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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.06.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.06.24

    Bonjour à toutes et à tous, merci d’écouter le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de ce vendredi 28 juin : Carton plein pour le vote en ligne – Zoom sur les réformes fiscales proposées – Marine Le Pen annonce une cohabitation difficile 

    32,37% de participation au vote en ligne

    1,2 million de Français étaient appelés à voter entre mardi et jeudi via le vote en ligne. Plus de 410 000 ont répondu présents. Ils auraient pu être plus nombreux, mais de nombreux écueils techniques ont, surtout au début, empêché les expatriés de voter. Difficiles d’estimer précisément ce nombre, mais selon les remontées de terrain, ils sont plusieurs milliers. Mais qu’ils se rassurent ils peuvent toujours participer via une procuration ou en se rendant au bureau de vote comme l’ensemble du corps électoral soit plus d’1 million 600 mille personnes. Ramenée au chiffre total d’électeur, la participation est déjà de 26,5 % soit plus que lors des législatives de 2022 tout mode de participation confondu. Cap sur les 40% de participation ? On le saura dimanche soir. Vous pourrez d’ailleurs suivre toute la soirée électorale des Français de l’étranger sur le site Lesfrancais.press dès 18h (heure de Paris) ce dimanche 30 juin. 

    Exit taxe, flat taxe, héritage 

    Le menu est varié dans les programmes politiques. Dans celui du Nouveau Front Populaire, les candidats à l’expatriation ou simplement les Français de l’étranger sont dans le viseur. Rétablissement du délai de 15 ans avant de pouvoir vendre des actifs en France sans une ponction de 15 à 30% supplémentaire, fin de la « flat tax » à 30% sur les revenus des actifs mobiliers, et captation des héritages avec une mise en place d’une progressivité en 14 tranches comme l’impôt sur le revenu pour les Français de l’hexagone. 

    mesures fiscales

    Chef des armées, un titre honorifique 

    Alors que les derniers sondages donnent la majorité absolue au RN et à ses alliés au 07 juillet au soir. Dans les QG on commence à imaginer un scénario de cohabitation avec Emmanuel Macron. L’usage comme la constitution a instauré un domaine réservé au Chef de l’Etat soit la diplomatie et les armées. Mais pour Marine Le Pen, selon ses déclarations, dans une interview au Télégramme, le titre de « Chef des armées » ne serait qu’honorifique puisque c’est le Premier ministre qui tient les cordons de la bourse. C’est surtout pour la « mentor » de Jordan Bardella, une façon de mettre la pression sur Emmanuel Macron et de chercher à démontrer que l’extrême droite aura les mains libres au sommet du pouvoir si elle venait à imposer une cohabitation au Président de la République. 

    RN

    C’est ainsi que se termine la semaine, on se retrouve dès lundi matin pour une édition spéciale du flash quotidien des expatriés. Pour ceux qui n’ont pas encore voté, n’oubliez pas que vous avez encore le temps de mettre une procuration en place ou de vous organiser pour aller au bureau de vote. Chaque voix compte ! 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Vote en ligne : bilan du premier tour – Législatives 2024

    Vote en ligne : bilan du premier tour – Législatives 2024

    Les Français de l’étranger ont déjà eu l’occasion de voter. Du fait de l’éloignement des bureaux de vote, nombreux étaient les Français de l’étranger qui avait renoncé à participer aux élections françaises. Depuis la mise en place du vote en ligne, petit à petit, la mécanique se rode et les expatriés prennent leur habitude avec ce nouveau mode de participation. Et pour cette élection, aux enjeux si importants, ils furent nombreux à découvrir les urnes en ligne. En effet, sur les 1, 2 millions d’inscrits au vote en ligne (ceux qui avaient fourni e-mail et téléphone au consulat), vous avez été 416 601 à voter entre mardi 25 juin midi (heure de Paris) et ce jeudi 27 juin midi (heure de Paris). Tous les détails ci-dessous.

    32,37% ou 26,5% ?

    Sur les réseaux sociaux, deux chiffres de la participation circulent.. 32,37 % ou 26,5 % alors lequel est le vrai ? En fait, les deux.

     Le premier est le taux de participation réalisé sur le corps électoral convoqué, soit 1,2 million de Français qui ont fourni leurs coordonnées lors de l’inscription. Ce corps inclus aussi ceux qui ont donné leurs coordonnées mais qui ne les ont pas mises à jour, aussi. Le chiffre de personnes concernées n’est pas connu. Le second est celui qui prend en compte l’ensemble du corps électoral invité à s’exprimer d’ici dimanche 30 juin soit un peu plus de 1,6 million de votants potentiels.

    Dans tous les cas, c’est un bon chiffre ! Même un record ! En 2022, au premier tour, le vote par internet n’avait réuni que 17,32% du corps électoral convoqué. Ce jeudi, c’est prêt du double qui est comptabilisé avec 32,37%.

    Une participation à la hausse

    Ainsi quoi qu’il arrive avec un taux de 26,5% de participation globale à ce jour, ce premier tour des élections législatives aura plus mobilisé que 2022, puisque le chiffre de la participation s’élevait à 22,51%. En ajoutant les autres modes de participation comme le vote à l’urne, la procuration, il est possible que le chiffre final s’approche des 40°% soit bien plus que les 35,12 % soit 504 291 votants sur 1 435 746 inscrits qui ont voté pour le premier tour de l’élection présidentielle en 2022.

    Peut-on faire mieux ?

    L’image d’Épinal qui décrit le Français de l’étranger comme un avide rapace qui s’est enfui de France avec ses sous et qui se détourne de la nation est en train de tomber. Enfin ! Et notre participation aux grands moments politiques de la France en est un des premiers vecteurs. On le voit lorsque le pays a besoin de tous ses enfants, les Français de l’étranger répondent présents. Et ils pourraient être encore plus nombreux.

    Car si on ne peut que féliciter la présidente de l’Assemblée des Français de l’étranger, Hélène Degryse et tous les élus consulaires bénévoles du bureau de vote centralisateur basé à Paris, comme l’équipe de Franck Riester ainsi que l’administration et le prestataire, ont pu relever le défi d’organiser le vote en ligne en 15 jours. On ne peut que déplorer les écueils rencontrés qui ont détourné les Français du scrutin. En effet, Dès l’ouverture du vote, des problèmes d’accès au site avaient été signalés. « Face à l’affluence, le portail de vote doit augmenter ses capacités d’accueil », avait reconnu la Direction des Français à l’étranger, conseillant aux électeurs de se reconnecter « plus tard ». Le portail avait rouvert une heure après.

    Et pourtant, ils étaient encore nombreux à ne pas recevoir leur code de confirmation, ou à la recevoir 20-30 minutes après la demande. Trop tard, la page dédiée se désactivait sans réponse dans un délai raisonnable. Il fallait donc recommencer. Une autre faille a été détectée, les codes reçus alors qu’on était déconnecté, étaient valables pour certifier le nouveau vote. Ce qui pourrait permettre à des fraudeurs de se substituer au citoyen concerné.

    Espérons que pour les prochains scrutins qu’une nouvelle méthode sera appliquée. Pourquoi ne pas utiliser France identité ? Une piste qui sera sûrement creusée, une fois que ce dispositif sera généralisé.

    Et maintenant ?

    Comme toutes les circonscriptions, les urnes électroniques ou physiques seront dépouillées dimanche soir à 20h. On connaîtra dans la soirée, jusqu’à tard, les résultats. Lesfrancais.press mettront en place un live à partir de 18h (CET) ce dimanche 30 juin.

    Une fois les candidats sélectionnés pour le second tour connus, ils devront confirmer leur candidature le lundi à Paris. Et dès le mercredi 02 juillet midi (heure de paris), les Français de l’étranger seront de nouveau appelés à voter en ligne. Mais attention, cette fois, nous n’aurons que 30 heures pour voter puisque le portail de vote sera fermé à 18h (heure de paris) dès le jeudi 03 juillet. Sinon, vous pourrez toujours donner procuration ou vous rendre à votre bureau de vote.

  • Exit tax, héritages, flat tax, les mesures fiscales proposées

    Exit tax, héritages, flat tax, les mesures fiscales proposées

    En cas de victoire aux législatives, le Nouveau Front Populaire, rassemblement des forces de gauche, a annoncé son intention de rétablir un dispositif anti-évasion fiscale, désigné sous le nom d’Exit tax. Mis en place en 2011, il n’a pas été abrogé, mais considérablement raboté en 2018, lors du premier mandat d’Emmanuel Macron. Mais ce n’est pas tout, tour d’horizon des mesures fiscales proposées pour ces élections.

    Abolir les « privilèges des milliardaires »

    Le Nouveau Front Populaire a indiqué son intention, en cas de victoire aux législatives, d’adopter une loi de finances rectificative le 4 août prochain. Une date symbolique, qui renvoie évidemment à l’abolition des privilèges de la noblesse, votée durant la nuit du 4 août 1789.

    Parmi les mesures envisagées figure la fin de la flat tax, qui plafonne à 30% l’imposition des intérêts et dividendes perçus par les contribuables les plus aisés, mais également le rétablissement de l’Exit tax. Un dispositif mis en place en 2011 sous la présidence Sarkozy, visant à pénaliser les chefs d’entreprises faisant le choix de transférer leur résidence fiscale à l’étranger pour diminuer leur impôt.

    nspirée par des systèmes comparables mis en place en Allemagne ou au Royaume-Uni, elle visait à pénaliser une pratique très en vogue chez certains chefs d’entreprise : transférer leur résidence fiscale à l’étranger, dans un pays fiscalement plus accommodant, puis vendre les parts de leur entreprise en profitant de cette fiscalité allégée.

    Pour contrer cette pratique, l’Exit tax impose à tout « évadé fiscal » disposant d’un patrimoine mobilier de plus 1,3 million d’euros de déclarer la valeur de ce patrimoine au jour du départ et la plus-value latente, c’est-à-dire sa valeur au jour du départ diminuée de la valeur d’acquisition. Le paiement de l’Exit tax sur ces plus-values latentes intervenait ensuite, si le patrimoine mobilier était cédé dans les 15 années suivant l’expatriation. Ce délai a été modifié en 2018 pour le ramener à deux ans, au nom de l’attractivité de la France. En effet, une personne dont la résidence usuelle était à l’étranger et qui venait créer une entreprise en France en s’y installant, se retrouvait privée de ses actifs créés dans l’hexagone pendant un délai non raisonnable (15 ans).

    Retour à 15 ans ?

    En octobre 2022, dans le cadre de l’examen de la loi de finances pour 2023, un amendement de l’ex-député socialiste Philippe Brun rétablissant cette Exit tax avec un délai de 15 ans avait été adopté à l’Assemblée, contre l’avis du gouvernement, avant de disparaître du texte final. Il avait notamment été soutenu par le Rassemblement national, ainsi que par quelques membres de la majorité présidentielle issus du Modem.

    Le projet du Nouveau Front populaire

    Les partis de gauche, fortement inspiré par la France insoumise, ont également dans le viseur la fameuse flat tax. Elle pourrait être supprimée en cas d’arrivée au pouvoir du Nouveau Front Populaire. En 2022, l’Institut Montaigne tablait sur un gain d’environ 2 milliards d’euros pour les finances publiques en cas de suppression de la flat tax.

    Le Nouveau Front poulaire propose ausi un ISF rétabli et doté d’un «volet climatique». Pour l’outre-mer, le programme veut créer un «fonds d’indemnisation et de prévention contre les pollutions», (chlordécone et glyphosate aux Antilles, mercure en Guyane, essais nucléaires en Polynésie…). Les banques devront agir contre les risques climatiques, avec un «zéro financement pour les énergies fossiles, en commençant par les nouveaux projets». Si le programme souhaite «réaliser un diagnostic préalable des ressources naturelles avant l’implantation» d’un site économique, le renforcement de la loi «zéro artificialisation nette» – contestée par des élus de tous bords – n’est pas mentionné. Autre compromis, l’union souhaite «un moratoire sur les grands projets d’infrastructures autoroutières» – l’A69, qui doit relier Toulouse et Castres et divise la gauche, n’est pas expressément citée.

    Grand sujet de clivage avec la droite, l’héritage

    Là aussi, sur ce sujet clé de la redistribution, la gauche veut davantage de progressivité. Par ailleurs, elle remet sur la table le sujet classique des niches fiscales. Celles «inefficaces, injustes et polluantes» seraient supprimées.

  • Le Rassemblement national et les binationaux

    Le Rassemblement national et les binationaux

    La binationalité est un vaste chantier sur lequel l’Assemblée des Français de l’étranger se penche régulièrement. Cette fois, c’est au niveau national qu’on s’interroge sur ces citoyens un peu particuliers… à écouter les ténors du Rassemblement national ! Car ce n’est pas un regard bienveillant qui est porté sur cette population, nombreuse chez les Français de l’étranger mais aussi au sein de la communauté hexagonale, c’est encore la suspicion et la méprise qui se sont imposées. On fait le point sur les propositions faites par le parti de Jordan Bardella et de Marine Le Pen sur la binationalité.

    3,5 millions de Français binationaux

    Il existe plusieurs situations permettant à un Français d’avoir plusieurs nationalités (une double nationalité, voire plus), ou à un étranger d’obtenir la nationalité française.

    Tout d’abord, la plurinationalité peut exister dès la naissance, notamment dans le cas d’un enfant dont les parents sont de nationalités différentes. Un enfant se voit reconnaître la nationalité d’un pays par application du droit du sol ou du droit du sang. C’est souvent le cas pour les enfants nés d’un ou deux parents Français à l’étranger.

    De plus, il est possible d’avoir plusieurs nationalités durant la minorité de l’enfant. Un enfant mineur peut devenir français lorsque l’un de ses parents devient français. Pour cela, il faut remplir deux conditions : l’enfant doit résider habituellement ou alternativement avec ce parent, et le nom de l’enfant doit être indiqué dans le décret de naturalisation ou la déclaration de nationalité française du parent.

    Pour les personnes majeures, il existe deux principales manières d’obtenir la nationalité française : la déclaration de nationalité et la naturalisation. Il est possible de devenir français par déclaration si l’on est marié ou si l’on a un lien de parenté avec une personne française (descendant, frère ou sœur, adoption…). La naturalisation, elle, est soumise à plusieurs conditions, en particulier de durée de résidence en France.

    En prenant en compte, toutes ces situations, le ministère de l’Intérieur estime qu’il y a donc 3 500 000 Français qui détiennent au moins une autre nationalité.

     Peut-on perdre la plurinationalité ?

    La loi française n’exige pas qu’un étranger devenu français renonce à sa nationalité d’origine. De même, un Français ayant acquis une autre nationalité n’a aucune obligation de renoncer à sa nationalité française. Cependant, il est possible de perdre sa plurinationalité volontairement ou en conséquence d’une décision de l’autorité publique.

    Il est possible qu’un étranger vivant en France perde sa plurinationalité, si un changement de situation modifie sa nationalité en raison de la législation des États concernés ou d’accords internationaux.

    Un Français ayant obtenu une autre nationalité, quant à lui, peut perdre la nationalité française par déclaration ou par décret. Il peut également perdre sa nationalité française en cas de condamnation pour certains crimes et délits.

    Enfin, il est possible de se voir retirer la nationalité française en raison de l’exercice actif d’une nationalité étrangère, ou de l’emploi dans un service public étranger. Le premier cas peut intervenir si l’on commet des actes contraires aux intérêts de la France, et le second si l’on ne cesse pas une activité dans une armée ou une organisation internationale dont la France ne fait pas partie, malgré l’ordre du gouvernement.

    Expatriés, Français de génération en génération ?

    Et ben non, car il n’existe pas en droit français de transmission illimitée et perpétuelle de la nationalité française par filiation en cas d’établissement prolongé à l’étranger.

    Le code civil prévoit ainsi un cas où la nationalité tombe en désuétude. Cela s’applique si une famille qui possède une autre nationalité n’a manifesté aucun lien avec la France ou s’en est délibérément éloignée pendant plus de cinquante ans. Alors, ces descendants n’ont plus automatiquement droit à la nationalité par filiation.

    De nombreux descendants de Français se trouvent confronter à cette situation, cependant la Cour de cassation a ouvert, en mai 2023, une fenêtre de flexibilité en décidant de prendre en compte les grands-parents et les liens qu’ils ont avec leur petits-enfants même si le demandeur ou ses parents ne résident plus en France depuis plus de 50 ans.

    Les projets du RN ?

    Maintenant qu’on a compris le fonctionnement de la binationalité, penchons-nous sur la proposition du Rassemblement national, soit limiter l’accès à certains métiers de la fonction publique à ceux qui auraient plusieurs nationalités.

    Lors du débat télévisuel de ce début de semaine, interrogé à quatre reprises sur ce thème, au point de s’en agacer, Jordan Bardella a d’abord évoqué des postes « stratégiques », avant d’ajouter qu’il s’agirait exclusivement d’emplois dans le domaine « de la défense et de la sécurité », pour finalement ne plus évoquer que quelques citoyens « franco-russes », œuvrant dans le secteur de la Défense. Dont acte. Sauf que cette précision est en décalage avec le projet de loi référendaire construit en 2022 par Marine Le Pen. Un projet qu’elle a encore défendu à l’Assemblée nationale en janvier 2024.

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    Ce texte – la bible du RN – en matière de lutte contre l’immigration est bien plus radical que ce que veut bien en dire Jordan Bardella. Il vise en effet potentiellement des centaines de milliers de familles de binationaux. Lesquelles ? Dans l’article 1 figure la précision suivante : « La loi pourra interdire l’accès à des emplois dans l’administration, des entreprises publiques, et des personnes morales chargées d’une mission de service public aux personnes qui possèdent la nationalité d’un autre Etat. » Dans cette phrase, il faut s’arrêter sur chaque mot ou presque. « Ceux qui possèdent la nationalité d’un autre Etat » ? Autrement dit, les binationaux (soit environ 3, 5 millions de personnes). On remarque que sous cette forme, un tel texte ne pourrait être appliqué, car il implique de fait une différenciation entre Européens ce que le droit communautaire interdit et pour rappel, ce dernier prime sur les textes nationaux.

    Pour tenter de passer outre, le RN veut que son texte soit adopté en l’état par référendum. Si une telle mesure leur permettrait donc théoriquement de se donner les moyens d’exclure les binationaux, elle s’opposera au droit européen, renforçant la fracture avec ces institutions. Une façon d’avancer vers leur autre objectif, démonter l’Europe telle qu’elle existe.  Comme ils pourraient les bouter hors d’un autre secteur d’emploi, celui « des personnes morales chargées d’une mission de service public ». C’est-à-dire des entreprises ou associations œuvrant dans le domaine du social ou de la santé, mais aussi de l’enseignement privé ou même du ramassage des ordures dans les municipalités.

    Entre le projet de loi référendaire écrit par le parti et les positions publiques assumées par Jordan Bardella, il existe donc un gouffre. Où est la vérité ? Est-ce que ce projet ne se fracassera pas sur le mur des réalités comme bien d’autres ? Et au final, est-ce qu’un binational mériterait un tel traitement ?

  • La facilité l’emporte toujours sur la bonne gestion

    La facilité l’emporte toujours sur la bonne gestion

    Le rapport des Français à l’économie a toujours été étrange. Nombreux sont ceux qui ont soif de consommation tout en récusant le capitalisme. Les bénéfices sont par nature suspects et sont assimilés à une rente pénalisant les salariés. Les Français sont individuellement prudents mais collectivement impécunieux. Ils sont des épargnants émérites mais demandent à leur Etat, à leurs collectivités territoriales ou à leurs régimes sociaux de dépenser sans compter pour maintenir ou améliorer leurs conditions de vie tout en assurant une bonne gestion. Ils estiment à la fois que les prestations sociales sont insuffisantes et les déficits excessifs.

    Les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique, ont toujours accru les dépenses publiques

    Depuis quarante ans, face au ralentissement de la croissance, face aux crises, les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique, ont toujours accru les dépenses publiques au point que la dette publique est passée de 21% à plus de 110 % du PIB entre 1981 à 2024. Notre voisin allemand n’a pas connu une telle dérive, sa dette publique étant actuellement inférieure à 65 % du PIB.

    En France, les problèmes financiers de l’Etat sont une tradition qui remonte bien avant la Révolution de 1789. Les Rois ont très souvent eu recours à des expédients et à des banquiers plus ou moins véreux. De 1949 à 2024, le solde public français n’a été positif qu’à douze reprises.

    Comment un pays riche comme la France, disposant de terres agricoles fertiles, de voies de communications modernes, d’accès à la mer nombreux, d’une culture scientifique de haut niveau, d’une population bien formée, peut-il connaître un tel désordre budgétaire ? Pourquoi la facilité, la lâcheté l’emporte-t-elle toujours sur la bonne gestion ? Pourquoi les plans de rigueur amènent-ils bien souvent des révoltes voire des révolutions ? Existera-t-il une fatalité ou un mal français ? Plusieurs explications à cette relative spécificité peuvent être avancées.

    La centralisation avec la disparition des corps intermédiaire a abouti à ce que tout problème remonte, à la vitesse de l’éclair, au sommet. Cette disparition comme le souligne Alexis de Tocqueville, dans son livre « L’ancien régime et la révolution », a commencé dès le XVIe siècle avant même Louis XIV. Sans filtre, le régime royal a été amené à résoudre tous les problèmes au point de mettre en place une bureaucratie qui n’a fait qu’enfler depuis.

    ©https://france-inflation.com/

    La fragilité du pouvoir conduit les dirigeants à multiplier les aides publiques

    L’état de guerre permanent du XVII jusqu’au XXe siècle a contribué à militariser les structures du pays et à déresponsabiliser les acteurs locaux. Par crainte d’être renversés, la fragilité du pouvoir conduit les dirigeants à multiplier les aides publiques. Depuis 1789, la France a ainsi connu 14 constitutions différentes dont certaines se sont accompagnées d’une instabilité politique chronique.

    La France a toujours été confrontée à de violentes divisions, la bataille d’Alésia sous les Gaulois, la guerre de religion se soldant par la Saint Barthélémy, l’affaire Dreyfus, la lutte contre le catholicisme sous la IIIe République, les Gilets jaunes, etc. Pour éteindre les incendies, les gouvernements semblent n’avoir d’autre solution que de distribuer des subsides.

    L’idée que l’Etat peut tout, sans limite, est communément partagée. La soif inextinguible des Français pour l’égalité concourt également à l’accroissement sans fin des dépenses. La jalousie amène tout un chacun à réclamer toujours plus pour être au même niveau que ses voisins ou ses proches.

    Les rémunérations des actifs augmentent faiblement depuis des années.

    Dans d’autre pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, ce trait de caractère n’est pas aussi prononcé. Que la France soit un des pays le moins inégalitaire au monde, que le rapport entre les revenus des 10 % les plus aisés et les 10 % les plus modestes reste stable dans le temps, rien n’y fait. Une large majorité des Français estiment que les inégalités progressent.

    Ce sentiment de malaise n’est néanmoins pas sans fondement. Faute de gains de productivité, faute de croissance et en raison de l’inexorable progression de l’État providence, les rémunérations des actifs augmentent faiblement depuis des années. L’ascenseur social est devenu pour de nombreux ménages un mirage. Ils sont minés par la crainte du déclassement. Autrefois, le travail était un facteur d’intégration et d’accomplissement social. Aujourd’hui, avec la multiplication des emplois dits domestiques ou de logistique, de nombreux actifs éprouvent des difficultés à donner du sens à leur vie professionnelle.

    Au-delà des promesses qui sont légion en période électorale, le rebond de la France et l’assainissement de ses comptes publics passent par la restauration du travail, d’une manière ou une autre. Face aux pénuries de main-d’œuvre qui ne peuvent que se multiplier avec le vieillissement démographique, face aux besoins importants dans les secteurs de la santé, du tourisme, des transports, une augmentation du volume de travail est indispensable. Pour résoudre l’absurde crise du logement, le lancement d’un vaste plan en faveur de l’immobilier ne portera ses fruits qu’à la condition que le secteur du bâtiment puisse suivre.

  • Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte nommé à la tête de l’OTAN

    Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte nommé à la tête de l’OTAN

    L’actuel Premier ministre néerlandais Mark Rutte sera le prochain secrétaire général de l’OTAN, après avoir reçu le feu vert des ambassadeurs des 32 membres de l’alliance militaire occidentale ce mercredi (26 juin).

    Comme anticipé, le Néerlandais a été désigné pour succéder au Norvégien Jens Stoltenberg, à la tête de l’Alliance depuis 2014, à l’issue d’une réunion des ambassadeurs.

    « Je me réjouis vivement que les alliés de l’OTAN aient choisi Mark Rutte pour me succéder. Mark est un véritable défenseur des relations transatlantiques, un dirigeant fort et un bâtisseur de consensus. Je lui souhaite beaucoup de succès dans la poursuite du renforcement de l’OTAN. Je sais que je laisse l’OTAN entre de bonnes mains », a commenté Jens Stoltenberg sur X.

    Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg (à droite), et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, lors du sommet de l’OTAN à Vilnius, en Lituanie, le 11 juillet 2023. ©EPA-EFE/TOMS KALNINS

    « Je sais que je laisserai l’OTAN entre de bonnes mains »

    « Votre leadership et votre expérience seront cruciales pour l’Alliance durant cette période difficile », a réagi de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, appelant ses voeux un renforcement du partenariat UE-OTAN.

    Vétéran de la politique européenne, Mark Rutte a très rapidement obtenu le soutien des pays les plus importants de l’Alliance, à commencer par les États-Unis. Sa nomination n’était plus qu’une formalité après le retrait de la candidature du président roumain Klaus Iohannis la semaine dernière et après que la Hongrie a exprimé son soutien au candidat Néerlandais.

    Mark Rutte, âgé de 57 ans, prendra ses fonctions le 1er octobre. Ses projets pour l’Alliance doivent encore être annoncés.

    Outre la menace russe, le dirigeant néerlandais devra composer avec le résultat des élections américaines de novembre. Les États-Unis représentent à eux seuls la moitié du poids militaire de l’Alliance.

    En effet, la perspective d’un retour de Donald Trump à la Maison-Blanche hante les couloirs de l’OTAN à Bruxelles. Notoirement méfiant à l’égard de l’Alliance, qu’il a qualifiée d’« obsolète », le milliardaire américain a multiplié les critiques contre les alliés européens, qu’il accuse de ne pas dépenser assez pour leur défense.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 27.06.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 27.06.24

    Bonjour à toutes et tous, dans le flash quotidien des expatriés du jeudi 27 juin 2024 : La mobilisation s’annonce exceptionnelle chez les Français de l’étranger – France – Pologne, inquiétude pour les Bleus – Binationaux dans le viseur du RN

    220 000 votants hier à midi

    C’est le dernier chiffre dont nous avons eu connaissance avant d’enregistrer ce flash. Cela représente un taux de participation déjà de 20%.. On se dirige vers un record historique en phase avec les enjeux de cette élection. Dans la IVème, on atteint presque les 30%. Il faut dire que le député sortant, ancien directeur de campagne de Valérie Hayer est en difficulté face à la présidente de la fédération des Français de l’étranger du parti socialiste, Cécilia Gondard. À l’opposé, on retrouve la IXème circonscription et la IIème circonscription, soit deux vastes territoires pour l’une le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest et pour l’Amérique du Sud, qui, en plus, sont souvent des zones au maillage internet relativement faible. Il vous reste quelques heures pour voter via le portail en ligne. Ce dernier ferme à midi, heure de Paris. Si vous n’en avez pas la possibilité vous pouvez encore mettre en place une procuration ou vous rendre au plus proche bureau de vote mis en place par votre section consulaire.

    Les Bleus se compliquent la tâche

    Comme lors de leurs deux premiers matchs, les Bleus n’ont su convertir leurs occasions et ont concédé un match nul décevant, mardi 25 juin, contre la Pologne (1-1). Le penalty inscrit par Kylian Mbappé (1-0, 56ᵉ) n’a pas suffi et les Français, assurés de disputer les huitièmes de finale avant la partie, terminent à la deuxième place du groupe D. Notre envoyé spécial, Boris Faure, a regardé le match avec les Français de Varsovie. Une drôle de soirée qu’il vous raconte sur Lesfrancais.press.

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    Supporters des Bleus en Pologne ©Boris Faure/LFP

    Interdire l’accès aux métiers dit de « souveraineté » aux Français de double nationalité

    C’est donc le projet du RN. L’idée n’est pas nouvelle. Elle a fait partie d’une proposition de loi constitutionnelle déposée par Marine Le Pen en janvier dernier qui avait été présentée lors de la campagne présidentielle de 2022 dans la partie sur « la protection de la nationalité française et de l’identité de la France ». Si son parti remporte les élections législatives (30 juin et 7 juillet) et s’il est nommé Premier ministre, le président du RN compte faire passer cette mesure par « une loi organique et un décret ». Jordan Bardella assure ne pas « remettre en cause la double nationalité », même si sa suppression a longtemps fait partie du programme du RN.

    C’est ainsi que se termine le flash quotidien des expatriés. Toute la rédaction vous rappelle qu’il est important de faire entendre sa voix ! Profitez des quelques heures qu’il reste pour vous connecter si vous le pouvez au portail en ligne. Belle journée où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Meyer Habib : « Gauche antisémite : Jaurès doit se retourner dans sa tombe ! »

    Meyer Habib : « Gauche antisémite : Jaurès doit se retourner dans sa tombe ! »

    Le député sortant de la VIIIeme circonscription des Français de l’étranger, Meyer Habib, est l’invité Lesfrancais.press. Les Français de Grèce, d’Italie, de Turquie et d’Israël sont notamment concernés. À notre micro, le candidat à sa réélection répond aux rumeurs concernant son positionnement politique. Dès les premiers mots, il affirme qu’il « n’y a pas d’alliance avec le RN ». Il poursuit en indiquant que « le Rassemblement national est bien plus fréquentable que l’extrême gauche ». Meyer Habib est en outre persuadé que les « 40% des Français », qui se sont prononcés pour Reconquête ! ou pour Jordan Bardella, ne sont pas des « racistes ou des antisémites ».

    Écouter le podcast du candidat Les Républicains / UDI

    Partageant sa propre histoire, notre invité explique que « pour des questions d’ADN » il ne peut « pas avoir le RN comme étiquette politique ». Mais pour autant, il informe avoir « parlé avec Marine Le Pen. ». « Elle est beaucoup plus fréquentable que cette extrême gauche antisémitique », poursuit-il dans son interview. Il se remémore ainsi ce qui s’est passé le 7 octobre dernier. Et il rappelle aussi les positions prises par les partisans de l’extrême gauche notamment concernant le « Hamas ».

    Avec le « Nouveau Front populaire, toutes les limites sont dépassées »

    « Jean Jaurès doit se retourner dans sa tombe » nous dit-il en évoquant le Nouveau front populaire. « Toutes les limites ont été dépassées » selon lui. En effet, il constate que cette alliance à gauche se fait avec « des gens qui sont ouvertement antisémites, anti-France, anti-police ». Aussi, face à cela, il indique que « notre communauté française, y compris à l’étranger, doit faire corps ».

     Le député LFI David Guiraud ayant traité de porc le député LR Meyer Habib le 28 mai 2024 ©AFP

     « Je ne suis pas Rassemblement national, je suis républicain » atteste le candidat LR à l’Assemblée nationale. Cependant, « ce n’est pas le diable » évoquant les partisans du RN. « Beaucoup ont fait leur mue », déclare Meyer Habib au cours de ce podcast. Au sujet d’Éric Ciotti, Il compte aussi pouvoir réconcilier celui qui avait été élu président des LR en décembre 2022, avec des députés de ce même parti qui ne l’ont pas suivi pour le moment. Meyer Habib nous confie, en substance, qu’il dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

    « Les candidats macronistes cachent la photo d’Emmanuel Macron » !

    Les LR ont obtenu un de leurs meilleurs scores aux européennes dans la 8eme circonscription des Français de l’étranger. Ainsi la liste menée par François-Xavier Bellamy a obtenu 22,13 %. « N’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt ? » pose comme question notre journaliste. Écoutez le podcast pour entendre la réponse de Meyer Habib sur ce point. En parlant de dissimuler certaines choses, il regrette d’ailleurs que les « candidats macronistes cachent la photo du président pour ne pas la montrer ». « Alors qu’ils leur doivent tout » ! Il constate également qu’il est « dommage que l’alliance majorité présidentielle – LR n’a pu être possible à la place de la dissolution ».

    Avec LFI, « l’antisémitisme devient un détail » soutient-il. Donc « pas d’alliance avec cette extrême gauche (…) ni avec les socialistes qui seront élus » avec cet appui politique. 

    Concernant les Français de l’étranger, cette circonscription comprend Israël, mais aussi d’autres de nos ressortissants qui vivent également en Grèce, Italie et en Turquie pour ne prendre que ces exemples. Comment ne pas mettre de côté ces Français-là ? Demande-t-on à notre invité. Écoutez l’intégralité de l’interview de Meyer Habib pour entendre sa réponse sur ce point-là, et aussi ses propositions concernant le réseau de l’AEFE, la résidence d’attache et l’équité fiscale, entre autres. 

    Les candidats de la 8eme circonscription des
    Français établis hors de France sont (par ordre du tirage au sort) :

    1. Mme CHARTRAIN Valérie, remplaçant M. EVAIN Charles;

    2. M. LERER Yaël, remplaçant M. ISMAIL Salam;

    3. M. HABABOU SOLOMON Philippe, remplaçante Mme CASANOVA Alexandra;

    4. M. SPITALAS Nicolas, remplaçant M. TRONCIN Philippe;

    5. M. HABIB Meyer, remplaçant M. BEZARDIN Alexandre;

    6. Mme YADAN Caroline, remplaçant M. LEBEL Olivier;

    7. M. BIZET David, remplaçant M. AZERGUI Nagib;

    8. M. SIGOURA Benjamin, remplaçant M. BENHAMOU Ruben;

    9. M. NEFFATI Gilles, remplaçante Mme FUCHS Barbara;

    10. Mme ASSOULINE Aurelie, remplaçant M. MIOTTO Mickael;

    11. M. BENSOUSSAN Guillaume, remplaçant M. BENSOUSSAN Alexandre.

  • « France – Pologne : quand le match est nul la fête est ailleurs »

    « France – Pologne : quand le match est nul la fête est ailleurs »

    Qu’elle semble poussive cette équipe de France avec une qualification sans gloire et une deuxième place de groupe derrière la très solide Autriche. Nous nous attendions à mieux, pourquoi le cacher ?

    Alors quand le spectacle n’est pas sur la pelouse il faut parfois chercher son plaisir ailleurs. Les Fan Zones et les lieux de retransmission télévisée pullulent pendant cet Euro où les peuples des nations européennes cherchent à oublier la guerre en Ukraine, le dérèglement climatique d’un été trop chaud ou trop pluvieux selon les latitudes devant des écrans placés dans des lieux stratégiques des villes et villages d’Europe.

    Le foot reste un formidable spectacle dans et hors des stades. Capable d’unir plus que de diviser.

    Pour un France-Pologne à l’enjeu sportif limité – la France était déjà qualifiée et les Polonais éliminés – nous avions donné rendez-vous à des supporters français venus assister au match face à un écran géant posé sur les berges de la Vistule dans la capitale polonaise.

    Les supporters bleus à Varsovie…

    Paul est directeur marketing d’une discothèque de centre-ville. Pierre-Yves est entrepeneur dans les RH et sa fille binationale viendra rejoindre son papa en milieu de match. César fait ses premiers pas dans le monde professionnel avec un stage à l’institut français de Pologne.

    Les conversations d’avant match vont bon train dans ce lieu déjà surpeuplé où les chaises longues et les banquettes en bois ont été déjà prises d’assaut trente minutes avant le coup d’envoi prévu à 18H.

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    Paul et Pierre Yves
    Pierre Yves et Paula supporters de père en fille
    Pierre Yves et Paula supporters de père en fille
    "Paul, César, Boris et les autres ... mieux qu'un film de Claude Sautet !"
    « Paul, César, Boris et les autres … mieux qu’un film de Claude Sautet ! »

    Depuis l’aménagement des rives du fleuve, l’épicentre festif de la ville s’est déplacé ici et la foule est dense. Avec ses deux millions d’habitants Varsovie dispose de plusieurs quartiers animés, que ce soit Centrum ou Wola,  mais l’été c’est assurément sur les berges que l’on s’amuse et se détend avec une myriade de bars à bière, de pistes de danse qui s’animent le week-end et de scènes musicales qui s’ouvrent à des jeunes talents locaux.

    Les barges arrimées tous les cent mètres à la rive se peuplent d’une population jeune, dynamique et ouverte. On entend parler certes le polonais, cette langue classée par les linguistes parmi les plus difficiles à appréhender, mais aussi l’anglais en format globish…et çà et là le français. Notre langue est en recul dans le pays mais possède toujours ses amateurs qui associent sa pratique à un certain raffinement culturel, à la gastronomie comme à la mode. Le français c’est (encore) chic en somme.

    Et le foot dans tout ça ?

    Notre équipe de football est regardée avec un mélange d’admiration et de crainte, les vice-champions du monde  aux deux étoiles  floquées sur le maillot ont une réserve de talents dans leurs rangs. Mais les Polonais gardent aussi un regard critique pour ce qui est parfois vu comme de l’arrogance française dans le jeu de foot comme dans le tempérament national. Autant dire que les supporters se respectent mais que côté polonais on compte sur une fulgurance de Lewandowski, l’attaquant vedette du FC Barcelone et natif de la capitale polonaise,  pour clouer le bec au coq gaulois. Une victoire pour l’honneur serait bien vue ici et rattraperait l’élimination prématurée des Polonais.

    Ola, une supportrice polonaise est venue en afterwork en compagnie de son patron et de son compagnon suivre le match. L’atmosphère est particulièrement chaude au moment où retentissent les hymnes. Il fait trente-trois degrés au compteur. Mais Ola comme ses compatriotes restent stoïques pendant leur hymne comme si leur équipe jusque-là décevante ne méritait pas qu’on donne de la voix pour elle. Ola attend quand même du spectacle et une victoire à la clé…

    Ola, supportrice Polonaise
    Ola, supportrice Polonaise
    "La France haut perchée au classement des vainqueurs ?"
    « La France haut perchée au classement des vainqueurs ? »
    France-Pologne une love story?
    France-Pologne : une love story?

    Première mi-temps…The show must go out.

    En première mi-temps on ne peut pas dire que le spectacle soit sur le terrain. Hernandez (11ème) ou Dembélé (19ème) se procurent des occasions mais l’équipe est brouillonne et manque de tranchant. Dans le stade de Düsseldorf on sent poindre une déception devant un début de match que les spectateurs attendaient sûrement comme plus flamboyant. À Varsovie on résiste au soleil qui surplombe les quais et les bières commencent à circuler en nombre….

    Soudain dans la torpeur ambiante un cri aigu : un des supporters français se tord de douleur… Un insecte vient de lui infliger une bonne dose de venin et la piqûre fait gonfler immédiatement le doigt de notre malheureux gaulois.

    Quelques glaçons viennent soulager la douleur pendant que face à l’écran l’ennui est tangible. La mi-temps se transforme en un inévitable moment de rafraîchissement où chacun y va de son commentaire sportif le gosier en pleine réhydratation. Didier Deschamps n’a qu’à bien se tenir. Les « on a pas d’attaque » succèdent aux « faut faire rentrer Giroud » avant qu’un « c’est quand même pas terrible pour des champions du monde » ne mette tout le monde d’accord. Le gardien polonais, Lukasz Skorupski est l’homme de la première mi-temps puisque sa main n’a pas tremblé sur aucune des occasions tricolores.

    À la mi-temps Paul, un des soixante-deux millions de sélectionneurs français est lapidaire. « Ce match confirme notre niveau des premiers matchs, on ne marque pas et c’est poussif. Le retour de Mbappé ne change rien ».

    Deuxième mi-temps Penalty Vs Ennui.

    On croit assister à un remake de la première mi-temps quand Dembélé s’écroule dans la surface avant que Mbappé, en mode vengeur masqué, n’envoie le ballon au fond des filets sur le pénalty. Ça fait un zéro à la 56ème et dans le camp français on se réveille enfin. 

    Le déroulement du match semble donner raison à César qui a pronostiqué un deux zéro avec deux buts de Mbappé et qui bombe le torse dans sa nouvelle chemise neuve de fringant stagiaire.

    "Une foule sentimentale pour un match faible en émotion"
    « Une foule sentimentale pour un match faible en émotion »
    "Une foule sentimentale pour un match faible en émotion"
    « Une foule sentimentale pour un match faible en émotion »

    L’enthousiasme naissant sera vite douché. Lewandowski s’y reprend à deux fois pour réduire le score face à un Mike Maignan dépité à la 77ème.

    Ola multiplie les accolades affectueuses à son chéri qu’elle console d’un match nul et inquiétant pour une équipe de France qui devra trouver un autre rythme de croisière pour un 8ème qui pourrait l’opposer aux Belges revanchards ou à une équipe d’Europe centrale ou orientale, que ce soit la Slovaquie, la Roumanie ou l’Ukraine, dans un match couperet à élimination directe…

    Les supporters se dispersent lentement après le coup de sifflet final… pendant que Pierre-Yves, qui porte le maillot bleu de France 98, dévoile enfin qu’il porte aussi un maillot polonais en dessous. En dépit de la chaleur, voilà un supporter malin qui a réussi à réconcilier tout le monde en portant les deux couleurs de nations amies.

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