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  • Dissolution : les enjeux dans les 11 circonscriptions des Français de l’étranger 

    Dissolution : les enjeux dans les 11 circonscriptions des Français de l’étranger 

    En quelques secondes hier soir Emmanuel Macron a dissous deux choses : l’Assemblée nationale et le débat sur l’Union européenne en France. Il a effacé le Parlement européen d’un mot pour polariser l’attention sur la vie politique française avec la convocation des élections législatives fin juin et début juillet. Les 11 circonscriptions des Français de l’étranger sont évidemment concernées.

    Sur le territoire national, des questions sur l’organisation de ce scrutin se posent. Pour les circonscriptions des Français à l’étranger, les interrogations se multiplient. Comment notre diaspora hors de France pourra-t-elle voter ? Comment les motiver si des obstacles administratifs se dressent devant eux sur le chemin des urnes ?

    Européennes 2024 : une mobilisation plus faible chez les Français de l’étranger

    Le week-end dernier les expatriés se sont moins mobilisés pour le scrutin européen qu’en 2019. 17.35 % au total contre 18.36 % pour les européennes d’il y a cinq ans. Stéphane Vojetta, député sortant de la 5eme circonscription des Français établis hors de France nous partage son constat tout en se projetant sur la législative qui arrive :

    Retour aux urnes électroniques et physiques pour les (quasi) 1.5 millions d’électeurs expatriés. Reprogrammer des élections à l’étranger est aussi un casse-tête pour les consulats et ambassades. Ces derniers doivent à nouveau trouver des lieux d’accueil en peu de temps. Les espaces loués pour le 9 juin seront-ils encore libres pour le 30 juin et le 7 juillet ?

    Impossible n’est pas français…le vote se fera. Quel sera alors le choix des électeurs ? Qui sont les parlementaires sortants et lesquels vont résister à cette élection soudaine ?

    Le RN ne convainc pas les expatriés

    Chez les expatriés le Rassemblement national ne convainc pas. Au scrutin européen de dimanche dernier, il a obtenu 8.30 % des suffrages (contre 31,37% au global). Les Français de l’étranger ne sont pas séduits par le discours de Marine Le Pen et Jordan Bardella. La gauche réunie et la majorité présidentielle tirent leur épinglent du jeu auprès des électeurs vivant hors de France. Le parti LR se positionne un peu plus en retrait. Fort de ce constat, quelles sont les tendances qui se dégagent pour le scrutin qui arrive ? 

    Les 11 circonscriptions des Français établis hors de France à la loupe

    La première circonscription des Français établis hors de France est celle qui rassemble les Etats-Unis et le Canada. C’est actuellement Christopher Weissberg qui siège à l’Assemblée nationale au sein du groupe Renaissance. Mais en tant que suppléant. Le titulaire du poste est en effet l’actuel Ministre délégué à l’industrie et à l’énergie Roland Lescure. Le duo sera-t-il reconstitué ? En 2022, la candidate de la Nupes, Florence Roger avait dépassé les 44 % au second tour. La gauche sera-t-elle unie ? C’est un des enjeux de ce scrutin.

    Pour l’Amérique du Sud et les Caraïbes, Eléonore Caroit, députée sortante membre du groupe Renaissance commence à être habituée. Ce sera sa troisième campagne en deux ans. « Jamais deux sans trois » nous dit-elle à notre micro, partageant également sa réaction à la décision du Chef de l’Etat de dissoudre une des chambres.

    Une gauche rassemblée pourrait-elle créer la surprise ? Une élection n’est jamais gagnée à l’avance. Le candidat des LR, Bertrand Dupont qui avait obtenu plus de 12 % des suffrages au premier tour en 2022 pourrait aussi venir perturber la candidate d’Emmanuel Macron. Dans une telle élection, un bilan peut-il être un argument de campagne ? Cette question se pose aussi tant le délai avant le premier tour est très court.

    Les législatives, une élection à deux tours 

    Du côté de la troisième circonscription, regroupant le Royaume-Uni et l’Europe du nord, c’est Alexandre Holroyd le titulaire sortant. Il siégeait au groupe Renaissance. Ce dimanche la liste menée par Valérie Hayer est arrivée en tête (26,74 %) sur ses terres. Mais l’addition des voix dites de gauche R. Glucksmann (22,38 %), M. Toussaint (16,17 %) et M. Aubry (11,25 %) laisse supposer une élection plus serrée quand 2022. N’oublions cependant pas que l’élection européenne est un scrutin sur un seul jour, alors qu’aux législatives l’élection se déroule sur deux tours. Les reports de voix n’étant pas souvent automatique entre les courants politiques.

    Au Bénélux, le sortant Pieyre-Alexandre Anglade s’est impliqué dans l’élection européenne comme directeur de campagne de la liste Besoin d’Europe. La page a peine retournée du scrutin de dimanche que sa concurrente de gauche, Cécilia Gondard est déjà dans les starting-blocks. Plus de dix points séparaient ces deux personnes au deuxième tour en 2022, en sera-t-il de même début juillet dans le cas d’un match retour ?

    Des dissidences politiques impossibles ? 

    Pour la 5eme circonscription (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco, Stéphane Vojetta s’est déjà déclaré candidat dans une vidéo postée sur son compte Instagram. Membre apparenté du groupe Renaissance, il avait dû partir en dissidence en 2022 contre un candidat imposé par l’Elysée, Manuel Valls. La concurrence dans son camp devrait être moindre cette fois-ci. Son principal concurrent, membre des écologistes, Renaud Le Berre ne s’est pas encore prononcé. Du côté des LR, Laurent Goater, président du conseil consulaire des Français du Portugal sera-t-il investi ?

    Ce qui avait été possible en 2022 pour Stéphane Vojetta ne devrait pas se reproduire pour ce scrutin en 2024. En effet, sur les onze circonscriptions des Français de l’étranger, les candidatures dissidentes, celles qui vont à l’encontre des choix des partis politiques, semblent quasi impossibles. Les raisons sont principalement dues aux circonstances de cette dissolution et à la date programmée de l’élection législative.

    En Suisse et au Liechtenstein, Marc Ferracci se représente également. Le député sortant de la 6eme circonscription des Français établis hors de France est un proche d’Emmanuel Macron. Était-il dans la confidence de la dissolution ? En 2022, il a devancé de près de trente points sa concurrente de la Nupes, Magali Mangin. La situation politique en juin 2024 permettra-t-elle de rebattre les cartes ? Ce serait un coup de tonnerre.

    Vers des accords entre le PS et LFI chez les Français de l’étranger ?

    Frédéric Petit est membre du Modem. Il représentait à l’Assemblée nationale les Français de la septième circonscription des expatriés. Ceux vivants en Allemagne, en Europe centrale et dans les Balkans. En 2022, sa concurrente Asma Rharmaoui-Claquin portait les couleurs de la Nupes. Elle était présente sur la liste de Manon Aubry (LFI) aux européennes de 2024 qui a recueilli 11,91 % des voix. Circonscription dans laquelle Valerie Hayer est arrivée en tête avec 23,06 %, talonnée par Raphaël Glucksmann avec 21,43 %. Au regard de ce résultat, le PS pourrait réclamer l’investiture à la France insoumise, ou partir en concurrence à gauche.

    Dans la huitième circonscription qui regroupe notamment l’Italie, la Grèce, La Turquie et Israël, Meyer Habib est député depuis 2013. Il est apparenté au groupe LR. Pour les européennes il a appelé à voter pour la liste de François-Xavier Bellamy. Le candidat Les républicains a fait ses meilleurs scores sur le territoire du parlementaire sortant. La liste de la droite a ainsi obtenu 35,34 % des voix en Israël et 22, 13 % dans cette circonscription (contre 8.28% en score national). Au nom de l’arc républicain, la majorité présidentielle sortante présentera-t-elle ou pas un candidat contre Meyer Habib ? 

    Generation.s détient la 9eme circonscription avec son député sortant Karim Ben Cheïkh. Les Français du Magreb et de l’Afrique de l’Ouest avaient accordé en 2022 sa confiance à l’ancien consul face à Elisabeth Moreno, alors ministre du gouvernement de Jean Castex. Dans cette région, la tête de liste LFI aux européennes de 2024 Manon Aubry a obtenu 41,39 % des suffrages contre 13,47 % à Raphaël Glucksmann. La position de Jean-Luc Melenchon et de ses soutiens sur Gaza peut-être un élément explicatif de ce score. Il n’y aura pas de primaire ouverte à gauche. Le député sortant sera le candidat unique du nouveau Front Populaire.

    Un vote sanction envers le Président de la République plus qu’un autre choix politique ?

    La 10eme circonscription comprend la diaspora française résidant au Moyen-Orient et dans une partie de l’Afrique. C’est Amélia Lakrafi qui les représente à l’Assemblée nationale. Elle est membre de la majorité présidentielle sortante. Face à Chantal Moussa la candidate de la gauche réunie en 2022, la parlementaire sortante avait plus de 25 points d’avance. Les électeurs d’Emmanuel Macron resteront-ils mobilisés ?

    Enfin, Anne Genetet, du groupe Renaissance, est députée sortante de la 11eme circonscription. Son secteur géographique est sans doute le plus étendu de tous. Elle représente depuis 2017 les Français d’Asie, d’Océanie tout en passant par l’Ukraine, la Russie et l’Arménie pour ne citer qu’eux. Comment un concurrent ou concurrente de la responsable des Français de l’étranger du parti Renaissance pourrait-il/elle faire campagne en moins de 21 jours sur un tel territoire ? Sauf si les électeurs souhaitent avant tout rejeter la politique du Président de la République. C’est aussi l’enjeu plus large de ces élections législatives pour les Français de l’étranger. 

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 11.06.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 11.06.24

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mardi 11 juin, vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de cette édition : Les Français de l’étranger voteront le 30 juin – Les députés sortants inquiets – En France, le temps des alliances 

    Comme tous les Français

    Les expatriés voteront le 30 juin (le 29 pour ceux qui résident dans un pays situé sur les continents américains) avec tous leurs compatriotes. Une décision qui a été prise hier, lundi 10 juin, alors que jusqu’à présent l’usage était d’anticiper le vote d’une semaine afin de permettre aux urnes de rejoindre Paris et d’être officiellement comptabilisées. Les candidats doivent déposer leur dossier complet entre ce mercredi 12 juin et le dimanche 16 juin. Ils sont tous dans les starting-blocks. 

    Français de l’étranger 

    Les élus sortants pas si sereins 

    Des différents échanges que notre rédaction et les députés, il en ressort que les membres de la majorité s’inquiètent. Le grand danger pour eux, l’union de la gauche. Dans certaines circonscriptions, en cumulant les votes de LFR, du PS et des Ecologistes, la gauche est presque en capacité de gagner au premier tour. Mais cette union se fera-t-elle ? 

    Les 11 députés sortants

    Les manœuvres ont commencé 

    Dès ce lundi, les partis se sont réunis. D’un côté le RN et Reconquête qui cherchent un accord global pour ce scrutin. L’avantage est nettement dans le camp de Jordan Bardella, que peut obtenir le parti d’Eric Zemmour, on le saura dimanche au plus tard. À l’opposé de l’échiquier politique, LFI, les Ecolos et le PCF se sont réunis pour réinventer une NUPES. Mais cette fois sans le PS qui retrouve sa dynamique avec le score de Raphael Glucksmann, le rétablissant comme première force politique de gauche. 

    Les leaders de la NUPES en 2022 ©AFP

    C’est tout pour aujourd’hui. Passez une belle journée où que vous soyez. Et à demain pour un nouveau Flash quotidien des expatriés !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Élections législatives anticipées : quel scénario pour les Français de l’étranger ?

    Élections législatives anticipées : quel scénario pour les Français de l’étranger ?

    Les élections européennes ont vite été éclipsées en France par l’annonce d’Emmanuel Macron, le soir même du 09 juin, de la dissolution de l’Assemblée nationale. Les 11 députés qui représentaient les Français de l’étranger ne le sont donc plus. Une nouvelle élection aura lieu le 30 juin et le 07 juillet. Cependant de nombreuses questions se posent quant à l’organisation du scrutin pour les Français de l’étranger.

    Vote anticipé ?

    L’usage des précédentes élections était que les Français de l’étranger votent pour le premier tour une semaine avant nos compatriotes en France. Pourquoi ? Pour une simple raison pratique.

    Comme vous le savez, les urnes sont bien dépouillées sous la surveillance des scrutateurs et des membres de l’administration consulaires dans les bureaux de vote après la tenue du scrutin. Une fois toutes les enveloppes ouvertes et comptabilisées, les résultats sont transmis à la cellule commue du ministère des Affaires étrangères et de celui de l’Intérieur (en charge de l’organisation des scrutins). Pour autant, afin de valider, la qualification au second tour des candidats, l’ensemble du matériel électoral collecté par chaque section consulaire doit être envoyé via la valise diplomatique au bureau centralisateur situé place Beauvau à Paris.

    Pour permettre le transport des bulletins sereinement et ainsi confirmer les candidats présents au second tour, l’usage avait été pris de faire voter les Français de l’étranger une semaine avant l’hexagone. Ainsi, l’ensemble des compétiteurs pouvaient être annoncés simultanément.

    Mais dans cette élection anticipée, voter une semaine à l’avance, conduirait le gouvernement à tenir le premier tour dès le samedi 22 juin pour les Amériques et le 23 pour le reste du monde. Les délais semblent courts pour pouvoir installer des bureaux de vote aux 4 coins du monde. En effet, si certains sont dans les enceintes diplomatiques, dans les circonscriptions où les Français sont nombreux, l’administration consulaire louait des lieux externes. A Bruxelles, c’est ainsi dans un des palais du Parc d’exposition que les milliers d’électeurs ont dû se rendre pour les Européennes. Le bâtiment sera-t-il libre pour les deux tours ? Cette question, elle se pose aussi à Londres, New-York, Sidney, etc.

    Pour trancher, le ministère de l’intérieur et celui des Affaires étrangères se sont réunis ce lundi 10 juin. Et la réponse est tombée dans l’après-midi avec la publication du décret de convocation, c’est donc le 30 juin que les Français de l’étranger seront convoqués avec l’ensemble des électeurs français.

    Autre problème lié à une date si proche, le dépôt des candidatures qui doivent se faire à Paris en amont. Comment les candidats pourraient constituer les associations de financement, leur équipe, tout en se rendant à Paris, tout ça en quelques jours. Car ils doivent remplir l’ensemble des formalités entre ce mercredi 12 juin et dimanche 16 juin.

    Vote en ligne ?

    Autre interrogation, et non des moindres, concerne les modes de participations qui seront mis à disposition des expatriés. En effet, pour les élections législatives, les Français de l’étranger bénéficiaient de la possibilité de voter en ligne. Notons que dans le décret publié ce jour, la possibilité d’un vote en ligne a été inscrite. Le scrutin en ligne serait ouvert du mardi 25 juin à midi (heure de Paris) au jeudi 27 juin à midi (heure de Paris.)

    Mais est-ce techniquement possible pour ce scrutin ? Rien n’est moins sûr. La présidente de l’Assemblée des Français de l’étranger, Hélène Degryse (Pays-bas), s’est mobilisée dès hier soir sur les réseaux sociaux, mais aussi en prenant attache avec l’administration consulaire et son autorité de tutelle, Franck Riester.

    Hélène Degryse

    Cependant, si comme elle nous l’indiquait, un contrat lie toujours le prestataire et l’État pour l’organisation d’un tel vote, les obligations techniques risquent d’être un obstacle insurmontable. La réponse devrait être connue dans la semaine.

    Et de celle-ci dépendront le taux de participation et la légitimité des élus du 07 juillet. Car dans de nombreux pays, les bureaux de vote peuvent se situer à des heures de transports du lieu de domicile de l’électeur.

    La campagne officielle

    Pour finir, parlons de la campagne officielle. Celle-ci débutera le lundi 17 juin et se terminera le vendredi 28 juin à 23h59 pour le premier tour. Nous y participerons en vous proposant de découvrir les candidats et en donnant la parole aux députés sortants.

  • Élections générales en Belgique.

    Élections générales en Belgique.

    Un premier ministre en larmes : dimanche 9 juin, au siège de l’Open VLD, le parti libéral flamand, Alexander De Croo a évoqué la soirée « particulièrement difficile » que vivaient son parti et le gouvernement sortant, qu’il dirige depuis octobre 2020, au soir des élections législatives et régionales, qui étaient organisées en Belgique en même temps que les élections européennes. Les sept partis qui composaient la coalition qu’il pilote n’ont pas tous été sanctionnés, mais celui de M. De Croo a subi la défaite la plus lourde, avec un recul qui le renvoie au sixième rang des formations flamandes : il a obtenu 8,5 % des suffrages seulement (contre 13,1 % en 2019). Tom Ongena, le président de l’Open VLD, a annoncé sa démission dès la publication des résultats.

    En Flandre, les indépendantistes en tête

    La performance était difficile à digérer pour lui comme pour M. De Croo, un dirigeant qui aura maintenu, au fil de nombreuses crises, la cohésion d’une équipe surtout constituée, à l’époque, pour contrer les nationalistes de l’Alliance néo-flamande (NVA) et leur dirigeant et maire d’Anvers, Bart De Wever.

    Ce dernier a pris une revanche éclatante, dimanche, sur son rival libéral et sur l’extrême droite incarnée par le parti Vlaams Belang (VB, Intérêt flamand), qui croyait fermement à sa victoire. Faisant mentir tous les sondages parus depuis des mois, M. De Wever a maintenu son parti au premier rang en Flandre.

    Les précisions du correspondant de TV5MONDE à Bruxelles

  • Les 6 juin, l’histoire dans l’histoire 

    Les 6 juin, l’histoire dans l’histoire 

    Le débarquement allié du 6 juin 1944 ayant pour nom de code « Neptune » demeure, 80 ans après, la plus grande opération militaire de l’histoire par les effectifs mobilisés et la logistique nécessaire à son succès. 156 177 hommes (cinq divisions d’infanterie et trois divisions aéroportées) sont débarqués le jour J, dont 10 470 sont tués, blessés ou portés disparus, selon les chiffres du Mémorial de Caen

    Par mer, arrivent sur les côtes françaises 133 000 hommes dont 58 000 Américains, 54 000 Britanniques, 21 000 Canadiens et 177 Français (le commando Kieffer). 23 000 hommes sont mobilisés : 13 000 parachutistes américains sont largués sur le Cotentin et 10 000 Britanniques entre l’Orne et la Dives. Pour la seule journée du 6 juin, 11 500 appareils sont mobilisés et 11 912 tonnes de bombes sont déversées sur les défenses côtières allemandes. 6 939 navires sont engagés dans la bataille de Normandie dont les fameuses barges de débarquement. Pour garantir l’approvisionnement des armées, la flotte logistique compte à elle seule 736 navires auxiliaires et 864 navires marchands. Deux ports artificiels sont construits en pleine mer. Plus de 20 000 véhicules et un millier de chars sont débarqués.

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    Un rendez-vous international dont la portée dépasse le simple rappel des faits passés

    Le 80e anniversaire permet d’honorer les derniers survivants de cet évènement et constitue un rendez-vous international dont la portée dépasse le simple rappel des faits passés, comme le prouve la présence du Président ukrainien, Volodymyr Zelensky aux côtés des Présidents Joe Biden et Emmanuel Macron. Ont également participé à cet anniversaire le Roi d’Angleterre, Charles III, le prince William, le Chancelier allemand Olaf Scholz, le Président de la République italienne Sergio Mattarella, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, ainsi que les Premiers ministres Mette Frederiksen pour le Danemark, Luc Frieden pour le Luxembourg, Kyriakos Mitsotakis pour la Grèce, Jonas Gahr Store pour la Norvège et Mark Rutte pour les Pays-Bas, Zuzana Caputova, pour la Slovaquie, Andrzej Duda pour la Pologne, Petr Pavel pour la République tchèque. Henri, le grand-duc du Luxembourg, Albert II de Monaco, Willem-Alexander, Roi des Pays-Bas, Philippe, le roi des Belges et Frederik X, Roi du Danemark, ont assisté à la cérémonie. 

    La commémoration du 6 juin a fortement évolué dans le temps pour prendre au fil des années une signification de plus en plus diplomatique. Dans les années 1950 et 1960, le 6 juin était avant tout une affaire de militaires. Pour le dixième anniversaire, en 1954, le Président René Coty est néanmoins présent. Le film « le jour le plus long » sorti en salle en 1962 et scénarisant le débarquement contribue à populariser ce dernier. Ce film valorise les Alliés et leurs valeurs, en pleine période de guerre froide, avec l’URSS. Pour éviter de heurter la République fédérale, le film n’aborde pas le nazisme et se borne aux faits militaires.

    @Adobestock

    Les Gaullistes préféraient mettre en avant le 15 août, date du débarquement en Provence auquel ont participé des troupes françaises.

    Dans la geste gaulliste, le 6 juin est loin d’être encensée. Le Général de Gaulle en a toujours voulu à Winston Churchill et à Franklin D. Roosevelt de ne pas l’avoir tenu informé de la date du débarquement et de ne pas avoir réellement associé les soldats de la France Libre aux opérations à l’exception du Commando Kieffer qui avait été placé sous l’autorité des forces britanniques. Les Gaullistes préféraient mettre en avant le 18 juin, jour de l’Appel, le 15 août, date du débarquement en Provence auquel ont participé des troupes françaises, ou le 25 août, le jour de la libération de Paris. 

    L’occultation du 6 juin est à mettre au compte des mauvaises relations qu’entretenait le Général avec les autorités américaines. Malgré tout, en 1964, pour la première fois, en direct, la télévision française retransmet les cérémonies commémoratives. Vingt ans après le débarquement, pour la première fois transparaissent son importance et le rôle des Américains. Ce vingtième anniversaire se fit sans la présence du Président, Charles de Gaulle. 

    Le 6 juin 1974, le Président nouvellement élu, Valéry Giscard d’Estaing, ancien soldat de la 2e DB du général Leclerc, ne participe pas aux cérémonies. Il préfère se rendre sur les plages de Normandie avec Jimmy Carter, le 5 janvier 1978, en dehors de tout calendrier commémoratif. 

    Il faut attendre l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981 pour que les commémorations du 6 juin deviennent des évènements diplomatiques. En décembre 1983, la présidence de la République française décide de faire des cérémonies du 40e anniversaire du débarquement en Normandie un « sommet commémoratif international ». À compter de 1984, le 6 juin donne ainsi lieu à une mise en scène diplomatique visant à prouver au monde entier le rôle et le poids de la France. En 1984, Les Reines Beatrix des Pays-Bas et Elizabeth II d’Angleterre, les Rois Olav V de Norvège et Baudouin de Belgique, le Grand-duc Jean de Luxembourg et le Président américain Ronald Reagan sont présents aux côtés de François Mitterrand à Utah-Beach.

    Pour le 50e anniversaire, en 1994, la France accueille une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement 

    Pour la première fois de l’histoire des commémorations, un Président des États-Unis participe ainsi aux cérémonies. À noter que le 6 juin 1988, François Mitterrand, entouré de nombreux chefs d’État inaugure le Mémorial de la paix de Caen consacré en grande partie au débarquement, preuve de la volonté des pouvoirs publics d’intégrer cette date dans la mémoire collective. Pour le 50e anniversaire, en 1994, la France accueille une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, le Président américain Bill Clinton, la Reine d’Angleterre Elisabeth II, le Roi Albert II de Belgique, le Grand-duc de Luxembourg, le Roi Harald de Norvège, la Reine Beatrix des Pays-Bas, le Président polonais Lech Walesa, le Président tchèque Vaclav Havel, le Gouverneur général du Canada, ainsi que les Premiers ministres australien, belge, canadien, britannique, néo-zélandais et néerlandais. Malgré l’absence du chancelier, Helmut Kohl, la mémoire de tous les soldats tombés en Normandie sont honorés, y compris les Allemands. Dans son discours de clôture, François Mitterrand a rappelé que le Débarquement est avant tout le point de départ de la victoire de la liberté contre la barbarie et le nazisme, invitant implicitement à ne plus assimiler l’Allemagne et les Allemands à l’ennemi. Par ailleurs, le Président des États-Unis, Bill Clinton, a rendu hommage aux résistants français qui ont rendu possible le succès de l’opération.

    @Adobestock

    Gerhard Schröder fait l’accolade à Jacques Chirac au Mémorial de la Paix de Caen 

    En 2004, le 60e anniversaire est marqué par la participation, pour la première fois, du Président russe en la personne de Vladimir Poutine et du chancelier allemand Gerhard Schröder qui fait l’accolade au Président Jacques Chirac, non pas sur une plage du débarquement, mais au Mémorial de la Paix de Caen. 

    En 2014, pour le 70e anniversaire, la question ukrainienne est déjà au cœur des préoccupations des chefs d’État et de gouvernement présents en raison de l’invasion russe de la Crimée effectuée au cours du printemps. Pour la seconde fois et la dernière, Vladimir Poutine assiste aux cérémonies mais les relations avec les autres responsables politiques, et en particulier avec Barack Obama, sont glaciales. 

    En coulisse, François Hollande et Angela Merkel réussissent à réunir le président russe et le président ukrainien. Ainsi est créé le « format Normandie » (Ukraine, Russie, France, Allemagne réunie), un format qui se répète à de nombreuses reprises jusqu’en 2022 et l’invasion de l’Ukraine. 

    Au-delà des commémorations, les plages du débarquement sont devenues des hauts lieux du tourisme mémoriel. En 2023, près de 22 millions de personnes les ont visitées. Les étrangers représentent 44 % des visiteurs. Environ 3,2 millions étaient américains ou britanniques. Le troisième plus grand contingent étranger est constitué d’Allemands. Il convient de souligner qu’il existe six cimetières de guerre allemands en Normandie, dont le plus grand se trouve juste à l’intérieur des terres d’Omaha Beach, à La Cambe, contenant les corps et restes de plus de 21 000 soldats allemands. 

    Un symbole de liberté.

    Depuis l’ouverture du premier musée du Débarquement à Arromanches en 1954, le nombre de sites officiels consacrés à cet évènement atteint 123 selon l’Office du tourisme de Normandie. Avec le temps, les traces physiques du débarquement s’estompent en raison de l’érosion. En 2016, le sentier a été fermé entre Omaha Beach et le cimetière américain, un site époustouflant de croix blanches et de pins surplombant la mer. À l’ouest d’Omaha, à la Pointe du Hoc, où 200 Rangers américains ont escaladé les falaises, l’American Battle Monuments Commission a fermé et dévié des sentiers en raison de glissements de terrain et d’une forte fréquentation. Les caissons du port artificiel de la plage d’Arromanches disparaissent progressivement tout comme les bunkers. 

    Malgré la disparition des vestiges, l’engouement pour le 6 juin ne diminue pas car cette date est perçue, malgré les 20 000 civils et les dizaines de milliers de militaires tués, comme un symbole de liberté. Cette date marque surtout le retour de l’espoir après quatre années de guerre et d’occupation nazie ainsi que le sacrifice de milliers de soldats alliés.

  • Européennes : le RN envoie la plus importante délégation du Parlement européen

    Européennes : le RN envoie la plus importante délégation du Parlement européen

    Avec plus de 31 % des suffrages, selon les premières estimations, le Rassemblement national (RN) de Jordan Bardella remporte les élections européennes en France et devrait constituer la délégation la plus importante du Parlement.

    « Profites-en, ça arrive qu’une fois tous les cinq ans ça ! », crie un militant à sa compagne, en slalomant entre les convives et les journalistes, à la recherche d’une photo pour immortaliser une victoire historique.

    Le RN vient de faire un score inédit à une élection européenne. Double conséquence : le parti d’extrême droite envoie au Parlement européen la plus grande délégation de toute l’Europe et pousse le président Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale.

    En attendant des résultats définitifs, plus de 30 députés du RN devraient rejoindre le Parlement européen, sur les 81 sièges français à pourvoir, soit plus que les conservateurs allemands de la CDU/CSU, crédités de 29,5 % des suffrages, et qui devraient obtenir 29 sièges.

    « C’est canon ! », déclare à Euractiv l’eurodéputé RN non reconduit Jean-Lin Lacapelle. « Mais restons vigilants et attendons les résultats des grandes villes ».

    Dissolution de l’Assemblée nationale

    C’est la 3e fois consécutive que le RN remporte les élections européennes. Mais contrairement à 2014 (24,9 %) et à 2019 (23,3 %), un écart conséquent sépare le parti de Marine Le Pen de ses concurrents, en premier lieu de la liste Renaissance soutenue par le président français, qui atteint péniblement les 15 %.

    Un écart qui selon Jordan Bardella, «  traduit un désaveu cinglant et un rejet clair de la politique conduite par Emmanuel Macron  ». À la tribune, le président du RN a immédiatement demandé au président de prendre ses responsabilités et d’organiser de nouvelles élections législatives.

    Dans une allocution télévisée, ce dernier a peu après annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. Un scrutin anticipé sera donc organisé les 30 juin et 7 juillet prochains.

    La présidente du parti parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (G), prononce un discours à côté du chef Jordan Bardella (D) lors de la soirée électorale du parti de droite français Rassemblement national (RN) à Paris, France, le 9 juin 2024, après les premiers résultats des élections européennes. La liste du Rassemblement national, menée par le chef du parti Jordan Bardella, est donnée gagnante en France selon les premières estimations après les sondages. ©EPA-EFE/ANDRE PAIN

    Le meilleur score de l’histoire du RN

    Au Parlement européen, la victoire du RN «  acte déjà l’entrée dans une nouvelle époque  », veut croire le député Aurélien Lopez-Liguori.

    En constituant la plus grande délégation du Parlement, le RN forme également la délégation d’extrême droite la plus importante de l’histoire des institutions européennes, après les 25 députés du parti polonais Droit et Justice (PiS), membres des Conservateurs et Réformistes (CRE) en 2019.

    «  Nous nous préparons à un travail de construction avec les autres groupes [au Parlement européen]  », confirme pour Euractiv Aurélien Lopez-Liguori, ancien collaborateur de l’eurodéputé sortant Jean-Lin Lacapelle.

    De nouveaux équilibres au Parlement européen

    Au Parlement européen, « l’alliance entre le PPE, Renew et les socialistes ne peut plus continuer », complète Aurélien Lopez-Liguori.

    Avec ces résultats, le RN devrait s’assurer d’un poids conséquent dans les négociations à venir, en vue de la formation des alliances à la droite du Parlement. Le score du RN pourrait désenclaver le parti et son groupe, Identité et démocratie (ID), ostracisés durant le dernier mandat.

    Depuis plusieurs mois, Marine Le Pen appelle à la formation d’un grand groupe des droites conservatrices, regroupant les membres d’ID et ceux des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), menés par Fratelli d’Italia, le parti de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni et par le PiS polonais.

    Les deux groupes sont déjà d’accord sur plusieurs thèmes, notamment les politiques migratoire et climatique de l’Union européenne.

    Sur ces deux points, plusieurs délégations des conservateurs du Parti populaire européen (PPE) pourraient aussi être tentées de se rapprocher de l’extrême droite.

    Pour l’heure, Giorgia Meloni n’a pas encore dévoilé sa position sur les futures alliances possibles. Paradoxalement, le poids du RN pourrait être un atout comme un défaut, puisque difficilement absorbable dans un groupe commun d’extrême droite sans en prendre la tête, ce que d’autres formations pourraient refuser.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.06.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 10.06.24

    Bonjour à toutes et à tous, ce lundi 10 juin, le flash quotidien des expatriés sera dédié exclusivement aux résultats des élections européennes 2024. Celles-ci ont réservé des surprises avec une participation plus élevée qu’attendue tant en France (53%) que chez les Français de l’étranger, si cela n’a pas bouleversé les résultats tant en Europe qu’en France, les expatriés, eux, ont voté différemment. Mais l’information à retenir c’est bien sur l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron. Tous les détails dans cette édition qui est exceptionnellement accessible sans abonnement.

    Le coup de poker du Président de la République

    Après l’échec de sa candidate aux Européennes, Emmanuel Macron a décidé de renouveler l’Assemblée nationale. Désavoué par la population, le Président de la République veut retrouver une légitimité. Pour cela, son parti Renaissance et ses alliés doivent obtenir une majorité nette. Les Français, où qu’ils soient, seront appelés à voter pour choisir leur représentant normalement le 23 juin. Une semaine avec les Français de l’hexagone comme cela a toujours été le cas. Le second tour étant à la même date soit le 7 juillet. Cependant, ce planning semble très court, car le premier tour aurait donc lieu dans 15 jours et sûrement sans vote en ligne. La campagne commence donc ce soir.

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    En France, le RN largement en tête

    Si Emmanuel Macron prend cette décision c’est parce que dans l’hexagone, Jordan Bardela arrive largement en tête avec 33% des suffrages exprimés, suivi de Valérie Hayer pour Renaissance (parti présidentiel) qui subit tout de même un vote sanction avec seulement un peu plus de 15% des voix. Il manqua quelques voix à Raphael Glucksman (PS) pour s’imposer comme second, son score s’établissant à 14% des bulletins. Mais chez les Français de l’étranger, le podium est totalement différent, le RN n’a toujours pas convaincu les expatriés de voter pour eux.

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    Les expatriés sont allés voter

    C’est la première leçon de ce vote, les taux de participations ont grimpé en flèche, s’ils restent bien inférieurs à ceux de la métropole, le sursaut mérite d’être salué. En Europe, évidemment, ils furent nombreux, comme à Bruxelles comme Loic habitant à Bruxelles depuis 5 ans.

    Mais aussi à l’autre bout du monde, on a pris conscience de la place de l’Union européenne comme à Hong-Kong comme nous le raconte Anne-Christine au micro de notre correspondante de la French Radio.

    De l’autre côté de l’atlantique où on votait hier, samedi 08, la situation internationale inquiète et on aimerait que l’Europe aille plus loin que les sujets sociaux comme l’explique Annie à San Francisco.

    Seconde leçon : les Écologistes résistent chez les Français de l’étranger. Tous les résultats n’ayant pas encore été portés à notre connaissance, nous ne pouvons que vous donner les tendances. Nous publierons dans quelques jours les résultats par circonscription. Mais les dépouillements qu’ils proviennent des Amériques, d’Asie, d’Afrique ou d’Europe démontrent que le parti de Marie Toussaint et de Mélanie Vogel (sénatrice des Français de l’étranger, pressentie pour prendre la tête du mouvement dans les prochaines semaines) arrive 3ème derrière Valérie Hayer et Raphaël Glucksmann. Ainsi, la macronie conserve son avantage chez les expatriés tandis que la gauche confirme les résultats des consulaires de 2021.

    Pour autant, la Secrétaire générale de la fédération des Français de l’étranger note que cette élection est un point de bascule et l’annonce d’un renouveau à gauche.

    Est-ce que cette dynamique se retrouvera dans les urnes ? Rien n’est moins sûr comme l’ont démontré les résultats de juin 2022 envoyant 9 députés de la majorité présidentielle sur 11 à l’Assemblée nationale. Pour autant, il va falloir mobiliser car le vote en ligne ne sera sûrement pas possible vu les délais.

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    C’est tout pour cette édition, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger, de toute évidence, consacré aux conséquences du séisme que vient de vivre notre pays. À demain !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Européennes 2024 : le séisme

    Européennes 2024 : le séisme

    Ce 09 juin, plus de 360 millions d’Européens ont voté pour élire leurs représentants au Parlement européen. Côté français, près de 49,5 millions d’électeurs étaient attendus dont plus d’1 million d’expatriés. À la fermeture des bureaux de vote sur le continent européen où dans les pays où résident des Français, la première surprise fut sur le plan de la mobilisation. Plus importante que prévu avec plus de 52% des électeurs qui se sont déplacés, la France fait partie des pays où on a le plus voté (moyenne européenne à 42%). Mais les résultats ne s’en sont pas trouvés bouleversés et ont confirmé les sondages publiés dans notre pays ces derniers jours.

    Ainsi, le RN arrive largement en tête avec 33% des suffrages exprimés, suivi de Valérie Hayer pour Renaissance (parti présidentiel) qui subit tout de même un vote sanction avec seulement un peu plus de 15% des voix. Il manqua quelques voix à Raphael Glucksman (PS) pour s’imposer comme second, son score s’établissant à 14,5% des bulletins. Mais chez les Français de l’étranger, le podium est totalement différent, Jordan Bardella et le RN n’ont toujours pas convaincu les expatriés de voter pour eux.

    Pour autant, ce résultat aura de lourdes conséquences, puisqu’Emmanuel Macron a annoncé à 21h la dissolution de l’Assemblée nationale. Ainsi tous les Français sont convoqués le 30 juin et le 07 juillet mais ceux résidant à l’étranger le seront, comme à l’usage 1 semaine à l’avance pour le premier tour, soit le 23 juin. Soit dans 15 jours…La campagne commence demain.

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    Dissolution de l’Assemblée nationale

    C’est historique. Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale ce soir, après la défaite de la liste de sa majorité, arrivée loin derrière celle du Rassemblement national.

    Pour le président des Républicains Éric Ciotti, l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron est « la seule solution » à l’issue des élections européennes. Tandis que Le vice-président RN de l’Assemblée nationale Sébastien Chenu a assuré que le RN est « prêt« , actant la décision du Chef de l’État.

    Mais c’est surtout dans son camp qu’on est inquiet. Comme le député Renaissance Clément Beaune qui estime que la dissolution de l’Assemblée nationale prononcée ce soir par Emmanuel Macron « est effectivement une dissolution à risque« . Mais pour Le patron du Modem François Bayrou, c’est une bonne décision pour « sortir le pays du marasme« .

    Renaissance résiste chez les Français de l’étranger

    Emmanuel Macron pourra compter aux élections législatives sur les expatriés. À chaque élection, ils ont voté massivement pour le chef de l’État et même lors de ces européennes, souvent, le parti présidentiel est arrivé en tête, avec un résultat global de 21,99% suivi par le PS à 18,76% et LFI avec 13,89%. Ensuite, Europe Ecologie comptabilise 12,18% des voix. Le grand gagnant de l’hexagone, Jordan Bardella, ne réunit que 8,30% des bulletins juste devant François Xavier Bellamy (LR) à 8,28%. Notons que Marion Maréchal n’aura pas réussi à faire aussi bien qu’Eric Zemmour lors de la présidentielle puisqu’elle termine derrière le RN à 7,67% (Eric Zemmour avait obtenu 8,67% des suffrages des Français de l’étranger).

    Mais pour Marion Maréchal, le salut est venu des expatriés résidant en Israël, dans les bureaux de vote, elle arrive en tête avec 42,15% des bulletins. Un résultat qui peut s’expliquer par une faible mobilisation puisque la participation s’établit à 7,34%.

    Derrière, c’est la gauche « traditionnelle » qui se maintient, confirmant les résultats des consulaires. En sera-t-il de même pour les Législatives ? Rien n’est moins sûr comme l’ont démontré les résultats de juin 2022 envoyant 9 députés de la majorité présidentielle sur 11 à l’Assemblée nationale. Pour autant, il va falloir mobiliser car le vote en ligne ne sera sûrement pas possible vu les délais.

    L’anomalie russe

    Seule exception par les Français de l’étranger, ceux installés dans la Russie de Vladimir Poutine. Dans le bureau de vote ouvert dans la capitale russe, le Rassemblement national arrive en tête, comme lors des derniers scrutins, avec 24,94% des voix. Le plus surprenant est de voir la liste menée par Jordan Bardella suivie par trois autres listes d’extrême droite.

    La liste « Frexit » de François Asselineau arrive deuxième (18,83 %), celle de Marion Maréchal, troisième (13,23 %), et le militant antivaccin Florian Philippot est quatrième (9,67 %). Cependant, ces résultats sont à prendre avec des pincettes car seulement 398 Français ont voté sur 2386 inscrits.

    Écouter le podcast sur les élections européennes

    La coalition PPE/S&D reconduite

    Pour revenir aux élections européennes, si, parfois, dans les pays les résultats détonnent, c’est la stabilité au niveau du continent qui prévaut puisque le PPE (regroupant les partis de la droite « républicaine ») et le S&D (regroupant les partis socialistes et leurs alliés proches) disposent d’un socle suffisant pour reconduire leur coalition (la projection, ci-dessous, est basée sur les résultats provisoires connus à 23h ce 09 juin 2024). Tour d’horizon des résultats marquants en Europe.  

    En Allemagne, l’opposition conservatrice l’emporte, Olaf Scholz sanctionné et l’extrême droite en progression.

    Sans surprise, les conservateurs (CDU/CSU) arrivent en tête en Allemagne, pays de l’Union européenne (UE) qui comptera le plus d’eurodéputés à l’issue de ces élections (96 sur 720). Selon les premières estimations, publiées peu après la fermeture des bureaux de vote à 18 heures par l’institut Infratest Dimap sur la chaîne ARD, ils obtiendraient 29,5 % des voix, soit 0,6 point de plus qu’en 2019.

    Sans surprise non plus au vu des derniers sondages, les trois partis de la coalition du chancelier social-démocrate, Olaf Scholz (SPD), reculent. Avec 14 % (− 1,8 point par rapport à 2019), le SPD obtient le plus mauvais résultat de son histoire à l’échelle nationale. Les Verts, qui avaient obtenu 20,5 % des voix il y a cinq ans, ne recueilleraient que 12 %. Quant aux libéraux-démocrates (FDP), ils sont donnés à 5 % (− 0,4).

    Avec 16,5 % des voix, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) progresse par rapport à 2019 (11 %), obtenant son meilleur résultat à l’échelle nationale depuis sa création en 2013. Son score est toutefois moins élevé que celui que lui prédisaient les sondages il y a quelques mois : à la mi-février, une enquête de l’institut INSA le créditait de 22 % des intentions de vote.

    En Autriche, percée historique de l’extrême droite, selon les sondages à la sortie des urnes

    Selon les sondages faits à la sortie des urnes par la télévision publique autrichienne, publiés à 17 heures, à la fermeture des bureaux de vote, le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) réalise une percée historique en obtenant 27 % des voix. C’est la première fois que le FPÖ est en première position dans des élections autrichiennes. Ce score historique est obtenu alors même que le parti a adopté une ligne radicale depuis 2020, très proche de celle du parti AfD en Allemagne.

    Derrière le FPÖ, les conservateurs du ÖVP arrivent en deuxième position avec 23,5 % des voix, suivis des sociaux-démocrates du SPÖ avec 23 %, puis des Verts et des libéraux du parti NEOS, à égalité avec 10,5 %. Il s’agit du résultat de sondages à la sortie des urnes, le résultat des dépouillements ne sera pas publié avant 23 heures.

    En Croatie, les conservateurs vainqueurs et une très large abstention

    Selon les sondages sortis des urnes, les conservateurs du premier ministre Andrej Plenkovic arrivent en tête en Croatie avec 33,8 % des voix et devraient envoyer six eurodéputés siéger au groupe Parti populaire européen (PPE) au Parlement de Strasbourg, contre quatre dans le Parlement sortant.

    Derrière, les sociaux-démocrates arrivent en deuxième position et conservent quatre sièges, tandis que l’extrême droite du Mouvement patriotique et les écologistes de Nous pouvons ! obtiennent chacun un siège. À noter une participation très faible, avec seulement 15 % des électeurs qui s’étaient déplacés à 17 heures.

    Le parti du premier ministre finlandais arrive en tête du scrutin, l’extrême droite enregistre une forte baisse

    Grosse surprise en Finlande : le parti des Vrais Finlandais, arrivés en deuxième position aux élections législatives en avril 2023 et membres de la coalition gouvernementale, accuse un très gros recul. Alors que 58 % des bulletins étaient dépouillés à 19 h 30 (20 h 30, à Helsinki), le parti d’extrême droite totalisait 6,7 % des voix, soit une baisse de 7 points par rapport au scrutin de 2019. Cette gifle peut s’expliquer par la politique d’austérité menée par le gouvernement, très impopulaire auprès des électeurs de la formation.

    La formation du premier ministre, Petteri Orpo, le Parti de coalition nationale, arrive en tête, avec 24,9 % des suffrages, mais le plus grand gagnant du scrutin devrait être l’Alliance de gauche, qui se classe deuxième et obtient 18,3 % des voix (contre 6,89 % en 2019), devant le Parti social-démocrate, en troisième position avec 15,5 % des voix. La Ligue verte n’est créditée que de 11 % des votes, contre 16 % lors des dernières élections européennes.

    En Grèce, la droite de Kyriakos Mitsotakis arrive en tête, devant le parti de gauche Syriza

    Nouvelle Démocratie (ND), le parti de droite du premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, est arrivé en tête des élections européennes dimanche en Grèce, avec entre 28 % et 32 % des voix, selon des sondages réalisés à la sortie des urnes et publiés par la chaîne ERT.

    Le chef du gouvernement, réélu avec une majorité absolue il y a un an, rate toutefois son objectif de rassembler 33 % des votes, comme il l’avait répété durant la campagne électorale. C’est le score qu’avait enregistré ND lors du dernier scrutin européen en 2019.

    Le parti de gauche Syriza, dirigé par Stefanos Kasselakis, un ancien trader longtemps installé aux Etats-Unis, arrive en deuxième position avec entre 15,2 % à 18,2 % des voix. Derrière lui, le Mouvement socialiste panhellénique (Pasok) obtient entre 10,9 % et 13,9 % des suffrages, selon ces sondages de la chaîne publique grecque. Le parti nationaliste Solution grecque décroche entre 7,6 % et 10 % des voix, derrière le Parti communiste de Grèce (7,9 %-10,3 %).

  • La Démocratie est une arme. Il faut la détruire.

    La Démocratie est une arme. Il faut la détruire.

    « Les idées sont des armes. Donnerions-nous des armes à nos ennemis ? » sermonnait Staline, comme si le Politburo avait eu des idées. Staline, paranoïaque, avait des raisons de trembler : les idées politiques sont des armes. Elles se propagent, détruisent, assassinent. L’Allemagne en guerre envoya Lénine dans un wagon plombé propager la révolution en Russie. La Révolution française fut combattue comme une épidémie. La démocratie, même imparfaite, est une idée contagieuse.

    Tocqueville raconte la marche, de nuit, des paysans normands portant une lanterne, pour aller voter, vers 1840. 345 millions d’Européens ont été appelés aux urnes. Comme au Mexique, en Inde, en Afrique du Sud, partout, des centaines de millions de gens, pauvres pour l’immense majorité, de toute culture, religion, couleur de peau, langues, alphabets, votent. Mordi n’a plus qu’une majorité relative. L’ANC subit sa première défaite en Afrique du Sud. En Europe, les antieuropéens progressent. Mes Mexicains ont élu pour la première fois femme présidente. À Madagascar on se bat pour voter. Car le vote est un droit, ou une mascarade.

    La dictature théocratique iranienne copiera le rite démocratique, entre deux pendaisons.

    Même la dictature théocratique iranienne, dans laquelle la pratique religieuse s’effondre (près d’un iranien sur deux ne va plus à la mosquée chaque semaine malgré la police religieuse) copiera le rite démocratique, entre deux pendaisons.

    Les victoires démocratiques se confirment, s’installent, se banalisent. En Suisse, on vote cette semaine sur les primes d’assurance maladie, l’électricité, la vaccination… En Russie on arrête un Français, parce qu’il est français, et qu’il travaille dans une ONG suisse. Hier il était invité par le gouvernement russe à des conférences, aujourd’hui il est en prison. Entende qui a des oreilles !

    Alors que l’on répète à l’envi que la démocratie est foutue, que l’Europe est à la traîne, que la France ne compte plus, 25 chefs d’État se sont retrouvés en Normandie pour célébrer le débarquement. Parmi eux, le chancelier allemand. Là est la plus grande victoire. Et le Président Zelenski.

    Biden : La France est « le plus vieil allié des Etats-Unis », « et le plus important ».

    Biden reste cinq jours en France et célèbre « le plus vieil allié des Etats-Unis », « et le plus important ». La France est-elle si faible que la première puissance mondiale l’estime comme son allié le plus important, au risque de vexer les autres ? 

    Dans quelques jours, un sommet pour la paix en Ukraine, en Suisse. Puis un sommet de l’OTAN. Il y a quelques jours, le Président français était en visite d’Etat en Allemagne. Plus tôt encore, Xi Jinping visitait la France.

    La France ne compte plus, mais tout le monde y vient ou l’accueille. L’Europe est dépassée, mais tous la courtisent. Quoiqu’on dise, France et Allemagne avancent, surmontent leurs différends.

    La démocratie dépasse largement le cadre « occidental » : il y a plus de non-Occidentaux vivant dans des régimes démocratiques que d’Occidentaux ; à moins de considérer les Coréens, Japonais, Taïwanais, Sénégalais, Boliviens, Mexicains, Indonésiens, Guatémaltèques, comme « occidentaux ». Preuve que la démocratie est un système universel qui n’est pas réservé à une « culture », encore moins à un degré de richesse. Le discours type énonçant que Russes, Chinois ou Africains ne peuvent être démocrates parce que ce n’est pas dans « leur culture » n’est pas seulement faux, il est suspect, et, en fait, raciste.

    Les dirigeants de ces régimes, eux, ont bien compris que la démocratie pouvait être contagieuse, qu’elle l’était pour les Chinois de Taïwan et les Russes de Biélorussie ou d’Ukraine. La démocratie est une arme contre les tyranneaux. Et ils veulent la détruire, forcément.

    Des cercueils sont déposés aux pieds de la Tour Eiffel par des agents moldaves au service des Russes.  

    Ainsi des cercueils sont-ils déposés aux pieds de la Tour Eiffel par des agents moldaves au service des Russes. Un Ukrainien pro russe du Donbass a été arrêté avec des explosifs à Paris. Les ingérences étrangères se multiplient. Elles viennent de Russie, de Chine, d’Iran. Un rapport sénatorial, comme la DGSI ou le renseignement militaire, les dénonce. Comme l’ont fait bien avant les enquêtes britanniques, américaines ou allemandes.

    Cinq cercueils ont été découverts ce samedi 1er juin au pied de la tour Eiffel avec des drapeaux tricolores et l’inscription « soldats français morts en Ukraine ». ©AFP

    Hier, l’ayatollah Khamenei félicitait les étudiants d’Harvard : « Chers jeunes étudiants aux États-Unis ! Ceci est notre message de sympathie et de solidarité avec vous. Vous vous trouvez désormais du bon côté de l’histoire ». Poutine accuse la France de célébrer le débarquement avec des « néo-nazis ». La propagande du Kremlin explique que les « Occidentaux » ont poussé Hitler à envahir la Russie, oubliant que c’est le pacte germano-soviétique, l’alliance du fascisme et du communisme, qui a permis l’invasion de la Pologne et la deuxième guerre mondiale.

    Tout cela est inquiétant, mais pas si grave. Encore une fois, les démocraties, l’Europe, la France, sont plus fortes que ses adversaires.

    Comme toujours dans les démocraties, le danger est en elles. À voir l’âpreté des conflits, aux Etats-Unis ou ailleurs, on s’aperçoit  que « la démocratie est la continuation de la « guerre civile » par d’autres moyens ». Elle ne se résume ni au vote, ni à la polémique, mais au contrôle des pouvoirs, au respect du droit des citoyens par l’Etat. Ce qui se résume dans le triptyque : « démocratie, droits de l’homme, état de droit », inséparable comme la Trinité.

    Apparaît un manque de foi, une fatigue démocratique. Qui se traduit par la montée de radicalités, de postures d’autant plus violentes que les bases philosophiques en sont mal fondées. Ici la Première ministre danoise est agressée. Là, le Président de la République est systématiquement sifflé.  Là-bas, en Nouvelle Calédonie, des barrages sont dressés, les morts s’accumulent. La question ? Le vote. Question bien démocratique.

    L’antisémitisme est revendiqué, l’insulte annonce une nouvelle ère de mépris, de haine, de violence.

    À l’Assemblée, un député en traite un autre de « porc », trois fois. Puis s’en va à la télé s’excuser… auprès des porcs ! Un autre ose dire que « les soutiens d’Israël n’appartiennent pas à la même espèce humaine », une autre, qu’Israël est une « monstruosité ». L’antisémitisme est revendiqué, l’insulte annonce une nouvelle ère de mépris, de haine, de violence.

    La question de l’antisémitisme est celle de la paix civile. Haïr le voisin, c’est haïr. Établir comme principe la haine de l’autre. Injure, c’est in-juria, en dehors du droit. C’est placer celui que l’on insulte en dehors de la communauté des égaux, celle des citoyens. Lui nier toute protection.

    La démocratie est-elle à sa fin ? À l’évidence. Depuis toujours !

    La démocratie n’est pas le pouvoir du peuple. Ce n’est pas le pouvoir de la majorité : c’est le respect de la minorité, des minorités. Et de la plus petite, de la plus faible d’entre elles, la plus infime, la plus irréductible : la personne.

    La démocratie, par ailleurs si forte, devenue universelle, est-elle à sa fin ? Est-elle rongée, usée impuissante ? À l’évidence. Depuis toujours !

    Jaurès, début du 20ème siècle : « la démocratie française n’est pas fatiguée du mouvement, elle est fatiguée d’immobilité (…), fatiguée de l’incohérence et de l’impuissance des gouvernants ».

    Tocqueville, milieu du 19ème: « Tous les siècles ont-ils donc ressemblé au nôtre ? L’homme a-t-il toujours eu sous les yeux, comme de nos jours, un monde où rien ne s’enchaîne, où la vertu est sans génie, et le génie sans honneur ; où l’amour de l’ordre se confond avec le goût des tyrans et le culte saint de la liberté avec le mépris des lois ; où la conscience ne jette qu’une clarté douteuse sur les actions humaines ; où rien ne semble plus défendu, ni permis, ni honnête, ni honteux, ni vrai, ni faux ? »

    L’auteur de la Démocratie en Amérique s’étonnait de ses succès là-bas, et s’interrogeait sur ses fragilités. La Constitution américaine commence par ces mots : « We, the people ». «Nous, le peuple ». Ou encore, « les gens », les vraies gens. Nous les citoyens, qui formons cette libre association, « le peuple. Qui nous érigeons en peuple, en citoyens.

    Nous, le Peuple, nous, les gens.

    La démocratie ne se réduit pas au vote. Ni à la loi. Là encore, pour éclairer l’avenir, comme les paysans normands qui éclairait l’aube démocratique, Tocqueville peut conclure : « Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s’accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c’est au pouvoir national qu’ils la livrent. Cela ne me suffit point. »

    La démocratie est un combat. C’est aussi une arme. À utiliser tout le temps. Nombreux sont les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur qui rêvent de la détruire. Chacun peut choisir d’être complice, indifférent, ou combattant. Parce qu’on vit en démocratie, justement. Personne ne peut dire qu’il ne savait pas.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

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