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  • L’économie de marché a-t-elle vécu ?

    L’économie de marché a-t-elle vécu ?

    Le Président de la République travaille à la réanimation du Commissariat général au Plan qui avait connu son heure de gloire après la Seconde Guerre mondiale et jusque dans les années 60. Après la défaite de 1940, les destructions liées à la guerre, la planification s’était imposée comme outil de reconstruction. L’amalgame réalisé entre le virus et la guerre aboutit donc à renouer avec cette vieille idée qui trouve ses origines dans feu l’URSS.

    Au-delà de cette remise au goût du jour de la planification à la Française, l’époque est à l’interventionnisme. Les grands principes de l’économie de marché et plus globalement du libéralisme sont remis en cause au nom de la priorité affichée en faveur de l’emploi et des entreprises. Comme dans de nombreux domaines, la crise sanitaire accélère le retour du dirigisme qui était déjà bien présent depuis plusieurs années.

    Cet abandon des canons du libéralisme prend plusieurs formes en concernant tout à la fois la politique monétaire, les échanges, la fixation des revenus et les finances publiques.

    Une politique monétaire de moins en moins indépendante

    L’indépendance des banques centrales vis-à-vis de l’exécutif s’est imposée à partir des années 70. Elle était censée protéger la monnaie des gouvernements et s’inscrivait dans le cadre des politiques de désinflation. Le principe était que les États ne pouvaient pas demander à leur banque centrale de financer les dépenses publiques à travers des mécanismes de création monétaire. Si l’indépendance formelle demeure, depuis la crise de 2008, elle est devenue une illusion. Les banques centrales sont amenées à prendre en charge une part croissante des déficits publics. Par leur politique de taux bas, elles améliorent la solvabilité des États et facilitent le financement des dépenses. Elles sont devenues des acteurs clefs de l’économie en sortant de la sphère purement monétaire. Leurs marges de manœuvre se sont réduites. En 2019, la FED a été contrainte de baisser ses taux directeurs sous pression du pouvoir politique. Par ailleurs, dans le contexte actuel, elles ne peuvent plus remonter librement leurs taux au risque de provoquer la banqueroute des États.

    L’indépendance s’est transformée en dépendance. La création monétaire obéit à des considérations économiques mais aussi et surtout budgétaires. La BCE doit tenir compte de la situation des pays les plus faibles pour déterminer sa politique monétaire et non exclusivement de celle de l’ensemble de la zone euro. Si elle oubliait ce principe, les écarts de taux augmenteraient entre les États du Nord et ceux du Sud au point de provoquer un risque d’éclatement.

    La crise de la Covid-19 amplifie cette tendance avec une monétisation croissante des dettes publiques. L’interventionnisme monétaire contribue à fausser la valeur de certains actifs, immobiliers ou actions. Le prix de ces actifs n’obéit plus à des considérations de rentabilité intrinsèque. Il est lié à des phénomènes de report artificiel au niveau de l’allocation des actifs. Les taux d’intérêts très bas modifient en profondeur les rapports économiques. Ils ralentissent la diffusion du progrès technique en permettant à des entreprises logiquement condamnées de se maintenir. Ils ont certainement des conséquences sur le niveau général des prix et sur les modalités de fixation des salaires.

    Une socialisation croissante des revenus

    La crise du covid-19 s’est traduite par une augmentation, en Europe, du chômage partiel. En France, du mois de mars au mois de juin, plus de 13 millions de salariés ont été à un moment ou un autre concernés. Ces salariés ont été payés par l’État durant leur période de chômage partiel. L’État est également venu en aide aux entrepreneurs indépendants. Cette socialisation a abouti à une augmentation des dépenses publiques qui ont ainsi dépassé 60 % du PIB. Cet accroissement est également imputable à la contraction du PIB du fait de la récession. La socialisation des revenus est un processus qui s’amplifie depuis une trentaine d’années. La création du RMI, remplacé par le RSA, l’instauration de la couverture maladie universelle, etc. sont autant de facteurs qui jouent en faveur de cette socialisation.

    Des libéraux comme des socialistes poussent à créer un revenu universel pour tous. Le lien revenu, travail, couverture sociale s’estompent progressivement mais sûrement.

    En France, les dépenses sociales représentent plus du tiers du PIB. Les prestations versées aux ménages constituent pour ceux qui se situent dans le premier décile (les 10 % les plus modestes) plus de 60 % de leurs revenus. Cette socialisation est également la conséquence de l’augmentation du nombre de retraités. Ces derniers qui étaient moins de 5 millions en 1981 sont aujourd’hui 16 millions en France. En 2060, ce nombre dépassera 25 millions.

    Le retour de l’État

    Si des années 80 aux années 2000, l’air du temps était libéral – en France, un peu moins qu’ailleurs – depuis la crise de 2008, l’interventionnisme est de retour. Les gouvernements ayant été appelés au secours après la faillite de Lehman Brothers sont de plus en plus présents sur le terrain économique. La répétition des crises, le chômage de masse, la montée des inégalités sociales et géographiques sont autant de facteurs qui incitent les dirigeants publics à intervenir de plus en plus fortement.

    Avec la mondialisation, le marché est, à tort et à raison, accusé de tous les maux. « L’État nounou » est devenu un leitmotiv. Face aux États-Unis, face à la Chine, face aux multinationales de l’information et de la communication, la demande d’État protecteur augmente. La crise sanitaire avec la crainte de multiples faillites conduit à un abandon des grands principes économiques de ces dernières années. Le droit de la concurrence est mis entre parenthèse, en France comme en Europe, dans le cadre des plans de soutien sectoriel.

    Le temps des oligopoles

    Les États ne sont pas les seuls responsables du déclin du libéralisme. L’avènement d’oligopoles dans le secteur de l’information et de la communication symbolise la réduction de la concurrence et la création de nombreuses positions dominantes. Les GAFAM sont devenus des acteurs incontournables pour de nombreux secteurs d’activité (médias, automobile, finance, services, etc.). Du fait de leur taille, ils bénéficient d’effet de rentes qui ne sont peu ou pas redistribués, ce qui freine d’autant la croissance économique.

    À la différence des années 1920 ou 1960/1970, les autorités américaines n’ont pas pu – ou n’ont pas voulu – appliquer les lois antitrust. Il en est de même en Europe. La concentration ne concerne pas que le monde du digital. Tous les grands secteurs sont concernés, l’automobile, l’aéronautique, la chimie, le médicament. Les indices qui la mesurent sont au plus haut.

    Il en résulte des bénéfices accrus, symbole non pas d’une bonne santé économique mais d’un dysfonctionnement.

    Pour les libéraux, le bénéfice, le profit est une récompense temporaire qui a vocation à disparaître avec l’arrivée de nouveaux concurrents. La concentration économique est également encouragée par les pouvoirs publics qui souhaitent la constitution de champions nationaux pour lutter contre des concurrents d’origine étrangère. Les plans d’aide attribués dans le cadre de la crise sanitaire accentuent cette tendance de fond.

    Le retour du protectionnisme

    Depuis quelques années, le libre-échange était contesté que ce soit en Europe ou aux États-Unis. Les manifestations contre l’accord commercial avec le Canada, la sortie des États-Unis de l’accord Pacifique, la guerre commerciale de ces derniers avec la Chine, étaient autant de signes du retour du protectionnisme. Le Brexit était également une manifestation de ce nouveau protectionnisme teinté de relents de populistes.

    Le nationalisme économique semble s’imposer sur fond de pénuries de masques, de respirateurs artificiels ou de doliprane. La méfiance à l’encontre de la Chine s’est accrue avec une demande de protection des intérêts dits stratégiques. Le souhait de relocaliser certaines activités est avancé par de nombreux gouvernements. Ce processus risque de s’avérer complexe et générer des hausses de prix.

    La transition énergétique en mode antilibérale

    Pour certains, la transition écologique est synonyme de nécessaire décroissance ; pour d’autres, certaines activités comme l’aviation, doivent être limitées au maximum et l’économie être administrativement réorientée. Dans tous les cas, les tenants d’une transition rapide souhaitent tout à la fois un dirigisme et une remise en cause de l’initiative privée.

    Pour réduire les émissions de CO2 de 50 % en 2030 par rapport au niveau de 1990 et de 100 % en 2050, ils estiment qu’un signal-prix et des mécanismes de marché ne suffiront pas. Le passage à une économie décarbonée implique des règlementations strictes (émissions de CO2 pour les véhicules, les usines, etc.) et des obligations (rénovation de l’habitat, interdiction ou limitation de circulation).

    L’économie de marché est jugée incapable de réduire les émissions de CO2 en raison de sa myopie supposée même si des progrès notoires ont été réalisés ces trente dernières années. Les émissions de CO2 ont ainsi diminué de 20 % en Europe. Pour des raisons climatiques et sociales, les gouvernements interfèrent de plus en plus souvent sur les modalités de fixation des prix en particulier dans le secteur énergétique.

    Plus d’État, plus de social, moins de liberté d’initiative, les fondamentaux de l’économie libérale sont mis à mal depuis de nombreuses années. Ils le sont d’autant plus qu’un processus de concentration modifie en profondeur le capitalisme. Avec la raréfaction des entreprises cotées et la diminution du nombre d’actionnaires (rachats d’actions facilités par la politique des taux bas), l’économie de marché change de visage.

    Une concurrence frontale entre le modèle chinois et occidental

    Entrée en concurrence frontale avec le modèle d’économie mixte et dirigiste chinois, les pays occidentaux semblent hésiter sur la voie à suivre. La compétition avec le système soviétique avait donné lieu à des inflexions de la part des pays d’économie de marché qui avaient comme en France mis en œuvre la planification. La réponse à la crainte marxiste avait été surtout donnée par le déploiement du fordisme et du keynésianisme.

    Depuis une dizaine d’années, l’économie de marché est de plus en plus critiquée en  son sein comme en témoigne le dernier ouvrage de l’économiste de Natixis, Patrick Artus consacrée à l’austérité salariale. La mondialisation et la digitalisation sur fond de ralentissement de l’ascension sociale mettent en tension le système capitaliste actuel. La contrainte écologique accentue cette tendance et oblige les entreprises à se réinventer tout en conservant leur rôle. L’entreprise permet là une mise en commun de moyens, travail et capital ainsi que de compétences, de savoir-faire, d’innovations, en vue de produire un bien ou un service. Elle peut prendre diverses formes, capitaliste, mutualiste, paritaire, associative, etc. Cette mise en commun s’est longtemps effectuée avec comme au théâtre une unité de temps et de lieu.

    Le libéralisme avait pour vocation d’assurer une auto-régulation du système à travers le mécanisme des prix. Depuis le XXe siècle, la présence croissante de l’administration publique a fortement changé les rapports de force surtout au sein des pays européens et en premier lieu en France. Les pouvoirs publics à travers les budgets de l’État et de la Sécurité sociale influencent la conjoncture économique. Si jusque dans les années 80, le dirigisme étant direct à travers le contrôle des prix, les nationalisations, la politique du crédit, il a pris d’autres habits depuis, avec le recours croissant à la norme qu’elle soit sociale, technique, ou sanitaire. Que ce soit au niveau des télécommunications, de la finance ou de l’agriculture, le repli de l’État avait été tout relatif. Les crises en cours le remettent simplement en tête de gondole.

  • Brexit : Barnier enjoint les entreprises à peaufiner leurs plans pour un « no-deal »

    Brexit : Barnier enjoint les entreprises à peaufiner leurs plans pour un « no-deal »

    le No-deal tant redouté va-t-il se produire ?

    Le négociateur en chef de l’UE sur les relations futures avec le Royaume-Uni a appelé les entreprises européennes à accélérer leur planification en vue d’un scénario de « non deal » lorsque Londres quittera le marché unique à la fin 2020.

    Le dernier cycle de négociations sur un nouvel accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni s’est achevé à Londres jeudi 9 juillet.

    « Les discussions de cette semaine confirment que des divergences importantes subsistent entre l’UE et le Royaume-Uni. Nous continuerons à travailler avec patience, respect et détermination », a déclaré Michel Barnier à l’issue des pourparlers.

    Il semblerait que peu de progrès aient été réalisés sur les points de friction qui existent depuis longtemps entre les deux parties sur la pêche et les dispositions relatives aux « règles de concurrence équitable », destinées à empêcher le Royaume-Uni d’enfreindre les normes de l’UE en matière de politique environnementale, sociale et d’aides d’État.

    Les discussions reprendront à Bruxelles la semaine prochaine, mais dans une communication intitulée « Se préparer aux changements », la Commission a invité les entreprises à « envisager de revoir leurs plans de préparation existants».

    Fin de la période transitoire au 31 décembre 2021

    La Commission européenne précise qu’à partir de 2021, des changements interviendront dans le commerce des biens et des services, dans l’énergie et la coopération juridique, dans les voyages et le tourisme, qu’un nouvel accord soit conclu ou pas.

    Le fait que le gouvernement de Boris Johnson ait décidé de ne pas prolonger la période de transition post-Brexit au-delà de décembre signifie que « d’inévitables perturbations se produiront » l’an prochain, risquant « d’accentuer la pression que subissent déjà les entreprises en raison de l’épidémie de COVID-19 », relève le document de la Commission.

    Les règles de l’OMC contrarient les plans de Boris Johnson

    « Bien que ces [plans de préparation] aient été rédigés pour faire face au risque d’un retrait du Royaume-Uni de l’Union sans accord – un scénario qui ne s’est pas concrétisé – une partie de ce travail sera toujours très pertinente pour [affronter] les changements à la fin de la période de transition », stipule le communiqué.

    La semaine prochaine, le gouvernement de Boris Johnson devrait présenter de nouveaux plans concernant sa politique frontalière, alors que les entreprises situées des deux côtés de la Manche devront, dans moins de six mois, faire face à de nouveaux arrangements frontaliers et à l’imposition potentielle de droits de douane sur les marchandises.

    En début de semaine, une lettre de la ministre britannique du Commerce international, Liz Truss, a fait l’objet d’une fuite. Adressée à Boris Johnson, la missive prévient que les plans du gouvernement concernant les frontières pourraient enfreindre les règles du commerce international et mener à des importations illégales en provenance de l’Union européenne.

    Liz Truss ajoute que le Royaume-Uni pourrait également se trouver en porte-à-faux avec l’Organisation mondiale du commerce, qui pourrait contester ses agissements si le pays accorde temporairement un traitement préférentiel aux marchandises européennes, malgré l’absence d’un accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’UE.

    Le mois dernier, le gouvernement Johnson est revenu sur ses plans précédents, qui visaient à instaurer un contrôle des importations lorsque le Royaume-Uni serait sorti du marché unique de l’UE. Il a décidé d’autoriser les opérateurs à différer les paiements douaniers de six mois, jusqu’à ce que la déclaration de douane ait été faite.

    La Commission a également exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations concernant le protocole sur l’Irlande du Nord. Elle craint que cette partie de l’accord de retrait, qui engage le Royaume-Uni à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République, ne soit pas prête à être mise en œuvre d’ici à janvier prochain.

  • Aides sociales pour les expatriés ! La grande désillusion…

    Aides sociales pour les expatriés ! La grande désillusion…

    Le 30 avril dernier le gouvernement annonçait la mise en place d’un dispositif de soutien aux Français de l’Etranger. Sur  les 240 millions débloqués par le parlement, 50 millions devaient être distribués à nos compatriotes dont la situation s’est particulièrement dégradée avec la crise liée à la Covid-19.

    Aidé de notre consultation du mercredi 1 juillet au dimanche 12 juillet, à laquelle vous avez été 4184 à répondre, on s’interroge sur les raisons de ce fiasco.

     2 727 Français aidés sur les 3,5 millions de Français expatriés !

    Le secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, Jean-Baptiste Lemoyne,  a avoué lors d’une session parlementaire, la semaine dernière, que seulement 390 000 euros ont été dépensés au titre de la solidarité nationale pour les Français les plus vulnérables.

     « on voit bien au regard des crédits qui ont été mis en place, qu’il y a encore de la capacité ».  Jean-Baptiste Lemoyne au Palais du Luxembourg

    Le gouvernement souligne que les OLES étaient aussi éligibles pour recevoir ces fonds. Ces associations locales ou centres médicaux n’ont touché, cependant, que 900 000 euros. C’est donc près de 1,4 millions d’euros qui auraient été affectés au soutien des Français de l’Etranger soit 48,6 millions d’euros de moins que prévus.

    On peut se demander alors pourquoi le  Quai d’Orsay a décidé, fin avril,  de « réorienter » aux profits de ces organismes le budget du Stafe, le dispositif d’aide aux associations.

    L’enveloppe de 1,92 millions d’euros a été gelée. Et ce alors que les associations en avaient grandement besoin pour relancer la vie communautaire dans les différents pays. Et tandis que le budget affecté à l’aide exceptionnelle n’a été que très peu utilisé. Certaines associations, celles attachées le plus souvent à de grands partis nationaux, et donc disposant d’un réseau étendu, ont tout de même présenté des dossiers pour obtenir d’autres subsides.

    Une procédure inadaptée, des moyens consulaires sous exploités

    C’est donc uniquement 2,5% du budget promis qui a été débloqué pour les Français hors de France. Alors que dans de nombreux pays, les besoins sont criants pour faire face aux conséquences de la crise.

    En Asie du sud-est, des restaurateurs français organisent des soupes populaires pour leurs compatriotes, en Amérique du Sud, 31 conseillers consulaires ont écrit pour dénoncer la lenteur des procédures et leurs inégalités. Partout dans le monde, des expatriés se retrouvent en difficulté. 

    Le dispositif d’aides exceptionnelles est dénoncé par tous. Les démarches, uniquement en ligne,  sont lourdes administrativement, pour les particuliers, comme pour les Oles. L’ensemble des documents, parfois sur la situation, en France, de leurs ascendants ou frères et soeurs, compliqueraient par ailleurs l’accessibilité de ces aides, qui ont pourtant été créés pour répondre à une urgence.

    Une communication en catimini

    L’urgence et la rapide adoption de ce plan ont mis en difficulté le réseau consulaire. La crise sanitaire, il est vrai, a eu de lourdes conséquences pour les consulats. Fermeture, télétravail, limitation des échanges postaux avec la France, les écueils n’ont pas manqué pour les équipes administratives. Travaillant en mode dégradé, l’administration a eu le plus grand mal à informer et orienter leurs administrés sur ces aides exceptionnelles.

    Aide gouvernement communication
    Un des résultats de notre consultation

    Comme on le note dans notre consultation à laquelle vous étiez 4184 à répondre, plus de 70% des Français hors de France ont reçu des infos de leurs consulats mais que 48% ont été informés de l’existence de ces aides.

    Et comme nous l’indiquions plus haut, une fois informé, il faut pouvoir répondre aux critères d’éligibilité. Une grande majorité des expats ont préféré y renoncer.  Pour ceux qui ont essayé la désillusion fut grande. En effet, moins de 10% des demandeurs ont vu leurs demandes se conclurent positivement.

    Vu de Paris, l’effort gouvernemental est louable et dispose d’une assise financière sécurisante. Sur le terrain le ressenti est bien différent. Certains n’hésitant pas à parler de simples coups de com… Qui abouti à une réduction des moyens alloués aux Français de l’Etranger.

  • Trois défis pour la zone euro

    Trois défis pour la zone euro

    L’Union européenne et la zone euro, après l’effet de stupeur, ont plutôt fait preuve de résilience au niveau institutionnel. Sur le terrain économique, la crise sanitaire actuelle constitue néanmoins un nouveau défi pour la zone euro qui a fêté ses vingt ans l’année dernière. Elle doit relever trois défis majeurs : la gestion de son excès d’épargne, les forces centrifuges qui l’animent et le risque de marginalisation dans les hautes technologies.

    La question de l’excès d’épargne

    Depuis la crise des subprimes, la zone euro a enregistré une croissance plus faible que celle des États-Unis. Ce déficit de croissance s’explique, en partie, par la survenue de la crise des dettes souveraines entre 2011 et 2013. Elle est aussi la conséquence d’un fort recul de l’investissement productif. Si le taux d’épargne a augmenté de 4 points de PIB de 2009 à 2019, ce surcroît a été essentiellement investi en dehors de la zone euro ou en obligations d’État.

    Le taux d’investissement qui était de 25 % en 2007 est péniblement remonté à 23 % en 2019 après avoir atteint 20 % en 2013. L’excédent d’épargne dépasse 2 points de PIB. Quand, au début du siècle, celle-ci était inférieure d’un point de PIB à l’investissement. La progression du capital net est passée en volume de 2,5 % en 2008 à 1,2% en 2019. L’excès d’épargne est la conséquence du solde positif de la balance des paiements courants, résultat avant tout généré par l’Allemagne et les pays d’Europe du Nord.

    Les excédents commerciaux sont peu réinvestis dans les entreprises et au sein de la zone euro. Ce phénomène s’est accentué depuis la crise de 2008. Par ailleurs, le vieillissement de la population tend à s’accompagner d’une hausse du taux d’épargne des ménages.

    La faiblesse de l’investissement est étonnante au regard des besoins générés par la transition énergétique. Elle suppose entre 2 et 4 points de PIB d’investissement supplémentaires afin de tenter de respecter l’Accord de Paris sur les émissions des gaz à effet de serre.

    La dangereuse divergence des États membres

    L’unification monétaire a conduit à une spécialisation productive différente selon les pays qui amplifie leur hétérogénéité. L’Allemagne est devenue le centre industriel de la zone euro quand les pays latins se sont spécialisés dans le tourisme. Les écarts de revenus entre l’Allemagne et les États du Sud se sont creusés.

    Cette divergence se traduit par l’accumulation des déficits et des dettes dans le Sud de l’Europe sans que des mécanismes de correction puissent les corriger. Au sein d’un État, de tels déficits existent mais sont compensés par le jeu des prestations sociales, des investissements et par la mobilité de la population. Cette divergence alimente le sentiment anti-européen. Au sein des États riches, l’effort consenti pour les autres est jugé trop important. De leur côté, la population des pays d’Europe du Sud estime que la politique européenne est responsable de l’austérité et du chômage.

    Le plan de relance élaboré en réponse à la crise de la Covid-19 tire en partie les conséquences de cette divergence pernicieuse. La répartition des 750 milliards d’euros promis s’effectuera non pas en fonction du poids économique de chacun des États mais en fonction des besoins. Même si l’enveloppe budgétaire reste modeste au regard de la situation, celle-ci est un pas vers la mise en place d’actions de soutien à des États en difficulté.

    Le décrochage technologique de la zone euro

    Si en matière de télécommunication, l’Europe a su, des années 70 aux années 2000, être présente à travers des entreprises comme Nokia, Ericsson, Alcatel ou Siemens, le passage au tout digital ne lui a pas réussi. Des moteurs de recherche aux plateformes de services en passant par les réseaux sociaux, les entreprises américaines et chinoises se partagent le monde. Les barrières linguistiques, l’absence d’un réel marché unifié de capitaux et une moindre prise de risques peuvent expliquer le retard accumulé dans les techniques de l’information et de la communication.

    Les dépenses totales de recherche et de développement s’élèvent en zone euro à 2,1 % du PIB contre 2,8 % aux États-Unis comme au Japon ou en Chine. Les investissements dans les techniques de l’information et de la communication atteignent 2 % du PIB aux États-Unis contre 1,1 % en zone euro.

    Pour éviter sa marginalisation, la zone euro doit donc mettre en place une politique économique qui, à la fois, encourage l’investissement, favorise le secteur des hautes technologies et vise à réduire le décrochage du Sud par rapport au Nord. L’utilisation de l’excès d’épargne pour accélérer la montée en gamme de l’économie européenne et financer la transition énergétique constitue donc une réelle nécessité.

  • La France et l’Espagne vont signer un accord de double nationalité

    La France et l’Espagne vont signer un accord de double nationalité

    L’Espagne et la France signeront le premier accord de double nationalité entre deux pays européens. Les ministres espagnols et français des Affaires étrangères l’ont annoncé jeudi 9 juillet.

    Il sera ensuite paraphé lors d’un sommet bilatéral fin de cette année.

    Cet accord envoie « un signal très clair aux plus de 275 000 Espagnols résidant en France et un clin d’œil aux plus de 125 000 Français résidant en Espagne », a déclaré la cheffe de la diplomatie espagnole, Arancha González Laya, après avoir rencontré son homologue français, Jean-Yves Le Drian, à Paris.

    Un accord de double-nationalité pour les expatriés

    La ministre souligne le « caractère exceptionnel » de cet accord. Il qui profitera avant tout aux résidents français en Espagne. Les Espagnols qui vivent en France peuvent déjà obtenir les deux nationalités.

    Des sources ministérielles indiquent par ailleurs que des projets d’accords similaires sont en cours avec d’autres pays d’Europe, comme le Royaume-Uni.

    Jean-Yves Le Drian considère pour sa part cette entente inédite en Europe comme un « symbole fort » des bonnes relations entre les deux pays.

    La signature de l’accord sera l’un des thèmes centraux du sommet franco-espagnol qui aura lieu au second semestre de cette année. Le ministre français espère que les deux États membres pourront y « écrire une nouvelle page d’une relation particulièrement riche et dense ».

    Les deux diplomates en chef disent partager les mêmes opinions sur différentes questions d’ordre international — notamment l’approbation, lors du Conseil européen de la semaine prochaine, du plan de sauvetage de la Commission en réponse à la crise sanitaire.

    « Nous voulons envoyer un message d’unité entre l’Espagne et la France pour parvenir à un accord rapide et solide sur le fonds de relance lors du prochain Conseil européen du 17 juillet », affirme le ministre Le Drian.

    Pour lui, il est important « de relancer l’économie européenne. Il souligne aussi l’importance de donner à l’Europe un élan géopolitique en tant qu’acteur majeur dans les relations internationales ».

    Une longue amitié pour une Europe plus forte

    Selon Jean-Yves Le Drian, il existe une « convergence au niveau européen » sur l’adoption immédiate du plan de reprise, mais aussi concernant l’avancée des négociations sur l’avenir de la relation UE-Royaume-Uni de l’après Brexit.

    En ce sens, il assure que Paris et Madrid ne veulent pas que « la pêche serve de seule variable d’ajustement » lors des pourparlers avec Londres.  Arancha González Laya note quant à elle que les deux pays s’accordent pour inciter le Royaume-Uni à accélérer les négociations.

    L’Espagne et la France s’entendent également sur la politique à mener au Sahel. Pour Jean-Yves Le Drian, la contribution espagnole à cette mission et à d’autres s’avère « essentielle ». Et de souligner que l’Espagne est le pays qui contribue le plus aux missions militaires communes de l’UE.

    Lors de leur rencontre, les deux diplomates se sont aussi entretenus sur la condamnation de l’ingérence étrangère en Libye, sur son rejet des décisions unilatérales de l’Israël en Palestine ainsi que sur l’Amérique latine.

    Le chef de la diplomatie française a d’ores et déjà annoncé que le Conseil des ministres de lundi prochain porterait entre autres sur la relation de l’UE avec la Turquie au vu de son ingérence en Libye. Ils aborderont aussi les explorations pétrolières qu’Ankara mène en Méditerranée orientale.

    À cet égard, Arancha González Laya appelle au respect du droit international et du principe « un pays, deux systèmes » à Hong Kong. Ce dernier doit être appliqué « dans la théorie et dans la pratique », soutient-elle.

    Lors de sa visite à Paris, la ministre a a rencontré la maire d’origine franco-espagnole, Anne Hidalgo.

  • 14 juillet : la fête à zéro

    14 juillet : la fête à zéro

    Ce n’est pas un énarque du terroir qu’il nous faut, mais un exorciste : Notre-Dame qui flambe, le défilé du 14 juillet qui flanche. Pourvu qu’elle tienne, la Tour Eiffel, avec cette scoumoune, un coup de vent l’emporterait.

    Dans le monde d’avant, le 14 juillet à l’Elysée, c’était bien jusqu’à la caricature. Des ministres, des archevêques, des militaires, des enfants, des journalistes, comme un cocktail à la Résidence de l’Ambassadeur, en mieux, parce qu’il y avait justement les enfants et le Président, avec son nuage de courtisans comme la Reine des abeilles.

    Dans le monde d’aujourd’hui, sans défilé, il y a toujours des ministres et des journalistes, mais pas d’enfants -trop dangereux- remplacés par des médecins, infirmiers, administrateurs du Covid et personnels de santé. Héros tous les soirs applaudis à vingt heures. On aurait pu ajouter les pompiers, et pourquoi pas les malades, les rescapés, et aussi les pompes funèbres pour donner un peu d’allure au cortège à la place des chars de combat.

    Ma tante me disait : « c’était mieux pendant la guerre, au moins on pouvait sortir avant le couvre feu. »

    Et bien non ! Le 14 juillet c’est la fête.

    La Garden party de l’Elysée, si on veut, mais surtout les huiles en plein soleil levant le nez vers la Patrouille de France, le feu d’artifice et le bal des pompiers. A Tegucigalpa, avec la complicité du maire, j’avais organisé un bal populaire sur la place centrale, des affiches dans toute la ville et des petits drapeaux français. Succès total. Même les Américains n’avaient pas çà. L’année suivante, une entreprise française avait construit une Tour Eiffel miniature, elle est encore sur une place : la place de Paris. Toujours la fête.

    La fête, c’est comme les Saturnales, le Carnaval, ou la saint Jean : on tape des pieds (on danse) et on crie (on chante) pour chasser les démons.

    La France doit chasser ses démons. Rarement notre pays n’a été si morose. Ma tante me disait : « c’était mieux pendant la guerre, au moins on pouvait sortir avant le couvre feu. ». Le Président a nommé Monsieur Déconfinement Premier ministre. Il était temps de déconfiner. Tout, radicalement. Du sol au plafond. De l’air ! Tout est à refaire. Révolution, dit le 14 juillet !

    Révolution ? On y est.

    Trois entreprises privées américaines ont été choisies pour créer une base humaine sur la lune. Ellon Musk, autre lunaire, porte Tesla, sa firme de voiture électrique, jusqu’à devenir la première société automobile mondiale par capitalisation, devant Toyota. L’ONU, s’inquiète de la demande mondiale en batteries électriques, qui devrait être multipliée par dix en raison de la transition énergétique. Résultat, au Congo, 40.000 enfants extraient le cobalt, nécessaire aux batteries, dans des mines, (le Congo représente 2/3 de la production mondiale). Le Congo promet d’interdire le travail infantile en 2025. D’un coté la lune, de l’autre la mine.

    Un monde de plus en plus petit et à ce point déchiré. Où toutes les contradictions, les aberrations, les anomalies coexistent. Où l’humanité est à la fois unie par force, comme le montre le covid, et où l’humanisme décroit.

    Et la France ? Elle compte.

    Sinon, on ne lui en voudrait pas tant. Rien que cette semaine, un Turc l’insulte, un Américain et un Chinois la menacent, un Algérien lui demande encore des excuses. Rarement elle a semblé aussi isolée en termes diplomatique.

    Et rarement on a eu autant besoin de la France pour rassembler les partisans du droit plutôt que de la force. Même s’il faut aussi de la force pour cela. D’autant qu’on la menacerait moins si elle était plus forte. Elle pourrait l’être. A condition de chasser ses démons. La peur d’abord. Les plaintes et pleurnicheries ensuite. Rétrécissement moral et mental. Les Russes et les Turcs sont bien plus faibles que nous, ils voudraient faire la loi en Méditerranée.

    Rares sont les pays pour lesquels la fête nationale est un message universel. C’est pourquoi on ne peut pas l’annuler.

    Il faut revenir à la fête, à son universalité, sa gaieté, son espérance. Invitez vos voisins et amis expatriés comme vous. La joie est la meilleure façon de chasser ses démons. S’ouvrir sur le monde, et ouvrir le monde à la France, c’est une façon d’être fidèle au 14 juillet. La fête est à zéro ? Il faut donc repartir de zéro.

     

    Laurent Dominati

    A.Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Pdg de la société éditrice du site « lesfrancais.press »

     

  • Député des Français du Royaume-Uni : Passeports, Brexit, etc.

    Député des Français du Royaume-Uni : Passeports, Brexit, etc.

    Alexandre Holroyd, député LREM des Français établis hors de France (Europe du nord) a accordé un entretien aux francais.press.

    L’occasion de revenir sur la proposition pour revoir la délivrance des passeports pour les Français de l’étranger et aussi, naturellement, sur le Brexit qui affecte durement les Français de sa circonscription.

    Retrouvez ci-dessous l’échange entre notre média et le député Holroyd :

    M. le député Holroyd, vous avez déposé avec votre collègue le député Quentin (LR – Charente Maritime) un rapport suite à votre mission flash concernant la délivrance des passeports. Pouvez-vous nous indiquer quel est le problème ?

    Holroyd
    Alexandre Holroyd député des Français d’Europe du Nord et des iles britanniques

    Une mission flash s’intéresse à un problème dans un périmètre très restreint et immédiat. Le problème aujourd’hui est la succession de retards dans certains consulats pour la remise de titres d’identité dont les passeports, aux Français de l’étranger. Certains consulats ont fermé et certains doivent mettre en œuvre des mesures de distanciation.

    Les retards s’accumulent tout le long de la chaîne de la délivrance du document : dès la demande en ligne pour un rendez-vous jusqu’à la délivrance en mains propres du passeport. Nous avons auditionné les responsables pendant une semaine. Le problème est assez conséquent, les Français de l’étranger génèrent 350 000 titres délivrés par an. Cela représente, avec deux mois en suspens, un nombre très important de retards.

    Nos compatriotes vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête – Alexandre Holryod sur le Brexit

    Quelles solutions préconisez-vous ?

    Le consulat de France à Londres
    Le consulat de France à Londres

    Nous voulons plusieurs solutions selon les étapes de demande du passeport : une première idée est, vu l’accumulation de passeports en stock dans les consulats, que l’intégralité de ces stocks soient, sauf demande contraire express, envoyé par pli sécurisé au demandeur. Cela peut concerner sur certains postes plusieurs milliers de passeports, cela libère les agents consulaires vers leurs autres fonctions. Autre possibilité, en particulier pour les grands postes consulaires, de choisir un prestataire qui leur soit propre pour l’organisation des rendez-vous. Cela parait bête mais il y a beaucoup de plaintes des utilisateurs sur l’utilisation du logiciel actuel. Les consulats sont très divers, certains traitent 40 000 titres par an, d’autres quelques dizaines.

    Dans un temps un peu plus long, nous pourrions envoyer par plis sécurisés le passeport directement au demandeur depuis l’imprimerie nationale sans passer par le consulat. Cela ne limite pas le rôle de ces derniers, leur mission n’est pas d’ouvrir des paquets et de les renvoyer aux utilisateurs.

    Concernant toujours cette mission flash, comment vous et la commission avez-eu écho des difficultés, via les Français hors de France ou vous êtes-vous auto-saisis?

    J’ai été en tant que député des Français de l’étranger en échanges quotidiens avec nos compatriotes hors de France. La Présidente de la Commission et nos collègues unanimes ont approuvé l’idée de se saisir de ce sujet. Il faut aider au quotidien nos compatriotes sur ces démarches très importantes avec des solutions concrètes.

    Quelles sont les prochaines étapes ? Vous avez communiqué votre rapport aux ministères des affaires étrangères, de l’intérieur et à Matignon, comment va évoluer ce dossier ?

    Courrier a été envoyé demandant soit un calendrier de mise en place de ces recommandations soit des explications justifiant que ces idées soient écartées. J’espère une réponse rapide. Certaines propositions peuvent être mises en

    Passeport
    Passeport

    œuvre du jour au lendemain comme l’envoi par plis sécurisés. D’autres aspects prendront plus de temps comme l’envoi direct depuis la métropole.

    M. le député, vous êtes par ailleurs député notamment pour les îles britanniques, une des questions est bien entendu liée au Brexit. Il y a-t-il des inquiétudes ? Suivent-ils les négociations avec une certaine appréhension ?

    Le premier sujet pour le Royaume-Uni est bien sûr le Brexit, et de la revue des relations avec ce pays cousin ou frère. C’est un sujet d’inquiétude immense. Nos compatriotes vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je suis cette négociation depuis le premier jour, je suis rapporteur de la commission des affaires étrangères sur ce dossier entre autres. Dès le départ la priorité a été la protection des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques en France.

    L’accord de retrait protège une immense partie de ces droits : accès à la santé, l’éducation… Un travail phénoménal a été menée par Michel Barnier. Et ce avec le soutien du Président de la République et de l’ensemble des Etats membres.

    Michel Barnier
    Michel Barnier

    Il y a une deuxième étape : s’assurer que l’esprit de la loi est bien respecté dans la mise en œuvre de l’accord. Les Britanniques se sont engagés à mettre en place un système de régularisation de tous les citoyens européens vivant au Royaume-Uni. Il y a beaucoup de façons de mettre ceci en place. Nous sommes très attentifs à des sujets de discriminations potentielles. Pour ceux qui auront des problèmes pour faire les démarches. La mission prioritaire est que chacun a fait la démarche c’est-à-dire obtenir ce statut particulier qui est le « settled status ». C’est un sujet très important et certains sont plus éloignés de cette question.

    Quel est le délai pour l’obtention de ce statut ?

    C’est un combat que je mène avec les élus consulaires, les services diplomatiques et aussi par exemple Nathalie Loiseau. Sauf erreur il faut avoir fait la demande jusque juin 2021. Je souhaite soit une extension soit que d’éventuels retardataires soient traités avec indulgence. Je le demande aux autorités britanniques mais aussi réciproquement aux autorités françaises, c’est une question morale.

  • Retour de l’interview présidentielle du 14 juillet, que va dire Macron ?

    Retour de l’interview présidentielle du 14 juillet, que va dire Macron ?

    Le président de la République, Emmanuel Macron, s’entretiendra avec des journalistes ce 14 juillet. Il remet donc en place une vieille tradition qu’il avait abolie depuis le début de ce mandat. Une manière d’établir une feuille de route des derniers « 600 jours » du quinquennat.

    Comment relancer l’économie? Une « deuxième vague » arrive-t-elle? Faut-il ranimer la réforme des retraites? Quelles mesures pour l’écologie? Pourquoi Jean Castex à Matignon?

    Emmanuel Macron renoue avec la traditionnelle interview du 14-Juillet durant laquelle il va définir le cadre des derniers « 600 jours » du quinquennat.

     

    Ségur de la Santé et plan européen de relance

    Le chef de l’Etat sera interviewé en direct pendant 45 mn à 13h10 mardi, par Léa Salamé et Gilles Bouleau. Elle interviendra après une cérémonie militaire réduite pour cause de nouveau coronavirus,. Un entretien qui marquera le coup d’envoi de la dernière partie du quinquennat, à moins de deux ans de l’élection présidentielle. Il revient ainsi à une posture très classique avec ce format de questions-réponses du 14-Juillet. Inventée par Valéry Giscard d’Estaing, il avait décidé de la supprimer peu après son élection. Depuis la crise du coronavirus, il privilégie désormais les allocutions solennelles.

    Selon son entourage, le Président souhaite exposer les défis à relever et les réponses prévues.  Seront abordés,  la situation sanitaire, la relance économique, la sécurité et l’emploi des jeunes. Il devrait évoquer le Ségur de la santé, dont les accords sur les salaires seront signés lundi après-midi à Matignon, et également le plan européen de 500 milliards d’euros qu’il défendra au Conseil européen de jeudi et vendredi. Et enfin présenter son nouveau « gouvernement de combats et de résultats« .

     

    Aide à l’emploi des jeunes et réforme des retraites

    Très inquiets de la dépression économique et de la remontée du chômage, les Français attendront surtout des précisions sur le plan de relance promis pour septembre.  Il s’intéresseront aussi à la manière de le financer. Celle-ci devrait comprendre des aides à l’emploi des jeunes, des incitations à relocaliser des industries, ou encore des aides à la rénovation des bâtiments.

    Emmanuel Macron devra aussi expliquer comment il compte à la fois se « réinventer ». Il essayera de remettre sur les rails son programme bouleversé par l’épidémie. Dont la réforme des retraites, qu’il a suspendue au début du confinement.  Désormais il a annoncé vouloir finaliser, malgré l’opposition des syndicats comme du patronat, au risque de ressusciter une crise sociale.

     

    La défense de l’égalité hommes-femmes

    Lui qui a fait de l’égalité hommes-femmes la grande cause de son quinquennat devra aussi répondre aux critiques en France comme à l’international sur les nominations de Gérald Darmanin à l’Intérieur et d’Eric Dupond-Moretti à la Justice, l’un parce qu’il est sous le coup d’une plainte pour viol, l’autre pour avoir affirmé que des femmes « regrettent de ne plus être sifflées ».
    Le chef de l’Etat pourra aussi faire connaître ses intentions sur les mesures écologiques qui pourraient être soumises à un référendum, une hypothèse qu’il a évoquée devant la Convention citoyenne pour le climat.