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  • EURO 2024 : Compétitions, Fan zones, équipe de France

    EURO 2024 : Compétitions, Fan zones, équipe de France

    Ce vendredi 14 juin s’ouvre l’Euro 2024, le tournoi continental disputé en Allemagne réunira les 24 meilleures équipes nationales. Les Bleus joueront leur premier match le 17 juin à 21h. Pour les Français de l’étranger, on fait le point sur les diffusions, les Fan zones et bien sûr pour ceux qui sont ou qui vont se rendre outre-rhin, nous ferons le tour des festivités prévues en Allemagne.

    Une compétition plus accessible pour les supporters des Bleus

    Après le Qatar à des milliers de kilomètres de l’hexagone en 2022 et un périple à travers toute l’Europe en 2021, les supporters de l’équipe de France vont cette fois voyager moins loin pour se rendre outre-Rhin. Quelques heures de voiture ou en train suffiront pour aller voir un match de l’Euro 2024. Encore faut-il tomber sur la bonne ville parmi les dix cités hôtes de la compétition : Berlin, Cologne, Dortmund, Düsseldorf, Francfort, Gelsenkirchen, Leipzig, Munich, Stuttgart.

    Dans tous les cas, pour ceux qui veulent vibrer au cœur de la compétition, 18 Fan zones ont été définies : Hambourg, Düsseldofrt, Dortmund, Gelsenkirchen, Cologne, Francfort, Stuttgart, Munich, Leipzig et Berlin auront chacun un ou plusieurs espaces dédiés aux supporters.

    Pour exemple, prenons celles de Berlin, sur la Place de la République, 10.000 fans seront attendus par match, contre 50 à 130.000 le long de la Brandenburger Tor. Munich ouvrira aussi les alentours du parc olympique, tandis qu’à Leipzig, l’Augustusplatz pourra combler 15.000 supporters. Il y aura donc de quoi s’amuser en Allemagne ! 

    Où regardez les matchs entre Français en Europe ?

    On en a pris l’habitude, les associations des Français de l’étranger ont instauré de nombreux rendez-vous au fil des compétitions passées.

    Ainsi, à Londres, Tim Helmstetter et Cécile Guillou de Frogs in London relance leur Fan Zone instaurée avec le mondial. Pour les 3 premiers matchs la Fan-zone s’installe au Zoo Bar, près de Leicester Square, (lundi 17, vendredi 21 et mardi 25 juin), l’entrée sera entièrement gratuite (il ne faudra cependant pas oublier sa carte d’identité) mais il faudra réserver sa place en ligne. L’ouverture des portes se fera une heure avant le début de la rencontre.

    À Bruxelles, l’Union des Français de Belgique, fondée par le rédacteur en chef de votre site, Fabien Ferasson de Quental, va quitter pour la première fois les colonnes de l’Autoworld. En effet, des aménagements en cours ont obligé les organisateurs à trouver un plan B. Ainsi pour les 80 000 Français installés dans la capitale européenne, il faudra se rendre dans les jardins de l’hôtel le Barsey (avenue louise) pour soutenir les Bleus.

    Fan Zone France de l’Union des Français de Belgique en 2016 ©FFerasson

    De nombreuses associations à travers l’Europe proposent des rendez-vous dans les cafés et restaurants de la communauté. N’hésitez pas à consulter les antennes locales de l’UFE ou de l’ADFE pour découvrir les activités mises en place. Mais cet engouement dépasse les frontières du continent. En effet, en Afrique, l’Euro 2024 soulève aussi les passions. Par exemple, au Cameroun, vous pourrez vivre l’ambiance électrique de ce tournoi prestigieux au Foyer du Marin à Akwa, l’une des Fan Zones les plus animées de Douala.

    Comment suivre les Bleus à la télévision ?

    Bien sûr, on ne peut tous être en Allemagne pour vivre les matchs au plus près. Si on a la chance de vivre dans un pays où la communauté française est importante, il sera, sûrement possible, de suivre l’épopée de notre équipe nationale entre compatriotes dans un espace dédié. Mais, aussi, on peut tout simplement avoir envie de suivre les matchs chez soi, seul, en famille ou entre amis. Mais comment suivre la compétition ?

    Pour ceux qui via le satellite ou Molotov peuvent accéder aux chaînes françaises, sachez que les groupes TF1 et M6 se sont mis d’accord pour retransmettre en clair 25 matchs de la compétition dont tous ceux des Bleus. Tandis que chez nos voisins européens, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie ou bien encore la Suisse, les chaînes nationales gratuites diffusent intégralement l’Euro 2024 de football. En Allemagne, il sera nécessaire de se rendre sur les chaînes ARD, RTL Germany et ZDF. En Belgique, la RTBF et VRT Belgium sont les diffuseurs de la compétition. De l’autre côté des Pyrénées, c’est le groupe TVE Spain qui a été choisi comme chaîne officielle pour retransmettre l’Euro. En Italie, les supporters devront aller sur la RAI. Enfin, le pays helvète proposera toutes les rencontres sur la chaîne RSI La 2, accessible depuis le site Web officiel ou directement sur l’application Play RSI d’Android.

    Si on n’a pas accès à ces chaines, on peut notamment penser à souscrire à un VPN qui permet de se connecter gratuitement sur des serveurs issus de nombreux pays, dont la France.  Enfin, si vous possédez une box tournant sous Android TV, il sera possible de caster les matchs de l’Euro 2024 sur l’écran de votre téléviseur en provenance de votre smartphone ou de votre tablette. Il en sera de même avec une Apple TV.

    Quelles chances pour la France ?

    Voilà, vous savez tout pour regarder les 3 premiers matchs de l’équipe de France. Mais est-ce que les Bleus iront plus loin dans la compétition ?

    En tous cas, nos champions ont la côte chez les bookmakers du monde entier. Finaliste de la dernière Coupe du monde au Qatar, la France fait figure de très sérieux prétendants à la victoire finale. La force de cette équipe réside évidemment dans son effectif particulièrement fourni. Du poste de gardien au secteur offensif, Didier Deschamps peut s’appuyer sur une belle réserve de talents. Durant la campagne de qualification pour ce championnat d’Europe des Nations, l’Equipe de France a ainsi affiché sa puissance. Sans être forcément toujours très spectaculaire : les Bleus n’ont perdu aucune rencontre (sept victoires et un match nul). Le secteur offensif a plutôt bien fonctionné : 29 buts marqués en 8 matchs soit 3,6 buts inscrits en moyenne par match. La défense des Bleus a pour sa part  fait preuve d’une solidité impressionnante (3 buts encaissés en 29 matchs).

    Joueurs sélectionnés pour l’Euro 2024 ©LFF

    Outre leur force de frappe, les Bleus peuvent également s’appuyer sur un mental à toute épreuve, comme l’a encore prouvé leur parcours durant le Mondial 2022. Parfois pris dans la tempête, le navire tricolore n’a jamais totalement coulé, l’on se souvient assurément de cette finale durant laquelle la France est parvenue à revenir au score après une première mi-temps catastrophique. Les nombreux joueurs expérimentés présents dans le groupe français pourraient dans ce contexte jouer un rôle très important, l’on pense notamment à Olivier Giroud, Antoine Griezmann, le capitaine Kylian Mbappé. Ce dernier est d’ailleurs préssenti pour être le meilleur buteur de cet Euro 2024.

    L’ancien parisien sera au cœur de toutes les attentions médiatiques durant cet Euro 2024. Le fait que le capitaine des Bleus ait enfin rejoint le Real Madrid de manière officielle pourrait tout de même l’avoir libéré mentalement. Cette saison, l’ancien attaquant du PSG a encore une fois fini meilleur buteur de la Ligue 1 avec un total de 27 buts inscrits en 2158 minutes de jeu, soit une moyenne de 1,13 but marqué par match disputé. Si le crack de Bondy a un peu déçu en Champions League, lors des demi-finales notamment, il reste à ce jour l’un des meilleurs joueurs de la planète.

  • Guerre en Ukraine : Emmanuel Macron annonce la livraison d’avions de chasse et le renfort d’instructeurs militaires

    Guerre en Ukraine : Emmanuel Macron annonce la livraison d’avions de chasse et le renfort d’instructeurs militaires

    Emmanuel Macron a annoncé jeudi (6 juin) que la France livrerait des avions de chasse français Mirage 2000 à l’Ukraine et formerait des pilotes au cours des six prochains mois.

    « Demain, nous allons lancer une nouvelle coopération et annoncer la cession de Mirage 2000-5 […] qui permettront à l’Ukraine de protéger son sol, son espace aérien. Dès demain, nous allons lancer un programme de formations des pilotes [ukrainiens] », a déclaré le président lors d’une interview télévisée jeudi.

    Les premiers avions devraient être mis en service dans « cinq à six mois » pour tenir compte du temps de formation, a déclaré Emmanuel Macron. La formation se déroulera exclusivement en France.

    Emmanuel Macron n’a pas précisé combien d’avions seraient envoyés en Ukraine. Le nombre exact devrait être révélé lors d’une conférence de presse avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky à l’Élysée vendredi.

    Ces avions, a confirmé Emmanuel Macron, pourraient à leur tour être utilisés pour cibler les sites de lancement de missiles ennemis sur le territoire russe.

    La semaine dernière, en Allemagne, le président français avait donné son feu vert à Kiev pour utiliser des armes livrées par l’Occident afin de « neutraliser les sites militaires d’où sont tirés les missiles ».

    Le président a également annoncé lors de l’interview que la France entraînerait et équiperait une brigade  militaire de 4  500 soldats ukrainiens sur le sol ukrainien : « On a déjà beaucoup fait avec nos partenaires allemands, polonais et quelques autres [en matière de formation]. On passe maintenant à un nouveau stade ».

    Après des jours d’hésitation et de négociations en coulisses, Emmanuel Macron a confirmé que des instructeurs militaires pourraient être envoyés dans la partie occidentale de l’Ukraine pour mettre sur pied cette brigade, bien qu’il ait exclu d’envoyer des militaires français sur la ligne de front.

    « Il y a un défi capacitaire. Il faut aller beaucoup plus vite pour former des dizaines de milliers de soldats » et les envoyer dans d’autres États membres n’est plus une option. En revanche, l’envoi d’instructeurs pourrait être une solution viable.

    « Plusieurs alliés sont en train de le considérer », a déclaré le président français. « La question de la formation est demandée par les Ukrainiens […], elle n’est pas en soi un facteur d’escalade [et] nous sommes en train de travailler avec l’ensemble de nos partenaires […] nous déciderons en coalition. Pourquoi l’exclurions-nous ? »

    Emmanuel Macron est le premier dirigeant de l’OTAN à émettre aussi clairement l’idée d’entraîner des troupes sur le sol ukrainien.

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    Emmanuel Macron est le premier dirigeant de l’OTAN à émettre aussi clairement l’idée d’entraîner des troupes sur le sol ukrainien. ©ANDRE PAIN/EPA-EFE

    Enfin, le président français a exclu tout plan de paix entre l’Ukraine et la Russie qui équivaudrait à une « capitulation ukrainienne ». Il souhaite au contraire « un accord négocié par les deux parties, dans le respect du droit international, qui prenne en compte la région du Donbass et la Crimée ».

    Emmanuel Macron s’est exprimé en marge d’une commémoration de trois jours organisée à l’occasion du 80e anniversaire du débarquement allié en Normandie, aux côtés de plusieurs autres dirigeants, dont Joe Biden, le roi britannique Charles III et Volodymyr Zelensky.

    Plus tôt dans la journée, le président américain Joe Biden avait établi un parallèle entre les «forces obscures » de la Seconde Guerre mondiale et celles qui menacent aujourd’hui l’Ukraine et l’Occident.

    « Nous ne nous déroberons pas. Si nous le faisons, l’Ukraine sera asservie et cela ne s’arrêtera pas là. Les voisins de l’Ukraine seront menacés, toute l’Europe sera menacée », a déclaré le président américain.

    En ce qui concerne la guerre au Moyen-Orient, Emmanuel Macron a confirmé qu’il ne reconnaîtrait pas l’État de Palestine pour le moment : la situation n’est pas stable sur le terrain, cela ne permettrait pas d’exercer une pression significative sur le gouvernement israélien, et l’Autorité palestinienne doit d’abord entreprendre des réformes.

    Il a ajouté que Benjamin Netanyahou restait un interlocuteur légitime, malgré le bombardement intensif de Rafah, dans le sud de la Palestine, par les forces de défense israéliennes, qui a suscité la condamnation de la communauté internationale.

  • Élections en Belgique : les extrêmes en tête des sondages

    Élections en Belgique : les extrêmes en tête des sondages

    Cet article fait partie de l’édition spéciale Tour d’horizon des capitales à l’approche des élections européennes.

    Alors que les Belges voteront dimanche (9 juin) pour les élections régionales, fédérales et européennes en même temps, de très bons résultats sont attendus pour l’extrême droite et l’extrême gauche. Les experts ne s’accordent toutefois pas sur l’incidence du nombre important de jeunes âgés de 16 à 23 ans qui voteront pour la première fois sur ces résultats.

    En tête des derniers sondages d’Europe Elects, avec plus de 10 %, figurent le Vlaams Belang (Identité et Démocratie, ID) de Tom van Grieken, la N-VA (Conservateurs et Réformistes européens, CRE) de Bart de Wever et le parti travailleur PTB/PVDA (La Gauche, GUE/NGL) — qui ne font pas partie de la coalition au pouvoir — avec respectivement 15 %, 12 % et 12 %.

    Le Parti socialiste (PS, Socialistes et Démocrates, S&D) de Paul Magnette et le Mouvement Réformateur (MR, Renew Europe) de Georges-Louis Bouchez suivent de près avec moins de 10 %, le CD&V (Parti populaire européen, PPE) et Vooruit (S&D) avec 7 %, Les Engagés (PPE) avec 6 %, le parti libéral Open Vld du Premier ministre Alexander de Croo avec 5 %.

    Par ailleurs, les deux partis écologistes, Groen et Ecolo, sont crédités respectivement à 4 % et 3 %. Cela signifie que si selon les projections actuelles ils devraient obtenir un siège chacun, ils pourraient également n’en obtenir aucun, comme c’est le cas pour le parti Démocrate fédéraliste indépendant (Défi), avec ses 2 %.

    Des gains pour l’extrême droite et l’extrême gauche

    Alors que la N-VA, parti d’extrême droite, devrait enregistrer un recul de 2 % par rapport à son résultat de 14 % en 2019 et perdre un siège, le Vlaams Belang poursuit sa progression, passant d’environ 5 % lors des Européennes de 2014 à 12 % en 2019 et à 15 % aujourd’hui — un résultat qui attribuerait quatre sièges au groupe ID.

    À l’extrême gauche, le PTB/PVDA devrait obtenir 12 %, contribuant ainsi à hauteur de deux sièges au groupe européen GUE/NGL, contre un siège et 8,42 % en 2019.

    Cette tendance vers les extrêmes est alimentée par une forme de « protestation et d’insatisfaction à l’égard de la politique » d’une part, et par ceux qui soutiennent les politiques les plus radicales d’autre part, a expliqué à Euractiv Stefaan Walgrave, professeur à l’université d’Anvers.

    « De nombreux citoyens belges sont mécontents de la manière dont leur démocratie fonctionne et ne se sentent pas représentés par les partis ou par les responsables politiques existants », a-t-il ajouté, soulignant qu’ils « votent pour des outsiders qui peuvent incarner leur protestation ».

    En Belgique, le vote est obligatoire. En outre, les élections européennes seront les premières où les jeunes de 16 à 17 ans — qui, selon des rapports récents, représenteront 10 % de l’électorat — auront le droit, et le devoir, de voter.

    L’immigration et l’économie au cœur du débat

    Des enquêtes et sondages récents montrent que l’immigration, l’économie et le pouvoir d’achat sont parmi les questions les plus importantes pour les Belges, bien avant le climat, qui était au contraire un sujet central lors du scrutin de 2019.

    L’immigration, en particulier, est un sujet sur lequel les partis radicaux, surtout de droite, sont perçus comme ayant une « emprise », explique Didier Caluwaerts, professeur associé à la Vrije Universiteit Brussel, ajoutant que ce changement peut également s’expliquer par le fait que la stigmatisation associée au vote pour des partis plus radicaux semble s’être évaporée.

    Selon M. Caluwaerts, un autre facteur qui joue en faveur des extrêmes est le désir des électeurs de disposer d’une « alternative » aux partis au pouvoir aux niveaux national et régional.

    Les membres de la coalition à sept partis, au pouvoir en Belgique depuis 2020, sont associés aux crises récentes telles que la pandémie et la guerre en Ukraine, ainsi qu’à l’inflation et aux prix élevés de l’énergie qui en résultent.

    Selon M. Caluwaerts, ces crises ont attisé la colère et le sentiment de danger de nombreuses personnes, ce qui, selon lui, constitue une des principales motivations des électeurs pour se tourner vers l’extrême droite ou l’extrême gauche.

    « Pour la droite radicale, la question est clairement celle de l’immigration ; la plupart des électeurs du Vlaams Belang veulent une politique migratoire beaucoup plus stricte. Pour la gauche radicale du PVDA-PTB, la question est celle de la redistribution. Ces électeurs souhaitent une intervention forte de l’État dans l’économie, en taxant les riches et en fournissant davantage de services aux pauvres », a expliqué M. Walgrave.

    Le vote obligatoire et les jeunes

    En Belgique, le vote est obligatoire. En outre, les élections européennes seront les premières où les jeunes de 16 à 17 ans — qui, selon des rapports récents, représenteront 10 % de l’électorat — auront le droit, et le devoir, de voter.

    Interrogé sur une potentielle différence marquée par le vote des jeunes électeurs dimanche, M. Walgrave a déclaré qu’il ne s’agirait pas seulement des jeunes de 16 à 17 ans «mais aussi des nouveaux électeurs », qui n’étaient pas encore majeurs lors des dernières élections, et qui ont jusqu’à 23 ans.

    M. Caluwaerts s’est montré plus prudent dans son analyse, déclarant qu’il ne s’attendait pas à un tel bouleversement, soulignant que la génération plus âgée des boomers continuerait à jouer un rôle central dans les élections et que les jeunes suivraient de toute façon des schémas de vote similaires.

    Interrogé sur la situation au lendemain des élections, M. Walgrave a annoncé que les partis devraient « jouer aux échecs sur différents échiquiers en même temps », car « les niveaux régional et fédéral sont étroitement liés ».

    M. Caluwaerts a ajouté que la négociation d’une «coalition stable et efficace» serait un défi, une tâche de longue haleine et «très difficile ».

  • « Nous ne détournerons pas le regard ! » – 06 juin 1944-2024

    « Nous ne détournerons pas le regard ! » – 06 juin 1944-2024

    Quatre cérémonies ont été organisées ce 06 juin dans le Calvados pour célébrer les 80 ans du Débarquement sur les plages de Normandie. Sur les rivages d’Omaha Beach, 25 chefs d’État et de gouvernements étaient réunis pour rendre hommage à ceux morts pour libérer l’Europe du joug Nazi. Pour les Français de l’étranger, on revient sur cette journée placée sous le signe de la communion.

    La cérémonie franco-britannique 

    Pour le 80e anniversaire du Débarquement, le roi Charles III et Emmanuel Macron avaient rendez-vous au mémorial de Ver-sur-Mer (Calvados) où « se trouvent les noms des 22 442 soldats sous commandement britannique tués lors de la Bataille de Normandie ».

    Le roi Charles III est apparu à 10 h 30, prenant la direction de la tribune, aux côtés des officiels et des vétérans. Le président français est arrivé un peu plus d’un quart plus tard, alors que la cérémonie avait débuté, prenant place dans la même tribune que le monarque britannique et de la reine Camilla, avec son épouse Brigitte Macron. Après le discours de son père, le roi Charles, sur les victimes britanniques et françaises du Débarquement du 6 juin 1944, le prince William a salué la mémoire des soldats canadiens « qui ont tant donné il y a 80 ans ». Sur les 150.000 soldats alliés présents lors du jour-J, 14.000 venaient du Canada, pays membre du Commonwealth, a rappelé le Prince de Galles. « Ils étaient loin de chez eux et ils ont débarqué sur ces plages derrière moi. Ils étaient côte-à-côte avec des milliers de troupes britanniques. » 

    C’est ensuite lors des dépôts de gerbes que les chefs d’État étaient à nouveau réunis, au centre du Mémorial britannique. Puis face à la mer, en fin de cérémonie, pour un temps d’échange avec les vétérans. Peu après midi, la vingtaine de vétérans britanniques a profité d’une dernière haie d’honneur et des applaudissements du public, en conclusion de cette première grande cérémonie de ce jeudi 6 juin.

    La cérémonie franco-américaine

    Lors de cette cérémonie réunissant Joe Biden et Emmanuel Macron, ce dernier a pris la parole à son arrivée au cimetière américain de Colleville-sur-Mer. « Ces humbles tombes blanches juste là sont un des lieux les plus émouvants de France, on y sent vibrer l’histoire, l’héroïsme des morts et celui des vivants« , lance le président de la République. Il salue la « grandeur d’un peuple prêt à mourir sur un sol qui n’est pas le sien« .

    Ensuite, le chef de l’État français a remis les insignes de la Légion d’honneur à onze vétérans américains pour leur engagement lors du Débarquement de Normandie le 6 juin 1944. Certains se sont levés pour recevoir leur médaille, les larmes aux yeux.

    Puis Joe Biden s’est avancé vers le pupitre pour prononcer son discours, très attendu. « Ici, sur les côtes de Normandie, la bataille entre la liberté et la tyrannie allait se décider« , déclare le président des États-Unis. « Nous avons prouvé que la liberté était plus forte que la tyrannie, nous avons prouvé l’unité sans failles des Alliés« .

    Le président des États-Unis, et c’était attendu, y a fait référence à la guerre en Ukraine. « L’isolationnisme n’était pas la réponse il y a 80 ans et ce n’est toujours pas la réponse aujourd’hui. Nous connaissons les forces du Mal et elles sont toujours là, lance Joe Biden. L’agression, la jalousie, la volonté de puissance sont sans fin. En Europe, nous en voyons un exemple particulièrement frappant. L’agression russe a causé de lourdes pertes à l’Ukraine. Nous ne détournerons pas le regard ! Si nous détournons le regard, l’Ukraine tombera sous le joug russe, martèle Joe Biden. C’est une agression illégale qui s’y déroule, nous ne pouvons pas nous abaisser devant des dictateurs, des harceleurs. Si nous le faisions, ce serait oublié ce qu’il s’est passé ici, il y a 80 ans. Nous continuerons à défendre l’Ukraine pour la liberté. » Le président américain a ensuite affirmé que  » la démocratie n’est jamais garantie, chaque génération doit la préserver, la défendre et se battre pour elle ».

    Enfin la sonnerie française aux Morts résonna dans le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, suivie par la sonnerie américaine « Taps ». Puis, 21 coups de canon furent tirés juste au-dessus d’Omaha Beach, en mémoire des disparus du 6 juin 1944. Ils sonnèrent aussi la fin de cette cérémonie franco-américaine.

    Franck Riester et le Roi du Danemark

    La cérémonie au monument danois s’est déroulée à Utah Beach en début d’après-midi ce jeudi. Le roi du Danemark, Frederik X, était présent, aux côtés de Franck Riester, ministre délégué, chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger. Un ministre à l’emploi du temps, surchargé, la veille, il était en train de convaincre les députés de suivre les sénateurs en adoptant la proposition de loi visant à poursuivre la dématérialisation de l’état civil. Nous le recevrons lundi (10 juin 2024) dans une interview exclusive où nous évoquerons les conséquences concrètes de ce texte pour tous les Français de l’étranger.

    La cérémonie internationale

    En fin d’après-midi, la cérémonie de ce 6 juin réunissant les 24 chefs d’Etats s’est ouverte. Emmanuel Macron y a accueilli, en compagnie de son épouse Brigitte Macron, Joe Biden, le président ukrainien Volodymyr Zelensky ou encore Charles Michel, le Président du Conseil Européen, et Sergio Mattarella, le président de la République italienne. Le prince Albert de Monaco, le roi des Belges, celui des Pays-Bas, celui de Norvège, ou encore le roi du Danemark étaient aussi présents. Rappelons que la Russie n’a pas été invitée à ces commémorations du 80e anniversaire du Débarquement tandis que le chef d’État ukrainien et son épouse furent très très applaudis par les invités présents.

    Cette cérémonie internationale fut très poétique avec la lecture d’une lettre du front écrite par un résistant français, puis l’interprétation par la Maitrise Populaire de l’Opéra-Comique de « Trois beaux oiseaux du Paradis », de Maurice Ravel et l’interprétation d’une autre musique de Maurice Ravel par le pianiste Alexandre Tharaud. Puis le Bagad de Lann-Bihoué a interprété « Entre Terre et Mer », alors que des parachutistes de la 11e brigade parachutistes volaient dans le ciel au-dessus d’Omaha Beach. L’émotion fut vive quand le Choeur de l’Armée française a interprété le chant des GI américains de la Seconde Guerre mondiale « Blood on the risers ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.06.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.06.24

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 07 juin, vous êtes toujours plus nombreux à nous écouter merci à vous ! Hier jeudi 06 juin, les 80 ans du débarquement ont été célébrés en Normandie, nous y consacrons ce flash quotidien des expatriés. Dans nos titres : Retour sur Omaha Beach – Américains et expatriés en France – Les comités de la France libre à l’étranger

    Une cérémonie internationale à Omaha Beach

    La journée fut chargée pour Emmmanuel Macron, il participa à de nombreuses cérémonies, avec le roi Charles III, Joe Biden, le Chancelier allemand et bien d’autres. Les 24 chefs d’Etat présents se sont retrouvés en fin de journée à Omaha Beach, principale plage ensanglantée le jour J. Notons que la Russie n’a pas été invitée à ces commémorations du 80e anniversaire du Débarquement mais que le chef d’État ukrainien et son épouse furent très très applaudis par les invités présents à leur arrivée. Cette cérémonie internationale fut très poétique avec la lecture d’une lettre du front écrite par un résistant français, puis l’interprétation par la Maitrise Populaire de l’Opéra-Comique de « Trois beaux oiseaux du Paradis », de Maurice Ravel et l’interprétation d’une autre musique de Maurice Ravel par le pianiste Alexandre Tharaud. Puis le Bagad de Lann-Bihoué a interprété « Entre Terre et Mer », alors que des parachutistes de la 11e brigade parachutistes volaient dans le ciel au-dessus d’Omaha Beach. L’émotion fut vive quand le Choeur de l’Armée française a interprété le chant des GI américains de la Seconde Guerre mondiale « Blood on the risers ».

    Jeu de miroirs avec Amy Parker

    À l’occasion de la visite du chef d’Etat américain, nous avons rencontré Amy Parker qui pilote les sections françaises du parti Démocrate (celui de Joe Biden) en France. L’occasion pour nous pour découvrir la vie des expatriés américains en France. Une vie d’Emily in Paris ? Réponse dans le podcast disponible sur toutes les plateformes de streaming et sur le site Lesfrancais.press

    Emily in Paris

    La France libre à l’étranger

    Enfin, on ne pouvait conclure cette édition spéciale consacrée aux premières heures de la libération du continent européen du joug nazi sans évoquer les comités de la France libre à l’étranger. On les connaît peu, pourtant ils furent installés partout, ils génèrent Vichy, au point que la nationalité leur fut retirée aux membres de ces sections. Mais les résistants ont continué le combat, on créait des passeports France Libre, les ont fait reconnaître puis sont allés chercher des fonds pour financer les combats sur le sol national. Une histoire oubliée que vous pourrez découvrir dans l’article dédié sur le site Lesfrancais.press.

    comités de la France Libre à l'étranger

    C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger. Bon week-end où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Loin d’Emily in Paris, l’autre regard d’une Américaine sur la France

    Loin d’Emily in Paris, l’autre regard d’une Américaine sur la France

    Écouter l’interview d’Amy Porter

    Nous commémorons cette semaine le 80eme anniversaire du débarquement allié en Normandie. Le président Joe Biden est arrivé sur notre territoire pour participer aux différents événements organisés à cette occasion. Les Etats-Unis sont ainsi mis à l’honneur. Pour savoir ce que pensent les Américains de notre pays, Lesfrancais.press a interrogé une de ses représentantes. Amy Porter vit dans l’hexagone depuis plusieurs années. Elle est la porte-parole du parti démocrate en France. 

    De la seconde guerre mondiale à la gastronomie, en passant par la présidentielle aux Etats-Unis

    Dans ce podcast, elle nous parle de son histoire familiale avec la seconde guerre mondiale et de son lien avec les Français. Amy partage aussi sa vision de la politique en France et évoque pour nous les prochaines élections présidentielles au pays de l’oncle Sam. Enfin, elle parle de gastronomie et de son expérience avec les cuisses de grenouille ! 

    Un papa qui a participé aux opérations du débarquement en Normandie

    Arrivée en France en 1987, Amy Porter s’est tournée vers notre pays grâce à un « professeur de français formidable au lycée » alors qu’elle résidait à Miami. Cette personne a changé « le destin de ma vie » nous confie-t-elle. En ces jours de célébration du D-DAY, elle se sent particulièrement fière d’être (franco) américaine. D’autant plus que le père de notre invitée a participé au débarquement. Quel a été son rôle et comment a-t-il été tenu au secret d’Overlord ? Vous le saurez en écoutant l’interview.

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    Expatriés Américains en France : les conseils d’installation

    Résidante à Paris depuis plusieurs années, Amy Porter parle de sa relation au quotidien avec nos compatriotes. Elle constate qu’« Avec la nouvelle génération, les Français sont plus ouverts à d’autres langues ».  « On est mieux reçu qu’il y a trente ans » ajoute-t-elle. Forte de son expérience, elle donne des conseils aux Américains qui souhaiteraient venir s’installer en France : administration, compte bancaire, … Un mot d’ordre : « Il faut avoir beaucoup de patience… ». Amy donne une autre astuce pour aider les expatriés de son pays à s’installer dans l’hexagone. Vous la découvrirez en cliquant sur le lien du podcast. 

    La différence avec les Etats-Unis, en France les partis politiques sont nombreux !

    Amy Porter est engagée au sein du parti démocrate de Joe Biden. Elle aime défendre des idées et débattre. Elle milite auprès de ses compatriotes en faveur de ses candidats. C’est donc avec un œil aguerri qu’elle observe – et participe – à la vie politique en France. Quelle grande différence perçoit-elle entre ces deux pays ? La principale « c’est le nombre de partis en France par rapport aux Etats-Unis » ! Est-ce la seule ? 

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    Joe Biden en France

    Une élection présidentielle américaine « étrange »

    En tant que porte-parole de son parti en France, Amy est très impliquée dans l’organisation de l’élection présidentielle américaine qui s’ouvre. À des milliers de miles de Washington, elle trouve que cette fois-ci, la campagne « est un peu étrange ». Elle nous explique pourquoi. Elle décrypte aussi la condamnation de Donald Trump au pénal et l’image véhiculée par l’ancien président. Amy Porter nous livre aussi son pronostic : « je suis à contre-courant » nous dit-elle. Écoutez son podcast pour savoir ce qui la distingue de l’avis des principaux analystes. 

    Le mélange culinaire des cultures : hamburger ou escargots ? Ou les deux ?

    Pour conclure cette interview, l’alimentation s’insère dans l’échange. Cheeseburger ou cuisses de grenouilles ? Au fil du temps, la chargée de communication du parti démocrate en France est aussi devenue une véritable porte-parole de la gastronomie française à l’étranger !  

  • Les comités de la France Libre à l’étranger

    Les comités de la France Libre à l’étranger

    Parmi les Français résidant à l’étranger, un sursaut d’espoir avait entraîné les cœurs, lorsque les anciens combattants de 1914-1918 avaient vu revenir, aux postes de commandement, ceux qu’ils avaient suivis pendant la Grande Guerre. Mais d’autres Français de l’étranger, qui, entendant le Général de Gaulle, reconnurent ce que, pendant des jours d’angoisse, ils avaient attendu avec impatience : la voix de la France. Ils créèrent les comités de la France Libre à l’étranger. C’est cette histoire, en ce jour de commémoration des 80 ans du Débarquement en Normandie, que nous avons décidé de vous conter.

    Des comités créés spontanément

    Fort éloignés de la métropole, ils ne pourraient croire au déroulement des événements tel qu’il leur apparaissait au travers des dépêches d’agence ou des communiqués officiels. Ils n’envisageaient qu’une chose : un brusque retour de fortune pour nos armées et c’est pourquoi, d’un peu partout dans le monde, de Mexico, de Rio-de-Janeiro, de Manille, des télégrammes pressants étaient envoyés au Président Lebrun, à M. Paul Reynaud, au Général Noguès, au Maroc, au Général Mittelhauser en Moyen-Orient, voire au Comte de Paris.

    Mais le sursaut est venu de l’appel du 18 juin. Ainsi en Australie, aux Philippines, en Chine, au Japon, aux Indes, en Afrique, en Angleterre, en Turquie, aux États-Unis, au Canada, dans les pays d’Amérique Centrale, dans ceux de l’Amérique du Sud, partout, prolongeant l’appel et l’action du Général de Gaulle, une opinion publique française se fait entendre. Elle repousse Vichy, fait connaître son adhésion à la politique du Général de Gaulle qui « invite tous les Français qui veulent rester libres à l’écouter et à le suivre ». (Londres 22/6/40).

    « Les « Comités de Gaulle », « Comités des Français Libres », « Association France quand même » naissent spontanément partout sans instructions, sans plans, sans ordres ; ceux qui les créent, généralement des commerçants ou des techniciens, détachés de la politique par leur longue absence, sentent confusément qu’en ces jours où l’État abdique, il appartient aux citoyens de s’unir pour reprendre de ses mains débiles, le destin de la Patrie. De Benoist en Égypte, Guéritte et Semet à Londres, Eugène Houdry aux États-Unis, Georges Pinson au Mexique, Piraud au Chili, Prévosteau en Colombie, Albert Guérin en Argentine, Robert Seidner en Amérique Centrale, et combien d’autres dans le monde entier, groupèrent leurs compatriotes, sans attendre de personne, ni directives, ni moyens ».

    J. Soustelle: « Envers et Contre Tout ». Tome l, page 67
    Forces libres au Gabon en 1942 ©SIPA

    Des voix libres

    Rapidement, se précise le rôle de ces Comités qui resteront dans l’histoire comme une des plus originales et des plus fécondes créations de l’élan donné par l’appel du 18 juin.

    Du jour au lendemain, sans aucune préparation, des femmes et hommes devinrent des propagandistes bénévoles pour sauver l’honneur de la Patrie. Partout des contacts furent pris avec la presse ; dans chaque pays, des amis fidèles mirent leur plume et leur talent au service de la France captive : des bulletins de propagande furent créés pour être prêts à faire connaître les exploits de nos armées et l’action de la Résistance intérieure dès qu’ils se seront manifestés.

    Mais d’autres tâches incombèrent rapidement aux Comités de l’étranger :

    • Le recrutement et l’envoi de volontaires aux armées de la F. L.
    • Le maintien – puis le développement – des positions françaises sur le plan culturel en assurant le bon fonctionnement des écoles de l’Alliance française ou des établissements d’enseignement.
    • La collecte des sommes destinées à alimenter ces diverses activités, le surplus – c’est-à-dire la plus grande partie – étant envoyé à Londres au Général de Gaulle.
    FDERESITANCE01

    « Les manifestations se multiplient, témoignant du puissant mouvement de solidarité et d’unité française qui portent tous les Français résidant à l’étranger, et encore libres, à se grouper et à rejoindre les Forces Françaises Libres. Pendant le mois de février, les dons en espèce reçus par le Général de Gaulle des divers comités étrangers s’élèvent à plus de deux millions de francs. Il existe quarante-deux Comités France Libre à l’étranger, l’un des plus importants étant celui de Buenos-Aires dont le bulletin tire à cent dix mille exemplaires ».

    Mémoires du Général de Gaulle. Tome I, page 337

    Parmi les médias, on notera la mobilisation du Courrier australien, le vénérable ancêtre de tous les médias dédiés aux expatriés français, qui officiait déjà comme il le fait toujours. Ci-dessous, vous trouverez un extrait datant du 1er octobre 1943 ci-dessous.

    Bien que la France ait été envahie en 1940 et ait depuis vécu toutes les misères de l’occupation par un ennemi brutal, la dette du monde civilisé envers sa culture ancienne et durable est si multiple qu’une affirmation de notre foi dans le destin de la France est le moins que nous puissions offrir à ces innombrables Français loyaux et courageux qui, tant dans leur patrie qu’au-delà des mers, Ils ont, au risque de sacrifices que peu peuvent concevoir, continué à résister aux forces de la tyrannie, et partagent donc le plus vaillamment dans l’effort des Nations Unies. Nous ne pouvons pas nous permettre d’oublier que depuis plus de mille ans, la France a pour mission d’éduquer le monde, à la fois en tant que leader dans les arts de la civilisation et en tant que défenseur de la dignité humaine. Elle a donné au monde certains de ses plus grands philosophes et hommes de science, et a gardé son prestige suprême dans l’art et la littérature. Il a été bien dit par une grande autorité britannique que « dans la lucidité et la cohérence logique de son interprétation de la vie, elle n’a pas de rival. » Comme elle a été dans le passé un grand représentant de la pensée libérale dans le domaine des sciences sociales, elle sera demain une grande interprète des quatre libertés par lesquelles le monde vivra. La civilisation est un processus continu, et si la France ne continuait pas à jouer dans le monde d’après-guerre son rôle historique parmi les nations, l’humanité subirait une perte irréparable. Une France forte, restaurée, créative, protégée contre l’agression matérielle de ses ennemis, est indispensable à la solidarité de l’humanité civilisée. La France a souvent été dans l’ombre et s’est toujours relevée. La France s’élève. Ce doit être l’effort éclairé de l’Australie après la guerre d’établir les relations culturelles les plus étroites avec la France et de partager les avantages spirituels et intellectuels qui caractérisent sa civilisation.

    Le Courrier australien le 1er octobre 1943

    Ainsi grâce à un effort de propagande intense mené par les bulletins périodiques, les publications, les émissions de radio, les comités centraux de la France Libre secondés par leurs comités locaux, démontrèrent dans le monde entier que, lorsqu’elle avait la possibilité de s’exprimer librement, l’opinion française rejetait Vichy, et répondait à l’appel du général de Gaulle.

    Il en résulta que l’opinion publique étrangère se modifia à l’égard de notre pays : méprisant Vichy, elle comprenait que le peuple de France ne pouvait être tenu responsable des actes d’un gouvernement qui lui était imposé ; approuvant l’action du général de Gaulle, elle reconnaissait en lui celui qui avait sauvé l’honneur de la France en la maintenant dans la guerre.

    Tout cela n’alla pas sans entraîner de vives réactions de Vichy, et même de la part de l’ennemi qui protesta en novembre 1940 à la Commission d’armistice de Wiesbaden, contre les activités de comités en Amérique.

    Déchéance de nationalité

    Le régime de Pétain ne tarda pas à réagir en publiant une loi le 28 février 1941. Celle-ci indique que « la déchéance de la nationalité française pourra être désormais prononcée contre tout Français habitant l’étranger ou y résidant provisoirement, qui, par ses discours, par ses écrits ou par ses actes, aura trahi les devoirs que lui imposait la qualité de membre de la communauté nationale.« 

    Mais, là comme ailleurs, les menaces furent sans effet, les décrets de déchéance signés par Vichy ne ralentirent pas l’ardeur des membres des Comités de la France Libre, qui se trouvaient, du fait de leur dénationalisation, dépourvus de toute représentation diplomatique. En attendant que le C.N.F. de Londres ait pu organiser la sienne ils décidèrent d’assumer de nouvelles activités relevant plus du domaine de diplomates de carrière que de volontaires.

    Petit à petit, les passeports de la F.L étaient reconnus par un nombre grandissant d’États qui entraient en relation avec le C.N.F. de Londres, lequel, organisant sa représentation diplomatique avec des fonctionnaires de carrière, fit paraître les décrets établissant :

    1°) Les attributions des Comités et celles des représentants diplomatiques. (Décret n° 219).

    2°) La liste des Comités de la F.L. à l’étranger. (Décret n° 349).

    Ces décrets parurent au J.O. de la France Libre, les 12 mai et 28 août 1942.

    Jusqu’à la mort

    Ces Comités des Français de l’étranger sont souvent oubliés pourtant ils ont bien existé, ils ont accompli leur mission jusqu’au jour où leurs membres ont été arrêtés, jetés en prison et torturés par l’ennemi, comme en font état les récits reproduits plus loin.

    Dans les limites de leurs attributions, telles qu’elles avaient été définies par le décret n° 219 de la France Libre, les Comités de la France à l’Étranger poursuivirent leur action jusqu’à la réorganisation complète des services diplomatiques et d’information, après la libération de la France et la cessation des hostilités.

    Puis, leur raison d’être ayant disparu, ils envoyèrent aux œuvres d’assistance le reliquat disponible de leur encaisse et prononcèrent eux-mêmes leur dissolution, gardant la fierté d’avoir été, pendant les années d’épreuves, « le foyer, la flamme, la ferveur de l’opinion française proprement dite, et aussi des amitiés françaises dans le monde ». Souvenons-nous d’eux !

  • Les limites des politiques familiales

    Les limites des politiques familiales

    En 1994, le taux de fécondité était de 1,7 enfant par femme. Les autorités escomptaient alors le maintien de ce taux de fécondité grâce au développement des grossesses tardives, au-delà de 35 ans. 

    En 2024, le taux de fécondité est tombé à 0,7 en Corée du Sud, un des plus faibles au monde. Depuis 2006, l’État coréen a dépensé plus de 270 milliards de dollars, soit un peu plus de 1% du PIB par an, pour encourager la procréation d’enfants. Toutes les mesures prises n’ont eu aucun effet sur le taux de natalité qui continue de baisser. La Corée du Sud est le cas extrême d’un phénomène général. 

    Tous les pays occidentaux, à l’exception d’Israël, connaissent un mouvement de repli de la natalité. Ce dernier est devenu un sujet politique comme en témoigne la prise de position d’Emmanuel Macron qui réclame un « réarmement démographique ». Le fondateur de Tesla, Elon Musk, souligne de son côté que la civilisation humaine est menacée d’extinction.

    Presque tous les pays riches envisagent donc l’augmentation de leurs efforts en faveur de la natalité. 

    Le déclin démographique rime avec celui de la croissance. Il s’accompagne de la multiplication des tensions sociales et politiques. Presque tous les pays riches envisagent donc l’augmentation de leurs efforts en faveur de la natalité tout comme de nombreux pays à revenu intermédiaire. 

    Le candidat Donald Trump promet « des primes pour un nouveau baby-boom » s’il est réélu en novembre. La Chine, connue depuis longtemps pour sa politique de l’enfant unique, propose des aides pour la garde d’enfants et des allègements fiscaux afin d’encourager les parents à avoir trois enfants. La Norvège offre aux mères près d’un an de congé, avec des revenus avant la naissance de l’enfant fournis par l’État, ainsi que de nombreux services de garde d’enfants. 

    Avec la Suède et le Danemark, la France est l’un des pays de l’OCDE dont le poids des aides en faveur des familles au sein du PIB est le plus important. Il se situe depuis vingt ans entre 3,5 et 4 % du PIB par an. La palette des dispositifs est une des plus large au monde. Pourtant en 2023, jamais le pays n’avait enregistré un aussi faible nombre de naissances depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Le lien entre dépenses en faveur des familles et naissances est ténu.  

    Le lien entre dépenses en faveur des familles et naissances est ténu. En Europe du Nord, les mesures de soutien, mises en œuvre dans les années 1980, ont eu un effet à court terme. Les familles s’habituent aux prestations qui au fur et à mesure perdent leur rôle d’incitation aux naissances. Elles peuvent même aboutir à la réduction de leur nombre. 

    Des études ont ainsi souligné que l’allongement du congé de maternité incite les femmes à retarder la naissance de leur premier enfant et à en avoir moins au cours de leur vie. Ces études soulignent que les couples hétérosexuels dans lesquels un homme prend un congé de paternité sont moins susceptibles d’avoir un autre enfant. D’autres études indiquent que les aides génèrent des effets d’aubaine. Elles profitent à des parents qui, de toute façon, avaient décidé d’avoir des enfants. Le coût public de chaque nouvel enfant s’accroît. En Israël, le coût de la politique familiale par enfant atteindrait plus d’un million. En dix ans, en France, ce coût aurait été multiplié par deux.

    La baisse de la fécondité concerne essentiellement les jeunes femmes. Aux États-Unis, le nombre de naissances chez les femmes de 20 à 24 ans a été divisé par plus de deux de 1990 à 2023. Il a diminué de 33 % pour celles de 25 à 29 ans comme pour celles de 30 à 34 ans. Il a, en revanche, légèrement augmenté pour les femmes âgées de 35 à 44 ans. Par ailleurs, il y a une quasi-disparition des naissances entre 16 et 19 ans. Au Royaume-Uni les femmes nées en 2000 ont eu deux fois moins d’enfants avant l’âge de 20 ans que celles nées en 1990.

    Au sein de l’OCDE, le souhait des femmes est d’avoir 2 enfants mais dans les faits, une sur deux se contente d’un enfant.  

    Les femmes désirent moins d’enfants qu’auparavant et l’écart entre les intentions et la réalité tend à s’accroître. Au sein de l’OCDE, le souhait des femmes est d’avoir 2 enfants mais dans les faits, une sur deux se contente d’un enfant. Les pouvoirs publics tentent d’aider les femmes les plus jeunes à avoir des enfants. 

    En Chine, la province du Zhejiang, située à la frontière orientale de la Chine, offre aux nouveaux mariés une somme forfaitaire, mais à condition que la mariée ait moins de 25 ans. En Russie, les femmes qui ont un enfant avant l’âge de 25 ans sont exonérées d’impôt sur le revenu. La Hongrie offre un avantage similaire aux mères qui ont leur premier enfant avant 30 ans. 

    D’autres pays ciblent les familles à revenus modestes. La ville de Flint, dans le Michigan, accorde à chaque femme 7 500 dollars, distribués en plusieurs fois, à partir du moment où elle tombe enceinte jusqu’au premier anniversaire de son enfant. Cette aide peut représenter jusqu’à 75 % des revenus du ménage. L’objectif poursuivi par les pouvoirs publics était de réduire les avortements motivés par la faiblesse des revenus des mères. Les femmes bénéficiaires de cette aide ont souligné qu’elle était insuffisante au vu des dépenses liées à l’arrivée d’un enfant, évaluées à 20 000 dollars.

    Développer les crèches ainsi que les mesures de soutien aux ménages modestes 

    Aux États-Unis, les politiques pro natalistes ne sont pas sans lien avec la volonté de certains élus de vouloir remettre en cause le droit à l’avortement. Des associations s’opposent aux mesures d’incitation à la procréation destinées aux jeunes femmes ou aux familles modestes en soulignant que les enfants qui en sont issues sont ceux qui ont le plus de problèmes de santé et qui rencontrent les difficultés les plus importantes au niveau scolaire.

    Les études européennes comme américaines soulignent que les politiques familiales ont des effets limités sur le taux de fécondité et de natalité surtout sur le moyen et le long terme. Afin d’assurer l’égalité des revenus entre hommes et femmes, il apparaît nécessaire de développer les crèches ainsi que les mesures de soutien aux ménages modestes, mais cela n’induit pas un changement des comportements qui dépendent de facteurs autres que purement financiers.

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