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  • La plus chère campagne de l’histoire n’est pas si chère

    La plus chère campagne de l’histoire n’est pas si chère

    11 milliards de dollars : l’élection américaine est la plus chère de l’histoire, comme toutes les élections qui l’ont précédée, puisqu’à chaque fois, les candidats dépensent plus que leurs prédécesseurs. Cette fois, la progression est impressionnante : en 2016 les candidats n’avaient dépensé « que » 6.5 milliards, à peine plus qu’en 2012 : 6.3 milliards. 11 milliards c’est plus du double des dépenses de 2008, la première élection d’Obama, 5.3 milliards.

    Ces montants totalisent toutes les dépenses électorales de tous les candidats, l’élection présidentielle n’étant que la plus importante. Il y a, le même jour, des dizaines d’autres élections : la Chambre des Représentants, le tiers du Sénat, de nombreuses élections de gouverneurs et autres scrutins locaux. 11 milliards représente donc le coût global des élections, d’après le Center for Responsive Politics, une association indépendante qui se propose de suivre les liens entre argent et politique. Certaines projections, puisque les campagnes ne sont pas terminées , anticipent des chiffres encore plus élevés.

    Biden bat Trump pour les recettes comme pour les dépenses

    Joe Biden a dépassé Donald Trump pour les recettes et les dépenses, alors que Trump avait commencé à recueillir de l’argent dés son élection, il y a quatre ans. Biden aurait récolté 952 millions de dollars, Trump 601 selon les chiffres déclarés à la Commission électorale au mois d’octobre. Biden aurait à cette date dépensé 790 M$ et Trump 565. Mais selon le Center for Responsive Politics, Trump aurait disposé, avec les comités externes de 867 M$ et Biden de 1.380M$.  C’est ce qui fait dire aux Démocrates que Trump n’a plus les ressources pour rattraper son retard. Cette dernière semaine, Biden va étouffer Trump sous les spots publicitaires dans les Etats clés. 

    Le candidat qui a le plus dépensé est le milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg, candidat à la primaire démocrate, parti tard pour vite abandonner, après avoir dépensé plus d’un milliard de dollars. Comme quoi l’argent ne fait pas tout. Il faut dire qu’un clip diffusé pendant le Super bowl aurait couté à Bloomberg 10 millions de dollars. A ce prix là, çà va vite. Et çà fait très cher la voix. Bloomberg avait essentiellement puisé dans sa fortune personnelle.

    10 millions pour un spot

    Normalement, comme en France, les sommes dépensées sont plafonnées. Mais seulement quand le candidat a recours au financement public. Ce qui change tout, car les candidats « sérieux »  renoncent à l’argent public, qui limite les dépenses à un plafond de 84 millions de dollars, dérisoire. Les candidats se passent donc de l’argent de l’Etat, installent de multiples Comités locaux et s’appuient sur des comités d’action politique qui défendent des causes précises proches des leurs. 

    La Commission électorale est chargée de contrôler l’origine des fonds et les dépenses. Elle fonctionne assez mal, trois de ses six membres n’ayant d’ailleurs pas été remplacés par Trump et le Sénat. Plus de 350 requêtes sont en attente devant la Commission.

    Un indicateur du dynamisme d’une campagne

    Le montant des sommes récoltées est un bon indicateur du dynamisme d’une campagne. Les jeux semblent faits pour Biden depuis qu’il a récolté plus de 10 millions de dollars après le premier débat, un baromètre plus fiable que les sondages. Avec la nomination de la juge conservatrice Ruth Ginsburg à la Cour suprême, la plate forme démocrate de récolte de fonds Actblue a récolté 300m$. Cette plate forme, créée en 2004, a récolté plus de 7,5 milliards depuis cette date. 

    Les Démocrates recueillent et dépensent largement plus que les Républicains, presque le double, même en faisant abstraction du milliard de Bloomberg. 

    La bataille pour le Congrès atteint elle aussi des records, à plus de 5.6 milliards. Les candidats démocrates pour la Chambre des Représentants ont réuni 534M$,  les Républicains 424. Pour le Sénat, les Démocrates ont récolté 331M$, les Républicains 280. Les Démocrates bénéficient de plus de Comités externes alliés réunissant plus d’un milliard de dollar.

    Trump champion des petits donateurs 

    Les petits donateurs, ceux qui donnent moins de 200$, représentent 22% des sommes récoltées. Trump a reçu 252 M$ de petits donateurs, ce qui en fait le recordman historique. A l’opposé, les cent plus grands donateurs ont totalisé 756M$, soit 8% de l’ensemble. 

    La provenance géographique des dons a son intérêt. Ainsi Trump a de généreux donateurs en Californie, même s’il n’a aucune chance de l’emporter là bas : il y a récolté près de 64M$, autant qu’au Texas. Mais moins qu’au Nevada, 83M$, l’essentiel venant de Las Vegas. Le premier contributeur pour Trump est la Floride où il a récolté 85 M$.

    Joe Biden, lui, a récolté des sommes impressionnantes dans les bastions démocrates : 237M$ en Californie, 170 à New York, 128 à Washington, 54 M$ dans le Massasuchetts. De quoi en faire le candidat de l’élite de la côte est et de la côte ouest. 

    Les campagnes pour réunir de l’argent ont elles même un coût, qui représente environ 5% des sommes récoltées. Les dépenses de communication sont les dépenses les plus importantes, de 60% pour Trump à 75% pour Biden.  Les salaires sont le second poste. Mais cette année, à cause du coronavirus, il n’a y pas eu beaucoup de meetings et d’évènements. Nul doute que pour la prochaine présidentielle, ces plafonds exploseront avec le retour des grands meetings.

    Le coût de la démocratie, celui de la non démocratie

    Evidement ces sommes semblent indécentes. Surtout lorsqu’on s’aperçoit que les débats ont été réduits au minimum, en tout cas entre Trump et Biden. Le principe même de ces dépenses est de réduire les campagnes à des slogans et à du matraquage publicitaire.

    En France, la publicité à la télévision est interdite, ce qui fait certainement baissé les coûts. Récemment, les archives du Conseil constitutionnel ont révélé que lors des élections de 1995, aussi bien Edouard Balladur que Jacques Chirac avaient dépassé le plafond autorisé, bien bas par rapport aux normes américaines.

    La démocratie coûte, et aux Etats-Unis elle coûte cher. Cependant, Elle est plutôt économe par rapport à la non démocratie. Combien coûtent les services de truquage des urnes, la surveillance de la population l’entretien d’une police politique, sans compter la corruption toujours plus facile dans les régimes sans transparence ?

    11 milliards c’est colossal. C’est moins que ce que cachent certains dictateurs de pays bien moins riches que les Etats-Unis. D’autant que cet argent que cet argent est dépensé sur place.  Le plus dangereux, ce n’est pas le coût des campagnes, mais la qualité des candidats et le rôle des lobbys.

    44$ par électeur en âge de voter

    Rien de nouveau sous le soleil, Eisenhower dénonçait déjà le complexe militaro-industriel, dont Johnson était un des représentants, et Kennedy n’a gagné ses élections que grâce à un financement inédit, à l’époque.

    La démocratie américaine est étonnante, et n’en finira pas de nous étonner. Il ya quatre ans, 138 millions d’électeurs avaient voté. 50 millions ont déjà voté pour cette élection par correspondance. La participation promet d’atteindre des records. Elle n’a plus dépassé les 60% depuis 1968, calculée sur la base du nombre d’électeurs en âge de voter. Après tout, pour plus 250 millions d’électeurs potentiels, cela ne fait, avec 11 milliards, que 44$ par électeur. 

  • Les États membres veulent une autorité européenne pour lutter contre le blanchiment d’argent

    Les États membres veulent une autorité européenne pour lutter contre le blanchiment d’argent

    Les ministres des Finances de l’UE devraient appeler à la création d’une autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent et exhorter le bloc à harmoniser les règles en la matière, d’après un projet de conclusions consulté par Euractiv.

    Un organe central de surveillance

    Le blanchiment d’argent est un problème persistant au sein du navire européen, malgré les cinq révisions de son cadre juridique. Le scandale de la Danske Bank à Copenhague en 2018 a mis en lumière les lacunes en la matière, ayant permis à 200 milliards d’euros d’origine douteuse de transiter par le marché intérieur du bloc.

    Les États membres sont désormais prêts à endiguer les deux problèmes principaux du système actuel : les failles dans la législation européenne en raison de ses diverses transpositions en droit interne et l’absence d’un organe central de surveillance.

    Le dernier projet de conclusions sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme devrait être adopté lors de la prochaine réunion des ministres des Finances le 4 novembre, bien qu’il soit toujours sujet à des modifications.

    Une réunion en visioconférence

    Au vu de la hausse du nombre d’infections par le nouveau coronavirus, le Conseil « Ecofin » sera organisé sous forme de visioconférence. Les ministres devraient accorder leur bénédiction politique avant que le document ne soit adopté en recourant à la procédure écrite.

    La Commission européenne planifie de présenter plusieurs projets au début de l’année 2021 afin de renforcer le cadre contre le blanchiment d’argent.

    Les ministres souhaitent que l’exécutif propose un règlement unique au bloc, dans le but d’éviter toute disparité nationale lors de sa transposition en droit interne. De plus, Bruxelles devrait esquisser la structure et l’objet d’un organe central de surveillance, « pour permettre l’élaboration simultanée, en raison de l’interdépendance de ces sujets », peut-on lire dans le document.

    Un superviseur européen avec des pouvoirs d’enquête

    La première responsabilité du superviseur européen ne se concentrera que sur un nombre limité d’entités choisies en fonction d’un critère de risque, mais il pourrait également intervenir dans des situations exceptionnelles et prendre la relève des superviseurs nationaux si ceux-ci n’assurent pas une surveillance adéquate.

    Le nouvel organisme pourrait mener des enquêtes générales, notamment sur le terrain, « conjointement avec le superviseur national » ainsi qu’émettre des instructions directes et imposer des sanctions.

    Parmi les institutions sous son contrôle figureraient des institutions de crédit, des établissements de paiement, des bureaux de change, des institutions de monnaie électronique, d’autres institutions financières, des dépositaires et autres prestataires de services numériques.

    Afin de décider si la surveillance devrait avoir lieu à l’échelle européenne, les conclusions proposent d’examiner les risques émanant de la clientèle, des produits, canaux de distribution et situation géographique de ces institutions.

    Un règlement unique

    Dans le cadre du règlement unique, les ministres ont souligné qu’il était primordial pour les règles d’être directement applicables afin de réduire les divergences nationales lors de leur transposition, qui en saperaient l’efficacité.

    Les domaines devant être harmonisés concernent les types d’entités tenues de respecter les règles relatives au blanchiment d’argent, les obligations de vigilance à l’égard de la clientèle, les dispositions relatives à la vigilance à l’encontre des personnalités nationales et étrangères politiquement exposées, la tenue de registres et les contrôles internes.

    La Commission européenne devrait en particulier œuvrer pour garantir « un niveau uniforme et élevé de vigilance appropriée à l’égard de la clientèle », notamment sur le plan de l’identification des clients et de la vérification de leur identité, la nature et l’objet des relations commerciales.

    « De telles procédures sont essentielles pour lutter l’entrée du blanchiment d’argent sur le marché intérieur par les maillons les plus faibles », révèle le texte.

    Les documents récemment divulgués à ce sujet, y compris les « Cyprus papers » mis en lumière par Al-Jazeera ou les « FinCen papers » publiés par Buzzfeed, ont dévoilé la façon dont les criminels pouvaient tirer profit des lacunes nationales afin de transiter sur le marché européen.

    un article de notre partenaire

  • La France se reconfine

    La France se reconfine

    Emmanuel Macron a pris la parole ce mercredi 28 octobre 2020 pour une allocution solennelle. Un discours au cours duquel il a annoncé des « mesures difficiles » pour lutter contre la violente résurgence du Covid en France.

    « Dans ce contexte ma responsabilité est de protéger tous les Français, en protégeant à la fois les plus âgées et les « plus jeunes ».

    Emmanuel Macron

    Le Président de la République a rappelé que le virus circule à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipées. Le nombre de contaminations a doublé en moins de deux semaines. A la différence de la première vague, l’ensemble des régions se trouvent aujourd’hui au seuil d’alerte.

    Confinement à partir de ce vendredi 30 octobre

    La montée brutale de la deuxième vague de Covid-19 a donc conduit le président de la République à annoncer, mercredi soir, un durcissement des mesures sanitaires.

    Dès ce vendredi, c’est donc le retour du confinement en France.

    Les seules sorties autorisées seront pour « se rendre au travail, à un rendez-vous médical, porter assistance, faire ses courses ou prendre l’air ».

    L’attestation dérogatoire sera donc remise en place.

    Les réunions privées sont exclues, tout comme les rassemblements publics qui sont interdits.

    Les déplacements d’une région à l’autre, à l’exception des retours de vacances de la Toussaint seront interdits. Il y aura, donc, une tolérance durant ce week-end de retour.

    Les bars, restaurants et commerces non-essentiels seront fermés.

    Le télétravail sera à nouveau généralisé.

    La prise en charge, par l’Etat, jusqu’à 10.000 euros par mois des pertes des entreprises fermées administrativemement.

    À l’inverse du premier confinement, les services publics, les usines, les exploitations agricoles et le BTP poursuivront leurs activités « dans le respect strict des protocoles sanitaires. »

    Les écoles, collèges et Lycées resteront ouverts

    Les expatriés pourront rentrer en France

    En conformité, avec les engagements pris entre les Etats européens à Bruxelles, les frontières internes de l’Union européenne resteront ouvertes.

    Pour les Français, hors de la zone Schengen, l’accès au territoire nationale sera possible. Des tests PCR seront mis en place à l’arrivée aux aéroports afin de procéder à des mises en quarantaine si nécessaires. Les modalités seront détaillées demain par le Premier Ministre, Jean Castex.

    Regardez l’allocution du Président

  • Guide pour expliquer la position française quand on est expatrié en pays musulmans !

    Guide pour expliquer la position française quand on est expatrié en pays musulmans !

    Arnaud Lacheret

    Arnaud Lacheret est aujourd’hui expatrié et Directeur de la French Arabian Business School – Arabian Gulf University – Essec – Bahreïn. Précédemment, en France, il a dirigé les cabinets d’élus locaux et nationaux. Enfin, il publie deux livres, « Les territoires gagnés de la République? » et « La femme est l’avenir du Golfe : Ce que la modernité arabe dit de nous (sortie le 7 novembre 2020).

    Il écrit pour les lecteurs du site lesfrancais.press un mémento argumenté pour réagir à la campagne de diffamation contre la France.

    Memento sur les menaces portant sur la France

    Les questions, auxquelles les Français vivant à l’étranger, particulièrement en pays musulmans, peuvent être confrontés, portent évidemment sur la poussée de fièvre s’étant emparée des réseaux sociaux suite au discours du Président Emmanuel Macron à la Sorbonne.

    Samuel Paty, un héros tranquille

    Deux phrases sont apparues très critiquées :

    « Samuel PATY fut tué parce que les islamistes veulent notre futur et qu’ils savent qu’avec des héros tranquilles tels que lui, ils ne l’auront jamais. Eux séparent les fidèles, des mécréants. »

    Emmanuel Macron

    Cette phrase a été traduite en anglais et en arabe par des personnes aux intentions malveillantes. Ainsi le mot « islamistes », s’est transformé en « Muslims » alors qu’il est évidemment habituellement traduit par «Radicals».

    Le Président de la République désigne évidemment les radicaux et extrémistes qui font tant de mal partout dans le monde et donc nous savons que les musulmans du monde entier sont leurs premières victimes (en Algérie, en Afrique subsaharienne, en Tunisie, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, ces radicaux ont assassiné de milliers de musulmans, souvent dans l’indifférence du monde occidental). 

    6 millions de musulmans en France

    La France a quant à elle systématiquement aidé les gouvernements qui le souhaitaient à combattre ces radicaux). Partout dans le monde est promu un islam modéré justement pour faire face aux extrémistes qui justifient et pratiquent le terrorisme.

    En France vivent 6 millions de musulmans, qui prient dans plus de 2500 mosquées et lieux de cultes dont le rythme d’ouverture s’accélère ces dernières années partout en France. 

    Près de 10% de la population se dit de confession musulmane en France et peut librement exercer sa religion, dans le respect de la liberté de conscience garantie par la République Française. La Grande Mosquée de Paris, première mosquée d’envergure en France fut inaugurée en 1926.

    Des personnalités ouvertement musulmanes sont très nombreuses en France et à tous les niveaux de la société. On trouve des présidents d’universités parmi les plus importantes de France, des recteurs d’académie, des chefs d’entreprise, des préfets, plusieurs membres du Gouvernement et parlementaires de confession musulmane sans que cela ne pose aucun problème en France.

    La laïcité, la liberté d’expression

    La deuxième phrase critiquée est : 

    « Nous défendrons la liberté que vous enseigniez si bien et nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent. Nous offrirons toutes les chances que la République doit à toute sa jeunesse sans discrimination aucune. »

    Emmanuel Macron

    Elle a été traduite de façon très négative en laissant entendre que le Président de la République promouvait les caricatures du prophète Muhammad. Rappelons que ces propos sont prononcés lors de l’hommage national à un enseignant décapité par un terroriste se réclamant de l’islam suite à une séquence où Samuel Paty a proposé de montrer en classe quelques caricatures non pas pour insulter l’islam, mais pour expliquer la liberté d’expression. 

    Conformément à l’esprit de ces caricatures, qui ne sont accessibles que si on achète le journal qui les publie, il a proposé aux élèves musulmans de ne pas les regarder.

    Emmanuel Macron, au moment où il prononce cette phrase, se trouve face au cercueil de ce professeur. 

    Emmanuel Macron face au cercueil de Samuel Paty

    Il insiste sur la liberté d’expression et indique que la France ne limitera jamais la liberté d’expression, et notamment celle de dessiner. Il ne prononce jamais le nom du Prophète de l’Islam mais indique que le terrorisme ne fera pas reculer la liberté d’expression car ce ne sont pas, en France comme partout ailleurs, les terroristes qui font la loi.

    Certaines critiques indiquent que la France restreint la liberté d’expression sur certains sujets et notamment sur le génocide des juifs durant la seconde guerre mondiale. En effet, contester publiquement le génocide des juifs est interdit en France car notre pays considère qu’il s’agit d’un fait historique incontestable et que 6 millions de juifs ont bien été exterminés durant le seconde guerre mondiale. Par contre, rien n’interdit de critiquer des croyances religieuses en France, quelles qu’elles soient et les journaux ne s’en privent pas, que ce soit la religion juive, les religions chrétiennes et la religion musulmane.

    Il est également reproché la laïcité française d’être contre les religions. 

    C’est évidemment entièrement faux : la laïcité permet de séparer la religion de l’Etat et donne justement une autonomie aux cultes religieux qui ne sont limités que par les lois civiles de la République. Il n’y a donc pas, en France de ministère des religions comme dans plusieurs pays, qui interfère dans l’exercice du culte religieux. Les religions sont donc libres de faire ce qu’elles veulent à condition de ne pas s’occuper des affaires de l’Etat en retour.

    La laïcité est également garante de la liberté absolue de conscience : chaque français est libre de croire ou de ne pas croire et les croyants sont protégés individuellement. Nul ne peut être discriminé en fonction de sa religion pour quelque motif que ce soit.

    La laïcité se double également d’un principe de neutralité de l’Etat et de ses agents. Autrement dit, tous les signes religieux trop visibles sont interdits chez les fonctionnaires d’Etat, mais aussi à l’école publique jusqu’à la fin du lycée. Il est possible de porter des signes discrets mais pas des signes apparents dans ce cadre. Cette interdiction n’est pas en vigueur à l’université où les étudiants peuvent porter le signe religieux qu’ils souhaitent.

    La France mène un combat contre le terrorisme aux côtés de ses alliés parmi lesquels de nombreux pays musulmans. Elle mène ce combat en combattant les extrémistes et les radicaux de toutes tendances mais aussi en combattant ceux, parmi les religieux, qui veulent remettre en question la laïcité et interférer dans les affaires de l’Etat. Cela a été le cas notamment avec des franges catholiques radicales opposées à des lois de la République tout comme c’est le cas contre des organisations islamiques radicales qui menacent les bases de la République françaises, notamment en contestant la laïcité et en désignant des cibles à de potentiels terroristes.

  • Trump : Le pire des présidents n’a pas un si mauvais bilan

    Trump : Le pire des présidents n’a pas un si mauvais bilan

    Les Etats-Unis sont vraiment un grand pays. Ils peuvent avoir des Présidents médiocres, voire vraiment mauvais, et engranger des succès. Trump en est le meilleur exemple, la caricature des caricatures, « le pire des Présidents » selon Obama. Pendant son mandat, l’image des Etats-Unis s’est dégradée dans la quasi-totalité des pays du monde. Selon un récent sondage du Pew Research Center, il ne reste que 26% des Allemands qui ont une bonne image des Etats-Unis, encore 31% des Français, 35% des Canadiens, et seulement 41% des Britanniques, l’allié par excellence. Rarement un Président n’aura suscité autant de rejet, y compris aux Etats-Unis, y compris dans son parti.

    Pourtant, le bilan de Donald Trump n’est pas aussi mauvais que son image internationale. Difficile, de l’extérieur, de juger son action en politique intérieure, d’autant que le système américain ne laisse pas le Président décider de tout, loin de là.

    Ce qui explique d’ailleurs que les critiques qui lui sont faites quant à la gestion du Covid tiennent plus à la polémique, qu’il a souvent lui-même lancée, que d’une véritable évaluation. Maires et gouverneurs ont autant de latitude dans la gestion de l’épidémie que le Président.

    En ce qui concerne la réponse économique et sociale à la crise, l’administration Trump a été rapide et efficace. Les plans de relance sont massifs, -2.200 milliards de dollars- et si les Démocrates en veulent plus, c’est qu’ils sont dans le rôle confortable de l’opposition. On peut expliquer que la Fed et le Congrès y ont leur part de responsabilité, ce qui est vrai, mais la Présidence aussi.

    Une croissance économique inédite 

    Dans cette surenchère de dépenses publiques et d’ « helicopter money », plus personne ne reproche à Trump ce qui reste pourtant une tache inquiétante sur sa politique économique : l’abyssal déficit budgétaire. Hors Covid, le déficit s’était déjà accru de 1000 milliards de dollars, -4.6% du PIB, pire que la France. C’est aussi ce qui a permis le grand succès de Donald Trump : une croissance de 2.5%, supérieure en rythme à celle connue sous Obama et prolongée, malgré tous les pronostics. Jamais les Etats-Unis n’avaient connu une telle période de croissance. On peut toujours dire qu’il n’y est pour rien, si cela avait été une récession, on le lui reprocherait. D’autant que sa politique de baisses d’impôts n’est pas étrangère à ce succès. L’impôt sur les sociétés a baissé de 35% à 21% et cela eu un effet considérable sur l’économie américaine.

    Il lui a été beaucoup reproché d’avoir baissé l’impôt des riches, sans relever que le chômage est à son plus bas, il est descendu de 4.7 à 3.5%. Le taux de pauvreté a baissé de 12.5% à 10.5% avant la coronacrise, soit son taux le plus faible jamais enregistré aux Etats-Unis.  L’accroissement du pouvoir d’achat des plus pauvres a été le plus important jamais enregistré. Les salaires ont augmenté de 3% par an en moyenne. Ce qui explique un soutien populaire qui reste élevé à la grande surprise des commentateurs européens, qui enregistrent surtout le talent de Trump pour mettre de l’huile sur le feu des maux de la société américaine. Trump aime le conflit, en politique intérieure comme en politique extérieure.

    Des baisses d’impôts efficaces, le protectionnisme en échec

    Ce succès économique se double d’une rhétorique agressive et d’une politique protectionniste. Elle n’a quasiment eu aucun effet sur le commerce extérieur. Elle aurait couté, selon Oxford Economics, 500.000 emplois et 0.5% de croissance. Ce ne sont pas les Chinois qui paient les droits de douane mais les contribuables et les entreprises américaines. Le déficit commercial américain n’a pas diminué, malgré le fait, pour les Etats-Unis, d’être devenu en 2018 exportateur net d’hydrocarbures grâce au gaz et au pétrole de schiste. 

    Les attaques contre l’Union européenne ont resserré les liens entre les pays membres. Ils n’ont pas renoncé à la taxe Gafa, engrangent les surplus commerciaux, continuent de signer des accords de libre échange.

    La renégociation des accords Alena avec le Mexique et le Canada n’a pas provoqué de relocalisation d’emplois industriels. La guerre commerciale avec la Chine non plus. Elle n’a même pas diminué le déficit commercial bilatéral.

    Le conflit avec la Chine, un axe stratégique 

    Il n’empêche : Personne ne reproche à Trump le durcissement de la politique américaine vis-à-vis de la Chine. Les Européens commencent à le suivre, surtout depuis les pressions sur Hong Kong et Taïwan.  Joe Biden, s’il est élu, ne reviendra pas sur ce qui est désormais perçu comme un axe stratégique de la politique étrangère américaine, qui fait consensus dans l’opinion publique américaine. La Chine communiste remplace la Russie comme rival géopolitique, idéologique et économique. 

    Sans doute Joe Biden reviendra-t-il sur l’attitude agressive vis-à-vis de l’Europe. Mais il n’est pas certain qu’il revienne sans négocier dans le cadre des accords de Paris, ni qu’il change d’attitude sur la taxe numérique ou Nordstream2.

    Pas sûr non plus qu’il change fondamentalement d’attitude vis-à-vis de l’Iran. Au Moyen-Orient, Trump n’a pas été plus fiable qu’Obama avec ses alliés et soutiens, et le retrait américain, dans le désordre, a laissé le champ libre aux Russes, Iraniens et Turcs. Avec, en sous main, l’intérêt et l’appui de la Chine.

    Mais Trump peut se targuer de succès qu’aucun président depuis Clinton n’avait obtenu, de quoi se moquer du prix Nobel d’Obama. Alors qu’on prédisait le pire après l’installation à Jérusalem de l’ambassade américaine, la question palestinienne est devenue un conflit quasiment local. Après l’Egypte et la Jordanie, de nouveaux pays arabes ont établi des relations diplomatiques avec Israël. Minimiser cette nouvelle donne serait de l’aveuglement. Elle est structurelle, c’est un changement considérable, historique, pour la région. 

    Succès pour la paix entre Israël et les pays arabes 

    Ce qui a marché au Moyen-Orient (ce qui ne signifie pas qu’il y tout réussi, mais quel dirigeant américain peut se targuer d’avoir réussi au Moyen Orient ?) n’a pas vraiment fonctionné en Corée et en Asie, mais explique peut-être cette audace qu’ont les inconscients ou les matamores et qu’illustre sa tentative avec la Corée du Nord. Comme si Trump avait refusé de voir que la Corée était un pays vassal de la Chine ; comme si, sûr de son charme, il croyait pouvoir chiper la fiancée de son rival Xi Jinping. Il s’est fait manipulé, il reste le seul à ne pas le voir. Sur le fond, ce n’est pas très grave, la stratégie américaine dans le bassin pacifique et en mer de Chine ne repose pas sur la Corée du nord, même si cette connivence surprenait et inquiétait ses alliés.

    Son retrait du Traité de Partenariat a laissé la place à la Chine. De même que son hostilité aux organisations internationales a permis à la Chine de développer une vraie stratégie d’alliances et de points d’appui. Biden, s’il est élu, reviendra sans aucun doute sur les retraits américains, il aura l’avantage de négocier le retour de l’Amérique en position de force, que ce soit à l’OMS, OMC ou l’Unesco, car il faut aussi reconnaitre que les critiques américaines ne sont pas toujours infondées. L’influence de la Chine sur l’OMS lors de la crise du Coronavirus l’a montré. 

    Sa politique mieux jugée que sa personnalité 

    Au total, l’Amérique de Trump est sans doute plus divisée qu’auparavant, elle est plus isolée, elle a refroidi ses alliés et inquiété ses amis, elle fait moins rêver, mais elle n’est pas moins attirante, son économie est structurellement plus forte.

    Comme la crise du coronavirus a plongé l’économie américaine, comme les autres, dans la récession, Trump n’en profitera pas. Le virus chinois l’a cloué. D’autant qu’à force de donner des coups de boutoir dans le système, il est vu comme une vraie menace pour le système démocratique. 

    Rares sont ceux qui le regretteront sur la scène internationale. Son caractère imprévisible inquiète ses alliés et maintient ses adversaires en alerte, voire leur a laissé le champ libre. Mais tout n’est pas à jeter dans la politique de Trump, et certains axes forts resteront. Quand on aura oublié sa personnalité, sa politique sera jugée plus objectivement.

    Le savoir faire de Biden

    Pour l’instant, à quelques jours du vote final, il semble qu’il a perdu toute chance de l’emporter. De nombreux analystes s’aventurent même à prédire un raz de marée démocrate. Biden semble avoir réussi à unifier -grâce à Trump- les Démocrates. Après 45 ans de vie publique son plus grand talent est de ne pas laisser voir trop précisément ce qu’il fera une fois Président. Il ne faut pas forcément le lui reprocher, c’était pareil pour Kennedy. Il ne faut donc pas mésestimer son savoir faire politique.

    La principale certitude que l’on peut avancer sur l’élection américaine, c’est donc que certaines des politiques définies sous la présidence Trump ne seront pas remises en cause par Biden, ni par le successeur de Biden, quel qu’il soit. Ce qui permettra à Trump de continuer à se prendre pour un génie, au moins sur Twitter. 

  • La France souhaite que l’UE fasse preuve d’ambition dans sa prochaine loi sur les services numériques

    La France souhaite que l’UE fasse preuve d’ambition dans sa prochaine loi sur les services numériques

    Pour la France, la réglementation sur les contenus en ligne dans le cadre du prochain paquet relatif aux services numériques (DSA) ne devrait pas se limiter uniquement au matériel illégal, mais devrait également couvrir la désinformation et les publications nuisibles.

    « D’après les autorités françaises, la limitation de la portée du DSA aux seuls contenus illégaux serait une erreur, car elle n’assurerait pas une lutte efficace contre les contenus illégaux ni ne garantirait la liberté d’expression », peut-on lire dans un document non officiel.

    « Au contraire, le champ d’application de la réglementation devrait couvrir l’ensemble de la fonction de modération assurée par les plateformes en ligne, y compris les contenus illégaux ainsi que tout contenu interdit par la plateforme, comme les publications nuisibles, mais légales et la désinformation. »

    La France souhaite la suppression du principe du pays d’origine

    D’après le texte, le « principe du pays d’origine » de la directive de 2000 sur le commerce électronique, selon lequel les fournisseurs de services ne doivent se conformer qu’aux lois de l’État membre dans lequel ils sont légalement établis lorsqu’ils opèrent à travers le bloc, devrait éventuellement être abandonné.

    « Au sein de l’UE, les prestataires devraient également respecter la législation nationale de l’utilisateur en matière de contenus illicites, quel que soit le pays d’établissement de la plateforme, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE »,indique le document.

    Les autorités françaises ont récemment relevé la barre en ce qui concerne la future réglementation des contenus en ligne, après avoir appris qu’une campagne avait fait surface sur les médias sociaux contre l’enseignant Samuel Paty, avant son assassinat.

    En effet, d’après les procureurs antiterroristes, M. Paty avait fait l’objet d’une campagne de haine en ligne après une de ses leçons pendant laquelle il avait montré des caricatures du prophète Mahomet, et ce dans le cadre d’un cours sur de la liberté d’expression.

    Cependant, le texte non officiel français aurait été rédigé par les autorités avant la tragédie, et serait donc en cours de modification.

    La loi sur les services numériques constitue un plan ambitieux à l’échelle européenne visant à réglementer les services en ligne. Elle couvrira plusieurs domaines de l’économie des plateformes, notamment la responsabilité pour le contenu, la dominance du marché, la publicité, la sécurité, les contrats intelligents, le travail indépendant en ligne et les prochains cadres de gouvernance.

    Le paquet de mesures doit être dévoilé par la Commission européenne le 2 décembre.

    De son côté, l’industrie numérique a tenu des mots durs à l’encontre de la position française.

    Dans une prise de position publiée début octobre, EDiMA, une association regroupant les principaux acteurs de l’économie des plateformes en Europe, a demandé que la prochaine loi européenne sur les services numériques introduise une « base juridique pour agir » sur l’hébergement de contenus illégaux, tout en évitant, pour l’instant, de réglementer les publications nuisibles.

    « En cas d’activité dite “nuisible”, mais pas illégale, un fournisseur de services devrait définir la limite entre la liberté d’expression et le droit à l’information et le préjudice éventuel causé aux utilisateurs », indique le document, soutenu par les membres de l’EDiMA tels que Google, Amazon, Facebook et Apple.

    Un article de notre partenaire

  • Sécurité des expatriés : « Risque réel » – Quai d’Orsay

    Sécurité des expatriés : « Risque réel » – Quai d’Orsay

    La tension continue de monter autour des caricatures alors que la France se prépare à se reconfiner. La sécurité, des expatriés et des rares touristes, est menacée selon le Ministère des Affaires étrangères français.

    Mardi 27 octobre, 40.000 personnes ont défilé contre la France au Bangladesh. En Libye comme à Gaza, les photographies d’Emmanuel Macron et le drapeau ont été brûlés. L’Algérie et le Maroc ont condamné les caricatures comme une « insulte à l’Islam ».

    Le boycott des produits français s’étend lui aussi. Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdoğan avait appelé sa population à boycotter les produits français, boycott déjà effectif dans d’autres pays tels que la Jordanie ou le Qatar.

    Des manifestations qui peuvent déraper

    Les manifestations qui ont eu lieu dans certains pays musulmans inquiètent les autorités françaises. Ce mercredi, le Quai d’Orsay a mis à jour ses conseils voyages.

    « Dans plusieurs pays se sont développés au cours des derniers jours des appels au boycott de produits français, notamment agro-alimentaires, ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France « 

    Le ministère français des Affaires étrangères sur son site.

    Les mises à jour concernent déjà sept pays musulmans : Soudan, Bahreïn, Koweït, Turquie, Indonésie, Bangladesh et Mauritanie.

    le Quai d’Orsay qui recommande aux Français de faire preuve de vigilance notamment dans les lieux fréquentés par les touristes et les communautés expatriées.

    « Il convient d’éviter les zones où se tiennent ces manifestations, de rester à l’écart de tout rassemblement et de suivre les consignes de l’ambassade de France »

    Le ministère français des Affaires étrangères sur son site

     la Syrie, la Cisjordanie ou encore l’Irak ont aussi connu des manifestations. Attisée depuis Istanbul, la haine anti-français va-t-elle s’installer ?

  • La Société Générale Française de Bienfaisance de Barcelone fête ses 175 ans !

    La Société Générale Française de Bienfaisance de Barcelone fête ses 175 ans !

    Une des plus vieilles associations françaises à l’étranger

    Le 31 août 1845, Ferdinand de Lesseps, Consul de France à Barcelone, créa une association ayant pour but d’aider nos ressortissants en difficulté sous la dénomination « Société Française de Bienfaisance ». Réunis ce 27 octobre pour l’assemblée générale, c’est l’occasion pour lesfrancais.press de souhaiter un joyeux anniversaire à l’association et à ses membres.

    Le 18 février 1852 y fut ajouté une Caisse de Prévoyance qui fonctionna comme section de la Société Française de Bienfaisance qui assurerait aux membres de l’association des soins en cas de maladie et des secours pour infirmité ou vieillesse.

    Le 1er février 1857, l’association va plus loin. En constituant «les Écoles Françaises de Barcelone» qui fonctionnent sous forme d’une section de la Société de Bienfaisance, elle participe à l’essor du réseau.

    Enfin, le 18 février 1898 une Assemblée Générale de l’ensemble des trois sections : Bienfaisance – Prévoyance – Écoles décide de créer la « Société Générale Française de Bienfaisance » qui englobe lesdites sections.

    La Société Générale Française de Bienfaisance est gérée par un Conseil d’Administration dont les membres sont élus pour 4 ans. 5 membres du conseil constituent le bureau exécutif.

    Le Consul Général de France en poste à Barcelone est automatiquement Président d’Honneur de la Société Générale Française de Bienfaisance. Coté opérationnel, c’est Serge Bourgeois qui préside à la destinée de l’association depuis plus de 6 ans.

    Mais ancrée dans son siècle

    En 2009, l’association crée la « Fondation privée École Française Ferdinand de Lesseps » dirigée par 6 membres « patronos » dont le Président et le Vice Président de la Société Générale Française de Bienfaisance.

    L’École française Ferdinand-de-Lesseps, scolarisant les enfants de la petite section de maternelle au cours moyen deuxième année (CM2), est une école privée appartenant au réseau de l’Aefe (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Elle a signé une convention avec l’agence, à ce titre, elle respecte scrupuleusement le programme de l’Education nationale française.

    Aujourd’hui, l’association continue en plus de ses missions éducatives à soutenir nos compatriotes en difficulté en Espagne. Elle apporte une assistance mensuelle à plus de 30 familles sur la région catalane. Les membres de l’association interviennent aussi de façon épisodique auprès de Français en grande précarité. Ainsi, ils ont pu aider au rapatriement, mais aussi reloger des compatriotes condamnés aux locations à courte durée.. Plus que des services, ils peuvent aussi contribuer à un mieux vivre pour les plus faibles expatriés, en aidant, par exemple, à l’achat d’appareils auditifs pour nos ainés ou porter assistance dans les démarches administratives.

    Disposant d’un site internet, l’association est facilement identifiable. Les citoyens français qui participent aux actions sont aussi accessibles et disponibles et ne comptent pas leurs heures.

    Une association historique qui a su réinventer à chaque époque. Un exemple pour les nombreuses associations qui se constituent dans le monde au fil des arrivées de Français aux quatre coins de la planète.

  • Un Consul honoraire, pour quoi faire?

    Un Consul honoraire, pour quoi faire?

    Placées sous la responsabilité et le contrôle de l’ambassade de France dans leurs pays, les agences consulaires étendent le réseau consulaire au plus près des ressortissants français. Elles sont gérées par un(e) consul(e) honoraire.

    Les consul(e)s honoraires sont des personnalités, françaises ou non, qui ont accepté d’exercer localement des fonctions de représentation et une mission générale d’appui à l’action diplomatique, culturelle et économique de la France. Ils ou elles apportent également une assistance aux Français résidents ou de passage.

    Les consul(e)s honoraires ne sont pas des agents de l’État mais des particuliers qui exercent leurs fonctions à titre bénévole.

    Quels services dans les agences consulaires ?

    Une agence consulaire a pour mission essentielle la protection des français et de leurs intérêts dans la localité de sa résidence et le devoir de rendre compte aux autorités consulaires françaises des événements intéressant ces autorités. Par l’attribution de certaines compétences, il peut, en outre, délivrer ou faciliter l’obtention de documents administratifs.

    Des interventions auprès :

    • de la police lors de l’arrestation d’un Français ou d’un litige, accident
    • des prisons détenant des Français
    • des hôpitaux
    • des autorités administratives pour la délivrance de certificats (de décès par exemple)

    L’établissement de documents :

    • certificat d’existence
    • certificat administratif

    N’hésitez pas à vous adresser à votre agence consulaire qui saura vous conseiller, vous aiguiller dans vos démarches en vous redirigeant, si nécessaire, vers le Consulat général.

    Quel statut pour les consuls honoraires ?

    Le statut des fonctionnaires consulaires honoraires français est déterminé par le décret n° 76-548 du 16 juin 1976 relatif aux consuls généraux, consuls et vice-consuls honoraires et aux agents consulaires.

    Les fonctions consulaires honoraires étant exercées à titre bénévole, les intéressés ne perçoivent pas de traitement du ministère des affaires étrangères, mais ils conservent les droits de chancellerie, « à titre de frais de bureau et d’honoraires ». Le cas échéant, ils peuvent percevoir une subvention pour insuffisance de recettes. C’est notamment le cas lorsqu’ils louent des bureaux ou emploient un salarié. Cependant, cette subvention étant versée avec retard, certaines agences doivent faire l’avance de leurs frais de fonctionnement à l’État, de sorte que les fonctionnaires consulaires honoraires sont parfois contraints de faire peser sur leur activité professionnelle des charges de trésorerie liées à leur fonction consulaire.

    Cette situation engendre des difficultés, notamment de recrutement.

    Créer un cadre juridique rassurant

    Avec la crise sanitaire, les Consuls honoraires ont souvent été sollicités pour apporter assistance aux Français de l’étranger. Face aux mesures liées à la pandémie, ils ont du se mobiliser pour informer, mais aussi aider à déposer des demandes d’aides auprès des Etats locaux ou auprès du Consulat dans le cadre du Fonds d’Urgence aux Français hors de France. Etant habilités à remettre des passeports, ils furent souvent au coeur des dispositifs de rapatriement. Enfin, ils ont été appelés dans les hôpitaux pour assurer des tâches de traduction.

    Toutes ces missions sont indispensables et entrainent des responsabilités morales mais aussi légales du Consul honoraire envers le citoyen français mais aussi l’Etat de résidence. Et pourtant ces fonctionnaires bénévoles ne disposent d’aucune protection juridique et ne peuvent se reposer que sur eux-même en cas de mise en cause devant un tribunal.

    Face à ce constat, en juin, le sénateur Olivier Cadic (UDI), à la demande de plusieurs consuls honoraires, avait requis auprès du ministère des affaires étrangères la mise en place d’une assurance d’Etat pour couvrir la responsabilité civile des Consuls honoraires. Le sénateur en profitait pour demander aussi la création d’une garantie individuelle pour les risques liées à la maladie et aux accidents. Ancien résident en Grande-Bretagne, Olivier Cadic soulignait dans sa question au gouvernement que le Royaume-uni a mis en place un tel dispositif pour ses Consuls honoraires.

    Ce 22 octobre le gouvernement a repoussé l’idée en donnant sa réponse au sénateur. Il indique que le système mis en place par le Royaume-Uni “n’a pas vocation à être répété ni étendu”. Le ministère rappelle que les consuls honoraires “ne relèvent pas du statut d’agent de droit public de l’Etat”. Ils ont donc juste le droit de servir la France… en silence.

  • L’anomalie finlandaise

    L’anomalie finlandaise

    La Finlande qui a jusqu’à maintenant plutôt bien géré l’épidémie, fait figure d’exception en Europe. Le taux de mortalité compte parmi les plus bas d’Europe avec environ cinquante décès par million d’habitants, soit deux fois moins qu’en Allemagne et dix fois moins qu’en Suède ou en France.

    Peu de restrictions dues à la covid

    Les mesures de restriction y ont été plus faibles que dans la plupart des autres pays d’Europe. L’économie a été ainsi moins touchée. Au deuxième trimestre, le PIB s’est contracté de 4,5%, soit moitié moins que la moyenne des pays européens. 

    Le gouvernement finlandais a décidé malgré tout la mise en place d’un plan de soutien à son économie. Il a ainsi mis en place des mesures de soutien comportant des mesures d’aides directes aux entreprises, une augmentation de l’indemnisation du chômage et des prestations sociales ainsi qu’une baisse temporaire des cotisations retraite du secteur privé. Le ministère des Finances finlandais estime que ces mesures s’élèveront à un total de 6 milliards d’euros en 2020, soit environ 2,5 % du PIB de 2019. Comme dans les autres pays européens, le gouvernement a mis en œuvre des garanties de prêts pour plus de 10 milliards d’euros (4,2 % du PIB). Il a aussi prévu de recapitaliser certaines entreprises et d’assouplir le calendrier de paiement des impôts.

    Un plan de relance massif 

    Le FMI estime que l’ensemble des mesures (fiscales, de liquidité et réglementaires) du gouvernement pourrait représenter un stimulus équivalant à près de 30 % du PIB. Si la situation économique de la Finlande reste correcte au regard de la situation, elle demeure fragile car le pays est très dépendant des échanges de biens intermédiaires, ce qui le rend vulnérable aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. 

    Le ralentissement du commerce international pourrait peser durablement sur la Finlande qui s’est fait une spécialité d’exportateur de produits à forte valeur ajoutée. Comme les autres pays européens, le pays devra gérer durant des années la facture covid-19. Le déficit public devrait atteindre, cette année, plus de 8 % du PIB et le ratio de dette publique sur PIB devrait s’accroitre de plus de douze points, à plus de 70%. Ce ratio demeure néanmoins bien plus faible que celui de la moyenne européenne. 

    La retraite indexée sur l’espérance de vie

    En Finlande, la question des retraités est également au cœur des débats en raison du vieillissement démographique. En 2014, le gouvernement a mis en place des réformes pour relever l’âge de la retraite à 65 ans et l’indexer sur l’espérance de vie à partir de 2027. 

    Le ratio de dépendance démographique des personnes âgées – défini comme le ratio entre le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans et celui de personnes en âge de travailler –, est de l’ordre de 36% en 2020. Il est parmi les plus élevés d’Europe, et, d’après Eurostat, il devrait atteindre près de 50% en 2050 et plus de 60% en 2100. 

    La Finlande apparait en bonne position au-delà de sa dépendance au commerce extérieure et du vieillissement démographique, pour rebondir rapidement à la fin de l’épidémie. La présence d’entreprises de haute technologie qui sont les gagnantes de la crise actuelle constitue un réel atout pour ce pays de 5 millions d’habitants qui est toujours classé triple A par les agences de notation.