Le taux de chômage pourrait doubler au sein de l’UE si les mesures de soutien ne sont pas prolongées

Le taux de chômage pourrait doubler au sein de l’UE si les mesures de soutien ne sont pas prolongées

Les chiffres du chômage pourraient doubler dans l’UE et atteindre 30 millions de personnes, à moins que les gouvernements prolongent leurs mesures de soutien en réponse à la crise sanitaire actuelle, avertissent les syndicats dans une lettre adressée au bloc.

Déjà 15,6 millions de chômeurs

Le navire européen compte actuellement 15,6 millions de chômeurs, soit 1,7 million de plus que depuis le début de la crise sanitaire en mars.

D’après la dernière recherche de la Confédération européenne des syndicats (CES), fondée sur les données recueillies par ses affiliés nationaux, ce chiffre pourrait augmenter de 14 millions si les gouvernements des États membres décidaient de retirer soudainement leurs dispositifs de chômage partiel.

Dans ce contexte, Lukas Visentini, le secrétaire général de la CES, a envoyé une lettre aux ministres européens des Finances et de l’Emploi, les mettant en garde contre les risques encourus en cas de levée prématurée des mesures prises.

« Des dizaines de milliers de personnes, actuellement en chômage partiel et bénéficiant des diverses actions lancées par les gouvernements en matière de protection d’emploi, pourraient perdre leur travail si l’écart entre les mesures d’urgence et les versements du plan de relance n’est pas comblé par des stratégies de soutien appropriées ».

Lukas Visentini, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES)

Beaucoup de gouvernements étendent certes leurs mesures, « mais ce n’est pas le cas partout, et certaines catégories de travailleurs ne sont pas couvertes par celles-ci », comme les emplois précaires, les indépendants et les travailleurs saisonniers, note-t-il.

La CES a appelé les ministres à prolonger les régimes de soutien « jusqu’à ce qu’une réelle reprise économique soit amorcée » et à résorber les lacunes présentes.

« Nous vous demandons de considérer ces demandes dans les plus brefs délais, afin d’éviter une tragédie sur le marché de l’emploi, dont l’Europe ne sera pas en mesure de se remettre », a poursuivi le secrétaire général.

l’UE a lancé un plan de 100 milliards pour le chômage

Bien que l’UE ait lancé le programme SURE, un instrument doté de 100 milliards d’euros destiné à soutenir les mesures nationales d’activité partielle, il se pourrait qu’il ne soit pas suffisant.

Il n’en restera que 12 milliards, étant donné que 17 États membres ont déjà formulé des demandes de prêts, tandis que la situation sanitaire et économique continue de péricliter en Europe en raison de la deuxième vague de Covid-19.

Le programme SURE fait partie d’un mécanisme européen de financement d’urgence en cas de crise. La Banque européenne d’investissement (BEI) a également pris des mesures de soutien en injectant 25 milliards d’euros de garanties pour les États membres, de même que le mécanisme européen de stabilité offre jusqu’à 240 milliards d’euros en prêts bon marché aux gouvernements de la zone euro.

Ceux-ci sont néanmoins récalcitrants à l’idée d’utiliser le MES, étant donné qu’il est perçu comme le fonds de sauvetage de la zone euro. De plus, les représentants de la BEI ont indiqué qu’ils utiliseraient l’ensemble des garanties d’ici à mi-2021.

Parallèlement, la facilité pour la reprise et la résilience, le noyau du plan de relance pour l’Europe, ne sera pas introduite avant automne 2021, au moins.

Par conséquent, Maria Demertzis, directrice adjointe du groupe de réflexion Bruegel, soutient également l’idée de « financement-relais » jusqu’à ce que le plan de relance soit en place.

À ses yeux, la solution la plus pertinente serait de prolonger le SURE afin de pallier les répercussions d’une deuxième vague sur le marché du travail européen.

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