C’est l’été, les Français de l’étranger sont nombreux à rentrer en France pour retrouver famille et amis. Mais il y a aussi ceux qui font partie de cette nouvelle vie créée sur d’autres rivages. Et pour garder contact avec eux, il est naturel d’utiliser les moyens de communication mis à disposition. Mais gare à la note ! Avec les smartphones, nous avons pour habitude d’être connectés à Internet en continu. Réception de mails, notifications de diverses applications, messageries en ligne… Ce qui ne pose en général pas de problème, de nombreux forfaits mobiles comprenant internet en illimité dans leur offre. En revanche, lorsque vous quittez le territoire auquel votre abonnement est lié, les règles peuvent changer. On vous rappelle quelques règles et on vous donne des astuces pour bien profiter de votre voyage en France.
Smartphone et résidant en Europe ?
Si vous disposez d’un abonnement émis par un opérateur de l’Union européenne, sachez que lors de vos voyages en France que les appels et les SMS sont inclus dans votre forfait sans limite si votre abonnement est attaché à un des 27 pays membres de l’Union Européenne, en Norvège, en Islande et dans Liechtenstein.
Par contre, l’Internet mobile peut être facturé par l’opérateur : 2 €/Go depuis le 1er juillet 2022, pour atteindre 1 €/Go en 2027 », explique le ministère de l’Economie sur son site Internet. Usuellement, il y a un quota gratuit qui est inclus dans les offres. Il est bon de se renseigner avant de passer la frontière et de privilégier le wifi quand cela est possible.
Roaming mondial
Si vous avez un abonnement d’un autre pays, là, la note peut s’envoler rapidement. Mais dans le monde entier, les opérateurs ont l’obligation de plafonner la surfacturation. Le plafond est par défaut situé à 60 € sauf si un autre plafond a été convenu par le client avec l’opérateur. » Un message d’avertissement est envoyé au client lorsqu’il atteint 80 % du plafond par défaut ou du maximum convenu. Au-delà, le téléchargement en itinérance est verrouillé par l’opérateur, sauf demande expresse de la part de l’utilisateur.
La meilleure solution pour rester connecté tranquillement, c’est de se pencher sur une offre dédiée aux touristes. Ainsi en France, , une des solutions pour éviter de se ruiner est d’opter pour une carte eSIM auprès d’un fournisseur de services comme ceux proposés par Orange, SFR ou Bouygues Telecom. Mais il existe aussi une myriade d’opérateurs indépendants et spécialisés qui peuvent avoir des offres plus pertinentes selon le pays ciblé. Dans quelques semaines, la banque en ligne des expatriés, France Pay, proposera un numéro français inclus directement dans son offre et son app bancaire.
Après la publication de rapports sans appel de la Cour des Comptes, après la dégradation de la note relative à la dette publique par l’agence S&P, la France fait l’objet, depuis le mercredi 19 juin, d’une procédure pour déficit excessif par la Commission de l’Union européenne.
La Commission européenne a ouvert la voie à des procédures dites « pour déficits publics excessifs » contre sept États membres de l’Union européenne : l’Italie, la Belgique, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, Malte et la France. L’an dernier, les déficits les plus élevés de l’Union ont été enregistrés en Italie (7,4 % du PIB), en Hongrie (6,7 %), en Roumanie (6,6 %), en France (5,5 %) et en Pologne (5,1 %). La dette de la France est actuellement supérieure à 110 % de son PIB, celle de l’Espagne s’en approche, alors que celle de l’Allemagne n’atteint que 64 %.
Le placement de la France sous procédure pour déficit excessif était donc inévitable. La multiplication des promesses électorales ne peut que renforcer les craintes de la Commission d’un emballement de la situation budgétaire française. Les États européens concernés par la procédure de déficit excessif devront prendre des mesures correctrices afin de revenir progressivement sous la barre de 3 % du PIB, sous peine de sanctions financières qui peuvent atteindre 0,1 % du PIB par an, soit près de 2,5 milliards d’euros dans le cas de la France. La Commission pourrait prélever ces sommes sur les fonds du plan de relance européen ou les fonds de cohésion.
Les pays en déficit excessif doivent réduire au minimum leur déficit de 0,5 % par an.
En avril dernier, est entré en vigueur un pacte de stabilité « rénové » qui accorde plus de flexibilité aux États dans l’élaboration de leurs trajectoires budgétaires, sur le fondement de la soutenabilité de leur dette. Selon le nouveau pacte, les pays en déficit excessif doivent réduire au minimum leur déficit de 0,5 point par an.
Ce ratio automatique a été critiqué par de nombreux eurodéputés pour son effet restrictif sur une activité économique déjà atone, la Commission n’attendant pas plus de 1 % de croissance dans l’Union cette année. La Commission européenne a proposé aux États membres des trajectoires budgétaires de référence, sur quatre ans ou plus longtemps, offrant la possibilité d’un étalement des ajustements jusqu’à sept ans. En s’appuyant sur ces trajectoires, les ministères des Finances doivent travailler tout l’été et renvoyer à Bruxelles d’ici la fin septembre leurs plans budgétaires pluriannuels. La Commission donnera, en novembre, ses recommandations pour le rétablissement des comptes publics. Les trajectoires finales doivent être validées par le Conseil Ecofin en décembre.
Alerte sur la dérive des comptes sociaux
De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a averti, mercredi 19 juin, que les gouvernements en zone euro doivent améliorer « immédiatement » leurs finances publiques face aux risques de long terme liés au vieillissement démographique, à l’augmentation des dépenses de défense, au dérèglement climatique et au numérique. Concernant la France, après la Cour des Comptes, la Commission des Comptes, réunie à Bercy, a alerté sur la dérive des comptes sociaux.
Selon cette commission, le déficit attendu en 2024 serait bien plus important qu’initialement prévu. Alors que la loi de financement de la Sécurité sociale, adoptée à l’automne, avait retenu un déficit de 10,5 milliards, il pourrait atteindre 16,6 milliards d’euros. Cette dérive est imputable à des moins-values de recettes fiscales et sociales. La hausse de la masse salariale sur laquelle sont assises les cotisations s’élèverait à 3,1 % cette année (au lieu des +3,9 % initialement prévus). Les dépenses ont continué également à progresser de manière dynamique notamment en lien avec l’inflation, étant donné que les pouvoirs publics ont fait le choix de l’indexation. Le dérapage du déficit de la Sécurité sociale en cours d’exercice s’explique aussi par un effet base. Celui de 2023 (y compris le fonds de solidarité vieillesse) s’étant révélé plus important que prévu, 10,8 milliards d’euros au lieu de 8,7 milliards, l’exercice 2024 a démarré sur des bases plus dégradées qu’attendu.
Au sein du régime général de la Sécurité sociale, la branche maladie enregistre la plus forte dégradation, avec un déficit attendu à 11,4 milliards cette année. La branche vieillesse (régime de base du privé) connaît également une aggravation de son déficit de 1,3 milliard d’euros, celui-ci passant ainsi à 5,5 milliards d’euros.
La réforme des retraites ne permettra des économies qu’en 2030.
Les économies générées par le passage à 64 ans de l’âge légal de départ à la retraite n’interviendront que progressivement et seront réellement effectives qu’en 2030. Après avoir été longtemps excédentaire, le régime de retraite des collectivités territoriales (CNRACL) connaît, depuis 2018, un déficit continu. En 2024, il atteindrait 3,6 milliards, après 2,5 milliards en 2023. Selon les prévisions du Conseil d’orientation des retraites, il pourrait atteindre environ 10 milliards en 2030. Les difficultés de ce régime sont liées à l’augmentation du nombre de départs en retraite, tandis que celui des nouveaux affiliés stagne voire diminue. Les pouvoirs espéraient contenir le déficit de la Sécurité sociale à 17 milliards d’euros en 2027, or ce montant risque d’être atteint dès cette année, rendant obligatoire la mise en place d’un plan de rigueur bien plus tôt que prévu.
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a confirmé lundi (24 juin) vouloir supprimer le droit du sol en France, après les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, mais n’est pas revenu sur son concept de « double frontière » ou sur le pacte européen sur l’asile et la migration.
À quelques jours du premier tour des élections législatives, Jordan Bardella a dévoilé lundi matin à Paris le programme du RN, si le parti devait accéder au pouvoir au soir du 7 juillet.
Parmi les priorités du mouvement d’extrême droite, figure – sans surprise – la question migratoire, déclarée « troisième grande urgence », après le pouvoir d’achat et la sécurité. Jordan Bardella souhaite notamment une meilleure « maitrise de l’immigration » et supprimer le droit du sol.
Il y a encore quelques mois, le droit du sol permettait à n’importe quel enfant né en France, de parents étrangers, d’obtenir automatiquement la nationalité française à 18 ans, s’il résidait dans le pays au moment de sa majorité et s’il y avait vécu pendant au moins cinq ans depuis ses 11 ans.
La loi immigration, adoptée en janvier 2024, a durci les conditions du droit du sol, en abrogeant son caractère automatique. Un enfant né en France, de parents étrangers, doit désormais engager une procédure entre ses 16 et 18 ans pour demander la nationalité française.
Le président du RN souhaite aller encore plus loin, en supprimant totalement le droit du sol.
« L’acquisition automatique de la nationalité française ne se justifie plus dans un monde à 8 milliards d’individus, et alors que se multiplient sur notre sol les preuves quotidiennes de notre incapacité à intégrer et à assimiler », a-t-il affirmé lundi.
La « loi d’urgence » présentée dès l’été devrait supprimer ce droit, mais aussi créer un fonds pour remplacer l’aide médicale d’État (AME) par une Aide d’urgence vitale (AUV).
Supprimer le droit du sol serait « redoutable »
Au niveau juridique, supprimer le droit du sol pourrait s’avérer complexe, estime Smaïn Laacher, directeur de l’Observatoire du fait migratoire et de l’asile à la fondation Jean Jaurès.
La loi d’urgence devrait passer devant le Conseil constitutionnel « ce qui ne sera pas une mince affaire », et, en cas de cohabitation, Emmanuel Macron aura encore « son mot à dire ».
Selon lui, les véritables conséquences d’une telle mesure seraient plus à chercher sur la définition même de la nation française et sur l’unité du pays.
« Je crains le pire pour les immigrés », explique-t-il à Euractiv. « Supprimer le droit du sol modifiera radicalement la place de l’immigration dans la société française, et le rapport de la société française à l’immigration ».
Jordan Bardella souhaite que les personnes nées en France de parents étrangers fassent une demande nationalité française à leurs 18 ans, alors même qu’elles auront vécues dans l’Hexagone depuis leur naissance.
L’immigration a été déclarée « troisième grande urgence » par Jordan Bardella [Mohammed Badra/EPA]
« Cela va opérer une série de discriminations et de problématiques en matière d’attachement à la nation française, et donc à la nationalité française », alerte encore Smain Laacher. « Beaucoup de gens pourraient se dire ‘la France nous a rejeté et bien on la rejette aussi’ ».
D’après lui, imaginer que l’on va régler la question de l’immigration en France en supprimant le droit du sol est tout simplement impensable.
Réserver Schengen « aux seuls ressortissants européens »
Sur le volet migratoire, Jordan Bardella a indiqué vouloir refuser aux binationaux les postes à hautes responsabilités, expulser les délinquants et criminels étrangers et rétablir le délit de séjour irrégulier.
« Ces mesures sont dangereuses pour les étrangers en France », estime Najat Vallaud-Belkacem, présidente de France Terre d’Asile, qui se dit « inquiète » de la montée de l’extrême droite.
« Les mineurs non accompagnés et les demandeurs d’asile sont déjà l’objet d’une suspicion de principe, et les immigrés en situation irrégulière considérés comme des criminels ou des délinquants », souligne-t-elle dans un entretien avec Euractiv.
Côté Europe, Jordan Bardella n’est pas directement revenu sur son idée de « double-frontière », qui devrait signifier la mise en place de contrôles aux frontières françaises.
En revanche, le RN dit vouloir « ouvrir des négociations avec [ses] partenaires européens pour réserver la libre-circulation Schengen aux seuls ressortissants européens ».
Une mesure qui irait à l’encontre du pacte asile et migration, adopté à Bruxelles le 14 mai dernier, et contre lequel les eurodéputés RN ont voté contre. Le RN a d’ailleurs annoncé début juin déposer un recours contre le pacte, au motif que l’UE outrepasserait ses compétences.
Pour ce faire, le parti à la flamme fait appel à l’article 88-6 de la Constitution française, qui somme le gouvernement de saisir la Cour de justice de l’UE (CJUE), s’il obtient la signature de 60 députés à l’Assemblée nationale.
Contactée par Euractiv, la CJUE déclare qu’aucune affaire relative à ce recours n’a été introduite à ce jour.
Bonjour à toutes et tous, nous sommes le mercredi 26 juin, dans les titres de votre flash quotidien des expatriés : Le message d’Emmanuel Macron aux Français de l’étranger – Démarrage poussif pour le vote en ligne – Mobilisation historique en France
« Tout ce que vous faites contribue à enrichir la force de notre pays »
Voilà un des messages que le Président de la République partage avec les expatriés dans une interview exclusive donnée au site Lesfrancais.press. Il revient sur l’importance de voter, sur ses actions menées pour les Français de l’étranger et ses ambitions pour les années à venir. Mais Emmanuel Macron évoque aussi les conséquences de la victoire d’un des deux partis qu’il considère comme extrémistes sur votre quotidien à l’étranger.
Emmanuel Macron
Pour voter, il fallait être patient
Le vote en ligne s’est ouvert hier à midi. Et jusqu’à 17h, on peut le dire ce fut la galère. En effet, à cette heure-là, vous n’étiez que 77 000 à avoir voté. Mais c’était déjà trop pour le portail qui a saturé dès les premières minutes. Indisponibilité de la page, code de validation jamais reçu ou bien tard, les écueils furent nombreux. Mais le gouvernement comme l’administration ont réagi et le prestataire a élargi la capacité de connexions simultanées.
Legislatives 2024
Un contexte politique inédit qui semble mobiliser
À moins d’une semaine du premier tour des législatives, le ministère de l’Intérieur a enregistré 1 377 105 procurations. Selon BFM, cela représente 5,9 fois plus de procurations que pour les législatives de 2022 sur une période similaire. Pour ceux qui n’arrivent pas à voter en ligne, vous avez encore quelques jours pour faire la démarche et la faire certifier dans un consulat ou une mairie, un commissariat de police en France.
C’est tout pour aujourd’hui, n’oubliez pas de voter et de profiter de votre journée ou que vous soyez ! À demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés.
Hier, lundi 24 juin, le Président de la République a écrit une lettre aux Français que nous partageons avec vous ci-dessous. Mais il a voulu aussi parler directement à tous nos compatriotes expatriés. Pour cela, Emmanuel Macron a choisi, en exclusivité, Lesfrancais.press. Nous lui avons posé 3 questions qui nous semblaient fondamentales alors que le vote en ligne s’est ouvert ce mardi 25 juin à midi (heure de Paris).
L’interview exclusive du chef de l’Etat
Lesfrancais.press : Le vote en ligne s’ouvre aujourd’hui. Pourtant la participation est toujours très faible chez les Français de l’étranger. Que pouvez-vous leur dire pour les inciter à voter plus nombreux ?
Emmanuel Macron : Je leur dirai que c’est leur responsabilité.D’abord, il faut toujours participer au vote. C’est le sens de notre République. Nous sommes des citoyens avec d’abord des devoirs, puis des droits. Le vote est un devoir, pour soi-même, pour les autres. Qu’on soit en France ou à l’étranger, il revient à chacun de s’exprimer et de faire entendre sa voix.
C’est particulièrement vrai aujourd’hui, avant un scrutin qui décidera de l’avenir de la Nation. Veut-on une France dirigée par l’extrême-droite qui s’abîme dans la division, la haine et le chaos ? Une France qui fait sécession économique avec le reste du monde, c’est le choix de l’extrême gauche, et dirigée par un parti, la France Insoumise, qui n’est pas au clair avec les valeurs républicaines ou la lutte contre l’antisémitisme ? Ou une France qui rayonne en Europe et dans le monde, forte économique, diplomatiquement, militairement pour porter sa parole humaniste ?
Le résultat des élections aura des conséquences très concrètes pour tous les Français et en particulier les Français de l’étranger. Je dis à nos concitoyens hors de nos frontières : regardez les programmes. Si le RN arrive au pouvoir, ce sera la fin de l’accès à certains postes de l’Etat pour les binationaux. Autant dire, un avenir beaucoup plus sombre pour tous ceux qui considèrent que l’ouverture est une richesse. Chacun doit donc prendre ses responsabilités.
Lesfrancais.press : Malgré les efforts, les Français de l’Etranger ont toujours le sentiment de ne pas être considérés comme des Français à part entière, quelles sont les priorités pour les expatriés dans les prochains mois ?
Emmanuel Macron :Président de la République, j’agis pour tous les Français sans distinction. Je peux toutefois affirmer que pour les expatriés, depuis 2017, nous avons fait beaucoup. Nous avons traversé ensemble la crise du Covid, en faisant notre maximum pour garantir aux expatriés les rapatriements si besoin, l’accès à nos services consulaires. Nous avons d’ailleurs augmenté les moyens du ministère des affaires étrangères, comme celui de la recherche et de l’enseignement supérieur et nous avons consolidé notre réseau d’Alliances françaises et nos échanges culturels, scientifiques, technologiques.
Depuis 2017, j’ai tenu à rencontrer chaque fois les communautés françaises dans mes nombreux déplacements. Pour ceux qui sont en Europe, nous avons défendu un projet vers plus de liberté, de facilité, d’échanges entre nos Nations et la France a conquis une place centrale dans la construction de cette Europe souveraine. Pour tous les Français de l’étranger, nous avons rendu la France plus forte, plus attractive. C’est vrai en matière économique, avec une baisse de la fiscalité, des résultats inédits sur le chômage et la réindustrialisation. C’est vrai, aussi, du rôle de la France dans la défense de nos biens communs mondiaux : santé, environnement, lutte contre la pauvreté. J’ai toujours essayé de placer la France à la bonne hauteur et de rendre nos compatriotes fiers d’eux-mêmes et du pays. C’est pourquoi je veux une France qui rayonne, avec la Francophonie, avec sa culture, avec ses entrepreneurs, avec notre rôle pour la paix et notre défense du multilatéralisme. C’est quand nous sommes fidèles à cet héritage universel que le monde aime la France et ceux qui en sont les visages. Et dans les prochains mois, je veux continuer à agir pour rendre la vie de nos expatriés plus simple.
Lesfrancais.press : Vous avez souvent dit que les Français de l’étranger étaient les premiers « ambassadeurs » de notre pays. Beaucoup sont inquiets des conséquences de la dissolution sur l’image et l’action de la France dans le monde, si l’arc républicain que vous appelez de vos vœux dans votre lettre n’obtient pas la majorité. Comment Le Président de la République pourra-t-il agir pour les rassurer ?
Emmanuel Macron :C’est vrai, être un Français de l’étranger c’est être nos ambassadeurs. Parce que vous êtes vus ainsi, comme gardiens de notre universel, dans vos talents, dans votre apport aux pays de résidence, dans vos réalisations. Parce que tout ce que vous faites contribue à enrichir la force de notre pays : de la création d’entreprise à l’engagement humanitaire, ou avec la participation à la vie économique ou culturelle des pays d’accueil. Je comprends l’inquiétude sur les prochains mois. Le moment politique que nous vivons, bien d’autres démocraties occidentales l’ont traversé. Je veux dire d’abord qu’il ne faut céder à aucune fatalité. Il faut aller voter ! Ensuite, je ne me place pas dans des hypothèses politiques. Je protégerai les Français jusqu’en 2027. Dans notre Histoire, le peuple français a toujours su refuser le vertige et le chaos. Je serai là pour être fidèle à ce chemin de liberté, d’égalité et de fraternité et protéger la place de la France en Europe et dans le monde.
Il y a quinze jours, je vous ai annoncé la dissolution de notre Assemblée nationale.
J’ai pris cette décision en responsabilité, avec beaucoup de gravité et après une réflexion de plusieurs semaines. Je l’ai prise dans l’intérêt du pays avant toute autre considération, y compris personnelle, n’ayant par définition plus aucune échéance électorale.
D’abord, le fonctionnement de notre Assemblée et le désordre des derniers mois ne pouvaient plus durer. Les oppositions s’apprêtaient à renverser le gouvernement à l’automne, ce qui aurait plongé notre pays dans une crise au moment même du budget.
Ensuite, la majorité présidentielle avait essuyé une défaite lourde aux élections européennes, accompagnée d’un vote pour les extrêmes droite et gauche de près de 50% des suffrages exprimés.
J’aurais pu ne pas en tenir compte. C’était, croyez-moi, la solution du confort à laquelle je n’ai pas cédé.
J’aurais pu changer de Premier ministre et de gouvernement et tirer là les leçons d’une élection où le chef du gouvernement à ma demande s’était engagé. Nombre de mes prédécesseurs ont fait ainsi. C’eut été facile pour moi. Mais cela ne réglait aucun problème.
Alors oui, cette dissolution était le seul choix possible à la fois pour prendre acte de votre vote aux élections européennes, pour répondre au désordre en place et au désordre plus grand à venir. Pour agir dans un moment où notre pays est confronté à des défis historiques.
Cette décision a été difficile et soudaine pour les parlementaires et pour leurs collaborateurs. Je leur dis mon amitié et mon respect. Je remercie les maires, leurs équipes et les bénévoles qui vont tenir nos bureaux de vote et dépouiller les bulletins le 30 juin et le 7 juillet prochains.
Je sais que, pour beaucoup d’entre vous, cela a été une surprise qui suscite de l’inquiétude, du rejet, parfois même une colère tournée contre moi. Je la comprends et je l’entends.
Mais cette décision est la seule qui peut permettre à notre pays d’avancer et de se réunir. Vous demander de choisir, vous faire confiance, n’est-ce pas là le sens-même de la démocratie et de notre République ?
L’élection qui vient est un rendez-vous de confiance, grave, sérieux, à l’occasion duquel nous devons clarifier le choix pour notre pays et pour nos vies.
Car cette élection n’est pas l’élection d’une femme ou d’un homme, ce n’est ni une élection présidentielle, ni un vote de confiance envers le Président de la République. C’est celle de 577 députés. C’est celle d’une majorité de gouvernement. C’est celle d’une seule question: qui pour gouverner la France? Avec trois propositions claires.
L’une, à l’extrême-droite, autour du Rassemblement National. Elle prétend mieux répondre à l’immigration illégale et l’insécurité sans rien proposer concrètement. Elle divise la Nation en opposant ceux qu’elle nomme de vrais Français et des Français de papier. Elle ignore le changement climatique et ses conséquences. Elle prétend vous rendre du pouvoir d’achat mais en revenant sur les réformes des retraites ou en faisant des promesses sur le prix de l’énergie, elle augmentera vos impôts.
La deuxième proposition est celle formulée par la France insoumise et ses alliés. Elle refuse la clarté sur la laïcité et l’antisémitisme. Elle est divisée sur la réponse à apporter au changement climatique. Elle prétend répondre aux injustices de notre société par une augmentation massive des impôts pour tous, et pas seulement pour les plus riches.
La troisième proposition est celle du bloc central d’Ensemble pour la République ! Elle est portée par un Premier ministre et des responsables politiques que vous connaissez, et propose de continuer les réformes pour le travail, la réindustrialisation, une écologie des résultats, pour investir dans les services publics sans impôts ni dette supplémentaire et de défendre une laïcité assumée et une autorité restaurée depuis l’école jusqu’à la justice. Elle défend des choix clairs sur Israël et Gaza comme sur l’Ukraine et a bâti depuis 7 ans une armée plus forte dont nous aurons doublé le budget.
Cette troisième voie est la meilleure pour notre pays. Non seulement parce qu’elle protège les Français et prépare l’avenir. Mais parce qu’elle est la seule à pouvoir à coup sûr faire barrage à l’extrême droite comme à l’extrême gauche au second tour.
Les candidats d’Ensemble pour la République ont d’abord un bilan qui sans doute n’est pas parfait mais qui serait remis en cause si les extrêmes l’emportaient. Depuis sept ans, beaucoup a été fait: l’attractivité retrouvée, les usines rouvertes, les plus de 2 millions d’emplois créés, les baisses d’impôts, les hausses de salaires notamment pour nos soignants et nos professeurs, l’écologie à la française qui permet de faire baisser les émissions six fois plus vite, le renforcement de nos services publics en Hexagone comme en outre-mer, l’action pour l’égalité entre les femmes et les hommes, l’accompagnement et l’inclusion des personnes en situation de handicap, la protection face aux crises comme le COVID, la guerre en Ukraine ou l’inflation.
Tout cela mérite que nous continuions le travail.
Mais l’objectif ne peut être seulement de continuer ce qui a été fait. J’ai entendu que vous vouliez que cela change.
Je vous ai entendu sur l’insécurité, l’impunité. Sur les vies rendues impossibles par les délinquants, par les récidivistes, par la violence de certains mineurs dans nos villes et dans nos villages. Cela a beaucoup nourri le choix de certains pour le Rassemblement National.
Le gouvernement devra donc apporter des réponses beaucoup plus fortes et fermes.
Vous avez exprimé une demande forte de justice sociale. Aujourd’hui en France, quand on ne grandit pas dans « la bonne famille » ou dans le « bon quartier », atteindre le niveau de vie de ceux qui sont bien nés est quasiment impossible. Même quand on a beaucoup de talent. Et même en travaillant durement. Aussi, le prochain gouvernement devra refonder la politique de l’enfance, protéger mieux nos jeunes et lutter plus fortement contre toutes les discriminations.
Et puis, je ne suis pas aveugle: je mesure le malaise démocratique. Cette fracture entre le peuple et ceux qui dirigent le pays que nous n’avons pas réussi à résorber. Oui, la manière de gouverner doit changer profondément.
Le gouvernement à venir, qui reflétera nécessairement votre vote, rassemblera, je le souhaite, les républicains de sensibilités diverses qui auront su par leur courage s’opposer aux extrêmes.
Vous l’avez compris, par ces élections législatives du 30 Juin et du 7 Juillet, il s’agit de choisir une majorité pour protéger les valeurs de la République, gouverner dans le respect, et porter une ambition pour la France.
Pour cela, je vous fais confiance : analysez les programmes, décidez et allez voter. En conscience et en responsabilité.
Pour cela, je fais confiance aux responsables politiques des forces de l’arc républicain en souhaitant qu’ils puissent dès le 8 Juillet travailler ensemble.
Pour cela je fais confiance aux responsables de la majorité et au Premier Ministre pour rester unis, au service de leurs candidats dans chaque circonscription, au service d’un projet d’action pour le pays.
Pour cela enfin, vous pouvez me faire confiance pour agir jusqu’en mai 2027 comme votre Président, protecteur à chaque instant de notre République, de nos valeurs, respectueux du pluralisme et de vos choix, à votre service et à celui de la Nation.
Cette élection est la nôtre. C’est vous qui la ferez. Alors n’ayez pas peur, ne vous résignez pas. Votez. Choisissez le respect, l’ambition et la justice pour notre Nation. Nous le méritons. La France le mérite.
Poursuite de nos rencontres avec les candidats aux élections législatives de 2024, pour les Français de l’étranger. Aujourd’hui, Sergio Coronado, élu député « Europe-Écologie-Les Verts » de la 2ème circonscription des Français de l’étranger de 2012 à 2017, il est aujourd’hui le candidat écologiste du Nouveau Front Populaire pour cette circonscription qui couvre l’Amérique latine et les Caraïbes.
Depuis 2022 Sergio Coronado était le secrétaire général du groupe Écologistes et pluriel-s au conseil municipal de Marseille. Il se lance donc à nouveau dans la campagne.
Écouter l’interview du candidat du Nouveau front populaire
« Un accord électoral qui permet (…) d’aller unis à cette élection législative »
Q : Il ne reste que quelques jours avant le vote, d’une part électronique, puis à l’urne, un délai extrêmement court. Allez-vous pouvoir faire campagne correctement dans cette grande circonscription ?
Nous avons prévu un certain nombre de déplacements qui commenceront par le Mexique, qui iront ensuite à Bogota, à Santiago, au Chili, en Argentine, au Brésil.
Mais c’est vrai, c’est une campagne qui se déroule dans des conditions tout à fait particulières. La décision du Président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale le soir des résultats de l’élection européenne, où l’extrême droite est arrivée en tête et donc espérant gouverner en fait puisqu’elle avait dépassé les 30 %, a mis une situation tout à fait particulière sur la difficulté d’organiser pour les services de l’État cette élection dans de bonnes conditions.
C’est une forme de brutalité en fait, dont a fait preuve Emmanuel Macron. Je crois que la démocratie a besoin de temps. Je crois que le débat d’idées a besoin de temps, de pédagogie, de confrontation, de débat. Je ne suis pas sûr que nous ayons ce temps, nécessaire à toute élection, à tout débat démocratique. Je le regrette fortement et je crois que c’est une décision incomprise, même parmi ses soutiens, on voit aujourd’hui un président en campagne, des élus macronistes un peu désarçonnés, ne sachant pas très bien sur quel programme ou sur quelle orientation ils vont faire campagne.
Nous, nous n’avons pas ces difficultés. L’ensemble des forces de gauche et les écologistes ont passé un accord programmatique, qui a été salué notamment par des économistes de renom, qui ont dit que c’était le meilleur projet, qu’il était chiffré, qu’il était ambitieux, qu’il remettait les services publics, la justice sociale au cœur des futures politiques.
Et il y a eu également un accord électoral qui permet, à la gauche rassemblée et aux écologistes, d’aller unis à cette élection législative.
Q : Dix jours de campagne, vous n’avez pas le sentiment que c’est aussi quelque part priver justement les électeurs de débats ?
Nous allons essayer de faire exister ce débat. C’est pour ça que je vous réponds et je réponds à l’ensemble des sollicitations des journalistes. Nous organisons ce soir même un webinaire sur l’ensemble de la circonscription et nous aurons des débats, nous organisons également des rencontres sur les réseaux sociaux.
Mais la responsabilité, elle, ne nous incombe pas. Je n’ai pas choisi la date de la dissolution, je n’ai pas choisi la date du premier tour. Je n’ai pas choisi que cette campagne se déroule dans de si mauvaises conditions. Je crois qu’en effet, l’ensemble des candidats, qui sont aujourd’hui en lice, regrettent la manière de procéder du président de la République, cette brutalité, cette précipitation qui prive en effet les Français de débat.
Cependant, je crois que le choix qui est aujourd’hui celui auquel les Françaises et les Français sont appelés à trancher, est assez clair, le président de la République en 2017 et ensuite en 2022 et s’est fait élire sur l’idée de faire barrage à l’extrême droite.
J’ai fait partie, comme beaucoup d’entre nous, de ces électeurs-là qui ont voté Emmanuel Macron alors même qu’il n’était pas mon candidat. Je l’ai fait pour empêcher que l’extrême droite n’accède aux responsabilités dans mon pays.
Je suis arrivé en France au début des années 80, je suis né au Chili et ai grandi en Argentine. Ma famille est une famille exilée, accueillie par la France et je dois beaucoup, si ce n’est tout, à ce pays qui nous a accueillis, qui nous a permis de vivre en liberté, en sécurité, de bénéficier des protections qu’une démocratie octroie à ses citoyens, que l’État de droit garantit.
Et je crois en effet que l’idée que l’extrême droite pourrait gouverner le pays est une blessure pour le fils d’exilés que je suis, pour le français devenu. Aujourd’hui, plus personne ne pense que le président Emmanuel Macron est un rempart. Il est devenu même un agitateur de ces idées-là.
« Les Français ont besoin d’espoir »
Q : Vous parlez beaucoup de l’extrême droite. Les élections européennes sur votre circonscription ont placé entre le RN et Reconquête à environ 17 %. Ne pensez-vous pas qu’en parler dans votre campagne auprès des électeurs des Français de l’étranger, n’est pas aussi faire évoluer les idées dans le débat.
Je ne suis pas dans le déni. Le risque existe. Il est tous les jours commenté par les journalistes sur les plateaux de télévision et nous vivons dans un monde désormais connecté en fait. Et les sondages dont on nous abreuve ne disent pas autre chose.
Ma campagne n’est pas une campagne contre, c’est une campagne en faveur d’un autre projet de société, d’un projet où la justice sociale redevient une boussole, où la question, par exemple, de nos services publics redevient une priorité. Nous avons constaté dans notre circonscription les effets de la politique de coupes budgétaires. Nous avons désormais des services consulaires qui répondent avec difficulté aux attentes des Français. Nous avons un budget des bourses qui est toujours insuffisant pour répondre favorablement à la demande de scolarité des familles dans un système français.
Je pense en effet que les Français ont besoin d’espoir, de perspectives, d’un horizon politique. Et c’est ce que nous allons essayer de faire avec ma suppléante, Louise Guibrunet, résidente au Mexique, qui est enseignante chercheuse.
Q : Si vous êtes élu député, quelle serait la réforme pour les Français de l’étranger que vous souhaiteriez défendre ?
Je déposerai un projet qui vise à sanctuariser la binationalité, c’est la situation de beaucoup d’entre nous. Nous sommes des binationaux, nous avons des familles binationales qui ont des enfants binationaux. Les attaques de plus en plus nombreuses, qui ont commencé il y a une quinzaine, une vingtaine d’années, contre la binationalité sont inquiétantes et elles sont contraires, à ce qu’est la France, à ce qu’est la France dans le monde, à ce que sont les Français établis à l’étranger, qui sont en très grande majorité binationaux.
Q : Quel serait le projet que vous souhaitez vraiment porter à l’Assemblée pour la 2ème circonscription ?
Je souhaite porter un projet qui rende la parole aux Françaises et aux Français, et notamment à celles et à ceux de la 2ème circonscription qui sont parfois loin de nos institutions. Les ambassades, les consulats sont basés dans les capitales et nous avons des Français qui sont loin de ces services publics. Je souhaite, avec Louise Guibrunet, ma suppléante, mettre en place un Parlement. Un Parlement de la France dans la circonscription, en Amérique latine et dans les Caraïbes, ouverte aux élus, aux associations et aux citoyens. Je pense qu’il est nécessaire de faire vivre cette démocratie. Nous sommes des citoyens Français.
Les Français établis à l’étranger sont considérés comme des citoyens de seconde zone. J’ai été frappé, lors de mon premier mandat de député, par la méconnaissance absolue des conditions de vie des résidents à l’étranger par les élites politiques, par les responsables politiques. Quand je venais parler des difficultés sociales, des difficultés de retraites, des difficultés de couverture sociale, on me regardait comme si j’avais abusé du vin rouge ou d’un cocktail un peu alcoolisé au bord d’une piscine on me répondait : « Mais enfin, les Français à l’étranger, ce sont des expatriés. Ils passent leur temps entre les cocktails et les rendez-vous mondains et ils ont beaucoup de personnel à la maison ».
Les difficultés rencontrées par mes compatriotes dans la vie à l’étranger, je les ai rencontrées. La prise en charge médicale, l’assurance, les coups, tout ça n’est pas simple. Ces difficultés-là, je les connais par cœur, et je crois en effet qu’on a besoin de faire corps, en fait, au-delà des étiquettes politiques. J’ai eu comme expérience un travail collaboratif de bonne entente, avec l’ensemble des élus des Français établis sur le continent. Nous avons toutes et tous conscience de la difficulté à faire comprendre à Paris, au Parlement, la réalité de nos vies à l’étranger.
Q :Quel serait le message que vous souhaitez aujourd’hui adresser à vos électeurs de la deuxième circonscription ?
C’est un message d’espoir. Je pense qu’il faut redonner espoir au pays. Je crois que les Françaises et les Français qui vivent dans la 2ème circonscription ont conscience de l’image qu’incarne la France, notamment sur le continent latino-américain.
Une voix de défense des droits de la liberté, la voix de la démocratie, la voix aussi des révolutions et des émancipations dans le monde. Je crois que ces voix portent moins.
La présence française dans le monde est en net recul, je crois que la France ferait bien de reprendre le drapeau de la défense du droit international, de la lutte contre les régimes autoritaires, les dictatures. Qu’elle développe une diplomatie de la paix, du développement durable, nous en avons besoin. Les Françaises et les Français établis en Amérique latine en ont besoin et ils seraient fiers à nouveau de notre pays, de la France et de notre gouvernement.
Les candidats de la 2eme circonscription des Français établis hors de France sont (par ordre du tirage au sort) :
1. Mme AGOSTINI Jessica, remplaçant M. FRANCISCO Xavier;
2. Mme GONCALVES Marie-Nathalie, remplaçant M. VANDAMME Marlon;
3. M. DUPONT Bertrand, remplaçante Mme MARTIQUET Frédérique;
4. Mme MERCIER Camille, remplaçant M. BROSSOLET Théodore;
5. Mme COURMONTAGNE Nora, remplaçant M. COURMONTAGNE Charles-Edouard;
6. Mme CAROIT Eléonore, remplaçant M. LARROUQUIS Benoît
7. M. CORONADO Sergio, remplaçante Mme GUIBRUNET Louise.
Poursuite de nos rencontres avec les candidats aux élections législatives pour les Français de l’étranger. Nous sommes avec Elsa Di Meo, candidate du Nouveau Front Populaire pour la 10e circonscription des Français de l’étranger. Installée en Afrique, à Yaoundé, Elsa Di Meo a rejoint le Parti Socialiste après une date importante, le 21 avril 2002. Aujourd’hui, elle brigue parmi les 12 candidats de cette circonscription le mandat de députée.
Écouter l’interview de la candidate du Nouveau Front Populaire
« Ce sont des dizaines de crises qui traversent les 49 pays de notre circonscription. »
Q : Il ne reste que quelques jours d’ici le vote, notamment le vote électronique, comment pensez-vous vraiment pouvoir faire une campagne en si peu de temps ?
En effet nous sommes face à une élection anticipée qui est précipitée, situation institutionnelle créée par le président de la République. On ne peut pas se satisfaire aujourd’hui de devoir dans des conditions extrêmement précipitées, mais aussi dans un contexte politique très tendu, demander aux Français et aux Françaises de l’étranger de se prononcer aussi rapidement.
Je décolle dès aujourd’hui pour aller rencontrer nos compatriotes du Liban, de Madagascar et très probablement de l’île Maurice. Donc c’est un marathon qui commence pour moi aujourd’hui.
J’ai une équipe qui s’occupe, dans chaque pays d’organiser le vote des 30 juin et 7 juillet prochains, de convaincre sur notre candidature avec Anne-Claire Yaeesh. C’était important pour nous de montrer qu’en tant que Français de l’étranger, nous avons conscience que cette élection c’est un enjeu national fort, mais c’est aussi une élection qui doit servir aux Françaises et aux Français de l’étranger pour défendre leurs préoccupations.
Il ne faut pas que cette élection précipitée passe sous le tapis les problématiques concrètes que nous rencontrons et c’est ça que je veux porter dans cette campagne. C’est une échéance qui est très importante pour notre pays et on ne peut pas en faire abstraction, des préoccupations des Français de l’étranger qui doivent être entendues à Paris et en France.
Q : N’avez-vous pas le sentiment que cette campagne « express » prive les électeurs de véritables débats ?
Là où nous sommes privés de débats, c’est surtout sur nos préoccupations, parce que la campagne est confisquée par la situation créée par le président de la République. Je vais faire en sorte de donner l’occasion aux électeurs de la 10ème circonscription de se positionner sur un vrai choix de société. Voulons-nous demain ou non une assemblée nationale dirigée par l’extrême droite ?
Chaque député va compter.
Donc le premier message que je veux faire passer aux électeurs c’est que le vote utile, pour empêcher l’extrême droite d’être majoritaire à l’Assemblée nationale, c’est le vote, dans cette 10ème circonscription, pour le nouveau Front populaire, donc pour ma candidature avec ma suppléante Anne-Claire Yaeesh.
Deuxième chose, vous avez raison, il ne faut pas se faire confisquer les problématiques sur lesquelles nous attendons un député. Dans la 10ème circonscription, nous avons vu à quel point nous étions inaudibles, peu représentés à l’Assemblée nationale depuis sept ans, nous avons vu à quel point la députée était absente d’un certain nombre de nos pays, d’un certain nombre de nos débats. Je reviendrai sur son bilan dans cette campagne.
Je veux aussi dire aux Français de l’étranger, vous avez un vrai sujet devant vous pour vos préoccupations et pour défendre les sujets et les défis quotidiens que nous avons sur cette circonscription. Défi sur les services consulaires, défi sur l’accès au financement français. Je crois que vu de l’étranger, nous sommes encore plus conscients que les Français sont face à un choix de société.
Nous sommes à un moment crucial sur le choix de société qu’on veut pour la France, pour la France à l’étranger, et pour le rayonnement de la France.
Q : Vous parlez des extrêmes et de ce choix de société. Dans votre circonscription, le Rassemblement national et le bloc de l’extrême droite dans son ensemble a fait un score. Parlez d’eux n’est-ce pas les faire évoluer auprès des électeurs ?
Hélas, l’extrême droite n’a besoin de personne pour évoluer. C’est la première fois qu’on est confronté à des scores aussi importants. Donc ne nous y trompons pas, le danger est réel et le danger est partout.
Ne nous y trompons pas non plus. Celui qui a posé, hélas, les termes du débat comme un défi face à l’extrême droite, c’est le Président de la République. Rien de l’obligeait à dissoudre, rien de l’obligeait à expliquer que le score du Front National ouvrait des élections nationales en France.
On ne fait que répondre à ce défi.
Ce qui ressort de la responsabilité qu’a eue la gauche à s’unir, c’est que la course de vitesse aujourd’hui, elle est entamée entre un bloc d’extrême droite dure, dont il faut être clair sur ce qu’il raconte, sur son projet, sur les attaques sur la binationalité par exemple, et en face une union responsable d’un arc républicain très large qui veut empêcher cela. Nous devons nous unir et demain gouverner la France avec un programme de rupture à la Macronie.
Q : Je le rappelais en introduction, vous vous êtes engagée au Parti Socialiste lors de la présidentielle de 2002.
J’ai adhéré au Parti Socialiste au lendemain de l’accession de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. J’ai été très engagée à Fréjus, dans le Var, une des dix premières villes ayant basculé à l’extrême droite en 2014. Et nous avons vu, hélas, ce qu’était le Front National, le Rassemblement National aux Affaires. Nous avons vu ce bloc d’extrême droite casser, abîmer l’ensemble des services publics pour les plus vulnérables.
Mon combat aujourd’hui, est de faire en sorte que la France ne bascule pas dans ce vote le 30 juin prochain et ne donne pas une majorité à l’extrême droite.
Bien sûr, j’aurais préféré que l’ensemble des partis républicains apportent suffisamment de réponses et enraillent cette dynamique.
Q : Je reviens sur justement cette notion de campagne express. On va être concret. Dans un premier temps, quelle serait la réforme pour les expatriés de façon générale, et pas uniquement sur votre circonscription, que vous vous engagez à porter ?
Pendant sept ans, la députée sortante a fait zéro proposition de loi écrite. Ce qui veut dire zéro proposition de loi pour les Français de l’étranger. Ce n’est pas comme ça que l’on représente nos compatriotes de la 10ème circonscription des Français de l’étranger.
La première loi que je m’engage à mener est celle du réengagement dans nos services consulaires et dans nos services à l’étranger. La contraction des moyens financiers pour nos services consulaires, c’est la casse pour nous de la proximité avec la France, de notre lien avec la France. J’entends par là les services consulaires, les services d’enseignement du français à l’étranger. Ce sont toutes ces composantes qui ont été totalement cassées par le désengagement financier et par la suppression du rayonnement de la France à travers ses services consulaires.
Donc mon premier engagement, ce sera d’appeler à une loi qui permettra le réengagement financier sur ces sujets.
Q : Et sur le plan local, pour la 10ème circonscription, quelle serait justement la première action en tant que député que vous souhaiteriez mener ?
La première action, doit être celle, en tant que député, de mettre en place un rythme de proximité avec nos concitoyens. Cette circonscription, c’est 49 pays et deux continents. Donc je m’engage d’abord à un rythme régulier de rencontres sur chacun de nos pays. On ne peut pas à la fois être absent de l’Assemblée nationale comme l’a été la députée sortante.
Le premier engagement que je prends devant vous c’est celui-là, celui d’être une députée présente sur l’ensemble de nos pays, deux fois par an, à votre rencontre. La deuxième chose, puisque vous m’interrogez sur les éléments concrets pour notre circonscription, nous avons 80% des centres médicaux sociaux français restants qui sont sur les pays de notre circonscription. C’est un enjeu considérable. Ce n’est pas juste un enjeu symbolique, c’est un enjeu pour les populations les plus vulnérables mais aussi pour pouvoir être, dans une situation de crise extrême dans nos pays, assurer d’avoir pour nos familles un accès à la santé et au service public de santé de qualité.
Je m’engagerai dès mon élection pour que le service santé des Français de l’étranger soit à la hauteur. Ce sera ma première proposition, je m’engagerai dès mon élection pour les sujets d’accès à la santé.
Q : Vous êtes dans une circonscription qui vit sur le plan géopolitique des situations humanitaires extrêmement graves. Vous avez des Français sur ces zones-là. Qu’est-ce que vous avez à dire sur cette situation ?
La situation est extrêmement grave et on voit bien avec la montée de la crise aujourd’hui et les déclarations du gouvernement israélien à quel point nos compatriotes sont inquiets. Ce sont des dizaines de crises qui traversent les 49 pays de notre circonscription. Vraiment, je veux dire d’abord tout mon soutien à nos compatriotes qui sont particulièrement inquiets au fur et à mesure qu’ils voient cette situation s’enflammer et s’embraser chaque jour un peu plus au Moyen-Orient.
Je l’ai dit en rentrant en campagne et je veux le redire ici. Lutter contre l’extrême droite, c’est aussi lutter contre le gouvernement d’extrême droite de M. Netanyahou, qui est en train de piétiner le droit international, qui est en train de bafouer la dignité humaine et qu’il faut stopper dans l’ensemble de son embrasement de la région. Je crois que la France doit être audible, doit être vocable sur cette situation. On ne peut pas laisser les Français de l’étranger dans cette zone être chaque jour plus inquiets de la situation et avoir le sentiment que la France n’est pas à leurs côtés.
Q : Quel est le message que vous souhaitez aujourd’hui adresser à vos électeurs de la 10e circonscription ?
Je suis engagée depuis plus de 20 ans dans le milieu associatif, dans le milieu syndical et dans le milieu politique. J’ai une expérience d’élu que je mettrai au service des Français de cette circonscription, une problématique des Français de l’étranger que je connais bien, puisque je suis moi-même Française de l’étranger depuis plus de dix ans, et j’ai envie de passer un message aux électeurs de cette dixième circonscription, ne vous y trompez pas, ici aussi il s’agit de répondre à deux enjeux. Empêcher l’extrême droite d’être majoritaire à l’Assemblée nationale en envoyant le plus de députés du
Nouveau Front Populaire. Mais il s’agit aussi de ne pas se faire confisquer cette campagne et de porter la voix des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale. Je serai cette députée, députée de proximité et députée engagée sur vos défis et vos challenges.
Suite de nos rencontres dans le cadre de la campagne des élections législatives de 2024. Aujourd’hui, nous sommes avec Amélia Lakrafi, députée sortante de la dixième circonscription des Français de l’étranger réélue en 2022, candidats de la majorité présidentielle sous l’étiquette Ensemble, avec le soutien du parti d’Édouard Philippe, Horizons.
Ecouter l’interview de la candidate Ensemble !
« Ne laissez pas aux autres prendre des choix à votre place »
Q : La campagne ne dure que quelques jours, comment est-ce que vous pensez vraiment pouvoir faire campagne en si peu de temps ?
J’ai la chance d’avoir, à l’étranger, des Français investis, des Français qui ont envie de nous suivre, envie d’aller voter et d’utiliser leur droit de vote, mais c’est vrai que l’état d’esprit est assez compliqué.
Q : Que vous disent-ils par rapport à ce délai de quinze jours, n’ont-ils pas le sentiment d’être privés de débat ?
Débat, je ne sais pas, mais j’entends surtout un « ras-le-bol » ! Les gens sont fatigués. Ils viennent juste d’être appelés aux urnes, certains ont même participé à l’élection en tenant des bureaux de vote. Quatre élections depuis les présidentielles ! Lors de la campagne des européennes, on n’a pas arrêté de nous dire : c’est un scrutin européen et pas national. Et maintenant, on nationalise complètement le scrutin. La constitution permet au président de dissoudre et il l’a fait, maintenant il a sûrement ses raisons. C’est vrai qu’on part dans l’inconnu et je pense que l’inconnu fait peur.
Q : Le vote du rassemblement national dans votre circonscription, même s’il n’est pas si fort reste quand même présent. C’est, en fait, la question clé de cette élection. Le fait dans votre campagne, n’est-il pas, le faire évoluer auprès de vos électeurs ?
Personnellement, je n’en parle pas. J’ai procédé ainsi en 2017 et en 2022, et les gens qui me suivent et qui me connaissent, savent que je n’ai pas l’habitude d’attaquer mes adversaires. Je pense que quand on a un programme clair ou quand on a des choses à défendre, on a autre chose à faire que taper sur les autres. De plus, plus on attaque le RN plus on le fait progresser. Je vais donc garder mes habitudes, faire ce que je fais comme toujours, c’est à dire parler des électeurs, parler de la circonscription, de mes projets, de mon bilan. Mais si on me demande, après mon avis sur les deux autres parties, je le donnerai.
Q : Quelle est la réforme pour les expatriés, celle sur laquelle, durant cette campagne, vous pouvez vous engager, que vous voulez mettre en avant ?
M’engager sur ce que je peux faire à mon niveau ? Ça veut dire faciliter tout ce que je peux, mettre en réseau les clubs d’affaires à l’étranger, notamment auprès de nos entrepreneurs. Pousser pour que le statut des EFE soit définitivement reconnu par décret, ce qui a été commencé, continuer de parler avec la BPI pour être sûr d’avoir des aides qu’on puisse débloquer pour les EFE, les entrepreneurs français, étrangers. Localement, c’est continuer à soutenir les associations de bienfaisance, avec la fédération de bienfaisance que j’ai créée et en demandant au secteur privé de s’investir pour la solidarité de nos compatriotes. Aujourd’hui les Français de l’étranger qui ont besoin de nous, sont les Français indigents. Nous avons malheureusement encore au Cameroun des dizaines de français qui meurent, on en a eu 20 en un an, morts pour indigence. Ça, je ne peux pas l’accepter. Autre sujet local, l’école. Je ne veux pas vendre du rêve. Certains de mes concurrents « vendent » l’école gratuite. C’est impossible. Et si je propose ça, je suis une menteuse et je dis la vérité, même si elle ne plaît pas, jamais l’école ne sera gratuite à l’étranger. Ce que l’on peut faire c’est pousser pour que, peut-être, plus d’enfants français y aillent et pouvoir baisser les coûts. Également avoir plus de professeurs mieux formés, notamment avec les douze centres de gestions régionaux, que l’on doit rendre plus efficaces. Je peux pousser ces questions. Au niveau de la loi, avec une assemblée qui ressemble aux estimations de vote c’est à dire, un tiers, un tiers, un tiers, ça va être très compliqué de porter un dossier pour les Français de l’étranger. C’est pourquoi, je dis aux Français de l’étranger mobilisez-vous ! Parce que quand je vais vouloir aller plaider en leur faveur, on va regarder la mobilisation et avec 15 % pour les européennes et 20 % pour les législatives, je n’y arriverai pas, sachant que nous ne sommes que 11 députés sur 577. C’est pourquoi je dis aux Français : votez pour qui vous voulez mais votez même blanc. Quand je dis « votez », c’est surtout s’inscrire dans les consulats. Seulement 50 % des Français sont enregistrés, nous avons donc à 50 % des effectifs dans les consulats. Beaucoup se plaignent du manque de personnels, mais comme il n’y a que la moitié des Français inscrits, c’est ce chiffre qui compte. Donc, enregistrez-vous, dites à vos amis de s’enregistrer, ainsi on aura plus d’agents dans les consulats. Et, surtout, votez, parce que 3 millions de personnes qui votent, ça change une élection. Aidez-nous à vous aider.
Q : La dixième circonscription comprend le Moyen-Orient, avec notamment la Syrie. Quel est aujourd’hui l’état de la communauté française dans cette zone?
Ils sont très peu nombreux à être inscrits, deux ou trois enregistrés. Je sais qu’ils sont entre 20 et 50, selon les personnes à qui je parle, c’est une communauté très implantée. C’est essentiellement des ONG. J’ai un compatriote franco syrien, médecin, qui travaille et qui fait ce qu’il peut pour aider des réfugiés. Ils ne sont pas dans une très bonne situation. C’est très compliqué pour eux, ils ont encore des bombes qui leur tombent dessus et la situation humanitaire est catastrophique.
Q : En dehors de la mobilisation, quel serait aujourd’hui le message que vous avez envie de transmettre à vos électeurs de la dixième ?
Ayez confiance pour les gens en qui vous avez confiance, regarder ce qu’ils ont fait. N’écoutez pas juste les petites phrases ou les promesses, les fausses promesses qu’on va vous faire. Utiliser votre droit, le droit de vote. Certains sont morts pour avoir le droit de vote. Utilisez-le. Ne laissez pas aux autres prendre des choix à votre place, pour vous et pour vos enfants. Et ayez confiance dans votre député, qui est là pour vous et qui est suffisamment loyal pour ne pas taper sur son parti, mais suffisamment libre pour voter à l’encontre de son parti, comme la loi immigration, par exemple.
Q : Si Vous aviez un argument à donner aujourd’hui pour que les gens votent plutôt pour vous que pour les autres candidats. Qu’est-ce que ce serait ?
C’est proximité, compétence, expérience, c’est de mot-clé, pas des arguments et loyauté mais liberté !
Les candidats de la 10eme circonscription des
Français établis hors de France sont (par ordre du tirage au sort) :
1. Mme MOJON-CHEMINADE Odile, remplaçant M. LAVERNHE Christophe;
2. M. LAMAH Lucas, remplaçant M. MOUSSALLEM Joseph;
3. Mme LAKRAFI Amélia, remplaçant M. MOUKARZEL Joseph;
4. M. MARIE-LOUISE Hugues Michel, remplaçante Mme MORBY Nathalie Marie Betty;
5. Mme MABASI Marie Josée, remplaçante Mme MOUEFFEK Zahira;
6. Mme DI MEO Elsa, remplaçante Mme YAEESH Anne-Claire;
7. M. CASTELLAN Philippe, remplaçant M. LOUVET Michel;
8. M. HOJEIJ Ali Camille, remplaçante Mme GORAYEB Sandra;
9. M. DE VERON Jean, remplaçante Mme FUSCO Anne-Sophie;
La campagne ne s’est jamais vraiment arrêtée pour Pieyre-Alexandre Anglade, député Renaissance sortant de la 4e circonscription des Français établis hors de France, comprendre le Benelux. Après l’échec des élections européennes et la décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale, l’engagement du candidat reste intact. Pieyre-Alexandre Anglade reste mobilisé avec un objectif clair : faire bloc face aux extrêmes. Il nous explique cela au micro Lesfrancais.press.
L’opportunité de la dissolution
Opportunité ou menace ? Pieyre-Alexandre Anglade a choisi. Alors que la dissolution de l’Assemblée nationale est intervenue dans un contexte politique lourd marqué par la montée des partis extrémistes, le député sortant croit fermement que cette décision radicale du président de la République pourra pour autant aboutir à une réorganisation et une clarification de la vie politique française.
En tant qu’ancien directeur de campagne de Valérie Hayer, candidate de la majorité présidentielle aux élections européennes, Pieyre-Alexandre Anglade revient sur les résultats décevants du scrutin. En effet, il attribue cette défaite à plusieurs facteurs : « Un défaut de mobilisation, un contexte national lourd et pesant, une absence de débats européens en France et une vague populiste qui a progressé partout en Europe. »
Construire un vote d’adhésion pour la majorité du Président Macron
Mais retour aux élections législatives. La campagne sera brève et Renaissance n’incarne plus le changement. Dans ces conditions, comment susciter l’adhésion des électeurs ? « Je suis convaincu que derrière le Premier ministre Gabriel Attal, nous pouvons construire un vote d’adhésion sur un projet progressiste pro-européen, attentif à l’écologie, à la liberté d’entreprendre (…) J’appelle les républicains, les démocrates, les progressistes, les pro-européens, les écologistes à se rallier à nous parce que c’est au fond le seul projet qui permettra de renforcer la France et de continuer à renforcer l’Europe face à deux blocs populistes. »
Une campagne intense sur le terrain du Benelux
Sur le terrain, le député sortant multiplie les rencontres. Il reste ainsi attentif au changement. « Je ressens beaucoup d’attente, parfois de l’inquiétude, de la colère aussi, il faut le reconnaître. Et au fond, je suis heureux de retrouver beaucoup de compagnons de route qui avaient disparu pour plein de raisons et qui, dans ce moment grave et historique, reviennent parce qu’ils ressentent bien que les extrêmes sont là. Beaucoup d’électeurs qui avaient soutenu d’autres listes lors des Européennes ne se retrouvent pas dans les alliances actuelles, notamment avec La France Insoumise à gauche et les Républicains alliés à Jordan Bardella. »
Un appel à gouverner autrement pour le Président de la République
Suite à l’appel de Roland Lescure, ministre délégué à l’Industrie et à l’Énergie, sur la nécessité pour le président de la République de gouverner autrement, le candidat Renaissance de la 4eme circonscription des Français établis hors de France confirme. « Il faudra évidemment rassembler cet arc des progressistes et des républicains qui vont des sociaux-démocrates sincères jusqu’aux Républicains qui ne se retrouvent pas dans l’alliance avec le Rassemblement National. Et donc oui, construire des majorités différentes, gouverner autrement, tendre la main de manière plus claire, plus nette. »
Les Propositions pour les Français de l’étranger
Enfin, Pieyre-Alexandre Anglade exprime également son souhait de simplifier l’accès aux services publics pour les Français de l’étranger, notamment en matière de renouvellement de passeports et de cartes d’identité. Il souhaite également renforcer l’enseignement français et l’accès à la culture pour les jeunes Français établis à l’étranger notamment grâce au pass culture.
Les candidats de la 4eme circonscription des Français établis hors de France sont (par ordre du tirage au sort) :
1. Mme DE CAUSANS Juliette, remplaçant M. HEDIN Olivier ;