importants dans une démocratie pour permettre à des individus de faire l’objet d’une enquête pour terrorisme potentiel simplement parce qu’ils ont pu être impliqués dans des manifestations qui ont tourné à la violence », indique le rapport de Hall.

    Richard Parry a, lui, précisé dans les médias : « À notre avis, l’arrestation n’était ni nécessaire ni proportionnée. Une fois la compensation financière réglée, il est désormais temps que la Metropolitain police présente des excuses complètes

    Ernest Moret était l’un des 4 525 ressortissants étrangers arrêtés dans les ports britanniques de 2020 à 2023, en vertu de l’annexe 7 de la loi sur le terrorisme de 2000, selon les journaux quotidiens publiés en vertu des lois sur la liberté d’information.

    Parmi eux, 1 432 citoyens appartenaient aux alliés du Royaume-Uni dans les États membres de l’UE, dont 334 Irlandais, 192 Néerlandais, 175 Français, 99 Suédois et 94 Allemands.

    Un accord sous le sceau du secret 

    Le Met a confirmé que la force avait conclu un accord avec Ernest Moret, dont les détails étaient confidentiels.

    Dans un communiqué, le Met a ajouté : « Nous avons pleinement coopéré à un examen des circonstances de cette affaire, qui a été réalisé par Jonathan Hall KC, et suite à la publication du rapport, nous avons également volontairement soumis l’affaire au Bureau indépendant de Conduite de la police (FIPOL). L’IOPC a ensuite ordonné à la police du Met de mener une enquête locale et celle-ci est toujours en cours à l’heure actuelle. »

    « L’Annexe 7 est un pouvoir important dans la protection des frontières du Royaume-Uni et reste un outil essentiel dans nos efforts pour contrer la menace terroriste et assurer la sécurité du public. Nous restons pleinement déterminés à garantir que nous utilisons ces pouvoirs de manière proportionnée et responsable. »

    FIPOL

    Pourtant, depuis le Brexit, les arrestations de Français se sont multipliées à la frontière, des filles au pair, des étudiants, etc., accusés de venir travailler clandestinement au Royaume-Uni, loin de l’objet officiel de la fameuse Annexe 7. 

  • V.I.E dans un pays soumis à dérogation ? Les salaires ont été indexés

    V.I.E dans un pays soumis à dérogation ? Les salaires ont été indexés

    Le V.I.E (Volontariat International en Entreprise) ou V.I.A (Volontariat International en Administration) sont souvent le premier contact avec l’expatriation pour de nombreux Français. Parmi nos compatriotes, ils sont nombreux à être séduits, ils participent, ainsi, largement à la croissance continue de la communauté des Français de l’étranger depuis 15 ans. Ces dispositifs sécurisés par l’État français permettent à une entreprise de droit français de confier une mission professionnelle à l’étranger de 6 à 24 mois, à un jeune talent français ou ressortissant européen, âgé de 18 à 28 ans en début de mission. Leur rémunération est encadrée, elle est revalorisée chaque trimestre sauf pour certains pays. Dans les pays dérogeant à la règle générale, celle-ci vient, à son tour, d’être revalorisée pour la première fois depuis 2021.

    Une indemnité et non un salaire

    En application du code du service national, les volontaires internationaux perçoivent une indemnité ayant vocation à leur permettre de couvrir les dépenses de séjour dans leur pays d’affectation.

    Son niveau est déterminé par arrêté conjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère chargé des Comptes publics. Les indemnités des volontaires internationaux sont versées mensuellement par Business France et se décomposent en :

    • Une indemnité commune, fixée par décret, dont le montant est identique quel que soit le pays ou la localité de la mission. Elle s’élève à 749,33 € depuis le 1er juillet 2022 ;
    • Une indemnité supplémentaire fixée par arrêté, dont le montant varie selon le pays et la localité de la mission. Elle est aussi appelée « indemnité géographique ».

    Les critères de calcul de cette indemnité visent prioritairement à couvrir les dépenses que le volontaire doit engager pour vivre correctement pendant la durée de sa mission. Ces critères n’intègrent aucune condition de diplôme, d’âge, ni de compétence spécifique : tous les V.I.E affectés dans un même pays ou ville perçoivent la même indemnité mensuelle.

    Ces deux indemnités sont exonérées d’impôts et de cotisations sociales. Elles ne peuvent en aucun cas être considérées comme un salaire versé par l’entreprise. Ni l’entreprise, ni le volontaire, ne peuvent négocier leur montant.

    Pour tenir compte de l’évolution des prix et du change dans le pays d’affectation, le montant de l’indemnité supplémentaire (géographique) devait être revu trimestriellement, aux dates suivantes : 1er janvier – 1er avril – 1er juillet – 1er octobre. Cependant, certains pays ont été exclus de ce dispositif général, nous y reviendrons plus bas dans l’article.

    L’ajustement général est fixé par arrêté et calculé selon un mécanisme dit de « change-prix ». Il s’effectue à la hausse ou à la baisse, suivant les évolutions de prix et de change constatées sur la période de référence. Celui concernant les pays sous dérogation est modifié à la discrétion du gouvernement.

    Pourquoi des dérogations pour certains pays ?

    La rémunération des V.I.E ou des V.I.A est donc prise en charge par l’Etat. Logiquement, il peut donc seul à déterminer les rémunérations, c’est ce qu’il fait, d’ailleurs, dans le régime général. Mais pour obtenir, dans certains pays, un visa permettant de travailler, des minimums de rémunération sont exigés.
    C’est donc le cas pour les 8 pays inscrits sur la liste dérogatoire : Corée du Sud, Émirats arabes unis, Espagne (pourtant aucun visa n’y est demandé aux citoyens européens), Etats-Unis d’Amérique, Japon, Singapour, Suisse, Tunisie.

    Pour les jeunes qui sont en mission dans ces pays, c’est donc un alignement sur les minimums exigés qui est régulièrement réalisé. Ce fut le cas, ce 11 avril 2024, par arrêt le gouvernement a modifié la rémunération prévue pour les V.I.E et les V.I.A.

    Consulter le décret

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